Léger retard, je sais, mais je vous préviens que vous n'avez pas le droit de m'en vouloir... En tout cas, certainement pas après ce chapitre-ci! ;)
J'aurais aimé ne rien dire et vous laisser découvrir la surprise, mais puisqu'il y a peut-être de jeunes âmes prudes parmi les lecteurs, je brise le punch en mentionnant qu'ici se justifie mon rating "M". Oui, bande d'obsédées, IL Y A UN LEMON DANS CE CHAPITRE-CI! Là, je sais que vous êtes contents. Ce qui est bien, c'est qu'on avance quand même dans l'histoire... mais je suis persuadée que vous avez arrêté de lire mon blabla après mon information en caractère gras, alors je me tais et je vous souhaite une bonne lecture!
Une leçon d'honneur
Chapitre 23
Mille pieds dans les airs
Hermione riait encore lorsque la forêt de Dean se matérialisa autour d'eux. Perdue dans un délire irrépressible, elle s'écrasa contre l'arbre le plus près afin de maintenir son équilibre défaillant tandis que Ron, Harry et Drago reprenaient leur souffle plus dignement derrière. Elle fit volteface une fois calmée et observa fièrement la Prune Dirigeable géante immobilisée en dessous des plus hautes branches des plus hauts arbres. Elle était immense ; son diamètre devait atteindre au moins six ou sept mètres. Ils s'en étaient sortis avec une telle facilité qu'ils auraient pratiquement juré que Xenophilius l'avait fait exprès!
Harry entoura solidement la ficelle annexée à la Prune Dirigeable autour d'un tronc afin de bloquer l'ascension du fruit géant si jamais, sous la force de la gravité, les branches cédaient et le privaient de ses digues.
- Merci aux Farces pour sorciers facétieux! s'exclama Ron en ouvrant les bras vers le ciel. Fred, merci…! ajouta-t-il avec émotion. George va être drôlement fier de moi lorsque je lui en parlerai! (Il se dirigea vers Hermione et tendit la main.) Donne-moi ton sac, je vais sortir la tente. Nous n'avons pas une seule seconde à perdre!
Hermione obéit, épatée par son soudain leadership, et Ron s'éloigna au centre de la clairière dans laquelle ils avaient abouti afin de passer à l'étape suivante du plan : le montage de leur moyen de transport. Drago, qui avait soigneusement épousseté ses vêtements de la suie laissée par les Feuxfous Fuseboum, rejoignit sa petite amie d'un pas nonchalant, et Harry, qui se garda de trop s'emporter par leur victoire, scuta les alentours afin de s'assurer que le périmètre était sûr.
- C'était une sortie de scène plutôt réussie, non? plaisanta Drago en étirant une main vers le visage d'Hermione.
- Plutôt, oui, rétorqua-t-elle en ponctuant sa réponse d'un rire. J'ai du mal à croire que nous y soyons arrivé sans embuches…
Les doigts de Drago écartèrent une mèche de cheveux derrière son oreille. Attendrie par la douceur du geste, Hermione rougit. Depuis l'épisode de la veille, il ne lui fallait pas grand-chose pour exposer de plus vives couleurs. Elle prit sa main lorsqu'il la laissait tomber et faufila ses doigts entre les siens. Un peu de réconfort suite à un épisode mouvementé ne pouvait certainement pas lui faire de mal.
- On va faire un tour? lui proposa-t-il. Il ne reste pas grand-chose à faire avant notre départ… Ils n'ont qu'à s'en charger.
Hermione acquiesça et annonça à Ron et à Harry, par-dessus l'épaule de son petit ami, qu'ils reviendraient d'ici peu. Ron protesta maussadement en leur signalant qu'ils étaient sur le point de partir mais Harry, qui supportait de moins en moins bien les plaintes de son ami, évalua ouvertement l'attente à une quinzaine de minutes. Non sans lui décocher un regard noir, le rouquin maugréa son abdication et débuta le montage de la tente.
- J'ai constaté que tu t'entends de mieux en mieux avec Harry, déclara Hermione alors qu'ils erraient entre les arbres nus, à quelques mètres de la clairière. Je trouve ça franchement fantastique. Vraiment.
- Oh, tu sais… c'est à contrecœur, affirma Drago en feignant le désintérêt. (Hermione vit très distinctement ses joues rosir.) Nous n'avons pas vraiment le choix compte tenu de ce qui nous est imposé. Il faut se serrer les coudes.
