Après un long moment, voilà la suite !^^
Ils tournèrent tous la tête, et ouvrirent de grands yeux étonnés.
-Ce magasin est une vraie autoroute, dit simplement Urahara en dépliant son éventail pour s'y cacher.
-Kuchiki-taichô… Murmura Renji.
En effet, à l'embrasure de la porte se trouvait le capitaine de la 6ème division. Son visage était impassible, mais il ne pouvait empêcher ses yeux de lancer des éclairs glacés au marchand qui restait serein.
-Byakuya ! S'exclama Ichigo. Qu'est ce que tu fais là ?
Byakuya jeta un simple regard à Ichigo qui en disait long sur ses sentiments envers le Shinigami remplaçant.
-Je suppose que Rukia est dans la pièce à côté ? Demanda simplement le capitaine en regardant à nouveau Urahara.
-On ne peut rien vous cacher, ironisa celui-ci. Que me vaut l'honneur d'une si noble visite ?
Byakuya plissa légèrement les yeux.
Il se tourna doucement, et commença à vouloir se diriger vers la chambre où avait été mise Rukia.
Mais avec rapidité Urahara s'était retrouvé sur le chemin du capitaine, une main sur son bob et dans l'autre son éternelle canne.
-Je crois que pour l'instant il vaut mieux la laisser se reposer, Kuchiki-san, dit il simplement en croisant le regard de marbre de Byakuya.
Le temps sembla se figer, les adolescents avaient tous retenu leur souffle tant la tension dans la salle était palpable.
-Je ne pense pas que vous soyez en position de me donner des ordres, dit platement Byakuya, mais avec des yeux de glace.
-Allons, allons, répondit finalement Urahara en agitant son éventail (surgit d'on ne savait où) avec un air angélique. Pourquoi donc s'énerver ? Vous désirez un thé ?
Seuls Renji et Ichigo remarquèrent le léger tremblement de main de Byakuya, signe qu'il se retenait pour ne pas s'énerver.
Mais il suivit simplement Urahara jusqu'à la table basse où ils étaient tous assis, et resta debout à côté d'eux.
-Bien, j'espère que nous n'attendons plus personne pour l'instant, s'enquit Urahara. Comme je disais, l'Hougyokû a eu des effets pour le moins indésirables sur Kuchiki-san. Et je dirais qu'il serait sage de savoir ce qu'elle a exactement dans son ventre, car j'ai bien peur que ce ne soit pas un bébé réellement ordinaire.
A ces mots, les poings de Byakuya se serrèrent pour de bon, malgré son visage impassible.
-D'après mes analyses, ce bébé, pour grandir et se nourrir, utiliserait le sang de Rukia. Elle a déjà une forte anémie, et à ce rythme ça risque d'être très dangereux pour elle. De plus, le reiatsu que vous avez tous sentit provient de lui. Ca laisse seulement entrevoir le pouvoir que cet être peut développer. Si nous ne faisons rien, il pourrait s'avérer devenir une menace pour nous tous, à commencer pour Rukia.
-Vous voulez dire que ce reiatsu … ?! S'exclama Renji.
Urahara hocha lentement la tête.
-Et si même dans la Soul Society vous l'avez sentit, puisque je suppose que c'est la raison de la venue de Kuchiki Taichô, il est fort probable que dans le Hueco Mondo ils l'aient ressentit aussi. Et si Aizen n'était pas au courant, alors à présent il l'est inévitablement.
Un frisson glacé parcourut l'assemblée, comme électrisée.
-Vous voulez dire qu'Aizen… Commença Ichigo, tétanisé.
-… Va très certainement vouloir posséder Rukia et son enfant, acquiesça Urahara.
-Hooo… Vilaine maman ! Tu as essayé de me tuer ?
La voix gloussa de plaisir.
