Bonjour! Me revoilà donc avec le chapitre 7!

J'espère que comme les précédents, celui-ci vous plaira aussi! (à supposer que les précédents vous aient plus^^)

Bref, trêve de bavassements et place à la lecture! ^^


-Tiens, Rukia-chan ! Ca faisait longtemps…
Le sang de Rukia se glaça à cette phrase, à cette voix si connue et si crainte.

Elle se retourna légèrement, les yeux écarquillés.

-Oh… Tu n'as pas l'air ravie de me voir, dit Gin avec une mine faussement déçue. Son sourire s'élargit.

Rukia resta muette de terreur. Une goutte de sueur perla sur son front.

-I… Ichimaru…

-Ha ? Je préférais quand tu m'appelais Ichimaru Taichô, Rukia-chan.

Rukia se ressaisit.

-Vous n'êtes qu'un traître ! Cracha-t-elle. Ca fait longtemps que vous n'êtes plus capitaine !

-Allons, pas de phrases blessantes s'il te plaît.

Ils restèrent un instant muets. Rukia sentait toujours ce poison quand il parlait, qui s'infiltrait en elle. Comme ce jour là, le jour de l'exécution.

Gin arrêta un instant de sourire pour faire une moue dubitative.

-Je me demande bien pourquoi Aizen-sama t'a fait cet honneur, dit-il avec une voix étrangement sérieuse.

Rukia fronça les sourcils. Depuis que Gin était rentré dans la pièce, elle était sur le qui-vive. Méfiante.

-Vraiment, continua le traître. Se faire pénétrer par Aizen-sama, sais-tu combien de femmes auraient aimé être à ta place ?

A ces mots blessants, Rukia se sentit submergée par une vague de haine envers cet homme. Sans réfléchir, poussée par une impulsion de colère, elle se jeta sur Gin avec un cri de rage.

Mais Gin la saisit brutalement par les poignets et la colla contre lui.

-Fais attention, Rukia-chan, murmura-t-il, son visage dangereusement près du sien. Ne fais pas de gestes que tu pourrais regretter.

Tremblante de colère, Rukia avait ses yeux plongés dans ceux entrouverts d'Ichimaru. Rouges sang.

Elle tenta de calmer sa respiration et se débattit un peu pour essayer de faire lâcher Gin, mais celui-ci la tenait bien.

-Assez joué, maintenant.

La tenant toujours par les poignets, il la tira hors de la salle.

Inquiète, Rukia essayant de le freiner, mais il était bien trop fort. Et son ventre était maintenant trop encombrant.

-Aizen-sama souhaite s'entretenir avec toi, dit simplement Gin en la jetant devant lui pour passer la porte. Bonne discussion…
Et il ferma la porte, la laissant à genoux dans l'immense salle au trône.


-Cela faisait longtemps, n'est-ce pas, Rukia ?

Rukia se redressa en serrant son ventre, mais ne répondit rien. Une terreur indicible la tenaillait. L'étouffait.

Aizen la regardait, affalé sur son trône et son éternel index sous son menton. Son air de suffisance exaspérant accroché à son visage. Un rayon de lumière l'illuminait comme toujours, plongeant le reste de la pièce dans une ténébreuse pénombre.

-As-tu fait plus ample connaissance avec ton hôte ? Demanda avec intérêt le traître, sans bouger. Il fixait de toute son intensité la Shinigami tétanisée.

Son sourire s'élargit un peu plus, alors que son regard se faisait dérangeant.

-Non ? Une personne si intéressante… Je vais à nouveau t'y aider, alors. Je suis persuadé que vous vous entendrez… Très bien.

Rukia se mit difficilement debout, agrippée à son ventre d'une main et de l'autre à la porte close derrière elle.

-Lai… Laissez-moi tranquille, gémit-elle, presque comme une supplique.

A ce ton suppliant, Aizen se sentit frémir. C'était si bon de sentir qu'il inspirait de la peur.

-Allons, allons, dit-il d'un ton doucereux. Il n'y a pas de quoi avoir peur !

Rukia sentait sa détermination voler en éclats, sa peur l'envahir, le dégoût la submerger. Elle revoyait et ressentait avec intensité ce qu'elle avait subit la dernière fois. Frissonnante, tremblante, elle se vit mettre un pied en avant.

Une larme coula sur sa joue, alors que son deuxième pied s'avançait. Tout devint confus, seule la terreur que lui inspirait Aizen la maintenait dans un état plus ou moins conscient.

-S'il… Vous… Plaît….

Elle suffoquait, hoquetait, gémissait de terreur alors qu'elle continuait d'avancer, presque contre son gré. Aizen la fixait avec une sorte de plaisir, d'amusement.

Il se délectait de la voir s'effondrer, se détruire. Il augmenta encore un peu sa pression pour la forcer à arriver plus vite.

-Je vous en… Supplie…
Sa voix était devenu tellement suppliante qu'il savait que quoiqu'il demanderait, Rukia l'exécuterait sans aucun problème. Et il s'en réjouit.

Enfin, elle arriva aux pieds des escaliers, comme la fois précédente.

-Tu me supplie ? Dit Aizen d'une voix cruellement amusée. Allons, où est donc passé ta dignité ?

-S'il… Vous… Plaît…

Le visage inondé de larmes, les dents serrées, Rukia était à genoux aux pieds des escaliers, la tête levée vers son tortionnaire.

-C'est tellement délicieux de te l'entendre dire, ma gentille petite proie. Redis-le.

Rukia eu un gémissement désespéré.

