Il ne savait pas trop pourquoi, c'était comme une intuition, comme un cri de sa conscience. Là, debout devant le Garganta, avec Renji à côté de lui, Urahara devant lui et les autres derrière, il pensait avec appréhension à Troie et son cheval. Ichigo ne suivait pas avec assiduité les cours d'histoire géo au lycée, mais il en savait suffisamment pour savoir que l'histoire s'était mal terminée pour les Troyens. Ici, ils essayaient de tromper l'Espada et Aizen comme Ulysse l'avait fait avant eux.

Cependant, les Grecs avaient assiégé Troie dix ans avant qu'elle ne succombe.
Aizen n'était certainement pas un Troyen.

Ichigo secoua vivement la tête, chassant ces pensées. Que lui arrivait-il de penser à ses cours dans un moment pareil ?

Il détourna les yeux du Garganta pour regarder Renji, debout à côté de lui.

Il avait le visage fermé, les yeux déterminés mais étrangement distants. Ses mains aux poings serrés étaient légèrement tremblantes.

Ichigo baissa les yeux jusqu'à ses pieds, tendant les oreilles. La respiration tranquille d'Ishida derrière lui, celle plus discrète de Matsumoto semblaient résonner dans son crâne.

Devant lui, Urahara, Yoruichi et Soi Fon se tenaient droits comme des piquets et immobiles devant la porte béante donnant sur l'autre monde.

La tension était palpable. Ils attendaient dans le silence complet.

Ichigo n'en pouvait plus de cette attente qui portait sur ses nerfs déjà à fleur de peau. Toute cette histoire, en plus de le rendre angoissé et anxieux, le rendait mal à l'aise. Pourquoi Aizen avait-il besoin d'Inoue en plus de Rukia ? Que mijotait-il ? La seule pensée réconfortante qu'il pouvait trouver était qu'Aizen avait visiblement besoin d'elles, et que donc elles étaient toujours en vie. Vraisemblablement.

Mais il se sentait dans la désagréable position de celui qui voit un ami brandir maladroitement un marteau alors que vous en tenez le clou : pas du tout confiant.

Il en était là dans ses pensées sombres, quand la main d'Urahara brisa l'immobilité de la scène. Il venait de la lever sans se retourner, ce qui eu pour effet de faire se crisper tous les muscles d'Ichigo. Il sentit à côté de lui le lieutenant de la 6ème Division frémir, comme lui. L'attente était enfin terminée.

Urahara tourna légèrement la tête, mais son éternel bob cachait ses yeux déjà bien dissimulés par son épaisse chevelure blonde.

Un simple sourire s'étiola sur ses lèvres, dévoilant son impatience à lui aussi.

-C'est parti, murmura-t-il pour ses compagnons.

Et ils s'engouffrèrent dans le passage noir.


Deux pieds puissants s'abattirent sur le sol du Hueco Mondo, bientôt suivis d'une armée d'autres tout aussi puissants.

-Et merde ! Grogna une voix. Saleté de sable !

Ikkaku secoua vivement son pied droit, puis son gauche avec une mine contrariée.

-J'en ai plein entre les orteils ! Je déteste ça !

-C'est à ça que ça sert les tabi, répondit Yumichika en remettant ses cheveux en place.

-Tu peux te les mettre ou je pense, tes tabi ! Rétorqua avec mauvaise humeur Ikkaku. J'ai besoin que mes pieds respirent, moi !

-Crâne-chauve a les pieds qui respirent ! s'écria soudain la petite lieutenante en surgissant du col de Zaraki. Elle semblait ravie de la petite excursion.

-Retourne te cacher, toi ! Grogna le capitaine avec sévérité. La lieutenante acquiesça avec un sourire ravi, et disparut à nouveau dans le col de l'immense capitaine.

-Bon, alors où sont-ils, ces Arrancars ? Dit-il en découvrant des dents carnassières.

-Du calme, dit Komamura en s'approchant de lui. Il s'agit de ne pas se montrer imprudent…

Alors qu'il venait de prononcer ces paroles pleines de sagesse, un cri résonna soudain.

-Là ! J'en vois un ! j'en vois un !

Les regards de tous les membres de la 11ème division se braquèrent dans la direction qu'avait indiqué le Shinigami. En effet, une poignée d'Arrancars arrivaient à vive allure à leur rencontre.

Portant sa main en visière, Komamura poussa un grognement mécontent.

-Rien que des larrons, dit-il. Il n'y a pas d'Espadas. Ils n'ont pas mordu à l'hameçon, on dirait…

-Laissez-leur goûter à nos sabres, dit Iba en s'approchant de son capitaine avec un sourire entendu. Dès qu'il auront vu ce qu'on va leur mettre, ils se dépêcheront de nous envoyer des lots supérieurs !

Le sourire de Zaraki à cette annonce resta très certainement dans toutes les mémoires à cet instant précis.

-Je suis très inquiet, Kyouraku… Toute cette histoire ne sent vraiment pas bon. Je ne sais pas si nous avons bien fait d'envoyer seulement deux divisions…

Kyouraku rajusta son chapeau en poussant un soupir inquiet.

