Hum... Héhéhé... Salut...!

Ça fait un bail, non? Deux mois? Ou presque, du moins. Vous pensiez que j'avais abandonné? J'espère que non! Je suis soulagée d'avoir précisé qu'il se pouvait que je poste moins souvent lors du dernier chapitre, parce que je crois que j'aurais eu vraiment honte de mon immense retard...

Alors comme je l'ai précisé lors du dernier chapitre, mes cours ont recommencés et je n'ai eu aucun répit. Je dois également avouer que j'ai eu une grosse baisse de motivation et d'inspiration pour la rédaction de la suite, ce qui a beaucoup affecté mon initiative. Mais j'ai passé au travers! On peut dire que rédiger ce chapitre m'aura pris, au total, pratiquement deux mois! Au final, je suis plutôt satisfaite, et j'espère, pour ceux qui me suivent encore, que vous le serez également.

En ce qui concerne la suite de cette fic, je ne promets plus rien mais vous tiendrai au courant des faits, comme, par exemple, celui-ci : la moitié du chapitre suivant est déjà écrit. Il sera donc posté jeudi prochain ou le jeudi qui suit, tout dépendant du temps que j'aurai trouvé pour le poursuivre.

Alors, sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et j'espère que vous trouverez le temps de me laisser une petite review pour le moral!

Lexa Nedra


Une leçon d'honneur

Chapitre 25
Un nouveau héros

Tu n'es qu'une garce, Hermione!

Tu n'es qu'une garce, Hermione!

Tu n'es qu'une garce, Hermione!

Ces mots assaillaient Drago comme un écho inlassable dans une immense pièce vide. La stupéfaction et la fureur l'avaient sonné comme si au beau milieu d'une course, il avait foncé droit dans un mur de briques. L'amalgame d'émotions le maintenait immobile sur le fauteuil à fixer le jeu d'échec dépouillé de plus de la moitié de ses pièces, ceux encore actifs somnolant contre les carreaux. Le visage de Ron ressurgit alors dans son esprit, et Drago dut se contenir pour ne pas renverser le meuble qui soutenait le jeu.

Comment avait-il osé insulter Hermione de la sorte, et ce, devant lui? Comment avait-il osé manquer à ce point de respect envers sa meilleure amie, son ex copine envers qui, comme l'avait-il si clairement mentionné, il éprouvait encore un amour inconditionnel? Comment avait-il osé bafouer ses choix aussi impudiquement? Si la relation qui unissait Ron et Hermione n'avait pas déjà été ravagée lors de leur rupture, elle était maintenant entièrement néantisée, car jamais Drago ne la laisserait retourner vers lui, ne serait-ce que pour la laisser apaiser sa conscience qui, le pressentait-il, se corromprait avec le temps. Personne n'avait le droit de traiter Hermione Granger de la sorte ; encore moins lorsque ladite personne s'appelait Ronald Weasley.

Drago serra les mâchoires. Au fil de ses réflexions, il était de moins en moins facile de garder son sang-froid. S'il avait détenu d'un Retourneur de temps, il se serait volontiers projeté une heure en arrière afin de mieux taire la bouche sale du rouquin un seul petit coup de poing n'avait manifestement pas réussi à pacifier son for intérieur, car encore à l'instant il ressentait les pulsations de l'agressivité dans ses veines. Peut-être aurait-il dû agir sans émettre d'avertissement et véritablement le projeter du haut de la tente volante?

Oh! Et puis son pathétique monologue psychoaffectif… Qu'avait-il espéré provoquer en versant des larmes? De l'empathie? De l'attendrissement? Au contraire, il n'avait récolté que de la pitié! Une infâme pitié, risible, misérable… Toute aussi médiocre que sa propre personne. Alors oui, Drago savait pertinemment à quel point Ron le détestait, car il était persuadé de le détester tout autant, sinon plus. Et oui, après avoir pris un certain recul sur la situation, il pouvait admettre avoir pris plaisir à faire l'amour à Hermione pendant que Ron, de l'autre côté du mur, ne perdait rien de ses longues plaintes lascives. Sa satisfaction s'en trouva même décuplée en sachant qu'Hermione, après cinq mois d'union, lui avait refusé ce partage. Oh, oui, la satisfaction était grande, malsaine, pernicieuse…! Ce sentiment de privilège avait quelque chose de jouissif! Que Ron souffre! Il n'en avait rien à battre!

Sa jambe droite se détendit d'elle-même et son pied buta violemment contre la petite table sur laquelle le jeu d'échec reposait. Dans un vacarme à en faire réveiller un troll, le meuble fut projeté sur le sol et la dizaine de pièces de bois se répandit un peu partout sur le plancher en poussant des couinements indignés. Drago rejeta la faute sur un contrecoup de son altercation avec Ron.

- Merde, jura-t-il en se redressant.

Au moins, son taux d'agressivité avait considérablement baissé.

Comme il s'approcha de la table renversée afin de la redresser, il entendit le bruit caractéristique d'une fermeture à glissière. Il vit Hermione, les yeux rougis et les cheveux en bataille, passer la tête par l'ouverture.

- Qu'est-ce que c'est que tout ce bruit? demanda-t-elle d'une voix nasillarde.