- Oh, arrête un peu, Drago! Ce qui nous est imposé ne suggère certainement pas la moquerie aux dépens de Ron. Je vous ai vus : vous riiez ensemble! Il n'y a rien de mal là-dedans, au contraire.
Drago ricana en baissant la tête. Le sujet ne valait pas l'obstination. Son pouce, machinalement, caressait la peau glacée de la main d'Hermione.
- Harry est largement plus mature que Ron, révéla-t-elle en haussant les épaules, et tu l'es également. En faisant abstraction de tout ce qui vous sépare, c'est plutôt logique que vous ayez des affinités.
- Je n'ai pas d'affinités avec Potter, Hermione… Tu dis vraiment n'importe quoi.
Sous le regard embarrassé du blondinet, Hermione pouffa. Bon joueur, Drago fit halte et l'attira vers lui afin de la faire prisonnière de ses bras. Hermione se débattit en pressentant la suite des événements et poussa un cri aigu lorsque ses doigts s'enfoncèrent sous ses côtes pour la chatouiller. Elle se plia, se tortilla et se trémoussa mais sans succès ; l'emprise de Drago était beaucoup trop ferme pour lui permettre de s'en libérer. L'hilarité d'Hermione fut bientôt si intense qu'elle en devint muette, et le blondinet, qui se carburait à son rire, appliqua une pression encore plus grande sous ses doigts. La jeune femme exécuta alors un brusque mouvement qui les entraina aussitôt dans la neige au pied d'un arbre.
Couché par-dessus elle, Drago poursuivit encore quelques secondes et abandonna finalement après avoir calculé les très nombreuses secondes qui s'étaient écoulées depuis sa dernière respiration. Lorsqu'elle retrouva enfin son souffle, Hermione bouscula mollement ses épaules.
- Idiot! J'ai failli m'étouffer! se plaignit-elle sans néanmoins cesser de rire.
- Oh! Cesse donc de geindre… J'aurais pu de faire le bouche-à-bouche, non?
Hermione roula les yeux et laissa tomber sa tête contre le petit monticule de neige entassé en angle sous elle.
- Crois-tu vraiment avoir besoin d'une excuse pour m'embrasser? lui demanda-t-elle en toute naïveté.
Drago contempla longtemps son visage rieur mais Hermione, qui avait par sa réplique espéré l'inciter à l'embrasser, attira, d'une main autoritaire derrière sa nuque, son visage vers le sien. Leur baiser se fit instantanément fougueux, comme s'il avait attendu le moment propice pour pouvoir exprimer une passion muselée.
Langoureusement, le jeune homme traina dans toute sa lourdeur son corps sur celui d'Hermione afin de marier convenablement leur hauteur qui n'était pas exacte. Ce faisant, il appliqua une grande pression, au niveau de son bassin, entre ses jambes qui s'ouvrirent d'elles-mêmes. Le bas de son corps étant plus légèrement vêtu que son buste recouvert d'un épais manteau, la jeune femme put aisément soupçonner la protubérance contre son entrejambe. La raideur du denim de son pantalon rendait le contact peu agréable, mais la suggestivité de la position, en revanche, déclencha un enivrant picotement entre ses propres cuisses. Elle gémit contre sa bouche et Drago, à l'aide d'une main, écarta une de ses jambes vers le haut afin d'intensifier l'ouverture. Puisque le tissu de son pantalon était rigide et ne permettait pas une flexion aisée, son autre jambe imita la première et Hermione les entoura finalement autour de la taille du jeune homme.
Leur baiser perdait de plus en plus de son contrôle. Leurs lèvres, gourmandes, concourraient avec leur langue qui luttait l'une contre l'autre et dérapait. Appuyé contre ses avant-bras qui reposaient de chaque côté de la tête d'Hermione, Drago cala plus pesamment son bassin entre ses jambes et débuta un lent mouvement de haut en bas afin de masser leur intimité l'une contre l'autre. Le pantalon de Drago, au niveau de ses genoux appuyés contre le sol tapissé de neige, s'imbibait désagréablement d'eau gelée, mais attraper une vilaine grippe était, à cet instant, l'ultime cadet de ses soucis – surtout quand dans son oreille résonnaient des faibles gémissements qui nourrissaient une excitation impossible à assouvir.
- Drago… geignit faiblement Hermione en séparant son visage du sien. Ce n'est tellement pas le moment… ni l'endroit…
Drago ralentit progressivement son mouvement jusqu'à l'arrêter complètement, et, en soufflant un rire dépité, fit choir son front contre le cou de la copine.
- Je sais, dit-il simplement.
