Hello Hello !

Ici Popolove, qui vient à nouveau vous énerver avec son petit monde de Dark Persos ^^

J'espère que vous être d'humeurs à subir les nouvelles foudres de Dark Daddy Cullen, parce qu'il est officiellement de retour (pour vous jouer un mauvais tour ^^)

Avant toutes choses merci beaucoup pour toutes vos review, vous me surprenez à chaque fois !

Tout le monde a été unanime dans le chapitre précédent, pour ce qui est du geste d'Emmett envers Bella (mais ne vous en faites pas, il va être puni dans ce chapitre ;) ) D'après ce que j'ai lu, le lemon vous avait manqué xD Bizarrement je ne suis pas étonnée... Peut être parce que moi aussi ça m'a manqué ='( Quant au passage avec Rosalie dans le parc, ben je clarifie une chose, même si Bella accepte que son frère sorte avec elle, ça ne veut pas pour autant dire qu'elle l'accepte comme amie, seulement elle a beaucoup de choses à penser déjà, sans pour autant rajouter une rancœur inutile à la liste déjà bien longue.

Merci aux anonymes

Morgane: Et oui, Edward et Bella vont vivre sous le même toit, mais cela ne veut pas dire qu'il y aura plus de lemon parce que comme tu as pu le constater, ils ne nagent pas dans la joie et la bonne humeur... Et quand tout le monde est tourmenté ben... le sexe en pâtit xD Quant à Carlisle, il n'a aucune limite ;)

laccro: Moi vilaine ? Pas du tout ! Bon peut être un peu quand j'y pense...^^ Pour répondre à ta question, ce n'est pas maintenant qu'ils vont être tranquille XD

callie226: Comme tu dis, à part Charlie on peut pas dire que les hommes assurent dans cette fiction, entre Jasper, Emmett, Carlisle, et même Edward xD T'en fais pas pour moi, je regorge de tas d'idées et je sais exactement ce que je vais faire jusqu'à l'épilogue ;)

Une fan: C'est sûr qu'à six dans une maison sans argent, ça promet d'être beau xD Pour Emmett, oui il culpabiliser énormément. Moi cruelle? Sans doute, je crois qu'on m'a déjà fait plusieurs fois la remarque ^^ Tu n'es pas les seules à avoir peur... Et peut être que tu n'as pas tort, que Carlisle va vraiment leur faire perdre leur boulot ou les virer de chez eux, qui sait...^^ Pour répondre à ta question, la fiction est sensée au départ comporter 30 chapitres, mais j'ai déjà dû décaler plusieurs fois à force de pleins d'idées xD Donc je dirais une trentaine ou un peu plus.

Man0n: Tu veux m'appeler Cruella? Pourquoi pas... je vais prendre ça pour un compliment après tout ^^ Je suis ravie que ma fiction te plaise et de te compter parmi mes lecteurs^^ Pour te répondre, comme j'ai dit plus haut la fiction devrait comporter une trentaine de chapitres en tout, donc encore une dizaine, voire un peu plus. Désolée mais je ne peux pas te promettre qu'il n'y aura pas de dispute dans ce chapitre ^^ Il y en a presque à tous les chapitres xD

Merci aussi à : Lili.88, surreyfr, diana, AURELI, Onja, larsand, twilight-poison, lia3011, Anykim, Lilia, Celestin, fanny, majea, meli-melo, Julia, mmev, lovecullenn, Mimi, Nadalexx, anne, C, Celine68990, Camille, pitoudu78, kccb et Lexy Fox


Je vous rappelle que le concours Opposed Passion Contest se termine dans deux jours donc si vous voulez participer, c'est maintenant ou jamais ! (lien sur mon profil)

Sans plus attendre, voilà le chapitre qui reprend au moment où Bella emmène Edward chez elle de force pour l'héberger ^^ Il était sensé arriver la semaine dernière mais j'ai récemment eu d'énormes problèmes avec fanfiction, je pense même avoir été piratée, donc veuillez m'excuser pour avoir un retard d'une semaine.

