Saviez-vous que Une leçon d'honneur a franchi la barre des 10 600 lectures? Je suis franchement abasourdie... Ça m'encourage tellement!

Hum-hum, pardon... SALUT À TOUS! Je suis contente de vous retrouver! Enfin, un nouveau chapitre, et je crois que plusieurs seront plutôt satisfaits du contenu... En ce qui me concerne, je suis contente d'enfin m'en débarrasser ; il est vraiment long (plus de 6 000 mots) et je n'arrive pas à être pleinement satisfaite de sa construction... En tout cas, c'est pas grave ; maintenant, il est dans ma filière de chapitres postés et je n'y retouche plus! XD Si vous saviez combien de fois j'ai lu et relu ce chapitre pour tenter de le perfectionner...! J'espère tout de même qu'il vous plaira!

Plusieurs d'entre vous ont eu certaines difficultés à poster des reviews lors du dernier chapitre... Je sais pourquoi : j'avais posté une note d'auteur, vous vous souvenez? Hé bien certains d'entre vous avez commenté ce "chapitre", et lorsque je l'ai supprimé, ces reviews ont été jumelées avec un autre chapitre, je crois, ou quelque chose du genre... En fait, le truc c'est que tout a été décalé, alors le site croyait que vous aviez déjà commenté sur ce chapitre. Bref, on s'en moque un peu, han?

Alors bon. C'est le temps de la lecture. Au passage, un petit coucou à Maëva avec qui ça fait un moment que je n'ai pas discuté! Et aussi, comme d'habitude, merci à tous ceux qui prennent le temps de m'écrire quelques mots pour me partager votre avis! :)

Bonne lecture, les amis!


Une leçon d'honneur

Chapitre 16
Plus fort que Poudlard

La porte claqua violemment, dans un bruit furieux. Il se rendit à la fenêtre au travers de laquelle il crut bon de se projeter mais s'immobilisa à son pied, les jambes raides, prêtes à effectuer le grand saut à tout moment. Son regard erra sur le paysage alors que ses doigts se faufilaient dans ses cheveux, tentant vainement d'apercevoir ses parents et leurs acolytes fuir, mais la tempête était trop dense pour y apercevoir quoi que ce soit. Le chaos. Comme hier, comme demain. Comme dans sa tête. En outre, les meurtriers avaient détenu d'amplement de temps pour transplaner à des kilomètres de là, loin des autorités, loin de celui qui aurait le pouvoir de les arrêter. Ne sachant que faire de ses mains et de son propre corps qui l'insupportaient comme s'ils lui étaient étrangers, il frappa brutalement le mur de sa paume en poussant un grognement de rage. Son autre main se chargea aussitôt de la masser. Il regretta son maigre accès de colère ; son cœur semblait maintenant lui battre dans la paume. C'était si désagréable! Son visage se crispa, en proie à une vive émotion qui n'était pas uniquement due à cette douleur. Affliction? Révolte? Honte? Dégoût? Un mélange de tout?

Pourquoi le choc de la nouvelle de la mort d'un second camarade avait été si grand? Il le savait, pourtant ; Hermione et lui auraient pu le prévenir. Avait-il vraiment cru, après tout, que ce cauchemar ne pouvait atteindre une telle envergure, se confirmer de nouveau? Avait-il vraiment cru que ses parents abdiqueraient en chemin, se raisonneraient et se rétracteraient dans la pénombre en agitant leur drapeau blanc?

Drago, complètement désemparé, s'arracha à la contemplation d'un paysage qu'il aurait barbouillé d'encre tant sa pureté l'écœurait et erra nonchalamment dans sa chambre, les mains appuyées contre sa tête. Les larmes s'accumulaient dangeureusement dans ses yeux ; aussi fut-il obligé de lever le menton pour ne pas se couvrir de honte, bien qu'il était à l'abri des regards, en les laissant rouler ses joues blanches. Jusqu'où Lucius étendrait-il sa terreur? Tel qu'il l'avait espéré, peut-être même deviendrait-il, s'il ne freinait pas ses ardeurs, aussi craint que Lord Voldemort. Après tout, ne nourrissaient-ils pas le même but : tuer Harry Potter? Qui plus est, Lucius le lui avait annoncé de vive voix : il voulait reprendre le travail du Seigneur des Ténèbres là où lui l'avait laissé…

L'idée d'avoir pour père un semblable de Voldemort le fit frémir. Pourtant, tranquillement, la métamorphose s'effectuait : Lucius se déshumanisait peu à peu. L'élément déclencheur avait été Azkaban, période durant laquelle son âme avait été fortement atteinte par les vestiges des Détraqueurs maintenant éradiqués. Peut-être la prison n'avait plus pour gardiens ces bêtes vicieuses, mais leurs effets s'était imprégnés dans ses murs et perduraient, fidèles à leur poste, indélébiles, comme une tache de sang imbibé dans du bois.

Mais la véritable raison de cette déshumanisation était le déshonneur de sa famille. Ce goût amer de la vengeance sur sa langue. Subrepticement, l'idée d'éliminer la raison de la dégression de sa lignée s'était encrée en lui et ne le quittait plus. Et maintenant, il en était rendu à ce point : propager la peur plutôt que de la canaliser vers l'unique responsable de son obsession. Lui, sa mère, ses oncles… Sa famille.