-S'il vous… Plaît…

-Encore.

-S'il vous plaît…

-Redis-le encore !

Aizen s'était levé, sa voix se faisait plus dure. Il descendait lentement les escaliers, ses yeux soudainement froids, fixés sur le corps animés de soubresauts de la Shinigami au sol.

-S'il vous plaît ! Hurla-t-elle d'une voix aigue, excédée, terrifiée. Elle avait à présent le visage levé au ciel, les yeux fermés et les dents serrées. Elle gémissait, tremblante et perdue. Elle ne voulait plus qu'une chose, que ça s'arrête.

Enfin, Aizen fut devant elle, de toute sa hauteur.

Toute trace de sourire avait disparut sur son visage, il la regardait avec une expression neutre.

Soudain, il la saisit par la mâchoire, comme la dernière fois. D'une seule main, il leva sans effort apparent le corps frêle de la Shinigami. Rukia n'opposa aucune résistance, elle vit le regard d'Aizen s'illuminer devant elle.

-Tu es délicieusement fragile, Rukia, dit-il.

Et elle le sentit insidieusement pénétrer son âme, comme la première fois. Comme la première fois, elle lutta désespérément. Comme la première fois, elle suffoquait.

Mais comme la première fois, cela ne servit à rien.
Comme la première fois, Aizen entra de force dans son monde intérieur.


Aizen regarda Rukia à genoux, la tête baissée. Les flocons caressaient ses cheveux, bleutaient sa peau. Ses bras frêles pendaient mollement dans la neige immaculée. Le ciel était anormalement noir, presque palpable. La neige tombait plus dru, plus épais. Les flocons étaient presque menaçants, tourbillonnaient furieusement autour d'Aizen. Le vent s'intensifiait.

Tout sourire avait disparu sur le visage de l'intrus.

-Tu sembles troublée, Kuchiki Rukia.

Le regard d'Aizen était intransigeant, glacé et cruel comme une lame de poignard.

Rukia ne bougeait pas, brisée. Elle n'arrivait même plus à écouter, à se focaliser sur les paroles de son tortionnaire.

Aizen s'accroupit à côté d'elle, glissa sa bouche près de son oreille.

-Tu as mal, petite fille ?

Il sourit, dévoilant des dents blanches, semblant prêtes à la déchiqueter.

Il allait rajouter quelque chose, quand une petite voix enfantine le coupa.

-Tu m'ennuie, Sôsuke. Si tu fais mon travail, qu'est ce que je deviens dans cette histoire ?

Le sourire d'Aizen disparut. Il se redressa, et resta dos à la voix enfantine.

-Je crois que nous nous étions quittés un peu hâtivement la dernière fois, dit-il en passant ses mains dans ses manches.

Il entendit soupirer.

-Si tu es venu uniquement pour me dire ça, tu n'aurais pas dû te donner tant de peine. J'ai encore besoin de me reposer. C'est épuisant de se matérialiser dans ce monde. Ma petite maman me repousse de toutes ses forces, c'est vraiment fatiguant.

Aizen se retourna alors pour voir la fillette nue. Assise dans la neige, les genoux redressés devant sa poitrine, elle semblait en effet fatiguée.

Ses grosses joues blanches étaient repliées dans une moue grognon, mais ses yeux lançaient des éclairs.

-Je me demande bien pourquoi tu as cette apparence, fit simplement le maître de Las Noches en gardant son visage neutre, ses yeux braqués dans ceux de la fillette.

Kujo ne bougea pas. C'est simplement à ce moment qu'Aizen remarqua qu'elle ne clignait pas des yeux, elle restait statique et inébranlable.

-J'ai piqué une image au hasard dans les pensées de Maman, répliqua-t-elle finalement, avec dédain. Je trouvais ça rigolo qu'elle me voie dans son corps de 4 ans.

Kujo se releva, passa ses mains sur ses fesses boudinées trempées de neige. Les flocons tourbillonnaient furieusement autour d'elle comme Aizen, martelant sa peau blanche de milliers de petites tâches bleutées.

-Mais je répète ce que j'ai dit, si tu es venu uniquement pour me dire ça, tu peux aussi bien t'en aller immédiatement. Je n'ai pas assez récupéré pour tenir longtemps ici.

-Je voulais que nous reparlions du sujet que j'ai abordé la dernière fois.

-Tu veux dire, me donner le monde des humains, et autres trucs comme ça ?

Elle avait dit ça avec désintérêt, en regardant le corps de Rukia immobile.

-Y-a-tu réfléchis ?

Kujo croisa les bras et se renfrogna.

-Je sens le coup foireux, répliqua-t-elle. Et puis, j'ai pas l'habitude de jouer à plusieurs. J'aime bien le free-lance, si tu vois ce que je veux dire.

Aizen hocha légèrement la tête.

-Tu veux donc dire que tu décide sciemment d'être mon ennemie ? Dit-il d'une voix qui se voulait neutre, mais qui suintait la menace.

Le visage de l'enfant s'étira d'un sourire machiavélique.

-Pourquoi pas ? Après tout, moi je ne veux que m'amuser.

-Cela risquerait en effet d'être amusant, seule contre moi, l'Espada et Las Noches tout entier.

-L'Espada ?
Kujo fit mine de réfléchir, se donnant un air d'enfant sage.

-Ah, tu veux dire cette équipe de branquignols qui te servent avec une dévotion si imbécile que s'en est écœurant ?

