Disclaimer : Aucun des personnages ne m'appartient, tout est à Marvel et à celui qui a eu la brillante idée de faire ce film.

Note : Voila enfin la suite ! Donc, c'est un chapitre que j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire, je l'ai fait en une journée. Par contre, il se centre essentiellement sur Charles et sa psychologie, je me suis amusée à le rendre … huum, je vous laisse découvrir. Sinon, que dire d'autre ? Ah oui, il faut que je vous prévienne. Il est encore fait mention de torture dans ce chapitre, donc âmes sensibles s'abstenir. Et aussi : ATTENTION LEMON ! Au moins, vous êtes prévenus. Voilà, voilà …

RAR : Il me semble que je n'ai pas répondu à mes reviweuses, comme je le fait habituellement, donc je vais le faire ici, parce que … la flemme de répondre par MP. Doonc, merci encore à Tara Baxter Cullen , à Elles (c'est moi qui te remercie =D), à Duneline ( Je n'ai pas écrit en imaginant Charles comme le « Royaume de l'Espoir », mais après tout pourquoi pas … C'est vrai que ça colle plutôt bien.) et à Gabrielmanga ( je suis contente que ma fic t'inspire =D). Et comme toujours merci à Cerise qui me tient, me soutient et me retient dans toute mes entreprises loufoques.

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Acte III : Shared Vices

Seuls ses yeux grands ouverts brillaient dans la pénombre. Les cauchemars avaient cessés. Au moins étaient-ils plus rares. Il était redevenu cet homme assoiffé de vengeance, froid et distant. Enfin presque. Il était un être meilleur. Il n'était plus constamment en colère, il n'était plus agressif. Il était amoureux. Ça changeait tout. Et puis il avait appris un nouveau mot. L'espoir.

Il ferma les yeux et laissa un sourire déformer son visage. C'était une sensation étrange, mais ô combien agréable ! C'était … bien. Sa main alla caresser le corps près du sien. Ça aussi c'était agréable. Charles gémit de plaisir dans son sommeil, mais ne se réveilla pas. Il en fallait bien plus pour réveiller une marmotte telle que lui. Erik se tourna sur le côté. Le caressa plus encore, dessina son visage avec ses doigts, se colla contre lui. Le télépathe ouvrit les yeux quand il sentit une bouche délicieuse se poser sur la sienne. Il enlaça son homme, maintenant qu'il était autorisé à le faire, il n'allait pas s'en priver. Il le laissa le toucher, découvrir sa peau. Sensuellement. Un frisson traversa son échine quand la main de l'allemand effleura son sexe. Il se mordit les lèvres. Il avait envie de plus, il avait besoin de plus. Néanmoins, il ne dit rien quand Erik s'écarta de lui. Il serra juste un peu plus les lèvres pour contenir un grognement d'insatisfaction. Après tout, sa frustration à lui ne comptait pas.

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Il alluma une cigarette. La porta à ses lèvres. Tira une bouffée de tabac. Recracha la fumée par le nez. Attendit quelques minutes que sa gorge cesse de le piquer. Et recommença. Il ne tarda pas à s'assoir, à même le sol. Les cailloux le génèrent un peu, mais il finit par oublier leur présence pour se concentrer uniquement sur la brise amicale qui soufflait sur le parc de la demeure Xavier. C'était à la fois apaisant et reposant. Rassurant et familier. Ça l'aidait à réfléchir. Et il en avait grandement besoin. Une question revenait sans cesse dans sa tête, le hantant nuit et jour. Chaque fois qu'il s'approchait un peu trop de Charles en fait. Qu'est-ce que je fais ? Il avait la très nette impression de mal agir, d'être égoïste et capricieux. De priver le télépathe d'une tranquillité qu'il méritait amplement. Et puis, il ne savait pas non plus très bien ce qu'il voulait. Il se plaisait à penser qu'il était amoureux. Mais était-ce vraiment le cas ? Il ne l'avait jamais été, il ne savait pas ce que c'était. Il ne pouvait pas en reconnaitre les signes. En réalité, il prenait surement pour de l'amour ce qui n'était qu'une profonde affection mêlée à une reconnaissance sincère. Ça ne pouvait être que ça. Mais dans ce cas, ça signifiait qu'il jouait allégrement avec les sentiments de Charles. Il porta sa cigarette à ses lèvres pour la énième fois. Se prit la tête dans ses mains redevenues libres. Il n'était qu'un monstre.