Il était seul. Le seul Malefoy encore rationnel, encore « respectable ». Mais cette exception ne faisait pas de lui un privilégié ; au contraire, elle le pénalisait.

Une vague d'émotions l'envahit puis son visage, de nouveau, se convulsa sous cette pression affligeante. Ses lourdes larmes s'échappèrent alors, glissant le long de ses tempes. Il baissa la tête en laissant ses bras retomber mollement le long de son corps, signe caractéristique de l'impuissance qui l'étouffait. Il contourna le lit, s'essaya sur le bord. Il était épuisé. Pas physiquement – car dormir était bel et bien l'unique activité qu'il avait pratiquée suite à son retour d'Elbury House –, mais mentalement. Il ne savait plus à quoi s'accrocher pour se procurer l'énergie nécessaire afin de passer au travers de cette épreuve. C'était comme si tout lui tournait le dos. Tout.

Tout… sauf Hermione.

La soudaine manifestation du visage de cette fille dans ses pensées agit sur lui comme une berceuse sur un enfant ; son faciès se relâcha, ses préoccupations, momentanément, s'évaporèrent. Hermione… Drago ne lui avait pas parlé depuis qu'il l'avait vue pénétrer dans la Grande Salle, mais tout au long du repas, avant que le drame n'éclate et ne gâche tout, ils s'étaient échangés un nombre incalculable de regards indéfinissables entre les têtes des convives qui les séparaient. Des sourires discrets, tendres, au-delà d'un simple tic poli. Avait-il surinterprété ces mimiques? Avait-il uniquement perçu ce qu'il avait espéré percevoir? Il aurait juré que non, et seulement pour cette raison, il avait été impatient de retourner à leur salle commune. Mais plus maintenant. Il avait honte. Honte d'être le fils d'un barbare. Honte d'être si étroitement lié à ce monstre mais de ne rien savoir faire.

Mais Hermione, contrairement au reste de son entourage, ne l'avait jamais jugé. Certes, elle avait eu des moments d'indécision, de doute, et elle avait même vomi sur lui un flot de reproches qu'il avait, malgré son indignation, encaissé et considéré par la suite. C'était elle, en quelque sorte, qui avait forgé ce qu'il était devenu depuis l'épisode chez Scribenpenne : quelqu'un de plus avenant, de plus alerte, de plus courageux.

Hermione…

Le Serpentard ferma les yeux, passa en revue les méthodes qu'elle avait entreprises, durant les trois derniers mois, au fil de leur rapprochement, pour le faire rire lorsqu'il était de mauvais poil, pour le stimuler lorsqu'il était lassé, pour le secouer lorsqu'il était distrait ou inconscient. Ces trois derniers mois, suite à la découverte de la nouvelle réputation de son père, Hermione avait été d'une indispensabilité incontestable. Drago n'osa même pas imaginer ce qu'il aurait été devenu sans son soutien, sans sa compagnie, pas plus qu'il n'osa penser à ce qui adviendrait de lui si elle lui glissait d'entre les doigts.

Et pour cette raison, il se résigna ; bien que l'objectif de son père se précisait de plus en plus et deviendrait bientôt évident, Drago se montrerait franc et avouerait à Hermione, aussitôt que possible, qu'il eut toujours connu le motif de son père. Il ne pouvait plus supporter de masquer cet obstacle à une confiance absolue. Appréhensif, Drago courba le dos, la tête pendant entre ses épaules frêles. Hermione se fâcherait, c'était inévitable. C'était bien la dernière chose dont il nécessitait, mais si tel était le prix pour se considérer comme digne d'elle, de son amitié, de son amour, il le ferait.

Une série de pas précipités provenant de l'étage du dessous le tira alors de ses divagations. Il redressa la tête, sur le qui-vive, et tendit l'oreille ; les pas s'approchaient, montaient les escaliers, se dirigeaient vers sa porte…

- Drago?

Son cœur se contracta si violemment qu'il en grimaça. C'était la voix d'Hermione, haletante, presque paniquée. Tous ses muscles étaient devenus aussi rigides que le bois. Sans savoir ce qui le poussait à agir de la sorte, il ne se manifesta pas, resta silencieux. Il attendait.

- Drago… Je sais que tu es là. Ta porte était entrouverte lorsque je suis venue porter mes bagages.

Son ton était apaisant. Drago se serait tut à jamais pour pouvoir entendre sa voix.

- Drago, je t'en prie… Ouvre-moi.

Son menton trembla, son front se plissa. L'envie d'éclater en sanglots s'éprit de lui, potentialité qu'il écarta aussitôt.

- Écoute… Je sais que ta porte n'est pas verrouillée. Mais-

Brusquement, Drago se leva dans l'intention de corriger ce détail, mais Hermione s'était interrompue au moment où les bruits de son agitation s'étaient dévoilés. À mi-chemin, il s'immobilisa, tout à coup moins hâté ; Hermione ne violerait pas son intimité de la sorte, il le savait.

- Mais je n'ai pas l'intention d'entrer dans ta chambre sans ta permission, ajouta-t-elle après quelques secondes de silence.

