Suite à un défaut d'interprétation, voici un préquel du chapitre précédent, du point de vue de Reese...
La voiture s'était garée sur un parking.
Reese s'extasiait sur le tableau de bord de la Mercédès. Il était plein de boutons qu'il ne connaissait pas et l'intriguaient au plus haut point.
- Tu as vraiment l'air perdu, mon petit…
- Il sert à quoi ce bouton ?, demanda Reese en montrant de quoi il parlait du doigt.
- La climatisation. Ces vêtements, ils viennent de l'Armée de Salut, n'est-ce pas ?
- De mon grand frère Francis. Et cette petite touche, là ?
- C'est la fermeture automatique des portes. Tu dois sûrement avoir besoin d'un peu d'argent, non ?
- Waaah, et ce petit panonceau sur le pare-brise ? Ça dit « M…a…i belge ». Non. « I japonais ? I russe ? »
Le vieil homme soupira d'agacement.
- C'est un i grec !
Reese s'éclaira.
- Ah oui, c'est ça ! « I grec, O, R. MAYOR »…
Il jeta alors un coup d'œil au conducteur.
- Ah mais attendez, ça veut dire que vous êtes le maire ?
Ce dernier se rengorgea.
- En effet. Et je tiens à te dire que je compte bien changer les choses pour faire en sorte que toutes les familles, y compris les familles comme la tienne, puissent vivre dans notre paisible petite ville dans des conditions décentes, car nous sommes une communauté citoyenne qui doit s'occuper des pauvres et des indigents; et que, même si, à bien des égards, il y a, et je le déplore, des restrictions budgétaires nous obligeant à...
Évidemment, l'adolescent avait cessé de l'écouter depuis longtemps et tripotait le levier de vitesse.
- Allons, mon petit, cesse de t'agiter, nous pouvons trouver une solution ensemble... susurra le vieux en posant sa main sur la cuisse du jeune homme d'un air paternel - ou pas.
Le garçon sursauta brusquement et donna un coup violent…dans l'air bag.
Ils se déclenchèrent tous, et le maire se prit celui du volant dans le nez.
- AÏEUH !
Reese essaya de sortir, mais la porte était coincée. Il tapa alors dedans de son épaule, tandis que l'autre se débattait pour ne pas étouffer; il appuya par accident sur l'ouverture auto des portières, et Reese put enfin sortir, s'écrasant sur le macadam. Il se trouvait sur un petit parking isolé, qu'il ne reconnaissait pas, surtout dans l'obscurité. La nuit venait de tomber, sans qu'il ne s'en rende compte.
C'est alors que des feu d'artifices se mirent à exploser non loin de là. Il vit alors de magnifiques arceaux de lumière, il entendit des grésillements, des sirènes; il sentit une odeur de cramé, comme la fois où il avait décidé de mettre un appareil électrique sur chaque trou de la vieille multiprise à la maison - mais en dix fois pire. De la fumée vînt lui piquer le nez et les yeux.
- Reviens ici !, s'écria le vieux pervers qui avait réussi à sortir de sa voiture.
Reese s'enfuit en direction de la lumière. Il faut toujours suivre la lumière.
