Chapitre 4 :

Randy avait regardé fixement cette photo, le ciel semblait lui être tombé sur la tête, les pensées se bousculaient. Qu'est-ce-que S. attendait de lui ? Que voulait-il faire de ce cliché ? Y en avait-il d'autres ? Gale avait-il reçu le même ? …

« Bon, camarade, il va falloir penser à un plan d'attaque... T'emballe pas, laisse moi la journée, on en reparle ce soir. » Phil était pressé, un rendez-vous important avec un galeriste. Il laissa le jeune homme avec la promesse d'en discuter le soir. « Chez Berth... 21 h.. Ça te vas ? » Puis, il était parti en embarquant le sac de Donuts.

La journée de répétition s'était mal passée. Quoi de surprenant ? Randy n'était pas à ce qu'il faisait, le metteur en scène s'énervait, ses partenaires perdaient patience...

« Désolé, vraiment... À demain. » L'air frais de la rue, le petit vent du Nord, lui remit un temps la tête à l'endroit.

Gale avait laissé le message du matin habituel, puis, un autre 7 heures plus tard... Puis, un 3ème resté lui aussi sans réponse... La pause déjeuner prise sur le pouce, il se demandait ce que faisait Randy. Ce n'était pas dans son habitude de ne pas répondre. Voilà, il pensait à cet instant même que si tout avait été « normal », il aurait pu parler avec la maquilleuse, dire qu'il se faisait du soucis, partager un peu de son inquiétude passagère avec quelqu'un. Là, il restait seul devant son portable silencieux.

Ce soir, il devait parrainer un gala de bienfaisance, une récolte de fonds pour un centre culturel GL.

Quand Randy rentrait à New York, Gale ne pouvait pas s'empêcher de se demander ce qui se passerait, si celui-ci croisait son ex, S.. Il était loin de se douter qu'il n'avait pas besoin de hasard pour cela, S. traquait les moindres faits et gestes de son ancien compagnon, suivant ses déplacements, espionnant ses contacts, ses amis, rodant dans les parages tel un fauve guettant sa proie.

Il avait embauché un détective redoutable : Derreck Jonhson, dont la devise était : « Nous trouvons ce que vous cherchez »... Et Jonhson n'avait pas eu à fournir de gros efforts, pour trouver les raisons, des allez/retours de Randy à L.A... Les photos n'avaient été qu'un jeu d'enfants.

S. attendait à présent que le jeune homme se manifeste. Ce qu'il espérait ? Il ne savait pas encore vraiment. Au moins le revoir, lui parler, savourer encore une fois sa domination, sa victoire. Sentir la peur dans les yeux de celui qui avait cru pouvoir lui échapper.

Chez Berth, Phil attendait en se goinfrant de pistaches.

« Putain, qu'est-ce-que tu glandes ? Randy, rappelle ton mec, il m'a déjà laissé 2 messages, je sais pas quoi lui dire... »

« Oui, je vais le faire » Randy s'asseyait, en retirant son manteau, son bonnet, son écharpe.

« Bon alors, j'ai pensé à un truc, parce que je suis pas con et que je suis prévoyant, MOI, alors surtout, tu te fâches pas... » Phil attendait le feu vert.

« Promet ! »

« Oui, ok, je promets. Allez, balance » Répondait le jeune homme livide.

Phil lui tendit alors son portable. Randy sortit ses lunettes. Sur l'écran apparaissaient plusieurs clichés, lui à l'hôpital, torse nu, des hématomes sur le corps. Son arcade aussi.

« Putain Phil, tu as pris ça ? Je m'en souviens plus... »

« Oui, mon petit bonhomme! Et c'est pas fini. Je suis allé voir à l'hosto l'interne, il a bien fait un rapport détaillé, enregistré dans les archives des urgences. Donc, laisse-le venir ton connard, on l'attend au virage. Il bouge le petit doigt et on lui balance le scud ! Alors bon je veux pas tirer sur une ambulance, mais si tu avais été porter plainte tout de suite... À cette heure, ton psychopathe dormirait en tôle ! Bref, alors, on dit merci qui ? »

« Je fais comment ? » Randy était perdu, largué, il se laissait prendre en charge par un Phil au taquet, galvanisé par l'idée d'en découdre avec S. qu'il n'avait jamais pu sentir.

« Alors, tu lui donnes un rendez vous. Et me dis pas que tu as oublié son numéro de portable. Tu le laisses bien dévoiler ses batteries, et au dernier moment, quand il croit t'avoir eu...Tu abats tes cartes.

File lui rencard dans un lieu public, et je t'accompagne. En filature discrète... »

Le mot fit sourire Randy. Phil était tout ce qu'on voulait, gentil à l'extrême, généreux, spontané, colosse au cœur énorme, mais discret, non, ce n'était pas l'adjectif auquel on pensait quand on le voyait.