Drago fixait la porte à la hauteur approximative de ses yeux, de l'autre côté, comme s'il pouvait la voir au travers. Traverser la porte, l'étreindre, l'embrasser, s'enduire de son baume…

- J'ai une idée… dit-elle lentement. Je… Je vais compter jusqu'à dix. Lorsque j'atteindrai ce nombre, j'ouvrirai la porte si tu n'es pas venu, entretemps, la verrouiller. Ça te va?

Il tendit le bras vers le loquet de cuivre. Désirait-il qu'Hermione le voie aussi miné? Non, surtout pas. Il voulait se montrer fort face à elle, pouvoir lui prouver par sa prestance qu'il était capable de la protéger. Mais véritablement, c'était Hermione la plus forte. C'était elle qui, depuis le tout début, le protégeait, le réconfortait.

Son bras se rétracta, et, posément, il fit volteface pour se rasseoir sur le lit. Il accepterait sa défaite, sa faiblesse. Hermione débuta son compte, et, le cœur battant, Drago attendit.

Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept… huit… neuf…

- Dix…

Un court silence plana durant lequel le blondinet entendit la préfète-en-chef pousser un soupir derrière la porte. La poignée tourna dans son socle, et la porte, d'une lenteur à s'en arracher les cheveux, s'ouvrit.

Sa vision était limitée ; il avait baissé les yeux afin d'éviter de devoir affronter son regard, mais il put néanmoins l'apercevoir entrer timidement dans la pièce. Elle portait un jean pâle et son chandail était d'une couleur vive, d'une nuance située entre le rose et le violet, il n'aurait su préciser davantage. Hermione referma la porte derrière elle et s'y adossa, les pieds étroitement joints. Le rythme cardiaque de Drago s'intensifia et une traitre larme s'écrasa contre son genou. Il renifla, exposant ainsi librement l'état lamentable dans lequel il s'était mis.

- Drago…

Elle fit quelques petits pas mais sembla à peine s'approcher. D'un coup, la température de la pièce sembla se refroidir. Son corps réclamait ses bras. L'étreindre, l'embrasser, s'enduire de son baume…

- J'imagine ce que tu ressens… déclara Hermione. Je sais ce qui t'affecte à ce point.

Spontanément, une vague émotive déferla sur son âme et le fit grimacer, encore, toujours. Il retint de justesse un sanglot. Sa tête, d'elle-même, se balança de gauche à droite.

- N'aie pas honte, Drago, souffla-t-elle d'une voix navrée. N'aie pas honte… Je sais que c'est ce que tu ressens. Tu as honte. Je peux le sentir… Mais cette situation est injuste. Tu n'as aucune emprise dessus… N'aie pas honte de ce que tu ne peux changer… Tu dois… Tu dois plutôt…

Hermione s'interrompit, fit claquer sa langue contre son palais, comme si elle ne trouvait pas les mots adéquats pour expliquer son point de vue, puis s'avança. Contre toute attente, elle ne s'arrêta que lorsqu'elle ne fut plus qu'à quelques centimètres de Drago. Elle s'agenouilla en face de lui et aussitôt le Serpentard se replia, déstabilisé par cette soudaine proximité, mais Hermione ne s'en alarma pas ; le regard accroché au sien, elle saisit ses deux mains et les étreignit puissamment des siennes. Malgré sa gêne, Drago ne sut détacher ses iris inondés de ses prunelles noisette. Ses yeux étaient si tristes…

L'embrasser, s'enduire de son baume…

- Tu dois plutôt prôner tes différences, compléta-t-elle. Tu comprends? N'aie pas honte du lien qui vous uni ; sois fier d'être différent d'eux.

Face à face, ils se dévisagèrent comme s'ils souhaitaient tous deux lire dans les pensées de l'autre, mais Drago rompit rapidement ce contact pour se donner le courage de parler :

- Ils veulent Potter.

La Gryffondor cligna bêtement les paupières, interloquée par ce changement de sujet subit.

- Quoi…?

- Mon père, ma mère et tous les autres… Ils veulent Potter. C'est pour cette raison qu'ils ont aidé mon père à s'évader : pour qu'ensemble, ils parviennent à éliminer Potter. Pour venger le déshonneur de notre famille.

Longuement, elle le dévisagea, ne cillant qu'à peine.

- Comment le sais-tu?

- Je l'ai toujours su, Hermione. Depuis le début. Depuis le début…

Son dernier mot fut déformé par le chagrin. Aussitôt, il baissa la tête, ô combien honteux, si honteux, de cette lacune volontaire, alors qu'un faible sanglot s'évada sans qu'il ne trouve la volonté de le refouler. Garder cette masse empoisonnée à l'intérieur de lui était trop douloureux. Il ferma les yeux en les crispant, redoutant la plus vive des réactions, ou simplement, le pire, son départ silencieux. Mais les secondes passaient et les mains d'Hermione étaient toujours refermées sur les siennes. Leur étreinte ne s'était même pas desserrée, n'avait même pas tressaillie.

- Calme-toi, murmura-t-elle.

