Bonjour tout le monde!

Je ne suis pas très fière de moi aujourd'hui... Habituellement, j'ai un cours à cette heure de la journée, mais mon cadran n'a pas sonné! Quelle excuse minable, non? Je me suis vraiment trouvée bête à envoyer un message à mon professeur pour la prévenir de mon absence en lui balançant cette excuse... Mais quand c'est la vérité, on ne peut pas faire grand-chose... XD

Bon, alors aujourd'hui est le temps pour moi de poster le chapitre 4 de ma très chère fiction. Au moment où je vous parle, je suis en pleine rédaction du chapitre 10 et c'est drôlement excitant! J'ai tellement hâte d'être rendue encore plus loin, parce que ce ne sont pas les idées qui manquent! J'espère que la majeure partie d'entre vous aura la patience de me suivre jusqu'à la fin de ma fic... Je croise les doigts!

À part de ça, je remercie mes charmantes revieweuses (au féminin parce que je ne me souviens pas avoir aperçu un auteur/revieweur masculin, sincèrement) qui prennent la peine d'écrire un commentaire qui exprime leurs sentiments sur le chapitre. J'aime toujours découvrir mes points forts et les points faibles!

Bonne lecture!

Lexa Nedra


Une leçon d'honneur

Chapitre 4
De mauvais augure

Dans l'office circulaire de McGonagall, on étouffait. Drago, Hermione, Ginny, Luna – cette dernière ne s'étant pas réveillée au moment du bruyant incident en raison d'un voyage astral –, Stevan et Adam avaient été forcés de patienter dans la pièce en raison de la visite imminente des autorités du Ministère. Rusard et Miss Teigne étaient également présents puisqu'ils étaient les principales sentinelles du château.

Le silence était complet. Les représentants du Ministère de la Magie tardaient sur les lieux de la découverte du corps et aucun des étudiants présents ne se plaignait de leur honorable minutie ; ils avaient besoin de recul et de temps afin d'apaiser la panique que la découverte d'un corps mutilé sans vie avait provoquée. Drago, tout particulièrement, n'était pas prêt de l'oublier ; le souvenir de son propre corps maculé de ce sang étranger le révulsait. Évidemment et heureusement, lors de l'arrivée des coroners, la permission d'aller se doucher lui avait été accordée puisqu'il s'était pratiquement converti en éponge lors de sa chute. Néanmoins, même parfaitement propre, le Serpentard se sentait encore souillé jusqu'à la moelle.

La porte s'ouvrit et deux hommes pénétrèrent dans le local. En reconnaissant Malone, Drago et McGonagall se raidirent aussitôt. Le Serpentard tenta de camoufler son visage en faisant mine de se gratter la tête, mais bien rapidement, le chef de la Brigade de Police Magique remarqua la singulière chevelure platine parmi le lot d'étudiants et ne put s'empêcher d'ébaucher une moue dubitative.

- Madame McGonagall, salua le chef en hochant poliment la tête.

Rien à voir avec leur dernier tête-à-tête.

- Monsieur Malone, l'imita la directrice.

- Je vous présente Ross, mon collègue. (Il désigna l'homme qui l'accompagnait. Sa manifeste déférence et son charisme avait quelque chose de réconfortant.) C'est nous qui enquêterons sur ce meurtre.

- Vous enquêtez sur bien des choses, il me semble, commenta McGonagall.

- Le Ministère préfère envoyer ses meilleurs hommes afin de rétablir l'ordre plus adroitement.

Drago poussa un bref soupir frondeur qu'il regretta aussitôt lorsque Malone lui décocha un regard agressif.

- Le corps a été déplacé à Ste Mangouste où nous déterminerons la cause du décès, expliqua le chef. L'endroit où a été découvert le corps vient tout juste d'être nettoyé et peut maintenant être fréquenté de nouveau.

