Les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de Stephenie Meyer.
Je vous ai vite écris ça, n'est-ce pas? Haha. C'était ma fête hier, donc j'avais congé, et j'ai terminé le chapitre en matinée avant de passer du temps avec mes amis. :) Bref! J'espère que ça vous plaira et merci de me lire! Ah et... petit PS: la fiction est mis sous Romance/Dramatique, car elle contiendra son lot de tristesse aussi mais je la veux un peu humoristique tout de même. Bon, j'ai fini de parler! Haha.
POV Bella
Il n'avait pas cessé de rigoler. Pas une seconde. Depuis que j'avais annoncé qu'un inconnu m'avait appelé, deux fois plutôt qu'une, sur mon cellulaire sans que je me souvienne de qui il s'agissait. Jasper rugissait de contentement. J'eus envie de le brasser, de le frapper, pour qu'il régurgite un peu tout cet alcool qui le rendait trop amnésique pour qu'il me donne des détails sur la soirée d'hier. Je soupirai de nouveau, m'allongeant sur le dos et attendant surtout qu'il cesse de s'esclaffer. Mon meilleur ami toussota encore quelques fois puis inspira, redevenu calme.
« Bella, sincèrement. Ça c'était hilarant.
-Je ne vois absolument pas ce qu'il y a de drôle. Un inconnu du nom de Emmett me téléphone à des heures pas possible et tu trouves ça drôle, je...
-Ce qui est drôle, c'est que tu ne te souviennes pas c'est qui! me coupa-t-il en retenant de nouveau un éclatement impromptu au niveau de sa rate.
-Bon. Tu vas finir par me dire c'est qui, espèce de taré?
-Disons seulement que tu le trouvais beau hier soir... »
La fatalité apparut sous mes yeux. Non. Pas lui! J'espérai du plus profond de ma conscience maintenant revenue que ce n'était pas le connard. L'alcool ne pouvait pas m'avoir enlevé toute timidité? En temps normal, je ne me serais même pas approchée à moins de 3 mètres de lui... La mimique rieuse de mon ami en disait long sur ce qu'il me cachait. Si ce n'était pas le mannequin Malibu style, ce devait être pire. Parce que sincèrement, je ne me souvenais pas avoir fait le moindre mouvement de séduction envers quiconque. Même en 2e année je n'osais pas aller vers les garçons qui me plaisaient. Le minuscule rictus que Jasper arborait s'agrandit d'avantage lorsqu'il me vit réfléchir, tenter de me souvenir du moindre morceau cohérent de l'action s'étant passée au bar. Il éclata de rire.
« Tu te souviens vraiment pas qui est Emmett? »
Devant mon air incrédule et déboussolé, il cessa de me ridiculiser amicalement et me prit dans ses bras. Sa main caressait mes cheveux dans un geste tendre que nous échangions souvent: surtout après les ruptures de Jasper ou mes déboires amoureux imaginaires. Je le repoussai en ne lâchant pas ses yeux du regard. S'il ne crachait pas le morceau dans la minute, je n'aurais d'autre choix que de l'étouffer avec mon oreiller. Il comprit le message et se crispa. Étions-nous ridicules? Plus que cela, nous avions l'air débiles!
« Bon. Emmett c'est le connard. »
Merde. Mourir était une bonne solution.
« Je me souviens vraiment pas de tout mais... vous avez échangé vos numéro de téléphone et dansé un peu. Le reste... tu demanderas à Alice. Après la troisième tournée de Jack Daniel, j'ai perdu le fil.
-Trois... tournées? je manquai de m'étrangler en répétant ces mots.
-De Jack. Parce que après, les footballeurs ont riposté avec des tournées de bière, puis de Sex on the Beach et de je sais pas quoi à la menthe et... Eurk. Ça remonte.
-Je sais bien qu'Alice est riche et qu'elle a une carte platine à sa disposition mais... Dépenser autant pour de l'alcool?
-Je sais, je sais. Elle est trop généreuse. »
Cette phrase se termina par un rire de connivence. Vraiment. Vous connaissez l'expression « riche comme Crésus »? Cela représentait bien mon amie. Son père était dirigeant d'une chaîne de restaurants de tacos et sa mère avait démarré une entreprise de cosmétiques intelligents, équitable et tout le flafla. Elle ne manquait jamais de rien, portait toujours les dernières collections en plus de se permettre des dépenses inutiles comme des centaines de dollars dans un club miteux de Phœnix. Le pire: ses parents ne regarderaient même pas la dépense. Ils s'en foutaient! Charlie m'aurait crucifié si j'avais placé le moindre cent pour des conneries du genre. Quelques secondes plus tard, Alice débarqua dans la chambre, les doigts sur les tempes et maudissant la Terre entière. Je la soupçonnais d'avoir un radar à discussions sur elle.