Il recouvra la vue, croyant d'abord à une ruse. Les yeux rutilants d'Hermione lui indiquèrent que la nouvelle ne l'avait pas laissée de marbre, mais son sourire, infime, l'assurait qu'elle ne lui en voulait pas.

Les pouces de la jeune femme entreprirent de lentes caresses sur les mains de Drago qui sentit qu'ils effectuaient ensemble un pas supplémentaire dans une même direction. Son ventre n'était plus qu'un trou béant dans lequel lui-même chutait, vide mais pourtant rempli d'angoisse. Un vertige. Un agréable vertige. Un vertige qui s'intensifia lorsqu'Hermione se redressa sur ses genoux afin que son visage gagne la même hauteur que le sien. Lentement. Ses lèvres rosées s'entrouvrirent. Drago était fasciné par la lenteur de ses mouvements ; c'était comme si elle craignait qu'un quelconque geste de sa part ne centre son attention autre part que sur son visage, là où vivait l'étendue de l'intensité du moment.

Les genoux délicats d'Hermione entrainèrent son corps vers lui jusqu'à ce que son ventre se cale dans l'ouverture de ses jambes. Ses mains, ce faisant, glissèrent le long de ses poignets, puis de ses avant-bras. Et son visage, plus paisible que celui du dormeur éternel, s'approcha du sien pour présenter ses lèvres. Drago, incapable de retenir les guides de son désir, accomplit le geste final qui scella leur bouche.

Drago serrait les poings en l'embrassant, de peur que l'avidité de sa passion ne le pousse à brusquer et gâcher la perfection de leur partage. Les mains d'Hermione s'étaient déplacées jusqu'à son cou, près des oreilles, tandis que sa bouche se pressait lascivement contre la sienne. Leur baiser fut le simple contact humide et savoureux de leurs lèvres qui s'eurent, depuis un temps indéterminé, désirées les unes les autres. En se détachant, une chaleur incroyablement enivrante se répandit dans leur corps embrasé. Hermione baissa la tête, et Drago, pantelant, plaqua sa bouche contre son front, engourdi.

- Nous sommes ensemble là-dedans, chuchota-t-elle.

Sur ce, elle se redressa, fidèlement suivie du regard enivré du Serpentard, puis se dirigea vers la porte. Elle l'ouvrit et s'arrêta aussitôt, comme si un sixième sens l'avait informée de la détresse de Drago qui ne comprenait pas pourquoi elle le quittait aussi vite, suite à un tel moment. En pivotant sur elle-même, elle croisa son regard pour la première fois depuis leur baiser.

S'enduire de son baume…

- Bonne nuit, Drago, dit-elle en souriant tendrement. Demain, tout ira mieux…

Sans attendre de réponse, Hermione passa la porte et la referma derrière elle. Drago, sur le lit, resta immobile pendant plus de quinze minutes.

oOo

Rares furent les fois, au cours de la scolarité d'Hermione, où la Grande Salle s'était remplie aussi rapidement et dans un si grand calme. Était-ce uniquement dû à l'inquiétante raideur des professeurs installés sur leur chaise respective ou était-ce la présence intimidante d'une dizaine d'agents du Ministère, tous alignés en bas de la plateforme tels des soldats? Elle n'aurait su le déterminer, mais quoi qu'il en soit, cette solennité avait une connotation alarmante. Les étudiants, pour communiquer, murmuraient comme s'ils se trouvaient à l'intérieur d'une église, craignant pour une raison quelconque que le droit de parler fut été aboli.

Mais à la table des Gryffondors, personne ne parlait. Le deuil ternissait les jeunes visages et les cœurs fringants, tous autant affligés les uns que les autres par l'assassinat de non pas un, mais de deux élèves de leur maison. Ron et Dean, tous deux témoins du meurtre survenu la veille, étaient également présents mais étaient largement plus taciturnes que n'importe qui d'autre. Qui pouvait les blâmer? En plus d'avoir assisté à un crime sanglant, ils avaient été interrogés par Malone et ses hommes durant une bonne partie de la nuit. Et maintenant, comme chacun des résidents de Poudlard, ils avaient été convoqués dans la Grande Salle suite à une annonce de McGonagall qui avait ajouté, d'une voix qui était provenue de partout et de nulle part en même temps dans les couloirs du château, que les cours étaient indéfiniment suspendus. En temps normal, les étudiants auraient sauté de joie suite à cette annonce, mais les circonstances ne se prêtaient pas à de telles réactions.

Hermione ne cessait de jeter des regards soucieux à Ron, en face d'elle, qui fixait la table d'un air absent. Harry, à côté de lui, et Ginny, à côté d'elle, attendaient sagement que McGonagall prenne la parole. Pendant ce temps, étant donné l'ineptie du rouquin, la préfète-en-chef se permit de s'intéresser à ce qui se passait par-dessus son épaule ; Drago, à la table des Serpentards, n'était pas encore arrivé. Heureusement, des élèves pénétraient encore dans la Grande Salle ; il ne tarderait donc pas à se joindre à la masse. Du moins, elle l'espérait…

Une demi-heure plus tôt, Hermione s'était empressée de quitter la salle commune des préfets dans l'espoir d'esquiver Drago qui lui n'était pas encore sorti de sa chambre. Elle ignorait la raison exacte qui l'avait poussée à se défiler de la sorte, mais ses appréhensions en lien avec le baiser qu'ils avaient partagé la journée d'avant y était certainement pour quelque chose. Elle avait longuement réfléchi sur la portée de ce geste, mais, n'étant pas consciente de la nature exacte des sentiments de Drago à son égard ainsi que leur profondeur, elle n'avait aucune idée de sa vision des choses à lui. Elle redoutait la tournure que prendrait cette histoire, car sait-on jamais, peut-être Drago était aussi fantasque que Ron en amour… Son estomac se noua à cette pensée. Pensée qui fut, d'ailleurs, violemment interrompue, car Drago passa le seuil de la Grande Salle.

