Chapitre 6
Ianto resta inconscient durant la quasi-totalité de la journée. Il ne se réveilla qu'à la tombée de la nuit.
Ianto : Ja.. Jack…
Jack : Ianto !
Ianto: Où…
Jack: à l'infirmerie.
Ianto : Hôpit…
Jack : Non, au Hub, à l'infirmerie… David s'est occupé de tout… il t'a sauvé !
David qui rentrait dans la pièce au même moment entendit la phrase de Jack.
David : Je n'ai fait que réparer… C'est lui qui a fait le plus dur dans l'histoire.
Ianto : Mer... Merci…
David : Il ferait mieux de se reposer. Il doit reprendre des forces.
Ianto : Jack… ça a marché alors ?
Jack : Oui ça a marché Ianto. Et crois moi… une fois sur pieds, tu goûteras à nouveau à l'appétit insatiable du Boeshanien du 51e siècle.
Ianto : Ne me fais pas rire… aoutch…
Jack : Ianto…
David : Jack laisse le se reposer… Eiry et Simon t'attendent à ton bureau.
Jack : Je reviens… Tâche de te reposer et de reprendre des forces… J'ai besoin d'un Ianto au maximum de ses capacités…
Ianto : à tout de suite…
Jack : Oui.
Jack se leva et se dirigea vers l'escalier au bout du couloir qui le mènerait à son bureau. Comme le lui avait dit David, Simon et Eirwen l'attendaient inquiets et nerveux…
Eirwen : Comment va-t-il ?
Jack : Faible et épuisé.
Simon : Il va s'en remettre, j'en suis sûr !
Jack : J'espère… Vraiment … Vous vouliez me voir ?
Simon : Oui, c'est à propos des Weevils de ce matin…
Jack : Oui et ?
Eirwen : On aurait dit une armée organisée, avec un plan d'action et une stratégie de replis… quasi militaire…
Jack : C'est impossible… Les Weevils sont incapables d'une telle chose.
Simon : Je n'en suis plus si sûr…
Jack : Si les Weevils sont sous les ordres de quelqu'un ou quelque chose, il faut vitre trouver qui ou quoi … Si une armée de ces bêtes sauvages se promène librement dans Cardiff, ça va être un massacre.
Dans l'infirmerie du Hub.
Les bips réguliers du moniteur relié à Ianto résonnaient dans la pièce. David venait de lui injecter une nouvelle dose de morphine afin qu'il ne souffre pas et qu'il puisse se reposer tranquillement et s'en retournait au bureau afin de noter les derniers avancements de l'état de son patient.
Tout en indiquant la posologie de la morphine, il repensa à la proposition que Jack lui avait faite. Etait-il sérieux ? Lui avait-il réellement offert le poste de médecin à Torchwood ? Et surtout que devait-il décider ? Il avait devant lui une certaine évolution de carrière, certes pas la grande carrière dont il avait rêvé, mais une carrière de chef de service dans un hôpital universitaire, ce n'était pas donné à tout le monde. Mais était-ce la vie qu'il voulait… une vie pépère, rangée, avec une femme et 3 gosses, un chien et une maison dans la banlieue de Cardiff ? À Torchwood, il aurait accès à une technologie et un savoir classé top-secret. Il pourrait étudier des créatures aliennes, il pourrait peut-être… qui sait… découvrir des vaccins ou des médicaments permettant de soigner les maladies terriennes… et … plus important que le reste … il serait auprès d'Eirwen.
Un bruit inhabituel le fit sortir de ses pensées, il s'approcha du moniteur et examina les courbes qui y apparaissaient. Rien ne semblait inquiétant. Puis petit à petit, la courbe sinusoïdale de la fréquence cardiaque de Ianto sembla se dédoubler... comme si … mais c'était impossible... deux cœurs … ? Il sortit son stéthoscope et le posa sur la poitrine de Ianto. Non, il n'y avait qu'un seul battement bien distinct. Mais sur le moniteur, deux courbes étaient visibles.
David retira les embouts de ses oreilles et se dirigea vers l'interphone.
David : Jack ? Tu peux descendre ?
Jack : J'arrive !
Jack sauta de son fauteuil et s'élança vers l'escalieren lançant à ses coéquipiers.
Jack : essayez de trouver où ils se cachent ! S'ils ont formé une armée, il leur faut une base !
Il leur cria presque la fin de sa phrase car il était déjà arrivé sur le palier inférieur. Ses pas résonnèrent alors qu'il courait vers l'infirmerie .
Jack : David ? Qu'est-ce qu'il y a ?
David : Je n'en sais rien, c'est bien le problème…
Jack : Comment ça ?
David : regarde par toi-même…
David lui désigna le moniteur sur lequel les deux courbes étaient toujours visibles.