Le visage d'Aizen se crispa légèrement, le temps d'un millième de seconde, mais il savait que Kujo l'avait aperçu. Et qu'elle se sentait maintenant en position de force.

-Tu vois, dit-elle. Je suis au courant de ce qu'il se passe bien plus que ce que tu ne le pense. Je…

Soudain, Rukia releva la tête. Ses yeux exorbités fixaient devant elle avec affolement.

-I… Inoue ? Bégaya-t-elle.

Aizen se tourna vers elle, surpris.

-Je crois qu'il va falloir que tu dégage, Sôsuke, dit Kujo en lui tournant le dos.

Aizen plissa les yeux. Furieux intérieurement, mais neutre à l'extérieur.

-Je crois bien, en effet.

Le monde se fit flou, Aizen lâchait prise pour quitter le monde intérieur de Rukia. Mais il entendit juste au dernier moment Kujo lui lancer :

-Ne te crois pas tout puissant, Sôsuke. Plus on est haut, plus la chute est dure.

Il serra les poings, contenant difficilement une rage destructrice.


Aizen, le dos légèrement courbé, s'assit immédiatement sur son trône avec lourdeur. A ses pieds, Rukia était assise comme une poupée désarticulée.

Il y eu un froissement de tissu qui dérangea Aizen.

Sans ouvrir ses yeux, il lança froidement :

-Ne t'avais-je pas demandé de ne me déranger sous aucun prétexte, Ulquiorra ?

Le ton employé était menaçant. Ulquiorra resta agenouillé, les yeux rivés sur le sol. Derrière lui, une silhouette féminine entourée de deux Arrancars semblait se convulser.

-Je suis navré, Aizen-sama. Mais j'ai pensé que vous désireriez parler à notre captive avant qu'elle ne rejoigne sa cellule.

A côté d'Aizen, Rukia releva difficilement la tête, en sueur. Les yeux plissés sous l'effort et le dos courbé par la douleur, elle murmura entre ses dents serrées:

-Inoue…

Aizen jeta un regard à la Shinigami, sans y porter le moindre intérêt.

-Non, dit-il en reportant son attention sur son subordonné. Non, Ulquiorra. Je crois que tu es venu uniquement parce que tu n'approuve pas mes méthodes.

Ulquiorra ne bougea pas d'un cil.

Le silence se fit alors si épais qu'il était presque possible de le palper. Les yeux d'Aizen étaient aussi acérés que des couteaux et fixaient sans pitié le quatrième Espada incliné.

-Je n'oserai jamais, Aizen-sama.

-Bien sûr, répondit d'un ton mielleux Sôsuke. Bien sûr que tu n'oserais jamais. C'est pour ça que je te fais entièrement confiance, Ulquiorra.

La dernière phrase avait sonné étrangement, comme une mise en garde, un avertissement. Ulquiorra le sentit très distinctement. Il se redressa avec lenteur, évitant jusqu'au dernier moment de croiser le regard de son maître.

Aizen sourit, mais avec une chaleur presque paternelle.

-Je suis sûr que tu comprends très bien la confiance que je te porte, répéta-t-il. Ne me déçois pas.

Soudain, comme s'il n'avait rien dit, il se redressa sur son siège et fixa derrière Ulquiorra, vers la silhouette entre les geôliers.

-Allons, ne sois donc pas timide et sors de l'ombre, Orihime Inoue.

A cette phrase, la jeune fille eu un tremblement. Les Arrancars la poussèrent en avant sans ménagement, pour la rapprocher des escaliers et donc, du trône.
La rousse tomba à genoux devant le maître de Las Noches, ses cheveux ardents lui masquant momentanément son visage. Elle releva ses yeux vers le haut des escaliers, et eu soudain un soubresaut.

-Kuchiki-san !

Elle voulut se redresser en voyant la frêle silhouette recroquevillée aux pieds d'Aizen, mais l'un des Arrancars la colla brutalement au sol.

Elle poussa un petit gémissement étouffé, les yeux rivés sur son amie.

-Inoue… Répéta simplement Rukia en tendant une main devant elle, incapable de bouger autre chose.

-Ces effusions d'amour commencent à me lasser, soupira Aizen en soutenant son menton de son index songeur. Ramenez donc Rukia-chan dans sa cellule, vous autres.

Les Arrancars s'inclinèrent profondément, comme électrisés. L'un deux monta quatre à quatre les escaliers, saisit brutalement Rukia par les aisselles et la descendit sans ménagement. Inoue regarda le second aider son compagnon à porter Rukia. La jeune humaine était immobilisée par Ulquiorra qui appuyait durement sa main sur son épaule.

Les deux femmes échangèrent un regard désespéré au passage, comme un appel au secours réciproque qui dura à peine une seconde. Le contact fut rompu alors que les deux geôliers fermaient brusquement la porte, laissant Inoue seule en compagnie d'Aizen et de son subordonné.

-Excuse-moi pour cette vision, dit Aizen alors qu'Inoue fixait toujours désespérément la porte où avait disparu Rukia. Je ne voulais pas te troubler. Sois la bienvenue, Orihime.

Inoue se retourna vers le traître, et une goutte de sueur perla sur son front. Elle se sentait nue et désemparée devant cet homme sur son trône.

L'envie de le gifler la prit subitement, alors qu'elle essayait de contenir une haine farouche.

-Tu n'as pas l'air heureuse, remarqua Aizen avec un sourire désabusé. Rassure-toi, tu seras reçue comme une reine. Ta chambre est l'une des plus belles de Las Noches.

-Qu'avez-vous fait à Kuchiki-san ?