1m95 de force (pas toujours) tranquille, un accoutrement de post ado assez détonnant pour ses 35 ans, un goût prononcé pour les T Shirt à messages douteux, et ses bimbos qu'il appelait hypocritement « artistes en devenir » parce qu'elle « débutaient » dans les calendriers pour camionneurs. Oui, Phil était tout ce qu'on veut... Sauf... Discret !

« Phil, qu'est-ce-que je fais ? Je le dis à Gale ?»

« Camarade, imagine, tu lui dis pas et boum, patatra, il reçoit la même photo demain... Ah ? Tu y as pensé à ça ? »

« Non, je crois que S. n'en a qu'après moi... » Répondit le jeune homme.

« Taratata... Pas d'accord, il est peut-être ramoné du bulbe ton journaleux de mes 2 mais je le vois bien essayer de gagner sur les 2 tableaux. Il arrive à te revoir, et d'un autre coté, il fait chanter Gale et lui réclame du fric ! »

Décidément, Phil avait pensé à tout.

« Écoute lapin, tu l'aimes ton mec ? Oui ? Alors lui mens pas, faut jamais mentir. Allez, courage, je résume : 1°, tu fixes un rencard à ton corbeau, 2° tu appelles ton Jules avant qu'il nous fasse une dépression. Exécution. Right now ! »

Randy se leva, alla demander au barman de lui passer le téléphone fixe.

« Allô, S ? Rendez-vous demain à 20h, à la patinoire de Church street. »

« Non, ça ne se passe pas comme ça. » répondit l'autre puis continue :

« JE décide où, quand et comment. Demain 20h, OK, mais chez moi. C'est à prendre... Ou... Ton chéri va faire la une de l'actu. » Le bip d'un téléphone qu'on raccroche résonnait encore dans la tête de Randy.

« Et ben tu vas y aller. T'inquiète, je serai en bas de l'immeuble, on va faire comme ça, tu laisses ton portable branché, tu écris à l'avance « help » sur ton texto, et au moindre problème, tu n'as plus qu'à me l'envoyer, discretos, et je surgis tel Batman ! Il est pas beau mon plan ? » Randy esquissait un sourire devant l'énergie déployée par son ami, mais la vérité, c'était, qu'il était pétrifié de peur.

« Allo Gale ? C'est moi... Désolé, j'aurais dû t'appeler plus tôt, mais... Voilà... »

Et Randy raconta tout, le courrier, la photo, le rendez vous, la menace, sa peur au ventre, l'envie de l'avoir prêt de lui pour qu'il le serre dans ses bras.

« N'y va pas. Tu m'entends ? N'y va pas.. » Gale tentait de masquer sa fureur.

« Gale, si je n'y vais pas, demain, toute la presse est au courant. »

« et alors ? Tôt ou tard ça devait arriver, laisse6le ! »

« pas comme ça... Pas avec ces... Photos. Gale, » Le jeune homme tentait de convaincre que l'on pouvait éviter le scandale.

« Écoute moi, j'ai une carte à jouer, je vais le faire, te fais pas de soucis, Phil sera avec moi »

« NON RANDY ! Je t'interdis d'y aller, tu m'entends ? » Gale avait repris ce ton autoritaire qui lui venait tout droit de ses années passées avec Brian Kinney. D'habitude, cela marchait plutôt bien, sauf que là, il le savait, le continent qui le séparait de son ange, lui interdisait tout contrôle sur ses mouvements. Il ne pouvait strictement rien faire. Prendre le premier avion pour New York était impossible. Et il enrageait de son impuissance.

« Fais-moi confiance, je ne veux pas que tu sois salis... » Randy adoucissait sa voix.

« Gale, tu m'écoutes ? »

« C'est un fou, et s'il te cogne ? Tu y as pensé ? »

« Non, il veut négocier, je crois pas qu'il soit dans cette optique » Tentait de rassurer Randy.

« C'est quoi ta carte à abattre ? » Demandait Gale dans un soupir.

« Phil a monté un dossier sur mon... Agression, des photos, le rapport de l'interne des urgences... Si S. insiste, je porte plainte, il parait que ce n'est pas trop tard. Ce sera donnant donnant, il se la boucle et moi aussi ! » C'était jouable. Gale en convenait, la seule chose qui le rendait malade, c'est de savoir Randy seul, en face de ce type, qui avait osé lever la main sur lui, et puis... Ce n'était pas un maître chanteur ordinaire, ce S., plutôt un amoureux éconduit, alcoolique et violent. Dieu sait de quoi il était capable. Il n'espérait tout de même pas récupérer Randy par ce chantage ignoble ? On était pas dans la raison, mais dans la folie...

« Quoique je dise, tu ne changeras pas d'avis ? »

« Non. Je ne le laisserai pas détruire ta vie. Gale, moi, je suis PD, c'est pas un scoop, tout le monde le sait. Toi, ça t'appartient d'en parler, ou pas. Ça ne regarde que toi, et personne n'a à l'appendre de cette façon. » Le ton du jeune homme était ferme, et sans appel. Gale avait toujours admiré la maturité de ce gosse, et même si aujourd'hui, Randy n'en était plus un, pour lui, il restait le gamin à la blondeur d'enfant lisse, au regard espiègle et rieur qui faisait souvent preuve d'une sagesse, et d'une intelligence, stupéfiantes pour ses 20 ans...