Il leva subitement les yeux afin de s'assurer qu'ils ne s'étaient pas offerts en spectacle à Ron et à Harry puis se redressa péniblement pour s'asseoir contre ses talons. Heureusement, plusieurs arbres, érigés à de diverses distances, avaient improvisé un mur continu entre eux et la clairière. Drago soupira. Son érection le démangeait dans l'exiguïté de son pantalon. Hermione, qui aperçut la proéminence malgré elle, sentit une impatience étrangère grandir en elle.
Elle avait hâte de faire l'amour avec Drago.
- Excuse-moi, je n'ai pas su me contrôler… marmonna-t-il en massant sa nuque. Je me suis peut-être un peu trop laissé emporter…
Hermione rit timidement. Elle s'était assise sur son manteau qui était suffisamment long pour protéger ses fesses du froid de la neige.
- Je ne peux pas prétendre que ça ne m'a pas plu… marmotta-t-elle. Je-
- C'est bon! s'écria une voix au-delà du rideau d'arbres. La tente et montée et fixée! Amenez-vous, nous partons dans deux minutes!
Drago et Hermione s'échangèrent un regard fataliste, à mi-chemin entre l'amusement et l'exaspération, et tassèrent le sujet de conversation. Un jour, peut-être, les circonstances seraient leurs amis. Le jeune homme se leva d'abord et aida sa copine en lui tendant une main. D'une démarche handicapée, le couple rejoignit la clairière et le spectacle les cloua sur place.
Ron et Harry avaient parfaitement accompli ce qui se devait d'être fait, mais Hermione dut admettre qu'elle ne s'était pas attendue à un résultat aussi loufoque : la Prune Dirigeable géante avait été déplacée et immobilisée au-dessus de la tente par un épais cordage en fibres textiles. Le câble était grossièrement enroulé autour de la masse orange et la reliait aux quatre coins situés à la base de l'habitation de toile et aux deux extrémités supérieures. « Innovation » fut le mot qui jaillit dans l'esprit d'Hermione.
- C'est ça qui va nous emmener à Poudlard…? ronchonna Drago en arquant un sourcil.
- On dirait un nouveau type de montgolfière… commenta Hermione.
- Un nouveau type de quoi? s'exclamèrent simultanément Ron et Drago.
Harry et Hermione se regardèrent et haussèrent les épaules. Enfin, ils leur trouvaient un point commun.
Malgré leurs doutes en lien avec la solidité et l'efficacité de leur moyen de transport, le quatuor ravala leurs angoisses et se mirent au boulot. Comme entendu lors de l'élaboration de leur plan, Ron, Drago et Hermione pénétrèrent dans la tente – qui était au moins cinq fois plus vaste qu'elle ne le laissait paraître de l'extérieur – et Harry, balai et baguette en main, se positionna directement face à l'entrée, dehors, dont les portes de toile avaient été écartées. Tous aussi fébriles les uns que les autres, les trois occupants de la tente s'installèrent sur le seuil afin d'assister au verdict. Ils croisèrent les doigts ; si la tentative échouait, ils étaient tous dans de beaux draps.
Harry tendit le bras qui tenait sa baguette et la pointa sur la tente :
- Wingardium Leviosa, articula-t-il lentement.
La tente, qui avait jusqu'alors été trop lourde pour être entrainée par la légèreté de la Prune Dirigeable, se décolla doucement du sol en s'élevant graduellement dans les airs. Aussitôt, des exclamations euphoriques retentirent et Harry, excessivement soulagé, enfourcha son balai afin de suivre leur montée. Il guetta attentivement l'ascension et immobilisa leur moyen de transport lorsqu'Hermione, qui avait passé la tête en dehors de la tente, lui indiqua qu'ils avaient atteint une hauteur idéale, soit approximativement mille pieds. Harry sortit de nouveau sa baguette et enchanta l'habitation avec l'aide du sortilège des Quatre-Points qui, si bien utilisé, se chargerait de les mener par lui-même jusqu'à leur destination : Poudlard.
oOo
Le silence était total à l'intérieur de la tente, mais le vent d'hiver grognait avec humeur dans le ciel de janvier. Parmi les membres du quatuor, seul Ron tirait plaisir de l'attente improductive qui s'étirait depuis maintenant cinq minutes. Qui plus est, il ne se privait pas de manifester sa goguenardise ; tout d'abord, parce qu'il terrassait son énième adversaire au jeu d'échec version sorcier, mais aussi et surtout parce que ledit adversaire était Drago Malefoy. Et puisqu'au cours de sa vie, les occasions de lui faire ravaler sa fierté de Serpentard pourri avaient été trop rares, il ne lésinait pas sur la prétention pour une fois qu'il détenait du moyen parfait pour lui en faire baver.
