Disclaimer : Aucun des personnages ne m'appartient, tout est à Marvel et à celui qui a eu la brillante idée de faire ce film.

Note : Finalement, je me suis décidée à faire une suite, en plusieurs chapitres (4 ou 5, pas plus). Pourquoi ? Et bien parce que je suis sadique et que j'aime faire souffrir Erik … Nan en fait j'aime bien écrire des histoires « difficiles », ça me détend. Enfin, je vous souhaite bonne lecture et espérant que ça vous plaira. Ah oui, et je voudrais encore remercier mes revieweuses habituelles donc merciii les filles. Voilou !

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Acte II : Kingdom Of Hope

Charles se glissa sous les draps, aussi discret qu'une ombre. En essayant de ne pas frôler le corps près de lui, il se mit sur le dos et ferma les yeux. Il aurait aimé se blottir dans les bras d'Erik, il aurait aimé pouvoir sentir sa peau sur la sienne. Tendre caresse chimérique. Mais il lui avait fait une promesse. Epargner la distance, la dévorer lentement. Petit à petit et pas à pas. Ne pas brusquer les choses. Etre patient. Je ne te toucherai pas, juste m'endormir avec toi. Imperceptiblement, il soupira. A côté de lui, l'allemand dormait, c'est du moins ce qu'indiquait sa respiration régulière et son visage paisible. Depuis la nuit où le mur qu'Erik avait érigé autour de lui avait commencé à se fissurer, libérant des souvenirs, des images, des réminiscences toutes plus horribles les unes que les autres, ils partageaient le même lit. Sans parole, l'allemand l'avait prié de rester, toujours. Mais ne pas le toucher. Surtout ne jamais le toucher. Jamais. Il faudrait du temps. Charles avait renoncé à comprendre tout ce que son ami avait vécu, et il se rendait compte qu'il avait été bien arrogant lorsqu'il avait affirmé qu'il connaissait tout de lui. Les choses horribles sont toujours bien cachées, enterrées au plus profond de l'inconscient. Sommeillant sans bruit, jusqu'au jour où elles se réveillent. Le télépathe savait que la patience serait sa meilleure arme. Mais il était prêt à attendre. Attendre de pouvoir enfin l'aimer comme il le méritait.

Il fut réveillé par le corps d'Erik contre le sien. Quand s'était-il endormi ? Et depuis combien de temps dormait-il ? Il n'aurait su le dire. L'allemand s'était replié en position fœtale et tremblait de tous ses membres. Un peu hésitant, Charles lui caressa le dos. Protecteur. Il senti les muscles de son ami se tendre, mais ce dernier ne bougea pas et se laissa faire. Docile.

« Je suis là. »

Trois mots. Trois mots d'une simplicité désarmante qui suffirent à calmer Erik. Brusquement, avec un dégout presque palpable, il quitta l'étreinte de ses bras. Sans toutefois trop s'éloigner. Il vrilla ses yeux aciers dans ceux, d'une pureté céruléenne, de son ami. Il essaya de sourire, en vain. Il se détestait. Il se détestait d'être si faible, d'être si vulnérable. Et il détestait Charles de le voir ainsi. Il se morigéna. Le télépathe n'y était pour rien. D'un regard, il quémanda un baiser. C'était la seule chose qu'il pouvait tolérer. C'était la seule chose que l'homme sans visage ne lui avait jamais fait. Lentement, sans geste brusque, le télépathe approcha son visage. Comme il l'avait déjà fait, il posa ses lèvres sur celle de l'autre homme. Ils fermèrent les yeux en même temps. Pris dans le feu de l'action, Charles tenta de forcer le barrage qui empêchait sa langue de retrouver sa compagne. Erik grogna, mais contre toute attente, il consentit à entrouvrir la bouche. Ils n'avaient jamais été si loin, et inconsciemment le télépathe ne put s'empêcher de se coller au corps si près de lui. Cela rompit la magie du moment. Brusquement, Erik se rejeta en arrière avant de tourner le dos à son ami. Charles avorta une caresse. Il prit lui aussi ses distances tout en se mettant des gifles mentales. Il murmura dans la nuit, derniers mot avant le silence froid.

