Bonjour!

Finalement! Oui, oui, oui, vous ne vous trompez pas... Avec justesse, j'ai retrouvé ma motivation et je me suis remise à écrire! Qui est content? Bon, je n'ai pas rattrapé mon retard, mais tout de même... J'ai, au moins, déjà écrit la moitié du chapitre 23, alors vous pouvez être certains que vous aurez votre chapitre jeudi prochain.

Sinon, en ce qui concerne celui-ci, j'en connais certains dont la patience sera récompensée... mais pas entièrement. En fait, que maigrement. Ce n'est qu'un petit tease, juste pour vous énerver! ;) Mais ne vous en faites pas, je ne vous ferai pas languir bien longtemps encore. Outre cette première partie de chapitre, la seconde, qui se passe chez les Lovegood, a été du véritable bonbon à écrire. J'ai vraiment adoré, et si vous voulez me faire plaisir, vous écouterez Fireworks, de Nicholas Hooper, qui est une des pistes de la trame sonore de l'Ordre du Phénix. J'ai été très inspirée par cette musique qui colle parfaitement avec la scène finale!

Sur ce, je vous laisse avec ce vingt-deuxième chapitre. Je tiens à remercier ceux qui commentent constamment, et aussi saluer les nouveaux qui ont mis ma fic en alerte! Mes statistiques montent en flèche et ça me fait un bien fou! Vous me faites énormément plaisir! En passant, je suis désolée si je ne réponds pas directement à vos reviews. Je ne sais pas pourquoi je ne le fais pas, d'ailleurs. Je tiens d'ailleurs à corriger ça et je vous promets que j'y répondrai dorénavant! Vous avez des questions? Posez-les! :)

Lexa Nedra


Une leçon d'honneur

Chapitre 22
La Prune Dirigeable géante

Utiliser une Prune Dirigeable géante en guise de moyen de transport était une idée complètement dépourvue de sens, ils étaient tous d'accord sur ce point. D'autant plus que l'article qui traitait de cette innovation, dans Le Chicaneur, ne les mentionnait pas comme moyen de transport. Mais Hermione connaissait bien les zeppelins moldus et avait toujours vu une certaine similitude entre les petites Prunes Dirigeables du vieux Lovegood et ces aérostats. Et voilà qu'en pleine crise, cet homme répondait involontairement à leur plus préoccupante question en publiant un tel article… Était-ce le destin? Oui, ce devait être un signe, et malgré l'absurdité de la perspective de se promener dans les airs à l'aide d'une Prune Dirigeable géante, ils devaient bien admettre que c'était l'unique solution, et que d'un côté, elle était particulièrement brillante.

Dans la chambre de Ron, Hermione se déshabillait tranquillement dans l'intention d'enfiler le pyjama que Ginny lui avait refilé. Pour des raisons de sécurité, Molly avait proposé à Drago et Hermione de passer la nuit au Terrier. Ron et Harry dormaient donc dans la chambre de Fred et George, et Drago dans l'ancienne chambre de Percy. Aussi, la suite des opérations démarrerait beaucoup plus rapidement s'ils étaient déjà tous sous le même toit lors du réveil.

Bien qu'ils savaient tous parfaitement ce qu'ils devaient accomplir, ils ignoraient néanmoins comment ils y parviendraient ; Xenophilius accepterait-il de les laisser filer avec une de ses Prunes Dirigeables géantes? Selon l'article paru dans le Chicaneur, il les considérait comme un « élevage prodigieux ». Hermione sourit, convaincue que quitter les lieux à bord d'un de ces « prodiges » serait un véritable scénario digne des films de série B.

Elle fit passer son chandail par-dessus sa tête et entendit au même moment la porte de la chambre s'ouvrir dans un bruit délicat. Trop lovée dans ses pensées pour réaliser sa très gênante contenance, Hermione ne fit que pivoter son corps en direction de ladite porte pour y découvrir Drago, de dos, qui s'attardait à la refermer avec discrétion. Il n'avait manifestement pas pris connaissance de ce que faisait sa copine avant de s'engouffrer dans la chambre, car il se figea subitement après s'être retourné lorsqu'Hermione poussa une exclamation de surprise :

- Drago?

Violemment empourprée, Hermione lui tourna le dos afin de camoufler sa poitrine faiblement vêtue et l'entoura de ses bras.

- Oh! Heu, pardon…! bredouilla Drago d'une voix forte en cherchant à tâtons la poignée de porte dans son dos. Je… Je ne voulais pas… Je voulais uniquement te tenir compagnie pour… tu sais… à cause de tout ce qui vient de se produire…

Hermione jeta un œil par-dessus son épaule et dut pivoter de quelques centimètres dans sa direction pour éviter de se tordre le cou. Elle vit le regard de Drago glisser le long de ses hanches et remonter vers son visage. Ses organes, en un claquement de doigts, se mirent à bouillir. Pour quelqu'un qui manifestait une telle vergogne, son regard était drôlement baladeur…!

- Tu… Tu aurais pu prévenir… fit-elle d'une voix timide en plaquant une main contre sa hanche pour lui rappeler de discipliner son regard.

- Heu, oui… Tu… Veux-tu que je sorte…?

