Hello!

Inutile de vous dire que vous avez joué votre rôle de revieweur à la perfection lors du dernier chapitre! Merci énormément pour ces beaux commentaires encourageants!

Quant à moi, je vous annonce que j'ai franchi le cap de 20 000 hits... Je trouve ça plutôt hallucinant! Encore, un immense merci à mes lecteurs!

Et sinon, côté blabla, veuillez prendre notre que mes vacances d'hiver ont pris fin lundi dernier et que, par conséquent, j'aurai beaucoup moins de temps pour écrire cette fic. Naturellement, je ne l'abandonne pas! Seulement, c'est ma dernière session (les cinq derniers mois) de ma technique (en graphisme, je vous rappelle), donc il y aurait extrêmement beaucoup de travail à faire pour moi en lien avec l'école. Je ferai entre autre un stage en studio de graphisme vers la fin du mois de février pendant une semaine complète, et il y aura également une exposition en mai dont nous devons DÉJÀ, en janvier, débuter l'organisation (financement, panneaux d'exposition, décoration, pub, etc). C'est assez débile. J'ai un peu peur, je dois dire. Mais bref, tout ça est pour vous dire, en résumé, qu'il se peut que je respecte un peu moins bien mes promesses de publication, tout comme il est également probable que je sois turbo-productive et que j'arrive à tout faire en même temps, qui sait!

Néanmoins, je déteste faire défaut à mes devoirs, donc ne vous inquiétez pas trop avec ce que je viens de vous dire. Je ferai de mon mieux pour ne pas vous décevoir!

Bonne lecture!


Une leçon d'honneur

Chapitre 24
La bombe à retardement

Encore et encore, Drago se retourna dans le petit lit qu'il partageait avec Hermione. Celle qui s'était endormie contre son corps avait, dans son sommeil, roulé sur elle-même et lui tournait maintenant le dos. L'esprit vaqué de toutes pensées, l'angoisse le rattrapait. Il avait à maintes reprises tenté de se rendormir en entourant par-derrière sa douce de ses bras, mais l'absence de réponse de sa part n'aidait qu'à nourrir ses tourments. Il se sentait idiot. Idiot, parce qu'il était celui qui avait lancé cette idée, à Ron et à Harry, lorsqu'Hermione dormait encore ce matin-là, et qu'il était également celui qui à l'instant où il broyait du noir, désirait revenir sur sa parole pour admettre que comme eux, il n'avait aucune idée de comment procéder une fois qu'ils atteindraient Poudlard. Mais il n'était pas question de revenir sur un thème qui avait déjà fait son temps : la lâcheté était chose ancienne.

Il se redressa dans le lit et posa ses coudes sur ses genoux fléchis. Il assumerait. Il devait montrer à Ron et à Harry, deux rivaux qui doutaient de ses capacités, qu'il n'était pas ce qu'il avait projeté lors des années antérieures. Ce Serpentard lâche faisait partie d'un livre qu'il avait refermé et jeté aux oubliettes. C'était grâce à Hermione, d'ailleurs, qu'il pouvait se pavaner la tête haute. Enfin, pas si haute, mais tout de même plus que s'il avait gardé le dos courbé par les initiatives de ses parents et les avait suivi dans leur quête complètement irrationnelle.

Au souvenir de toutes les remontrances dont Hermione lui avait fait bénéficier au tout début de leur folle aventure, Drago jeta un œil par-dessus son épaule. La belle dormait à poings fermés. Il sourit, ragaillardi ; il devait assumer sa position jusqu'au bout, et ce même s'il devait se soumettre à des risques qu'Hermione ne saurait peut-être pas apprécier.

L'air lui manquait. L'odeur qu'avait généré leur coït avait été si puissante que même deux heures plus tard, elle persistait et parvenait à éveiller son excitabilité. Il se leva non sans regretter le sommeil d'Hermione, enfila son boxer qu'il dut retrouver à l'aide d'un sortilège d'attraction ainsi que son pantalon et son chandail, puis quitta la chambre après avoir désactivé le sortilège de solidification qui avait soudé les murs. L'air frais du living-room lui noua la gorge avec une telle intensité qu'il jugea bon de laisser la porte de toile de la chambre ouverte afin de la ventiler. Ce serait fâcheux qu'Hermione meure asphyxiée.