- Oh, heu… rien. J'ai accidentellement bousculé la table.

Il n'eut pas besoin d'étudier longuement son visage pour deviner qu'elle avait pleuré ; sa voix rendait la chose criante. Du coin de l'œil, il la vit s'approcher de lui, mais Drago fit preuve de délicatesse et fit mine d'être trop absorbé par sa tâche pour le remarquer. Ce n'est que lorsqu'elle se pencha à ses côtés qu'il la regarda.

- C'était d'une puissante maladresse… commenta-t-elle.

Elle ricana. Drago l'imita sans grande conviction. Son beau visage était coloré et tendu par l'affliction. Ensemble, ils rangèrent les pièces du jeu. Curieusement, les petites figurines roulaient tous en direction d'Hermione, comme si elles avaient une préférence pour elle.

- Comment te sens-tu? demanda Drago sans toutefois l'encombrer de son regard.

- Retournée.

Il serra les dents. Il était évident que la scène l'avait affecté, mais il sembla qu'entendre la confirmation de sa propre bouche rendait son impuissance encore moins supportable. Il aurait tant dû répliquer aux insultes de Ron avec plus d'impulsivité…! Maintenant qu'il était parti, il ne pouvait plus venger son insolence…

- J'espère que tu ne lui pardonneras jamais son front, Hermione… Je m'en veux d'avoir si faiblement réagi… Je… Il m'a mis dans une colère bleue!

La tour que sa main tenait gigotait dans tous les sens en geignant comme une pauvre bestiole torturée par un enfant trop curieux. Elle virait tranquillement au bleu. Hermione la lui saisit doucement des mains et la replaça sur la table. La pièce soupira bruyamment.

- Je ne parlais pas de ça. Je parlais du plan. De ton plan. De ce stupide plan.

Drago leva les yeux, abasourdi par sa principale préoccupation.

- Comment peux-tu te soucier d'un plan après ce qui vient de se produire…?

- Je me soucis beaucoup plus de ta vie que de ce que peut bien penser Ronald Weasley de moi, Drago, trancha-t-elle et déposant brusquement un fou sur l'échiquier.

Les amoureux suspendirent tout mouvement et se dévisagèrent longuement, chacun défiant l'autre de protester. Hermione ne vit pas le fou, consterné par sa raideur, lui tirer la langue.

- Laisse faire Ron, Drago, n'en parlons plus. Je veux te parler de ton plan, moi, et de rien d'autre.

Il avait peine à croire qu'elle accordait aussi peu d'importance à la trahison qu'elle venait de subir alors que lui ressentait d'insatiables envies de meurtres. Contrarié, il s'aida du meuble pour se remettre sur ses pieds et lui tourna le dos. En pivotant, sa main bouscula quelques pièces qui regagnèrent le sol en bondissant sur eux-mêmes. Le ciel, au travers de la fenêtre à laquelle il faisait face, défilait paresseusement, clair et immaculé.

- Ne fais pas semblant d'être importuné par mes inquiétudes! lui lança Hermione en se relevant à son tour après avoir noté le subtil affaissement de ses épaules. Et n'essaie surtout pas de me faire croire que c'est ton idée!

- Puisque je te dis que c'est le cas! rétorqua vivement Drago en exécutant un volteface. Penses-tu vraiment que j'aurais accepté de faire une telle chose si l'idée était venue de l'autre raté? Jamais!

Hermione resta momentanément sans voix. Elle dénicha toutefois rapidement une faille qu'elle exploita avec acharnement :

- D'Harry, alors?

- Pas plus. Ne jette pas le blâme sur quelqu'un d'autre que moi car je suis le seul responsable de cette décision.

- Mais… Drago… As-tu bien vu comment ils ont massacré leurs victimes? Dennis… Seamus… et Lavande…! Ne comprends-tu pas que c'est du suicide…?

Suppliante, sa voix s'était brisé. Drago s'approcha d'elle et lui saisit les épaules. Son pied s'écrasa sur un pauvre chevalier renversé mais il ignora l'hennissement. Doucement, il secoua son corps afin de renforcir son argument :

- Non, crois-moi, ce ne l'est pas, affirma-t-il solennellement. Fais-moi confiance. Tu ne connais pas mes parents comme je les connais. (Hermione eut un tic ironique.) Arrête, tu sais que j'ai raison. Tu sais… ils ont beau être d'horribles assassins, mais ils sont de formidables parents… Du moins, ils l'ont été. Ils m'ont toujours beaucoup couvé, d'ailleurs suffisamment pour que je sois persuadé que peu importe à quel point ils deviendront déments, jamais ils ne me feront de mal. Ce plan ne peut que fonctionner.

En guise de réponse, Hermione baissa la tête en pinça les lèvres. Elle restait dubitative mais, regrettablement, consciente qu'il était beaucoup trop têtu pour qu'elle puisse altérer son jugement.

- Et puis j'ai un honneur à rebâtir, moi, ajouta-t-il.