Il pointa un doigt en direction de la porte, l'autre main fermement agrippée à la poignée, mais l'émotion que véhiculaient ses yeux n'était certainement pas l'urgence de quitter la pièce. Même Hermione, malgré son malaise presque handicapant, n'acquiesça pas à sa question dans l'immédiat. Elle fut subitement déconnectée de la réalité…

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Cherchant désespérément à taire et effacer les sons et les images qui se mariaient en un film imaginaire chaotique, elle ferma les yeux et lui tourna de nouveau le dos. Sa tête, qui avait trop souvent répété le mot « soutien-gorge » pour lui certifier qu'il était anodin, incita ses mains à tâter la région pour s'assurer qu'elle le portait toujours.

- Non… Non, ne t'en fais pas, répondit-elle confusément. Excuse-moi… Je… Je vais me changer… Installe-toi, je ne serai pas longue.

Drago respecta son immobilité encore quelques instants, interloqué par son invitation. La fébrilité monta en lui comme il se dirigeait vers le lit dans l'intention de s'y asseoir, mais il constata qu'Hermione ne semblait pas être en mesure d'esquisser un quelconque geste tant qu'il serait présent. Il s'arrêta à mi-chemin.

- Je peux revenir une fois que tu seras changée, Hermio-

- Drago… trancha-t-elle plus abruptement qu'elle l'aurait escompté. (Silence.) As-tu déjà… As-tu beaucoup… (Elle soupira bruyamment.) As-tu beaucoup vu de femmes nues?

Le silence fit pratiquement craquer les murs. Pendant quelques secondes, Hermione n'entendit que des bribes de conversations inintelligibles de l'autre côté des murs minces du Terrier. La voix de Ron, bourrue mais lointaine, lui chiffonnait les tympans.

- Je… heu… Pas… Pas vraiment… bredouilla-t-il au bout d'un moment. Je…

- Alors tu ne serais pas vraiment en mesure de comparer, pas vrai…?

Pendant trop longtemps Drago resta muet. Hermione pouvait encore entendre la voix grognonne de Ron qui accroissait son malaise ; tout le courage dont elle avait fait preuve jusque là ne tarderait pas à s'évaporer. Malgré elle, la jeune femme brusqua la chose :

- Réponds, je t'en supplie… Je me sens affreusement ridicule…

- Oui…! Oui, oui…! Heu, je veux dire non… Pas en mesure de… non. Non, définitivement pas en mesure de… de…

Alors il fut tu par le lent mouvement d'Hermione qui décroisa ses bras pour les faire passer dans son dos. Lentement, elle fit glisser ses doigts, dans un chemin sinueux et malhabile, du creux de ses reins jusqu'à ses omoplates saillies par l'angle de ses bras. Elle ouvrit les yeux, électrisée par le chatouillement. Contre le mur auquel elle faisait face, elle découvrit l'ombre opaque et parfaitement immobile de Drago qui faisait le pied de grue en plein centre de la pièce. Ses membres se raidirent instantanément ; elle le devinait troublé, interdit, mais surtout très attentif. Le halo rougeoyant qui l'entourait, toutefois, issue de l'unique lampe à huile de la pièce, l'imprégna d'une sensation de confiance.

Lorsque le bout de ses doigts entra en contact avec l'agrafe de son soutien-gorge, elle eut soudainement incroyablement froid. Elle savait toutefois que cette baisse de température n'était pas due à sa quasi nudité ; c'était, en fait, la vulnérabilité qui la frigorifiait. Malgré ses puissants frissons et sa réticence instinctive, ses longs doigts délicats s'engagèrent à disjoindre les deux bouts et parvint à les détacher après une dure lutte. Aussitôt fait, elle repositionna ses bras le long de son corps, laissant ainsi pendre librement les deux rubans de coton noir. Elle était convaincue d'être parfaitement grotesque.

Tout de même, sa paume droite épousa son épaule gauche qu'elle écarta, en caressant sa peau, de sa bretelle. Les bonnets du soutien-gorge installé sur ses seins, qui n'avaient jusque là pas été dérangés, tombèrent doucement sous sa poitrine qui fut dévoilée. Hermione, à cet instant, n'eut d'autre choix que de fermer de nouveau les yeux, confinée dans l'angoisse. Sous ses paupières, elle imagina ses propres pieds sur le bord d'un ravin, ravin dans lequel ce qui s'y trouvait lui était complètement inconnu. Dans un sens, c'était pratiquement plus effrayant que d'affronter les forces du Mal, car ça, au moins, elle l'avait déjà fait.

Elle répéta son geste, tout en sentant ce léger vertige, afin de libérer son épaule droite. Le soutien-gorge noir glissa le long de ses bras et chuta sur le sol dans un bruit mat.

Elle ouvrit brusquement les yeux, voulant à tout prix s'informer des réactions de Drago par l'intermédiaire de l'ombre projetée contre le mur. Il n'avait pas bougé. Inconsciemment, Hermione sourit et se surprit à ressentir les effets d'une excitation progressive ; une boule de feu sembla se concentrer entre ses jambes. Animée par une nouvelle forme de nervosité, elle glissa ses doigts jusqu'à la braguette de son pantalon qu'elle ouvrit suffisamment lentement pour que Drago, derrière elle, entende la lascivité du moment. Hermione glissa ensuite le pantalon le long de ses jambes en se penchant, les genoux délibérément bloqués, jusqu'à ce que ses mains atteignent ses chevilles. Lorsqu'elle les libéra du vêtement ratatiné au sol en le propulsant, d'un pied, plus loin dans la pièce, elle ne se laissa qu'à peine le temps de prendre conscience qu'elle était pratiquement nue avant d'exécuter un demi-tour sur elle-même.