« Randy, appelle-moi dès que tu sors de chez lui. »

« Promis, ne t'inquiète pas, ça va aller. »

« Je t'aime, si fort... Sois prudent, je mourrais s'il t'arrivait quelque chose. » Répondit Gale dans un souffle.

« Chut ! Personne va mourir, allez, on va juste jouer aux espions. On échange des documents à check Point Charly, rien de plus. » Randy tentait de dédramatiser. Puis, il ajouta :

« Je t'aime aussi. Plus que tout au monde. À demain »

Pour Randy, il était l'heure d'enfin dormir. Pour Gale, celle de se rendre à ce Gala, de sourire, de serrer des mains, de jouer son rôle de citoyen responsable et engagé, qui tenait à rendre à la communauté gay, un peu de ce qu'elle lui avait apporté !

Gale avait appelé Phil, dès qu'il s'était levé, il était 14 h à New York. Dans... 6 heures, Randy serait en face de son bourreau.

Le sculpteur s'était montré calme et rassurant. Gale se sentait un peu apaisé par cette force tranquille, qui disait les mots qu'il voulait entendre.

« De toutes façons mec, t'inquiète, Randy n'est pas seul, je l'accompagne, on sera en contact, au moindre problème, je suis là. »

« Merci Phil. Je me sens tellement... »

« Impuissant ? Suis sûr du contraire » Plaisanta Phil dans un grand éclat de rire.

À 19h30, Randy se sentait de moins en moins prêt. Il avait préparé son petit dossier, avec les photos, le rapport du médecin urgentiste que Phil avait soudoyé pour qu'il lui cède une photocopie ( encore un gay, celui là, sûrement, avait-il pensé !) et sorti une exemplaire d'une fiche de plainte qu'il avait pré rempli. Bonnet vissé sur la tête, gros manteau écharpe et lunettes, il attrapa ses gants en sortant.

Phil faisait les recommandations d'usage :

« Portable chargé ? OK ! Texto programmé ? OK, bombe lacrymogène ? OK ! » Puis quelques instants après il dit :

« Bon, alors, tu souris pas. »

« Phil, tu crois que j'ai vraiment la tête à me marrer ? » Objectait le garçon en levant les yeux au ciel.

« On sait jamais, c'est ta nature. Alors, répète après moi : je vais lui exploser sa race à ce bâtard ! » assénait Phil.

« Phil... »

« Répète ! » Ordonnait son ami.

« ..Sa race, à ce.Bâtard. Ça te va ? »

« Mwai, pense que tu es un killer ! » Conseillait le sculpteur d'une voix doctorale...

« C'est ça. En fais pas trop quand même, on tourne pas un remake du silence des agneaux. » Répliqua Randy en refermant la porte du studio derrière eux.

20h ! Le code n'avait pas changé, le portier de l'immeuble l'avait salué d'un « Bonsoir Monsieur Harrisson » même pas étonné de sa présence. Cela faisait pourtant bientôt 4 mois qu'il était parti.

La grosse porte grenat, s'ouvrit sur un S. au regard de feu.

« Entre, mets-toi à l'aise » Le ton avait quelque chose d'un peu empreinté, comme hésitant.

Randy sentit qu'il allait falloir la jouer fine. Il éprouvait à cet instant plus de dégoût que de crainte, et ce sentiment l'aidait à maintenir sa stratégie en ligne. Il enleva donc, bonnet, écharpe, gants et manteau. Il garda son sac avec lui comme prévu, cela eu l'effet de détendre l'adversaire.

« Assieds-toi, tu veux boire quelque chose ? »

« Non, ça ira, merci. » Randy maîtrisait sa voix, ne pas être trop cassant, ni trop « engageant », juste ce qu'il fallait pour mettre en confiance.

S. se servit un scotch, certainement pas le premier, visiblement. Il s'assit sur le canapé, un peu trop prêt.

Il fallu prendre sur soi pour supporter les banalités d'usage, sur le taff, la santé, supporter d'entendre dire combien il était sublime...

OK, s'il laissait S. délirer de la sorte, il aurait du mal à s'en sortir.

« Bon, alors, cette photo, tu comptes en faire quoi, au juste ? »

« Ça dépend de toi. » Et bien au moins comme ça, c'était clair... Enfin presque.

« C'est à dire ? »

« Voyons, darling, cette histoire n'est pas sérieuse, je te connais par cœur, je sais ce dont tu as besoin. Ce type ne s'assume pas, il ne le fera jamais, et puis, nous 2, c'est pour la vie, tu le sais bien. » S. tenta de caresser la joue du jeune homme qui eut un mouvement de recul.