Comme dans la pièce qu'il venait de quitter, les ténèbres étaient totales. Seule la lumière laiteuse de la lune filtrée au travers de la fenêtre de plastique transparent de la porte d'entrée rendait son trajet praticable. Un voile bleu ardoise semblait recouvrir sa vue. Laborieusement, il étira ses membres dorénavant endoloris en poussant une longue plainte. Les muscles de ses bras et de ses fesses le faisaient tout particulièrement souffrir.

- Dégourdissement nocturne? proposa une voix émergeant de la pénombre.

Drago sursauta si violemment qu'il faillit en tomber à la renverse. Il posa une main contre son cœur.

- Bordel, Potter! souffla Drago. Tu m'as foutu une de ses trouilles!

Harry, vautré contre le fauteuil rongé aux mites, posa par terre ses pieds qu'il gardait suspendus sur un tabouret. La poitrine secouée de soubresauts, il s'étira pour attraper ses lunettes et les installèrent sur son nez. Drago devina qu'il avait opté pour le petit canapé du living-room plutôt que le lit réduit de moitié par la présence de Ron pour passer la nuit.

- Ron ronfle horriblement fort, expliqua le Survivant en s'étirant à son tour ses muscles. J'étais incapable de fermer l'œil.

Après s'être remis de la surprise, Drago poursuivit son chemin vers la petite fenêtre pour dissimuler son irritation. En guise de réponse, il ne poussa qu'un marmonnement inarticulé. Il avait espéré pouvoir être seul mais ne voyait pas comment se débarrasser de lui.

- As-tu vérifié si nous suivions le bon chemin? lui demanda Drago en jetant un œil par l'ouverture.

- C'est le cas. Le sortilège des Quatre-Points fonctionne à merveille, déclara Harry en prenant place aux côtés du blondinet. Comme tu peux le voir, nous avons rejoint le chemin de fer.

Drago s'en avisa aussitôt ; en dessous d'eux, difficilement distinguables en raison cette nuit particulièrement sombre et de leur hauteur, un chemin de fer et des plaines familières composaient un lugubre décor. Il poussa un rire soupiré saturé d'ironie et d'amertume :

- Ça signifie qu'il faudra bientôt agir…

Harry enfonça ses mains dans ses poches et jaugea son égal :

- Regrettes-tu d'avoir proposé cette idée?

- Non!

Un ange passa. Il regardait maintenant Harry d'un grand air offusqué. Sa réaction avait été toutefois si violente qu'elle ne pouvait être trompeuse.

- Pas du tout, s'appesantit-il Drago en corrigeant son ton et en replongeant son regard dans le tableau nocturne. J'endosse pleinement mon initiative.

- En as-tu parlé à Hermione, alors?

- Non, pas encore. (Sa mine s'assombrit.) Je préférerais lui en parler lorsque vous serez présents, toi et Weasley. Ce sera plus facile de la convaincre ainsi.

- La connaissant, elle protestera sûrement, approuva Harry en haussant les sourcils pour souligner l'évidence de la chose. Elle n'aime pas prendre des risques « inutiles ». (Il entoura le terme de guillemets imaginaires.) Et si, en plus, il s'agit de toi, je crois également que nous aurons besoin d'arguments supplémentaires pour qu'elle cède et se plie à notre décision.

Du coin de l'œil, Drago analysa l'expression d'Harry ; il ne semblait nullement agacé par sa propre constatation. Un accès de sympathie l'incita à élaborer le sujet :

- Tu crois?

- Oh, crois-moi, elle est vachement amoureuse, soutint-il en hochant exagérément la tête.

Soudainement, un rire muselé secoua sa respiration. La sympathie de Drago fut balayée par un sentiment de honte.

- Tu te paies ma tête ou quoi? s'indigna ce dernier en fronçant les sourcils.

- Non, excuse-moi, ce n'est pas drôle… fit Harry en tentant de se ressaisir. C'est juste que… avec Ron, ce n'était pas… pas pareil, disons.