Drago écarquilla les yeux lorsqu'Hermione lui fit face. Sa bouche s'entrouvrit d'elle-même et inspira une bruyante goulée d'air. Elle ne s'en alarma pas ; elle ne s'était jamais dénudée devant un garçon, mais elle avait toujours été convaincue que de se présenter de la sorte ne pouvait laisser personne indifférent. Drago en était la preuve. Longuement, ses yeux pâles ne purent se détacher des siens, comme s'ils n'osaient, par pudeur, les aventurer autre part, mais ils voyagèrent fiévreusement sur tout son corps lorsque le choc passa. Hermione le vit s'attarder sur sa poitrine ferme, puis sur son ventre plat et ses cuisses bombée. Il tremblait légèrement, et c'est lorsque son regard croisa de nouveau le sien qu'Hermione le détermina tout aussi nerveux qu'elle ne l'était. Son regard était vague, comme fou de désir, et ses joues rosées. Elle déglutit.

- Comment tu me trouves…?

Drago fit un pas devant, puis un autre. Ses yeux étaient fixés aux siens. Il ne s'arrêta que lorsqu'il ne fut que très près d'elle.

- Sublime.

Son souffle chaud lui caressa le visage. Elle abaissa les paupières et inclina la tête pour lui offrir son cou, consciente qu'elle perdrait ainsi toute maitrise d'elle-même. Aveuglée par ses paupières, ses autres sens décuplés lui indiquèrent que la bouche de Drago s'approchait de son oreille ; la brûlure de son haleine croissait dans cette région extrêmement sensible. La totalité de ses muscles se contracta d'ailleurs brusquement lorsque ses lèvres moelleuses s'y pressèrent avec fièvre. Le soupir de contentement ne tarda pas ; saccadé, son souffle affola les cheveux blonds de Drago qui s'engageait déjà à enduire son cou de ses baisers légers mais ô combien affriolants. Sa respiration était pesante, urgente. Hermione se surprit même à gémir tandis que deux mains masculines se posèrent sur ses épaules pour les masser. Les doigts à la poigne ferme glissèrent jusqu'à ses clavicules, puis plus timidement jusqu'au haut de ses seins dont la peau excitait par l'absence d'aspérités. Ses lèvres bondirent alors jusqu'à sa bouche qu'il happa avec fougue et leur langue se trouva dans une effervescence passionnée. Ce faisant, l'extrémité des doigts de Drago descendit tranquillement jusqu'à la pointe de ses seins qu'il effleura, pinça, pétrit. Ses mains voraces appliquèrent ensuite pression et massèrent la chair abondante, et la bouche de Drago s'attaqua de nouveau à son cou.

Hermione gémit encore, mais beaucoup plus fort. L'excitation lui faisait perdre la tête et elle avait l'impression que son corps perdrait bientôt toute son hydratation en raison du perpétuel écoulement qu'elle sentait entre ses cuisses. Telle ne fut pas sa surprise, d'ailleurs, lorsqu'une des mains de Drago se plaqua contre l'intérieur de l'une d'elles, dangereusement proche de son entrejambe. Le concert de soupirs et de souffles s'intensifia considérablement avant qu'un bruyant martellement n'interrompe le tout :

- Malefoy! lança une voix de l'autre côté de la porte.

Hermione couina au même moment où Drago poussa un juron. Telles deux blattes exposées à la lumière, les deux amants firent un bond derrière en prenant bien soin de mettre un maximum de distance entre eux. La cadence déjà effrénée de leur cœur s'accentua encore davantage et c'est avec de grands yeux hystériques qu'ils fixèrent la porte de la chambre qui tremblait sous la force des martellements. Hermione couvrit ses seins de ses bras et tordit bizarrement ses jambes ; elle constata à cet instant que l'unique vêtement qui couvrait son corps était bel et bien entièrement trempé. Drago, haletant, passa une main fébrile dans ses cheveux en s'humectant les lèvres et se dirigea vers la porte. Il tendit une main vers la poignée comme Hermione s'exclama d'une voix suraigüe :

- Hé! Qu'est-ce que tu crois que tu fabriques?

Drago, complètement désemparé, s'immobilisa et pivota vers elle. Contre toute attente, elle se contorsionna avec davantage de vigueur, comme si elle souhaitait par ses âneries camoufler sa nudité. Naturellement, le jeune homme leva deux mains pour soustraire cette image de sa vue et regarda autre part lorsqu'il balbutia :

- Je… Je…

- Drago, bon sang! Ne vois-tu pas que je suis pratiquement nue?

- Malefoy! répéta la voix de l'autre côté de la porte. Je crois que tu t'es trompé de chambre!

- Oh, pardon, pardon… rétorqua Drago à l'adresse d'Hermione en revenant sur ses pas, les mains maintenant positionnées en visière.

