Les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de Stephenie Meyer.

Wow, je suis comblée! Beaucoup d'entre vous ont mis mon histoire en alerte après un prologue, que je trouvais peu satisfaisant à mon goût de perfectionniste littéraire (je suis rarement fière de ce que j'écris, avez-vous le même problème? haha) Bref. Je me suis donnée un coup dans le derrière pour vous écrire la suite et la voilà! Régalez-vous. ;)


POV Emmett

La foule est compacte, étouffante. Les relents de sueurs des vieilles dames parviennent à mes narines. Je sais que j'ai dit à tout le monde que j'arrêterais, que je ne resterais plus debout durant des heures, à envoyer des clin d'œil sensuels à ces inconnues et inconnus qui cherchent seulement le plaisir de la chair. Mais j'en suis incapable.

C'était hier soir. Hier soir encore, j'avais festoyé jusqu'à en perdre l'usage de la voix. On me désirait. Ils le laissaient tous savoir sans équivoque. À chaque fois, ça se terminait dans leur voiture, dans une ruelle ou, s'ils avaient un peu d'orgueil, dans un motel payé à l'heure. J'inspirai bruyamment, observant de la cuisine celle qui avait été ma compagne durant des années. Rosalie dormait à poings fermés, ses cils battant une cadence mignonne que j'avais mainte fois décortiquée. Le sommeil et moi faisions deux. Dormir... Pour quoi faire? Perdre du temps?

Le silence étouffant de la nuit m'engourdissait, me faisant oublier que je n'étais qu'un homme qui vendait son corps. Femmes, homosexuels ou chiens. Allez savoir. Tant que ça payait, je le faisais. Et c'est ce qui avait détruit la femme que j'aimais. Me voir anéantir mon corps. Revenir couvert d'hématomes, la bouche parfois ensanglantée et souvent, me retrouvant plus faible que la veille. Mais elle connaissait mes raisons, m'acceptait ainsi sans jamais me reprocher ce travail. Rosalie m'aimait, je l'aimais. C'est pour ça qu'il me fallait la quitter.

Je ne pouvais endurer de lui faire du mal. Puis... j'étais déjà déchiré. Alors, avant d'en venir au plus fort du mal, avant de l'anéantir complètement par la peur, par le doute, je la laissais. Je souffrirais, je devrais refaire ma vie. Mais moi. Moi j'avais déjà tout perdu. Aussi bien poursuivre dans cette voie, dans cet Enfer. J'étais assez fort pour ne pas mourir d'amour. Rosalie, elle, n'avait jamais eu cette endurance. Je marchai vers elle, dans sa direction, embrassant le front doux de cette femme qui avait tout pour faire chavirer quiconque. Elle faillit ouvrir les yeux. Mon souffle se coupa.

« Mon amour... »

Je me figeai, maudissant ce visage parfait qui m'avait mené dans une situation envenimée. Je ne pourrais lui dire de pleine voix que je la quittais. Alors, avec tendresse, je caressai sa tête longuement, attendant que le sommeil vienne la chercher pour mieux pouvoir m'en aller. L'université commençait demain. Le rêve de ma vie allait enfin débuter. Je serais un être normal. Un homme comme les autres, dans son orgueil et sa fierté de mâle. J'aurais enfin de quoi me vanter, enfin quelque chose à prouver.


POV Bella

La nausée devait être le pire état de santé. Clouée contre mon mur, cherchant à respirer malgré toute cette acide qui engluait les parois de ma gorge. J'avais envie de hurler que la Terre était une chienne, mais ça aurait réveillé mes deux ignobles colocataires et meilleurs amis qui avaient peu dormi. Jasper et Alice... aussi bien leur demander de se rouler à terre, ils préféreraient cela au sommeil. Quoique... Tous deux avaient de bonnes raisons de ne pas dormir. Des raisons bruyantes, si vous voyez ce que je veux dire. J'entamai un exercice de relaxation lorsque, dans un assaut violent, on m'envoya un sac brun destiné à vomir. Le rictus machiavélique d'Alice me toisait, m'inspirant une certaine colère enfantine.

« À respirer comme ça, tu réveillerais un mort Bella, fit-elle en arquant le sourcil.

-En baisant comme ça, tu ferais retourner le grand-père de Jasper dans sa tombe. »

Il faut dire que Auguste Bernard Withlock était curé, prêtre du village, et absolument contre le sexe avant le mariage, règle que mon ami avait mainte, mainte, mainte fois dérogé. Je répliquai à Alice d'un même rictus, moins réussi car je n'avais aucunement son talent de ricaneuse, puis recommençai mes respirations avec un peu plus de vigueur, histoire de les faire chier en toute politesse. Elle soupira brusquement, referma la porte d'un claquement et reprit sa place à l'endroit même où Jasper la serrait il y a quelques minutes. J'esquissai un sourire. Nous nous détestions autant que nous nous adorions tous les trois. C'était ainsi. Depuis le début nous avions cette capacité phénoménale de nous irriter royalement.