« S., écoute, c'est fini, nous 2, je ne sais pas ce que tu espères avec ce chantage, mais c'est une impasse. »

« Hummm, trésor, je te croyais plus intelligent. Imagine, demain matin, la jolie petite photo artistique en couv' de tous les tabloïds. Pas mal hein ? Tu veux faire vivre ça à ton chéri ? »

« Tu ne le feras pas. »

« Ah oui, et qu'est-ce-qui m'en empêcherait ? » Rétorqua l'autre, écarlate...

Alors, Randy sortit les clichés, le rapport de l'urgentiste...

« Ça... Tu publies ta photo, je publie les miennes, avec une plainte à la clef ! ».

Pendant un long moment, S. regarda les documents, incrédule puis hocha la tête.

« Je vois.. » Puis, il eut un rire sardonique :

« Chéri, tu serais prêt à exposer ta pitoyable vie d'homme battu ? »

« Oui, sans l'ombre d'une hésitation, n'ais aucun doute là dessus. »

Alors, brusquement l'homme changea d'attitude. Avait-il compris qu'il avait perdu cette partie ? Il se leva, ouvrit grand la fenêtre de son salon, et commença à enjamber le balcon.

« Si tu ne restes pas avec moi, je saute »

Et merde...

« Bouge pas S., reste là, NE BOUGE PAS ! » L'homme était en équilibre sur la rambarde, se parlant à lui même, il n'écoutait plus Randy. Celui-ci en profita pour appeler Phil.

« Phil, appelle les pompiers, et les flics, vite. Regarde la fenêtre de l'appart.

« Putain. Il nous aura fait chier jusqu'au bout celui là. T'es sur de pas vouloir le laisser sauter ? » Maugréa le sculpteur.

5 minutes plus tard, les secours arrivèrent. Randy, avait ramassé ses papiers, suivait les négociations du psy de la brigade... Phil était entré en même temps qu'eux. Le psy avait diagnostiqué une forte bipolarité, des bouffées délirantes. Maîtriser S. leur avait pris plus d'une heure, avant qu'ilS ne s'en remettent aux pompiers, qui l'évacuèrent vers le service des urgences psychiatriques de West end.

Il fallut répondre à quelques questions, qu'est-ce-qui avait provoqué cette crise ? Quels étaient leurs liens ?

Puis, Randy avait dit qu'il allait fermer l'appart, et remettre la clef au gardien. Phil avait fouiné dans le PC de S. resté branché, pour en extraire les photos compromettantes. Il y en avait 6 en tout, et la première était loin d'être la pire... Il chercha des clefs USB, en trouva 2 dont une qui contenait bien les fichiers des clichés compromettants. Il vérifia si aucun d'entre eux n'avait été envoyé. Il subtilisa le portable du forcené, également.

« Phil, il reste encore son PC, à son journal... »

« Ma foi... Si tu veux mon avis, il n'est pas là d'y retourner, au taff... Vont lui passer une jolie chemise dont les manches s'attachent dans le dos. Allez, viens, on rentre à la maison, et appelle ton mec. À cette heure, il doit plus avoir d'ongles à ronger... »

« Je crois qu'il va faire un séjour en HP... Le psy a parlé de bipolarité... Oh, Gale, si tu savais, j'ai cru qu'il allait sauter... » La voix de Randy était presque inaudible, il était épuisé.

« Randy, ça aurait pu très mal finir. » Gale se représentait la scène avec frayeur. Dieu qu'il haïssait cette distance...

Phil, prit le téléphone des mains de Randy. Et d'un geste autoritaire, lui indiqua le lit, reprenant au vol, la conversation avec Gale :

« Salut mec. Opération commando réussie, t'inquiète on a assuré comme des bêtes. Ah, au fait, on a récupéré les dossiers compromettants... Et ben dis donc, on s'ennuie pas à L.A ! Faudra m'expliquer, suis un mec simple moi, c'est quoi au juste, la position de la photo n° 4 ? … Bref... Mission accomplie RAS ! » Phil ne pouvait s'empêcher de trouver l'aventure excitante. C'était dans sa nature.

« Merci, Phil, s'il te plait... Prends soin de Randy »

« Ouai, je lui file un Lexomil, et au pieu ! T'occupe, je gère. »

Phil força Randy à se déshabiller, aller à la douche et se coucher. Il lui tendit un verre avec un cachet et lui ordonna de boire puis rabattit la couverture.

« Allez, dodo... »

« Tu sors ? » Demanda Randy avec une petite voix.

« Ben Oui, Keith fait son impro ce soir au Rialto. » Répliqua le sculpteur.

« Oh non... Je voulais le voir aussi. » Randy faisait mine de se relever.

« Non, toi tu dors, tu restes là. Je t'ai filé la dose, tu as besoin de te reposer. »

Phil resta un petit moment, le temps que les paupières du jeune homme se ferment. Puis, il referma la porte derrière lui...