Le regard d'Aizen s'assombrit l'espace d'un instant, pour redevenir aussi aguichant.

-Kuchiki-san. C'est tellement formel, tellement distant. Pourquoi ne l'appelle-tu pas simplement Rukia, comme les autres ?

Inoue secoua vivement la tête, retenant des larmes de stress et de colère.

-Que lui avez-vous fait ? Répéta-t-elle, d'une voix qu'elle aurait voulut moins aigue.

Aizen parut agacé. Il changea prestement de position, son sourire disparut.

-Je ne crois pas que tu aimerais le savoir, petite fille. Ulquiorra, amène-la dans sa chambre. Occupe-toi d'elle comme elle l'entend, mais qu'elle ne sorte pas de sa cellule.

Ulquiorra acquiesça silencieusement, et obligea Orihime à se relever. Celle-ci ne lâchait pas Aizen du regard, jusqu'à ce que la porte se referme sur elle, laissant Aizen seul.

Le maître de Las Noches resta un instant immobile, silencieux, impassible. Soudain, dans un accès de fureur pure, il frappa violemment du poing sur son trône, aussi inattendu que brutal.
La pierre blanche se fendilla sous la fureur du coup, et pendant un court, très court instant, les yeux d'Aizen furent emplis d'une rage incontrôlable.
Cette Kujo lui faisait perdre trop facilement son sang froid. Même devant cette misérable humaine, il avait failli montrer sa colère. Depuis quand était-il aussi instable ? Il devait se ressaisir, pour le bien de son plan et pour son bien à lui.

Il calma sa respiration, passa une main dans ses cheveux et rajusta son col pour tenter de se calmer. Même si cette petite peste pensait le rouler, son plan fonctionnait pour l'instant à merveille. Il ne pouvait pas laisser ses humeurs gâcher l'œuvre de sa vie.

Aizen inspira un bon coup, fit tourner son cou pour se délasser, et appela Gin.

Ichimaru entra dans la seconde qui suivit, comme s'il avait patiemment attendu derrière la porte que son maître l'appelle.

-Des nouvelles de Grimmjow ? Demanda simplement Aizen sans jeter un seul regard pour l'ancien capitaine de la 3ème division.

Gin, son éternel sourire figé sur son visage, secoua négativement la tête.

-Non, Aizen, dit-il simplement.

Son sourire espiègle agaça Aizen, qui avait pourtant l'habitude de son étrange sous-fifre. Il devait vraiment être à cran.

-Qu'en est-il de la Soul Society ? Dit-il pour oublier le sourire presque narquois d'Ichimaru qui semblait lire en lui comme dans un livre.

-Nos Adjuchas et nos Arrancars font des merveilles dans le Rukongai, répondit Gin. Quand aux Hollows dans le monde réel, ils donnent du fil à retordre aux Shinigamis.

Aizen passa une main pensive sous ses lèvres.

-Envoie donc Yammi et la fraccion de Grimmjow à la Soul Society. Qu'ils s'y amusent et donnent du travail aux Shinigamis pour qu'ils ne s'occupent pas de nous.

-On m'a signalé qu'une escouade se préparerait pour le Hueco Mondo, glissa soudainement Gin en baissant sensiblement d'un ton.

-En plus de l'intrus dont s'occupe Grimmjow ?

-Je crois que le jeune humain qui vous intéresse tant en fait partie, avoua malicieusement Ichimaru en fixant Aizen pour ne rien manquer de sa réaction.

-Ah oui ? Dit impassiblement le traître. Et bien, nous nous en occuperons une fois qu'ils seront arrivés dans le Hueco Mondo.

Gin comprit au ton de son maître qu'il était temps de se retirer.

Aussi Sôsuke se retrouva une nouvelle fois seul. Mais il se sentait plus calme. Il réfléchissait à son plan.
Une nouvelle fois, il s'assurait qu'il n'y avait là aucune faille.
Mais une nouvelle fois, il se rassura en se prouvant que son plan était infaillible.
On croyait pouvoir tromper Aizen, mais c'était Aizen qui menait la danse. Et cette pensée lui arracha un sourire de pleine satisfaction.


Même si l'ambiance avait l'air insouciante à la Soul Society, chacun en son fort intérieur était tendu, inquiet. On comprenait très bien que ce qui allait se jouer là était capital, et que s'ils avaient oublié quelque chose, ou fait quelque chose de travers, c'était la Soul Society entière qui pouvait en pâtir.

Il avait été convenu, quand ils avaient apprit que Byakuya avait déserté, que les premiers à partir seraient la 11ème et la 7ème division. Puis ensuite le petit groupe qui devait s'infiltrer dans Las Noches. Les préparatifs mirent une semaine à être élaborés. Enfin, huit jours après la disparition de Byakuya, tout fut prêt.


Il tourna légèrement la tête, les yeux plissés. Son visage était calme, et pourtant on voyait à ses mains qu'il était agité.

Une rafale de vent froid agita avec espièglerie la cape beige qui tombait lourdement sur ses épaules.

Il enleva d'une main une mèche rebelle, et la coinça derrière son oreille.

Sa main libre frémit Il baissa la tête et eu un sourire si léger qu'il était presque invisible.

-Je ne vois vraiment pas pourquoi tu souris, dit une voix nonchalante dans son dos. C'est plutôt moi qui suis content : qui aurait cru qu'on pouvait trouver des Capitaines dans le coin ?

Byakuya ne releva pas, et posa une main sur la garde de Senbonzakura.