McGonagall hocha la tête et étira, par respect, un court silence avant d'introduire le sujet :

- Avez-vous une petite idée de ce qui aurait pu causer de telles mutilations sur le corps de cet enfant? demanda tristement la directrice.

- Nous l'ignorons totalement ; c'est un type de blessure jamais vu auparavant. Les plaies ne semblent pas avoir été causées par un objet contondant ou tranchant, mais nous ne connaissons aucun sortilège qui soit capable de tels dommages…

- Peut-être serait-ce l'œuvre d'un sorcier qui aurait lui-même fabriqué son propre sort? proposa Hermione en pensant à l'horrible Sectumsempra que Rogue avait jadis créé.

L'attention générale se posa sur elle.

- C'est une… possibilité, non? ajouta-t-elle timidement.

- Ce l'est, acquiesça Malone.

Un ange passa.

- Je crois que nous devrions diminuer notre nombre au strict essentiel, déclara subitement Malone en constatant qu'ils étaient beaucoup trop nombreux. (Il s'adressa aux élèves, installés les uns à côté des autres, qui patientaient docilement.) Qui parmi vous était présent lors de la découverte immédiate du corps?

Seuls Drago et Hermione levèrent le bras. Ginny, Luna, Stevan et Adam furent poliment congédiés.

- Bien, fit Malone en sortant sa baguette magique. (Il fit apparaître deux sièges pour les deux étudiants et les invitèrent à s'y asseoir.) Qui de vous deux a d'abord aperçu le corps de la victime?

- Moi, marmonna Drago.

Malone, peu surpris, croisa les bras.

- Décris-moi la situation.

- Hum… J'étais en train de… de faire mes valises dans ma chambre et-

- Pourquoi?

Drago se renfrogna. L'idée de faire plaisir à cet homme en lui annonçant son infortune l'agaçait considérablement.

- J'ai été forcée de lui soutirer son titre de préfet-en-chef, expliqua intègrement McGonagall en devançant son élève.

- Ha bon? Et pourquoi ça? demanda Malone en retroussant la commissure de ses lèvres.

Ce détail, quoique minime, n'échappa pas à la directrice qui rétorqua glacialement :

- Je ne crois pas que cette question ait un lien pertinent avec les événements précédemment survenus.

Le chef lui accorda raison et revint à sa principale besogne :

- Poursuis, ordonna-t-il au blondinet.

- Après avoir fait mes valises, je me suis dirigé vers la sortie de la salle commune et c'est à cet instant que j'ai découvert le corps.

- Aussi simplement? Les coroners m'ont informé de davantage de détails : l'état de tes vêtements, par exemple. Pourquoi étais-tu couvert de sang?

Un soupir franchit les lèvres du jeune homme. L'animosité qu'il nourrissait à son égard ne faisait que s'accroître au fil des secondes.

- Disons que je n'ai pas aperçu le corps aussi rapidement… rectifia Drago qui sentait ses joues s'empourprer. En ouvrant la porte, mon pied a glissé dans la flaque de… de sang… et j'ai trébuché. (Il croisa les bras, légèrement embarrassé de mentionner ce détail.) Je suis tombé… directement sur… sur le corps.

Malone hocha la tête et jeta un furtif coup d'œil à Ross qui annotait rapidement les points importants.

- Et vous, mademoiselle Granger, que faisiez-vous à ce moment?

- J'étais dans la salle commune lorsqu'il a découvert le corps de Dennis. Je venais tout juste de terminer ma ronde et je me reposais en lisant un livre.

- Une ronde? s'intéressa Malone tandis que Drago se sentait sur le point d'être moralisé. De quoi s'agit-il?

- C'est l'un des devoirs de tout préfet et préfet-en-chef, expliqua Hermione. Entre neuf et dix heures du soir, du dimanche au jeudi, nous devons exécuter un circuit précis afin de faire de la surveillance dans les couloirs.

Inconfortable, Drago s'humecta les lèvres. Quant à Malone, il haussa les sourcils et darda sur le Serpentard un regard lourd d'incrédulité.

