Chapitre 3 – 7e ciel

Jack entraîna Ianto dans le couloir qu'ils longèrent sur quelques mètres pour rejoindre leur chambre. Lorsqu'il ouvrit la porte et entra, son bras fut retenu en arrière. Ianto était resté sur le pas de la porte, hésitant malgré son envie de plus en plus flagrante.

Jack: Ianto ?

Ianto: Je sais pas si c'est « juste » ce qu'on va faire Jack …

Jack: Ce ne sont que des corps Ianto…

Ianto: Oui, c'est vrai, mais avoue que c'est tout de même perturbant.

Ianto regardait Jack dans les yeux... Dans ses yeux à lui, les siens, ceux qu'il voyait tous les matins dans la glace de sa salle de bain. Il remarqua un léger reflet foncé dans ses pupilles qu'il n'avait jamais vu auparavant. Ainsi que de minuscules rides qui apparaissaient au coin de ses yeux quand il souriait.

Cette réflexion engaillardit le gallois de nouveau. Jack s'en rendit compte et décida de prendre les devants… comme d'habitude. Il avança la main vers la masculinité fièrement dressée de son amant et s'en empara fermement. Il la connaissait par cœur, il en avait une expérience de longue date... de très longue date. Il savait parfaitement ce qui amènerait Ianto dans des sphères de plaisirs des plus intenses. Durant sa longue existence, Jack avait connu des périodes de vache maigre niveau relations sexuelles et avait dû recourir à des moyens parfois… peu orthodoxes… Certes, ce fut rare… mais il en avait connu.

Sa main glissait le long de la verge, montant, descendant, tournant autour, s'attardant sur le gland qu'il caressait du pouce, d'un geste langoureux mais déterminé et sachant parfaitement ce qu'il faisait.

Jack s'était très rapidement habitué à la sensation de sa « nouvelle » main. Bien que légèrement plus fine et plus petite, elle enveloppait la verge de son amant, ou plutôt sa propre verge, à la perfection. Sa main à lui, avait, si l'on peut dire, de la marge, bien que Ianto soit équipé de façon plus qu'honorable. L'anatomie des hommes du 51e siècle avait légèrement évolué, favorisant les hommes dans leur orgueil typiquement masculin.

Ianto, quant à lui, restait immobile, la tête penchée en arrière, respirant rapidement et lâchant quelques râles de plaisir. Jack, tout en continuant à le caresser, s'approcha de lui et déposa de légers baisers dans le creux de son cou. Ianto, les yeux toujours fermés, releva la tête et enlaça de ses bras le cou de Jack. Leurs têtes reposaient maintenant sur l'épaule de l'autre. Il passa sa main dans la chevelure de Jack et lui caressa la nuque doucement en formant de légers cercles et à chaque fois qu'il le touchait ou le regardait, la sensation qu'il ressentait était différente, nouvelle, étonnante, mais loin d'être aussi perturbante qu'il l'aurait cru.

Ianto s'autorisa à ouvrir les yeux et à regarder Jack. Bien évidemment Jack n'était en aucune manière gêné par ce qui allait se passer et les étincelles visibles dans ses yeux ne faisaient que renforcer cette impression. Il posa la main sur le visage de son amant, lui sourit et dit :

Jack: N'y pense pas … fais le vide dans ton esprit et concentre-toi sur le moment présent.

Il finit sa phrase par un doux et très agréable baiser sur ses lèvres qui eut pour effet de déclencher un déferlement de picotements dans le bas ventre de Ianto, qui ne pu refreiner cette nouvelle vague de désir brûlant. Il s'empara de Jack par les épaules et l'obligea à se retourner. Grâce à « sa nouvelle force », Ianto réussit à l'emmener vers le bureau et à l'immobiliser. Jack sentait le bord de la table contre son bassin et le froid du plateau de verre la recouvrant contre son torse.