- Un honneur? cracha Hermione en relevant brusquement la tête, la lèvre supérieure retroussée en une lippe dédaigneuse. Qu'est-ce qu-

- Oui, un honneur. Tu n'as pas idée de comment je me sens suite à toutes ces catastrophes qui concernent mes parents… Je ne veux pas être le fils lâche qui est resté dans l'ombre à se tourner les pouces tandis que ses parents tuaient un à un des sorciers innocents. Je possède les armes pour les arrêter, alors je ne dois pas rester inactif. Je veux ravoir un certain honneur… Je reste tout de même un Malefoy.

Hermione plissa le front, ne sachant pas trop comment interpréter ce dernier aveu.

- Potter s'est souvent jeté dans une mer de strangulots et tu ne l'as jamais arrêté, pas vrai? Au contraire, tu l'as aidé… Alors pourquoi ne m'aiderais-tu pas plutôt que de tenter de me dissuader d'agir? Il faut bien que quelqu'un le fasse… et je suis le meilleur candidat pour ça, tu ne peux pas le nier.

De nouveau, elle baissa la tête. Elle refusait de l'admettre, mais Drago savait qu'intérieurement, elle était du même avis que lui ; c'était un plan judicieux et calculé.

- Rappelles-toi que tu m'as un jour reproché d'être un lâche.

- Oui, oui, c'est bon. Arrête.

Drago sourit. Elle n'était pas fâchée ; elle s'avouait vaincue.

- Mais pendant que tu prendras le thé avec eux, qu'allons-nous faire, Harry et moi? Tu ne t'attends sûrement pas à ce que nous patientions sagement dans la tente jusqu'à ce que tu reviennes nous faire un rapport…?

- En quelque sorte.

Hermione haussa un sourcil.

- Vous ne pourrez pas m'accompagner. Vous ne pourrez même pas pénétrer à l'intérieur de l'enceinte de Poudlard. Tu sais pourquoi…

- Oui… souffla-t-elle, contrainte à lui donner raison. La Carte du Maraudeur. Ils la possèdent.

- Exact. Ils me verront arriver mais ne seront pas alarmés puisque je serai seul. Je resterai quelques jours, suffisamment longtemps pour recueillir un maximum d'informations, puis prendrai la poudre d'escampette lorsque je jugerai que je ne pourrai plus rien tirer de ce leurre. Une fois que je vous aurai rejoints, il faudra que nous soyons en mesure de quitter les lieux le plus rapidement possible. Sinon…

Il passa une main en travers de son cou pour mimer la décapitation et Hermione hocha la tête. Un bruit de fermeture à glissière rompit la tranquillité de leur conversation et Harry s'extirpa de sa chambre. Il n'avait manifestement rien manqué à leur discussion.

- Nous camouflerons la tente dans la grotte dans laquelle Sirius vivait. Tu sais, dans les montagnes qui surplombent Pré-au-Lard, précisa Harry en croisant les bras comme s'il la mettait au défi de trouver une lacune au plan.

Drago hocha la tête. Angoissée, Hermione s'assit sur le fauteuil et fixa le sol.

- C'est tellement dangereux… maugréa-t-elle.

- Pas plus que tous les autres risques que nous avons affronté ensemble, Hermione, rétorqua Harry d'une voix que l'on réservait habituellement aux enfants.

- Ce n'est pas pareil… contesta-t-elle. Sans toi ni moi, Drago n'est… Il n'a… Tu sais… Tu comprends…?

- Explique-toi, l'invita Harry bien qu'il ait très bien compris.

Le blondinet avait apparemment également compris car il piqua un fard.

- Ce n'est pas nécessaire, tronqua-t-il abruptement. Oui, bon, d'accord, il est vrai que je n'ai pas affronté le danger aussi souvent que vous, et alors? Potter, tu as passé ta vie entière à justifier tes succès par la chance. Pourquoi n'en aurais-je pas également? Je peux très bien le faire.

- C'est vrai, approuva le Survivant. On ne peut pas apprendre à relever de tels défis. Passer au travers ou pas relève de l'impétuosité et de la vivacité d'esprit… On n'a jamais le temps de réfléchir lorsqu'on est en danger. C'est l'adrénaline qui nous guide.

Satisfait de son raisonnement, Drago hocha la tête en étirant un bras dans sa direction pour de souligner la sagesse de ses paroles. Mais Hermione secoua la tête.

- Harry, quand cesseras-tu d'associer tes victoires à la chance? le réprimanda-t-elle d'une voix lasse. La chance n'a rien à voir avec l'impétuosité et la vivacité d'esprit. Quelqu'un pourrait très bien posséder ces deux dernières qualités mais n'avoir aucune chance, et vice-versa.

- Hermione, je commence à croire que tu me prends pour un incompétent… grogna Drago en écartant les bras.

- Non! Ce n'est pas le cas, renchérit la jeune femme en plissant le front. Mais possèdes-tu l'aplomb nécessaire? Supposons que les choses tournent mal, serais-tu capable de tenir tête à tes bourreaux?

Alors que Drago, passablement insulté, s'apprêtait à répliquer, Harry s'interposa entre les deux amoureux pour mettre un terme au débat qui stagnait :

- Préfères-tu que je sois celui qui pénètre dans la Chambre des Secrets pour aller récolter des informations? proposa Harry à l'adresse de sa meilleure amie.