-L'avenir nous le dira, Jyuushiro.

Ukitake fronça les sourcils et croisa les mains derrière son dos.

Les deux capitaines étaient en tournée d'inspection dans le Rukongai. Ils marchaient côte à côte dans les rues désertes, leurs Zanpakutoh bien en vue. Un léger vent flottait dans l'air, s'amusant à remuer avec espièglerie les capes blanches des deux amis.

Ukitake remit discrètement en place une mèche de cheveux rebelle, quand soudain, il le sentit.

Ses yeux s'écarquillèrent sous l'effet de la stupeur, et il se retourna vivement vers son ami. Celui-ci aussi le regardait, les yeux grands ouverts.

-Que…

Ils se mirent à courir sans rien dire de plus, simplement saisis par le reiatsu qui se dégageait non loin d'ici.

Shunsui tenait fermement son chapeau d'une main tandis que de l'autre, il saisissait la garde de son Zanpakutoh.

-Tu les as sentis, toi aussi ? Demanda-t-il à son vieil ami qui courrait à ses côtés.

Ukitake hocha simplement la tête, l'air grave. Il sortit de sa manche un papillon de l'enfer, qui s'envola aussitôt en laissant les deux capitaines courir à vive allure dans les rues du Rukongai.

Enfin, ils arrivèrent.

Ils étaient là.

Les yeux fixés sur les nouveaux arrivants, les deux capitaines n'en revenaient pas.

-Hai, Shinigamis. Déjà là ?

-On n'a même pas eu le temps d'arriver tranquillement, marmonna l'un.

-Dommage pour eux, ce seront les premiers à tomber…

-Ne soit pas si orgueilleux, D-Roy. Veuillez l'excuser, Shinigamis, D-Roy n'est pas connu pour sa patience. Laissez-moi me présenter, Ilforte Grantz, Arrancar de la Fraccion de Grimmjow Jaggerjack…

Les vingt Arrancars présents sourirent avec amusement devant les deux capitaines qui étaient à présent revenus de leur surprise.

-Je suis navré, dit alors Ukitake en baissant les yeux et en posant une main sur son Zanpakutoh. Mais vous ne pouvez pas rester ici.

Au loin, un message d'alerte générale retentit dans tout le Seireitei, apporté par un petit papillon noir.


Encore et encore. Elle tournait encore, les yeux fixés sur ses pieds avec obstination.

Inoue releva la tête, enfin. Ses yeux brillaient de désespoir Ils regardèrent la fenêtre en face d'elle donnant sur un monde obstinément noir.

Elle n'arrivait pas à choisir. Depuis qu'Aizen lui avait ordonné de faire un choix, elle était perdue. Il lui avait donné un léger délai, mais c'était tellement court…

C'était vraiment cruel pour elle de se sentir si indécise. Elle aurait aimé pouvoir choisir sans hésiter, mais elle n'y arrivait pas. La solution qui aurait dû lui paraître évidente aurait été de sauver Rukia. Tuer cette chose en elle.

Mais ce n'était pas ce qu'il se passait. Elle hésitait. C'était horrible. Comment osait-elle hésiter entre la vie et la mort de Rukia ?

Mais non. Elle hésitait. Sauver Rukia, c'était bien beau… Faire gagner Aizen, c'était le revers de la médaille. Et cela la répugnait profondément.

Mais si elle refusait d'aider Aizen, alors… Rukia allait mourir, et tout serait détruit.
Sans conteste, la meilleure solution était de sauver Rukia.

Mais c'était trop dur. C'était comme si elle était tétanisée, son cerveau englué refusait de choisir entre les deux options, l'une aussi horrible que l'autre.

Une longue larme glissa sur sa joue, parcourut sa pommette pour arriver dans le coin de sa bouche, arrêtée dans son élan. Inoue respira profondément pour essayer de faire partir cette horrible boule qui lui bloquait la gorge.

Une autre larme alla rejoindre l'autre, puis encore une. Vainement, la jeune humaine essayait de les réfréner, mais c'était impossible.

Elle passait ses mains sur ses yeux, essayant d'arrêter le flot intarissable de ses larmes.

-Je ne suis qu'une idiote, murmura-t-elle en se forçant à sourire. Mon choix est déjà fait.

Son sourire disparut aussitôt.


Ichigo regarda à droite, à gauche. Les muscles de sa mâchoire restaient obstinément serrés, comme coulés dans du béton.

A côté de lui, Renji était droit comme un piquet. Zabimaru était déjà dégainé, enserré fermement dans sa main.

Leurs regards se croisèrent un instant, et Ichigo fut désolé de n'y sentir aucun réconfort.

-Il semblerait que pour le moment, tout marche bien, dit Urahara en s'avançant légèrement.

Ils étaient arrivés au bout d'un temps qui leur avait paru incroyablement long en vue de Las Noches.

-Comment allons-nous rentrer sans nous faire remarquer ? Demanda Soi Fon, toujours pragmatique.

-Nous allons camoufler notre reiatsu, répondit Yoruichi en se mettant au même rang que son ancienne subordonnée.