Ianto, de son pied, écarta les jambes de son amant et s'avança contre lui. Jack n'avait aucune intention d'essayer de s'échapper, d'éviter ce moment… c'était bien trop rare dans leurs relations. Ianto était rarement le dominateur, il le pénétrait bien évidement, mais toujours après que lui-même ait pris les devants, comme pour le remercier, comme si le fait d'être pénétré et de lui avoir donné du plaisir lui suffisait. Jack n'avait pas encore trouvé la raison…

Ianto se pencha et avança la main vers le tiroir de la table de chevet afin d'y récupérer le tube de lubrifiant. Coinçant fermement son amant contre la table, il ouvrit le tube et préleva une noisette de crème incolore qui s'en échappait. Il laissa tomber le tube et fit descendre sa main vers les fesses de Jack. Son majeur, sur lequel la crème avait été déposée, rencontra sa cible et commença à la masser doucement, tout d'abord à l'extérieur, puis petit à petit, il commença à appuyer de plus en plus fort jusqu'à y introduire un doigt. Au moment où le majeur de Ianto était entré en lui, jack avait ressenti comme des centaines d'aiguilles au creux de ses reins et avait laissé échapper un râle de plaisir...

Ianto imprima à sa main un mouvement de va-et-vient afin de détendre l'étroitesse de l'orifice. Il y inséra un second doigt et reprit le rythme qu'il venait de réduire. Jack respirait rapidement, les sensations qu'il ressentait au travers du corps de Ianto étaient à la fois familières et pourtant différentes. Moins explosives, moins violentes, mais tout aussi intenses et enivrantes.

Ianto retira ses doigts doucement et, de sa main, s'empara de sa verge toujours aussi gonflée. Lorsque Jack sentit le gland de Ianto tenter de se frayer un passage, il agrippa le bord du bureau et ferma les yeux. Simultanément, il serra le rebord à s'en faire pâlir les articulations et laissa échapper un juron étouffé lorsque le gland s'immisça en lui.

Ianto marqua une pause afin de laisser « son corps » s'habituer, même si par expérience, il savait qu'il le supportait très bien, même si un doute était monté en lui à la vue de la taille du sexe de son amant qui de ce nouveau point de vue avait une dimension forte impressionnante…

Les mains de Jack abandonnèrent le rebord de la table pour aller à la rencontre des hanches de Ianto qu'il agrippa en les tirant vers lui, l'invitant à le pénétrer plus profondément. Abandonnant toute retenue, ce qu'il n'aurait d'ailleurs pu faire plus longtemps, Ianto s'enfonça de toute la longueur de son sexe jusqu'à ce que son bassin bute sur les fesses de son amant.

Jack poussait des gémissements de plaisir et de souffrance mêlés. Ianto savait ce qu'il ressentait à cet instant précis. Durant les premières minutes, il hésitait toujours entre hurler sa douleur en lui demandant d'arrêter et la supporter dans l'attente de sa disparition et de son remplacement par des sensations de plaisir intense.

Ianto était allongé sur le dos de Jack, toujours positionné à moitié sur la table. Sa tête reposait sur les épaules de son compagnon et il pouvait sentir sa propre odeur, celle de sa sueur remplie d'effluves de sexe, de plaisir et d'abandon. Tout en déposant de tendres baisers sur la nuque de son capitaine, Ianto commença à mouvoir son bas ventre, lentement pour commencer, même si l'ensemble de ses sens lui disaient de foncer et de laisser éclater sa force et son envie. Il accéléra le rythme petit à petit, encouragé par les gémissements de Jack et ses encouragements étouffés. Il faisait resortir son sexe jusqu'au gland qu'il laissait enfermé dans l'intimité de Jack et d'un mouvement rapide le faisait entrer de nouveau entièrement. Ces va-et-vient se firent de plus en plus rapides jusqu'à ce que chaque coup de bassin fasse bouger la table de quelques centimètres à chaque fois. Jack ne pouvait s'empêcher de lâcher un cri à chaque fois que le gland de Ianto arrivait au fond de ses entrailles. Il avait agrippé une nouvelle fois le rebord de la table et s'y cramponnait comme si sa vie en dépendait.

Ianto se releva tout en entraînant le corps de son amant par les épaules, obligeant Jack à se cambrer le plus possible. Cette posture permettait à Ianto de s'enfoncer encore plus profondément en lui. Son rythme cardiaque commença à accélérer, des perles de sueurs apparurent sur ses tempes et sa respiration devint saccadée. Jack ressentait les mêmes sensations. Ianto aurait voulu faire durer cet instant le plus longtemps possible, mais il sentait la vague brûlante du plaisir monter en lui de plus en plus et se faire de plus en plus pressante.

