Disclaimer : Aucun des personnages ne m'appartient, tout est à Marvel et à celui qui a eu la brillante idée de faire ce film.
Note : Avant dernier chapitre … L'acte V (Since You Leave) est déjà rédigé, donc je ne devrais pas mettre trop de temps à le poster. Pour ce qui est de celui-ci, et bien je n'ai pas grand-chose à dire en fait … Huum … Ah si c'est un chapitre très mental, qui se déroule beaucoup dans l'esprit d'Erik, Charles étant moins présent et plus effacé que dans le chapitre précédent. Donc ben évidemment, y'a pas beaucoup d'action, pas beaucoup de dialogue mais beaucoup d'émotions. Enfin, bref comme à chaque fois c'est sombre, mais c'est qu'on aime. Voilàà, bonne lecture à vous !
RAR : Gabrielmanga, si tu as aimé le Erik que j'ai dépeint jusqu'à maintenant, tu vas adorer celui de ce chapitre (en tout cas moi je l'adore xD). Elles et Duneline, Charles est trop gentil pour être honnête, c'est ce que je me suis toujours dis … héhé … les saints ça existe pas, on le saurait sinon. En tout cas, merci pour vos reviews, ça fait toujours autant plaisir (et ce même si je ne réponds plus par MP …)
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Acte IV : Shade of You
Il huma l'air frais de l'extérieur. Il plissa les narines, ferma les yeux. Ça sentait bon. Ça sentait le vrai. Il tourna la tête vers l'intérieur. Vers le lit défait à s'aimer. Vers Charles qui dormait, allongé sur le ventre, les bras repliés sous l'oreiller. A contre cœur, il referma la fenêtre. Il ne voulait pas le réveiller, aussi quitta t'il la chambre. Il déambula longuement dans les couloirs du manoir, sans but. Avec juste la volonté de marcher. Ne pas penser. Tout était trop beau pour être vrai. Il s'arrêta comme sonné. Le silence lui faisait peur. Tout le monde dormait. Il était le seul être éveillé, le seul être vivant. Le silence. La nuit. Il se mit à courir. Poursuivi par des rêves. Je ne te toucherai pas, juste m'endormir avec toi. Il accéléra. Il finit sa course dehors, sur le perron. Il se laissa tomber sur la dalle froide et humide. Ses pensées s'égarèrent.
Charles. Il aimait sentir son corps contre le sien. Il aimait avoir le dessus sur lui, le dominer, le contrôler, faire de lui ce qu'il voulait. Il aimait être près de lui et ceci en sachant très bien qu'il le détruisait, lentement. Un jour l'être le plus adorable et le plus serviable qui existait finirait dur et froid. Comme lui. Ce n'était pas de l'amour qu'il lui donnait. C'était un poison. Il était un poison, différent de celui que l'homme sans visage lui administrait. Pervers et vicieux. Dis-moi que tu m'aimes. Charles, son très cher Charles, qui l'avait sauvé de la perdition. Qui l'avait ramené à la raison. Et qui en paierait chèrement le prix.
Il repensa brièvement à sa redescente en enfer. La torture, le viol, l'humiliation. Et puis il y avait eu Charles. Et à partir de là, ses progrès avaient été fulgurants. Rapides. Trop rapides. L'espoir était-il réel ? Ou n'était-il qu'une illusion furtive destinée à disparaitre ? Ce n'était qu'un rêve. La réalité n'était pas si douce qu'une étreinte enflammée, il était bien placé pour le savoir. Tôt ou tard, il faudrait qu'il parte. Retrouver l'homme sans visage était son moteur, sa raison de vivre. Le tuer serait sa victoire. Et après, peut-être, que Charles aurait une place dans son existence. Peut-être …
Il ferma les yeux. Il avait la désagréable impression de tomber. Son esprit s'évadait, l'entrainait loin, très loin. Tuant lentement l'espoir qui avait cru trouver une place en lui. Il n'en avait jamais eu. Il n'y avait jamais eu le droit. Mu par une colère aussi soudaine qu'imprévisible, il leva. Il se sentait emprisonné dans ce manoir, dans ce parc. Ici. Près de Charles. Il se mit à courir. Désir irrépressible de liberté. C'est du moins ce qu'il supposait. Ce n'était en réalité qu'un manque. Comme si une partie de lui, lui avait été arrachée. Comme si il n'était pas entier. Mélancolie. C'était effrayant. C'était si triste. A pleurer. Il continua à courir, ignorant la douleur dans son ventre. Il courut si vite qu'il pouvait, pour échapper à sa tristesse. Pour l'oublier. Elle et lui. Son Charles qui ne voulait le laisser. Il courut, si vite. Pas assez. Elle était toujours là. Et il était si en colère ! Il courut, encore. Son cœur battait furieusement dans sa poitrine, ses jambes étaient douloureuses. Il avait envie de pleurer. Mais il ne pouvait pas. Il n'y arrivait pas.