Hermione se raidit instantanément mais tenta de s'affecter un air désinvolte en cas où il jetterait un œil à la table des Gryffondors ; elle voulait paraître hardie, pas lui donner l'impression qu'elle regrettait son geste. Un essaim de papillons s'agitait vivement dans son estomac, sensation qui se décupla lorsque, par saccades, Drago pivota la tête vers elle, comme s'il n'avait pas été maître de son mouvement et avait voulu le retenir. Ses yeux s'écarquillèrent imperceptiblement et il perdit contenance – son pas ralentit et dévia de sa trajectoire –, mais un élève derrière lui le poussa à accélérer sa démarche et le contact visuel fut aussitôt rompu. Les joues écarlates, il rejoignit la table des Serpentards, et Hermione, contrariée par sa réaction, reposa les yeux sur Ron qui n'avait pas bougé.

- Mes très chers élèves…

Comme un seul homme, les centaines de visages se tournèrent vers McGonagall qui s'était avancée sur le podium. Les conversations moururent tranquillement.

- Je ne surprends personne en mentionnant la récente perte de Seamus Finnigan… Ce décès, ainsi que celui de Dennis Crivey, sont survenus en de bien mystérieuses circonstances… Des motifs inconnus mais sûrement insensés… Deux Gryffondors dignes de leur maison et du grand fondateur, dignes de son courage légendaire…

Elle fit une pause. Personne ne semblait désarçonné par l'incohérence de son discours. Le silence était impeccable, si bien qu'on pouvait entendre le faible crépitement des flocons de neige agités contre les fenêtres de la Grande Salle. McGonagall déglutit puis leva le menton, en quête de sa proverbiale fierté, mais tous la savait ébranlée.

- Nous avons tous osé croire que la chute de Lord Voldemort serait le prélude d'une ère nouvelle, sans menace et sans violence. Nous avons eu tort. Jamais le danger ne disparaîtra celui qui le propage ne sera que… qu'éternellement remplacé.

Elle entrecroisa les doigts devant elle, et d'un pas lent, elle se mit à arpenter le podium. Les agents du Ministère n'avaient pas bronché, les mains jointes dans leur dos.

- Malgré les mesures de sécurité installées suite au meurtre du jeune Crivey, et malgré ce calme plat qui a perduré pendant trois longs mois et qui aurait pu être un signe d'abandon de la part de l'assassin, il a su réitérer au moment où nous nous y attendions le moins. Selon les analyses et les découvertes faites au bureau des Aurors, l'assassin reparaitra de nouveau pour étancher sa soif si nous ne mettons pas un terme à cette boucherie. Mais tant et aussi longtemps que nous ne connaitrons pas les motifs qui poussent ce bandit à agir, mettre la main dessus pourrait être pratiquement impossible. Alors que faire, lorsque l'arracheur de vies est aussi insaisissable que le vent? Que faire lorsqu'il possède l'habilité de percer des défenses aussi aguerries? Nous ne pouvons pas vivre sous une telle menace sans savoir quand et où l'assassin frappera.

Hermione, Harry et Ron s'échangèrent un regard ; ce pessimisme ne ressemblait pas à leur directrice qui était habituellement une combattante inflexible. Lorsque la préfète-en-chef parcourut la pièce d'un œil inquiet, elle constata bien rapidement qu'elle ne mésinterprétait pas son discours : le pire allait véritablement se produire.

- Une grande décision a été mise entre les mains du Ministère de la Magie au cours de cette nuit. Une décision qui n'a pas été débattue très longuement. Et quand une telle décision ne suscite pas de vigoureuses divergences, c'est un signe évident que dès les premières argumentations, la bataille est déjà perdue…

- Oh, non… marmonna Hermione en un souffle.

- Mes très chers élèves, répéta McGonagall en pinçant les lèvres, le front barré d'une quantité impressionnante de plis, aujourd'hui, je vous annonce une affligeante nouvelle… Poudlard, malgré toutes les épreuves traversées au fil des siècles… Poudlard fermera ses portes.

D'abord, il y eut un moment de flottement, puis progressivement, au fil du temps que nécessita l'assimilation de la nouvelle, l'agitation naquit ; si certains s'étaient soumis à la fatalité en ne trouvant comme échappatoire que les pleurs éperdus, d'autres, au caractère plus explosif, s'étaient levés et tempêtaient sans retenue contre ceux qu'ils croyaient être les responsables de cette décision, soit les membres de la BPM et les Aurors présents. Ceux-ci ne se gendarmèrent pas plus que McGonagall ne tenta de ramener ses étudiants à l'ordre, comme s'ils étaient habitués aux manifestations de haine et y étaient devenus réfractaires.