Il avait l'impression que son bas-ventre était en feu, que des milliers d'épingles lui picotaient l'intérieur de son bassin. Il réussit à faire deux nouveaux allers-retours avant d'exploser. La sensation qu'il ressentit à ce moment là dépassa toutes ses attentes. Il comprit pourquoi on appelait ça « monter au 7e ciel ».

Sa tête était comme entourée de coton, plus aucun bruit n'arrivait à ses oreilles, ses yeux ne voyaient plus que des milliers d'étincelles, son corps était parcourut par de nombreux frissons et ses jambes étaient flageolantes. Il se libéra le plus lentement possible et recula, chancelant. Jack se releva et s'avança dans sa direction.

Il vit dans ses propres yeux du plaisir, mais également l'incompréhension et, à une dose minime, de la peur. Il prit son amant dans ses bras et l'aida à s'asseoir sur le lit. Ianto était dans un état second, toujours à la merci de ces sensations qu'il essayait de comprendre mais surtout de contrôler.

Jack : Respire et essaye de faire le vide Ianto. Doucement, tout doucement… voilà ... c'est bien…

Ianto suivait à la lettre les recommandations de Jack. Son cœur battait beaucoup trop vite à son goût et des tremblements incontrôlables secouaient son corps régulièrement. Il venait de vivre la plus intense des jouissances, la plus longue qu'il n'avait jamais eue, mais maintenant il souhaitait que cela s'arrête… la brulure constante qu'il ressentait au creux de son ventre commençait à lui faire mal, très mal. Des larmes commençaient à couler toutes seules sur ses joues.

Jack le serrait toujours conte lui, fort et tendrement à la fois. Il lui caressait la nuque et les cheveux afin de l'apaiser. Il se dit que ce n'avait peut-être pas été une si bonne idée que ça finalement… L'esprit, ou l'âme, de Ianto n'était peut-être pas assez forte pour commander à un corps d'homme du 51e siècle. Pour Jack, c'était facile, il avait grandi dans ce corps, il le connaissait, il savait comment éteindre le feu intérieur du plaisir.

Il força Ianto à s'allonger et se cala dans son dos, tous les deux en position fœtale. Enfermé et en sécurité entre les bras de son capitaine, Ianto commençait à se calmer, bien qu'il continuait à être secoué de soubresauts.

Jack posa sa tête contre la sienne et commença à fredonner une chanson. Ianto ne reconnu pas l'air, ce devait-être une comptine remontant à l'enfance de Jack.

Dors, petit, dors…

Le ciel de la nuit sera ton berceau…

Les étoiles, les gardiennes de tes rêves…

Dors, petit, dors…

Demain une nouvelle journée t'attend…

Remplie de jeux et d'amis…

Dors, petit, dors…

Maman veille sur toi.

Ianto commença à sombrer dans le sommeil, la brûlure dans son bas-ventre s'amenuisait au fil des paroles répétées en boucle. Sa voix, sa propre voix, on le lui avait déjà dit, mais il ne le croyait pas, avait des effets calmants, vraiment calmants. Il se laissa emporter par le sommeil tout en repensant à cette extraordinaire expérience inédite qui, contrairement à ce qu'il avait pu supposer, n'avait pas été si perturbante que ce qu'il s'était imaginé. C'était même une expérience qui leur permettrait sûrement de mieux se connaitre et d'être, peut-être, plus attentifs, conscients et à l'écoute des désirs et plaisirs de l'autre.

Jack sentait la respiration de son amant redevenir régulière et calme. Il déposa un baiser sur la tempe de Ianto et se leva. Il menotta les mains du gallois à la tête du lit, couvrit son corps nu avec une couverture et sortit de la chambre après avoir attrapé des vêtements. Il ferma la porte à clé et remonta afin de vérifier le programme lancé par Simon. Arrivé en haut des marches, il regarda la porte qu'il venait de verrouiller d'un air triste.

Jack: Je suis désolé… Mais tu ne pourrais pas supporter ça une fois de plus…