-Juste une chose avant que je te batte, Arrancar. C'est bien toi qui a enlevé Rukia, n'est-ce pas ?

Grimmjow eu une moue amusée.

-Attends, je crois que je me souviens de toi maintenant. T'es pas le frangin de cette femme ? Celui qui voulait l'exécuter ?

La main de Byakuya serra brusquement le katana alors que sa bouche trahissait un agacement évident. Il se retourna avec une vitesse hallucinante la lame brilla un court instant avant de butter violemment contre celle de Grimmjow.

-Fais tes prières, Arrancar.

-Je te trouve amusant, Capitaine !

Le sourire sadique de Grimmjow acheva d'énerver Byakuya.


-Grimmjow est agaçant d'imbécilité, soupira Szayel en dégageant une mèche rose de son visage avec suffisance.

-Aizen l'a envoyé s'occuper de cet intrus, répliqua Stark en étouffant un bâillement. Il sera de taille.

-De taille ? Cet imbécile prétentieux ? Je me demande bien comment il a put arriver à ce grade ! Cracha Nnoitra en détruisant d'un revers de poing la tasse de thé devant lui.

-En tout cas, il ne lésine pas sur son reiatsu, dit simplement Hallibel en regardant par la fenêtre le grand désert vide du Hueco Mondo.

Ulquiorra, muet et les bras croisés, était planté devant la fenêtre. Son regard vide fixé sur un point invisible.


Non… J'ai mal, je ne veux pas me lever. Laisse-moi, s'il te plaît…

Lève-toi, petite cruche ! Lève-toi !

Non… J'ai trop mal… Je ne peux plus bouger… Je…

Cesse de gémir comme une faiblarde! Tu me fais honte ! Tu TE fais honte !

Je peux pas… S'il te plaît…

Et tu te dis capable de maîtriser ma puissance ? C'est pitoyable. LEVE-TOI !

Rukia gémit, essaya à nouveau de bouger, mais même ses doigts refusaient de lui obéir. Son visage était enfoncé dans la neige gelée, son corps faisait une tâche sombre dans le monde immaculé.

Arrête de gémir comme un vulgaire chiot !

Je n'y arrive pas…

Lève-toi, idiote ! Tu vas laisser cette traînée gagner ? Tu vas la laisser envahir ton monde ?

J'en peux plus…

Rukia pleurait, hoquetait, suffoquait. Incapable de bouger, incapable de lutter.

Tu vas la laisser me posséder ?

Je ne sais plus… Je… Je… Je me sens si mal… Je…

Sode No Shirayuki eu une moue dédaigneuse pour le corps allongé devant elle.

Tu ne vaux rien dans cet état. Je serai au plus méritant, je te l'ai toujours dit. Tu ne mérite pas mon aide.

D'un geste sec et impitoyable, la femme-biche jeta le katana blanc à côté du corps de Rukia.

Si tu ne te remue pas, je serai obligée de servir Kujo. Rukia.

Lentement, la silhouette de Sode No Shirayuki disparut, son visage intransigeant et dur comme de la glace laissa la place à un vide intense et à un silence glacé.

Le katana sur le sol vira lentement au gris, puis au noir complet, jurant avec la neige dans laquelle il était plongé. Petit à petit, les ténèbres gagnèrent la neige en contact avec le sabre noir, se propageant telle une araignée sur toute la surface enneigée, étendant ses tentacules ténébreuses sur l'ensemble du sol immaculé, puis sur les flocons qui s'élevaient dans les airs. Bientôt, le ciel lui-même se voila d'un noir de chine bien plus sombre encore que les flocons noircis. Les ténèbres fondirent sur le corps immobile de la Shinigami.

Pourquoi… Comment… Je ne peux même pas bouger, je ne peux plus rien ressentir. Le froid m'engourdit, la douleur me submerge. Je suis si faible… J'ai toujours été si faible. Pourquoi ? Pourquoi m'abandonnes-tu ? Ne pars pas, s'il te plaît… reste… Ne me laisse pas seule… Je t'en supplie… J'ai tellement peur… J'ai tellement froid… Ne me laisse pas…

NE PARS PAS !

Le cri d'appel de Rukia résonna inutilement dans l'immensité noire. Tout semblait mort et inerte. Tout… ?

C'est pitoyable de faiblesse et de désespoir.

Rukia frémit à cette voix. Un frisson d'horreur remonta du bas de son dos au sommet de son crâne.
A côté d'elle venait d'apparaître la fillette potelée et rondelette, les bras dans son dos et le visage radieux.

Apparemment, elle vient de partir. Je crois qu'elle n'avait pas l'air contente…

Le sourire de Kujo s'agrandit d'une façon inquiétante.

Dis-donc, tu as refais la déco, non ? C'est tellement magnifique, tout ce noir… Je sens que ça va me plaire !

Kujo tourna sur une jambe, visiblement ravie. Elle rit à gorge déployée, un rire cruellement froid et vide.

Mais tu ne dis rien ? Pourquoi tu ne bouges pas ? Ho…

Kujo eu une mine désespérée.

Je vois. Tu ne peux plus rien faire. Je te pensais plus forte. Une simple intrusion de ce bon à rien de Sôsuke, et te voilà sans force. Tsss, c'est vraiment pitoyable, tu sais ?

Rukia serra les dents à cette insulte.

Vraiment. Tu es répugnante de… De mièvrerie, de… Faiblesse !