- Quoi…? couina-t-elle en grimaçant. Que dis-tu là…? C'est ridicule…

- Voilà. C'est ridicule. Tu as tout compris. Voudrais-tu, dans ce cas, être cette personne?

- Harry, je… Tu sais bien que c'est impossible…!

Harry haussa alors les épaules, fataliste, et Hermione comprit aussitôt qu'elle venait tout juste d'admettre, malgré elle, que seul Drago pouvait accomplir cette tâche. Le balafré saisit alors la chaise sur laquelle Ron s'était installé avant son départ soudain et s'y assit.

- Si ni toi ni moi ne pouvons nous rendre dans la Chambre de Secrets pour jouer le rôle de l'espion, vois-tu quelqu'un d'autre dans cette tente, mis à part Malefoy, qui puisse le faire?

Hermione soupira bruyamment et croisa les bras. Lorsqu'elle haussa le menton pour afficher son fameux air suffisant, Harry sut que la bataille n'était pas encore gagnée.

- Tout ne pourrait ne pas se passer ainsi si nous trouvions un autre plan, déclara-t-elle. Un plan où nous pourrions agir en équipe, et non individuellement.

Se fut alors à Harry et Drago de soupirer sans ménagement. Ce dernier plaqua ses mains au-dessus de son crâne et se dirigea vers la fenêtre.

- Très bien! trancha Hermione en se relevant. Je vois que vous ne tenez absolument pas à m'aider à trouver cet autre plan, alors je ne ferai moi-même. (Elle se dirigea vers la chambre qu'elle partageait avec Drago.) Ne venez surtout pas me déranger ; je vais être en train de réfléchir à un moyen pour que personne ne se fasse tuer lorsque nous aurons atteint Poudlard.

Le bruit de la fermeture à glissière ponctua la discussion.

Drago se tourna vers Harry et lui lança un regard explicitement abasourdi, les yeux écarquillés. Le Survivant roula les siens, davantage amusé qu'irrité, et alla s'asseoir sur le fauteuil. Il ramassa un petit pion terrorisé qui trainait entre ses pieds et s'écrasa contre le coussin.

- Je sais, dit-il simplement.

- Tu t'y es habitué, à ça? s'exclama Drago. C'est… incroyable! Comment pourrais-je ne pas me sentir insulté?

Harry ricana sous l'œil torve du blondinet.

- Oh, ne le sois pas!

- Tu peux bien parler, toi, le grand aventurier…

- Tiens ton bout de la corde. Elle cédera si tu te montres aussi catégorique.

- Ça, c'est si elle ne trouve pas un autre plan entretemps…!

- Elle n'en trouvera pas. Je suis persuadé qu'elle ne souhaite que mettre en doute l'efficacité du plan actuel pour que tu renonces à l'exécuter par manque de confiance.

- C'est ce que tu crois? Quant à moi, je suis certain que d'ici une heure, elle aura établi au moins dix plans différents.

Harry pouffa bruyamment, et Drago, radouci par la tournure de la discussion, roula les yeux.

- Non, j'en doute!

- Tu veux parier? le provoqua Drago.

- Et comment! lança le balafré en se redressant sur le fauteuil et en lui tendant la main. Cinq gallions qu'elle n'aura rien à nous proposer même si on lui donne la journée entière pour y penser.

- Hum! Tu connais mal ta meilleure amie, Potter, commenta narquoisement Drago en lui serrant la menotte. Marché conclu.

oOo

Durant toute la journée, Hermione resta sagement enfermée dans la chambre, si bien que le soir venu, Harry et Drago avaient pratiquement oublié qu'elle occupait également la tente. Jamais Drago n'aurait cru aussi bien s'entendre avec son rival de toujours ; du Quidditch jusqu'aux plus anciens souvenirs scolaires, tout, en matière de sujets de conversation, y était passé. C'était comme si les sept dernières années de pure animosité s'étaient dissipées en un coup de vent, ou, tout simplement, n'avaient jamais existées. Pour rien au monde Drago ne l'aurait ouvertement déclaré, mais il devait bien admettre qu'il commençait même à apprécier Harry. C'était si différent que de traîner avec sa bande de Serpentard, dont les sujets de conversation tournaient constamment autour de coups bas à effectuer et des commérages concernant des élèves qui appartenaient aux autres maisons! C'est d'ailleurs uniquement suite à cette longue journée que Drago réalisa que ses anciens camarades ne lui manquaient aucunement. À vrai dire, rien de ce qu'il avait été à Poudlard avant la Bataille, en tant que personne, ne lui manquait ; ni son comportement, ni ses activités, ni ses fréquentations. Le transfert de ses parents de l'infamie jusqu'au pouvoir avait littéralement changé sa vision de choses, et simplement grâce à l'agréable journée qu'il avait passé en compagnie d'un nouvel ami, Drago les remerciait d'avoir chamboulé sa vie.

C'est avec la tête et le cœur légers que Drago regagna sa chambre tard dans la soirée. À son grand étonnement, Hermione, installée en pyjama sur le ventre, était endormie. Aucun panneau gribouillé de flèches, d'inscriptions et de calculs n'encombrait la petite pièce pour témoigner de son opiniâtreté à vouloir présenter un nouveau plan. Le blondinet put pratiquement sentir ses poches s'alléger de cinq gallions.