- Je pense que tu es fichu, commenta Harry, lassé de l'orgueil démesuré de Drago qui refusait de s'avouer vaincu.
Celui-ci, en guise de réponse, lui décocha un regard écarquillé d'aigreur. Harry se rétracta en haussant les mains et croisa les bras. Il jeta un œil à Ron qui lui ne fit que glousser hautainement. Hermione, à côté de lui, soupira.
- Tu peux fixer tes pièces encore dix minutes si tu le désires, mais elles ne se multiplieront pas, indiqua Ron à Drago. Tu ne peux pas faire grand-chose avec deux pions et un roi…
Drago chassa l'information d'un revers de main.
- Fais plutôt face à la réalité : tu ne peux pas me battre, ajouta le rouquin en roulant les yeux. Harry et Hermione n'ont pas su me battre non plus. Je suis le meilleur. Pourquoi est-ce si dur de t'encrer cette réalité-là en tête?
À bout de nerf, Drago perdit sa concentration et frappa la table d'un poing flasque.
- Pourquoi? Tu veux vraiment le savoir? siffla-t-il d'une voix ironique.
Ron fit une moue moqueuse afin de s'improviser mi-blessé, mi-chagriné, et Hermione, qui sentait que les flammèches allaient bientôt naître, redressa son dos arqué par l'ennui.
- Oh… Voilà qui est fort contrariant, se moqua Ron sur un ton frondeur. Monsieur n'apprécie pas être surpassé?
- Un Weasley n'écrase pas un Malefoy, maugréa Drago en forçant la condescendance.
La réplique jeta un froid. C'était tout comme s'il s'avouait encore fier de porter un tel nom de famille. Drago la regretta aussitôt.
- Je te demande pardon? insista Ron afin de relever le malaise.
- C'est bon, je crois que la partie est terminée! intervint Hermione en se redressant. Et si nous allions dormir? La journée a été éprouvante.
Sans demander l'avis de quiconque, Hermione saisit le bras de Drago et l'obligea à déserter le fauteuil miteux sur lequel il avait débuté la partie d'échec avec Ron une heure plus tôt. Mieux valait les séparer avant qu'il n'y ait de prise de bec et que le voyage se fasse dans une ambiance encore plus lourde que l'étrange alliance ne générait déjà par elle-même.
- Considère que la partie est nulle, déclara Hermione à Drago dans l'espoir de l'amadouer.
- Mgggrrrfff.
Hermione sourit, souhaita une bonne nuit à Ron et à Harry et s'éloigna, en compagnie de Drago, vers la chambre du fond qui était tout au bout du couloir. La tente, en tout et pour tout, n'avait que trois pièces : celle que le couple occupait, une autre que Ron et Harry partageaient ainsi qu'un living-room marié à une cuisine plutôt rudimentaire.
Douze heures s'étaient écoulées depuis leur départ et ni température, dysfonctionnement ou mauvaise rencontre n'était venu leur mettre de bâtons dans les roues. Tout, mis à part la relation qui unissait Ron et Drago, allait pour le mieux. Les temps leur étaient d'ailleurs si favorables que le quatuor s'était préparé à devoir faire face à une complication dans les temps prochains ; après tout, la vie ne pouvait leur faire un tel cadeau sans exiger un paiement en retour. Tout ne pourrait manifestement pas fonctionner sur des roulettes du début à la fin. Seulement, ils croisaient les doigts pour que ladite complication ne leur soit pas trop dévastatrice et tarde le plus possible.
Mais Hermione ne pensait pas aux tracas qui les attendraient une fois qu'ils seraient rendus à Poudlard. Depuis leur légère perte de contrôle dans la forêt de Dean, elle ne pensait qu'à une seule et unique chose : faire l'amour avec Drago. Elle était embarrassée par l'obstination de ses pensées, elle avait même honte d'y accorder autant d'importance, mais elle ne pouvait s'empêcher d'anticiper ce moment depuis qu'elle avait goûté aux préliminaires.
D'ailleurs, en pénétrant dans la chambre, elle avait espéré pouvoir confondre la réalité avec un film à l'eau de rose moldu et s'abandonner dans ses bras pour se perdre dans un baiser sans fin – n'était-ce pas ainsi que les scènes les plus torrides débutaient? –, mais lorsqu'elle pivota sur elle-même, Drago avait le dos tourné et s'évertuait à refermer la fermeture à glissière du pan de toile qui leur servait de porte. Sa soudaine inspiration romanesque mourut tandis qu'il jurait entre ses dents contre « ce foutu système de fermeture merdique qui ne vaut pas une noise ».