- Ne bouge plus! couina-t-elle en se rétractant dans un coin de la pièce. Je t'en prie, retourne-toi afin que je puisse me changer…

- Oui, oui… Naturellement…

Lorsqu'Hermione ne vit plus que le dos de Drago, elle s'empressa d'enfiler à la hâte les premiers vêtements qui lui tombèrent sous la main. Le malaise était palpable. Elle franchit ensuite en deux géantes enjambées la distance qui la séparait de la porte et l'ouvrit à la volée, Drago sur les talons. Elle tomba nez à nez avec Ron, fulminant et le poing dans les airs, qui blêmit lorsque son ennemi contourna précautionneusement Hermione pour passer le seuil et disparaître à l'étage supérieure. Aucune parole ne se prononça, mais le rouquin put néanmoins aisément deviner ce qui se passait dans la chambre avant qu'il n'intervienne ; l'état discutable de la tenue d'Hermione – chemise de pyjama mal boutonnée et pantalon de denim à l'envers – était loquace. Qui plus est, le soutien-gorge noir de la jeune femme, que Ron aperçut par-dessus son épaule, paressait encore contre le sol.

- Qu'est-ce que vous fabriquiez? assena-t-il, les yeux écarquillés.

- Bonne nuit, Ron, cracha-t-elle entre ses dents.

D'un coup de main, elle referma brutalement la porte. Elle était furieuse. Non, pas furieuse ; furibonde. Au train où leurs caresses, à Drago et à elle, s'échangeaient, qui sait à quel point ils en seraient à ce moment précis si Ron ne se serait pas manifesté? Elle était prête! Elle était excitée, incroyablement excitée! Elle l'était encore, d'ailleurs! C'était si injuste!

Avec de grands mouvements brusques, Hermione corrigea sa tenue ; elle boutonna correctement la chemise du pyjama et retira son pantalon pour le remplacer par celui qui complétait la tenue. Elle éteignit la lampe à huile d'un coup de baguette et se glissa sous les couvertures froides du lit.

oOo

Tôt le lendemain, Hermione combattit sa paresse pour s'extirper à regret de la couche chaude et moelleuse. Si elle avait écouté son corps, elle se serait aussitôt rendormie sans se soucier de l'heure à laquelle elle ouvrirait de nouveau les yeux. Mais elle était parfaitement conscience qu'elle, Ron, Harry et Drago avaient du pain sur la planche ; non seulement devaient-ils agir, mais il devait également et d'abord échafauder un plan afin de pouvoir agir. Elle revêtit donc les mêmes vêtements qu'elle avait portés la veille et sortit de la chambre afin de rejoindre la cuisine. Elle attendrait là que les garçons se réveillent.

Molly s'y trouvait, évidemment. Assise sur une des chaises entourant la table située au centre de la pièce, elle lisait Sorcière Hebdo. Les plats qui mijotaient derrière suggérèrent à Hermione que la femme étudiait attentivement une nouvelle recette que le périodique recommandait. De la vaisselle voyageait d'ailleurs des chaudrons jusqu'au lavabo. Plus loin derrière Molly, des aiguilles de plastique étaient suspendues dans les airs et tintaient discrètement au-dessus d'un fauteuil vide. Malgré les quelques mailles qui ne formaient qu'un simple tricot rectangulaire, Hermione détermina qu'un pull était sans nul doute en pleine confection. Elle voulut deviner à qui il était destiné en se basant sur la couleur de la laine mais le lever du soleil projetait une lumière trompeuse dans la pièce et l'empêchait de se faire une idée fixe. On aurait dit que la cuisine se trouvait en plein cœur d'un brasier.

- À qui ce pull est-il promis? demanda Hermione en s'approchant.

Molly sursauta superficiellement, s'arracha à sa lecture et déposa le magazine contre la table. Elle lui sourit chaleureusement.

- Tu fais fausse route, lui indiqua-t-elle. C'est une écharpe.

- C'est Ron ou Harry qui sera content, alors.

- Oh, ce n'est ni pour Ron, ni pour Harry.

Hermione tira une chaise et s'y assit. En posant ses mains contre la table, elle constata que le soleil rougeoyant avait imprégné sa chaleur dans le bois.

- Ah bon? demanda-t-elle distraitement.

- J'ai décidé de faire un petit cadeau à Drago, déclara Molly.

Interloqué, la jeune femme soutint le regard de madame Weasley sans pouvoir s'empêcher de douter de sa cordialité.

- Pour Drago…? répéta Hermione.

- Il a été drôlement poli, ce matin, et je dois avouer que je ne m'étais aucunement attendu à ce qu'il soit aussi… bienséant. Il faut croire que c'est l'influence de ses parents qui le rendait aussi infect. Le pauvre… C'est un bon garçon, j'en suis certaine.

- Oui… Oui, c'est vrai.

Pour une raison qui lui échappait, le souvenir de la veille fusa subitement et lui envahit l'esprit. Elle rougit brusquement et ne put retenir sa main qui s'assura stupidement qu'elle portait bel et bien un soutien-gorge à l'instant où elle discutait avec Molly.

- Il est donc réveillé? demanda la jeune femme afin de chasser son malaise. Est-il retourné dans sa chambre?

- Je l'ignore… Il est remonté avec Ron et Harry.

Hermione fronça les sourcils. Avait-elle raison de s'inquiéter ou était-ce les événements qui la rendaient paranoïaque?