Physiquement calmée, mais assez peu mentalement, je me rendis vers notre minuscule cuisine où la bouilloire n'attendait que moi. Machinalement, comme si j'avais habité ici depuis toujours, je fis du thé au jasmin, sachant que les effluves douces d'un liquide chaud sauraient au moins amollir quelque peu mes craintes. Lorsque la bouilloire se mit à siffler, c'est d'un concert de protestations que mes deux amis me firent savoir leur mécontentement. Jasper ouvrit la porte de leur chambre, un bras posé contre les yeux pour, inutilement, se protéger de la lumière. Il me pointa de son autre main en grognant.

« C'est de ta faute si je manque de sommeil, Bella Swan.

-Tu sauras que l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, Jasper Withlock.

-Non mais... Ceux qui se lèvent tôt ont juste pas de vie.

-Pas de vie sexuelle, tu veux dire, répliquai-je en éclatant de rire.

-Ouais ouais, c'est ça. Tu sauras que le sexe c'est très sain. »

Je ne répondis même pas, lui tirant la langue avec entrain en versant l'eau bouillante dans les tasses. Dès que je déposai le sachet de thé au jasmin, mon ami sembla se ressusciter de son corps de zombie en transe et vint vers moi d'un pas enjoué. Jasper avait toujours aimé la saveur du thé, surtout un matin ensoleillé comme celui-là où nous pourrions profiter du balcon, minuscule mais tout de même présent. Je soufflai sur son thé en lui tendant, mécanisme que j'avais développé en partageant trop longtemps des chambres d'amis chez lui. Il me fit un clin d'œil taquin en refaisant le même geste, exagérément. Toujours la même chose entre nous, toujours ces blagues ridicules qui nous feraient encore rire, même dans 50 ans.

« Prête? »

Une phrase courte mais qui signifiait tout. Non. Non je n'étais jamais prête à faire face à l'inconnu. Encore moins quand mon futur se jouait entre mes mains. Mais avait-il besoin de le demander? Non plus, il le savait déjà. Je gardai le silence, maintenu ce calme entre nous. Avec Alice, le bruit était devenu trop commun, nous serrant la gorge. Mais Jasper et moi aimions le calme, il était l'air ambiant entre nous. Un cri aigu nous parvint, rompant le charme de l'instant. Notre déjantée d'amie se mit à courir jusqu'à nous, blasphémant mille fois de trop l'église, pointant en même temps son doigt devenu violacé.

« Maudit fer à friser à marde!

-Depuis quand tu te frises les cheveux, chérie? s'enquit Jasper en retenant son rire.

-C'était pour Bella!

-Ah mais c'est une blague! Comme si j'avais besoin de traitements aux cheveux, vociférai-je en la regardant, incrédule. Et puis... on va à l'école, pas dans un bal.

-Il n'y a pas de mal à vouloir bien paraître! répliqua Alice en me dardant un regard faussement mauvais.

-Oui mais moi je suis bien en jeans.

-Rah!Un jour tu te tourneras vers moi en pleurant parce que tu auras besoin d'être élégante. »

Nos fausses disputes se terminaient toujours ainsi, par un éclat de rire et une accolade. Je la serrai fort contre moi, inspirant son parfum qu'elle payait outrageusement cher. Nous nous séparâmes pour prendre place sur la terrasse, la tasse de thé fumante nous inspirant une longue discussion. Il nous fallait être à l'université dans... 2 heures. Le nœud se forma d'avantage contre mon cœur, contre ma gorge. Je regardai par la baie vitrée et soupirai, ne reconnaissant ni ce nouveau lieu ni ces gens qui déambulaient au rythme de leur vie.


« Est-ce que tu peux me dire pourquoi on est toujours en retard avec toi? hurlai-je en direction d'Alice qui conduisait, en trombe, vers l'école. Si je suis refusée à cause de toi, je te jure que...

-Du calme, du calme, tenta Jasper d'une voix mal assurée.

-Je voulais le plus bel ensemble de l'université, tu me connais.

-La mode te tuera, répliquai-je en me massant les tempes. Avec tout ça, tu m'as flanqué une migraine.

-Tu te mets trop de pression. »

Trop de pression... Un moine bouddhiste serait stressé aux côtés d'Alice. J'essayai d'oublier leur présence, en vain. Nous frôlions les 140 kilomètres dans les alentours d'une école primaire, aussi bien dire que les chances de se faire arrêter grimpaient en flèche. Je soupirai, ne voulant regarder ni le paysage ni l'heure qui avançait. Trop de causes au problème, pas assez de solutions. En me perdant dans mes pensées, je dus m'endormir, ou taire ma conscience, car j'entendis presque aussitôt les pneus crisser sur le stationnement de l'école.