Mais peut-être qu'il l'aimait vraiment en fin de compte. Peut-être que c'était ça l'amour. Se sentir bien quand l'autre est présent. Avoir le cœur qui bat comme un fou dès qu'il s'approche. Ne pas être capable de réfléchir convenablement par sa simple présence. Et surtout, se sentir extrêmement con d'éprouver tout ça une fois qu'il est parti. Il leva un sourcil. C'était étrange. A la fois simple et compliqué. A la fois vrai et faux. Ce constat lui apporta une tristesse qu'il ne pensait plus jamais ressentir. Faux. Ça sonnait faux, tout sonnait faux. Il ne put s'empêcher de ricaner avec mauvaiseté. Même si c'était vraiment de l'amour qu'il ressentait pour son adorable télépathe, ce dont il doutait de plus en plus, il doutait très largement que cela soit suffisant pour lui faire oublier sa rancœur. Et pour faire disparaitre la femme en noir qui bouillait tout le temps à l'intérieur de lui et qui était étonnamment silencieuse depuis quelques jours. S'il continuait à faire des sentiments comme ça, il allait finir par se laisser convaincre par Sean que les licornes violettes sont réelles et qu'elles courent sur une plage avec un arc-en-ciel. Autant croire au Pouvoir des Fleurs !

Il avait l'impression de se retrouver. Le sarcasme avait toujours fait partie intégrante de son être. Sauf ces derniers temps où il avait semblé s'être envolé, en même temps que sa dignité. Il redevenait peu à peu lui-même, c'était certain. Mais il était changé, il le savait, au fond de lui, quelque chose avait changé. Et il ne savait pas encore si c'était en bien ou en mal.

Quelqu'un s'approchait de lui par derrière. Il se tendit, mais resta immobile. Il n'y avait qu'une seule personne suffisamment folle pour venir le déranger dans ses réflexions. Alors il attendit tranquillement que l'autre s'assoit en tirant la dernière bouffé de sa cigarette. Machinalement, il en prit une autre dans son paquet, l'alluma et recommença le même manège. En silence. Il ne sut déterminer s'il était pesant ou confortable. Il n'eut pas le loisir d'approfondir sa pensée. Des doigts fins virent s'emparer de sa cigarette avec une fausse assurance. Surpris, il porta son regard sur Charles qui la porta à ses lèvres avec expérience. En constatant la tête étonnée de son ami, le télépathe haussa les épaules.

« Je ne suis pas si ennuyeux que tu te plait à le croire. »

Incapable de répondre, Erik se contenta de sourire et de prendre une autre cigarette, puisque la sienne avait manifestement été kidnappée. Ils restèrent silencieux, chacun plus ou moins perdus dans ses pensées L'allemand réfléchissait. Maintenant que Charles était près de lui, il se sentait terriblement bien. Il n'y avait plus que lui dans sa tête, lui et son corps parfait, lui et ses lèvres si tentantes … Il l'embrassa. C'était irréfléchi et spontané, mais ça lui faisait un bien fou.

« Il y a d'autres choses que je ne sais pas sur toi ? »

Le télépathe sourit, mais ce n'était pas tendre. Il s'approcha de lui pour lui susurrer à l'oreille, d'une manière absolument libertine.

« Tu ne sais rien de moi. »

D'un mouvement brutal, si éloigné du Charles que tous connaissait, il le fit basculer en arrière. Alors qu'Erik, allongé sur le dos essayait de se relever, il s'installa à califourchon sur lui, pour l'immobiliser. Il approcha son visage, très près, vrilla son regard dans le sien. Voulu investir son esprit. Il se retint à temps. Il lui avait promis de ne jamais le faire sans sa permission.

« Fais-le ! »

Le télépathe secoua la tête, s'éloigna. Il se releva, rendant sa liberté de mouvement à Erik. Il écrasa sa cigarette sur un caillou. Il se sentait brusquement très mal à l'aise, ce comportement était si éloigné du personnage qu'il s'efforçait d'être chaque jour. Il ferma les yeux quand il sentit l'allemand s'approcher et déposer un baiser sur sa joue. Erik l'enlaça avant de lui souffler dans l'oreille, tel un prédateur.