L'anarchie était étouffante. Des huées et des sanglots secouaient la Grande Salle tel un séisme, et Hermione n'était pas la seule à ressentir ses effets. Elle plaqua un poing contre son front afin de retenir sa tête, mais également afin de s'assurer, en stimulant son toucher, que les éléments autour d'elle n'étaient pas qu'illusions ; elle avait l'impression d'avoir vacillé dans un cauchemar, car Poudlard ne pouvait pas fermer ses portes comme un magasin pouvait faire faillite… Elle eut soudainement l'impression de tomber dans un vide immense.

Hermione ne sut combien de temps elle resta ainsi, mais lorsqu'elle leva enfin le menton, Harry, Ron, devant elle, et Ginny, à sa droite, avaient les yeux embués. Le Survivant secouait lentement la tête, les sourcils froncés, refoulant visiblement une envie de se joindre aux protestataires. Tous sursautèrent lorsque subitement, il se leva, en proie à un violent sentiment de révolte.

- Harry! protesta aussitôt Ginny d'une voix tremblotante en se levant également. (Elle tendit une main dans sa direction dans l'espoir de l'apaiser.) Laisse tomber… Ça ne servira à rien.

Il serra les dents ; Ginny avait raison et il le savait.

- Voldemort a terrorisé le monde magique durant des années et jamais Poudlard n'a fermé ses portes, pesta-t-il. Lucius Malefoy ne peut pas parvenir à ça en quelques mois seulement. Je refuse d'y croire.

- Harry…!

Hermione s'était tendue ; Harry avait parlé fort, et malgré le tumulte autour d'eux, certains Gryffondors installés plus loin à la table s'était intéressé à ce qui avait poussé le Survivant à se redresser aussi fougueusement.

- Quoi? cracha-t-il sur un ton de défi.

- Sois plus discret, veux-tu…? osa-t-elle timidement.

- Et pourquoi, dis-moi? Tout le monde sait que c'est le père de Malefoy qui sème toute cette panique!

- Non, pas tout le monde! riposta-t-elle en tentant de lui faire comprendre, par la force de ses yeux, de baisser son ton. C'est une chose qui n'a pas encore été dévoilé publiquement! Harry, je t'en prie, cesse de parler si fort!

Comme si elle craignait que Drago n'entende leur conversation, Hermione lui lança un regard par-dessus son épaule. Entre plusieurs têtes, elle pouvait le voir, assis parmi des Serpentards énervés, la tête baissée entre ses mains. Il paraissait si petit. Pansy Parkinson caressait son dos, un peu trop penchée sur lui au goût d'Hermione.

- Tout le monde le saura tôt ou tard, Hermione… intervint doucement Ron.

- Alors le plus tard sera le mieux, rétorqua-t-elle fermement.

- C'est la sécurité de Malefoy qui te préoccupe? lança Harry sur un ton légèrement condescendant.

- Des gens lui voudront du mal s'ils apprennent qu'il est le fils du responsable, se justifia-t-elle le plus discrètement possible sans se soucier de ses nouvelles rougeurs. Nous n'avons pas besoin d'un troisième cadavre.

- Elle a raison, ajouta Ginny. De toute façon, La Gazette se chargera sûrement de le déclarer dans l'édition de demain. Harry, par pitié, rassis-toi… Notre colère ne changera pas les choses.

L'argument de la rouquine eut raison d'Harry et il se rassit à contrecœur. Ron, à côté de lui, s'était assombri ; l'évocation des inquiétudes d'Hermione au sujet de Drago l'avait atteint comme une flèche en plein cœur.

Plus loin, à la table des Serdaigles, un groupe d'élèves de cinquième année particulièrement tempétueux s'en était – verbalement – pris aux agents du Ministère qui guettaient attentivement les réactions qui se déployaient un peu partout dans la Grande Salle. Ils avaient quitté leur table et se dirigeaient vers les sentinelles en leur hurlant des injures, attitude qui provoqua enfin une réaction chez la directrice dévastée. McGonagall, sans attendre une seule seconde de plus, sortit sa baguette magique et fendit l'air ; un écran invisible se dressa devant les Serdaigles qui s'y écrasèrent tour à tour, confus.

- Mais où vous croyez-vous? vociféra-t-elle, indignée.

Mais sa voix ne portait pas plus que celle d'un minuscule elfe de maison tant le vacarme était strident. À vrai dire, l'interposition passa inaperçu.

- Silence! hurla-t-elle.

Pas plus d'effet. Malone et ses hommes observaient le groupe de Serdaigles se relever en se grattant le crâne avec un mince sourire aux lèvres.

Un tonnerre menaçant cracha soudainement son irritation dans le ciel de la Grande Salle. Son rugissement fut si puissant qu'une grande majorité des élèves se recroquevilla machinalement en se protégeant la tête de leurs mains et en poussant des cris de stupeur. Lorsqu'enfin le tonnerre vomit son dernier jet de colère, un impressionnant mutisme le remplaça. McGonagall serra sa baguette magique dans sa robe puis réitéra son objection une troisième fois :

- Mais où vous croyez-vous tous?