- Drago est avec Ron et Harry? répéta-t-elle en se levant, prête à voler au secours du reclus.

- Oh, ne t'inquiète pas ainsi, Hermione! s'esclaffa la mère en posant une main potelée sur sa poitrine trépidante. Lui et Harry parlaient de Quidditch, ce matin. Ils ont l'air de très bien s'entendre!

Hermione se contenta de souffler un rire incrédule. C'était certes plus rassurant que de les savoir en train de s'arracher les yeux, mais son instinct lui disait qu'Harry agissait en hypocrite. Pouvait-elle s'en vouloir? C'était ce qu'avait forgé toutes ces années d'hostilité. Il était vrai, toutefois, qu'il était largement plus raisonnable que Ron et que les circonstances actuelles invitaient les deux anciens rivaux à se rapprocher. Elle osa donc croire que cette soudaine complicité était issue de bonnes intentions et se força à penser à autre chose.

- Votre petit-déjeuner est prêt, indiqua Molly en s'éloignant vers les chaudrons brûlants. Je vais vous servir et tu pourras aller les rejoindre, d'accord?

Trois minutes plus tard, Hermione se tenait devant la porte de l'ancienne chambre de Fred et George. Derrière elle, flottant à la hauteur de sa taille, un plateau circulaire supportait le poids de quatre gros bols de gruau aromatisé et de plusieurs autres petites assiettes de fruits et d'à-côtés. Discrètement, elle étira le cou pour approcher son oreille du battant mais constata que peu importe la force avec laquelle elle y appuyait sa tête, la conversation restait inaudible. Ils avaient sûrement utilisé Assurdiato pour assurer la confidentialité de leurs échanges. Sans plus attendre, Hermione tourna la poignée mais la porte ne broncha pas. Collaporta, pensa-t-elle, ce qui acheva de la convaincre qu'ils avaient déjà débuté l'échafaudage de leur plan sans elle.

Elle toqua hardiment. C'est Ron qui lui ouvrit.

- Assurdiato, Collaporta… lista Hermione, vexée, en le poussant afin de pénétrer dans la chambre. (Harry et Drago, assis par terre, leva les yeux sur elle, mais Hermione, une fois dans la pièce, pivota pour faire face à Ron ; c'était beaucoup plus facile de faire passer le blâme sur lui.) Vous auriez pu m'attendre, non?

Ron referma distraitement la porte et le plateau, qui n'eut pas le temps de les rejoindre, buta contre elle dans un bruit sec. Il la rouvrit aussitôt et le saisit de ses deux mains. Son ventre, avec humeur, vrombit.

- Bon matin, Hermione, la salua Harry avec un brin de sarcasme.

Enfin Hermione sembla prendre conscience qu'il y avait une deuxième et troisième personne dans la pièce. En enfonçant ses paumes contre ses hanches, elle posa les yeux sur Harry et Drago qui la regardaient déjà, visiblement amusés par son entrée revêche. Lorsqu'elle croisa le regard gris du blondinet, elle ne se souvint plus de la raison pour laquelle elle était censée manifester sa mauvaise humeur. Drago, malgré le temps et les émotions qui avaient passés depuis, semblait encore posséder cette lueur de désir qui avait dilaté ses pupilles la soirée précédente. Hermione fit mine de se gratter l'épaule afin de vérifier qu'elle portait encore son soutien-gorge.

Drago profita de l'attention de Ron et Harry, centrée sur le plateau fumant, pour obliger sa copine à se pencher en lui saisissant une main. Aussitôt que leurs lèvres se scellèrent, Hermione s'engagea à s'asseoir auprès de lui, mais à peine fut-elle à sa hauteur qu'il transforma son court et chaste baiser en longue caresse incendiaire. Désarçonnée par son audace qui pourtant aurait due être freinée par la présence de Ron et d'Harry, Hermione ne sut que faire pendant un court instant avant de volontairement interrompre cette exhibition déplacée. D'un œil à la fois embarrassé et réprimandeur, elle dissuada Drago de recommencer bien que son for intérieur lui suppliait l'inverse total.

- Bon sang, j'avais si faim! s'exclama Ron d'une voix étouffée par le gruau qu'il mâchait.

Hermione fut violemment tirée de son imagination. Elle constata avec horreur, d'après le sourire malicieux d'Harry, que celui-ci n'avait rien manqué de leur baiser et de son malaise. Ses joues chauffèrent.

- De quoi avez-vous parlé pendant que je dormais? demanda la jeune femme dans l'espoir de chasser l'inconfort du moment – qu'elle avait probablement été la seule à ressentir.

De coin de l'œil, elle vit Drago baisser la tête comme s'il fuyait la question. On n'y répondit que quelques secondes plus tard, comme si la réponse avait nécessité réflexion.

- Du plan pour nous emparer d'une des Prunes Dirigeables géantes de Xenophilius, bien sûr, rétorqua Harry en haussant les épaules pour souligner l'évidence.

Harry échangea un regard avec Ron et Drago, comme s'il cherchait leur consentement, et ceux-ci hochèrent aussitôt la tête.

- Alors…? les incita-t-elle à s'expliciter.