« Je savais bien que tant de gentillesse cachait forcément quelque chose de bien plus sombre. »

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Charles porta le verre à ses lèvres et but son contenu d'une seule traite. Il le remplit à nouveau et recommença. Plusieurs fois. Quand avait-il éprouvé le besoin de s'enfermer dans la bibliothèque pour vider une bouteille de vodka ? Il ne se souvenait plus vraiment. L'alcool commençait à faire son effet. Il laissa sa tête tomber sur le côté. Il n'avait pas cessé de penser à cette phrase qu'Erik avait prononcée un peu plus tôt dans la journée. Elle lui avait tourné dans la tête pendant des heures, se répétant inlassablement, comme pour lui rappeler qu'il n'était pas celui qu'il prétendait être. Trop gentil pour être honnête. C'était lui. Il but, encore. Triste souvenir du genre d'homme qu'il était avant. Avant d'avoir toutes ces responsabilités. Il regrettait ce temps aussi lointain qu'inaccessible. Celui où il n'avait pas à craindre que son côté sombre prenne le dessus. Celui où il pouvait s'autoriser de temps en temps d'explorer la partie la plus obscure dans son être pour la laisser s'exprimer. Aujourd'hui, cet autre était constamment enfermé, il rugissait silencieusement à l'intérieur de lui, privé d'une liberté qu'il n'avait toujours fait qu'entrapercevoir. Comme un animal enchainé, il se débattait. Erik en avait eu un mince aperçu. Il n'avait fait qu'entrevoir qui était réellement Charles Xavier.

La porte s'ouvrit presque silencieusement. Le parquet grinça. Charles ne regarda pas Erik s'approcher. Il l'écouta. Prendre un verre. Tirer une chaise. S'assoir en face de lui. Remplir le verre. Le boire. Le remplir à nouveau. Et puis le silence.

« Dis-moi qui tu es, Charles. »

Il leva les yeux vers son ami. Il voulut le prévenir, ne pas le tenter. Ne pas éveillé l'autre. Mais il était déjà trop tard. Il se leva et se rapprocha de lui d'une manière provocante. Il lécha ses lèvres avant de s'assoir à califourchon sur les genoux de l'allemand. Il passa sa langue sur la bouche en face de la sienne. Refusa de l'embrasser. Quand Erik voulut l'enlacer, il lui attrapa les poignets pour l'immobiliser. Il lécha son cou, remonta jusqu'à l'oreille. Il la mordit jusqu'au sang. Il se saisit de ses cheveux et les tira en arrière. Le cou ainsi dévoilé de son ami l'attirait. Autant que ça l'énervait. Il jeta un regard mauvais au visage de l'allemand. Tout en lui l'irritait. Il se releva, le regarda avec mépris. Se détourna pour se servir un autre verre.

Erik resta un moment interdit. Jamais il n'avait vu ces yeux si bleus transmettre autre chose qu'une gentillesse qui paraissait si sincère. Mais ce n'était qu'une illusion. Il se leva et le rejoignis. Il aimait ce Charles. Il l'enlaça par derrière. Il le sentit se tendre. Le télépathe se retourna et le repoussa. Brutalement. Charles bouillait intérieurement. Cet homme l'avait repoussé des dizaines de fois en n'éprouvant à chaque fois que du dégout. Aujourd'hui, sous prétexte qu'il avait compris qu'il n'était pas une sorte de psychopathe dénué de tout sens moral, il se permettait de le toucher. Charles perdait patience. C'était à Erik de se sentir repoussé pour une fois.

Il l'embrassa. Il ne pouvait plus raisonner clairement. Ils s'enlacèrent férocement. Se touchèrent avec le même désespoir. Charles sauta presque sur Erik. Il était hors de contrôle. Il le repoussa une nouvelle fois. S'écarta, pris un peu de distance. Il planta ses yeux devenus glacials dans ceux de son ami. Et posa son doigt sur sa tempe.

« Souffre. »

Avant qu'il n'ait le temps de comprendre ce qu'il lui arrivait, Erik se tordit de douleur. Il n'y avait pas une partie de son corps qui ne lui faisait pas mal. Il tomba au sol, à genou. Il implora Charles d'arrêter. Mais la douleur continua. Elle ne faisait que croitre. Il la sentait se propager, de ses orteils jusqu'à son crâne, n'épargnant rien au passage. Il était brisé, de l'intérieur. Il avait plus mal que mal. Il se roula en boule, en gémissant de souffrance. Il ferma les yeux, pria pour que tout s'arrête. Il voulait mourir.