Sa honte et son antipathie disparurent aussi rapidement qu'elles étaient apparues. Un sourire suffisant, puant d'orgueil, étirèrent ses lèvres. S'il n'y avait qu'à ce ridicule jeu d'échec que ce raté de Weasley pouvait le battre, alors il pouvait bien dormir sur ses deux oreilles.

- Ah? Et comment ça? demanda Drago d'un air faussement bénin.

- Hum… Disons que… (Harry se massa la nuque, inconfortable, tandis que Drago jubilait d'avance ; si le balafré hésitait à lui partager un détail, c'était sûrement parce qu'il risquait de ridiculiser son ami.) Non, laisse tomber. Contente-toi de savoir que c'était moins évident avec Ron, c'est tout.

D'un pas nonchalant, Harry quitta son poste et se dirigea vers le fauteuil. Tout dans sa démarche témoignait de son désir de l'informer. Tenace et désireux de se moquer, Drago pivota sur lui-même et s'affecta une posture décontractée pour masquer son excitation.

- Oh, arrête, Potter… On ne fait que parler, non? Allez, vide ton sac!

Il croisa les bras. Il pouvait déjà se voir raviver un vieux souvenir infamant à Ron simplement pour l'énerver. Harry s'arrêta à mi-chemin, fit volteface, analysa mentalement la situation avec un sourire malicieux et hocha la tête.

- Très bien… céda-t-il au grand plaisir de Drago. (Il resta muet pendant quelques secondes, l'observant d'une réticence amusée.) Depuis combien de temps es-tu avec Hermione?

Pris de court par la question, Drago réfléchit.

- Quelques semaines… Un peu plus d'un mois, je crois. Pourquoi?

- Hé bien voilà : même après cinq mois de fréquentation, Hermione a refusé de passer à l'acte lorsque Ron le lui a proposé. Voilà pourquoi je crois qu'elle est très amoureuse de toi.

L'information prit un certain temps avant de gagner son cerveau, et même lorsque celle-ci y fut rendue, un petit hic dont il ignorait la nature l'empêchait de se réjouir. Harry le fixait intensément, ses lèvres tordues refoulant un éclat de rire, comme s'il attentait sagement que Drago prenne pleinement conscience de ce qu'il venait de lui révéler.

Puis soudainement, les yeux gris du blondinet s'écarquillèrent et ses joues s'enflammèrent telles deux torches. Devant l'horreur traduite par la convulsion de ses traits, Harry s'esclaffa en projetant sa tête vers l'arrière et se tapa les cuisses à de multiples reprises.

- Qu… Que… Qu-Qu'est-ce que ça veut dire? bredouilla précipitamment Drago qui sentait une gêne démesurée lui cuire la cervelle.

- Ça veut dire que vous avez oublié Assurdiato, Malefoy, rien de moins!

De nouveau, Harry pouffa et Drago fut saisi d'une subite envie de lui planter sa baguette magique dans l'œil. Terrassé par l'embarras, il restait immobile et cherchait désespérément une justification autre que la véritable, mais le rire du Survivant, assiégeant, l'empêchait de ruminer.

- Et… Et-et-et… Et toi ça t-te fait rire, c'est ça? se formalisa Drago. Non mais qu-quel enfant! Incroyable…!

- Oh, arrête, Malefoy… dit Harry entre deux secousses hilares. On ne fait que parler, non?

Outré par sa riposte, Drago eut un haut-le-corps de vierge effarouchée puis décida de se replier en regagnant la chambre. Lorsqu'il referma la fermeture à glissière, il entendait encore Harry, dans le living-room, se moquer de lui. Il se dévêtit avec de grands gestes violents en tentant d'ignorer ce qu'il entendait – « La tête qu'il faisait…! » - puis se glissa sous les couvertures encore chaudes.