- Hé, Hermione… Réveille-toi.

Doucement, il caressa le dos de sa douce afin de la tirer des bras de Morphée. Celle-ci se réveilla pourtant en sursaut et écarquilla les yeux lorsqu'elle croisa le regard de son copain.

- Oh non! Misère! s'exclama-t-elle en s'assoyant brusquement sur le matelas. Nous sommes arrivés? Le plan…

Elle tâta le matelas comme si elle cherchait autour d'elle des bouts de parchemin griffonnés qui n'existaient pas. Drago pinça les lèvres. Oh, et puis qu'est-ce que cinq gallions en moins pouvait bien lui faire?

- Tu n'es pas parvenue à trouver un autre plan? lui demanda-t-il bien qu'il connaissait déjà la réponse.

- J'ai toujours plusieurs plans en tête! rétorqua vivement Hermione, indignée par son insinuation. Il n'est simplement pas… pas très… détaillé.

Il s'assit sur le lit et ses lèvres s'incurvèrent. L'air piteux, Hermione affaissa ses épaules en guise d'abdication.

- Non, je n'en ai pas trouvé d'autre… J'ai tant réfléchi que… que je me suis endormie! avoua-elle, honteuse, en plaquant une main contre un œil. Je suis désolée…

- Désolée? répéta-t-il en rigolant. Ce n'est pas moi qui vais se plaindre. Dois-je te rappeler que nous avions déjà un plan, et ce même lorsque tu t'es engagée à en trouver un autre?

Hermione soutint longuement son regard, ne sachant pas trop comment réagir face à ce choix déterminant. Drago lui prit délicatement une main et se mit à la caresser.

- Merci, murmura-t-il.

- Pourquoi me remercies-tu? s'étonna-t-elle.

- Parce que tu ne protestes plus. Je sais bien que tu t'inquiètes pour moi, mais que tu aies récriminé contre mon initiative à vouloir agir par moi-même m'a… disons-le, blessé.

Elle soupira discrètement et enveloppa la main de Drago de son autre.

- Je m'excuse… Je ne voulais pas t'offenser, crois-moi…

- Oui, je sais bien. Ça me soulage que tu acceptes enfin d'avoir un héros comme petit ami.

Séduite par cette vision des choses, Hermione sourit. Drago l'imita et s'approcha d'elle pour lui voler un lent baiser qu'elle accueillit avec délicatesse.

- Tu sais que nous arrivons à Poudlard demain, en début d'après-midi… souffla-t-il tout près de son visage.

- Comment pourrais-je l'oublier? chuchota la jeune femme à son tour, non sans ressentir un pincement au cœur, tandis qu'une des mains de son copain se faufilait dans son cou.

Difficilement, Drago retira sa baguette magique de sa poche :

- Assurdiato.

Il laissa tomber sa baguette par terre et Hermione sentit son entrejambe s'engourdir. Ses intentions étaient parfaitement claires et l'enchantaient considérablement.

- Ce coup-ci, on ne se fera pas avoir, dit-il en souriant.

- J'ignore de quoi tu veux parler…

Ses doigts fins se glissèrent dans les cheveux platine de Drago qui se pencha lentement sur elle. Elle s'étendit tranquillement sur le lit.

- Ah bon, tu l'ignores? chuchota-t-il dans son cou. (Une de ses mains quitta la chaleur de sa nuque et glissa le long de son corps. Ses doigts se refermèrent lourdement entre ses jambes.) Et là, l'ignores-tu encore?

- Je ne sais pas… marmonna-t-elle faiblement, une touche de candeur feinte dans la voix.

Drago sourit. Tout en embrassant lascivement la peau délicate sous son oreille, sa main s'insinua entre l'ourlet élastique de son pantalon et sa féminité. D'un doigt aguicheur, il effleura ses lèvres déjà humidifiées en retenant durement l'envie de l'enfoncer en elle.

- Et maintenant? souffla-t-il contre son oreille.

- Peut… Peut-être…

Il accentua sans transition la pression de son doigt pour le plaquer contre la peau délicate et complètement enduite de cyprine. Il recula son visage afin d'observer sa réaction.

- Et là…? susurra-t-il en explorant son intimité avec lenteur.

- P-Plutôt, ou-oui…

Lentement, il inséra un doigt froid en elle et ses muscles se contractèrent instantanément. Tout en restant attentif à ses réactions, il en glissa un second, et Hermione poussa un premier gémissement qui s'interrompit brusquement lorsqu'il le retira d'elle. Mécontente d'être ainsi affriolée, elle tendit le cou mais changea rapidement d'humeur lorsqu'il se mit à baisser ses pantalons.

- Non, attends… lui dit-elle en saisissant ses poignets.

Tandis que des points d'interrogations dansaient dans les yeux gris de Drago, Hermione s'empourpra légèrement. Il sourit, curieux de connaître la raison de cette gêne subite.

- Laisse-moi m'occuper de toi, s'explicita-t-elle sans oser le regarder, intimidée par ses propres désirs.