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Il est de nouveau sur la table en métal glacée. Mais il n'a pas froid. Il ne sent plus le froid. Il ne sent que la douleur. Partout. Ses membres lui sont arrachés, un à un. Ses organes sont écrasés de l'intérieur. Il est éviscéré, lacéré. On lui enlève la peau, comme on enlèverait un vêtement. Son esprit embrouillé ne sait plus où il est, qui il est, ce qu'il est. La douleur est constante, lancinante. C'est comme si on le poignardait, partout à la fois. Comme si on le tuait. Sauf qu'il est toujours vivant. Son cœur bat furieusement dans sa poitrine, son sang tape fort dans ses tempes. Ça lui donne le tournis.

Il délire. Il voit la femme en noir, encore elle. Mais cette fois, elle se tord de douleur elle aussi. Elle meurt presque. Elle le supplie du regard. Il détourne les yeux. Il hurle.

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Charles le regardait se tordre de douleur sur le sol. Erik ressemblait vaguement à un ver de terre, il était au moins aussi misérable. Le télépathe jubilait, son corps était traversé de sursaut d'excitation. Il bascula la tête en arrière et ferma les yeux. Sa frustration sexuelle s'était envolée. A présent le plaisir malsain l'envahissait. Il se sentait libéré d'une tension qu'il l'habitait depuis trop longtemps. Le télépathe avait la vie de son ami entre ses mains. Il pouvait décider de le tuer à tout instant. Arrêter sa vie. C'était lui seul qui décidait. Il gémit d'excitation. C'était agréable.

Un hurlement de douleur lui fit ouvrir les yeux. Il regarda quelques secondes Erik se tordre sur le parquet avant de sortir de son esprit. Il resta immobile à le regarder, ne sachant pas vraiment comment agir. Il se sentait terriblement mal, terriblement coupable. Et en même temps, il était soulagé. Enfin à moitié soulagé. Il était toujours frustré, certes un peu moins, mais quand même.

La douleur était partie, comme elle était venue. Erik s'allongea sur le dos, laissant son corps encore meurtris se remettre lentement. Il peinait à croire que Charles avait fait ça. Et pourtant … La souffrance qu'il avait ressentie était bien réelle. Peut-être même un peu trop. Finalement, Charles avait bien un côté sombre. Il pouvait lui aussi faire preuve de cruauté, il pouvait faire preuve de sadisme. Il était loin, très loin d'être un saint. D'être aussi parfait que tous pouvaient le supposer. C'était à la fois plaisant et effrayant. Et douloureux. L'allemand sentit plus qu'il ne vit son ami s'agenouiller près de lui. Il l'aidait à s'assoir avec une douceur qui tranchait terriblement avec la brutalité dont il avait fait preuve à peine quelques minutes plus tôt. Il lui caressa les cheveux et le dos, mais n'osa pas l'embrasser. A la place, il lui servit un verre de vodka. L'aida à le boire. Il ne cessait de redoubler de gestes tendres, comme pour effacer ce qui venait de se passer.

« Pardonnes moi. »

Erik tourna la tête vers lui. Il chercha une quelconque trace de sincérité et fut heureux de la trouver dans son regard. Il ne répondit pas. Il n'avait pas la force de parler, il n'avait pas la force de bouger. Charles se leva, sans le regarder. Il quitta la bibliothèque. Sans un mot.

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Erik marchait. Son corps était encore un peu endolori, mais ça allait beaucoup mieux. Deux jours étaient passés, il avait eu le temps de s'en remettre. Découvrir une autre facette de Charles avait été épuisante, aussi bien physiquement que moralement. Jamais il n'aurait pu se douter que le télépathe d'apparence si honnête pouvait faire preuve d'autant de cruauté. Parce que prendre son pied pendant qu'une innocente victime agonisait sur le plancher, c'était bien de la cruauté. Ou peut-être de la folie. Mais malgré la douleur, malgré ce côté effrayant, il ne pouvait pas lui en vouloir, tout comme il ne pouvait pas avoir peur de lui.

Il avait bien réfléchi. Et était arrivé à la conclusion que tout était de sa faute. Charles était télépathe. Il était beaucoup plus réceptif aux émotions qui l'entouraient. Et lui, Erik, était un gouffre d'ondes négatives. Il n'avait jamais, ne serais ce qu'imaginer, qu'il pouvait nuire à Charles en dormant avec lui. Surtout avec tous les cauchemars qu'il faisait. Mais maintenant, il avait compris. Il devait mettre de la distance entre eux, s'il voulait le protéger.

