Chapitre 7 : L'Artilleur en danger.
Ashley Williams, soldat de la 212 ème sur Eden Prime, courait à toute allure, et les gouttes de sueur sur son visage se mélangeaient au sang pour lui faire un masque de carnaval grotesque et incongru sous son casque à la vitre brisée. Elle courait éperdue, comme si tous les démons de l'univers étaient à sa poursuite, haletante et terrorisée. Le coeur et la nausée au bord des lèvres. L'Artilleur Williams avait été la seule à fuir le camps, à survivre à l'enfer. Seule depuis, oui atrocement, à la recherche de tout autre survivant humain, presque désespérée dans sa course vers le lointain. Toute son unité avait été massacrée sous ses yeux, nul n'avait échappé à l'assaut des troupes ennemis lâchées parmi eux. Et à cette pensée terrible, elle ressentit de nouveau une immense fureur, de la haine, pour revenir à un sentiment d' horreur mêlé d'incrédulité. Tout avait tourné court, la routine subitement disparue.
Ces êtres de cauchemars, ces entités de métal vaguement humanoïdes surgis de nulle part, qui les avaient submergées en nombre, tout droit sortis de leur vaisseaux effroyables et obscures dans le ciel. La 212ème avaient tenté de se défendre, et de contre-attaquer, aucune chance, ils avaient été tailladés en pièces d'une facilité déconcertante. Quant à tous ces civils massacrés ou capturés... Ils avaient failli à les protéger. Ashley fuyait à présent le cauchemar, et une partie d'elle le lui reprochait. Peut être fuyait-elle aussi sa propre lâcheté pensa t-elle à contre coeur. Une petite voix amère dans sa tête lui murmurait méchamment qu'elle aurait dû suivre ses coéquipiers dans la mort, que cela aurait été plus honorable. Des larmes de rage menaçaient de s'échapper du coin de ses yeux tandis qu'elle poursuivait sa course, mais Williams ne les laisserait pas couler, il n'en n'était pas question. Plutôt crever que d'en être réduit à ça. se dit-elle, sentant une nouvelle bouffée de colère imprégner son visage.
Sans les voir, une nuée de six drones embusquées sur un territoire donné qu'ils surveillaient et qu'elle foulait présentement, s'envolèrent et se jetèrent à sa poursuite. Le soldat en armure entendit comme un bourdonnement derrière elle et Williams tourna vivement la tête, alarmée par la vue de l'ennemi qui la pourchassait. Des canons gorgés de plasma se déployèrent et dardèrent sur elle tandis que les agiles soucoupes volantes d'une vitesse ahurissante se rapprochaient inexorablement. Des rayons fusèrent à proximité, au pied de l'humaine, qui d'un pas de biais tout en baissant l'échine d'un brusque plongeon au sol, se culbuta soudainement contre la paroi d'un rocher. L'écran naturel aussi inébranlable qu'immobile la protégea efficacement du feu qui rugissait furieusement derrière elle. Attendez voir salopris, je vais vous apprendre.
Sans attendre, Williams, son canon lourd au poing, se jeta en avant tout en se dégageant et s'acharna à répliquer vigoureusement. La nuée se divisa, mais deux drones malgré leur courbes d'évitements n'échappèrent pas aux éclairs qui leur tombèrent dessus. Les quatre drones restants montèrent haut dans le ciel, avant de plonger sur le soldat, en se faufilant derrière sa position. Celle-ci alerte et réactive, retourna soudain derrière le rocher, à plat ventre. Des rayons bleuâtres l'environnèrent, léchèrent le roc et la pierre au-dessus de sa tête sans toutefois l'atteindre. Les drones fulgurants étaient prêt d'arriver à sa position. L'artilleur Williams se releva, se précipita pour contourner le rochers au moment même où ils atteignaient une distance de proximité de moins 5 mètres, ce qui rendait les boucliers inefficace à cette distance, incapable de s'activer.
Soit sa seule chance de pouvoir éliminer un grand nombre d'entre eux d'une seule balle, même si théoriquement le contraire aurait pu être aussi vrai pour elle sans son armure.L'humaine pressa six fois la gâchette et réussit à atteindre deux d'entre eux, qui se disloquèrent s'éparpillèrent en débris. Les autres, grâce à des courbes de trajectoires intelligentes et imprévisibles avaient pu échapper à ses tirs mortels. Ashley écarquilla les yeux, devant cette étonnante capacité de manoeuvre. Ces drones étaient assurément dotés d'une intelligence moins limitée que les programmes organiques actuels. Sa stratégie manquée, tandis que les deux soucoupes volantes qui l'avaient dépassée, faisaient volte face vers elle , tout en unissant leur trajectoire dans les airs pour la pourchasser, le soldat se remit à courir.
Aarh. hoqueta t-elle. Plusieurs balles avaient atteint son bouclier derrière son dos, qui les avait dévié pour la plupart, la projetant légèrement en avant. Une douleur aigu la piqua à la hanche. A ce niveau, il semblait que la défense avait moins assurée mais elle était toujours indemne grâce à son armure. Les balles ralenties par le boucliers s'y étaient simplement logées sans atteindre la chair. Les drones se rapprochèrent inexorablement et leur canon se firent de plus en plus précis, le bouclier de l'Artilleur à un niveau critique toute prêt de s'effondrer sous le déluge. Celle-ci alors désespérée, mue d'une haine si puissante qu'elle semblait jaillir de sa personne toute entière, se retourna soudain pour faire face à l'ennemi, et plongea en arrière, faisant en même temps tonner son canon lourd à deux mains. Elle tomba brutalement au sol, le dos un peu éreinté plaqué sur l'herbe, mais elle continua de tirer ératiquement. Le premier drone explosa, suivi immédiatement par l'autre, après qu'il ait tenté de réguler sa trajectoire pour la calquer sur celle de l'ennemi. Ashley mit la main devant ses yeux pour les protéger des éclats. La clameur s'estompa, le bal était terminé.
Ashley essoufflée, après trois coups d'inspiration- expiration, technique qu'elle avait apprise dans l'armée pour retrouver rapidement son calme, se releva lentement. Elle s'admira et se tâta un instant. Elle saignait au niveau de l'arcade au-dessus de l'oeil, le sang dégouttait aussi de son nez, et quelques brûlures entachaient ses doigts et son armure blanche cisaillée par endroits. Elle avait aussi dû se briser une côte en tombant, mais elle n'émit pas une seule plainte lorsqu'elle s'aperçut de la douleur. Nonobstant ses blessures, elle tourna les talons, peu désireuse de rester planter là. Et merde, qu'est-ce que je fais maintenant. C'est alors qu'elle fustigeait des branches rageusement sur son passage, que des pépillement étranges, qui n'avait rien d'animal ou même de naturelle lui parvinrent. Ashley, le coeur battant, s'étant dirigée vers le bois un peu plus loin, s'arrêta en plein milieu d'une clairière. Hésitante, elle fit encore quelques pas, tentant de déterminer ces bruits étranges. Et trop tard elle réalisa qu'ils étaient de nature mécaniques.