Il tomba, s'étala dans la boue. Sans dignité. Sans larmes. Sans cœur. Il était vide. Son visage se tordit. Il était vide. Il n'y avait rien à l'intérieur. Rien que la colère. Il avait tellement envie de pleurer … Se tordre sur le sol. Pleurer.
« Charles … »
Il gémit son nom. Enfonça son visage dans la boue. Il était rien, plus bas que terre. A patauger dans la merde. Charles. J'aimerais tant savoir t'aimer. Il ne savait plus. Tout se mélangeait dans sa tête. Charles. L'homme sans visage. Amour. Haine. Colère. Douleur. Tristesse. Rien. Il sanglota sans larmes. Mais pourquoi j'ai pas de larmes, bordel ! Son corps était secoué de spasmes, son visage était tordu en un rictus de souffrances, ses yeux étaient hermétiquement fermés. Et désespérément secs.
Une main effleura sa nuque. Il tourna sa tête couverte de boue vers le haut. Il délirait. Néanmoins, il s'installa sur le dos pour lui faire face. Elle était debout au-dessus de lui, le visage totalement impassible. Il la défia du regard. Il ne voulait pas d'elle. Mais il en avait besoin. Tellement besoin qu'il l'aimait autant qu'il la maudissait. Elle le rongeait de l'intérieur, elle le bouffait, le détruisait. Brulait tout ce qu'il y avait de bon en lui. Mais elle faisait partie de lui, depuis toujours. Elle s'installa sur son bassin. Il voulut la repousser, toujours la repousser plus loin. Mais ne le fit pas. Pas cette fois. Cette fois, il était faible, il était seul. Il n'était rien. Elle se pencha sur son visage, souffla sa fumée sur sa peau. Ses yeux le piquèrent. Il ne pleura pas. Mais il ne voulait plus, pas devant elle. Sa langue, semblable à un serpent, glissa sur ses joues, effleura ses lèvres. Il resta impassible. Elle se recula un peu pour passer ses doigts aux longs doigts sur son torse. Il continua à la regarder, droit dans ses yeux sombres. Tout n'était qu'une pensée, un rêve. Un délire. Et c'était si réel. D'un mouvement de paupières, il l'incita à se pencher à nouveau sur lui. Elle lui obéit, amante docile. Il ferma les yeux, chassa Charles de ses pensées. Et l'embrassa. Acceptant enfin de la libérer. Perdant le peu de contrôle qu'il lui restait sur sa vie.
Plus d'espoir. Plus de joie. Plus que l'ombre de toi. Et la colère. Toujours la colère.
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Charles s'enferma à clé dans la salle de bain. Il laissa sa tête reposer un moment sur le bois de la porte, les yeux fermés et la respiration haletante. Il avait l'impression d'avoir couru. Courir jusqu'à tomber dans la boue. Il pouvait presque sentir un souffle sur sa nuque, une caresse sur son visage, des lèvres sur les siennes. Il n'arrivait pas à déterminer d'où venaient ces sensations. Si elles étaient réelles ou imaginaires. Et ça avait un côté pervers, il n'aurait su dire en quelle mesure. Il souffla. Il aurait aimé être avec Erik, mais l'allemand avait disparu. Personne ne l'avait vu, personne ne savait où il était. Et ce qu'il faisait. Le télépathe n'avait pas essayé de le chercher, il savait que ça serait vain. Qu'Erik reviendrait de lui-même. Ou ne reviendrait pas du tout.
