Bonjour! Ou devrais-je dire... Bonsoir! Hé oui, ici, au Québec, il est minuit et quelques poussières à l'instant où je poste ce chapitre.
Bon, j'ai beaucoup de points à aborder avec vous aujourd'hui. Primo, sachez que Lexa va beaucoup mieux que la semaine dernière. Merci à ceux qui m'ont écrit des petits mots d'encouragement! Vous êtes franchement adorables, vous le savez? :) Je vous aime tellement que je vous ferai un petit cadeau prochainement - cadeau dont la nature est dévoilée au point "sexto" hihihi.
Secondo, remarquez le titre du chapitre. Non non, il ne s'agit pas d'une erreur. C'est, en quelque sorte, la "part 2" du chapitre 10 dans lequel on apprenait les intentions de Lucius (je constate que ma remarque est ô combien pertinente), donc vous apprendrez ici la raison pour laquelle Lucius accumule les meurtres. J'étais particulièrement impatiente (et un peu nerveuse, je l'admets) de poster celui-ci... Et je dois avouer que j'attends aussi impatiemment vos commentaires!
Tercio, je vous fais également remarquer que j'ai changé le genre de ma fic. En effet, elle n'est plus catégorisée "Romance/Drama", mais "Romance/Adventure". Ceux qui ont lu mon autre fic, L'exode des hostiles, sont bien placés pour savoir ce que le côté "drama" a impliqué au terme de mes 44 chapitres... Nah? ;) En tout cas, c'était un détail que je tenais à préciser, parce qu'ainsi, vous savez davantage à quoi vous attendre (ou à ne pas vous attendre) à la fin de celle-ci. Ça va en rassurer quelques unes!
Quarto, certains seront peut-être intéressés de savoir que je suis actuellement en train de construire un plan pour une troisième fic. Hé oui! Je vous rassure, je n'abandonne pas celle-ci, OH QUE NON. Si mon plan aboutit à quelque chose de pas mal, je compte plutôt poster cette autre fic (un "Romance/Angst") parallèlement à celle-ci. J'en parle parce que je suis convaincue que j'ai eu une idée de génie. Oui, pour la modestie, on repassera... Mais bon, développement à suivre. Mais je peux néanmoins vous dire que ce sera une fic courte avec de longs chapitres. Genre moins que dix chapitres, mais certainement plus que 10 000 mots pour chacun d'eux... Fou, non? Pour vous donner une idée, les chapitres que je poste ici ont en général 5 000 mots...
Quinto (c'est de l'italien, ça, en passant?), le chapitre 20 a été édité et a maintenant une saveur beaucoup plus guimauvesque. Contents?
Sexto, ledit cadeau dont j'ai fait mention au point "primo" est, en fait, le fait que durant mes interminables vacances (du 20 décembre au 24 janvier, amen), je détiendrai de suffisamment de temps pour poster plus d'un chapitre par semaine! J'ignore quand et à quelle fréquence, mais je vous en reparle bientôt!
Sur ce, je me ferme le clapet.
Bonne lecture!
Une leçon d'honneur
Chapitre 18
Les intentions de Lucius
Suite à l'adhésion de Drago, Hermione avait consenti à le laisser se reposer seul bien qu'elle aurait préféré, de loin, se réfugier dans ses bras afin d'oublier les terribles événements qui s'étaient enchaînés. Ils s'étaient tous les deux mis d'accord sur un détail précis : un moment de solitude s'imposait pour faire le point et pour reprendre haleine. Toutefois, malgré l'extraordinaire enchaînement d'incidents qu'ils avaient vécu – l'annonce de la fermeture de Poudlard, le voyage dans le train, le retour à Elbury House et l'accroc avec Malone –, Hermione ne ressentait aucun symptôme de fatigue ; plutôt que de les neutraliser, cette journée avait aiguisé ses nerfs, et même si elle était bien lotie dans sa chambre temporaire et relativement en sécurité, elle n'arrivait pas à se mettre en mode « repos ». Pour passer le temps, elle avait donc entrepris de défaire ses valises ; elle éventrait à l'instant le bagage dans lequel elle avait entreposé tous ses bouquins scolaires. C'était son coffre aux trésors, et l'explorer agissait sur elle comme une thérapie.