« Putain de brosse à la con!
-Oui, grognai-je pour la soutenir.
-Bella! »
Elle sembla me voir pour la première fois. Un sourire éclatant défigurait son adorable visage et je me demandai si elle n'avait pas un service à me demander à cette foutue heure matinale. Mon amie sauta sur moi, me serrant assez violemment contre elle en poussant des cris de joie.
« Je t'ai saoulé Bella, je t'ai saoulé! Ah, je suis tellement fière.
-Oui, oui, c'est bon... J'ai d'autres problèmes à régler Alice.
-Comme quoi? »
Je dardai un regard se voulant méprisant vers mon téléphone mais ne put retenir mon anxiété de prendre le dessus. J'avais sincèrement peur des gestes que j'avais pu poser hier soir. Peut-être même avais-je enfreint mes propres règles, chose que je ne me pardonnerais jamais. Mon amie remarqua le changement radical d'expression dans mon visage et continua de m'entourer de ses bras, encore plus fort si cela était possible. Elle aussi me caressa les cheveux en promettant d'acheter de la crème glacée si cela la pardonnerait de m'avoir donné ma première gueule de bois. À côté, Jasper regardait la scène, approuvant ou souriant. Nous étions si soudés ensemble que cela aurait été impossible de nous séparer. Il ne manquait que Jacob et la matinée aurait été parfaite. Un cercle d'amis, unis pour le meilleur et pour le pire. Alice, voyant que je ne réagissais pas, me lâcha pour sonder mes yeux. Elle lisait en moi comme en un livre ouvert.
« Toi, tu me caches quelque chose, fit-elle en me pointant du doigt. T'es mieux de le dire sinon je vais te torture pour le savoir.
-Elle ne se souvenait pas de Emmett! »
Souffleur de répliques. Jasper était visiblement fier d'avoir l'exclusivité de cette annonce. Ma meilleure amie resta stoïque un instant avant de pouffer de rire. Traîtres. Ils étaient des traîtres.
« Bella... C'est le signe que tu as trop consommé, ça.
-C'est la faute à qui?
-Oui, bon, peut-être, mais... Tu me donneras raison quand tu entendras ce que j'ai à te raconter.
-Je veux même pas le savoir, répliquai-je en imaginant trop bien ce que j'avais pu faire.
-Ce n'est rien de grave ma chérie. Tu ne l'as même pas embrassé. En tout cas, pas au club...
-Comment ça? Il y a eu un après-club? m'écriai-je en me laissant tomber sur le dos. Je suis une folle. Une folle qui n'aime pas la vie. Je suis la honte de ma famille et merde...
-Tu exagères un peu. Tu étais saoule et tout le monde l'a déjà fait, murmura Jasper en m'encourageant du regard. Et puis, je voudrais pas te stresser, mais il faudrait bien que tu le rappelles...
-Il l'a appelé? Oh mon dieu! »
Ce n'était même plus de la fierté, c'était bien plus que ça. Alice sauta à même le sol, arrachant le cellulaire de sa fonction de décor machiavélique et le prit de force. Elle cherchait sans doute la preuve de ce que Jasper avait avancé. En moins de temps qu'il ne le faut, mon amie s'était mise à pousser de petits glapissements en montrant fièrement le nom de Emmett à tous. J'esquissai une mine un peu découragée.
« Plan de match de filles. Jasper, tu sors.
-Hey! C'est moi qui t'as vendu la mèche!
-Je m'en fous. Les filles sont les seules personnes capables de préparer un plan de match décisif. Les hommes s'empêtrent dans les détails, vociféra mon amie en s'approchant pour embrasser son amoureux.
-C'est ça! Et la psychologie masculine, tu en fais quoi?
-Pas grand chose. »
Elle l'embrassa tendrement sur la bouche avant de pointer la porte, un sourire terrifiant étirant ses lèvres. Jasper abdiqua et se leva, soudainement étourdi par un relent de boisson. Il marcha à petite vitesse vers la cuisine où je l'entendis ouvrir la bouilloire. Du café: ce serait un petit paradis en ce matin d'horrible gueule de bois. Dès qu'il ne fut plus en vue, ma meilleure amie m'attrapa le bras pour que je me couche sur le ventre, à ses côtés. Devant nous, le téléphone semblait le plus grand ennemi du monde.