Sa voix, enfin, se fit entendre, mais personne n'osa répondre par peur de subir ses foudres une seconde fois.

- Ne laissons pas l'assassin nous transformer en bêtes sauvages! poursuivit-elle, indignée. Non mais regardez-vous…! (Elle darda sur les Serdaigles, qui s'étaient immobilisés lors de la brusque perte de contrôle du plafond, un regard noir.) Vous alliez vous attaquer à des agents du Ministère, présents pour vous protéger! Oui, je vous l'accorde, la nouvelle est dévastatrice, mais sachez que le coupable est là-bas, dehors, prêt à recommencer! Il n'est nulle part ici, dans ce château!

De nouveau, McGonagall laissa ses propos agir sur l'audience puis en ajouta pendant une longue dizaine de minutes afin d'assurer à ses élèves qu'une fois qu'ils seront en sécurité dans leur demeure respective, elle se consacrerait corps et âme à la défense de son école. Certains balançaient des questions sans s'incommoder du manque de respect qu'ils manifestaient à l'égard de leur directrice, mais celle-ci ne s'en formalisait pas le moins du monde, répondant plutôt à leurs interrogations afin de tenter, malgré la difficulté de la chose, d'alléger leurs inquiétudes.

Bientôt, alors que tous les étudiants virent l'intensité de leur indignation s'appauvrir, un étrange calme régna dans la Grande Salle. On aurait dit un silence de brebis égarées. McGonagall, qui avait retrouvé son ton penaud, conclut la nouvelle :

- Des hiboux ont été envoyés à vos demeures afin de signaler la fermeture de l'école à vos parents. Prenez note que le Poudlard Express quittera la gare de Pré-au-Lard à quatorze heures précises et ce, aujourd'hui même. Vous avez donc encore cinq heures afin de faire vos valises…

Déjà, les élèves les plus scandalisés se levaient, pressés d'en finir. Hermione observait l'agitation autour d'elle sans désirer y prendre part ; comme beaucoup, elle était si choquée que de se retrouver en plein cœur d'une myriade d'adolescents hystériques lui ferait sûrement perdre patience. Pourtant, elle bondit de son siège lorsqu'elle vit Drago, le profil bas, tenter de se frayer un chemin parmi les élèves coincés dans un bouchon au seuil de la porte. Ginny interpella son amie à plusieurs reprises, mais Hermione l'ignora, sentant son désir de parler à Drago plus urgent que celui de justifier son départ.

- Drago! lança Hermione dans l'espoir de le rattraper. Drago!

Elle le vit s'arrêter et lever la tête dans sa direction. Son teint verdâtre passa au rouge vif, mais il ne chercha pas à la fuir. Au contraire, il se dégagea de la foule en sens inverse et rejoignit Hermione d'un zèle beaucoup moins ardent que le sien. Un élève inconnu passa derrière Drago au même moment et le bouscula brutalement en lui crachant une insulte du plus profond de son écœurement. Hermione sentit une sourde fureur monter en elle, et c'est sans retenue qu'elle riposta, le poing levé :

- Va te faire cuire une bouse de dragon, petit insolent!

- Ça va, Hermione… rétorqua Drago en rigolant timidement.

Hermione s'éclaircit la gorge en fusillant du regard quiconque la dévisageait puis réalisa soudainement qu'elle n'avait aucune idée du pourquoi elle s'était lancée à la rencontre de Drago. Elle sentit un tourbillon de chaleur naître dans sa tête.

- Comment prends-tu la nouvelle? demanda-t-elle petitement.

Drago haussa les épaules.

- Mal, comme tout le monde. Sauf que moi, je…

Il s'interrompit ; Hermione avait haussé les sourcils, le défiant ainsi de se reprocher quoi que ce soit.

- Tu ne peux pas m'empêcher de m'en vouloir, affirma-t-il.

- Si, je le peux. Souviens-toi de ce que je t'ai dit hier, Drago.

Ces mots jetèrent un froid entre eux. Hermione sembla avoir avalé quelque chose de travers, et Drago avait rougi de plus bel. Ils reprirent contenance quelques secondes ensuite, tous deux inconfortables.

- À… Heu… À ce propos… bredouilla le Serpentard en fixant ses pieds impeccablement chaussés. À propos de… de… de hier… Est-ce que… Hum… Qu'est-ce que… (Hermione sourit malgré elle, charmée par sa gêne.) Je veux dire…

Drago soupira bruyamment, excédé par son incapacité à s'exprimer, puis abandonna en définitive lorsqu'Hermione, d'une main, saisit son débardeur afin de l'attirer vers elle. Il n'eut guère le temps de constater qu'ils étaient entourés de centaines de témoins avant qu'ils ne scellent leurs lèvres.

Autour eux, les passages s'effectuaient sur le même rythme mais certains étudiants ralentissaient le pas pour mieux dévisager, ébahis, les deux entités – pourtant reconnaissables par seule leur chevelure – qui s'embrassaient. Lorsque Drago et Hermione se séparèrent, ni un ni l'autre ne prit conscience qu'ils étaient sous les projecteurs.