« Je suis désolé. »

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Le silence régnait. Seul le léger clapotis de l'eau venait troubler la quiétude ambiante. Même les oiseaux avaient suspendus leur chant comme pour respecter la tranquillité des deux hommes, assis côte à côte au bord du lac. Le premier fixait le lointain, les yeux perdus dans le vague et l'esprit embrumé par de sombres pensées. Le second le regardait. Inquiétude et admiration se lisait sur son visage aux traits juvéniles. Et entre eux, la distance. A la fois physique et morale. Une distance en sursis. Le second se décida à briser un silence déjà bien enraciné.

« Erik. »

Le premier mit du temps avant d'entendre. L'appel, semblable à une bouée de sauvetage eut toutes les peines du monde à venir à bout des autres voix qui murmuraient ou qui criait à l'intérieur de la tête de l'homme au regard perdu. Au bout de quelques minutes, il tourna la tête, l'air encore un peu hagard. Il fixa son regard magnétique dans celui de son ami. Le silence cru pouvoir reprendre ses droits le temps qu'ils se regardaient. Mais l'homme inquiet ne tarda pas à porter ses doigts à sa tempe en affichant un regard rassurant.

« Je peux ? »

Erik secoua la tête, déterminé. Charles n'avait pas besoin de savoir, pas besoin de connaitre les détails. Il n'avait pas besoin de contempler l'horreur sous sa forme la plus pure. L'allemand désirait préserver son cher ami des atrocités qu'il avait vécues … autant qu'il voulait préserver sa dignité.

« J'ai besoin de savoir. »

L'insistance du télépathe le fit frémir. Ses phalanges se serrèrent jusqu'à devenir blanches. Il ferma les yeux, contrôlant l'agressivité qui remontait lentement du tréfonds de son être.

« Crois-moi, Charles, tu ne veux pas savoir. »

Le télépathe détourna la tête, mais ne dit rien. Il respectait la décision de son ami, même si il avait un peu de mal à la comprendre. Soucieux, il porta son regard sur la surface claire du lac. Il devait se faire violence au quotidien pour ne pas investir l'esprit d'Erik. Il ne désirait qu'une chose, l'extirper lui-même des pensées ténébreuses dans lesquelles il s'enfermait de plus en plus souvent. Mais il était bien trop honnête pour trahir la confiance que son ami avait placé en lui. Et inconsciemment, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il regretterait tôt ou tard de ne pas avoir pris cette initiative. D'un geste vigoureux, il chassa toutes ces idées néfastes de son esprit. Ils étaient venus là pour prendre un peu d'air frais et se changer les idées. Ce qui était bien loin de ce qu'ils faisaient à présent. En réalité, c'était Raven qui avait obligé Charles à trainer Erik dehors, sous prétexte que les deux ainés avaient bien mérité une journée tranquille, mais le télépathe aurait mis sa main à couper que sa sœur avait remarqué qu'il se passait quelque chose de grave. Pourtant, l'attitude d'Erik quand il était en compagnie des autres mutants, n'avait pas changé. Il était peut-être un peu plus froid et renfermé que d'habitude, mais pas de quoi fouetter un chat. Enfin, Raven était loin d'avoir les yeux dans sa poche et elle n'était pas non plus née de la dernière pluie. D'un mouvement de menton, Charles invita son ami à se lever. Dans un silence confortable, ils commencèrent à marcher, lentement. Le soleil, timide, perçait de temps en temps à travers les nuages qui habitaient le ciel, chauffant de ses rayons salvateurs leurs peaux refroidies par une brise légère. Sous leurs pieds, l'herbe verte parsemée de marguerites ondulait au rythme des bourrasques d'air. Le cadre était agréable. Apaisant. Propice aux rapprochements.