« Bella, tu dois me répondre sincèrement. »
J'avais peur. Répondre sincèrement, c'était se tremper dans un baril d'eau bouillante et d'en ressortir grandement blessée. Alice n'oubliait jamais une confidence. En plus, elle ferait tout pour réaliser notre moindre souhait. Même si cela signifiait attendre des heures dans un banc de neige sans manteau. Elle était folle et je l'aimais aussi à la folie. Mon amie attendait que j'acquiesce, ce que je fis, bourrelée de remords. Je me doutais de la question qui se pointait. Je me doutais du débat qui s'enclencherait. Mais je n'avais aucune idée de quoi répondre. Car j'étais moi-même perdue dans ce dédale de brouillard qui s'épaississait à mesure que je me posais des questions.
« Est-ce que Emmett te plaît? »
Coup de poignard dans la trachée. J'avais besoin d'air.
« Je... sais pas.
-Oui, tu le sais, grande niaise! Tu le dévorais du regard. T'étais tellement saoule, t'avais juste envie de te le faire.
-Dis pas des saloperies du genre... implorai-je en fermant les yeux, moyen idiot.
-Bella! Tu écris des romans Harlequin depuis que tu as 14 ans! Tu écris des scènes de baise dignes des plus grands films érotiques féminins de la décennie et tu serais gênée d'avoir des pulsions?
-Je n'écris pas de scènes érotiques!
-Oh, tu écrivais alors! C'est vrai que je ne te vois plus travailler sur ton roman depuis que tu es ici... »
Coincée. Pourquoi remarquait-elle tout? Jasper n'avait jamais soufflé mot sur ça. Il savait pourtant que mon inspiration était asséchée, que je me mourrais sans écrire mais que je crevais d'avantage parce que mes phrases et ma syntaxe étaient devenues de la merde. Je baissai la tête, ne voulant pas croiser sa mine désapprobatrice. Elle croyait en moi, même si mon style littéraire ne lui plaisait pas. Alice avait même proposé de me financer, pour que je sois publiée. J'avais toujours refusé. Je ne voulais pas de charité, pas de pitié. Si je devais devenir riche, ce serait par chance et par talent. L'argent ne régirait pas mon univers. Mon amie posa sa main contre mon bras, cherchant mon attention.
« Je ne te ferai pas de reproches mais tu devrais continuer d'écrire. Tu as du talent. Et ça, c'est pas tout le monde qui peut s'en vanter.
-Peut-être.
-Bon. Tu ne veux pas parler d'Emmett, tu ne veux pas parler de ton roman... Il sert à quoi notre plan de match de filles? »
J'éclatai de rire en encerclant mes bras autour de son cou.
« On peut parler du connard si tu veux, fis-je à mi-voix.
-Alors, tu vas le rappeler?
-Je sais même pas pourquoi lui m'a téléphoné.
-Est-ce qu'il a laissé un message? »
Je m'activai pour constater que oui. Je hochai la tête en silence, le corps bouillonnant d'espoir. Curieusement, cette histoire m'emballait. Il y avait un magnétisme animal autour de Monsieur-mannequin-Malibu... ou... Emmett... Ça me faisait bizarre d'imaginer son visage et de l'associer avec un nom. Elle m'arracha presque le cellulaire pour tendre l'oreille et écouter sa voix rieuse, qui racontait je-ne-sais-quoi. Une part en moi espéra qu'il voulait me revoir. Je repensai à son corps finement ciselé et parfaitement habillé de son chandail blanc: j'eus des frissons. Peut-être me plaisait-il, un peu.
« Oh, fit-elle en déposant le téléphone sur le lit.
-Quoi? »
J'étais pendue à ses lèvres, accrochée aux moindres mots qu'elle s'apprêtait à prononcer. Mes yeux durent s'écarquiller car elle éclata de rire.
« Excites-toi pas Bella, il raconte pas grand chose. Juste que tu as oublié ton sac à main dans sa voiture. »
Oh mon dieu. J'avais visité sa voiture? Un pressentiment étrange me dit que j'en aurais beaucoup à demander à Emmett... Peut-être serait-il le seul à pouvoir me renseigner sur mes gestes, à moins qu'il n'ait été aussi saoul que moi. Mauvais pressentiment. Très mauvais. Un plan de match de filles serait absolument nécessaire. Entre autre pour résoudre cette grande question que toute femme voyait comme l'Everest à surmonter: quoi porter?
