Chapitre 2
Je regardai l'écran de mon BlackBerry tapant en vitesse un message sur twitter pour prévenir Suigetsu qu'il avait intérêt à m'acheter un pass VIP pour la boîte de nuit s'il ne voulait pas avoir de problème. Par exemple, émasculation.
Je hélais un taxi dans la rue en levant le bras au moment où je reçus un message en réponse.
Karin, comme à son habitude, avait dérobé le portable de Suigetsu et me répondit qu'elle avait déjà pris un pass VIP pour moi, un petit smiley tirant la langue me faisant comprendre que la carte bancaire de mon ami avait encore dû en prendre un coup.
J'affichai un léger, très léger, sourire amusé me demandant comment je faisais pour supporter des amis pareils. Enfin, ils étaient marrants même si je savais que leurs intentions envers moi n'étaient pas dénuées d'intérêt.
Il était toujours bon d'avoir le fils du patron de la multinational Uchiha&cie dans ses contacts, même si je n'étais que le fils indigne et tellement loin du si parfait Itachi, le fils prodigue et surdoué.
Le chauffeur du taxi, au trop fort accent italien pour être réaliste, me demanda où je voulais aller. Je lui indiquai l'adresse de mon appartement et je m'enfonçai dans le fond de mon siège en regardant à travers la vitre de la voiture le paysage urbain défiler sous mes yeux.
La tête posée négligemment contre la vitre, je levai mon regard vers le ciel brumeux de la ville. Je me demandais si un jour j'y verrais les étoiles mais la pollution m'indiqua plutôt que cela n'arriverait jamais. Tout du moins, entre deux nuages la lune était toujours là mais elle semblait tellement inaccessible.
Je posai doucement mes doigts sur la vitre en soupirant, peut être qu'un jour j'arriverais à briser les ténèbres qui m'entouraient comme le faisait la lune avec ses faibles rayons, pâle reflet du soleil. Moi je n'avais même pas de soleil pour me faire briller, alors je me laissais engourdir par la pollution ambiante.
Je fus soudain sorti de ma rêverie par la voix grasse du chauffeur. J'étais arrivé chez moi. Je le payai rapidement et montai dans mon appart' qui se trouvait sous les toits. Je balançai mon manteau sur la commode de l'entrée et me déshabillai au fur et à mesure que je traversais les pièces. J'étais complètement nu une fois arrivé dans la salle de bain. J'entrai dans ma douche, m'ébouillantant sous l'eau trop chaude mais tellement vivifiante. Je fermai les yeux, laissant l'eau glisser doucement sur mon corps tel une légère caresse. Je faisais le vide dans mon esprit, essayant de briser l'anneau qui me serrait le cœur, mais seul le désespoir et une rage sourde prirent, encore une fois, le pas sur moi. Des larmes incontrôlables se mélangèrent à l'eau qui ruisselait sur mon visage tandis que je serrais les poings d'un geste convulsif.
Lorsque l'on me voyait pour la première fois, on pensait toujours que j'étais quelqu'un de froid et sans cœur mais j'étais quelqu'un de profondément blessé par la vie. Quelqu'un qui se cachait sous une carapace d'impassibilité et de répliques acides. Mais dès que j'étais seul, je me sentais atrocement faible. Tous mes problèmes me revenaient comme une claque douloureuse en pleine face. Je supportais mal d'avoir été ainsi mis au banc de ma famille, de voir que ceux qui auraient dû me soutenir et m'aimer étaient les premières personnes qui m'avaient rejeté. Mon cœur se serrait encore douloureusement quand je me remémorais le regard si dégoûté de mon père sur moi quand j'avais osé lui avouer que je n'aimais pas les filles. Il avait honte de moi. J'avais perdu mon honneur. Je n'étais plus un vrai Uchiha. J'avais perdu tous les repères. Alors j'avais plongé dans un océan de plaisirs charnels pour m'oublier. Cependant la jouissance n'était qu'éphémère mais cela me permettait de survivre.