-Il sait faire ça, lui ? Demanda la capitaine, sceptique, en pointant un pouce négligent vers Ichigo. Celui-ci prit une teinte rougeâtre.

-Ca veut dire quoi, ça ? S'exclama-t-il.

-Il démarre toujours au quart de tour, dit Urahara avec un visage ravi.

Mais avant qu'Ichigo n'aie le temps de répliquer comme il avait l'habitude de le faire, une main se posa sur son épaule.

Etonné, son ardeur retomba aussitôt quand il aperçut un Renji incroyablement grave et sérieux.

-C'est pas le moment de se chamailler, dit-il. Garde ton énergie pour les combats à venir.

Délaissant le Shinigami remplaçant, le lieutenant s'avança à la rencontre de Las Noches, bientôt suivit de Soi Fon et de Yoruichi.

-Ne t'inquiète pas, dit Kisuke d'une voix qu'il voulait légère. Ca ira mieux, laisse-lui du temps.

Ichigo regarda le marchand s'éloigner suivit d'Ishida.

-Ca m'étonnerait, marmonna-t-il en leur emboîtant le pas.

Matsumoto, restée silencieuse et immobile pendant tout ce temps, détacha enfin son regard de Las Noches.

Il était là. Elle allait pouvoir enfin le revoir. Lui demander pourquoi.

Avoir enfin des réponses.

Elle quitta vite son visage fermé pour rejoindre le groupe plus en avant.

Quand elle y arriva, le silence qui était retombé était vraiment pesant. Elle se sentit presque étouffée.

Ils marchèrent donc sans rien dire, sans se regarder. Le sable sous leurs pieds rendait leur progression plus difficile, le vent chassait les petits gravillons de sable et fouettait leurs visages. Le ciel désespérément noir ne faisait que renforcer l'impression d'oppression.

Las Noches ne semblait pas se rapprocher. Ils avaient beau lever les yeux, évaluer les distances, rien ne faisait croire qu'ils en étaient proche.

Ils sentaient, au loin, très au loin, des bribes de reiatsu. Ceux de la 11ème et de la 7ème division, en plein combat. Impossible de dire à cette distance avec qui ils étaient, et s'ils gagnaient.

Ils devaient donc compter sur leurs amis et avoir confiance.

Enfin, après un temps incroyablement long (ou court, ils n'auraient su le dire…), ils arrivèrent près de Las Noches. Le palais n'était qu'à une centaine de mètres d'eux.

Quand soudain, le sol trembla, un grondement sourd s'échappa.

Instinctivement, le groupe de Shinigamis se rapprocha.

Une montagne de sable s'éleva, prenant une forme difforme.

Enorme.

-Oh-oh, dit Urahara avec un sourire. Il semblerait qu'il ne veuille pas nous laisser passer.

Yoruichi le rejoignit, le sourire illuminé du même sourire.


Beaucoup plus loin, dans l'immensité grise du Hueco Mondo, on entendit le bruit d'un fracas de fer s'entrechoquant. Un éclair bleu jaillit avec force, soulevant un tourbillon opaque de sable fin.

-Tu me parais bien faible pour un capitaine, capitaine ! S'écria la voix empreinte d'excitation du 6ème Espada.

-C'est étrange, je pensais exactement la même chose de toi, Espada, dit platement Byakuya sans baisser sa garde.

Sans disparaître, le sourire de Grimmjow s'affaiblit un peu. Il se redressa, visiblement contrarié.

-Ha ? Dit-il en retrouvant finalement son sourire suffisant. Je ne voudrais surtout pas te décevoir, alors.

Sans crier gare, il disparut pour réapparaître tout près de Byakuya. Celui-ci para avec un revers de sa lame, tenta une attaque sur le côté. Grimmjow la para également. Sans baisser de vitesse, les lames s'entrecroisèrent un instant sans se toucher, chacune cherchant à fendre la garde de son adversaire. C'était comme si les deux Zanpakutohs étaient à présent animés de leur volonté propre, et que la main des deux adversaires n'était là que pour soutenir la lame.

Panthera atteignit Byakuya à la cuisse alors que Senbonzakura touchait le mollet de Grimmjow.

A peine les lames avaient atteint leurs buts respectifs qu'elles repartirent, fendant l'air avec la fureur d'avoir laissé son porteur se faire toucher.

A nouveau, les lames se trouvèrent dans un fracas de métal malmené. Le choc sembla projeter les deux opposants à plusieurs mètres, mais ils avaient en fait simplement reculé pour jauger la situation.

Chacun était touché et saignait, mais c'était encore bénin.

A peine haletants, les deux hommes se fixaient du regard et restaient immobiles.

-Je me demande bien ce que t'es venu foutre ici, dit soudainement Grimmjow en abandonnant sa position de défense. Surpris, Byakuya raffermit sa prise sur son Zanpakutoh de crainte de voir Grimmjow mettre en œuvre une ruse.

-Tu n'as pas besoin de le savoir, répondit-il froidement, les yeux rivés sur chaque geste que pourrait faire l'Espada en face de lui.

Celui-ci renifla de dédain.