Je m'excuse à l'avance pour le sadisme dont je fais preuve à la fin de ce chapitre et vous souhaite une bonne lecture !


Chapitre 20 : Love or Money

oO "Should've Said no"Oo - Taylor Swift

« Bella, c'est une mauvaise idée. » Déclara Edward, arrivé sur le perron de la maison des Swan, en compagnie de Bella.

La nuit était tombée et les nuages cachaient les étoiles Celle-ci leva les yeux au ciel, exaspérée.

« Mais arrête de dire ça ! » Râla-t-elle. « Au contraire, moi je trouve que c'est une excellente idée. C'est la seule solution qu'on ait de toute façon. »

« Rien ne dit que ton père sera d'accord, je te signale. » Lui fit-il remarquer.

« Tu es trop pessimiste. D'abord, mon père n'a pas son mot à dire, j'ai vingt deux ans, je suis majeure et vaccinée. Et puis s'il accepte d'héberger Alice et Rosalie, il ne va pas refuser pour toi. » Affirma-t-elle.

« Sauf que tu oublies une chose, c'est que Rosalie et Alice ne partagent pas ton lit. » Observa-t-il. Elle soupira, une légère teinte rouge apparaissant sur ses joues.

« Mon père n'y verra aucun inconvénient. » Assura-t-elle, sûre d'elle. « Et puis… je suis certaine qu'il préfère que ce soit toi qui vienne t'installer chez nous, plutôt que moi, je vienne habiter chez toi. » Dit-elle en lui faisant un clin d'œil lourd de sous-entendus avant d'aller frapper à la porte. Edward la regarda amusé.

« Je persiste à penser que c'est une très mauvaise idée. » Campa-t-il sur ses positions. (N/Dazzling: Tellement sexy son coté macho...)

Il n'appréciait pas du tout le fait de devoir demander à son beau père de l'héberger, c'était une question de fierté et de dignité. Il aurait accepté de loger Bella sans problème, il l'aurait même forcée d'ailleurs, si elle en avait eu besoin. Mais Bella était sa petite amie alors c'était tout à fait normal. C'est l'inverse qui est absurde. Elle pouvait dépendre de lui, mais lui ne pouvait pas dépendre d'elle. Quelle vision Charlie aurait-il de lui après ça ? Et Bella, quelle considération aurait-elle pour lui ? Celui d'un homme pas fichu de s'entretenir lui même, ni d'entretenir sa nana correctement ? (N/Yoro: Bon c'est fini tes prises de tête de macho? Lol)

« Ce n'est pas de ta faute, tu sais. » L'interrompit Bella qui avait deviné à quoi il songeait. « Tu sais que ce sont tes parents qui sont derrière tout ça. Tu n'as pas à te sentir mal à cause des choses qu'ils font. » Lui dit-elle en mettant une main sur son bras en guise de réconfort. Il détourna les yeux avec embarras.

« C'est humiliant pour moi Bella. » Répondit-il, n'osant pas la regarder. « C'est moi l'homme dans l'histoire, c'est à moi de prendre soin de toi et non pas le contraire. » Elle roula des yeux.

« Depuis quand tu joues les machos ? » S'exclama-t-elle en se retenant d'éclater de rire.

La porte s'ouvrit sur un Charlie qui arbora une mine soulagée quand il vit sa fille dans l'encadrement de la porte.

« Bella, je me suis fait un sang d'encre pour toi, quand j'ai vu que Rosalie était revenue seule. » Salua-t-il. Elle lui fit un sourire contrit et désolé.

« Excuse-moi Papa, j'étais allée voir Edward, nous avions des choses à se dire. » Charlie hocha la tête, l'inquiétude ayant disparue des traits de son visage.