« Parle-moi de ta mère. »

Erik s'arrêta. Il baissa la tête, ferma les yeux. Le corps sans vie de la femme qui lui avait donné la vie, c'était la seule chose qui lui restait d'elle. Ses seuls souvenirs. Avant, il n'y avait rien. Aucun passé. Charles voulu lui prendre la main. Il se ravisa au dernier moment. Ce n'était pas encore le moment. D'un pas encore plus lent les deux hommes reprirent leur marche. Presque funèbre. Une mélodie envahit l'esprit de l'allemand. Il savait qu'il la connaissait, il l'avait déjà entendue quelque part. Mais chaque fois qu'il essayait de s'en saisir, elle se dérobait. Il insista plusieurs fois, commençant à perdre patience. Et puis d'un coup, il cessa de s'acharner. Il la laissa venir à lui, patiemment. Il la laissa l'envahir. Résonner à ses oreilles. De simple murmure, elle devint chant. Une voix douce, un peu trop aigue. Des fausses notes. Mais une voix douce. Et familière. Ses yeux brillèrent de souvenirs retrouvés. Il la regarda se mouvoir avec grâce devant ses yeux d'enfants. Il sentit sa peau contre la sienne alors qu'elle le serait dans ses bras. Il entendit ses paroles réconfortantes alors qu'il avait peur. Il entendit sa voix maternelle lui murmurer dans son sommeil combien elle l'aimait.

« Elle était belle. »

La plus belle femme sur terre. Ses cheveux noirs comme le jais étaient aussi doux que la caresse du vent. Ses grands yeux sombres toujours emplis d'amour. Son visage aux traits fins toujours jovial.

« Elle chantait toujours le soir. Toujours la même chanson. Elle me disait qu'un jour elle m'apprendrait ce qu'elle signifiait. Elle n'en a pas eu le temps. »

Charles tourna la tête vers son ami. Il ne savait pas s'il devait parler. Ajouter une parole inutile. Il choisit de se taire. Les mots tuent les mots. Erik garda lui aussi le silence. Ils marchèrent encore quelques minutes dans cette prairie qui semblait sans fin avant de s'assoir, d'un accord tacite. Machinalement, l'allemand cueillit une fleur pour la faire tourner entre ses doigts. Sans qu'aucun des deux ne s'en soit aperçu, la distance avait perdu du terrain. Lentement, mais surement …

« Elle aimait danser. »

Elle ne dansait pas particulièrement bien. De même qu'elle ne chantait pas juste. Mais pour le gamin qu'il était alors, elle était la perfection incarnée. Et elle le restait. Il ferma les yeux. Un sourire, certes mélancolique vint éclairer son visage tiré. Satisfait, Charles l'imita. Quand Erik rouvrit les paupières, son semblant de sourire avait disparu. Il s'approcha du télépathe et l'embrassa maladroitement. Mais ça n'en restait pas moins agréable. Alors qu'il reprenait sa place initiale, sans se soucier de la réaction de l'autre homme, il ferma les yeux et se pinça les lèvres. Il sentait une douce chaleur l'envahir. Il avait brusquement besoin de plus. Il se sentait démuni. Désuni. Dévêtu. Il avait peur. Peur de ce qu'il voulait. Peur des mots qui étaient dans sa gorge et qui ne demandaient qu'à sortir. Il consenti à leur laisser le champ libre. Quitte à le regretter après.

« Laisse-moi te toucher. »