Jasper et moi sautâmes en bas du véhicule, sacs en main, nous émerveillant devant la grandeur du bâtiment et ses briques à l'allure vieillotte. Alice eut droit à un beau doigt d'honneur lorsqu'elle piqua la place d'un étudiant qui se stationnait, trop lentement à son goût. Un sourire victorieux aux lèvres, elle descendit de la voiture avec cette prestance de reine qu'elle utilisait savamment. Lunettes de soleil, sac chic et odeur capiteuse à l'appui, elle avait tout pour régner sur les étudiants de l'université. Jasper attrapa fièrement sa main et nous avançâmes en mode accéléré vers l'entrée. Un majordome, chose étonnante dans une école qui ne se veut pas très luxueuse, nous annonça que nous avions manqué le début des présentations et qu'il serait disgracieux d'entrer pour interrompre le discours. La mâchoire décrochée, je contemplai cet homme qui venait de me déclarer la guerre.

« Nous avons seulement 15 minutes de retard! criai-je en bougeant les mains en tout sens. Il manque sûrement un grand nombre d'élèves avec le bouchon qu'il y avait sur...

-Il était marqué sur le papier d'arriver une demi-heure à l'avance. Le bouchon a fait qu'ils sont arrivés pile à l'heure. C'est une règle de base à savoir, ici, à Phœnix.

-Oui mais...

-Vous m'importunez. Revenez simplement demain pour votre prochain cours. »

J'étais piquée. Cet espèce d'obèse à la coupe au carrée ne méritait aucunement mon respect, en plus du fait, qu'il ne m'offrait pas le sien. J'attrapai le bras de chacun de mes amis et pris la direction inverse, vers notre voiture lorsque je croisai le plus beau spécimen mâle de toute la ville, à ne pas en douter. Carrure d'athlète, yeux perçants et illuminés, mâchoire juste assez carrée pour être parfaite et cette bouche... Juste à y songer, des frissons me parcoururent le dos. Je le dévorais des yeux, le regardant marcher de cette démarche confiante, comme si tous les soucis du monde avaient cessé d'exister dans son univers. Un millième de seconde plus tard, il remarqua que je le fixais indécemment et il me jeta un regard glacial, dénué d'enthousiasme. Douche froide. Terrible douche froide.


POV Emmett

J'étais en retard, comme toujours. Mais rien pour me stresser, de toute manière, les premières journées ne rimaient jamais à rien. J'enfilai la rue annexe à l'entrée de l'école, me faisant déshabiller du regard à maintes reprises. Étais-je à ce point délicieux? J'en doutais. J'avais une aura de sexe, Rosalie me l'avait toujours dit. Son visage apparut violemment dans mon crâne et le désir puissant de me fracasser la tête devint plus vif, plus incisif. Je remettais en question ma décision depuis mon départ. Ses boucles blondes auréolées de lumière me revinrent en tête. Quelle beauté. Je ne trouverais jamais femme plus parfaite ici, de toute façon, les autres femmes étaient toutes laides.

Je continuai d'avancer avec cette impression sournoise que je me trompais. J'avais enfin pu me payer mes cours de science politique, dont j'avais toujours rêvé, mais une petite voix en moi me soufflait que c'était une erreur. Pourquoi? Je ressassais encore cette question lorsque je sentis une paire d'yeux me dévisager. Sortant de ma rêverie, je remarquai un trio qui marchait en ma direction. La fille du milieu avait planté son regard sur moi, les lèvres entrouvertes, la prunelle souillée de désir. J'eus envie de lui hurler des noms mais j'étais trop poli. Un regard noir suffit pour la décourager. Je vis sa tête se baisser, sa bouche trembler. Elle n'était pas laide. Jolie, sans plus. Mais je ne pouvais plus endurer ces affamées de corps qui m'auraient toutes baisé derrière le premier buisson avoisinant. Je voulais Rosalie, rien d'autre.

J'entendis un: « Quel connard! » suivi de questionnements des deux autres acolytes. Connard? Ah, sans doute. Je n'étais pas reconnu pour ma gentillesse et mon honnêteté. Quelques minutes plus tard, j'arrivai devant la porte. Un homme gras, peu attrayant, me darda de tout son mépris. J'esquissai un sourire arrogant et m'approchai de lui en silence. De ma poche de jeans, je sortis deux billets de 20$ que je lui tendis. D'un hochement de tête, il les déplia, m'ouvrant la porte de l'autre bras et me souhaitant une bonne journée dans cette nouvelle école.


Bon, c'est plutôt court et je ne peux pas dire que j'en sois bien fière. Vous êtes infiniment gentils si vous m'écrivez des reviews parce que sincèrement, je pense que je le ré-écrirais complètement ce mini-chapitre. Mais bon! L'heure n'est pas au chialage. :) Merci de me lire et de me suivre! Je vous aimes tous et toutes. :)