Peter écoutait, les yeux écarquillés, le récit de l'aventure... Gale avait encore les mains qui tremblaient.

« Non ? Sans blague ? Putain, mais y avait quoi sur ces photos ? »

« Peter, à ton avis ? » Répliqua Gale en lui tendant sa bière.

« Non ? » Peter se décrochait la mâchoire.

« Putain, Peter arrête de dire Nonnnnnnnn, toutes les 5 secondes. Ce mec nous avait fait suivre par un détective, et voilà. »

« Et ben, quelle affaire ! Alors, ça y est, il est chez les dingos le scribouillard. Bon débarras ! Comment va Randy ? » Répondit Peter.

« J'en sais rien, au téléphone, ça va, tu sais comment il est. Peter, ma place n'est pas ici, je devrais être avec lui. » Gale était assis sur la table, les pieds sur une chaise, il cherchait un moyen pour pouvoir rejoindre le jeune homme à New York. Il avait un tournage de prévu pour un épisode des experts Manhattan, mais c'était dans 4 semaines, autant dire, une éternité.

« Bon, réfléchissons, Hellcats te prend la semaine, toute la semaine ? Oui ? Alors demande un congé exceptionnel. Pour raison familiale, urgente ! Légalement, ils ne peuvent pas refuser »

« Peter... Je vais pas inventer la mort d'une vieille tante » Le mot fit sourire l'homme.

« Non, mais la détresse affective d'un jeune amant ! Ça peut le faire ? Non ?» Peter fit une grimace comique, qui eu le don de détendre un peu Gale.

Assis dans le bureau de l'assistante de prod, Gale expliquait que des raisons familiales importantes, l'obligeaient à s'absenter 4 jours, mais qu'il serait là mardi matin à 7h, sur le plateau.

Celle-ci était furieuse, elle argumentait qu'on ne changeait pas un planning de tournage en claquant des doigts, que son attitude n'était pas professionnelle, il mettait dans l'embarras tout le staff technique, il s'en rendait compte ?

Oui, bien sûr, qu'il s'en rendait compte, pour la première fois de sa vie, il prenait conscience que sa relation avec Randy mettait en péril son intégrité professionnelle et risquait de lui coller une réputation de mec ingérable et peu fiable sur les plateaux de tournage. Mais il n'y pouvait rien, c'était à prendre, ou à laisser...

« Je te laisse le palace alors. Tu connais les consignes, te mets pas à dos madame Rabinovitch, fous pas les cartons à pizza dans le vide ordures ! » Phil son sac de voyage à la main, déménageait chez Keith pour quelques jours, laissant ainsi Randy libre de recevoir Gale.

« Merci Phil »

« De rien camarade. Et rappelle-toi, on se fait une bouffe tous ensemble demain soir chez Alice. Ramène ton mec. » Phil descendit les escaliers 4 à 4...

Comme d'habitude, il fallut se retenir de ne pas aller à l'aéroport, comme d'habitude, il fallut aussi attendre les 3 petits coups frappés à la porte.

« Mmmm... Tu es là... » Randy embrassait Gale, incapable de s'arrêter pour reprendre son souffle.

Il mettait dans ce baiser tout son soulagement, son bonheur de retrouver l'homme qu'il aimait, et dont le manque se faisait si cruellement sentir.

Gale quant à lui, le serrait à lui broyer les os, enfouissant son nez dans le cou du jeune homme, le soulevant du sol pour le faire tourner dans la petite pièce.

Randy aurait assez bien vu de rester au lit durant ces quelques jours, quel autre programme aurait été plus agréable ? Mais la faim se faisait sentir, il fallait bien se résoudre à se lever.

« On commande ou on sort ? » Demandait le jeune homme en cherchant un T shirt.

« Comme tu veux. » Gale fouinait dans le placard de Randy, en extirpa un T shirt, qu'il passa aussitôt.

« Rhooo, non, tu vas le déformer, déjà qu'il ressemble pas à grand chose ce truc. » Randy riait devant l'image de Gale, affublé d'un T shirt « New York city » un peu trop petit pour lui.

Ils décidèrent d'aller cueillir Sharon à la sortie de son cours pour l'effet de surprise...

« Vous êtes 2 petits cons. Vous voulez me faire mourir d'une crise cardiaque ? » Ils mangèrent ensemble au Russian Tea Room.

« Alors, les garçons, comment ça se passe tous les 2 ? » Sharon reprenait instinctivement son rôle de maman de Liberty Avenue.

« On se débrouille, mais bon, il va falloir trouver une solution. On est pas plus malin, ni plus fort que les autres » Répondait Gale en goûtant le plat servi à Randy.

Ils parlèrent théâtre, la seule et grande passion de leurs vies, des rôles plus forts, plus riches, plus intenses, de la vie de troupe, de l'odeur des loges... Gale avait de moins en moins envie de reprendre le chemin des studios.

« Alors lance-toi mon grand. Retourne à tes racines, retourne sur les planches. Et puis, les théâtres, c'est pas ça qui manque ici... » Le clin d'œil de Sharon était malicieux...