-Quelle méchanceté ! Je suis surpris, vraiment… En attendant, tu vois, ce n'est pas vraiment dans mes plans, tu comprends ? C'est à toi de mourir avant moi ! C'est à moi de te tuer de mes propres mains ! Alors, jusque là, tu n'as pas le droit de mourir… Méchante maman. Tu m'entends ? Tu m'appartiens. Je te tuerai moi-même…
Elle ouvrit les yeux, mais cette fois, elle était restée accrochée au lit, ses doigts profondément enfoncés dans le futon et la couverture. Elle dû attendre un peu avant de pouvoir les décrisper ; Encore lui… Sa voix à vous glacer le sang…
Elle stoppa ses tremblements en respirant le plus tranquillement possible.
C'est à ce moment qu'elle entendit des voix dans la pièce à côté.
-Nii… Nii-sama ? S'enquit une voix faible.
Ils tournèrent tous la tête vivement, et trouvèrent Rukia à l'embrasure de la porte. A vrai dire, elle ne ressemblait pas du tout à la Rukia qu'ils connaissaient. Elle était pâle, tremblante, ses grands yeux bleus semblaient ternis, et elle tenait à peine sur ses pieds.
-Nii-sama ? Répéta-t-elle, visiblement surprise. Renji ? Ichigo ?
Elle tenta de faire un pas, mais ses genoux semblèrent lâcher.
Avant même que quiconque n'aie eu le temps d'esquisser un geste, Byakuya avait déjà disparut et réapparut près de sa sœur pour la réceptionner avec tendresse et douceur dans ses bras avant qu'elle ne touche le sol.
Les yeux des deux Kuchiki se croisèrent, et Ichigo l'aurait juré, il avait vu l'espace d'un instant de la tendresse dans les yeux de l'impitoyable capitaine de la 6ème division.
-Rukia, dit-il simplement.
Il l'aida à se relever, mais garda ses mains sur les épaules et dans le dos de sa sœur pour la soutenir.
-Kuchiki-san, murmura Inoue.
-Tout va bien, Inoue, dit Rukia avec un mince sourire, mais qui paraissait plutôt être une grimace.
Elle se tourna vers Urahara, et lui lança un regard plein de sous-entendus, que seuls elle et lui pouvaient comprendre. « Tu m'avais promis de ne rien dire. Tu m'avais promis de ne pas avertir la Soul Society ! »
Urahara soupira.
-Tessai ! Appela-t-il. Prépare une décoction pour Rukia-san. S'il te plaît.
Le grand serviteur apparut devant la porte, s'inclina et repartit.
-Il était là depuis quand, lui ? S'enquit Ishida, suspicieux.
Le silence retomba, personne ne bougeait. Ils avaient tous les yeux rivés sur Rukia, qui fixait le sol avec insistance. Parfaitement consciente qu'ils la regardaient tous.
Enfin, Tessai apporta le thé chaud, et le donna à Rukia qui le remercia.
-Rukia-san, dit enfin Urahara en croisant ses mains devant lui. Je crois que tu devrais aller à la Soul Society avec ton frère et Abarai-kun.
L'assemblée entière se dit que si, à ce moment là, les yeux de Rukia avaient été des Zanpakutohs, Urahara aurait été tranché en menus morceaux.
-Je suis désolé, mais tu as besoin de soins intensifs que seule Unohana-taichô peut te procurer. De plus, tu as besoin d'une protection rapprochée, que seul je ne peux pas t'offrir.
-Je ne veux pas, trancha la Shinigami.
-Rukia ! S'exclama Renji. Pourquoi ?
-Je ne veux pas être une bête de foire ! S'exclama-t-elle, se redressant sur ses jambes fragiles. Je… Je ne veux pas…
Elle baissa la tête, et soudain la redressa :
-Je ne veux pas qu'on me voie dans cet état !!
Des larmes glissèrent sur ses joues, elle se sentait impuissante, fragile, inutile.
Cette chose, là, dans son ventre, était de plus en plus présente. La mettait sur les nerfs. La terrorisait.
Ils la regardaient tous à présent avec de grands yeux stupéfaits.
-Rukia… Murmura Ichigo.
Ils ne comprenaient pas. Comment auraient-ils pu savoir qu'elle avait au fond d'elle ce sentiment de dégoût envers elle-même, ce refus de montrer qu'elle avait un monstre en elle, cette peur de se faire rejeter.