David : j'ai vérifié moi-même, il a un seul cœur et il bat régulièrement… J'arrive pas à croire que je viens de dire ça … Et pourtant, il y a deux courbes distinctes sur l'écran… c'est impossible…
Le visage de Jack se fendit d'un immense sourire. Il avait comprit ce qui était en train de se produire.
Jack : Comme dirait un autre docteur, un très bon ami à moi, ce n'est pas impossible… c'est juste improbable…
David : Pardon ?
Jack : C'est l'essence du Tardis que Ianto possède en lui. Elle est en train de le guérir.
David : Le ?
Jack : Tardis… Le vaisseau du Docteur...
David : Docteur ? Quel Docteur ? Docteur qui ?
Jack : … Oh juste Le Docteur, c'est tout.
David : Mais comment ?
Jack : Il y a bien longtemps, le Tardis lui a redonné vie et depuis… c'est comme s'il ne pouvait pas mourir… enfin… je crois … non, je n'en sais rien en fait… tout ce que je sais c'est que l'énergie résiduelle laissée dans son corps lui permet de guérir plus rapidement … Mais j'avoue ne pas savoir s'il a en lui le pouvoir de défier la mort comme moi. Si ses blessures sont trop graves, je ne sais pas s'il survivrait… Grâce à ton intervention, il n'était plus dans un état critique et elle est en train de le soigner.
David : Elle ?
Jack : Je ne sais pas vraiment ce que c'est... donc je dis « Elle », le Tardis…
David : C'est un « elle » ?
Jack : Oh oui… définitivement un « elle »…
Ianto : Définitivement …
Jack : Ianto !
Ianto s'était assis sur le bord du lit, apparemment pleinement maître de ses mouvements. Jack le serra tellement fort dans ses bras qu'il en fut étouffé. Repoussant son amant, il fut prit d'une quinte de toux. Alors que David allait vérifier qu'il allait bien, la dernière toux fut remplacée par l'expiration d'un résidu d'énergie doré qui s'évapora une fois sortit à l'air libre.
Ianto : je crois que je suis encore redevable qu'une cargaison de café pour le Tardis la prochaine fois qu'on le verra.
Jack : Oui, je pense aussi …
Sous les yeux médusés de David, les deux hommes explosèrent de rire. Puis Ianto retira un à un les aiguilles, sondes et pansements qui étaient dispersés sur l'ensemble de son torse et de sa tête. David n'en crut pas ses yeux lorsque Ianto retira les bandages retenant les compresses autour de sa blessure.
Ianto : Même pas une cicatrice…
Jack : C'est dommage… ça peut être sexy les cicatrices…
Ianto : Montre moi ta maîtrise d'homme du 51e siècle, on a autre chose à penser je crois !
Jack : C'est petit ça … très petit …
Ianto : Pas si petit que ça …
Ianto passa devant Jack et David avec un immense sourire sur le visage. Il regarda les vêtements de Jack que celui-ci avait enfilé avant de partir le matin même, déchirés, découpés afin que David puisse le soigner. Il les laissa sur place et se dirigea vers leur chambre afin de revêtir un costume propre et à sa taille.
Lorsqu'il sortit de la chambre vêtu de son costume anthracite, de sa chemise prune et de sa cravate bordeaux, Jack, ravi et David encore étonné de voir son patient gambader comme ça, l'attendaient aux bas des escaliers. Ils montèrent ensemble dans la salle principale et s'avancèrent vers Simon et Eirwen absorbés par un examen minutieux des vidéos surveillance de la ville.
Jack : Alors ?
Simon : Rien, absolument rien, tout est calme…
Ianto : Cardiff ? Calme ? On aura tout vu !
Simon et Eirwen : IANTO ?
Eirwen : Mais … Comment ?
Ianto : Le Tardis…
Eirwen : évidemment … Je te l'avais dit… Elle a un faible pour toi …
David : décidément, je n'y comprends rien…
Jack : Il ne tiens qu'à toi d'en savoir plus … Tu ne m'as pas donné ta réponse…
Eirwen :Quelle réponse ?
Jack : Tu me tannes depuis deux mois pour qu'on recrute un médecin… Je crois qu'on a trouvé le postulant idéal !
Eirwen : Mais… et ton poste à l'Albion ?
David : Ils survivront sans moi, vous au contraire … j'en doute…
Jack : David ? ta décision ?
David : J'accepte ! bien évidemment !
Jack : Bon, une bonne chose de réglée !
David : Si ta proposition tiens toujours, je boirais bien une bière pour me remettre de mes émotions…
Eirwen : Une bière ?
Jack : On va oublier la bière David, que dirais-tu d'un bon Scotch de 50 ans d'âge ?
David : Avec plaisir …
Suite dans le 4x07.