-Je ne crois pas que cette femme, à Las Noches, vaille autant d'efforts.

Byakuya ne releva même pas. Il préférait concentrer toutes ses pensées sur son adversaire. Si celui-ci se relâchait ne serait-ce qu'un peu et abandonnait sa méfiance, le capitaine était prêt à fondre sur lui et à l'atteindre.

Voyant que le silence s'éternisait et que Grimmjow attendait une réponse, Byakuya dit simplement :

-Comment un Hollow à la base pourrait-il comprendre les sentiments d'un Shinigami, qui plus est d'un noble ?

Le capitaine avait mit toute sa froideur, sa vanité et son orgueil dans cette phrase, espérant atteindre l'Espada pour que celui-ci se remette au combat et arrête de parler. Curieusement, cela mettait Byakuya mal à l'aise. Et ça l'énervait encore plus. Un simple Espada, le mettre mal à l'aise ?

Comme prévu, Grimmjow tiqua.

Les jointures de ses mains devinrent blanches lorsqu'il serra sa main sur la garde de son Zanpakutoh.

-Apprends, Capitaine…
Sa voix était vibrante de colère. Comme un félin, son corps se tendit en s'abaissant un peu, les yeux rivés sur son adversaire. Et soudain, il bondit comme une furie en tenant sa lame près de lui, légèrement en arrière.

-… Qu'il y a très longtemps que je ne suis plus un Hollow !

Byakuya raidit son corps pour se préparer à l'impact imminent.


-Comme si on avait besoin de ça ! Grogna Hisagi en courant, remettant difficilement son insigne de lieutenant d'une main et en gardant son Zanpakutoh coincé sous son bras de l'autre côté.

Une ombre furtive le suivit du toit, et bondit pour atterrir à côté de lui et le suivre.

-Hey, Kira.

Le lieutenant de la 3ème division, les bras ballants derrière lui pour mieux courir aux côtés de son ami, ne répondit rien.

-Tu as entendu ce qu'ils disent ? Des Arrancars de haut niveau. Je me demande ce qu'ils font là…

-Si tu veux mon avis, on est mal barrés. Nous n'avons que cinq capitaines avec nous, et toute la 11ème et la 7ème division absente. De plus, la majorité de nos gars sont dans le Rukongai et dans le monde réel pour éradiquer les Hollows et les Arrancars moyens qui nous on envahis…

Kira soupira simplement.

Ils arrivèrent au détour d'une ruelle, et dans un ensemble parfait ils sautèrent par-dessus les maisons pour se retrouver à courir sur les toits. De là, ils voyaient parfaitement la Grande Porte.

Ils la franchirent d'une traite, ignorant le Gardien qui l'avait ouverte pour eux.

Ils se laissèrent guider par les reiatsus émanant du Rukongai. Hisagi avait fini par réussir à mettre son insigne.

-Qui a été convoqué ? Demanda-t-il finalement.

-Je crois que seules la 4ème, la 1ère et la 12ème division restent au Seireitei même, répondit Kira en sautant par-dessus un muret. La 2ème division dirigée par Omaeda garde les portes du Seireitei.

Une petite silhouette les rejoignit silencieusement.

-Hinamori ! S'exclama Kira. Tu n'es pas totalement guérie ! Tu…

-Je veux vous aider, répliqua la lieutenante en le fixant. Ses yeux étaient emplis de détermination, aussi les deux hommes ne répliquèrent rien.

Enfin, ils arrivèrent au champ de bataille engagé par Ukitake et Kyouraku. Nanao, Kiyone, Sentarô et Hitsugaya étaient déjà sur les lieux.

-C'est parti, murmura Hinamori. Explose, Tobiume !


-Ichi-nii, pourquoi… ?

Kon coupa Yuzu d'un geste de la main, le visage sérieux (enfin, le visage d'Ichigo).

-Il en est hors de question ! S'exclama alors Karin, les poings sur les hanches. J'ai un match à jouer, moi ! Et puis, c'est quoi ces manières de…

-Il ne vaut mieux pas que vous sortiez aujourd'hui, répéta Ichigo en jetant des coups d'œil inquiets à la fenêtre.

Les deux sœurs exprimèrent fortement leur désappointement, et Kon allait céder quand une aide providentielle lui vint.

-Il a raison, les filles. Aujourd'hui, mieux vaut rester à la maison.

Les deux sœurs se retournèrent inquiètes à la voix grave et sérieuse de leur père.
Isshin regardait au dehors avec un regard indéfinissable.

Etonnées de le voir aussi grave, les deux fillettes ne dirent plus rien, et Kon soupira. Ichigo ne lui aurait jamais pardonné d'avoir laissé ses sœurs dans la nature, alors qu'au dehors c'était la folie.

Il regarda du coin de l'œil un Hollow passer dans la rue, poursuivit par un Shinigami inconnu.

C'était la folie dans la ville. Les informations s'en donnaient à cœur-joie, les habitants étaient effrayés, tout allait de travers. On ne savait pas à quoi on devait ces incidents plus que nombreux, mais tout le monde avait peur.