En revanche, son cœur n'en était pas moins rabougri. Des dizaines de manuels passaient dans ses mains, lui rappelant constamment Poudlard qu'elle ne fréquenterait plus jamais. C'était aussi dur que de faire ses adieux à un proche. Elle n'avait d'ailleurs pas encore fait le deuil. Elle refusait même de se faire à l'idée que la scène dans la Grande Salle avait véritablement eu lieu. Naïvement, elle restait convaincue que le lendemain, en se réveillant, elle serait dans sa chambre de préfète-en-chef, enfilerait son uniforme aux couleurs de Gryffondor, franchirait la porte pour aboutir dans la salle commune des préfets, descendrait prendre son petit-déjeuner avec les centaines d'autres étudiants dans la Grande Salle pour finalement se diriger vers son premier cours de la journée avec ses autres camarades. Mais tout ça n'étaient qu'illusions.
Aussi confortables l'auberge et ses chambres soient-elles, elles dégageaient tout de même d'étranges effluves d'hostilité qui incitaient Hermione à revenir sur ses paroles et filer autre part avec Drago. Était-ce uniquement parce que Poudlard lui manquait terriblement ou parce qu'elle pouvait sentir la présence inhospitalière de Malone à proximité? Ça, elle l'ignorait, mais ce dont elle était néanmoins certaine, c'était que face à ses bouquins qui traitaient tous de sujets touchant la magie, elle se sentait étrangère en ces lieux qui ne l'étaient pas. Comme une Moldue en plein cœur de Pré-au-Lard.
Ses doigts se refermèrent sur le syllabaire Lunerousse qu'elle feuilleta à la va-vite, sans vraiment s'intéresser à son contenu. De toute façon, elle le connaissait par cœur – comme tous ces autres livres, d'ailleurs, qui s'empilaient dans sa valise. Elle se souvenait avoir parcouru le syllabaire lors de l'année précédente dans l'espoir de découvrir la signification du signe des Reliques de la Mort… Elle pinça les lèvres. Pourquoi tout ça lui paraissait si lointain?
Ensuite vint ce fameux bouquin, L'Histoire de Poudlard, duquel elle avait tiré nombre d'informations, jadis, afin de mieux connaître l'établissement dans lequel une nouvelle étape de sa vie s'entamait. Elle avait d'ailleurs toujours déploré que peu de gens s'y intéressent, car elle ne pouvait qu'à peine se souvenir du nombre de fois où elle avait dû rappeler à ses proches qu'il était impossible de transplaner hors et à l'intérieur de l'enceinte de Poudlard. Maintenant, tout ce savoir était devenu creux. Une coquille vide.
Elle survola également Le Guide des écoles de sorcellerie en Europe, Flâneries avec le spectre de la mort et Grandeur et décadence de la magie noire qu'elle amoncela sur le meuble situé au pied du lit sans pouvoir se résoudre à s'en débarrasser. Qui sait, peut-être Poudlard rouvrirait-elle ses portes une fois que ce cauchemar prendrait fin?
Au fond de sa valise, elle caressa des yeux les deux albums photographiques qui avaient soulevé tant de questions dans les dernières journées : le sien et celui des Malefoy. Un désagréable frisson la secoua lorsqu'elle tenta de s'imager le transfert de ses photos personnelles dans celui de la famille de Drago ; Lucius s'était-il vraiment introduit dans sa chambre, à Poudlard, à son insu, pour les lui voler? Si oui, pourquoi n'en avait-il pas profité pour la tuer? Hermione ouvrit son recueil – celui avec la jaquette violette – à la page où elle se souvenait avoir elle-même glissé les images volées ; évidemment, elles étaient vides. Il n'y avait là rien de surprenant. Elle saisit alors le second album et l'ouvrit vers ses dernières pages ; le visage de ses amis lui souriait, inconscients qu'ils avaient été rangés dans un grimoire qui leur était malveillant. Hermione tenta de décoller les photos à l'aide de ses ongles mais elles restaient tenacement figées à la page, comme lors de ses précédents essais. Elle déduisit donc que les Malefoy avaient fait usage du maléfice de Glu Perpétuelle afin d'empêcher quiconque de les soustraire de là.