Sa tête glissa sur la porte. Il s'en éloigna pour se planter face au miroir. Longuement, il regarda son reflet. Ses cernes noirs qui entouraient ses yeux devenus sombres. Son visage pâle aux traits émaciés. Son air à la fois dur et triste. Il eut l'impression de voir Erik. Il devenait lui, plus il se rapprochait de lui et plus il lui ressemblait. Il se recula, horrifié. Ferma les yeux. Les rouvrit. Il était à nouveau lui. Il toucha son visage, désespérément, pour vérifier qu'il était bien réel. Qu'il était bien Charles.
Rassuré, il ouvrit le robinet d'eau froide. Il avait besoin de se rafraichir les idées. Quand l'eau humidifia son visage, il s'autorisa un soupir de soulagement. Ça faisait du bien. Il déboutonna sa chemise. Il avait subitement l'impression d'étouffer. En ahanant avec force, il appuya ses deux mains sur le lavabo. Ferma les yeux. Les rouvrit presque aussitôt quand il entendit la clé tourner dans la serrure. La clé qui était à l'intérieur de la salle de bain. La porte s'ouvrit d'elle-même, se referma. Lentement, le télépathe se tourna vers Erik.
Les deux hommes se firent face, se défièrent du regard. En silence. Toutefois, Erik fut le premier à fermer les yeux. Un comportement qui ne fit qu'alarmer Charles. Il n'avait pas besoin de sa télépathie pour comprendre que l'allemand éprouvait de la culpabilité et peut être au plus profond de lui, du remord. Il ne sut pas s'il devait s'en réjouir ou s'en inquiéter. Avec Erik, tout était possible. Il s'approcha du télépathe, en veillant à ne pas croiser son regard. Ne plus voir ses yeux. Sans un mot, il l'embrassa dans le cou. Charles se laissa faire en restant stoïque. Il n'avait pas le courage de le repousser. Il n'avait pas le courage de lui dire qu'il était épuisé. Il ferma les yeux, subissant en silence. Son esprit glissa, involontairement. Il lui échappa, percuta celui d'Erik qui ne sembla pas le remarquer.
A un souffle de toi, si près, tu m'échappe déjà. Le télépathe sursauta. Il ouvrit les yeux, regarda Erik. Le repoussa avec force. Il voulut s'échapper, quitter la salle de bain, s'enfermer dans sa chambre. S'éloigner des pensées d'Erik. Mais l'allemand le retint d'une poigne d'acier. Il lui enserra le bras, le serrant fort. Si fort que Charles étouffa un gémissement de douleur. De nouveau son esprit se heurta à celui de l'autre homme. Il essaya d'en rester éloigner, mais c'était comme si Erik hurlait sous son crâne. Reste ! Je t'en prie … J'ai tant besoin de toi. Ou pas. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Charles détourna la tête. A l'image d'Erik il était perdu. Il ne savait plus si il devait l'aimer.
Erik le plaqua contre un mur. Le télépathe essaya de le repousser, une fois encore, mais les sentiments si contradictoires de l'allemand l'immobilisaient plus que la pression sur son corps. Embrasse-moi … Charles ne réagit pas, s'efforçant de faire comme si il n'était pas dans l'esprit de son ami. Son visage se décomposa. Il n'était pas dans l'esprit d'Erik. Il était Erik. Une caresse qui n'était celle de l'allemand. Un baiser. Une femme. Je ne sais plus … Le télépathe frémit. Erik le caressait comme la femme en noir l'avait caressé. Je regrette. Il secoua la tête en gémissant.
« Arrêtes … »
Erik n'entendit pas. Charles savait très bien qu'il n'entendait plus que son propre désespoir. Docile, il laissa son amant le retourner. Il ferma les yeux, essayant de chasser les images d'Erik s'envoyant en l'air avec une autre de sa tête. Mais les sensations, elles, étaient pugnaces. Il pouvait ressentir son plaisir et … sa douleur. D'une certaine manière. Bon Dieu, Erik, qu'à tu fais ? Il entendit l'allemand retirer son pantalon, puis son boxer. Charles tressailli. Mais ne dit rien. Je ne sais plus. Elle ou toi. Elle me détruit. Tu m'emprisonne. Elle ou toi. Charles sentit son pantalon descendre jusqu'à ses chevilles. Il ne savait plus si ce qu'il entendait étaient ses propres pensées ou celle d'Erik. Il ne savait plus qui était qui. Et qui faisait quoi. Son caleçon glissa lui aussi sur ses jambes. Il sentit le membre dur et chaud de son « amant » contre ses fesses et se mordit les lèvres. Charles … Elle ou toi … Quand Erik le pénétra, sans aucune préparation et sans aucune douceur, le télépathe ne put retenir un gémissement de douleur. Ce qui ne sembla pas émouvoir l'allemand. Tombent les apparences. Les mouvements de l'allemand à l'intérieur de lui étaient désordonnés. Ils déchiraient la chair sensible, détruisant tout au passage. Charles colla son visage contre le mur. Gémissements de douleur, gémissement de faux plaisir.