Kon eu une prière silencieuse envers Ichigo.
Ramène Nee-san et Inoue saines et sauves, et sauve-nous, Ichigo…

Il secoua aussitôt la tête. Voilà qu'il se mettait à prier pour cet imbécile ! C'était ces gamines qui déteignaient sur son moral.

A côté de lui, il ne s'était pas rendu compte qu'Isshin arborait un visage inquiet et tendu. Pour son fils, mais aussi pour toute la ville et pour tout le Japon. Peut être même le monde entier.


Le sommeil l'avait finalement rattrapée, malgré tous ses efforts pour y échapper. Plonger dans cette transe semi-comateuse ne l'enchantait pas du tout, mais elle avait fermé les yeux sans s'en rendre compte, simplement en se concentrant sur le reiatsu de son frère par delà les murs de Las Noches.

Mais contrairement à ce qu'elle avait cru et redouté, il ne se passa rien. Elle dormit simplement. D'un sommeil sans rêve, sans rien. Et maintenant qu'elle se réveillait, elle regrettait presque. Sode No Shirayuki l'avait abandonnée et cette pensée, en même temps de l'effrayer, la plongeait dans une colère noire. Contre tous, mais aussi et surtout contre elle.

Depuis quand était-elle si faible ? Avait-elle seulement été forte un jour ? N'était-ce pas plutôt ce qu'elle avait essayé de se persuader, sans succès ?

Déjà, étant petite dans les rues du Rukongai, elle devait se montrer forte et solide. C'était peut être à ce moment qu'elle s'était persuadée qu'elle était inébranlable. Qu'elle s'était suffisamment durcie pour affronter toutes les aspérités de la vie. En fait, aujourd'hui, elle se disait que ça n'avait été qu'une impression. Au fond, elle avait toujours été petite et faible, dépassée par les éléments.

Pourquoi s'était-elle tant liée d'amitié avec Renji ? Car elle avait eu besoin de quelqu'un pour s'appuyer, pour pouvoir s'obliger à forger une carapace fragile. Plus tard, ce fut grâce à Kaien et à Nii-sama qu'elle réussit à avancer. Encore plus tard, Ichigo.

Elle avait besoin de quelqu'un pour avancer. Pour ne pas tomber et sombrer. Elle n'avait fait, toute sa vie, que de s'appuyer sur le dos des autres.

Elle se redressa sur ses petits pieds tremblants, s'approcha de la fenêtre et attrapa les barreaux froids de ses mains. Elle posa son front contre, et soupira doucement.

Elle ne sentait plus le reiatsu de Byakuya et de Grimmjow, n'avait pas senti ceux des Shinigamis. Elle s'était enfermée dans une bulle de douleur, où seul son désespoir comptait.

Une pensée. Une simple pensée effleura son esprit dans son apitoiement.

Cette chose, dans son ventre. Son ventre devenu si gros qu'il l'encombrait. Elle ne pouvait plus voir le bout de ses orteils, et bouger s'avérait de plus en plus difficile. De temps en temps, elle avait encore des nausées et avait un peu mal, mais cela s'était considérablement calmé. Le calme avant la tempête, se disait-elle.

Elle pensa avec une certaine lassitude que l'échéance était prévue pour dans deux mois, si elle se souvenait bien. Ce temps lui parut incroyablement court, mais elle n'arrivait plus à avoir peur. Une sorte de routine s'était installée. La résignation s'était insinuée dans son esprit, tel un serpent s'enroulant autour d'elle et l'étouffant. Tuant ses derniers espoirs.

Je vais mourir.

Ces trois mots n'avaient désormais plus aucun sens. Comme si c'était simplement le temps, ou l'heure. Une simple formalité.

Rukia lâcha les barreaux, passa une main réticente sur son ventre rebondi. Un dégoût profond l'assaillit, et elle voulut cracher par terre. Mais sa bouche restait sèche comme de la craie.

Finalement, épuisée de ressasser sans cesse ses pensées sombres, elle s'assit sur le canapé et ferma les yeux.


Quiconque aurait vu devant lui cette armada aurait sentit ses jambes trembler convulsivement et sa main devenir indécise. Cependant, les Arrancars présents avaient tous un sourire démentiel, comme s'ils venaient de gagner le premier prix d'une tombola.

Il y avait Ukitake et Kyouraku, avec Katen Kyokotsu et Sougyo No Kotowari en mains. Les Zanpakutohs libérés en mode Shikai étaient côte à côte, semblant partager une même passion et une même impatience de taillader l'ennemi. L'ennemi qui n'était autre qu'Ilforte face à Ukitake, et Shawlong Qufang face à Kyouraku.

A côté d'eux, il y avait Hinamori et son Zanpakutoh enflammé, Tobiume. Elle assénait de grands coups sur un Arrancar avec un masque de Hollow à cornes, rabattu comme un chapeau sur sa tête.

Kazeshini, manié avec férocité par Hisagi non loin, forçait un Arrancar à la peau bleue à reculer toujours plus. Quand à Kira, Wabisuke avait déjà rendu inutilisable les armes de plusieurs Arrancars de bas niveau ayant accompagné la Fraccion de Grimmjow.