Elle l'observa un moment puis décida de lui donner un coup de main :
- Solidificatum.
La cloison de toile sembla onduler sous la force d'une brise inexistante et s'immobilisa graduellement jusqu'à paraître parfaitement rigide. Drago, qui avait cessé de s'arracher les cheveux lorsqu'Hermione avait lancé le sortilège, étudia le phénomène et vérifia le résultat. Ce qu'il avait d'abord cru être une illusion était, après vérification, concret ; Hermione avait transformé le mur de tissu en un mur fait de matière solide. En fait, tous les murs de la chambre avaient cessé de serpenter à cause du vent extérieur, et celui sur lequel Drago s'était acharné s'était soudé aux autres à l'endroit où était censée être initialement installée la fermeture à glissière. Il n'y avait, pour sortir, plus aucune issue hormis l'annulation du sort.
- Wow, fit-il en inspectant les encoignures, une moue admiratrice aux lèvres. Qu'as-tu fait exactement?
- J'ai fait en sorte qu'on ne puisse nous déranger en transformant une porte en simple mur.
Aussitôt, une alerte mentale poussa Drago à regarder Hermione. C'était d'autant plus une formulation explicite. Celle-ci avait posé sa baguette sur une petite table de bois brut et faisait le pied de grue en plein centre de la pièce.
- Ah bon? Et pourquoi as-tu fait ça? lui demanda-t-il tout bas en feignant la candeur.
Lentement, il s'approcha d'elle. Une lueur espiègle dansait dans son regard et le faisait briller comme des flammes incolores au travers d'une baie vitrée. Hermione savait qu'il posait cette question simplement pour qu'elle soit celle qui brise la glace, car il ne faisait aucun doute que Drago avait compris où elle voulait en venir. Sentant que cette fois-ci plus rien ne pouvait plus se mettre en travers de leur chemin, elle inspira profondément afin de discipliner les réactions indomptables de son corps dues à sa nervosité. Elle tremblait, mais que légèrement.
Lorsque Drago s'arrêta devant elle, la proximité entre eux était difficilement surpassable. Ses pieds claustraient les siens et son bassin était plaqué contre ses hanches, ce qui permit à Hermione, une fois de plus, de sentir le volume de sa virilité contre elle. Son visage pâle était penché vers elle et présentait une parfaite sérénité. Son souffle, comme la veille, caressait son visage.
Elle osa :
- Parce que j'ai envie de faire l'amour avec toi.
Drago sourit, savoura sa timidité. Les langues de feu dans ses yeux s'affolèrent.
- Moi aussi, déclara-t-il en glissant ses doigts sur la courbe de ses hanches.
Elle le savait pertinemment, mais ces deux mots anodins ôtèrent de ses épaules un immense fardeau.
Et comme si un narrateur absent venait d'achever un décompte, leur bouche se trouva dans une étreinte impulsive. Les mains d'Hermione agrippèrent le cou de Drago dont les doigts courraient déjà sous son chandail pour explorer sa peau délicate. Le vêtement, entrainé par l'ascension de ses mains, dévoila progressivement son ventre, et la chaleur que Drago put détecter au travers du tissu qui recouvrait son propre corps le poussa à interrompre son cheminement afin de retirer prestement le sien. C'était rapide, car tous les deux ressentaient cette urgence, cette soif de l'autre. Hermione eut à peine le temps de contempler la nudité de son torse avant que d'un geste impératif, il saisisse l'ourlet de son chandail et le passe aussi en travers de sa tête. Ses bras frêles, qu'elle avait levés pour faciliter le retrait du vêtement, se refermèrent étroitement autour du cou de Drago. À peine quinze secondes avaient filées.
Leurs dernières tentatives ratées convainquirent Drago de brusquer ces premières étapes et celui-ci se montra beaucoup plus audacieux qu'Hermione à son encontre ; sans même prendre le temps de déboutonner son pantalon, il enfouit sa main entre sa peau et le denim puis tenta de faufiler ses doigts jusqu'à son intimité. Mais l'angle de son bras, la position des jambes d'Hermione et l'étroitesse du pantalon bloqua leur accès à mi-course. Hermione, qui tremblait de plus en plus d'excitation dans ses bras, voulut en vain l'aider en se tortillant mais c'est Drago, à bout de sa patience, qui corrigea la situation : il se dégagea, agrippa la taille fine d'Hermione et la fit reculer vers le lit. Lorsque ses jambes molles butèrent contre le matelas, leurs lèvres se dissocièrent et elle tomba en position assise.