Habiter ici ? À New York ? Avec Randy ? Cette ville où tout était plus simple, plus cool. Un rêve, juste un rêve pour l'instant si inaccessible.

« Les garçons, si vous voulez les clefs de Nantucket, y a qu'à demander » Déclara Sharon avant de partir.

« Non, Sharon, merci, on bouge pas de New York. On se voit après demain ? Tu es libre après le spectacle ? » Demanda Randy.

« Bien sûr, trésor, j'appelle Michelle, on dit... 23 h, chez moi ? »

Dans le studio, Randy avait retrouvé sa position préférée, à cheval sur les genoux de Gale, il s'amusait à lui mordre l 'épaule...

« Alors ? Ça te tente la vie New Yorkaise ? Marre des palmiers, des bimbos et de bouffer de l'avocat et des oranges ? » Le jeune homme avait placé ses bras autours du cou de son amant.

« Mmmm » Gale cherchait à embrasser Randy, qui par jeu, se dérobait...

« Ah, les joies de Big Apple, la neige, le vent, ses serveurs névrosés, ses petits blonds ingérables... » Répliqua Gale en maintenant fermement le jeune homme par les hanches.

« Il faudrait que j'ai des projets... » Gale s'était relevé pour aller se servir un verre de vin.

« parles-en à ton agent. Le mois prochain, tu restes 15 jours ici. Profite pour prendre des contacts. » Randy le rejoignait devant la fenêtre, pour lui prendre son verre et boire une gorgée. Ils se prenaient ensemble à rêver à une nouvelle vie possible, à 2, ici..; New york n'était pas L.A . Elle saurait les protéger.

Pour l'heure, ils goûtèrent simplement à la joie de passer la nuit ensemble, leur seul vrai luxe pour le moment. Se réveiller dans les bras l'un de l'autre, prendre tout son temps, pour se regarder, se toucher, faire l'amour. Être libres, entièrement libres...

Michelle, en grande forme, avait tant de choses à raconter. Elle avait décidé de monter une compagnie de danse, elle était à fond dans son projet. Épanouie et volubile, elle avait dansé avec Randy jusqu'à épuisement, déclarant que Gale était définitivement irrécupérable dans ce domaine.

« Oh, les mecs, vous savez quoi ? J'ai eu Scott au téléphone tout à l'heure, d'ailleurs, ils vous embrasse tous. Et il m'a dit un truc... Je vous préviens, ça va pas vous plaire. Hum... Il parait que Hal a déclaré dans le , qu'il n'y aurait jamais de film ''QAF'' »

Michelle attendait la réaction de ses comparses. Ce fut Sharon qui parla la première :

« Qu'est ce qu'il en sait celui là ? Il couche avec le producteur ? Il est dans le secret des Dieux ? »

« Ah bon ? Remarque, je vais te dire, en ce qui me concerne, il faudrait que le scénario soit à la hauteur » Déclara Randy.

« Hé ? Vous imaginez, nous tous réunis ? Quel pied ! Qui est partant ? ' » S'écria Sharon..

Tous levèrent le doigt de concert.

« Ouvre » Randy tendait un sac à Gale. Celui-ci, regarda à l'intérieur, en extirpa un T shirt... « New York city ».

« Comme ça, tu me piqueras plus le mien, et au moins celui là est à ta taille. Et puis, il va t'aider à penser à ton projet ! »

Gale passa le vêtement immédiatement. Il allait partir pour LA, emportant sur sa peau, la trace de son rêve secret.

Pour ses 2 semaines qu'il passerait en tournage à New York, Gale avait décliné les services de la prod, qui mettait à disposition une chambre d'hôtel. Randy s'était occupé de trouver un apparthotel, qu'il avait réservé au nom de Gordon, le premier truc qui lui était passé par la tête. Il avait récupéré la clef la veille de l'arrivée de Gale, avait rempli le frigo, fait une réserve de café. Après tout, ils n'y passeraient que leurs nuits, et leurs petits déjeuners... Mais au moins là, ils seraient tranquilles. Ces quelques jours lui rappelleraient les douces heures de Nantucket.

Bien sûr, il serait impossible de se voir dans la journée, mais peu importait.

Randy pouvait au moins rêver à une vraie vie de couple.

« C'est une chance. Tu ne joues pas en ce moment. On va au moins profiter de nos soirées... Et de nos nuits » Dit Gale en enlaçant le jeune homme...

« C'est pas mal ici. Faudrait qu'on se trouve un appart dans ce genre » Ajouta-t-il.

« On ? » Interrogea Randy.

« Tu ne comptes pas squatter ce pauvre Phil éternellement ? » Demanda Gale.

« Non bien sûr, mais, « On » ? » Insistait le jeune homme.

« Et bien, il me semble qu'éventuellement, si je devais, passer du temps ici, ce serait pas mal que tu me laisses un peu de place dans la penderie, non ? » Gale plongeait ses yeux dans ceux de Randy.