Un ange passa. Drago, excité par la nébulosité de son désir, se mordit la lèvre inférieure. Son pantalon devenait drôlement inconfortable.

- Très bien.

Lorsque leur regard se croisa, elle se redressait déjà sur ses genoux et penchait la tête pour l'embrasser. Elle s'écarta du centre du lit, ses cheveux emmêlés dansant sur le visage du jeune homme.

- Installe-toi, lui ordonna-t-elle entre deux baisers.

Il ne se fit pas prier. Sans jamais séparer leurs lèvres, Drago se positionna en plein centre du lit et posa sa tête sur l'oreiller de plumes. Hermione passa alors une jambe par-dessus son corps et s'assit sur son bassin, de sorte à ce que son membre durci s'immisce directement entre ses cuisses. Tout en passant par-dessus sa tête le chandail de Drago, elle ondula ses hanches pour improviser un massage entre leur intimité et ferma les yeux pour laisser les sensations la submerger. Elle se déplaça à la hauteur de ses cuisses lorsque le vêtement gagna le sol. Lascivement, comme les mains de Drago caressaient ses bras nus, Hermione débuta une longue série de baisers dans son cou jusqu'à son torse mince. Elle contourna ses mamelons, convaincue qu'elle paraitrait terriblement bête à les baiser, puis se rendit jusqu'à son nombril, là où au-dessous se trouvait un étroit chemin de poils dorés qui disparaissait sous la braguette. Elle pesta mentalement contre elle-même lorsqu'elle réalisa qu'elle aurait paru considérablement moins bête à lécher un mamelon qu'une certaine autre chose…

Ses doigts défaisaient la braguette de son pantalon lorsqu'elle sentit Drago devenir de moins en moins patient, plus agité, ce qui nourri son angoisse avec abondance. Une fois ouverte, Hermione osa un regard en direction de son visage… et se figea sur-le-champ il s'était redressé sur ses coudes et l'observait avec une sorte d'adulation disproportionnée, les pupilles dilatées et la respiration haletante. Elle était bloquée.

- Heu… Quoi? couina-t-elle stupidement.

Drago eut un tic au niveau de son arcade sourcilière qui aurait pu se confondre avec un très bref froncement.

- Que… Quelque chose ne va pas? lui demanda-t-il, confus.

- Heu… Hé bien, heu… Tu… Tu ne vas quand même pas… me… me regarder…?

- Oh. Non, non, non, non. Évidemment que non.

Il se recoucha un peu trop brusquement pour que son geste paraisse naturel et plaqua son avant-bras contre ses yeux. En aucun cas il ne souhaitait que ce détail si moindre l'empêche d'aller jusqu'au bout de sa superbe initiative.

Les couvertures n'ayant pas été tirées sur le lit lors de leur réveil le matin même, Hermione, discrètement, se glissa en dessous d'elles et les remonta par-dessus ses épaules. Intrigué par ce que pouvait bien fabriquer sa petite copine alors que son membre menaçait à tout instant de se détendre, Drago s'autorisa à lever la tête.

- Ça ne te dérange pas que je… je me recouvre de… de la couverture? demanda prestement Hermione, honteuse de ressentir à ce point ce besoin d'être soustraite à son regard.

- Bien sûr que non, rétorqua-t-il aussitôt. Fais comme tu veux… Sens-toi à l'aise, c'est ce qui m'importe.

Soulagée, Hermione se recouvrit entièrement de la couverture et la positionna afin qu'aucune ouverture ne permette à Drago d'apercevoir quoique ce soit de ce qu'elle s'apprêtait à faire. Elle se remit alors à embrasser son ventre comme si rien ne les avait interrompu, et ses lèvres, brûlantes, se rendirent jusqu'à la lisière de son pantalon. Par-dessus la couette, elle sentit le poids des mains masculines de Drago serrer légèrement sa tête en signe de délectation.

Avec l'aide de Drago qui arqua le dos, Hermione retira le vêtement et le projeta sur le sol en le glissant sous la couverture. Confinée dans un espace restreint, le son de tissu froissé ne parvint que très vaguement à ses oreilles. D'une main timide, elle caressa ses hanches, ses aines et ses cuisses en appréciant la minceur du tissu qui lui permettait très bien de noter la chaleur que son corps produisait. Une fournaise n'en aurait pas produit davantage, et l'air captif mêlé à son haleine devint bientôt étouffant.

Lorsque sa main décrivit la forme de son érection, Hermione entendit Drago soupirer par saccades et vit son bassin se cambrer sous sa caresse afin de l'inviter à l'intensifier. Sans hésiter, elle joignit sa seconde main jusque là inactive à la première et massa pesamment la protubérance par-dessus le caleçon. En guise de réponse, les doigts de Drago se refermèrent un peu plus étroitement sur son crâne. L'engourdissement entre ses propres jambes s'accentuait dangereusement, et c'est suite à une poussée d'excitation envahissante qu'elle baissa d'une traite le boxer. Son membre émergea d'en dessous du vêtement et, sans prendre la peine de le lui retirer entièrement, Hermione referma sa main autour.