Qui serait la troisième victime maintenant que Poudlard avait fermé ses portes? Lucius avait-il calculé son coup? Savait-il qu'à force d'être frappée par le meurtre, l'école fermerait? Était-ce exactement ce qu'il espérait? Comment allait-il s'y prendre pour choisir ses nouvelles proies maintenant qu'il ne disposait plus de l'album pour les sélectionner? Drago et Hermione avaient-ils fait le bon choix en emportant le grimoire avec eux? Tant de questions sans réponse… D'abord, Lucius désirait-il faire d'autres morts? Pourquoi, d'ailleurs, tuait-il ainsi si son véritable objectif était d'éliminer Harry?
Des parasites envahissaient l'esprit d'Hermione. Il y avait tant de choses inexpliquées qui méritaient une enquête approfondie… Mais sans indice, il était impossible de faire des liens qui sauraient annoncer son prochain geste. Ils rampaient dans une noirceur absolue, tâtaient des formes dans l'abyme sans pouvoir les reconnaître.
Des cris retentirent au rez-de-chaussée Isadora et Alric se disputaient violemment. Bien qu'elle ressentait encore une certaine antipathie envers le couple depuis l'imbroglio dans la salle à manger, Hermione ne put s'empêcher de se sentir coupable ; après tout, c'était à cause d'elle et de Drago si leurs retrouvailles n'avaient pas été aussi roses qu'aurait pu espéré l'aubergiste. Elle tenta d'ignorer les protestations d'outre-tombe d'Alric et referma les deux albums photographiques. En écartant les épais bouquins, Hermione se figea.
Sous eux se trouvait son exemplaire de Secrets les plus sombres des forces du Mal. Elle avait complètement oublié qu'elle possédait un livre aussi glauque ; c'était dans ce bouquin que résidaient les informations les plus explicites au sujet des Horcr… des Horcr… uxes…
Les Horcruxes…
Oui…
Les… Les Horcruxes...
Son corps en entier se mit à trembler. Ses yeux s'écarquillèrent de leur propre chef tandis que son esprit recollait les morceaux comme s'ils avaient toujours été là, dans sa tête, n'attendant que la petite étincelle qui saurait relier entre elles toutes les informations qu'elle possédait déjà. Ses doigts frémissants capturèrent l'ouvrage et l'ouvrit à l'endroit exact où le marque-page qu'elle avait jadis installé au chapitre qui traitait des Horcruxes patientait encore. Elle lut un court passage qu'elle choisit aléatoirement et sut qu'elle avait compris.
Terrifiée, elle recula d'un pas et transplana au Terrier.
oOo
- D'abord Dennis Crivey, et maintenant, Seamus… marmonna Harry, les sourcils froncés par la réflexion.
- Ces deux personnes sont reliées à toi, résuma Ginny, et sont également Gryffondors… D'après moi, il ne s'agit pas d'une coïncidence.
- Ça fait un bon moment que je m'en doute, indiqua Ron en lançant et rattrapant son Déluminateur. Je crois que Lucius et ses copains se sont évadés pour te tuer, Harry.
Sa déclaration n'eut pas grand effet, ne fit même pas vrombir l'air autour d'eux ; ce n'était effectivement pas comme s'ils constataient pour la toute première fois ce fait. Les tentatives de meurtre sur Harry Potter étaient une vogue, depuis quelques années.
Harry, étendu sur le lit de Ron, fixait le plafond oblique. Les deux Weasley étaient assis sur des chaises installées tout près et réfléchissaient profondément. Des assiettes vides jonchaient les meubles et témoignaient de la longue durée qu'ils avaient passée dans la chambre du rouquin sans en sortir. Heureusement, Molly et Arthur avaient renoncé à les harceler pour qu'ils se joignent au reste de la famille pour le dîner ; ils croyaient à tort qu'ils s'étaient rassemblés et claustrés pour pleurer la fermeture de Poudlard, mais en réalité, ils spéculaient sur la suite des événements depuis des heures.
- Pourquoi tuerait-il tous ces gens? demanda Ginny, tracassée.