Je devais le retrouver au parc proche de l'Université, endroit qu'il m'avait dit aimer pour sa quiétude. Sa voix était douce au téléphone. Il riait beaucoup. Je ne me souvenais précisément de lui que comme le connard m'ayant jeté un regard noir il y a de cela quelques semaines. Aussi bien dire une éternité... Mes mains tremblaient alors que je garai ma voiture tout près, d'ici je voyais les silhouettes noircies de couples allongés sous les arbres. J'avais le sentiment que la vie ne pouvait qu'être belle en-dessous de cette verdure chatoyante de soleil. En sortant de la voiture, je sentis mes entrailles se serrer. Je ne connaissais pas cet homme, pas du tout même. Tout ce dont je me souvenais, c'est qu'il avait des amis footballeurs et des standards élevés au point de rejeter les serveuses sexy. Derrière moi, j'entendis quelqu'un prononcer mon nom et il m'envoya la main. En moins de deux, il m'avait rejoint, un large sourire illuminant ses traits.
« Salut Bella. Comment te sens-tu aujourd'hui? »
C'est ça, ris. Tu sais très bien que mon crâne hurle 9-1-1 depuis ce matin. Tu peux te foutre de ma gueule, toi. Ton visage est aussi parfait que la veille. Je le maudissais intérieurement, autant que je me sentais attirée vers lui contre toute attente. Je baissai le regard et vit qu'il tenait dans sa main mon sac à main. Aussi bien dire, ce qui en reste. La ganse était presque arrachée et le tissus avait disparu à plusieurs endroits. Je regardai, incrédule, la décomposition de ma seule sacoche, en cherchant les raisons possibles de ce carnage. Le regard rieur qu'il me décocha me fit comprendre qu'il avait deviné que je ne me souvenais de rien. Il eut la même réaction que mes deux amis, c'est-à-dire, qu'il se mit à rire en me contemplant de ses yeux doux.
« Tu ne te souviens de rien?
-Tu sais que c'est la troisième fois que j'entends ça aujourd'hui?
-Désolé de ne pas être original. Tu veux que je te raconte un peu ou...?
-Je crois que, éventuellement, ce serait bien que je sache ce qui s'est passé. Je commence à trouver que je ressemble aux gars dans le film « The Hangover ».
-Au moins tu n'avais pas un tigre dans ta salle de bain. »
Il me fit un petit clin d'œil avant de pointer un carré de pelouse qui semblait tout à fait inhabité. J'acquiesçai, cherchant à paraître confiante alors que j'étais intérieurement chancelante.
POV Emmett
Je m'étais réveillé ce matin avec un corps à mes côtés. Une cliente de dernière minute, que j'avais repêché au coin de l'église. Elle était ordinaire. Joli visage mais empâté par l'âge. Belle dentition mais jaunie par la cigarette. Un corps mince mais une poitrine pendante. Une antithèse qui m'avait dégoûté l'espace d'un instant. J'étais assez professionnel pour le cacher. Et puis, il me suffisait de penser à Rosalie, plutôt qu'à celle qui se trouvait sous, ou au-dessus, de moi. Je revoyais les boucles blondes de mon amante, de celle avec qui j'aurais voulu des enfants. Aussitôt, un baume se portait à mon cœur et je parvenais à oublier le dégoût, cette horrible sensation qui m'enserrait la gorge.
Je détestais mon travail mais j'étais bon là-dedans. Pourquoi arrêter? C'était payant. Surtout lorsque je repêchais des femmes d'âge mûr, qui me comblaient de pourboire pour mon joli corps. Je souriais vaguement en leur disant « Au Revoir » et elles reprenaient leur voiture, souvent des Mercedes, pour retrouver un quotidien aussi néfaste qu'un poison. Je les connaissais par-cœur ces femmes et elles n'étaient digne d'aucun intérêt. J'avais envie de me lever, sortir de ce nuage d'odeurs sexuelles qui m'engourdissaient le cerveau. Je retirai son bras de ma taille, repris mon boxer au sol et m'assis sur le petit banc. Une de plus qui avait voulu que ça se passe chez moi. Je détestais qu'elles voient ma décoration, mes meubles, ma vie, mais elles payaient plus cher pour ça. Alors je cédais.
Une dizaine de minutes plus tard, elle se leva, me cherchant du regard. Certaines demandaient un extra, comme dormir avec moi. Cela faisait un trois-cent dollars de plus. D'autres voulaient une dernière baise avant de partir: je demandais temps double. Si cela pouvait les dissuader, je me sentais plus libre. Cette aura qu'elles avaient toutes me levait le cœur. Les garder à mes côtés, ne serait-ce qu'une dizaine de minutes de plus devenait un Enfer. Elle me rejoint donc, posant sa main contre mon épaule pour entamer un massage. Je me laissai faire en silence, fixant encore la vue que m'offrait ma fenêtre.