Les deux heures qui suivirent servirent à établir une planification très méticuleuse du vol d'une des Prunes Dirigeables géantes du père de Luna – car Ron, Harry et Drago n'avaient de toute évidence abouti à rien pendant qu'elle accumulait un surplus irraisonnable de sommeil. Hermione se mit même à douter de leur parole sans toutefois s'en formaliser ; ils avaient sûrement parlé de trucs de garçons, tout simplement.

Jamais l'idée que Xenophilius leur cède de bon cœur un de ses fruits géants ne leur traversa l'esprit ; il était indubitable que l'excentrique homme vouait pour eux une véritable vénération et qu'il serait impossible de le séparer de l'une d'elles. Il fut donc question, du début à la fin de leurs réflexions, d'usage de la ruse. Mais Hermione restait inflexible quant aux limites à ne pas franchir ; bien que le vol d'une de ses propriétés se ferait dans un but honorable, ils n'auraient, sous aucun prétexte, pas le droit d'entraver aux droits du vieux Lovegood. Malgré les nombreuses divergences que souleva l'établissement du plan, ils parvinrent à une seule et même conclusion que tous jugèrent fort brillante après un certain recul. Comme l'un n'allait pas sans l'autre, il s'avéra que le plan était tout aussi absurde que le but.

Ron dut mentir à ses parents pour obtenir la « permission » de quitter le nid familial durant un temps indéterminé. Selon eux et avec raison, les temps ne se prêtaient pas à l'aventure, et encore moins en de territoires inconnus ; le rouquin, peu inspiré, n'avait trouvé comme alibi qu'un séjour à Elbury House, prétexte qu'Hermione fut forcée de consolider à contrecœur. Heureusement pour eux, Molly et Arthur ne cherchèrent pas à vérifier le mensonge auprès des propriétaires de l'auberge. N'empêche qu'ils s'empressèrent de quitter le Terrier avant l'heure du courrier ; la dernière chose dont ils nécessitaient était que les Weasley apprennent l'assassinat de Lavande Brown avant leur départ par La Gazette du Sorcier.

oOo

Il était neuf heures du matin lorsque Ron, Harry, Drago et Hermione s'engagèrent à franchir les méandres des collines enneigées qui les séparaient du Terrier pour se rendre à la maison des Lovegood. Comme seul bagage le petit sac perlé d'Hermione – dans lequel l'équivalent de quatre sacs à dos de campeurs bien remplis s'entassait –, le trajet s'effectua en quelques dizaines de minutes seulement. La cadence avec laquelle ils voyagèrent rivalisait étroitement avec celle de celui qui escomptait un vif soulagement sur le siège des toilettes mais ne s'expliquait que par le vol d'hiboux voyageurs que le quatuor aperçut dans le ciel gris. Mieux valait ne pas tarder s'ils ne souhaitaient pas que Molly ne les retrouve et les ramène au bercail de force.

Drago, qui n'avait jamais vu la très étrange maison de la famille Lovegood, ne voila pas son dégoût lorsqu'ils arrivèrent à destination. Tandis que Ron, Harry et Hermione s'avançaient vers la porte noire incrustée de clous, le blondinet, impressionné, tarda derrière pour mieux dévisager les détails hétéroclites. La lune fantomatique suspendue au-dessus du cylindre noir qui faisait office de maison, entre autre, captura son attention durant dix bonnes secondes.

C'est le poing d'Harry contre l'épais battant qui le ramena à l'ordre. Il rejoignit le groupe après avoir franchi le portail délabré qui grinça à son passage puis la porte de la maison s'ouvrit. C'est Luna, accoutrée d'une sorte de toge fleurie d'un rose criard, qui leur ouvrit. Ses grands yeux protubérants s'écarquillèrent instantanément sous l'effet de l'émerveillement.

- Des amis! s'exclama-t-elle. Quelle surprise! Entrez! Papa préparait justement une infusion de Ravegourde.

Ron, Harry et Hermione durent feindre l'allégresse.

Cinq minutes plus tard, les six convives étaient installés autour d'une desserte surchargée à l'étage supérieur dans ce que Luna appela le living-room. Hermione se souvenait parfaitement bien de la première et unique fois qu'elle avait visité la maison des Lovegood et n'en gardait d'ailleurs pas un très bon souvenir ; qui plus est, Xenophilius avait pratiquement refusé d'accueillir le quatuor une fois que Luna les eut invités à pénétrer dans la cuisine. À vrai dire, l'homme leur avait pratiquement jeté une théière fumante en pleine poire en les apercevant dans sa très chère demeure, ce qui arracha une insulte à Drago qui proposa aussitôt d'attendre la suite des opérations à l'extérieur de « cet asile d'aliénés ». Hermione avait catégoriquement refusé et l'avait traîné de force dans l'escalier de fer forgé en colimaçon pour qu'il atteigne l'étage du dessus.

Luna et Xenophilius prirent simultanément une gorgée bruyante de leur infusion de Ravegourde et reposèrent leur tasse contre la petite desserte dans un même mouvement. Les tasses de Ron, Harry, Drago et Hermione étaient inentamées.

- Que me vaut le plaisir de votre visite, cette fois-ci? demanda Xenophilius en postillonnant au visage d'Hermione qui se garda de l'éponger par bienséance.