Ce n'est que cinq minutes plus tard que le silence se rabattit dans la tente. Ébahi par l'absurdité de la situation, Drago plaqua ses paumes contre ses yeux clos et s'esclaffa à son tour.

oOo

C'est l'agressant crépitement de la radio que Ron avait insisté pour amener avec lui qui tira Drago de son sommeil. Des voix et des chansons jaillissaient par intermittences, segmentées par des parasites matinaux. Drago gémit, peu enchanté par ce réveil indélicat, et se lova contre le corps chaud d'Hermione ; elle dormait encore, imperturbable. Il sourit en humant l'odeur de sa peau mais se retourna brusquement en frappant le matelas d'un poing lorsque la voix sonore d'un animateur beaucoup trop pétulant se détacha du crachotement de l'appareil. Il fusilla la porte de toile du regard à défaut d'hurler quelques injures à l'adresse du perturbateur puis décida de se lever ; de toute façon, la forte luminosité que les murs de toile gris filtraient l'empêcherait de se rendormir.

En débouchant dans le living-room, Drago aperçut Ron et Harry, de dos, incurvés par-dessus la petite table ronde de bois brut sur laquelle ils avaient pris leurs précédents repas. Ils étaient immobiles et semblaient très concentrés sur ce que racontait l'animateur de l'émission qui était diffusé. Curieux, il tendit l'oreille.

« …des disparitions qui débutent, mais pas n'importe lesquelles. En effet, le très célèbre Harry Potter – oui, le Harry Potter, celui que nous vénérons tous – reconnu pour avoir tout récemment éradiqué le Seigneur des Ténèbres en mai dernier, est porté disparu depuis peu – depuis hier, en fait », expliqua l'animateur d'une voix pittoresque. « Ses fidèles amis Ronald Weasley et Hermione Granger, également anciens étudiants de Poudlard et fervents opposants du clan des forces du Mal, ont subi le même sort et sont à ce jour introuvables… Devons-nous nous inquiéter? Selon notre source, les trois amis auraient quitté le foyer familial hier matin pour une destination qu'ils n'ont jamais atteinte. »

- « Notre source »… grommela Ron. C'est maman, j'en suis certain.

- Tschhht! crachota Harry en le priant de se taire d'une main agitée.

« Un détail a toutefois mis la puce à l'oreille de la Brigade de Police Magique qui a été mis au courant desdites disparitions afin que des recherches puissent être entamées. (Le visage de Drago se relâcha mollement. La vie devait lui en vouloir amèrement pour constamment lui mettre Malone sur le dos.) Selon les dires de notre source, le célèbre trio était, lors de la dernière fois où il a été aperçu par notre source, accompagné par nul autre que le jeune fils du criminel le plus dangereux et recherché des temps actuels : j'ai nommé Drago Malefoy…! (Drago se tendit légèrement. Il remarqua alors qu'Hermione l'avait rejoint et écoutait derrière lui, les bras croisés et l'air grave. Elle lui sourit furtivement.) Plutôt déstabilisant, non? Quoi en penser? Ces quatre jeunes ont-ils été enlevés ou sont-ils partis de leur plein gré? Le jeune Malefoy souhaite-t-il entrainer des copains dans la galère de ses parents ou souhaite-t-il, au contraire, les arrêter? Cette fugue a-t-elle seulement un lien avec l'ascension du pouvoir de la Confrérie de l'Ombre? En tout cas, si Harry Potter fait partie de la bande, je ne crois pas que nous aillions à craindre pour leur sécurité. Peut-être même que le meurtre de la regrettée Lavande Brown sera le dernier. Il nous a tout de même débarrasser de l'immense et éternel Lord Voldemort, non? »

Harry éteignit la radio d'un geste agressif puis soupira bruyamment en passant une main sur son visage gonflé de sommeil.

- Désolé vieux, bredouilla gauchement Ron. J'aurais dû prévoir que maman irait vérifier l'authenticité de notre mensonge… Elle a dû aller s'informer auprès de la dame qui tient l'auberge. Elle doit être folle d'inquiétude à l'heure qu'il est…

- Et Malone fou de rage, ajouta Drago en s'avançant. (Ron et Harry se retournèrent sur leur chaise. Le regard du rouquin s'affila dangereusement.) Alric Malone, le chef de la BPM et l'un des propriétaires d'Elbury House, précisa-t-il. Il ne m'a jamais apprécié, a toujours douté de mon implication dans les folies de mes parents et voilà maintenant qu'Hermione et moi disparaissons de l'auberge sans prévenir et s'évaporons dans la nature après avoir utilisé leur propriété comme subterfuge…

Il se laissa tomber dans le fameux fauteuil miteux et pinça les lèvres, fataliste.