« C'est... Un genre de proposition officielle ? » Randy retroussait son nez.

« Ça y ressemble... Alors ? C'est quoi la réponse ? »

« Je sais pas, il faut réfléchir, tout de même, on se connaît depuis peu de temps, on sait pas si on peut s'entendre, c'est un peu... Précipité » Et ils roulèrent sur le lit, bien décidés à signer le contrat à leur façon...

« Ça sera long, mon ange » Gale tenait Randy dans ses bras.

« Je sais, mais c'est pas grave, je vais être hyper overbooké, le théâtre, plus, l'appart à chercher, ne t'en fais pas, je tiendrai. Dis-moi seulement qu'on aura notre break d'aout. » Randy tremblait légèrement. Il savait que cette fois, leur séparation serait de plusieurs mois. Autrement dit, une éternité et ça lui faisait peur.

« Bien sûr, je m'occupe de la destination. La Sardaigne ? Ça te dit ? » Gale avait plaqué ses mains dans les poches arrières du jean de Randy, le forçant à se rapprocher d'avantage...

« Où tu veux, je m'en fous. Pourvu qu'on soit ensemble. Et je serai là pour ton annif, le 10 juillet... 40 ans, ça se fête ! » Le jeune homme posait ses lèvres sur celles de son amant.

Et il fallut se résoudre au départ, une fois de plus.

« Sage ? » Interrogeait Gale menaçant.

« Toujours » Randy souriait.

Gale apprit sans ménagement que la production ne souhaitait pas poursuivre l'aventure avec son personnage de prof de droit dans la série Hellcat. Et voilà, la réplique n'avait pas été longue... Mais ma foi... Le rôle ne l'avait pas passionné plus que ça, tous ses rôles d'ailleurs, ne semblaient être que de fades et pales copies de Brian Kinney, rien de foudroyant... Il avait vécu le meilleur avec ce personnage, il lui serait difficile de trouver mieux dans une quelconque série, il le savait.

On ne rencontrait pas Kinney 2 fois dans sa vie d'artiste. Après tout, il n'était pas le seul à avoir ressenti cela, la plupart des comédiens de QAF avaient opté pour des activités artistiques différentes après l'arrêt de la série : chant, cours, théâtre, mise en scène, danse. Chacun avait sans doute conscience d'avoir eu le meilleur en endossant ces rôles pendant 5 ans et que cette chance ne se reproduirait pas de si tôt.

Il reçu enfin le coup de fil tant attendu, un soir de mai. Kenneth B, le grand, l'immense Kenneth B lui avait parlé de son envie de remonter « Un tramway nommé désir » à Broadway. Il attendait de savoir si le théâtre qui devait accueillir la pièce, serait disponible aux dates voulues.

« Le rôle de Stanley Kowalski vous intéresse toujours ? » La voix du metteur en scène semblait optimiste.

« Et comment ! » Jouer 3 mois à Broadway... Que pouvait-t-il rêver de mieux ? De plus, Stanley Kowalsky était un rôle qui ne se refusait pas. Croiser les doigts, cracher par dessus son épaule et surtout... Ne rien dire à Randy, pas avant d'être certain !

Dès lors, Gale se sentit propulsé sur une autre planète. Son rêve était à portée de main.

Quel acteur n'aurait pas donné un bras pour être Stanley Kowalsky ? L'animal sensuel, sexuel, passionné et indomptable, le Polonais fou amoureux de sa femme... Cruelle et sauvage représentation de l'Homme. Gale allait retrouver le sud, SON sud, ne plus avoir à masquer son accent si particulier, d'une certaine façon ce putain de tramway, le ramenait chez lui. Mais aussi, vers Randy...

À New York, Randy se demandait si finalement, il ne serait pas plus sage d'acheter. L'argent gagné sur le tournage de QAF pendant ces 5 saisons avait été économisé, placé. Et comme disait comiquement ce brave Phil, (qui s'y connaissait en finances, son banquier l'appelait tous les jours pour ses découverts !): il est temps d'investir dans la pierre !

Randy tendait une enveloppe à Phil.

« À ce propos, Phil, ça fait 9 mois que j'habite chez toi, alors, s'il te plaît, accepte ma participation. »

Dans l'enveloppe, il avait glissé un chèque de 15 000 $.

« Lapin, au cas ou tu l'aurais pas remarqué, c'est pas le Carlton ici, t'es dingue, c'est trop. » Phil était confus.