-S'il te plaît, Nanao-chan, reste en dehors de ça, dit nonchalamment Kyouraku en gardant un œil de son adversaire. Derrière lui, sa lieutenante semblait indignée.

-A quoi est-ce que je sers si je ne me bats pas pour vous ? S'exclama Nanao en serrant les poings, faisant ainsi glisser ses lunettes au bout de son nez.

-A beaucoup de choses, répondit Kyouraku avec un sourire. Mais le combat ne devrait pas être fait pour une femme.

A cette phrase, la figure de Nanao vira au rouge. Elle semblait vraiment en colère. Sa mauvaise humeur disparu aussitôt quand elle s'exclama « Attention ! ». Kyouraku para avec une facilité déconcertante le sabre de Shawlong d'un seul cimeterre.

-M'attaquer alors que je discute avec ma lieutenante, dit d'une voix légère le capitaine à son adversaire qui semblait lassé. Ce n'est pas très poli…

-Je trouve également qu'ignorer son adversaire est contraire aux protocoles d'usages, répondit l'Arrancar au tac-au-tac.

Nanao tapa son front du plat de sa main à la décontraction de Kyouraku. Son cri lui avait échappé quand elle avait vu l'Arrancar se ruer sur son capitaine. Elle l'avait regretté aussitôt, tout d'abord parce que son capitaine n'avait pas besoin d'elle pour sentir arriver son ennemi, mais surtout parce que cela prouvait qu'elle était assez faible pour avoir peur. Même pour son capitaine.

De toute façon, cet imbécile heureux en faisait toujours trois fois trop. Heureusement que la situation était grave, sinon il lui aurait certainement demandé de verser des pétales de roses, comme la dernière fois…

Elle se concentra sur le combat pour ne plus penser à elle. Difficile de dire qui avait le dessus, et cela l'effraya plus que de la rassurer. Katen Kyokotsu était déjà en Shikai, et l'Arrancar n'était même pas en Resurreccion.

Elle fut légèrement rassurée quand elle vit le petit sourire béat qui flottait sur les lèvres de Kyouraku. Une furieuse envie d'aller assommer son capitaine qui la faisait angoisser pour rien l'assaillit, mais elle se contenta simplement de crier :

-Cessez de faire le pitre ! Nous avons d'autres choses à faire !

Kyouraku para du plat de sa lame une énième attaque de Shawlong, et son sourire s'élargit.

-Quelle voix délicate et quelle autorité, dit-il à l'Arrancar, qui fronça légèrement les sourcils devant cette familiarité.

Shawlong recula d'un bond et agita son katana d'un air contrarié.

-Je souhaiterais que vous vous concentriez un peu plus sur le combat. Je serais frustré de vous tuer sans que vous n'ayez combattu comme il faut.

Shunsui baissa ses cimeterres pour qu'ils reposent sur le sol, soulageant quelques instants ses bras avant le véritable combat.

Un soupir s'échappa de ses lèvres, il ne souriait plus.

-Je trouve cela vraiment inutile, dit-il simplement. Mais c'est impossible de vous laisser évoluer en liberté ici.

Shawlong mit son sabre devant lui, son visage se referma aussitôt. Il semblait content que le capitaine en face de lui devienne enfin sérieux.

Seule une veine sur l'avant bras de Kyouraku trahissait sa nervosité. En l'espace d'une demi-seconde, il disparut soudain. Se retrouva instantanément derrière l'Arrancar qui para en faisant volte-face.

Le cimeterre qui n'était pas coincé par la lame de Shawlong fendit l'air pour tenter d'atteindre l'adversaire à la tête. Shawlong s'accroupit de justesse pour éviter le coup, dégagea sa lame en ripant sur la garde du cimeterre de Kyouraku et effectua un demi-cercle du poignet pour accompagner son sabre vers la jambe du capitaine. Au dernier moment, Kyouraku recula d'un petit bond. Il ne laissa aucun répit à son ennemi et attaqua à nouveau.

Ukitake jeta un léger coup d'œil vers sa gauche. Kyouraku semblait s'en sortit, Nanao était hors combat. Rien à craindre de ce côté.

Sentarô et Kiyone se disputaient dans un coin, devant deux Arrancars qui visiblement perdaient patience. Il essaya de ne pas s'inquiéter, mais il ne put s'empêcher de ne pas les quitter des yeux.

-S'il te plaît, Shinigami, ne me fait pas l'affront de m'ignorer. Je ne suis pas Shawlong. Je n'aurai aucun scrupule à frapper si tu n'es pas concentré.

Ukitake coupa difficilement le contact visuel avec ses subordonnés. Il fronça les sourcils, énervé par cet Arrancar.

-Très bien, dit alors Ilforte en voyant son adversaire se mettre en position de combat. Ca sera plus amusant.

Ilforte disparut à ces mots. Il réapparut devant Ukitake, qui croisa instantanément ses sabres devant lui pour coincer la lame meurtrière entre eux, à quelques centimètres de son visage. D'un geste sec, il les retira en provoquant des étincelles. Il ne laissa pas Ilforte se ressaisir et effectua un Shunpô pour se retrouver sur le côté de son ennemi. Un sabre fendit l'air pour viser le dos d'Ilforte, tandis que l'autre se frayait un chemin pour atteindre le torse.