- Il est censé être en congé mais je suis certain qu'il a sauté sur l'occasion pour retourner au boulot, ajouta-t-il. J'ai l'impression qu'il en fait une affaire personnelle.

- C'est vrai, approuva Hermione qui restait à l'écart, les bras croisés. J'ai le pressentiment qu'il va remuer ciel et terre pour tous nous retrouver. Cet homme est extrêmement brillant. (Drago gloussa et roula les yeux, mais Hermione l'ignora.) Je suis persuadée qu'il connait un bon nombre d'informations à notre sujet, comme par exemple l'exécrable relation qui nous unissait à Drago à Poudlard. Il sait donc que tout n'a pas toujours été rose entre nous tous et possède toutes les raisons de se méfier de notre soudaine union. Il sait que nous mijotons quelque chose. Nous devons donc agir avant qu'il ne trouve le moyen de nous mettre la main dessus. Il nous faut un plan.

Ron, Harry et Drago s'échangèrent une œillade. Le temps était venu de tenir Hermione au courant. Lorsque le regard de Ron rencontra celui de Drago, ce dernier put aisément lire sa sentence de mort. Il osa un petit sourire outrecuidant ; soit Harry lui avait annoncé qu'Hermione avait passé à l'acte avec lui, ou soit, mieux encore, avait-il tout simplement entendu, de ses propres oreilles, ses gémissements lorsqu'il lui faisait l'amour. Était-ce mal de s'en enthousiasmer?

- Nous avons un plan, déclara Harry en se redressant.

Hermione l'interrogea du regard et fronça les sourcils en réalisant qu'elle semblait être la seule à ne pas comprendre.

- Nous en avons discuté hier matin, au Terrier, alors que tu dormais, précisa-t-il.

- Oh, fit-elle en se souvenant à quel point elle avait trouvé cette réunion étrange. Et c'est maintenant que vous décidez de m'en faire part? (Elle s'approcha du divan sur lequel Drago était assis puis s'y installa.) Oh, et puis peu importe. Quel est ce plan?

Le silence qui s'allongeait incita Drago à regarder Harry. Celui-ci l'observait également, et Drago sut qu'il lui renvoyait la responsabilité de la mettre en courant. Ron était assis perpendiculairement sur la chaise et avait posé son menton sur son bras accoté contre le dossier. Il fixait le plancher, l'air plus rembruni que jamais. Drago passa outre son furtif accès de contentement et concentra son attention sur sa petite amie qui s'impatientait. Il posa ses deux pieds au sol, les jambes écartées, et ses coudes sur ses genoux, puis écarta les doigts pour mieux s'exprimer :

- Je me livrerais délibérément à mes parents en me rendant à cette Chambre des Secrets pour recueillir des informations qui sauraient nous aider dans la destruction des Horcruxes.

Hermione soutint longuement son regard. Drago sut qu'elle confondrait sa déclaration à une mauvaise plaisanterie.

- Ce n'est pas très drôle, dit-elle. Avez-vous discuté d'un véritable plan ou était-ce simplement une tentative pour alléger l'atmosphère de voyage?

Encore, le silence parla.

- C'est très sérieux, Hermione, signala gravement Harry.

- Mes parents croiront sans nul doute que je désire me mêler à leur complot, détailla Drago. C'est ma famille ; ils m'accueilleront avec les bras grands ouverts. Je tenterai donc d'apprendre les détails en prétendant vouloir me mettre à jour et m'enfuirai lorsque je considérerai que j'ai obtenu suffisamment d'informations pour nous avancer dans notre quête.

À en juger par l'expression qu'arborait Hermione, elle n'était pas du tout séduite par l'idée. Elle semblait même croire qu'il s'agissait encore d'une blague qui allait trop loin. D'ailleurs, elle regarda tour à tour les trois garçons qui l'accompagnaient, cherchant sur leur visage un quelconque indice qui saurait lui indiquer que rien de tout ça n'était vrai. Toutefois, elle n'y voyait que résignation.

Au bout d'un moment, la consternation la gifla.