- Oh, nous voulions simplement rendre visite à notre amie Luna, l'informa Harry en déclenchant un petit rire ravi chez la jeune fille. Et également, par la même occasion, vous exprimer notre… notre…

Ron, Drago et Hermione s'échangèrent un regard tendu, persuadé qu'Harry leur arracherait le peu de pouvoir de persuasion qu'ils possédaient.

- Nous voulions vous exprimer notre fascination vis-à-vis de vos magnifiques – que dis-je, splendides – Prunes Dirigeables géantes, compléta Hermione en lui adressant un sourire rayonnant.

La lueur hostile dans le regard du vieux Lovegood s'atténua légèrement et un maigre sourire satisfait courba ses lèvres. Afin de cimenter le compliment de la jeune femme, les trois garçons hochèrent synchroniquement la tête. Luna, à côté de Ron, ruisselait de lumière.

- De bien belles choses, n'est-ce pas? fit Xenophilius en jetant un œil par la fenêtre derrière ses quatre invités.

Le quatuor, qui n'avait pas aperçu les Prunes Dirigeables géantes à leur arrivée, jeta aussitôt un œil par-dessus leur épaule. Chacun de leur regard s'illumina lorsqu'ils aperçurent, dans la cour arrière, au moins trois Prunes Dirigeables géantes attachées à une espèce de rambarde de fer tordu à l'aide d'une ficelle magique. La main d'Hermione, discrètement, se faufila dans son sac en perles qui reposait sur ses cuisses.

- J'ai dû les séparer de leur buisson maternel, leur expliqua-t-il d'une voix ramollie. J'ai alors constaté qu'elles étaient facilement dirigeables. (Il se pencha par-dessus la desserte comme s'il s'apprêtait à leur livrer un secret. Le quatuor l'imita.) Elles sont très résistantes, également… Luna s'est pratiquement envolée dans le ciel lorsqu'elle m'a aidé à les attacher.

Ron, Harry, Drago et Hermione se mirent à rire. L'information en soi n'avait rien de comique ; c'était plutôt la facilité avec laquelle ils obtenaient les détails importants qui les réjouissait de la sorte. Encouragé par leur réaction, Xenophilius poursuivit avec emphase :

- De plus, ce qui est bien avec ces petites merveilles, c'est que leur grosse taille n'affecte pas leurs propriétés de flottabilité. Pas besoin de carburant magique ou moldu! s'écria-t-il en écartant violemment l'air de ses bras. Tout ça n'est que broutilles et pacotilles!

Soudainement, il se leva et leur tourna le dos. D'un pas aérien, il se dirigea vers une fenêtre fichée sur la façade de la maison et fixa ses buissons dans lesquels des petites Prunes Dirigeables se détachaient par leur couleur vive. La tension monta d'un cran ; le moment parfait approchait. Mais l'attention de Luna devait être détournée…

- Enivré par mon génie, ajouta Xenophilius en contemplant le paysage, Luna et moi avons construit une sculpture représentant le rite de l'accroissement de nos Prunes Dirigeables. (Drago, ébahi par la stupidité de ses paroles, exécuta une grotesque grimace.) Luna, montre à nos invités ladite sculpture…

Luna hocha la tête et déserta aussitôt son siège. Ce fut le feu vert : Ron, Harry et Drago, subitement agités, s'intéressèrent à Hermione qui farfouilla dans son sac avec une frénésie peu commune. Ils pouvaient à peine croire que Xenophilius n'entendait pas leur cœur battre tant il cognait fort contre leur cage thoracique. Tandis que le vieux Lovegood élaborait un monologue sans queue ni tête, la main de la jeune fille extorqua du bric-à-brac une fiole de verre transparent dans laquelle une fine poudre rouge dansait selon l'angle de son contenant. Ron la lui arracha des mains, retira le bouchon de liège dans un léger pop! et vida son contenu dans la tasse de Xenophilius qui n'était qu'à quelques centimètres de la sienne. Hermione la lui reprit aussitôt et la remit dans son sac de perles. L'agitation mourut sans transition et Xenophilius pivota ensuite sur lui-même. Ni vu ni connu.

- Passionnant, non? conclut-il en offrant ses paumes, de chaque côté de son corps, au plafond.

Le vieux Lovegood revint sur ses pas et se rassit sur le siège qu'il venait à peine de quitter. Sous les regards tétanisés de Ron, Harry, Drago et Hermione, il passa son index dans l'anse de la tasse et porta le récipient jusqu'à ses lèvres. Il but le breuvage en entier d'une traite.

- Luna ne devrait plus tarder, maintenant, leur indiqua-t-il d'une humeur légère.

Le quatuor tenta de se fondre dans l'impassibilité mais appréhendait vivement les effets du Nougat Néansang broyé que Ron avait mêlé à l'infusion de Ravegourde. Les doigts d'Hermione enserrèrent la cuisse de Drago lorsqu'elle aperçut une coulisse de sang s'échapper de la narine droite de Xenophilius. Celui-ci fronça les sourcils, alerté par un léger chatouillement, et tâta le dessous de son nez avec effarement. Soudainement, un puissant jet de sang fusa de ses deux narines en aspergeant les objets qui se trouvaient sur la desserte. Les cinq convives se redressèrent alors en renversant leur chaise et le remue-ménage débuta.