Elle débuta aussitôt un mouvement de va-et-vient, à la fois fascinée et appâtée par la texture intensément délicate de cette peau chaude et sensible. Pour une jeune femme qui n'avait jamais eu de tête-à-tête avec un pénis, elle se sentait plutôt à l'aise – mais sûrement était-ce dû à l'opacité des ténèbres qui régnaient sous la couette et qui l'empêchaient de détailler le membre avec attention. Drago, de l'autre côté de l'abri qu'elle s'était improvisée, gémissait lascivement, et Hermione fut persuadée qu'il le faisait uniquement pour l'encourager, car ses caresses étaient beaucoup trop timides pour qu'elles puissent provoquer de telles réactions.

N'empêche que l'appétit et l'excitation montaient dangereusement en elle. Entre ses cuisses, un filet humide chatouillait sa peau, et la région près de son clitoris semblait implorer pour de l'attention, une pression, une caresse, n'importe quoi. L'odeur intrinsèquement sexuelle qui était née avec le dévoilement de son membre avait saturé l'air qu'elle respirait en un claquement de doigt et la faisait maintenant saliver comme si elle humait le parfum d'un repas savoureux. Son sexe d'une main, elle se sentait incroyablement femme, superbement débauchée. Le moteur de ses gestes n'était plus la raison mais la concupiscence, la passion, Drago et son corps suintant de désir.

Machinalement, elle approcha son visage de sa virilité, sa main voyageant entre la verge et le gland cette fois plus audacieusement. Drago dut sentir la caresse de son haleine car il arqua de nouveau les hanches vers le haut, écourtant par la même occasion la distance qui la séparait de son membre.

Ne trouvant plus de raison pour étirer l'attente, Hermione fit glisser son extrémité contre ses lèvres retroussées et grimaça instinctivement en goutant le liquide qui perlait au bout. Elle passa outre, car le jeune homme inspira bruyamment et accrut encore un peu plus la courbe de son dos, ce qui eut pour effet de l'encourager, encore. Les mains de Drago, cette fois, appliquèrent une pression considérable sur sa tête. Elle poussa un gémissement timoré pour protester contre sa fièvre et il cessa aussitôt. Hermione crut l'entendre geindre de faibles excuses, puis, progressivement, autant pour s'habituer à cette nouvelle audace que pour faire durer le plaisir, engloutit son membre aussi profondément que sa gorge le lui permettait.

Les lèvres étroitement enserrées autour de sa virilité, elle suça sans grande habileté ce qu'elle avait en bouche. Elle sentait son entrejambe dégouliner mais ignora sa propre excitation afin de concentrer son attention sur celle de Drago qui n'avait pas vu son tour venir la veille. Elle recula la tête, les lèvres serrant toujours fermement son sexe, et massa de sa langue le gland lisse qu'elle devina particulièrement sensible ; au passage, Drago eut un spasme violent suivi d'un puissant gémissement. À maintes reprises, elle baissa la tête dans l'espoir d'engloutir son membre en entier, puis remontait afin de titiller le minuscule orifice à l'extrémité.

À un certain moment, Drago glissa ses mains sous la couverture afin de caresser son visage, l'inciter à poursuivre, la supplier de ne pas s'arrêter, mais sa mâchoire se faisait de plus en plus engourdie et Hermione prédit qu'elle ne serait bientôt plus capable de le contenter de cette façon.

Le souffle de Drago s'alourdissait lors d'intervalles de plus en plus rapprochés. Hermione mourrait d'envie de voir la tête qu'il faisait mais restait inflexible quant à son refus d'être observée dans cette position ; elle craignait qu'il la trouve grotesque ou que s'afficher ainsi pousse Drago à émettre un commentaire critiqueur sur la façon dont elle s'y prenait. Peut-être ses inquiétudes agirent-ils directement sur son corps car c'est à ce moment précis que sa mâchoire ne put en supporter davantage et ne put poursuivre ses montées et descentes. Elles se refermaient obstinément autour de lui, peu important les efforts qu'Hermione mettait pour les rouvrir. Convaincue que Drago ne saurait se délecter de la sensation de ses dents contre son membre, Hermione entoura sa verge d'une main et le retira entièrement de sa bouche. Elle espéra avoir halluciné lorsqu'elle entendit sa mâchoire grincer.

Drago émit un grognement mécontent qu'il tâcha de confondre avec un gémissement lascif, mais Hermione n'était pas dupe ; aussi ses lèvres déposèrent-elles quelques baisers sur le gland tandis qu'une main continuait de le masturber pour ne pas trancher aussi insensiblement la stimulation.