Charles serra les dents jusqu'à ce qu'Erik éjacule. Ridicule. A l'intérieur de lui. Quand l'allemand se retira le télépathe pu enfin respirer à nouveau à peu près normalement. D'elle ou toi, je prends Schmidt. Charles remonta prestement son pantalon, pour préserver sa dignité déjà bien entamée. Il se tourna vers son ami, baissa la tête vers le carrelage blanc taché de rouge. Son propre sang … Erik posa la main sur son épaule. Et puis il quitta la salle de bain, avec sa colère. Bientôt, il s'en irait. Les amants se perdent en s'aimant
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Tu pars. Charles ne prononça jamais ces deux mots. Il avait bien trop peur de la réponse qu'il connaissait déjà de toute façon. Il se contenta juste de retenir Erik par le bras alors qu'il passait la porte d'entrée. Leurs regards se percutèrent, se fuirent. Ce qui s'était passé dans la salle de bain était encore présent. Trop présent, trop douloureux. Surtout pour Charles. Mais il s'efforça de caser ce moment désagréable dans un coin de son esprit. Ce n'était pas le souvenir qu'il voulait garder d'Erik.
« Pardonnes moi. »
L'allemand baissa les yeux. Coupable. Il se posait toujours la même question. Est-ce que je t'aime. Quand il croyait avoir trouvé une réponse, oui … non, elle s'échappait toujours presque aussitôt. Il n'y avait que l'homme sans visage. Lui, son obsession. Lui et sa colère qu'il haïssait tant. L'amour et la haine. Charles n'avait pas sa place au milieu de tout ça. Pas encore.
Il essaya de parler. Il ouvrit la bouche. Mais il n'avait rien à dire. Il essaya quand même.
« Charles …. »
Le susnommé leva la tête, espéra une parole, un geste. Mais Erik ne semblait disposé à faire autre chose que garder une immobilité presque statuaire. L'allemand se détourna. Attends ! Charles voulu crier, le supplier de rester. L'empêcher de partir. Mais il ne fit rien. Il ne pouvait l'empêcher d'aller tuer Shaw. Il ne pouvait pas l'empêcher de faire un acte qu'ils regretteraient tous les deux. Il l'aimait trop pour le retenir. Malgré la douleur au bas de son dos, malgré la douleur de son cœur. Malgré la boule d'angoisse qu'il avait au creux du ventre. Tout à cause de lui, à cause de ce foutu amour. Le télépathe effleura la main de son ami. Un contact bref qui le fit se retourner. Ils se dévisagèrent, comme des étrangers.
« Au revoir. »
Ces mots brulèrent la gorge du télépathe. Ses yeux le piquèrent, mais il s'efforça de garder ses larmes pour lui. Erik sourit. Un sourire triste et fade. Pâle tentative rassurante. Il se rapprocha de son amant. Déposa un dernier baiser à la commissure de ses lèvres. Reflet contraire de sa brutalité presque animale. Charles laissa ses yeux se fermer. Ce dernier geste tendre avait un gout d'adieu. Amer. Plus jamais il ne le verrait, c'était devenu une certitude.
Erik s'éloigna. Il fit quelques pas. Puis se retourna. Un dernier regard. Charles avait les yeux rivés sur lui, le visage inexpressif. La culpabilité enserra le cœur de l'allemand. Il voulut lui dire de l'oublier. De trouver quelqu'un d'autre. Un autre qui saurait mieux l'aimer que lui, puisque lui ne pouvait l'aimer plus. Il voulut lui dire de conserver cette force de penser que le plus beau reste à venir. De rester si naïf, parce que c'était ainsi qu'il était Charles. Reste-le même. Mais il savait que c'était trop tard, Charles n'était déjà plus lui. Erik se détourna. Sans un regard en arrière, il quitta la vie de Charles Xavier.