- Et pour quelle raison le gamin n'a pas fait sa ronde aujourd'hui?

- Monsieur Malefoy ne se sentait pas bien, intervint McGonagall. Je le sais car je me suis moi-même rendue à la salle commune des préfets afin d'attendre son retour – je devais m'entretenir avec lui. J'ai alors constaté qu'il n'était pas à son poste et c'est à ce moment que je l'ai convoqué à mon bureau.

- Et quel était le sujet de cette convocation?

- Encore une fois, il s'agit d'un détail qui ne vous concerne pas.

Les deux figures d'autorité se lorgnèrent avec défi et Drago et Hermione purent parfaitement sentir l'hostilité s'évaporer en aura de chaleur intense ; machinalement, ils s'échangèrent un regard déconcerté.

- Si j'ai bien compris, lança Malone avec puissance en brisant le court silence, il y avait sept sentinelles chargées de surveiller les couloirs et aucune d'elles n'a remarqué quelque chose d'inhabituel dans le château?

Chacune desdites sentinelles présentes secouèrent la tête.

- Et chacune des entrées sont verrouillées chaque soir?

- Évidemment, je m'en charge personnellement, croassa Rusard qui caressait sa chatte blottie dans ses bras.

- Les réseaux de cheminée sont-ils sécurisés?

- Sans nul doute, fit la directrice.

- Y a-t-il des membres du personnel de Poudlard qui pourraient possiblement tendre une perche à un visiteur clandestin afin de le laisser pénétrer dans l'enceinte par un quelconque moyen?

McGonagall fronça les sourcils afin de mieux réfléchir.

- Non. Tous les professeurs qui auraient pu être nuisibles au bon fonctionnement de l'école ont été balayés lors de la guerre survenue l'année dernière.

- En êtes-vous certaine?

- Oui. Tous mes professeurs sont dignes de confiance.

Malone réfléchit quelques instants et annonça sa décision finale en claquant ses mains.

- Alors dans ce cas, la meilleure solution afin de prévenir un second incident de ce genre serait d'engager des Aurors qui se chargeraient de surveiller le périmètre de l'école.

- Bien. N'importe quoi pour la sécurité de mes élèves. Serait-ce possible d'en installer ce soir même? Je sais qu'il est plutôt tard, mais-

- Aucun problème. C'est notre boulot, après tout. (Malone pivota sur lui-même et s'adressa à son collègue.) Ross, va prévenir Recksen que Poudlard a besoin d'un bon nombre d'Aurors. Il faudra également prévoir une rotation pour les postes de jour ainsi que ceux de nuit. Fais une liste, et mets-moi sur celle de nuit.

Tandis que Ross quittait le local, McGonagall se leva et contourna son bureau afin de s'approcher du chef. Une fois à ses côtés, elle lui révéla subtilement qu'elle souhaitait échanger quelques mots confidentiels sur l'affaire et les deux adultes s'écartèrent légèrement dans le bureau.

- Monsieur Malone, murmura-t-elle discrètement, j'espère que vous ne me cachez rien en lien avec l'avenir de Poudlard. (Incertain de bien comprendre, l'homme fronça les sourcils.) Je veux dire par là qu'il y a quelques années, Poudlard a été le refuge d'un Basilic, et certains élèves ont été pétrifiés par la bête. Pour cette raison, l'école a menacé de fermer…

- Nous aurons une meilleure idée des conséquences lorsque nous en saurons plus sur la nature de ce meurtre, madame McGonagall. Mais ne vous inquiétez pas de ça pour le moment.

Ross réapparut rapidement aux côtés de Recksen qui trainait dans une main une baguette magique.

- Je suis entré en communication avec le Ministère et leurs meilleurs Aurors sont actuellement en route, signala Recksen. En attendant, regardez un peu ce que j'ai trouvé non loin du lieu de la découverte du corps…

- C'est la baguette magique du jeune décédé? s'intéressa Malone en prenant l'objet.