Renji s'agenouilla auprès d'elle, et posa une main réconfortante sur son épaule.
-Ca n'arrivera pas, Rukia, dit-il avec sérieux. Je ne le permettrai pas, et Kuchiki-taichô non plus. Tu dois avoir confiance en nous. S'il te plaît, viens avec nous à la Soul Society. Tu y seras plus en sécurité.
Elle releva les yeux, et le regarda. Elle essuya ses larmes rageusement, et posa sa main sur celle de Renji.
-Nous t'accompagnerons également, déclara Ichigo en se relevant. Il est hors de question que je te laisse seule avec cet incapable de Renji !
-Quoi ?
-Stupide Shinigami !
-Imbécile ! Tu t'es regardé ? Poil de ca…
Un coup de poing de la part d'Ichigo le fit taire, aussitôt suivit d'un revers de Renji.
-Tu es donc prête à aller à la Soul Society ? Demanda Urahara en agitant son éventail, ignorant les deux Shinigamis qui se battaient et Ishida, Inoue et Sado qui tentaient de les séparer.
Rukia baissa les yeux. Byakuya, toujours à côté d'elle, posa sa main sur l'épaule de sa sœur comme pour la rassurer.
Dans sa tête, elle se sentait piégée. Mais quoi faire d'autre ? Ils avaient tous raison. Elle serait plus en sécurité là-bas. Mais elle s'y sentirait aussi mal à l'aise.
Finalement, elle hocha la tête, sans oser croiser le regard du marchand de bonbons.
A côté, les trois adolescents avaient enfin réussi à séparer les deux Shinigamis qui avaient tenté de dégainer leurs Zanpakutohs.
Les préparatifs avaient vite été faits. Ichigo avait été étonné de la facilité avec laquelle son père avait accepté que son fils « parte en voyage avec ses amis ». Avec un peu trop de sérieux à son goût…
De leurs côtés, Ishida, Sado et Inoue n'avaient pas eu de mal à prétexter leur absence au lycée.
Quand à Urahara, il les avait laissé partir en promettant à Rukia de trouver un moyen pour régler son problème.
Enfin, ils se retrouvèrent tous dans le sous-sol d'Urahara. Comme Ishida, Inoue et Sado ne pouvaient pas emprunter un Senkaimon, ils durent emprunter le Dangai.
Ichigo remarqua avec agacement avant de quitter le monde des vivants que Byakuya se dressait derrière sa sœur et n'en décollait pas, avec son attitude toujours glacée mais clairement expressive : ne pas s'approcher.
Rukia, elle, tenait à peine sur ses jambes, avait sans cesse des vertiges, et sa pâleur était inquiétante. En revanche, (et il en avait honte), il était curieux de ne pas arriver à voir si Rukia avait grossi. Elle mettait toujours un yukata trop grand, comme si elle voulait le cacher.
Finalement, ils franchirent le passage.
Urahara les regarda partir, le visage grave.
Quand enfin le passage se referma, un chat au pelage noir sortit de derrière un rocher, et s'assit à côté des pieds d'Urahara.
-Tu as tout suivi ?
-Oui, répondit Yoruichi.
Elle soupira.
-Je savais que ça finirait mal, dit-elle.
Urahara ne broncha pas. Finalement, le chat se remit sur ses pattes :
-Bon, on monte ? Dit-elle. Je voudrais mettre quelque chose et manger un bout. Après, on se mettra à chercher sérieusement.
Byakuya et Renji avaient envoyé un papillon de l'Enfer pour expliquer la situation, aussi quand le groupe arriva dans le Seireitei, une équipe de la 4ème Division les attendait de pied ferme, menée par Kotetsu.
Immédiatement, Rukia fut prise en charge et emmenée à la 4ème division.
Byakuya fut convoqué pour une réunion de capitaines. Il allait devoir expliquer la situation devant Yamamoto. Quant à Renji, Byakuya lui ordonna de retourner à la 6ème Division et de l'y attendre. Ichigo et ses amis suivirent donc Rukia à la 4ème Division, mais ils durent attendre dans une salle. On leur apporta une collation.