- D'a… D'accord, bredouilla Drago en rigolant timidement.

Hermione l'imita, tout aussi gênée que lui, puis replaça d'une main, pour camoufler sa gêne, les plis que sa poigne avait faits sur son débardeur. Drago captura doucement sa main en la maintenant contre son corps et réclama, muettement, un second baiser. La Gryffondor n'avait même pas franchi la moitié de la distance qui les séparait qu'une gorge s'éclaircit bruyamment derrière elle et l'interrompit.

Elle pivota sur elle-même, brusquement arrachée au moment. C'était Harry. Il y eut un blanc dans le texte et Drago trancha le moment :

- Je vais me rendre à la salle commune, lui annonça-t-il d'un ton bourru.

Hermione lui lança un regard par-dessus son épaule et le vit fusiller le Survivant du regard, comme s'il le défiait de lui faire une leçon sur ce à quoi il venait d'assister. Elle hocha la tête, désarçonnée par ce transfert d'émotions, puis s'approcha d'Harry qui avait attendu à quelques mètres de là.

- Qu'est-ce que tu fais? demanda-t-il abruptement, les bras croisés.

- Pardon?

- Nous accompagnes-tu au Terrier ou as-tu d'autres plans?

La pensée d'un refuge ne lui avait encore jamais traversé l'esprit.

- Moi, vous accompagner au Terrier…? répéta-t-elle avec stupeur. Mais Ron ne veut certainement pas me voir là-bas, non?

- Tu ne m'as pas écouté, hier, pas vrai?

D'après son ton, il s'agissait davantage d'un reproche que d'une question.

- Ou Malefoy te trotte-t-il trop dans la tête pour te soucier de ton meilleur ami?

Hermione fronça les sourcils, offensée par son insinuation.

- Je me soucie beaucoup de Ron, se défendit-elle. Où est-il, d'ailleurs?

Elle étira le cou, le cherchant parmi la foule qui diminuait encore, mais ne le trouva pas plus que Ginny.

- Il a quitté la Grande Salle parce qu'il n'arrivait pas à supporter vos cajoleries, à toi et à Malefoy, l'informa Harry. Depuis quand en êtes-vous à ce point?

- Depuis très récemment, Harry, rétorqua-t-elle, de plus en plus embêtée par son attitude. Aurais-tu quelque chose à me reprocher?

- Pas du tout. J'aurais simplement cru que tu aurais eu la délicatesse de rester discrète quant à ta relation avec lui puisque tu te soucies tant de Ron.

Hermione blêmit.

- Oh, et puis peu importe, fit Harry en chassant l'air d'une main. Alors, vas-tu nous accompagner au Terrier? Ron a besoin de toi, Hermione.

- Je… Je ne sais pas, Harry…

- Tu vas te rendre chez un membre de ta famille? lui demanda le balafré en plissant les yeux.

- Non, je… Je n'ai pas l'intention de…

Une écrasante déception déforma alors le visage d'Harry. Il semblait avoir compris où elle voulait en venir.

- Je vois, dit-il simplement.

- Harry… Je sais ce que ça peut sembler être à tes yeux, mais ce n'est pas le cas… Tu sais, Drago n'a plus de demeure, plus de famille… Je n'ai pas envie de le laisser à sa propre infortune. Quant à Ron, il a toi, il a sa famille, il a le Terr-

- Où comptez-vous aller?

Hermione ne répondit pas aussitôt, et la raison n'était pas uniquement qu'elle n'en avait aucune idée ; son insolence l'insupportait de plus en plus.

- Je l'ignore.

- Très bien. Alors… Au revoir, Hermione.

Sans demander son reste, il fila en direction de la porte de la Grande Salle, tout comme si elle n'avait été qu'une passante à qui il aurait réclamer l'heure.

- Harry…! s'exclama la Gryffondor, attristée.

Hermione se jeta dans ses bras aussitôt qu'il se retourna, ne lui laissant d'autre choix que de lui rendre son étreinte afin d'éviter de basculer.

- Ron et toi êtes mes frères, Harry… lui dit-elle, le visage dans son cou. Je vous aime et jamais je ne vous abandonnerai, d'accord? (Elle s'écarta de lui afin de plonger ses yeux dans les siens.) Drago a besoin d'aide et il est seul. Je ne souhaite que de l'aider… Peux-tu comprendre?

Harry restait déçu mais s'était visiblement radouci. Résigné, il hocha la tête, et Hermione, soulagée, lui adressa le sourire le plus resplendissant qu'elle pouvait reproduire en cette pénible journée.

- J'enverrai un hibou au Terrier pour vous communiquer l'endroit où nous nous trouvons.

De nouveau, il hocha la tête en maugréant. Ensemble, ils quittèrent la Grande Salle afin de rejoindre leur salle commune respective.


Qu'adviendra-t-il de nos deux héros? Où iront-ils se réfugier? Vous le saurez dans le prochain chapitre intitulé "La famille Malone"...

Ah, oui, et en passant... Sachez que le chapitre 20, comme bon nombre d'entre vous l'avez souhaité, sera un chapitre de... GUIMAUVE! Hihihi.

Allez, salut!

Lexa Nedra