- Je l'ignore. Peut-être pour ébranler Harry, pour le faire réagir. Peut-être espère-t-il qu'il se rende directement à lui pour l'affronter…
- En tout cas, déclara Harry, s'il a l'intention de tuer de nouveau, il est indubitable que ce sera un autre Gryffondor.
- Mais comment pourra-t-il le déterminer si l'école est fermé? fit Ginny. Aucun des étudiants n'a d'écrit sur le front le nom de la maison à qui il appartenait à Poudlard…
Le Survivant haussa les épaules, l'air absent.
- Il trouvera bien le moyen. S'il est parvenu à pénétrer à Poudlard à l'insu des agents du Ministère, je crois bien qu'il saura différencier un Gryffondor d'un… d'un Serpentard, par exemple.
Le silence s'installa mais fut rapidement dérangé ; de l'autre côté de la porte, le bruit de pas lourds et agités dans l'escalier de bois s'éleva et suscita la curiosité du trio. Dans une confusion totale, la porte s'ouvrit violemment, Hermione jaillit dans la chambre et s'avança dans la pièce en refermant la porte derrière elle.
- Hermione? s'exclamèrent simultanément Ron, Harry et Ginny en bondissant sur leurs pieds.
- J'ai une horrible nouvelle à vous annoncer, trancha sinistrement la jeune femme.
Harry et Ginny s'assombrirent aussitôt, mais Ron, plein d'espoir, regardait l'élue de son cœur avec de grands yeux de merlan frit. Hermione, évidemment, n'y prêta aucune attention.
- J'étais en train de réfléchir à notre situation dans ma chambre et de ranger mes livres scolaires lorsque je suis tout à coup tombée sur mon exemplaire de Secrets les plus sombres des forces du Mal…
Elle déglutit laborieusement, ne sachant pas trop comment détailler sa sinistre découverte.
- Harry, Ron, vous souvenez-vous de ce qu'on a trouvé comme information dans ce livre? C'était ici même, avant le mariage de Bill et de Fleur…
Les concernés agitèrent les épaules en signe de négation et Hermione ne sut contrôler l'émotion de sa voix lorsqu'elle annonça ladite horrible nouvelle :
- Les Horcruxes.
Il n'en fallut pas davantage pour que le message fasse son effet. L'horreur teinta aussitôt leur visage. Ron, tantôt rose, était devenu livide. Les couleurs de la chambre semblèrent même se ternir, s'affadir, devenir blafardes. C'était comme si Hermione venait de faire usage de son Retourneur de Temps pour les trainer un an en arrière.
- Tu veux dire que… Lucius… bredouilla Ron. Il veut-
- Pourquoi pensez-vous qu'il tue ces innocents plutôt que s'attaquer directement à Harry? fit Hermione, le visage tordu par l'effroi. Rien n'a eu le pouvoir d'expliquer ces meurtres, pas vrai? La théorie des Horcruxes emboite tous les morceaux. Tout concorde… Lucius tue des gens simplement pour multiplier ses chances de t'exterminer en se divisant, Harry. Exactement comme-
- Comme Voldemort, conclut Harry en un souffle. Oui… Oui, c'est ça.
Il s'assit, ébranlé par sa constatation.
- Alors c'est un recommencement…? couina Ron, le corps raide. Encore des Horcruxes à trouver et à détruire…?
- Oui, c'est ce que je crois… répondit Hermione. Du moins, si nous tenons à arrêter Lucius.
Le choc les maintint silencieux pendant de longues secondes. Ginny, qui n'avait jamais été mise au courant des détails les plus pointilleux au sujet des Horcruxes, devait se mordre la langue afin de refouler ses questions ; briser la concentration générale n'était certainement pas une idée brillante étant donné l'ampleur de la trouvaille et la tension qu'elle avait traînée avec elle jusqu'au Terrier.
- Où est le livre, Hermione? demanda subitement Harry en se redressant de nouveau.
- À l'auberge.
- Je veux lire. Je veux me faire une idée plus précise. Allons-y.
Ron, Harry et Ginny s'approchèrent alors d'Hermione qui avait machinalement acquiescé et posèrent une main sur ses épaules, prêts à transplaner.
- Ginny… Tu restes, ordonna le Survivant.
Celle-ci lui décocha un regard noir.