Kujo avait subitement haussé le ton, elle était passée du plaisir à enfoncer Rukia à la rage de la voir aussi incapable sans crier gare. L'affreuse fillette peinait à trouver les mots et les crachait, comme si rien que le fait de les prononcer la répugnait au plus haut point.

Le visage enfantin se déforma de dégoût.

Je vais finir par sortir d'ici pour t'arracher à jamais ce regard suppliant. Arracher ce cœur si faible, cette tête si… Si…

Kujo ne trouva pas de mot assez fort, alors pour toute phrase, elle cracha brutalement par terre. La neige noircie fuma au contact du crachat.

Rukia serra les poings. Tremblante de colère et d'humiliation, de désespoir et de dégoût d'elle-même. Obligée d'écouter les paroles emplies de poison de cette fillette qui de toute façon n'en était pas une. D'écouter toutes les horreurs qu'elle disait sur elle, des horreurs qui de toute façon lui rappelaient trop la vérité.

La Shinigami s'enfonçait de plus en plus dans une mélasse inextirpable, s'engluait dans sa propre dérision.

Kujo continuait de cracher son venin, en haussant la voix avec fureur. Comme si elle déversait sur Rukia toute sa colère et sa rage.

Alors qu'elle se sentait sombrer toujours plus profond dans son inconscient, Rukia sentit soudain quelque chose de doux, quelque chose d'incroyablement fort qui lui rappelait…

Qui lui rappelait…

Sous les yeux étonnés de Kujo qui s'était arrêtée de parler, Rukia bougea son bras. Elle le ramena devant elle pour se hisser de la force de ses avant-bras.

Elle tremblait de tous ses muscles en relevant son buste. Il lui paraissait de béton. Mais cette présence si tiède la ramenait doucement à la surface.

Son visage émergea de la neige d'encre, ses grands yeux bleus s'écarquillèrent.

N…

Qu'est ce que tu dis ?

N… Nii-sama… !

Son propre cri la fit sursauter, et elle se retrouva avec étonnement allongée sur le canapé de sa cellule. Tremblante et couverte de sueur, elle se releva en titubant pour aller à la fenêtre. Elle agrippa violemment les barreaux entre ses mains moites, dans un état second. Au dehors, elle le sentait, ce reiatsu si connu et qu'elle avait espéré.

-Nii-sama… Répéta-t-elle, une lueur d'espoir germant dans son esprit brisé.


-Arrête un peu tes âneries, tu vas finir par nous mettre en retard ! Grogna Ikkaku en pressant le pas, alors que Yumichika traînait des pieds.

-Je n'ai réellement aucune envie d'aller dans le Hueco Mondo, Ikkaku, dit d'une voix hautaine le 5ème Siège de la 11ème division. C'est laid, là-bas, paraît-il…

-M'en fiche ! Va y avoir de la baston, je le sens ! C'est mon instinct de tueur qui reprend le dessus !

-Arrête de dire des bêtises, on dirait un chien de chasse à la recherche d'une proie. C'est d'un vulgaire…

Ils déboulèrent devant la grande porte de la Grande Salle. La réunion devait être finie, car tout le monde était dehors. Les deux hommes trouvèrent vite fait leur capitaine.

-Alors ? demanda Ikkaku avec un œil mauvais. On y va ?

-Ouais, répondit simplement Zaraki en continuant son chemin.

-Ouais, comment ? Osa demander Ikkaku en suivant son capitaine peu explicite.

-Vous ferez diversion, répondit alors Ukitake en se joignant au groupe, accompagné de Shunsui. Le capitaine Zaraki, le capitaine Komamura et leurs divisions rentreront dans le Hueco Mondo et feront le plus de dégâts possibles pour attirer l'attention de l'ennemi au maximum sur eux. Ainsi, le groupe en charge de sauver Kuchiki-san et Inoue-san pourra se faufiler plus facilement à Las Noches. Du moins, nous l'espérons…

-En fait, on va au casse-pipe, abrégea Yumichika avec la délicatesse habituelle de la 11ème division.

-Dis pas de conneries, Yumichika, c'est comme pour sauver la princesse est battre les méchants. Sauf que là c'est encore mieux, parce qu'on a pas besoin de se coltiner la princesse ! S'enquit Ikkaku avec un sourire inquiétant.

Zaraki soupira.

-Ca risque d'être ennuyeux, dit-il simplement.


-Es-tu bien sûre de vouloir y aller, Matsumoto Fukutaichô ? Répéta une seconde fois Yamamoto de sa voix posément grave.

Une nouvelle fois, Rangiku fit un signe déterminé de la tête. Sur son visage, on lisait une détermination à toute épreuve.
Même si elle se refusait de l'admettre, elle espérait au fond d'elle-même pouvoir trouver à Las Noches la raison de la trahison de Gin.
-Qu'il en soit ainsi. Va te préparer pour le grand voyage.


-C'est gentil de te joindre à nous pour cette petite ballade, dit innocemment Yoruichi en s'observant dans le miroir de la capitaine.

Soi Fon s'indigna aussitôt :

-Ce n'est pas du tout une ballade, Yoruichi-sama ! Nous allons risquer gros, cette fois-ci, et…

Yoruichi éclata de rire devant l'habituelle hardiesse de son ancienne subordonnée.

-Tu démarre toujours au quart de tour, Soi Fon ! Dit-elle entre deux rires.

La capitaine se vexa en devenant toute rouge. Comme toujours, Yoruichi refusait de comprendre le danger. Elle était toujours trop confiante. C'était pour ça que Soi Fon avait insisté pour se joindre au groupe qui partait retrouver Rukia et Inoue dans le Hueco Mondo. Elle devait protéger Yoruichi-sama.