- Utilisez Prior Incanto! s'exclama subitement Hermione en se levant. (Drago, captivé par la conversation, sursauta violemment.) Peut-être que Dennis s'est servi de sa baguette afin de se protéger lorsqu'on l'a attaqué!

Malone, Ross et Recksen jaugèrent la préfète-en-chef avec épatement.

- Vous avez là une brillante élève, commenta Malone en haussant les sourcils.

Hermione, flattée, sourit maigrement sous le regard blasé du Serpentard qui roula les yeux. Que ce soit par les professeurs de Poudlard ou par le personnel du Ministère de la Magie, cette fille se faisait constamment louanger et ça l'excédait considérablement.

- Et c'est exactement ce que nous ferons, décida Malone. Gare aux âmes sensibles… Peut-être serons-nous témoin d'une scène explicitement détaillée.

Tous retinrent leur souffle au moment où le chef prononça l'incantation, mais aucun ne s'attendit à voir se matérialiser devant eux la scène exacte du meurtre. Sous forme de nuage spectral flottant près du plafond, un éclair violet traversa la pièce en direction d'un jeune garçon qui, malgré le capuchon de sa cape qui camouflait la moitié supérieure de son visage, était manifestement le jeune Gryffondor assassiné. Il semblait absent, presque somnambule, et ne poussa aucun cri lorsque le sort atteignit sa cible. Pourtant, l'impact fut abominable et sanglante : comme si son corps était soudainement mitraillé, ses vêtements intacts se trouèrent à de multiples endroits et sa peau blanche découverte se couvrit d'entailles et de lésions en projetant des giclées de sang incroyables.

La scène se produisit en deux courtes secondes et Hermione, écœurée, aurait voulu avoir trouvé le temps de détourner les yeux avant qu'elle ne prenne fin, mais Malone y mit un terme au même moment où elle s'en détourna :

- Finite!

Son regard avait machinalement tombé sur Drago qui avait les yeux rivés sur le phénomène. Il semblait horrifié. Les jambes molles, elle rejoignit la chaise qu'elle avait précédemment occupée afin de s'y laisser tomber de nouveau.

- Quelle… Quelle horreur… bredouilla McGonagall en posant une main sur son cœur, au comble du choc.

Malone rendit la baguette à Recksen comme s'il détenait entre ses mains une bombe prête à exploser à tout moment. Il semblait regretter de s'être autant pressé à pratiquer une telle vérification devant des témoins, et si Drago n'avait pas été aussi choqué par la représentation du meurtre, il se serait très certainement moqué de son inadvertance.

- Va… Va mettre ça avec les autres indices… Nous analyserons attentivement cette scène dès demain.

Recksen disparut aussitôt.

- Tu n'aurais pas pu te taire pour une fois, Granger? assena Drago en respirant lourdement. Je n'ai jamais eu aussi mal au cœur de toute ma vie…

- Je suis désolée, je… je croyais aider…

- Ne l'écoutez pas, mademoiselle Granger. Votre proposition était parfaitement bien placée. (Drago serra les mâchoires ; cet homme avait définitivement une dent contre lui.) C'est à moi que revient le blâme d'avoir effectué cette vérification devant vous.

Titubant, Rusard, sa chatte et son teint vert s'empressèrent de quitter l'office. Personne ne lui accorda d'attention.

- Une chose est sûre, annonça subitement une McGonagall encore profondément troublée. Ce meurtre a été commis avec la baguette magique de la victime.

- Il n'y a pas que ça, ajouta Malone. Avez-vous remarqué le décor? Le meurtre ne s'est pas produit dans le château ; il y avait des arbres.

- La Forêt Interdite? proposa Hermione.

- Il n'y a pas que la Forêt Interdite qui possède des arbres, Granger, rétorqua Drago avec lassitude.