- Mais c'est complètement ridicule…! Tu veux te livrer à des assassins, Drago?

- Ces assassins sont quand même mes parents, Hermione… Ils ne chercheront pas à me faire de mal.

- Tu n'as pas cessé de répéter au cours des dernières semaines qu'ils étaient rendus dingues! lui rappela-t-elle. Et si, au contraire, ils s'attaquaient à toi, huh? Tu aurais l'air malin!

- Ne sois pas ridicule, tout de même…

- Moi? Ridicule? C'est ton idée qui est ridicule! s'exclama-t-elle en se redressant subitement.

Ron sourit, ravi par la tournure que prenait leur conversation. La tension monta d'un cran. Harry décida de donner un coup de main à son comparse :

- Sois réaliste, Hermione. Malefoy a toujours été proche de ses parents dans le passé, tu le sais…

- Comment vas-tu faire pour pénétrer dans la Chambre de Secrets? Et pour en sortir? demanda-t-elle à l'adresse de Drago en ignorant le commentaire d'Harry. Il faut savoir parler Fourchelang pour y avoir accès!

- Potter m'a appris les mots nécessaires ce matin, répondit le blondinet.

Hermione jeta un regard venimeux à Harry qui ne se laissa pas impressionner :

- Hermione, tes sentiments t'aveuglent et t'empêchent de garder ton esprit ouvert. Il n'y a pas trente-six mille solutions pour les arrêter…

- Oh, ça non! approuva-t-elle. Alors la meilleure des solutions est d'envoyer son rival au bûcher, c'est bien ça?

- Ça n'a… absolument rien à voir…! lui assura Harry, stupéfait par son excessivité.

Mais Hermione avait jeté son dévolu sur Ron qui se recroquevilla sous la force intimidante de son regard.

- J'imagine que c'est toi, Ronald, qui lui a proposé d'aller se faire tuer? s'écria Hermione, furibonde. Évidemment! Drago est un obstacle pour toi, pas vrai? Avec lui dans tes jambes, tu ne peux pas me reconquérir, c'est ça? Admets-le!

Décontenancé, Ron avait redressé le dos et agitait ses mâchoires comme un poisson hors de l'eau, incapable de proférer la moindre syllabe. Harry s'approcha d'elle pour la corriger et tenter de la calmer mais Hermione se dirigea plutôt vers son ex petit ami qui se leva précipitamment, impressionné par sa colère, et recula comme si devant lui s'approchait le plus monstrueux des poulpes.

- Hé bien sache une chose, Ronald Weasley! vociféra-t-elle, les bras raidis le long de son corps et les poings serrés. Je ne t'aime plus! Je ne sortirai plus jamais avec toi! Nous deux n'a été qu'une erreur! Une grossière erreur que plus jamais je ne reproduirai!

La tension atteignit son comble. Drago s'était également redressé, affreusement mal à l'aise, et s'approcha d'Hermione. Il lui saisit doucement le bras.

- Hermione… Tu l'accuses pour rien. Tout ça est mon idée.

La jeune femme le dévisagea avec incrédulité, le visage rougi par la rage.

- Mais ç'aurait dû être la mienne! rugit soudainement Ron.

L'attention générale se dirigea sur lui. Les traits déformés par l'affliction, il tremblait de rage. Harry, même chamboulé, ne put s'empêcher de lui trouver une ressemblance avec l'oncle Vernon.

- Ce que tu me fais est dégoûtant, Hermione! Tu ne te rends pas compte à quel point tu es cruelle envers moi? Me laisser tomber… pour lui… pour Drago Malefoy…! (Il pivota vers ce dernier qui eut un mouvement de recul en apercevant les larmes qui coulaient sur ses joues.) Si tu savais comme je te déteste, Malefoy… Si tu savais…! (Il serra étroitement les dents, si bien que la suite de son monologue suinta d'une profonde aversion qui ne laissa personne indifférent.) Je te méprise à un point que tu ne pourras jamais t'imaginer… Tu as pris un malin plaisir à la faire gémir tandis que j'essayais de fermer l'œil de l'autre côté du mur, pas vrai? Tu savais pertinemment que j'entendais tout!