-Tu seras réellement plus utile ici, Sado-kun, assurait encore Urahara.

Mais Sado n'appréciait pas du tout de laisser partir Ichigo sans lui.
-Les Shinigamis auront besoin de ta force pour ce qui est en train de se préparer ici.
Le ton énigmatique du marchand fit froncer les sourcils au portugais.
-Comment ça ? Demanda-t-il gravement.

-Si Aizen a envoyé ces Arrancars ici, c'est qu'il y a une raison précise. Et je ne pense pas qu'il s'arrêtera à la poignée qu'il a envoyée. Je veux que tu reste ici pour les aider à lutter dans le Rukongai.

Sado était à moitié convaincu. Vraiment, l'idée de laisser Ichigo seul ne lui plaisait pas du tout.

Cependant, il sentait bien qu'Urahara était sérieux et que de toute façon, il ne démordrait pas. Il soupira, et accepta silencieusement. Même s'il devrait peut être le regretter plus tard.


Le silence était à couper au couteau. Matsumoto était assise en tailleur devant la table de son capitaine, les yeux obstinément fixés sur le sol. Hitsugaya regardait par la fenêtre, l'air contrarié.

-Tu ne changeras pas d'avis.

-Non.

Le jeune capitaine soupira, sans défroncer les sourcils.

-Tu ne pourras rien en tirer, Matsumoto. Tu risque inutilement ta vie.
Rangiku releva soudainement les yeux, son regard s'était fait dur.

-Je n'ai pas l'intention de mourir là-bas, Hitsugaya Taichô, dit-elle d'une voix étrangement sérieuse.
Hitsugaya tourna la tête vers elle, et quand il croisa son regard, ses sourcils se relâchèrent. Son visage exprima alors une sorte d'anxiété.

-Fais attention à toi. Ne prend pas de risques inconsidérés.
La lieutenante hocha vigoureusement la tête en signe d'approbation. Elle s'inclina respectueusement, et se releva. Sa mine aussi rarement sérieuse indiqua à Toshirô que ce n'était réellement pas que pour sauver Rukia et Inoue qu'elle se rendait à Las Noches. Et cette réalité le révoltait. Comment pouvait-elle encore espérer quelque chose de lui ?

Il la regarda prendre son katana sur son bureau, effleurer du doigt le bois poli, et se diriger d'un pas lent vers la porte.

Elle disparut derrière la cloison, comme aspirée. Hitsugaya resta immobile, inquiet malgré lui. Le silence retomba lourdement. Quand, soudain…
-Je viens de penser à une question importante : vous avez une préférence pour un souvenir de là-bas ? Plutôt peluche ou friandise ?

Le sourire jovial était apparu avec le buste de la lieutenante par l'embrasure, avec cet air si imbécile qu'on connaissait bien et cette voix affreusement aigue.

Une veine apparut sur la tempe du petit capitaine.
-DEGAGE, MATSUMOTO !


-Tu n'as pas besoin d'emporter tout ça ! S'exclama Ishida en remontant ses lunettes, visiblement énervé.

-He, ho, doucement le Quincy ! Tu t'es déjà rendu dans le Hueco Mondo ?
Ishida parut un instant décontenancé.
-… Non, avoua-t-il.
Renji afficha une mine satisfaite.

-Donc, tu ne sais pas ce qu'il faut emmener là-bas.

Renji continua de faire son sac sans se soucier du regard en colère que lui lançait le Quincy derrière ses lunettes.

-Toi non plus tu n'y es jamais allé, Abarai-san !

Renji stoppa net son geste, les sourcils froncés. Visiblement, il cherchait une bonne répartie.

Le sauvant au bon moment, Ichigo fit irruption dans la pièce.

-Oï ! Dit-il simplement. Vous êtes prêts ?

-Oui, répondit Renji en mettant son sac sur son épaule, avec un regard mauvais pour Ishida.

-Non, dit instantanément Ishida. Cet illustre imbécile veut emmener tout ce barda avec nous ! Ca va nous ralentir, et…

-Abarai-kun ! Ishida-kun ! Kurosaki-kun ! Coupa Urahara de sa voix mielleuse en dépassant sa tête à l'embrasure de la porte. C'est l'heure ! Le Garganta ne nous attendra pas éternellement !

Son sourire disparut en une bouille ridiculement idiote quand il vit les trois hommes.

-Hem… Abarai-kun, ce sac ne passera jamais dans le Garganta…


Inoue leva les yeux de la fenêtre quand elle entendit cliqueter la serrure de sa cellule. Elle se précipita devant la porte avant qu'elle ne s'ouvre, et se retrouva face au regard sombre d'Ulquiorra.

-Aizen veut te voir, femme.

Elle écarquilla les yeux en serrant ses mains contre son torse, et suivit Ulquiorra. Au passage, elle jetait des coups d'œil furtifs pour tenter de se repérer dans l'immense château.

Enfin, après un long moment silencieux, ils arrivèrent devant une grande porte.

Gardant une main dans ses poches, Ulquiorra ouvrit la grande porte noire de son autre main. Sans un bruit, les gonds pivotèrent sur eux-mêmes, dévoilant la salle du trône plongée dans les ténèbres. Seul le trône était éclairé, illuminant d'une lumière étrangement pâle Aizen.

Celui-ci arbora un sourire satisfait en voyant arriver Inoue.

-Orihime, dit-il en se redressant sur son siège. Sois la bienvenue. Approche, voyons.