- Mais à proximité, oui! rugit la préfète-en-chef.

- Et qu'est-ce qui te fait croire que ça s'est produit à proximité?

- Qu'est-ce qui te fait croire l'inv-

- Assez! mugit McGonagall.

Le silence fut instantané. Même Malone, pourtant professionnel, se sentit rétrécir en raison de la force de la semonce. La directrice se montra tout à coup particulièrement austère et décocha à ses élèves un regard digne de celui qui aurait eu le pouvoir de faire détourner celui du Seigneur des Ténèbres en personne. Hermione, navrée par sa perte de convenance, baissa la tête en coinçant ses deux mains entre ses cuisses.

- Monsieur Malone, est-ce vraiment nécessaire que ces deux-là soient présents pour la suite de l'entretien? éructa-t-elle avec humeur.

Malone répondit à la négative et aussitôt, McGonagall leur donna congé. Au pas de la porte, elle interpela toutefois le Serpentard qui se raidit :

- Je retire ce que je vous ai dit ici même avant l'incident de ce soir ; vous garderez votre poste de préfet-en-chef. Il serait fâcheux de faire coïncider le décès du petit Dennis Crivey avec votre expulsion pour ainsi attirer davantage de méfiance à votre compte.

- Merci profess-

- Je ne fais pas cela afin de vous faire plaisir, sachez-le, clarifia-t-elle. Si vous tenez à garder votre poste, vous accomplirez dorénavant vos obligations car je ne me gênerai plus afin de vous le soutirer si j'en ressens la nécessité.

Trente secondes plus tard, Drago et Hermione se trouvaient au pas de l'escalier de pierre en colimaçon, en face de la gargouille qui gardait l'entrée. La préfète-en-chef était carminée par la honte d'avoir été expulsée de la sorte du bureau de la directrice. Le Serpentard, heureux d'en être enfin sorti, se dirigea aussitôt vers la salle commune des préfets.

- Bravo, Malefoy! s'exclama ironiquement Hermione en l'observant s'éloigner. Grâce à toi, je n'ai jamais parue aussi stupide devant McGonagall!

Le concerné s'immobilisa et se tourna entièrement vers son interlocutrice.

- Granger, tu n'as jamais eu besoin de personne pour paraître stupide.

- As-tu quelque chose d'autre à dire à ma copine, Malefoy? s'éleva une voix derrière eux.

Ron et Harry, accompagnés par Ginny, apparurent à l'angle d'un couloir. À en juger par les yeux bouffis des deux garçons, ils venaient tout juste d'être tirés d'un profond sommeil.

- Ça y est, marmonna Drago avec ennui. Les bas-fonds de Poudlard qui s'amènent…

- Mais que faites-vous ici? s'étonna Hermione à l'adresse des nouveaux arrivants après avoir constaté l'heure tardive. Il est presque minuit!

- Ginny est une Gryffondor, ne n'oublie pas, rappela Harry qui tenait la main de la rouquine. Elle est venue nous réveiller afin de nous raconter la terrible nouvelle…

- Tu te sens bien, Hermione? s'inquiéta Ron en se précipitant sur elle. Tu n'es pas trop choquée?

- Je serais très certainement en train de vomir si je ne m'étais pas déjà vidé l'estomac plus tôt dans la soirée, notifia le blondinet en grimaçant.

Sous l'indifférence des Gryffondors, Drago s'éloigna.

- Ginny nous a tout raconté… s'attarda Ron. Tu n'es pas trop perturbée, Hermione?

Le petit groupe, le pas lent, se mit en marche sans se donner de destination précise.

- Non, je vais bien, les rassura-t-elle en étirant un mince sourire. Ce n'est pas comme si je n'avais jamais vu d'horreur dans mon passé…

- Mais tout de même… Un meurtre qui survient là, maintenant, en début d'année, et à l'orée d'une nouvelle période, en plus… dit Harry, éperdu. C'est choquant de constater que rien ne s'arrêtera jamais…

- Que quoi ne s'arrêtera jamais? demanda Hermione, intriguée par son raisonnement.