Bouleversée, Hermione s'empourpra violemment en plaquant ses deux mains contre sa bouche, et Ron, qui pleurait maintenant sans aucune honte, s'attaqua à elle sans ménagement :

- Un mois! Un foutu mois! Et tu as accepté de baiser avec lui dans UNE TENTE par de pareilles conditions! hurla-t-il en agitant les bras autour de lui. (Hermione se mit à sangloter et couvrit son visage de ses mains.) Et moi, je t'ai offert une vraie chambre, avec un vrai lit, après cinq mois de fréquentation, après sept années de confiance, et tu m'as rejeté comme si je m'étais rué sur toi dès le premier jour!

- ARRÊTE! s'époumona-t-elle d'une voix aigue.

- Bon sang, arrêtez, ça suffi! intervint Harry qui n'en pouvait plus.

- Tu sais quoi? Tu n'es qu'une garce, Hermione! acheva Ron en la pointant insolemment du doigt. Une ga-

Un poing enflammé fit craquer sa mâchoire et le jeune homme s'effondra sur le sol comme une loque. Contre toute attente, Drago ne se dégagea pas lorsqu'Harry se projeta sur lui pour l'empêcher de réitérer, pas plus que Ron ne se releva lorsque son agresseur fut maitrisé. Il restait étendu sur le sol, épuisé, à pleurer silencieusement, sans porter attention à la coulisse de sang qui s'échappait de sa narine et lui chatouillait la joue.

- Je te lance du haut de la tente si tu insultes Hermione encore une fois, siffla Drago tandis qu'Harry, par précaution, barrait son chemin en tendant un bras devant son torse.

- Ça ne sera pas nécessaire, rétorqua Ron en se relevant péniblement.

Il essuya le sang sur son visage, renifla bruyamment et regarda pesamment chacune des trois personnes présentes. Tous attendaient qu'il s'explicite.

- Je pars, dit-il simplement.

- Ron… marmonna Harry. Tu nous as déjà joué cette carte… Ne fais pas ça si tu sais que tu vas revenir…

- Oh, mais je n'ai nullement l'intention de revenir ce coup-ci, Harry, déclara-t-il sur un ton parfaitement calme. Pas tant que lui est avec vous. (Il plongea une main dans sa poche. Drago, qui crut qu'il allait sortir sa baguette pour l'attaquer, eut un geste de recul, mais Ron ne fit que sortir son Déluminateur.) Tiens. (Il le lança à Harry qui l'attrapa machinalement.) Voilà la preuve de mon départ définitif. Une fois que vous en aurez fini avec Poudlard, je ne pourrai plus vous retrouver.

- Mais… Ron… Il doit être avec nous, Ron! Ne fais pas ça… On a besoin de Malefoy et tu le sais!

- Alors cette quête se fera sans moi, c'est tout. De toute façon, il deviendra probablement bientôt ton nouveau meilleur ami, non? Alors je n'ai plus rien à faire ici. Où est mon balai?

La réponse tarda. Harry lança un regard implorant à Drago et Hermione mais réalisa rapidement qu'il n'en tirerait aucune aide, car ceux-ci se montraient aussi froids qu'un bloc de glace.

- Mon balai, Harry, insista Ron. Il est… Il est dans ton sac, Hermione?

Celle-ci l'observa sans répondre, pressentant que seul un sanglot s'évaderait de sa bouche si elle parvenait à l'ouvrir. Elle n'arrivait même pas à éprouver de la pitié pour lui ; ce sentiment était trop pauvre.

- Il est… Il est dans la chambre, soupira finalement Harry. Mais s'il te plait, Ron… Tu ne vas tout de même pas retourner chez toi par un temps pareil…! (Ron soupira lourdement.) On s'est déplacé durant toute une nuit! C'est l'hiver! Il y a-

Crac! Tout à coup, Ron avait transplané.

Hermione aurait dû prévoir, depuis le début, que Ron était une bombe à retardement.


Ho ho ho. J'en connais quelques unes qui seront contentes! XD

Croyez-vous à ce départ ou pensez-vous que Ron reviendra? Comment croyez-vous que notre trio recomposé gérera cet abandon? J'attends vos théories avec impatience!

Lexa Nedra