Sa propre voix, rauque, l'étonna. Il ouvrit les paupières pour découvrir Charles, immobile, le scrutant du regard. Timidement, Erik approcha sa main du visage de son ami. Il hésita quelques secondes avant de se décider à effleurer la joue du bout des doigts. C'était différent quand c'était lui qui touchait. C'était agréable. Il se rapprocha un peu plus, l'air concentré. Il le caressa. Il ferma les yeux. Se rapprocha encore. Brusquement, il avait envie de contact. Il avait envie de se coller contre le corps en face de lui. Il avait envie de le toucher. Mais il ne voulait pas qu'on le touche. Pas encore. C'était pour le moment à sens unique. Une fois encore, il l'embrassa. Sauf que cette fois, le baiser dura bien plus longtemps. L'allemand, hors de tout contrôle, enlaça le télépathe. Pour la première fois, leurs deux corps étaient unis en autre chose qu'une étreinte rassurante. C'était étrange. Plaisir. Ce mot lui était inconnu. Il le découvrait. Ses mains commencèrent à devenir plus entreprenantes. Très vite, elles glissèrent sous le pull de Charles, électrisant sa peau. Faisant remonter de mauvais souvenirs. Douleur. Encore. Son propre épiderme avait été touché de la sorte. Réprimant une grimace, il s'éloigna brutalement. Surpris, le télépathe pencha la tête sur le côté. Tristesse. Déception. Erik regarda ses genoux. Il était allé trop loin. Il se sentait terriblement désœuvré. Autant que Charles était frustré. Néanmoins, il restait conscient que l'allemand avait fait d'énormes progrès. En très peu de temps. C'était presque trop beau pour être vrai. Avec un sourire sincère, il ouvrit les bras, l'invitant silencieusement à venir s'y blottir. Erik hésita un moment. Après ce qu'il venait de se passer, il craignait de dévorer une nouvelle fois la distance. Lentement, il consenti à s'installer contre le torse de son ami qui ne tarda pas à l'entourer de ses bras protecteur. L'allemand se détendit très vite. Il pouvait se laisser aller. Sentir la chaleur détruire peu à peu le froid qui l'enserrait. Il ferma les yeux.

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Le froid mord sa peau. Il trésaille, mais ne dit rien. Ce n'est pas comme si il a le choix …. Et il préfère largement le contact de la table glacée à ce qui va venir après. Il laisse l'homme sans visage lui attacher les chevilles et les poignets. Presque docile. Il a compris il y a une éternité que la lutte est inutile. Il sera toujours la victime. Et l'autre le bourreau. C'est ainsi, et il n'y a aucune raison que ça change. Une aiguille se plante dans son épaule. Il serre les dents. Il n'aime pas les piqûres. Mais il ne dit rien. Il sent le poison se rependre dans ses veines. Douloureusement, c'est comme un feu qui le dévore de l'intérieur. Un feu froid. Ses membres deviennent lourds. Il est immobilisé. Soumis. Il veut grogner de frustration, mais il ne le fait pas. L'autre pourrait mal le prendre. Ou bien. Mais dans tous les cas ça sera douloureux pour lui. L'homme sans visage attend quelques minutes que son poison fasse complétement effet. Il veut avoir un contrôle plein et total sur son cobaye. Il a besoin de se sentir supérieur. Comme il a besoin de comprendre. Comprendre la différence. Le garçon papillonne des paupières. Le poison l'abrutit. Pendant un moment, il se sent bien. Il flotte, loin de toutes souffrances physiques. Dans un brouillard fourbe aux faux reflets salvateurs. Je voudrais juste me coucher, dormir contre toi. Cette voix n'est pas la sienne. Ce n'est pas celle de l'homme sans visage. Les mots s'assemblent comme un reproche. Non-dit, juste pensé. Elle résonne dans le loin, étouffé par des dizaines de sons parasites. Il ne cherche pas à en comprendre le sens. Il ne veut plus rien. Plus vivre, plus mourir. Plus sentir. Il souhaite juste rester dans cet état second, où tout semble si facile.

Le poison mêlé à son sang le fait délirer. Ses yeux roulent dans leurs orbites, dévoilant un regard totalement blanc. Vide et presque mort. Une musique s'élève dans le silence. Du brouillard, né d'on ne sait où, apparait une femme. Des cheveux aussi noirs que les ténèbres font ressortir une peau d'une blancheur irréelle. Presque verdâtre. Ses yeux sont noirs. Juste noirs. Sur le rythme entrainant de la musique orientale, elle commence à bouger. Sa poitrine et son bassin se meuvent avec grâce et rapidité. Il a peur d'elle. Il sait qu'il doit avoir peur d'elle. Elle continue de danser devant lui. Sans s'épuiser. De ses narines et de sa bouche entrouverte s'échappe une fumée bleutée. Semblable à celle d'une cigarette. Mais il ne sait pas ce que c'est. Il n'a même pas quinze ans. Insaisissable, elle s'enroule autour de lui, s'infiltre par les pores de sa peau. Entre en lui, insidieuse. Il la sent danser en lui, il la sent vivre en lui. Il gémit. Elle lui fait peur. Il veut qu'elle s'en aille, mais elle reste obstinément. Néanmoins, elle consent à cesser sa danse. Elle s'endort, se fait oublier. Pour un jour se réveiller. Toujours plus forte.