Je sortis de sous ma douche enroulant une serviette autour de mes hanches fines. Je posai mes mains de part et d'autre du lavabo, me regardant d'un air vide dans le miroir. J'eus envie de briser ce miroir qui me renvoyait une image que je n'avais pas envie de voir. J'étais définitivement beau, et définitivement d'une beauté féminine et délicate, aucune virilité dans mes traits et cela m'agaçait profondément. Je balançai un regard noir à mon reflet.
Au moins, j'avais toujours un regard de démon des glaces quand j'étais en colère, surtout que cela en déstabilisait plus d'un de ne pas voir mon iris si bien mélangé au noir de ma pupille si sombre. Je me mis à sourire de manière inquiétante, prenant un air de psychopathe, avant de me mettre à rire comme un dément. Finalement, excédé par cette face sombre de ma personnalité qui n'existait pas avant, j'attrapai le pot de fleur de la commode et le balançai sur le miroir qui se brisa violemment dans un bruit sinistre. J'étais devenu vraiment lunatique. Avoir perdu mon statut d'Uchiha m'avait quelque peu blessé et je passais du calme le plus total aux colères les plus extrêmes. Mon prof d'arts martiaux avait sûrement raison en disant que je me laissais engloutir par mes émotions. Mais il se laissait glisser sur une pente aussi vicieuse que la mienne avec son bouquin sur le batifolage.
Et puis personnellement, je pensais plus être atteint du syndrome de la cocotte-minute: j'enfermais toutes mes rancœurs, je laissais mijoter un bon moment, de plusieurs semaines à plusieurs mois, et de temps à autres je lâchais la pression par la cheminée puis j'explosais pour de bon sur le premier inconnu qui tombait sous ma main et qui avait le malheur de faire la remarque qui faisait sauter mes gonds. Aujourd'hui, j'avais lâché un peu de pression sur ce type mais j'avais besoin d'un peu plus pour réussir à me sentir à peu près bien et j'avais rien trouvé de mieux que le sexe.
Sur cette pensée, je me rendis dans mon dressing. N'étant pas particulièrement accro à la mode, n'étant même pas du tout intéressé par ça, je haïssais devoir aller dans des magasins pour piétiner pendant des heures dans des rayons remplis de bouts de tissu colorés, tout ça pour claquer son fric devant une caissière qui vous faisait un sourire magnifiquement factice. Par conséquent, j'avais une garde-robe plus que classique à dominante de noir et de blanc, ça avait le mérite d'aller avec tout. J'enfilai un boxer, une chemise blanche cintrée que je laissai légèrement entrouverte, laissant voir une chaîne en argent, et un jean stone retenu sur mes hanches minces par une ceinture en cuir noir. Je jetai un petit coup d'œil dans le miroir et me trouvant classe habillé ainsi, j'appelai un taxi. J'eus la pensée fugace qu'il faudrait peut-être que je passe mon permis car à 20 ans, c'était ridicule de ne pas encore l'avoir. J'allai sur mon balcon et m'accoudai à la rambarde en regardant la rue éclairée par les réverbères. J'avais une atroce envie de fumer une clope mais je n'en avais aucune sous la main. Je soupirai faiblement et laissai pendouiller mon bras dans le vide, frissonnant doucement en sentant le vent me lécher la peau. Diverses pensées assaillirent mon esprit que je chassai du revers de la main. Puis le bruit caractéristique d'une voiture retentit, mon taxi était arrivé juste au bon moment pour que je ne sombre pas, encore une fois, dans mes pensées moroses et inutiles.