« Non, c'est pas trop, tu as fait bien plus pour moi que de me prêter ton canapé. Et puis, à charge de revanche, quand je serai has been, sans engagements, que le seul rôle que j'aurai arraché sera « Ronny Mac Donald » aux goûters d'annifs de morveux... Et bien, tu me renverras l'ascenseur ! »

Phil serra Randy dans ses bras. Il était ému, et comme toujours quand il sentait que ses émotions allaient prendre le dessus, il ne put s'empêcher de s'en sortir par une vanne :

« Rêve pas, t'es trop petit pour le rôle. Ronny Mac Donald doit mesurer au moins 1m90 ! »

Le mois de mai commençait à répandre sa douceur sur la ville. Randy se sentait seul, vide, mélancolique. Il passait son temps à chercher les sensations qu'il avait, dans les bras de Gale Des semaines et des semaines sans se voir, sans se toucher. Il lui arrivait de pleurer, le soir, ça ne le soulageait pas, ça l'aidait juste à s'endormir plus vite, épuisé.

Gale, pour tromper l'absence, se concentrait sur son travail, les représentations de Orphéus, marchaient bien, on faisait salle comble chaque soir. Et sa première réunion de travail avec Kenneth B. et les autre comédiens du projet « Tramway » devait avoir lieu à New York, fin juillet, juste avant de partir en vacances avec Randy...

Peter et Robert avaient décidé que quoi qu'il arrive, quels que soient leurs emplois du temps, un rituel s'imposait : le brunch dominical. Et s'il fallait venir tirer Gale par les pieds pour le sortir du lit... Ils le feraient ! Ils l'avaient déjà fait, d'ailleurs... Un dimanche où Gale avait sûrement abusé la veille... Il avait eu beau pester, les envoyer au diable, leur promettre mille sévices, il s'était retrouvé devant des œufs brouillés, et un jus d'orange.

« Alors ça y est ! Tu as le rôle... Mon Dieu, Stanley Kowalsky... Alors, là, félicitations, on en a tous révé, Gale l'a fait ! » Plaisantait Peter.

« Tu as rêvé d'être Kowalsky, toi ? » Interrogeait Robert, dubitatif.

« Ben quoi ? »

« Ben... Plus hétéro, que Kowalsky, ça va être difficile à trouver » Répliquait Robert, fourchette à la main.

Gale émergeait doucement.

« Hey, vous vous taisez les mecs, dites rien encore à Randy, on sait jamais »

« Bien sûr, oh, dis donc, je l'ai eu hier ton mignon, ça avait pas l'air d'être top. Le fais pas trop languir » Ajouta Peter doucement.

Puis, on revint à une discussion plus professionnelle. Robert, justement, pensait que Gale n'aurait peut-être pas décroché le rôle, s'il avait fait son coming out. On parla de l'absurdité des choses, tous ces comédiens gays, qu'on imagine pas jouer des rôles d'hétéros, c'était stupide, injuste, mais une triste réalité.

Gale ne savait pas trop quoi penser de ça. Il ne se sentait pas changé, pas moins homme, pas moins viril, pas moins bon comédien, depuis qu'il s'était avoué son amour pour Randy. Pour lui, rien n'avait changé, interpréter un personnage, c'était son métier. Il était soulagé tout de même, de constater que même après 5 ans de QAF, des metteurs en scènes pensaient à lui, pour interpréter... La quintessence de la brute épaisse parfaitement hétéro. Il sourit à cette pensée.

Il fallut encore attendre que la distribution soit complétée. Blanche, Stella, et les seconds rôles, pour qu'enfin, Gale puisse avoir la certitude que son contrat serait bien signé. Au moment de concrétiser chez son agent, il lui semblait signer aussi, pour toute une vie avec Randy. C'était idiot, il le savait mais cette pièce, c'était comme le top de départ d'une nouvelle vie.

« Randy ? » À l'autre bout du fil, la voix du jeune homme était quasi inaudible.

« Oh Gale... Quelle heure est-il ? »

« 20 h chez moi. »

« mmm.. » Randy, avait du mal à ouvrir un œil, il avait pris l'habitude de prendre un petit cachet pour s'endormir plus vite et là, en première phase de sommeil, il peinait à se reconnecter.

« Désolé, tu dormais ? Je te réveille ? » Il y avait une musique en bruit de fond, des voix de gens qui riaient.

« Gale, tu es ou là ? »

« Dans un club, on fait la fête. »

« Mmm... tu fêtes quoi ? »

« Je fête... Ma future installation à New York. »

« Quoi ? » Randy s'était assis au bord de son lit.

« Mon ange, tu as devant toi le futur Stanley kowalsky, et... Les répétitions commencent à Broadway... Début septembre ! » Silence au bout du fil.

« Randy ? »

Le jeune homme s'était mis à pleurer, c'était des larmes de joies, mais elles avaient anéanti sa capacité de prononcer un mot.

« Hé ho. Tu m'as entendu ? » Gale était décontenancé.

« Oui, oui. Je suis là. Oh mon Dieu, c'est vrai, c'est bien vrai ? »

« Oui, mon ange, on ne peut plus vrai. Profite, d'ici peu, tu vas m'avoir dans les pattes H24 ! »

Comme Gale aurait voulu être prêt de lui dans ce moment là. Il l'aurait enlacé, embrassé...

Bientôt s'en serait fini de cette vie...