« Je vais y aller mon chou. »
Je hochai la tête, content qu'elle ne fasse ni de crise ni de départ déchirant. Certaines m'auraient payé une chambre à perpétuité sur leur yacht si j'avais accepté de coucher avec elles tous les soirs. Des folles, j'en voyais souvent. Heureusement, cette cliente ne posa aucun problème. Se rhabillant en vitesse, elle me remercia pour la nuit, déposa de l'argent fraîchement imprimé et sortit. Je la regardai faire vrombir le moteur de sa BMW, rêveur. J'avais toujours désiré conduire de telles voitures, sans jamais me le permettre. Pour aujourd'hui, j'eus presque envie d'en louer une. Quelque chose en moi m'appelait à concrétiser certains désirs que j'avais toujours étouffés.
Je choisis une chemise au hasard, ça tomba sur celle à carreaux, et des jeans foncés. J'attrapai le Fedora qui traînait sur une commode et pris les clés de ma vieille Toyota. J'étais assis sur le siège lorsque je remarquai le sac à main de Bella, qui l'avait visiblement oublié sur son siège lorsque je l'avais reconduis. Des flash de la soirée me revinrent en tête et j'esquissai un petit sourire. Il était assez tôt... Mais je décidai de l'appeler quand même. Curieusement, une onde de stress me secoua.
POV Bella
Il avait retiré sa chemise, à cause de la chaleur, c'est ce qu'il avait dit. Mais je ne le croyais pas. Pour me montrer son ventre à se damner, pour que je vois son parfait bronzage, pour que j'observe l'absence de poils mais pas à cause de la chaleur. Moi qui avait toujours chaud, je conservai mon cardigan sans ronchonner. Nous étions donc allongés dans l'herbe, à regarder le soleil qui faisait brunir les peaux. Nous ne disions rien. Personnellement, j'étais mal à l'aise, mais je ne savais pas pour lui. Je fermai les yeux, espérant que je me réveillerais, aux côtés de Jacob qui me raconterait encore ses déboires avec la gente féminine. Mais Emmett était bien présent, en chair et en os, pas près de partir non plus. Avais-je peur? Sans doute.
« C'était une drôle de soirée, hier... fit-il d'une voix incertaine. Mais j'ai appris à vous connaître, tes amis et toi. Ça c'était bien.
-Je me souvenais même pas de ton nom ce matin. »
Une grimace étira sa bouche.
« C'est pas contre toi! C'était la première fois que je buvais...
-J'avais cru comprendre, répondit Emmett en reprenant son air rieur. Mais c'est pas plus grave. J'ai viré des brosses pire que ça avant. Mais j'ai changé.
-Est-ce... est-ce que tu veux me parler un peu de la soirée d'hier?
-Ça te stresse tant que ça?
-Oui. Je me souviens de rien. Et c'est assez épeurant comme sentiment d'avoir un trou noir dans le cerveau.
-Je peux comprendre. »
Il essaya d'attraper mon regard mais je déviai mes yeux. J'étais intimidée par lui. Ça ne sembla pas le déranger le moins du monde. Il continua de m'observer, sachant que j'en avais conscience, même si je feignais le contraire. Autour de nous, les femmes s'arrêtaient pour le regarder. Je pouvais me mettre dans leur situation. Avec de tels attributs et un tel style, dur de ne pas couper court à sa marche pour croquer sur le vif un dieu grec. Emmett semblait ne pas le remarquer, il n'accordait d'importance qu'à notre discussion. Comment en était-il capable?
« Je te rassure, on n'a rien fait. »
Ouf. Oh mon dieu.
« Mais on a discuté longtemps, tu as beaucoup parlé de toi, beaucoup. Je crois que je connais ton histoire de l'enfance à l'adolescence dans les moindres détails. Mais ça me déplaît pas, j'aime découvrir les autres. Tu as aussi vomi dans un buisson, plusieurs fois, mais c'est mon voisin qui travaille pour la ville et qui donne des contraventions, donc ça me dérange pas. En fait, on a surtout beaucoup parlé. Et je t'ai rassuré quand tu as entamé ton premier bad-trip à vie. »
Il se mit à rire et posa sa main sur mon épaule. Des frissons me secouèrent et il sembla surpris, mais il ne cessa pas ce contact qui me tétanisait tout en me rendant fière. Étais-je bipolaire ou...?
« J'aimerais ça qu'on refasse une soirée comme ça mais que tu t'en souviennes. Ça me ferait même vraiment plaisir. Tu es vraiment une personne intéressante, Bella. »
Est-ce que ça vous a plu? Laissez-le moi savoir! :) Et merci de me lire!