- Voldemort s'est enfin éteint, expliqua le Survivant en fixant sinistrement les dalles du plancher de pierre. Tous oseraient donc croire que la paix s'abattrait sur le Monde Magique pour de bon, mais voilà qu'en une courte semaine, deux catastrophes en lien avec Poudlard font rage…

- En lien avec Poudlard, tu dis? fit Ginny en fronçant les sourcils. En quoi l'évasion d'Azkaban est liée à Poudlard?

- As-tu bien lu l'article de La Gazette? Ils sont persuadés que Lucius Malefoy est le chef des opérations, et aux dernières nouvelles, Lucius est bien le père de Drago.

Les idées d'Hermione se plaçaient tranquillement. Harry tentait manifestement de leur communiquer ses doutes sans toutefois oser être explicite.

- Attends une minute, Harry… Es-tu en train d'insinuer que ces deux drames seraient connectés?

Il haussa les épaules en feignant l'ignorance, mais on pouvait deviner à travers sa neutralité que c'était exactement ce qu'il croyait.

- Alors tu crois que ces Mangemorts seraient responsables du meurtre de Dennis, vieux?

- C'est ce que je crois, oui.

- Mais c'est complètement impossible, Harry, appuya la préfète-en-chef en secouant la tête. Poudlard est beaucoup trop sécuritaire pour permettre à des criminels notoires d'y pénétrer…!

- Et l'Armoire à Disparaître, elle? s'emporta-t-il au souvenir de sa sixième année. Drago s'en est bien servie une fois afin de permettre à certains Mangemorts de rejoindre la tour d'astronomie, non? Alors qu'est-ce qui nous fait croire qu'il n'a pas refait le coup?

- Drago n'y est pour rien, je peux vous l'assurer, trancha Hermione. Et cette Armoire a été détruite, je te rappelle.

- Ce n'était qu'une image, Hermione ; je voulais simplement vous faire comprendre qu'il existe de nombreuses possibilités de faire entrer des intrus à Poudlard. Des possibilités, d'ailleurs, que nous ne connaitrons peut-être jamais.

Un silence inconfortable s'installa.

- Je dois avouer que tout ça a du sens, admit Ron. Ces deux derniers incidents doivent forcément être liés…

- Hermione, tu as dis que Drago n'était pas impliqué dans aucun de ces incidents… rappela Ginny. Qu'est-ce qui te fait croire une chose pareille?

Hermione rangea ses idées dans sa tête et prit une grande inspiration afin de s'assurer de bien se faire comprendre :

- Au fil des années, j'ai pu constater qu'il est un horrible acteur ; il n'est visiblement pas capable de cacher ses émotions et c'est exactement ce détail qui nous a souvent permis de douter de ses manigances. (Attentifs, Harry, Ron et Ginny hochèrent la tête.) Lorsque la BPM est venue à Poudlard et qu'elle a annoncé à haute voix l'évasion de son père, j'ai clairement vu dans ses yeux une réelle stupeur, peut-être même de l'effroi… Ça, d'après moi, c'est suffisant pour le croire innocent. Quant au meurtre de Dennis, j'en suis simplement certaine. De plus, il a un alibi : il était dans le bureau de McGonagall au moment où le corps a été déplacé devant l'entrée de la salle commune.

- Déplacé? Le corps a été déplacé à cet endroit? s'intéressa Harry. Comment le sais-tu?

Sommairement, la préfète-en-chef expliqua à ses amis les détails auxquels elle et Drago avaient eu droit dans l'office de la directrice. Elle leur indiqua également qu'elle avait assisté à la représentation exacte du meurtre par le biais d'un Prior Incanto un peu trop explicite à son goût personnel.