Rukia se retrouva finalement devant Unohana.
Elle aimait bien la capitaine. Mais elle avait peur de ce qu'elle pourrait dire, dire qu'elle était impuissante à détruire cette chose à l'intérieur d'elle.
-Kuchiki-san, dit Unohana avec douceur. J'ai été avertie.
Elle lui fit signe de s'allonger sur un futon après s'être déshabillée.
-Depuis combien de temps avez-vous ces vomissements ? Demanda la capitaine en auscultant Rukia sous toutes les coutures.
-Quatre mois, répondit l'intéressée.
Elle regarda son ventre légèrement arrondi.
-Vous avez tenté quelque chose… ?
Rukia fronça les sourcils.
-C'est-à-dire ? Demanda-t-elle en sachant pertinemment de quoi voulait parler la capitaine.
Unohana montra les coups et les plaies causées par la chute de la colline.
Rukia se renfrogna.
-Oui, dit-elle doucement.
-Et ça n'a pas marché.
-Non. Il… Il m'en a empêché.
Unohana fronça légèrement les sourcils, nota quelques mots sur son papier, puis s'agenouilla auprès de Rukia.
-L'anémie est due à lui aussi ? Demanda Unohana en palpant le ventre de la Shinigami.
Rukia hocha la tête.
Elle tâta le ventre de Rukia sous tous les angles, puis lui sourit.
-En tout cas, malgré ma maigre expérience dans ce domaine, votre bébé à l'air totalement normal au point de vue physique.
Rukia manqua de s'étouffer en entendant Unohana prononcer cette phrase. L'évidence venait de la frapper comme une gifle : « votre bébé ». Ce monstre était son enfant.
Unohana sembla remarquer le trouble de Rukia, et dirigea la conversation ailleurs.
-Donc, le reiatsu que nous avons tous senti était celui de votre… De cet enfant ?
Rukia acquiesça silencieusement.
Unohana ferma les yeux quelques instants, les paumes de ses mains à quelques centimètres du ventre de sa patiente.
-C'est étrange, dit-elle sans bouger. Je ne ressens pourtant aucun reiatsu.
Elle tenta ensuite quelques sorts de Kidou, lui administra quelques breuvages, et Rukia pu enfin se rhabiller.
-J'ai fait au mieux pour pallier à la perte massive de votre sang. Si vous prenez cette décoction une fois par jour, cela devrait atténuer votre sensation de fatigue et de lourdeur.
Elle croisa ses mains devant elle, l'air désolée.
-En revanche, je ne peux rien faire de plus à un stade si avancé de la grossesse sans risquer de vous perdre.
Rukia acquiesça, sans regarder la capitaine dans les yeux.
-Encore une dernière question, je suis désolée si elle vous paraîtra indiscrète, mais….
Unohana s'arrêta un court instant, puis demanda enfin :
-Pouvez-vous… L'entendre ?
Rukia releva les yeux, croisant le regard de la capitaine. Son expression se fit dure.
-Non.
Byakuya venait de tout décrire. Il s'était replacé dans le rang, et attendait comme tous les autres la conclusion de Yamamoto Genryuusai. En espérant que la décision ne serait pas trop dure pour Rukia…
-Très bien, dit alors Yamamoto. Suites aux informations que nous a donné Kuchiki-taichô, Kuchiki Rukia sera placée sous haute surveillance dans la 4ème Division. Soi Fon taichô, Shunsui-taichô, vous serez de garde sans relâche devant sa chambre. Kuchiki-taichô vous secondera. Quand aux autres divisions, soyez attentives et vigilantes à toute attaque ennemie. Demain, Kuchiki Rukia sera convoquée à la réunion des capitaines pour chercher une solution. Nous ne pouvons pas laisser vivre une telle aberration.
Les capitaines ne dirent rien. Ils s'inclinèrent, et quittèrent la salle.
A la sortie, Mayuri se frottait les mains, visiblement excité. Nemu l'attendait. Sans y prêter attention, il grommela quelques mots et prit les couloirs adjacents, suivit de près par sa lieutenante.