Hermione abandonna son sac sur son siège et se précipita vers l'autre bout de la pièce dans l'intention de bloquer l'accès à Luna s'il advenait que son retour était plus rapide que l'accomplissement des tâches à exécuter à l'insu des regards indésirables. Ron, pendant ce temps, fit mine de s'inquiéter de la santé de Xenophilius en s'approchant de lui mais profita plutôt de son affolement pour lui subtiliser sa baguette magique et la lui remplacer par un autre objet qu'ils avaient stocké dans le sac perlé d'Hermione. Quant à Harry et Drago, ils s'emplirent les bras de Feuxfous Fuseboum – provenant également du sac – qu'ils lancèrent délibérément dans le trou circulaire par lequel grimpait l'escalier de fer. Sans leur accorder de répit, plus d'une dizaine d'explosions au rez-de-chaussée firent vibrer la maison entière. Xenophilius se redressa vivement malgré son nez qui saignait encore et poussa une série impressionnante de jurons. C'est à ce moment que Luna apparut, stupéfaite par le vacarme, accablée d'une sculpture complètement grotesque qui devait peser une tonne. Rapidement, elle s'en débarrassa. Les deux résidents de la propriété se précipitèrent dans l'escalier qu'ils dévalèrent en deux secondes.

Seuls, Ron, Harry, Drago et Hermione s'échangèrent un regard époustouflé : leur plan fonctionnait comme sur des roulettes! C'était à peine croyable! Sans perdre une seule seconde, Ron enfouit la baguette de Xenophilius dans le sac de perles, s'en empara également et le lança à Hermione qui l'attrapa au vol. Les doigts de la jeune femme plongèrent de nouveau à l'intérieur, se refermèrent sur un petit objet qu'elle nicha ensuite dans le creux de sa poche de manteau. Un à la suite de l'autre, les jeunes adultes rejoignirent les deux Lovegood qui s'agitaient dans la cuisine.

Hermione évita de justesse un feu d'artifice qui lui brûla une touffe de cheveux. Xenophilius s'arrachait littéralement les siens en dansant en plein milieu de la pièce tandis que Luna, sans doute émerveillée par la singulière beauté du phénomène, observait le spectacle sans broncher, étrangement épargnée par les projectiles. Des étincelles multicolores éclataient partout autour d'eux dans une pétarade épouvantable. Certaines projetaient même les assiettes et tasses dépareillées sur le sol, ajoutant au tapage un degré supplémentaire.

- Partons! s'exclama Harry en se penchant par intermittences afin d'éviter des projectiles brutaux.

Le quatuor se dirigea vers la porte de sortie à la course, espérant ainsi se soustraire de la trajectoire d'un des innombrables feux d'artifices qui étaient en train de saccager la maison des Lovegood. Drago referma étroitement ses doigts autour du poignet d'Hermione alors que celle-ci lançait une salutation à Luna qui lui renvoya gaiement la pareille. Xenophilius poussa un rugissement sonore en constatant la duplicité de ses invités et voulut s'élancer à leur poursuite, mais un des feux d'artifices détonna violemment sur son derrière. Dans un cri de douleur, le vieux Lovegood s'effondra sur le sol en se tenant les fesses de ses deux mains mais se releva presque aussitôt, chancelant. Ron, Harry, Drago et Hermione étaient déjà sortis et se dirigeaient vers la cour arrière.

Ils pouvaient entendre les pas précipités du vieil homme crisser dans la neige peu loin derrière eux. Hermione sentait que le temps d'utiliser sa dernière arme ne tarderait pas bien longtemps encore. Haletante, elle plongea sa main dans sa poche et en sortit une petite pastille d'une couleur située entre le marron et le gris. Lorsqu'elle jeta un œil par-dessus son épaule, elle constata avec stupeur que Xenophilius se rapprochait dangereusement d'eux. Drago, qui fit la même observation, tira sèchement sur sa main pour l'inciter à accélérer le pas. Ils n'étaient plus qu'à quelques mètres de la première Prune Dirigeable.

- Vous ne toucherez pas à mes Prunes Dirigeables, bande de voyous ingrats! vociféra le vieux Lovegood en sortant sa baguette magique.

Hermione ne put s'empêcher de sourire en le voyant exhiber son arme. Bien que sa course était handicapée en raison de son attention rivée derrière elle plutôt que devant, elle ne put détacher ses yeux de ce qui s'annonçait.

- Stupéfix! cria Xenophilius.

La baguette se transforma aussitôt en haddock de caoutchouc. Malgré elle, Hermione pouffa bruyamment, essoufflée, excitée, emplie d'adrénaline. Elle s'autorisa enfin à regarder devant ; Ron, Harry et Drago regardaient également derrière eux et rigolaient. Ses doigts se desserrèrent alors et la petite pastille tomba nonchalamment par terre. De la neige jaillit un marécage verdâtre et nauséabond dans lequel Xenophilius, fulminant, trébucha et tomba sur tout son long. Le haddock de caoutchouc vola dans le ciel et finit son vol sur sa tête blanche de barbe à papa.

Ivres d'adrénaline, Drago et Hermione rejoignirent rapidement Ron et Harry qui avaient segmenté la ficelle magique qui retenait la Prune Dirigeable géante à la rambarde de fer. Dans un dernier grand geste de main en direction de Luna qui les observait, amusée, de la fenêtre de la cuisine, le quatuor transplana.