Drago, debout, la surplombait. Le cou tendu, Hermione se traina très, très, très lentement contre le lit, comme pour le provoquer, pour s'approcher de l'oreiller, ce qui incita aussitôt le jeune homme à la rejoindre en marchant à quatre pattes par-dessus son corps. Jamais le contact visuel ne flancha, sauf quand Drago, impatient, plongea son visage sur sa poitrine pour embrasser ce que son soutien-gorge noir laissait voir de ses seins. Hermione, dont la tête reposait d'ores et déjà sur l'oreiller, l'inclina vers l'arrière en poussant une plainte soupirée, et ses doigts allèrent se perdre dans sa chevelure blonde. Tandis que sa bouche dérapait vers une épaule, Drago happa sa bretelle qu'il tira impérieusement vers le bas. Un mamelon fut à peine dévoilé que ses lèvres l'enrobèrent en arrachant à Hermione un gémissement chevrotant. Tant bien que mal, désirant lui offrir la plénitude de sa poitrine, elle glissa ses propres bras sous son dos et dégrafa, en arquant le buste, son soutien-gorge que Drago lui arracha littéralement de sur le corps.
Sa bouche aspirait voluptueusement la pointe de ses seins et Hermione découvrait avec délectation l'extrême sensibilité de cette partie de son anatomie. Indépendantes du reste de son corps, ses mains, plaquées contre la tête de Drago, appliquaient une pression sur son buste pour qu'il approfondisse ses caresses, mais bientôt, ce ne fut plus suffisant. Elle sentait son intimité s'incendier et se rappela alors que Drago avait, plus tôt, tenté d'immiscer une main dans son pantalon pour la caresser. À brûle-pourpoint, elle glissa donc ses mains sous ses aisselles afin de le pousser à remonter vers son visage et l'embrassa avec ce qui aurait pu se confondre avec de l'indécence.
- Retire ton pantalon, lui ordonna-t-elle en un murmure alors que ses propres mains s'acharnaient déjà sur sa braguette.
Drago respirait très fort contre sa bouche et sembla pratiquement s'enflammer suite à cette directive. Il se maintint en équilibre à l'aide d'un avant-bras contre le matelas tandis que l'autre s'escrima, avec l'aide des doigts d'Hermione, à retirer son pantalon. Il dut accomplir quelques gestes disgracieux pour entièrement s'en débarrasser mais nul d'entre eux n'en eut cure, car à peine son pantalon avait-il gagné le sol qu'il s'assoyait sur ses talons, entre les jambes d'Hermione, pour s'attaquer aux siens.
Il se pencha d'abord de nouveau sur ses seins pour les baiser, puis fit langoureusement courir ses lèvres sur ses côtes, puis sur son ventre, puis à la lisière de son pantalon. Là, ses doigts entreprirent de défaire la braguette qui céda avec beaucoup plus de facilité que la sienne. L'opération s'exécuta avec une sensualité saisissante ; la bouche du jeune homme glissait littéralement le long de sa cuisse gauche, puis sur son genou et sur son tibia. Lorsqu'il libéra enfin ses jambes du vêtement de denim, il répéta les mêmes caresses buccales mais en sens inverse sur la jambe gauche ; voluptueusement, en humant l'odeur de sa chair, il lécha son tibia, puis son genou et sa cuisse bombée. La main d'Hermione retourna se fondre dans la masse de cheveux blonds lorsqu'elle fut en mesure de l'atteindre.
Mais sa poigne se raffermit brusquement lorsque sans crier gare, Drago plaqua sa bouche directement sur son entrejambe, par-dessus le sous-vêtement. Elle inspira bruyamment, comme si elle venait de s'engouffrer dans une eau glacée, et dut se mordre la lèvre inférieure lorsqu'il referma les siennes sur son clitoris. La sensation à la fois de pesanteur et de légèreté était étourdissante.
Le boxer de Drago était de moins en moins confortable et le désir de plus en plus urgent. Sans interrompre son massage, il ouvrit les yeux et les rivèrent sur le visage d'Hermione. Il était impossible de le voir en raison de l'inclinaison de sa tête, mais son extase était manifeste. Une satisfaction sans pareille grandit en lui mais se vit assommer par un orgueil que Drago laissa ouvertement prendre place ; il pouvait facilement lui procurer un plaisir plus dense. Alors, d'un geste impératif, il passa ses doigts sous le tissu noir et humide qu'il écarta sur le côté, dévoilant ainsi la féminité d'Hermione. D'un rose-rouge satiné, les lèvres étaient gonflées et lui présentaient la cavité qu'il ne tarderait pas à explorer.