Je me détournai du vide et me rendit dans l'entrée. J'attrapai mes clés et mon manteau au vol avant de claquer d'un geste vif ma porte. Puis je dévalai l'escalier. J'aurai pu prendre l'ascenseur mais j'aimais cette étrange sensation d'infini. Au début, lors des trois premiers étages, on commence simplement à prendre le rythme. On installe la régularité de nos pas, le mouvement de nos jambes, la place de notre souffle puis on continue à le faire sans y penser. On pense alors que cela ne va jamais s'arrêter, qu'on continuera inexorablement à descendre comme si l'escalier continuait à l'infini. Il n'y plus de fond : ni enfer ni paradis, aucun changement, la mort n'existe plus. Ce n'est rien qu'une longue descente régulière, interminable. A perte de vue. Ce sera sans arrêt. Un instant d'éternité. Alors pour vaincre cette monotonie, on imagine. On s'invente passer des zones colorés. On se crée des étages gelés et d'autres brûlant, des obscurs et des lumineux, de long passages surpeuplés et des désertiques. Mais une constante reste, il n'existe pas de fin à cette descente. Puis alors que parti dans un univers où l'on contrôle tout et en même temps, rien, le rez-de-chaussée vous fait face. Et vous restez là pantelant, comme sorti d'une transe devant cette espace que vous aviez oublié. Je restai sans bouger, reprenant mon souffle et contact avec la réalité, avant d'ouvrir à la volée la porte de mon immeuble. J'eus une soudaine envie de fuir, de courir vite et loin sans but précis. Une atroce envie de liberté. Je fus rapidement ramené parmi le commun des mortels par le klaxon agressif de mon chauffeur de taxi. La main toujours accrochée à la poignée de la porte, je le regardai comme surpris de son existence. Mes rêves fugaces d'espoir s'effondrèrent d'un coup et je baissais la tête, enfouissant mes mains dans les poches de mon manteau en me dirigeant vers le taxi et vers le lieu où je devais me rendre initialement
Je m'assis encore une fois dans l'un de ses taxis. J'en avais rencontré des chauffeurs que ce soit, ici, à Paris ou dans d'autres pays du monde. Ils avaient chacun une personnalité propre à leur ville mais une chose restait constante, la chaleur des sièges dans mon dos et le bruit du moteur qui me berçait doucement. Cela calmait mes pensées tel un chat ronronnant sur mes genoux près d'une cheminée où crépitait de douces flammes chaleureuses et réconfortantes. J'aimais stupidement ce moyen de transport. C'était un autre façon que j'avais de me déconnecter de mon être et de penser avec lucidité, comme si j'étais protégé dans un cocon où personne ne me ferait de mal. Un cocon où personne ne critiquerait ce que je suis. Un cocon où ce que je suis ne poserait de problème à personne.
Le trajet en voiture dura 20 minutes avant de me déposer dans une ruelle sombre. Je sortis du véhicule, mon manteau claquant dans le vent. Je laissai la monnaie au chauffeur tandis que j'avais rivé mes yeux sur les néons criards qui me blessaient les yeux à cause de leur lumière trop agressive. Je pris une légère inspiration comme pour me donner du courage et je me dirigeai vers la boite de nuit dans cette petite ruelle sombre coincée entre deux réverbères qui essayaient tant bien que mal d'éclairer quelque chose de leur lumière jaunâtre.
D'une démarche traînante, comme redoutant de faire encore une fois face à ce que je ne voulais pas affronter, je me rendis devant l'entrée. Jûgo, comme à son habitude, m'accueillit avec un grand sourire. Il devait être l'une des rares personnes à être avec moi en n'ayant pas d'arrière-pensée mercantile.
"Sasuke ! Tu t'es décidé à venir ! Karin est en train de devenir folle à l'intérieur et le pauvre Suigetsu en voit de toutes les couleurs …"
"Hum…"
Note à moi-même, penser à faire des phrases avec sujet verbe complément quand quelqu'un me dit bonjour. Mais Jûgo, étant habitué à mes réponses laconiques, ne s'en formalisa pas et continua de me parler tandis qu'il me passait mon pass Vip.
"Enfin, tu es habitué à leurs engueulades… comme on dit qui aime bien châtie bien, et il semble qu'ils doivent s'aimer un peu trop…."