Quand soudain, au détour d'un couloir, il tomba sur Ukitake et Kyouraku.
-Tu m'as l'air bien joyeux, Mayuri-san, dit nonchalamment Kyouraku.
-Ca ne te regarde pas, lança le capitaine tordu de la 12ème division. Ecarte-toi, j'ai à faire.
-Ce n'est pas dans la 4ème Division, au moins, argua le capitaine au haori rose.
Mayuri s'arrêta, serrant les dents.
-Kuchiki-san n'est pas une expérience, prévint Ukitake. Tu n'as pas intérêt à t'approcher d'elle.
-Et quoi ? S'énerva Mayuri. Tu vas me dire que c'est normal ? Je ne peux pas laisser échapper la plus belle occasion de ma vie ! Une Shinigami enceinte, ce serait un bonheur de pouvoir l'ausculter, la disséquer, comprendre les…
-Il ne vaut mieux pas que l'on te voie traîner autour de la 4ème Division, gronda Ukitake. Yamamoto-sama risquerait de très peu apprécier ton envie de la prendre pour cobaye.
Mayuri fulmina.
-Ce n'est pas vous qui me faites peur ! Lança-t-il avant que s'en aller, suivit de Nemu qui s'inclina en passant devant les deux capitaines.
-Tu ferais bien de garder les deux yeux ouverts, dit Ukitake à son ami en regardant partir le capitaine de la 12ème Division.
-Je crois bien, approuva Kyouraku.
Unohana annonça qu'elle ne pouvait pas laisser quiconque rentrer dans la chambre de Rukia qui se reposait pour l'instant. Ichigo et ses amis avaient beau y faire, la situation s'empira quand Soi Fon et son lieutenant arrivèrent pour garder l'entrée.
Finalement, ils durent abandonner quand la chambre fut entourée d'un sort de Kidou.
Ce fut Hanatarô qui les conduisit au dehors de la 4ème Division jusqu'à la 6ème. Puisqu'ils ne pouvaient rien faire, ils allaient chercher un endroit pour dormir ce soir.
Après tout, Renji ne refuserait pas d'accueillir de bons vieux amis sous son toit, non ?
Quand Rukia se réveilla, elle devina qu'on l'avait sciemment aidé à dormir. Mais elle n'avait plus cette sensation incessante de fatigue et de lourdeur. Elle se sentait un peu plus vive.
Quand Soi Fon défit le sort de Kidou pour venir la chercher, elle accepta sans broncher.
Sur la route, Omaeda lui donna quelques boulettes de riz à manger, mais Rukia n'en mangea que la moitié.
Enfin, ils arrivèrent après un temps qui paru incroyablement long à Rukia devant la salle principale de Yamamoto.
Ce pourtant petit exercice l'avait épuisée. Mais quand elle rentra, elle oublia vite fait sa difficulté. Tous les capitaines étaient là.
Elle ressentit le besoin pressant de disparaître sous terre, surtout quand toutes leurs têtes se tournèrent vers elle.
-Kuchiki Rukia, gronda Yamamoto de sa voix grave après que Soi Fon ai prit sa place, laissant Rukia seule au milieu de l'assemblée.
Ne sachant pas quoi dire ni faire, Rukia se contenta de regarder le général-commandant.
-Unohana-taichô, dit finalement Yamamoto après une longue observation muette. Votre avis.
Unohana sortit du rang pour faire face au général-commandant.
-Il est trop tard pour faire marche arrière, dit-elle. La grossesse est trop avancée. J'ai pu faire des relevés de reiatsus. Même si nous ne pouvons le sentir, l'enfant de Kuchiki Rukia possède une possibilité de reiatsu je dirai quasi-infinie. Bien plus encore que les données que Kurotsuchi-taichô a récoltées sur l'Espada n°4, Ulquiorra Schiffer. Cependant, son développement n'est pas normal. Il se nourrit du sang de sa mère, et ne prépare apparemment rien pour sortir par la voie normale. Je dirais que l'accouchement dans ces conditions est impossible.