Hermione, qui ne s'était pas attendue à s'exposer de la sorte, voulut protester contre l'initiative de Drago en se redressant à demi mais celui-ci passait déjà un doigt froid entre ses nymphes pour l'humecter de sa cyprine. Sa panique subite se convertit en vide vertigineux, et son corps s'affaissa lourdement contre le matelas. Mais Drago, ivre de désir, ne lui permit pas de se détendre bien longtemps, car sa langue échangea subitement de place avec son doigt. La gorge de la jeune femme manifesta un brusque couinement qu'elle mêla à des mots :
- Bon sang…! (Elle inspira laborieusement.) Drago…
Son corps en entier s'était tendu. Le buste retenu par ses bras raides et les jambes grossièrement écartées, elle observait Drago goûter son intimité avec l'expression d'une suppliciée. Ses orteils se tordaient d'eux-mêmes et sa respiration s'était suspendue. Et pour cause! La sensibilité de son clitoris sur lequel Drago concentrait son attention était si intense que c'en était quasiment douloureux. Hermione ondulait les hanches, les avançait et les reculait selon l'intensité des sensations et ne put, au bout d'un moment, en supporter davantage ; d'un geste violent mais involontaire, une main perdue dans les cheveux du jeune homme les tira vers elle. Drago comprit aussitôt le message et interrompit sa tâche pour remonter à sa hauteur. Lorsque sa bouche vernie de son excitation s'écrasa contre la sienne, Hermione gémit ; son propre goût mêlé à la salive de son amant était aphrodisiaque. Elle n'en pouvait plus. Elle se sentait sur le point de s'embraser comme une torche sur laquelle on aurait jeté un puissant combustible.
Elle se sentait sale, mais positivement. Sa cyprine qu'elle sentait glisser entre ses fesses, la faible odeur de la transpiration masculine qu'elle se surprenait à adorer, la saveur de sa propre féminité sur ses propres lèvres, leur haleine ardente qui se mêlait et s'évaporait… C'était le cocktail de la luxure, Hermione en était certaine.
- J'ai tellement envie de toi… murmura Drago contre ses lèvres.
Hermione étira un bras entre leur corps et serra, d'une main, son sexe érigé par-dessus son boxer. L'afflux de liquide ruisselant entre ses jambes s'amplifia brièvement.
- Enlève ça, souffla-t-elle en tirant maintenant sur l'élastique. Enlève ça et fais-moi l'amour. Je n'en peux plus…
Il ne se fit pas prier. Avec tout aussi peu de grâce que lors du retrait de son pantalon, Drago se débarrassa de son boxer en offrant aux yeux d'Hermione son membre tendu et nu. Elle détourna son regard aussitôt qu'elle prit conscience de la taille de son sexe et s'étendit de nouveau contre le lit. La nervosité se mit à croître en elle comme une mauvaise herbe. Elle ferma les yeux ; il fallait qu'elle se détende. Par ailleurs, Drago, qui sembla avoir discerné cette nouvelle tension, débuta une série de baisers très doux sur son épaule, puis dans son cou, puis près de son oreille et sur sa mâchoire. Son excitation était encore nourrie, mais plus modérément. Elle sourit en sentant des petites mèches blondes caresser son visage, et ses doigts rampèrent de ses épaules jusqu'à sa nuque. Drago embrassait lascivement son oreille.
Puis Hermione sentit l'extrémité de son sexe frôler le sien. Elle qui s'était en partie détendue se raidit de nouveau. Mais Drago ne procéda pas immédiatement à la pénétration : guidé par sa propre main, il parcourut la féminité d'Hermione de son gland pour l'enduire de sa cyprine et débuta un mouvement de va-et-vient, du long de son membre, sur son clitoris. Non seulement se masturberaient-ils simultanément, mais Hermione, qui y prendrait plaisir, se détendrait beaucoup plus facilement.
- Drago… susurra-t-elle tandis qu'il mordillait son cou. C'est… C'est…
Il sourit dans son cou et se permit alors, non sans douter de sa capacité à tenir longtemps, de débuter la pénétration. Jamais Hermione ne le freina. Au contraire, même ; lorsqu'il crut bientôt atteindre l'hymen, elle l'incita à garder la même vitesse d'exécution. La résistance qu'il rencontra fut d'ailleurs plutôt moindre, et Hermione ne sentit qu'à peine la douleur lorsque Drago fut entièrement logé en elle.