- Pas question. Je vous accompagne.
- Non, il a raison, accorda Ron tandis que sa sœur le fusillait également du regard. Tu es plus en sécurité ici qu'ailleurs. N'oublie pas que tu es une Gryffondor…
- Et alors? Vous aussi! C'est ridicule, je vous accompagne! Hermione…
Ginny supplia Hermione du regard mais cette dernière secoua faiblement la tête de gauche à droite afin de lui signaler qu'elle n'avait pas le pouvoir de contester la décision combinée de son frère et son petit copain. La rouquine serra les lèvres, furieuse, et quitta la chambre d'un pas raide en claquant brusquement la porte derrière elle.
Sans remords, Hermione transplana à Elbury House.
oOo
Dans la chambre 12, Drago était déjà debout devant les valises d'Hermione lorsqu'elle se matérialisa de nouveau, et tenait entre ses mains Secrets les plus sombres des forces du Mal. Il ne manifesta aucune surprise en apercevant Harry et Ron apparaître derrière sa copine, mais à en juger par la tête qu'il faisait, lui aussi avait compris les véritables intentions de son père et trouvait la chose complètement démente.
- Il n'a pas vraiment l'intention de faire ça…? souffla-t-il, les yeux vides d'émotion.
- Nous croyons que oui… lui répondit Hermione en s'approchant de lui.
Harry contourna Hermione et arracha littéralement le bouquin des mains du Serpentard qui ne parut pas le moindrement agacé. Ron s'était visiblement raidi après avoir transplané dans la chambre de l'auberge ; tout portait à croire qu'il avait complètement oublié que son ex petite amie et Drago cohabitaient ensemble.
- Ça explique tout, ajouta Drago d'une voix étrangement calme. Absolument tout…
- Lorsqu'on en arrache une partie, lut Harry d'une voix suffisamment force pour attirer l'attention de chacun, l'âme devient très instable, même lorsqu'on ne fabrique qu'un seul Horcruxe. (Il leva les yeux.) Si Lucius n'est pas déjà devenu entièrement fou à cause d'Azkaban, il le deviendra très certainement avec la création de ses Horcruxes.
- Il est déjà devenu dingue, lui indiqua Drago d'un air grave.
- Comment ça?
- Je le sais, c'est tout. Je l'ai bien vu lorsque j'ai été le visiter avec ma mère avant la rentrée.
Harry referma bruyamment le livre et le jeta sur le lit. Ron s'était écarté, les bras étroitement croisés.
- Génial, lança ce dernier avec sarcasme. On a un fou furieux à nos trousses.
- Comment aurait-il pu apprendre à créer des Horcruxes? demanda Harry. Ce n'est pas le genre d'informations que l'on peut dénicher chez Fleury et Bott. Trouver un livre qui mentionne les Horcruxes est déjà tout un défi, alors…
- Tu oublies qui était son maître, Harry? lui signala Hermione. Voldemort vivait au Manoir Malefoy. Tout le savoir de Lucius vient probablement de lui. Il n'y a pas mieux comme professeur de magie noire, ne crois-tu pas?
- Alors qu'est-ce qu'on fait? fit Ron d'un air maussade. On se tourne les pouces en attendant qu'il revienne faire un tour dans le coin pour lui demander ce qu'il compte faire ensuite?
- Il faut dresser une liste d'objets propices à la création d'Horcruxes, déclara le Survivant sans se préoccuper de son ton ironique. Malefoy…
Il s'approcha du blondinet, le toisant pour la toute première fois avec une certaine forme de respect dans les yeux, comme s'il admettait enfin qu'ils étaient complices – ce qui était le cas, aussi désagréable cette idée pouvait-elle leur être.
- Tu dois nous révéler quels objets pourraient être susceptibles d'être transformés.
- Quel genre d'objets se peut être?
- N'importe lequel. Préférablement un objet auquel il accorde suffisamment d'importance pour y glisser une portion de son âme. Voldemort avait même fait de Nagini un Horcruxe.
- Nagini?
- Son charmant animal de compagnie. C'était un serpent.