« Rosalie nous a dit que vous aviez fait la paix et que tu la tolérais ici. C'est vrai ? » Demanda-t-il pour être sûr. Il avait tellement été étonné lorsque la blonde leur avait raconté ça, qu'il avait toujours un doute qu'elle ait pu leur mentir.

« Oui c'est vrai. » Confirma Bella avec gêne. « Je lui ai dit qu'elle pouvait venir habiter ici, étant donné qu'elle ne pouvait pas rester chez Jacob après ça. »

« Tu as bien fait. » Approuva-t-il. « La pauvre a déjà beaucoup supporté. » Elle le regarda sceptique.

« Tu es au courant ? » S'étonna-t-elle. Il hocha la tête.

« Elle est venue discuter avec moi en privé tout à l'heure. J'appellerai un collègue de Seattle pour qu'il enquête sur ce Royce. Des types comme ça, il vaut mieux pas les laisser en liberté. »

« Je m'en suis déjà occupé. » Annonça Edward. « J'ai un ami qui mène une enquête sur lui. Apparemment il est en ce moment sur une piste à propos d'un trafic de drogue auquel Royce serait mêlé. »

Charlie écarquilla les yeux, remarquant pour la première fois la présence d'Edward aux cotés de sa fille. En effet le jeune homme n'était pas venu travailler depuis vendredi et aussitôt après que Bella soit venue à son bureau tout à l'heure pour exprimer son inquiétude à propos d'Edward, lui qui commençait déjà à se faire du souci pour lui s'était retrouvé encore plus tracassé et anxieux à son propos. La surprise étant passée, Charlie reprit contenance et s'éclaircit la voix.

« Edward, je ne t'avais pas vu, comment vas-tu ? » Demanda-t-il en tentant de dissimuler le profond intérêt qu'il lui portait. Edward lui fit un sourire embarrassé et éluda.

« Ça va, je vous remercie. » Mentit-il.

Bella fronça les sourcils, étonnée qu'il lui fasse croire qu'il aille bien quand ce n'était pas le cas. Mais après tout, il s'agissait d'Edward, elle ne devrait plus être surprise de voir qu'il cache ses problèmes et ses tourments, comme il savait si bien le faire.

« Tant mieux. » Répondit Charlie, complètement dupe. « Essaie de me tenir au courant lorsque ton collègue trouvera quelque chose sur Royce. » Edward hocha la tête.

« Bien sûr. » Promit-il tandis que Bella ne put supporter de les voir discuter de banalité, comme si tout allait parfaitement bien. Elle finit par s'impatienter et aborda le sujet à sa place.

« Papa… » Hésita-t-elle. « Edward t'a menti, il ne va pas bien et… »

« Bella… » La coupa Edward mal à l'aise.

« Oh mais pour l'amour du ciel, mets ton orgueil de coté ! » Le fustigea-t-elle en lui faisant les gros yeux, comme pour lui interdire de la contredire.

« Mais ce n'est pas qu'une question d'orgueil ! » Se défendit-il. « Et puis si tu crois que tu vas réussir à me faire peur avec tes gros yeux, détrompe-toi. »

« Je te fais les gros yeux pour te montrer mon énervement, tu pourrais au moins jouer le jeu ! » Rétorqua-t-elle vexée en croisant les bras sur son ventre de façon enfantine.

« Bon, qu'est-ce qui se passe ? » Interrompit Charlie qui commençait à perdre patience, tandis qu'elle le boudait puérilement et qu'il se retenait pour ne pas rire.

Bella soupira et rendit les armes, avant de se retourner vers son père pour lui avouer la vérité, sachant très bien que son petit ami n'en démordrait pas et qu'il refuserait de lui parler lui-même. Il préférerait même dormir dans sa voiture qu'oser demander la permission à Charlie de se faire héberger, elle en était persuadée. Mais manque de pot, elle était aussi têtue que lui.