- Le meurtrier a utilisé la baguette de Dennis afin de le tuer? fit Ron d'une toute petite voix. Mais pourquoi? Il devait sûrement en posséder une également, non?

- Sûrement voulait-il justement qu'il y ait des témoins du meurtre… marmonna Harry avec gravité.

Ses trois amis le dévisagèrent avec intérêt afin de le pousser à s'expliquer.

- L'assassin entraine sa future victime à l'extérieur du château par je-ne-sais quel moyen, lui vole sa baguette magique, le tue et rapporte son corps là où l'activité est courante… résuma-t-il, les sourcils froncés par la réflexion. (Il marqua une pause.) D'après moi, il a des idées bien précises en tête et il n'a pas l'intention de s'arrêter là…

- Tu veux dire que tu crois qu'il va encore tuer? s'alarma Ron.

- Je crains que oui…

- Mais pourquoi Dennis? piailla Hermione. Pourquoi lui? Aucune raison ne pourrait pousser des Mangemorts à tuer ce si gentil garçon…!

- Et s'ils ne l'avaient pas précisément choisi? Peut-être voulaient-ils simplement… tuer un élève quel qu'il soit…

- Et pourquoi voudraient-ils faire une telle chose? souffla Ginny tandis qu'un frisson parcourut son échine.

Harry haussa les épaules. Il n'avait fait que supposer, mais regrettablement, tout semblait se tenir.

Leurs pas les avaient menés au cinquième étage, précisément devant la plaque commémorative qui donnait accès à la salle commune des préfets. C'était comme si leur subconscient, embrouillé par les événements, avait déterminé d'avance et malgré eux leur destination. Sur le sol, aucune trace de sang n'était visible. On aurait pu croire qu'il ne s'était absolument rien produit.

Minuit avait passé mais les quatre Gryffondors, en raison de leurs nouveaux tourments, n'étaient pas pressés de retrouver leur lit douillet. Hermione, Harry, Ron et Ginny étaient profondément plongés dans leurs pensées et spéculaient silencieusement. Si les doutes du Survivants s'avéraient justes, tout portait effectivement à croire qu'il y aurait plus d'un meurtre à Poudlard… La question, maintenant, était de savoir pourquoi…

- Hermione, fit Harry.

L'interpelée, tirée de ses réflexions, leva les yeux sur son ami.

- Il faudrait que tu tentes quelque chose pour nous en apprendre plus sur l'évasion des Mangemorts.

- Quoi? (Elle plissa les yeux, méfiante.) Qu'est-ce que tu veux que je fasse?

- Parle à Drago.

- Pardon?

- Une chose est claire : il n'a rien à voir avec l'évasion. Mais qui dit qu'il n'était pas au courant que ça allait se produire? Qui dit que Lucius ne l'aurait pas informé des plans qu'il entreprendrait une fois qu'il serait sorti d'Azkaban?

- Oh, et tu crois qu'il va me dire ça? À moi? C'est absurde, Harry, d'autant plus que je t'ai déjà dit qu'il est indubitable qu'il-

- Fais-le pour Dennis.

Hermione ravala ses mots, scandalisée par la méthode de manipulation d'Harry. Les lèvres serrées, elle pensa sérieusement à l'envoyer promener mais se ravisa rapidement en réalisant qu'elle ne perdait rien à essayer :

- Très bien, très bien! accepta-t-elle à contrecœur. Même si je suis persuadée que ce sera un échec, je vais essayer…!

En guise de remerciement, Harry sourit, mais Hermione, loin d'être enchantée de lui accorder cette faveur, fit la moue. Il n'était pas nécessaire d'être de nature pessimiste pour savoir que cette tentative serait vaine. D'ailleurs, la jeune femme se promit de ne pas s'évertuer à cette tâche ; si le Serpentard s'obstinait à garder le silence ou l'envoyait paître, elle baisserait aussitôt les bras. Hors de question qu'elle se ridiculise devant Drago Malefoy en lui démontrant trop d'intérêt.