Drago fronça les sourcils, cherchant désespérément dans sa mémoire un objet que son père affectionnait particulièrement, mais le regard lourd et impatient de Ron, Harry et Hermione l'empêchait de se concentrer. Si un Horcruxe pouvait même être un être vivant, il risquait de s'attarder sur la question durant des jours – voire des mois!
- Je… Je l'ignore… Franchement, je l'ignore…
- Réfléchis un peu! le brusqua fébrilement Harry. Ce n'est pas qu'une question d'examen ; c'est important!
- C'est important, Drago… insista doucement Hermione.
- Je ne sais pas! s'énerva le Serpentard. Je… Je n'arrive pas à réfléchir convenablement! La journée a été horriblement longue et je suis épuisé…!
- Évidemment… ironisa Ron en roulant les yeux.
Si Drago avait eu la capacité de tuer en un seul regard, Ron serait très certainement en train d'agoniser dans son propre sang contre le sol. Harry soupira bruyamment, excédé par son manque de coopération, mais Hermione, plus compréhensive, décida de prendre les choses en main :
- D'accord. Il a raison. La journée a été très épuisante pour nous tous… Il serait sûrement préférable d'y repenser après une bonne nuit de sommeil, lorsque nos idées seront plus claires. Allons nous coucher et retrouvons-nous demain. Ça vous va?
Le blondinet marmonna un « ouais » irrité en passant une main dans ses cheveux blonds et s'assit sur le lit en plaquant son visage dans ses paumes.
- Tu nous feras signe lorsque celui-là sera en état de penser intelligemment, dit Harry à l'adresse d'Hermione en parlant de Drago.
Ce dernier leva la tête en retenant l'impitoyable envie de lui jeter un sortilège de torture. Ses bras s'étaient mis à trembler de rage. Le choc, l'incompréhension, le dégoût… Rien de ce qu'il ressentait à l'instant n'avait le pouvoir de le pacifier.
- Tu viens passer la nuit au Terrier, Hermione? demanda Ron en s'approchant, prêt à tout pour énerver son rival. Nous pourrons réfléchir à tout ça ensemble, comme nous l'avons toujours fait. Tu sais, dans le temps où la fatigue ne nous freinait pas.
- Non, Ron… répondit-elle patiemment. Nous y réfléchirons demain.
- Tu seras plus en sécurité avec nous, insista-t-il.
- Ron…
- Tu sais que je serais prêt à n'importe quoi pour te protéger.
Hermione laissa sa tête tomber vers l'arrière en se dirigeant vers un recoin sombre de la pièce, exaspérée par son comportement ; elle avait compris où il voulait en venir avec son petit jeu et sut qu'il obtiendrait exactement ce qu'il désirait lorsqu'elle entendit, dans son dos, Drago se redresser vivement.
- Ce n'est plus à toi de faire ça, Weasley, cracha-t-il tandis qu'une veine de taille impressionnante surgit sur son cou, alors tu te la fermes et tu pars!
- Je te demande pardon? rétorqua hostilement le rouquin. Plus à moi de faire ça? Tiens donc! Je me demande à qui revient ce rôle, alors!
La jeune femme fit volteface, réprimant une envie d'hurler pour enterrer leurs enfantillages. L'exaspération était si puissante qu'elle l'empêchait même de parler ; elle se contentait donc de grimacer, impuissante, harassée, brisée. Si on lui avait un jour annoncé que deux garçons se disputeraient son cœur, on aurait indiqué sur sa tombe qu'elle s'était étouffée de rires.
- Je te laisse deviner! renchérit Drago, le visage plus rouge que jamais.
- Je n'en ai vraiment aucune idée! lui balança Ron en faisant mine de chercher un troisième prétendant dans la pièce. Tu crois peut-être que tu as tous les droits parce qu'une fille intelligente s'intéresse à toi, mais ce n'est certainement pas toi, de nous deux, qui a été là durant sept ans pour le constater!
- Ron, ça suffit… gémit Hermione en sentant ses yeux se gonfler de larmes.
- C'est que moi, ça ne m'a pas pris sept ans pour m'en rendre compte! Je l'ai su qu'après quelques mois de fréquentation, c'est tout!
Ron s'approcha de lui avec l'expression d'un tueur, mais Drago, blanc de colère, ne broncha pas d'un seul millimètre.