La douleur le saisit, le faisant brutalement revenir à la réalité. Il suffoque, ses muscles se tordent. Mais il ne peut toujours pas bouger, pour se dérober à la souffrance toujours grandissante. Sa bouche s'ouvre en un cri muet. Ses cordes vocales sont paralysées par le poison. Il sent à peine les larmes de douleur qui s'écoulent sur ses joues noircies. Il ferme les yeux, serre très fort les paupières. Vain espoir de s'échapper. Il ne veut pas voir ce que l'homme sans visage lui fait. Il ne veut pas savoir pourquoi il le fait. Curiosité morbide ou sadisme exagéré. Peu importe, le résultat est le même. Et il ne veut pas chercher à comprendre l'esprit monstrueux, il craint trop de devenir pareil. Il sent une lame froide mordre sa chair. Il frissonne. Il est totalement nu, attaché sur la table en métal. Humilié. Le sang dessine des sillons étranges sur son corps meurtri. Il ne les voit pas, mais il peut les imaginer sans mal. La douleur flue et reflue. Elle se propage dans ses muscles, à travers ses organes. Plus ou moins intense, mais toujours présente. Il n'y a pas un centimètre carré de sa peau qui ne le fasse souffrir. Il ouvre des yeux voilés. Ils tournent dans leurs orbites, de droite à gauche et de gauche à droite, rapidement, cherchant une échappatoire inexistante. Il ouvre la bouche. Un gémissement réussit à sortir de sa gorge. Il essaie de parler, supplier qu'on l'achève, prier que tout s'arrête. Seul un indescriptible borborygme se fait entendre déclenchant l'hilarité de l'homme sans visage. Il ferme les yeux, à nouveau. Il essaie de bloquer sa respiration, mais l'instinct de survie, cet enfoiré d'instinct de survie, reprend vite le dessus. Il n'a plus qu'à attendre. Comme toujours. Le temps passe au ralenti, comme pour se moquer de lui. Il attend.

L'espoir. Ce mot résonne à ses oreilles. Il n'a plus froid. La douleur disparait. Il croit rêver. Il se dit que finalement, Dieu a été indulgent avec lui et a consenti à le rappeler près de lui. Mais il ne tarde pas à se rappeler que tout ça n'est qu'un cauchemar. Tout est fini, c'est du moins ce qu'il se plait à penser. Il ouvre les yeux.

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Quand Erik ouvrit les yeux, il était en nage. D'un geste rageur, il rejeta la couverture. Ce n'est qu'après avoir passé une main lasse sur son front humide qu'il senti le corps collé contre le sien. Son premier réflexe fut de prendre ses distances. Mais il avorta bien vite son geste. Même si son corps était déjà brulant, il avait besoin de chaleur. Le froid de la table en acier était encore trop présent dans son esprit. Ainsi, il se colla un peu plus contre Charles. D'un geste maladroit, il lui caressa les cheveux. Grâce à la lumière grise de la lune qui pénétrait dans la pièce, il pouvait voir son visage si parfait près du sien. Quand il était endormi, le télépathe était encore plus beau qu'en temps normal. Il mesurait de jour en jour la chance qu'il avait de l'avoir près de lui. Erik l'embrassa, sans le réveiller. Il aimait tant faire ça ! Sentir la peau charnue de ses lèvres contre la sienne était une la sensation la plus agréable qu'il avait connue. En soupirant de plaisir, il enfouit sa tête dans le cou de l'homme endormi. Tout ce que lui avait fait l'homme sans visage commençait lentement à disparaitre. Il s'en rendait compte, les cauchemars étaient moins nombreux. Le mur qu'il avait construit autour de lui se reconstruisait, enfermant les mauvais souvenirs au plus profond de son inconscient. L'espoir. Il commençait à peine à prendre conscience du sens de ce simple mot. Il commençait tout juste à le découvrir. C'est ainsi qu'il s'endormit. L'espoir pulsant dans ses veines. Joyeusement.