- Ça va? lui demanda-t-il en dégageant son visage du creux de son cou.
- J'ai à peine senti un pincement…
Elle se sentit bête. Avait-elle vraiment craint l'acte pendant tout ce temps pour… ça?
- Tu vois? Finalement, ce n'était pas si mal.
Elle ouvrit davantage les jambes et Drago s'enfonça par conséquent un peu plus profondément en elle. Elle grimaça et le jeune homme se rétracta sans tarder.
- Fais attention, tu vas te blesser… l'avertit-il. Laisse-moi faire. (Il plaqua sa joue contre sa joue en débutant un très lent va-et-vient.) Tu sais que je ne te ferai jamais de mal…
Hermione sourit bien qu'il ne put le voir et s'abandonna totalement à lui. Elle ferma les yeux et, précautionneusement, posa la plante de ses pieds sur ses mollets. L'étroit bassin de Drago se pressait lourdement contre celui d'Hermione, faisant souvent rouler ses hanches vers le haut. L'intrusion n'était pas toujours agréable, mais elle savait pertinemment que c'était normal puisque son corps n'y était pas habitué. De toute façon, Drago ne pourrait bientôt plus poursuivre, car déjà trois minutes plus tard, sa cadence se faisait irrégulière et moins fluide. Ses geignements étaient faibles, chétifs. Il s'interrompit d'ailleurs à un moment pour rire de son handicap avec malaise :
- Je ne pourrai pas tenir encore longtemps…
- Ne t'en fais pas avec ça, Drago, lui répondit-elle en lui souriant affectueusement. Continue.
Ils s'embrassèrent tendrement et Drago, ce faisant, poursuivit son activité avec un peu plus de ferveur. Presque aussitôt, des gémissements mourant sur les lèvres de son amante prédirent son orgasme, et les traits d'Hermione se convulsèrent ; cette subite accélération n'était pas aussi plaisante pour elle que pour lui. Néanmoins, elle dédaigna sa maigre douleur afin de permettre à Drago d'atteindre le septième ciel. Celui-ci plaqua son visage dans le creux de son cou afin d'étouffer ses cris qui s'intensifiaient au même rythme que sa cadence, et bientôt, Hermione dut enfoncer ses ongles dans la chair de ses bras pour s'empêcher de le repousser tant la douleur s'aiguisait. Heureusement pour elle, le jeune homme donna un dernier brusque et bref coup de bassin entre ses jambes en poussant une longue plainte tremblotante et son supplice aboutit.
Assouvi, il affaissa son poids entier sur elle afin de reprendre son souffle. Sa respiration, dans le cou d'Hermione, était lourde, brûlante. Étrangement, ce n'est que lorsqu'ils furent enfin immobilisés qu'ils constatèrent à quel point la chaleur les étouffait ; leur corps était recouvert d'une fine pellicule de sueur et les cheveux sur la nuque de Drago étaient plaqués contre sa peau. Il écarta son visage de ses cheveux embroussaillés et croisa son regard. Elle lui sourit.
- Tu es belle.
- Tu es beau.
Il sourit à son tour, amusé par la pertinence de sa répartie. Hermione ricana puis ils s'embrassèrent. Leur baiser était doux mais aride ; l'amour, avec tous ses sons et ses soupirs, les avait déshydraté. Mais aucun d'eux ne s'arrêta à ce détail et leur baiser s'allongea démesurément, comme pour compenser la courte durée de l'acte sexuel. Drago s'étendit ensuite à ses côtés, ouvrant les bras au corps humide d'Hermione qui se blottit contre lui. Un parfum érotique planait dans la pièce, une odeur de débauche, de stimulant, de provocation.
Un effluve qu'Hermione voudrait encore humer demain, lorsqu'elle lui ferait l'amour à son tour.
HALTE LÀ! Interdiction de quitter cette page avant d'avoir laissé une petite review. Vous savez quoi? Vous me devez AU MOINS 10 reviews pour que je tape le 200 après ce chapitre. Si vous m'épatez, je vous promets que je vais vous faire une riposte mortelle (d'Hermione pour Drago, lemonesquement parlant) dans un des prochains chapitres. Mais uniquement si vous m'épatez. Alors épatez-moi, sinon vous n'aurez pas d'autres lemons! ;)
Lexa Nedra