Ulquiorra regarda la jeune fille devant lui, les yeux indéfinissables. Prenant son courage à deux mains, Orihime s'approcha donc.

Toutes ses pensées étaient concentrées sur Ichigo, sur son courage et sa force. Elle voulait le rendre fier, être comme lui. Alors elle leva haut le menton, raffermit ses lèvres pour afficher sa détermination, et s'arrêta devant les escaliers.

-J'espère que tu es bien traitée ici, dit Aizen d'un ton mielleux qui failli tromper la jeune humaine. Mais elle revit dans sa tête les images du traître sur le Sokyokû, son regard et ses gestes, et sa volonté retrouva sa grandeur.

-Où est Kuchiki-san ? Demanda-t-elle d'une voix qu'elle aurait voulut plus ferme.

Aizen perdit son sourire pour un visage ennuyé.

-Encore cette même question ? Demanda-t-il. Ne t'inquiète pas, elle est aussi bien traitée que toi.
Derrière elle, Inoue sentit plus qu'elle n'entendit Ulquiorra s'agiter. Comme si cette phrase l'avait dérangé.

Elle fronça légèrement les sourcils.

-Que lui avez-vous fait ? Demanda-t-elle, mais cette fois sa voix avait vibré. De peur et d'inquiétude.

Aizen sourit alors.

-Dis-moi, Orihime, j'ai une question pour toi.

Il se leva, et commença à descendre les escaliers. Inoue sentait sa résolution voler en éclats à mesure qu'il se rapprochait d'elle, son regard étrangement envoûtant planté dans le sien.

-Connais-tu réellement l'étendue de tes pouvoirs ?

Inoue balbutia quelques mots, puis secoua la tête pour se reprendre.

-Bien sûr ! S'écria-t-elle un peu trop fort. Je…

Elle s'arrêta, soudainement peu sûre d'elle. Aizen élargit son sourire enjôleur.

-Il est extraordinaire, avoua Aizen.
Il arriva enfin à la hauteur d'Inoue, en continuant de la fixer. Il s'arrêta là.

-Tu peux renier tout ce que tu veux, refuser l'existence même des choses. C'est là un don qui, à ma connaissance, n'existait pas jusqu'à ce que tu l'aie.

Inoue frémit, alors qu'un frisson agitait tout son corps.

-Mais cela, tu le sentais déjà. A l'intérieur de toi, tu le savais. N'est-ce pas ?

Aizen fit demi-tour, pour s'enfoncer un peu dans les ténèbres de la pièce.

-Tu es tellement supérieure à tout le monde. A cette vermine qui rampe à tes pieds. T'en rends-tu compte ?

Orihime ferma les yeux, espérant de tout son cœur qu'Aizen arrête, qu'il arrête de parler, qu'il arrête de la regarder. Le visage d'Ichigo s'effritait dans sa tête, elle s'enfonçait petit à petit sans pouvoir lutter.

-J'ai un marché à te proposer, Orihime.
A cette annonce, Inoue sursauta.

Aizen se retourna pour pouvoir la voir, plus aucun sentiment ne tintait sur son visage plongé dans une semi-pénombre.

-Tu souhaites sauver Kuchiki Rukia, n'est-ce pas ?

-B… Bien sûr que oui ! S'écria la jeune fille, les mains jointes sur son cœur.

-Si je te disais que tu pourrais la sauver, que tu pourrais tuer ce bébé qui grandit en elle ?
Inoue avança de quelques pas, méfiante.

-J'ai déjà essayé ! Dit-elle, presque coupable. Je n'y arrive pas ! C'est inutile !

-Je peux t'y aider, dit simplement Aizen en croisant ses doigts devant son visage. Il scrutait la moindre réaction chez sa captive, comme un vautour guette sa proie.

Les yeux d'Inoue s'illuminèrent, mais alors qu'elle allait dire quelque chose, son enthousiasme baissa d'un coup.
-Et… Que me demandez-vous en échange ? Demanda-t-elle, méfiante.

Les yeux d'Aizen se mirent à pétiller, son sourire devint presque malsain.

-Absolument rien, Orihime.

Inoue recula un peu, inquiète.

-C'est faux, murmura-t-elle. C'est faux !

Aizen regagna sans se presser son trône. Il s'y assit, et regarda à nouveau la jeune fille du haut des marches.

-Vois-tu, c'est très simple. J'ai besoin de créer l'Ouken, la clef qui me permettra d'ouvrir la porte vers le monde du Roi. Pour créer cette clef, il faut une quantité phénoménale d'énergie pure. Je voulais me procurer cette énergie en détruisant complètement Karakura.

Orihime posa ses mains sur sa bouche, effrayée.

-Mais cela me demandait une énergie considérable. J'aurais été affaibli pour un long moment. Je ne pensais pas qu'il existe d'autre solution jusqu'à ce que je découvre l'existence de cette chose qui sommeille en Rukia. A elle seule, elle possède moitié plus d'énergie que ce que je pourrais en donner en détruisant Karakura.

Aizen marqua une pause pour donner de l'ampleur à ses propos.

-Mon marché est donc très simple, dit-il finalement. Sois tu m'aides à tuer cette créature pour créer l'Ouken qui me permettra de régner sur la Soul Society, et tu sauves ainsi Rukia.

Son sourire s'élargit, ses yeux brillaient d'un éclat de plaisir intense.

-Sois tu refuse de m'aider, et Rukia mourra en donnant naissance à un monstre qui détruira la Soul Society et le monde réel.