-Etes-vous en train de dire qu'à terme, l'accouchement ne pourra pas avoir lieu ? Demanda Mayuri, de plus en plus intéressé.
-Pas de la façon dont nous l'entendons, non, avoua Unohana.
-Je demande de pouvoir analyser et ausculter Kuchiki Rukia, dit alors Mayuri. Je suis certain de pouvoir tirer des résultats plus que satisfaisants.
-Refusé, répondit aussitôt Yamamoto au grand soulagement de Byakuya.
Mayuri n'osa rien ajouter, mais n'en pensait pas moins.
-Ainsi donc, vous dites qu'il est impossible d'arrêter la grossesse ? Demanda Ukitake.
-Pas sans tuer Kuchiki-san.
Il y eu un silence glacé.
Rukia écoutait, immobile, mal à l'aise. Ses jambes tremblaient et menaçaient de lâcher, le souffle lui manquait et ses membres lui paraissaient aussi lourds que du plomb.
Ce que disaient les capitaines ne l'arrangeait pas. Elle se sentait être un objet entre leurs mains, une bombe à retardement. Elle tourna la tête vers Hitsugaya qui venait de prendre la parole :
-Cet enfant n'est peut être pas une menace, dit-il. Son puissant reiatsu, si nous pouvions l'éduquer, pourrait s'avérer intéressant pour nous.
Un silence plein de réflexion s'en suivit.
Rukia avait envie de crier qu'il n'y avait rien à tirer de la chose qui grandissait à l'intérieur d'elle, que c'était le mal incarné et que jamais cette chose n'éprouverait de la pitié ou des regrets.
-Cela m'étonnerait, dit enfin Unohana, au grand soulagement de Rukia. D'après les analyses de la 12ème Division et les miennes, ce reiatsu est corrompu.
-Alors, il faut l'étouffer avant qu'il ne naisse, conclut Soi Fon.
-Cela me semble impossible sans tuer Kuchiki-san en même temps, coupa Unohana.
Un silence s'en suivit. Apparemment, la situation était bloquée. Qu'allait choisir Yamamoto ?
Une ambiance tendue s'étendit alors, à couper au couteau.
Soudain, Yamamoto tapa sur le sol avec son bâton. Rukia sursauta à ce bruit soudain.
-Qu'en pense Kuchiki Rukia ! Dit-il gravement.
Rukia se raidit.
Voyant qu'elle ne disait rien, Yamamoto rajouta :
-Serais-tu prête à te sacrifier pour faire disparaître avec toi l'engeance de l'Hougyokû… ?
Il y eu une vague de murmures d'indignation. Même Byakuya avait écarquillé les yeux à cette annonce, serrant les poings pour ne pas bouger.
-Vous ne pouvez pas demander une telle chose, Yamamoto-sama ! Lança Ukitake en s'avançant.
Rukia était restée immobile. Evidemment, elle y avait pensé. Evidemment, elle savait que Yamamoto y penserai aussi. Et la question trottait déjà dans sa tête depuis un petit moment.
Le commandant général tapa à nouveau de son bâton pour ramener le silence.
Rukia releva la tête, observant d'abord son capitaine, puis son frère, et enfin le général-commandant.
-Je crois que ce serait difficile, dit-elle simplement.
Yamamoto fronça les sourcils.
-Vous n'y êtes pas prête ? C'est pourtant votre devoir de protéger la Soul Society et le monde des vivants.
-Je crois bien que je ne peux plus prendre cette décision depuis longtemps.
Le regard de Yamamoto se fit dur.
Soudain, sans que personne ne s'en doute, il fit un léger signe de sa main.
Son lieutenant, Chojirô, bondit d'on ne savait où, sabre en main.
D'un seul Shunpô, il se retrouva devant Rukia. Zanpakutoh levé.
Tout n'avait duré que quelques millième de secondes, personne n'avait réagi, c'était trop inattendu et soudain. Personne n'avait vu ni sentit que Chojirô avait été là depuis le début.
Rukia eu juste le temps de voir le sabre étincelant du lieutenant de la 1ère Division s'abattre à une vitesse folle au dessus de sa tête.