C'est donc déterminé qu'il frappa à la porte du télépathe. Ils devaient discuter, mettre les choses au clair. Prendre des mesures. Il attendit une réponse qui ne tarda pas à venir. Sans préambule, il entra dans la vif du sujet.

« Je suis désolé. »

Charles pencha la tête sur le côté. Une attitude que l'allemand trouva tout à coup très adorable. Mais il se fit violence pour rester concentrer sur le but de sa visite. Protéger son ami, quoi qu'il lui en coute. Il n'avait pas une bonne influence sur lui.

« Je te fais du mal en restant avec toi. »

Charles dévora la distance que l'allemand s'efforçait de mettre entre eux. Il était profondément heureux qu'il soit revenu après ce qu'il lui avait fait. A dire vrai, il avait commencé à se faire à l'idée qu'il l'avait perdu depuis que l'autre avait repris le dessus dans la bibliothèque. Néanmoins, il fronça les sourcils. Il ne comprenait pas en quoi Erik pouvait lui faire du mal. C'était plutôt l'inverse à ce qu'il lui avait semblé.

« Je ne comprends pas ce que tu veux dire. »

L'allemand esquissa un sourire attendri. Avec douceur, il caressa la joue du télépathe. Sa naïveté était touchante.

« Je suis mauvais pour toi. J'ai trop de choses mauvaises en moi. Je ne veux pas que tu te perdes à cause de moi. »

Charles baissa la tête, comme un enfant fautif. Erik avait peut-être raison. Il était peut être en partie la cause de sa perte de sang froid de l'autre jour. Peut-être. Ou pas peut-être pas. Mais une chose était certaine. Il ne voulait pas le perdre. Même si ça voulait dire se battre continuellement contre l'autre, l'enchainer plus encore. Sa vie pouvait devenir une lutte perpétuelle. Il s'en foutait pas mal, du moment qu'Erik était avec lui. Il l'avait attendu si longtemps, mais qu'il était enfin accessible, il n'allait certainement pas le laisser s'éloigner encore une fois.

Il l'embrassa avec désespoir. Il se colla contre lui, avec tendresse. L'allemand n'essaya pas de le repousser. Toutefois, il s'éloigna d'un pas en arrière quand il réussit enfin à reprendre ses esprits.

« Non Charles. »

L'appelé le fusilla du regard. Il s'approcha à nouveau, l'embrassa encore. Et quand il fit mine de s'éloigner, il le retint par le bras.

« Tu ne comprends pas ? Je t'aime. Je veux rester avec toi. Je veux plonger avec toi »

Erik fronça les sourcils. Il ne pouvait pas permettre une telle chose. Mais il savait que sa vie et ses nuits redeviendraient enfer si Charles n'était pas avec lui. Il était sa seule chance de s'en sortir. Il l'embrassa. Il s'était décidé. Il était amoureux du télépathe. Et il était même prêt à croire aux licornes violettes si on lui affirmait qu'elles existaient. Il était prêt à espérer. Il était prêt à changer, en bien. Si ce n'était pas trop tard. Il voulait tourner la page. Oublier l'homme sans visage. Oublier les cauchemars. Oublier la femme en noir. Renaitre.

Il poussa Charles jusqu'au lit. S'allongea sur lui et l'embrassa encore et encore. Partout. Il enleva son pull. Hésita. S'arrêta. Il ne pouvait pas effacer le passé comme ça. Pas aussi facilement. Le télépathe l'embrassa sur le front. Il le releva, l'enlaça, caressa son dos.

« Laisse-moi faire. »

Il retira sa propre chemise. L'embrassa encore une fois. A son tour, il l'allongea sur le lit et s'installa à califourchon sur lui. Il remua son bassin, lascivement pour l'exciter. Et puis, il lui enleva son pantalon. Le télépathe retourna du côté des lèvres de son ami, pour les embrasser. Chastement. Il déposa ses lèvres sur son torse, remonta dans son cou. Il sourit en constatant que la respiration de l'allemand devenait de plus en plus saccadée. Presque difficile. Lui-même n'était pas en reste. Il reprit ses mouvements de hanches. Quand leurs deux érections se rencontrèrent à travers les tissus, ils gémirent en même temps.