- Exactement, lui renvoya le rouquin d'une voix doucereuse. Toi, tu existes depuis quelques mois, c'est tout. (Tout à coup, comme si quelqu'un avait accroché par mégarde la commande du volume, la voix de Ron s'intensifia jusqu'à en devenir une vocifération :) Qui est-ce qui nous a rendu la vie impossible durant toutes ces années, dis-moi? Qui est-ce qui ne cessait d'insulter Hermione à tour de bras, de se moquer d'elle, de la persécuter, de la traiter de Sang-de-Bourbe? (Il se tourna vers Hermione qui s'était mise à pleurer silencieusement, outrée par son front.) Tu n'arrêtais pas de pleurer, Hermione! Tu ne vas tout de même pas me dire que ce qu'il t'a fait est pardonné et oublié?
Soudainement, plusieurs choses se produisirent en même temps : à l'exact moment où Drago s'élançait sur Ron en poussant un rugissement rauque, Harry bondit à leur rencontre dans l'intention de les maintenir loin l'un de l'autre et la porte de la chambre s'ouvrit à la volée en dévoilant Alric et Isadora, attirés par les cris. Le couple se figea courtement en apercevant deux visiteurs inconnus mais l'homme se ressaisit rapidement et joignit ses forces à celles d'Harry afin de les séparer. Dans le corridor, des clients agacés vêtus de pyjama jetaient des regards curieux dans la pièce ; Isadora s'empressa de fermer la porte par peur que la bagarre ne dégénère en duel de magie. Elle traversa la chambre en contourna précautionneusement le point d'ébullition afin de rejoindre Hermione qui pleurait intensément et l'entoura aussitôt de ses bras afin de la réconforter.
- HÉ! Calme-toi immédiatement si tu ne veux pas que je t'expulse par la fenêtre! avertit férocement Alric alors que Drago se débattait de son étreinte pour se ruer de nouveau sur son ennemi.
- LÂCHEZ-MOI! hurla-t-il sans s'adoucir. Ne me touchez pas!
- Drago… couina faiblement Hermione.
- Oh! Quoi, maintenant? Tu vas te mettre à pleurer? lança Ron à Drago en se dégageant de la prise d'Harry.
- Ron! Arrête! somma le Survivant.
Drago se fichait bien de constater qu'il s'était involontairement mis à pleurer tant la haine et la frustration lui lacéraient les entrailles ; il ne souhaitait que de défoncer la gueule de son adversaire. À vrai dire, il ne souhaitait que de défoncer la gueule d'une bonne dizaine de personnes, quelles qu'elles soient. Accusations, remuage du passé… Il ne pouvait plus rien supporter de plus. Quelqu'un allait-il un jour comprendre qu'il était également une victime?
Un dernier brusque mouvement de bras de Drago acheva Alric de le lâcher, mais contre toute attente, le blondinet ne chercha pas à s'attaquer de nouveau à son rival. La respiration pesante, le corps en sueur et le visage pourpre, il frappa violemment d'une main la tour de livres qui tenait en équilibre précaire sur le coffre qui faisait office de table et quitta la pièce tel un tueur à gages vers sa mission. Dans une succession de bruits mats, les bouquins s'affalèrent sur le sol.
- Drago… gémit Hermione.
Deux secondes plus tard, Harry saisit férocement le bras de son ami et transplana sans lui demander son avis. L'altercation n'avait durée qu'à peine cinq secondes.
Alors? Quelqu'un s'attendait à l'arrivée des Horcruxes dans l'histoire? Niark niark... Ce coup-ci, je vous implore de laisser une review. Vraiment. J'avais un peu peur de vous balancer un chapitre qui annonce l'existence d'Horcruxes, parce que c'est quand même gros, des Horcruxes. Et ici, je ne parle pas de "gros" en termes de dimension, mais en termes de portée. C'est un peu pas mal beaucoup le fil conducteur de mon histoire. Alors, franchement, j'espère que ça vous plait!
Une petite review, alors? Oh! J'en profite pour remercier, encore, ceux qui le font régulièrement! Et je souhaite la bienvenue aux nouveaux abonnés! :)
À jeudi prochain!
Lexa Nedra