Ilforte para celui qui visait sa poitrine, et sauta en prenant appui sur le katana de Jyuushiro pour éviter l'impact meurtrier de la deuxième lame.

Avec rapidité, il répondit en attaquant de la pointe de son katana. L'attaque étroite faillit atteindre son objectif, mais Jyuushiro dévia la lame d'un sabre et coinça l'épée ennemie entre ses deux lames. Il fit se lever les trois lames d'un geste sec, et il atteignit le ventre d'Ilforte d'un revers de pied. Le Zanpakutoh de l'Arrancar glissa entre les sabres jumeaux d'Ukitake en créant des étincelles multicolores. Soufflé par le coup, Ilforte recula en glissant sur ses sandales.

Les deux adversaires reprirent leur souffle l'espace d'un instant, et le combat reprit de plus belle.


Hisagi se refusait à libérer le Shikai de son Zanpakutoh, mais il devait reconnaître que cet Arrancar inconnu en face de lui était beaucoup plus fort que ce qu'il avait pensé.

-Kougya est amusé, Kougya croyait que les Shinigamis étaient plus forts !

La voix nasillarde de cet Arrancar et sa manie de se prénommer à la troisième personne du singulier commençait à énerver le lieutenant de la 9ème Division.

Pour éviter d'en entendre plus, il se rua sur lui. Kazeshini traça vers les mollets de l'Arrancar, mais celui-ci sauta avec agilité pour se retrouver hors de portée.

Le rire nasillard de Kougya acheva de martyriser les pauvres nerfs d'Hisagi.

-Très bien, tu l'auras voulu. Implore tes Dieux, Arrancar. Fauche, Kazeshini.

Dans un nuage de fumée ocre, le Zanpakutoh se modifia pour former une faux noire terminée par une chaîne.

Sans attendre la réaction de son adversaire, Shuuhei fit un bond agile pour se rapprocher de son ennemi en faisant tournoyer au dessus de lui la faux tenue simplement par sa chaîne.

Kougya roula sur le côté pour éviter la première attaque, se releva aussitôt et para le roulement mortel de Kazeshini en reculant. Le Zanpakutoh de l'Arrancar parait à droite, puis à gauche, puis à droite encore, avec une rapidité déconcertante. Hisagi avançait à mesure, espérant fatiguer son ennemi ou réussir à trouer sa défense.

Soudain, contre toute attente, Kougya bondit en arrière pour se donner un laps de temps de quelques secondes. Il agita son katana au dessus de sa tête, visa rapidement et lança sa lame en direction de la spirale mortelle de Kazeshini.

Surpris, Hisagi n'arrêta pas son mouvement rotatif en se disant que la lame serait stoppée dans son élan. Mais la lame, lancée avec une précision diabolique, traversa au bon moment la barrière formée par la faux en mouvement, et se glissa dans un maillon de la chaîne. Alors que la lame fichée dans le chaînon arrêta brusquement la rotation de la faux mortelle, Kougya disparut en Sonidô pour tenter de récupérer son Zanpakutoh maintenant que Kazeshini était stoppé.

Revenu de sa surprise, Hisagi empêcha l'Arrancar de récupérer son sabre en tira d'un coup sec sur la chaîne qu'il avait gardée en main. La faux fut projetée en arrière, hors de portée de Kougya.

Celui-ci se redressa alors, et fronça les sourcils.

-Kougya pas content. Kougya très fâché.

Hisagi ne put retenir un sourire.

-Tu m'en vois ravi, mon gars.

L'Arrancar croisa les bras, visiblement boudeur. Shuuhei était peu habitué à ce genre de réaction, et fronça légèrement les sourcils. Il retrouva sa position de défense en voyant les lèvres de son ennemi bouger.

-Gémis, Pulpo (pieuvre).

Le Zanpakutoh, toujours bloqué dans la chaîne de Kazeshini, se transforma soudain en un tentacule gluant qui s'agrippa aussitôt aux maillons de la chaîne noire.

Hisagi tenta de se débarrasser de cette chose qui s'entortillait à son Zanpakutoh et qui s'allongeait au fur et à mesure pour atteindre sa main. La faux fendit l'air à droite, à gauche, mais malgré la violence dont faisait preuve Hisagi, le tentacule s'accrochait comme une sangsue.

Plus loin, Kougya rigolait en assistant à la scène. Sa peau était à présent violette, et le petit bout de masque blanc qu'il avait avant sur le sourcil lui cachait tout le visage, ne laissant qu'une surface plate. Sa forme Resurreccion n'était pas très belle à voir.

-Meurs, Shinigami. Kougya le veut.

Le tentacule avait enserré la main d'Hisagi qui s'était refusé à lâcher son Zanpakutoh. La chose gluante remontait le long de son bras, atteignait presque son épaule. Il allait bientôt atteindre le cou, et pas besoin d'être savant pour savoir ce que le tentacule allait faire une fois arrivé là.