Erik ferma les yeux. La sensation était agréable pour l'instant. Mais il n'arrêtait pas d'y penser. Les mains de l'homme sans visage, sur son corps. C'était comme si elles le touchaient encore une fois. Et pourtant, il savait que ce n'était que Charles. L'homme qu'il aimait. L'homme avec qui il voulait faire l'amour. Mais les mauvais souvenirs sont tenaces. Le télépathe s'allongea sur lui. Chercha ses lèvres. Ils s'embrassèrent longuement. Ils s'aimèrent dans le silence de la pièce. Silence parfois entrecoupé de gémissements de désir partagé. Ils se caressèrent avec une douceur destinée à effacer les évènements de la bibliothèque. Charles l'embrassa une dernière fois avant de retirer d'un même mouvement son pantalon et son caleçon. Il s'attaqua ensuite au boxer de l'allemand, qui ne put retenir un feulement de peur. Rassurant, son ami remonta l'embrasser sur les lèvres. Il caressa sa peau. Fit appel à toute sa tendresse pour le mettre à l'aise. Et puis il l'embrassa encore.

Le télépathe incita son futur amant à écarter les jambes par un mouvement de bassin suggestif. Un peu réticent, Erik s'exécuta. Il essaya de se laisser aller, mais il ne put empêcher son corps de se tendre quand Charles introduisit un premier doigt en lui. Son visage se tordit. Il pouvait encore sentir la respiration sifflante de l'homme sans visage dans son dos. Il se força à revenir au présent. Avec Charles. Mais un deuxième doigt vint rejoindre le premier, les souvenirs refoulés s'empressèrent de revenir. Il pouvait le sentir à l'intérieur de lui. Il pouvait encore sentir la douleur. La honte. Il entendait encore très clairement le sang qui s'écoulait. L'allemand gémit et Charles arrêta les mouvements de ses doigts. Il les retira, l'embrassa sur la joue.

« Tu veux que j'arrêtes ? »

Erik réussit à répondre par la négative. Alors lentement, et en évitant le plus possible de lui faire mal, le télépathe le pénétra. Une nouvelle fois les souvenirs affluèrent. Quelqu'un qui entrait brutalement en lui, sans se soucier de ses cris de douleur. La souffrance qui irradiait dans tout son corps. Il ferma les yeux. Des larmes, essences d'une vie presque oubliée, coulèrent sur ses joues. Il avait mal. Mais Charles commença quand même à bouger en lui. Et là, l'allemand comprit en quoi son ami était différent de l'homme sans visage. Le plaisir se mêlait à la douleur, la faisant disparaitre peu à peu. Son visage se crispa une fois encore, mais cette fois ci la douleur n'y était pour rien. Sans qu'il ne contrôle rien, son corps se cambra alors que les va et viens à l'intérieur de lui se faisaient plus rapide. Plus fébriles aussi. Bizarrement, il se prit à se dire que la jouissance et la souffrance étaient deux sensations très proches l'une de l'autre. Elles se répandaient dans son corps de la même façon. Partaient d'un point bien précis, déferlaient en lui comme une vague qui effaçait tout sur son passage. La souffrance mettait du temps à se dissiper. Il espérait qu'il en était de même pour le plaisir.

Charles n'avait jamais autant pris son pied avec une femme. Et pourtant, il en avait eu des aventures ! Mais avec Erik, c'était différent … Peut-être parce qu'ils avaient tissé un vrai lien tous les deux, peut-être parce qu'ils partageaient des choses, peut-être qu'il l'aimait … Peu importait en définitive. Seul comptait le bien être qu'il ressentait alors qu'il s'envolait pour le septième ciel. Il cria de contentement, ce qui ne lui était jamais arrivé et se sentit balayé comme un vulgaire fétu de paille. Il sentit les ongles de l'allemand s'enfoncer dans sa chair, ce qui augmenta encore le plaisir. Et en un dernier sursaut d'excitation, ils retombèrent mollement sur le lit. Epuisés mais satisfaits. Instinctivement, ils se collèrent l'un à l'autre. S'embrassèrent.

La frustration du télépathe n'était plus qu'un mauvais souvenir. De même que l'incident dans la bibliothèque. Quelque chose en Erik avait changé, Charles le percevait désormais. Il aurait vraiment aimé pouvoir affirmer que c'était en bien. Mais quand l'allemand l'embrassa une fois encore, déversant un peu plus de sa noirceur en lui, il se prit à penser que ce moment n'était qu'un interlude. Et que bientôt, il faudrait en payer le prix ….