J'affichai un petit sourire de circonstance alors qu'au fond, je m'en fichais pas mal. Ils auraient pu s'étriper devant moi que cela ne m'aurait pas gêné plus que ça. Je tendis le pass au videur qui me laissa entrer après m'avoir regardé de haut en bas. Sans un regard pour cette montagne de muscles, j'entrai dans la boite. Je déposai mon manteau au vestiaire avant de m'engouffrer à l'intérieur. La première chose qui me frappa fut le bruit absolument assourdissant de la musique techno qui me vrilla les tympans. Fronçant les sourcils, je traversai la piste de danse, slalomant entre les corps en mouvement et en sueur. Des filles en minijupes se trémoussaient, émoustillant les hommes par leurs mouvements de hanches plus que provocateurs. Des hommes se secouaient dans tous les sens, donnant l'impression qu'ils étaient en transe. Et ces corps se frôlaient, se frottaient, se collaient sans pudeur. Homme et femme, femme et femme, homme et homme. Chacun prenait le partenaire qu'il voulait pour simplement vivre un intense moment de luxure en oubliant toutes les règles et la morale que la société voulait nous imposer. Et moi, je circulais au milieu, m'imprégnant de cette ambiance torride. Je glissais entre des hommes et des femmes, touchait des peaux inconnues, me gorgeant de ce délicieux appel à la luxure.
Puis j'arrivai près du bar où je m'échouai sur un des sièges, sortant de cet océan de corps. D'un mouvement de main, j'appelai le barman et me commandai un martini. Puis je tournai mon regard vers la piste de danse, cherchant ma nouvelle proie. Mon regard fut immédiatement happé par un regard d'un bleu comme je n'en avais jamais vu. J'avais envie de m'y plonger et de m'y noyer. Mais un mouvement de tête me cacha ces yeux qui furent voilés par une abondante frange d'un blond lumineux. Je fis dériver mon regard vers le reste de son visage, parcourant des yeux ses joues marquées par de fines marques paralléles lui donnant un air félin. Je fus alors attiré par ses lèvres qu'il s'était mis à lécher doucement dans un jeu de séduction plus qu'évident. Je continuai l'exploration de ce corps tentateur en admirant son torse bronzé et musclé largement dévoilé par une chemise orange tout aussi largement ouverte. Je tiquai une microseconde sur cette couleur, la trouvant de mauvais goût mais qu'avais-je à faire du goût vestimentaire de cet homme avec lequel je voulais simplement partager une nuit ? J'arrivai alors à la lisière de son jean noir qui laissait deviner qu'il était gâté par la nature, je n'avais plus qu'à espérer qu'il sache aussi s'en servir. J'aurais pu continuer à le regarder danser pendant des heures en sirotant doucement mon verre de martini. M'enivrant de chacun de ses mouvements de bassin, de ses mains passant sauvagement dans ses cheveux, de cette façon qu'il avait de rejeter la tête en arrière, dévoilant son cou que j'avais envie de recouvrir de morsures, de sa langue humectant ses lèvres pulpeuses, de ses mouvements de hanches lascifs ou féroces selon la musique. J'avais envie de lui.
Soudain, une main se posa brutalement sur mon épaule, me faisant si fortement sursauter que je faillis lâcher mon verre et une voix que j'aurai reconnue entre mille me dit à l'oreille.
« Tiens tiens, un ami… »
Tadam ! Ouh que je suis cruel de couper ici ! Mwahaha !
Mais si vous voulez que je continue, une petite review ne serait pas de refus, n'est ce pas, Sasuke ?
Sasuke: je préfére quand tu me laisse tranquille...
Akana: tu es jamais satisfait toi...
Sasuke: comment veux tu que je sois satisfait alors que ça fait deux chapitre que tu me fais passé pour une mauviette ...
Akana: mais non ... tu es juste un peu ... hum...torturé c'est tout
Sasuke:...
Akana: bah quoi ?
Sasuke: je me retiens de te tuer alors chut
Akana: ... *fuit très loin*