La matière était trop molle et gluante pour le saisir avec sa main libre. Le rire de l'Arrancar plus loin exaspérait encore plus le lieutenant, qui sentait son esprit s'alarmer devant l'urgence de la situation.

D'un geste rageur, il ramena en arrière son bras emprisonné du tentacule qui tenait la chaîne. De sa main gauche, il attrapa au vol la faux ainsi ramenée, et disparut en Shunpô vers l'Arrancar.

- Pulpo ! Rugit Kougya.

Le tentacule fondit sur la faux pour la stopper et s'enroula autour de l'arme. Sans s'arrêter ni même ralentir, Hisagi abattit la faux sur le sol pour trancher le tentacule qui s'était accroché au tranchant de la lame. Prenant élan de ce coup, le lieutenant bondit par-dessus la faux plantée dans le sol. D'un geste sec, il tira à nouveau sur la chaîne pour libérer Kazeshini planté dans le sol. Le tentacule avait atteint d'un bout l'épaule, et de l'autre le manche de la faux. Dernier moment.

Kougya amorça un Cero en voyant son ennemi si près. Mais il n'eu pas le temps de le finir avant que sa tête ne finisse coupée sur le sol.


Hinamori regarda le deuxième Arrancar se consumer dans les flammes ardentes de Tobiume. Si Shunsui Taichô, Ukitake Taichô et Hisagi Fukutaichô avaient prit les adversaires les plus durs, Kira, Sentarô, Kiyone et elle avaient pour ordre de s'occuper des Arrancars les plus faibles ayant suivit la Fraccion de Grimmjow.

Un simple coup d'œil à droite lui permit de voir un Arrancar se ruer sur elle. D'un geste sec, elle trancha le bras de son attaquant avec son Zanpakutoh enflammé.

Enervée que deux autres Arrancars l'attaquent alors qu'elle n'avait pas achevé celui-ci, elle planta rapidement Tobiume dans le sol.

-Sur le Mur d'une Flamme Bleue, écrivez un Double Lotus. Dans les Abysses du Brasier, attendez au Lointain Paradis. Art. Destruction N° 73 : Souren Sokatsui !

Les boules d'énergie bleue qui fusèrent des mains jointes d'Hinamori achevèrent sans difficulté les quatre Arrancars.


Kira acheva un Arrancar après avoir quintuplé le poids de son Zanpakutoh avec Wabisuke, quand soudain, il y eu un éclair instantané suivit d'un bruit sourd.

L'espace d'une seconde, tout le monde leva la tête.

-Ah, enfin ! C'est pas trop tôt ! Grogna Ilforte. Il prend vraiment son temps, celui-là !

La pression spirituelle qui s'échappa du Seireitei à cet instant précis fut comme un électrochoc pour Ukitake.

-Sentarô ! Kiyone ! Courrez au Seireitei ! Niveau d'alerte maximum !

-Compris ! S'exclamèrent les deux subordonnés sans se disputer, pour une fois. Ils quittèrent les lieux en courant, Kira s'occupant des Arrancars qu'ils avaient laissés en plan.

-Tu sembles inquiet, Capitaine, se moqua Ilforte en regardant Ukitake. Après tout, ce n'est jamais qu'un Espada.

Kyouraku et Jyuushiro échangèrent un bref regard inquiet.

-Alerte au Seireitei ! Alerte au Seireitei ! Un objet non identifié s'est écrasé dans les quartiers de la 6ème Division ! Alerte !

-Chojirô ! S'exclama Yamamoto en se redressant de son siège, les yeux fixés sur le balcon qui donnait sur le Seireitei. Ordonne immédiatement l'évacuation de la 6ème Division ! Aucun des Shinigamis n'est de taille à affronter un Espada !

-Bien, Yamamoto-sama.

Le lieutenant disparut aussitôt. Le message d'urgence continuait de résonner dans tout le Seireitei.

Au même instant, dans les débris de d'une maison effondrée, une fumée ocre s'élevait t masquait la vue. Tous les Shinigamis présents avaient été réveillés en sursaut, ou simplement surpris dans leurs activités journalières. Il régnait une grande pagaille.

Qu'est ce qui s'était écrasé là ?

Une voix grave s'éleva au milieu de la fumée opaque.

-Bon sang de bon sang, quel abruti ce Szayel ! Il aurait pu viser un peu…

Une silhouette se dessina. Les Shinigamis présents dégainèrent prestement leurs Zanpakutohs, inquiets de ce reiatsu écrasant émanant de cette silhouette imposante.

A vrai dire, ces Shinigamis ne purent voir et entendre encore que trois choses :

Un sourire machiavélique, dévoilant des dents carnassières.

Une voix grave et menaçante qui prononça distinctement « Qui veux mourir en premier ? ».

Et un numéro tatoué en gras sur une épaule imposante.

Le numéro 10.


Voilà donc la suite! Vraiment, je suis une vraie catastrophe... Je publie à coup de lance-pierres... Enfin, me pardonnerez vous?

J'espère que vous avez aimé! =)