Sa seconde main, paresseusement étendue contre sa hanche, glissa contre sa cuisse dure jusqu'à s'immiscer entre les siennes. En écartant suffisamment ses jambes pour libérer le passage, elle nota que le matelas sous ses fesses s'était imbibé de sa cyprine. Il n'en fallut pas davantage pour qu'elle découvre son désir de l'avoir en elle. En quelques secondes seulement, elle parvint à retirer son chandail, son pantalon et sa petite culotte, et ce, sous la couverture. Lorsqu'elle la chassa de son corps en un mouvement brusque, le contraste de l'air torride et l'air frais lui fouetta le visage aussi vertement que si elle avait passé la tête par une fenêtre lors d'une tempête glacée. Sous le regard enivré et stupéfait de Drago qui ne s'attendait pas à la voir surgir avec une telle fougue, elle s'installa rapidement à la hauteur de son bassin, saisit son membre qu'elle érigea verticalement sous elle puis s'assit lentement dessus. Elle devinait Drago comblé par son initiative, car ses mains s'agrippèrent si sauvagement à ses hanches que l'impact émit un claquement sonore. Elle poussa un cri de surprise et se laissa envahir par la sensation d'oppression dans son bas-ventre qu'elle apprécia singulièrement tandis que son entrejambe avalait totalement, avec une souplesse étonnante, le membre gonflé. Les mains de Drago grimpèrent jusqu'à ses seins et il projeta sa tête vers l'arrière, la gorge déployée et la bouche ouverte, envahi par un plaisir illégal.

L'intrusion entière fut toute aussi étrange que la veille mais Hermione possédait toutefois, contrairement à leur première expérience, le pouvoir de guider comme bon lui semblait les va-et-vient. Elle débuta naturellement un mouvement circulaire très lent afin d'habituer son corps puis troqua le veule mouvement pour de petits sauts guidés par la flexion de ses genoux. Drago glissa ses mains sous ses seins pour les admirer valser au rythme des bonds qu'elle-même maitrisait mais l'intensité du plaisir le contraignit bientôt à fermer les yeux.

Son endurance avait considérablement été affaiblie lors de la fellation et tandis qu'Hermione exécutait des mouvements toujours plus urgents, toujours brutaux, il se redressa afin de s'asseoir, un bras tendu derrière lui alors que l'autre entourait sa taille fine avec fermeté, pour participer aux dernières secondes. Sa bouche asséchée happa un mamelon rosé, le visage plaqué quasi entièrement contre sa poitrine, tandis qu'il déversait ses dernières forces dans de furieux coups de bassin pour proposer à Hermione du répit. Ses gémissements devinrent des cris gutturaux qu'il ne réprima pas et qui impressionnèrent la jeune femme à un point tel qu'elle tut les siens pour écouter le son de sa volupté. L'entendre gémir contre ses seins était fichtrement excitant, mais alors qu'elle sentait la vague orgasmique s'abattre – trop – lentement sur elle, Drago offrit son dernier coup de bassin dans un cri étouffé et s'effondra sur le lit, à bout de souffle, le corps secoué de soubresauts incontrôlés.

Hermione resta longuement immobile afin de reprendre quelques forces. Elle avait pratiquement atteint l'orgasme, mais elle n'avait nullement l'intention de se plaindre ; elle était trop fière de sa performance pour véritablement déplorer cet insuccès. Qui plus est, elle y avait quand même goûté. De toute façon, ce n'était pas comme si la chance de retenter l'expérience ne se présenterait plus jamais…

Elle se dégagea de sur Drago lorsque ses aines humides protestèrent virulemment et celui-ci ouvrit finalement les yeux. Un étrange sentiment de vide l'envahit lorsqu'elle se coucha à ses côtés, sentiment qui persista lorsqu'il l'entoura de ses bras pour s'emparer de sa bouche. Elle répondit négligemment à ses baisers, distraite, tracassée. Sans trop savoir comment, elle se retrouva étendue à la place qu'il occupait la seconde précédente et se fit couvrir de baisers, du cou jusqu'au nombril. C'est en anticipant la suite des choses qu'Hermione réalisa que ce sentiment de vide, bien que Drago était étroitement collé à elle, ne la quittait pas.

- Drago…

- Hum? marmonna-t-il sans s'arrêter, traçant des dessins près de son nombril à l'aide de ses lèvres.

- Je suis vraiment fatiguée…

Il s'interrompit, alerté, et la regarda, le menton posé contre son ventre.

- Tu ne veux pas que…?

Hermione secoua mollement la tête.

- Tu vas bien? Je t'ai vexé? J'espère que je ne t'ai pas fait mal?

- Oh, non, pas du tout! rigola-t-elle en saisissant délicatement son bras pour l'approcher d'elle. J'ai… Je ne sais pas ce qui me prend… J'ai simplement envie de te sentir près de moi, c'est tout… C'était très bien, rassure-toi! ajouta-t-elle en reconnaissant très distinctement la lueur inquiète dans son regard. C'est juste que… mon corps est fatigué, et puis… tu ne seras plus avec moi demain, alors j'ai envie de… j'ai envie que tu me serres dans tes bras.

Toute trace de concupiscence disparut de son regard et Drago remonta à sa hauteur, à ses côtés, pour l'étreindre de ses bras réconfortants. Ainsi lovée, Hermione ne put s'empêcher d'imaginer le jour où elle apprendrait qu'elle ne pourrait plus ressentir cet incroyable confort parce qu'il aurait été tué par ses parents devenus complètement fous. Un léger picotement dans ses sinus l'avertit qu'elle était sur le point de pleurer, mais le tendre baiser qu'il colla sur son front l'assura que rien au monde ne pourrait posséder le pouvoir de la séparer de lui. Ce sentiment de vide ne disparaitrait toutefois que lorsque Drago reviendrait, dans trois jours.