« Papa, ce qu'il y a c'est que… Reste là ! » Ordonna-t-elle à Edward en se rendant compte qu'il était en train de s'éloigner et en lui prenant la main pour le ramener près d'elle. Celui-ci s'immobilisa et soupira de défection en sachant qu'il ne pourrait pas en réchapper.

« Ce qu'il y a, » reprit-elle avec un regard noir en direction de son amoureux, « c'est que les parents d'Edward lui ont coupés les vivres. Ils ont suspendu son compte et ils se sont débrouillés pour le mettre à la rue. » Déballa-t-elle d'une traite, laissant Charlie complètement pris au dépourvu.

Ce dernier avait les yeux ronds comme des soucoupes, effaré par ce que sa fille venait de lui apprendre, tandis qu'Edward n'osait pas regarder le père de Bella, trop embêté et fuyant. Charlie essaya d'assimiler le fait que des parents avaient osé faire ça à leur enfant, ce qu'il trouvait incroyable, dans le sens péjoratif du terme.

« Tu es sérieuse Bella ? » Demanda-t-il pour être sûr. Il aurait aimé avoir mal entendu.

« On ne peut plus sérieuse. » Confirma-t-elle avec sérieux, tentant de réprimer la colère qu'elle ressentait en pensant aux Cullen. « Ils ont convaincu son propriétaire de l'expulser. Il a passé quatre jours à emballer ses affaires dans des cartons. » Expliqua-t-elle désœuvrée en tentant de refouler sa haine envers ses beaux parents.

« T'es pas obligée d'en rajouter non plus. » Protesta Edward qui se sentait rabaissé au plus bas. Bella soupira et ignora sa remarque. (N/Dazzling: nouvelle méthode pour castrer Edward notre Sexy Cop^^)

Elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi il était si orgueilleux et tenait autant à ne pas se faire aider ni épauler quand il en avait besoin. Surtout que là, c'était vraiment une nécessité.

« Si je comprends bien… » Analysa Charlie. « Edward, tu es à la rue à cause de tes parents c'est ça ? » Edward se gratta l'arrière de la tête avec gêne.

« Euh, ouais c'est à peu près ça… »

« Et sans argent. » Renchérit Bella, le coupant sans s'en rendre compte.

« Bella ! » Fustigea Edward.

« Quoi ? » Fit-elle innocemment. « C'est la vérité non ? »

« Peu importe, il avait compris. » Répliqua-t-il agacé.

« Y a un truc que je pige pas. » Marmonna Charlie d'un air songeur. « Comment des parents peuvent ils se comporter ainsi avec leur propre enfant ? » Fit-il révolté.

« Croyez-moi Charlie, ça fait plus de vingt ans que je me pose cette question et je n'ai toujours pas trouvé de réponse. » Ironisa Edward avec acerbité.

« Papa, est-ce qu'Edward peut loger chez nous le temps qu'on trouve une solution ? » Demanda Bella en sachant très bien que même s'il refusait, elle n'aurait pas toléré qu'il aille ailleurs.

« Bien sûr. » Accepta son père en se reculant pour les laisser entrer. « J'ai dit oui pour Rosalie, je peux bien rajouter un couvert de plus. » (N/Yoro: Super Charlie! Je kiffe ce mec!)

« Merci Papa. »

Bella entra en tenant Edward part la main. Celui-ci la suivit avec un sac avec lui. Lorsqu'il passa près de Charlie, il ne put s'empêcher de lui exprimer sa gratitude.

« Charlie, je ne sais pas comment vous remercier pour… »

« Inutile d'en faire tout un fromage. » L'interrompit Charlie. « Mais ne t'attends pas à du luxe, surtout en ce moment, nos moyens sont assez restreints. »

Edward hocha la tête, sentant la culpabilité l'envahir en sachant que c'était ses parents qui faisaient souffrir la famille Swan. Bella se mordait la lèvre pour ne pas rire devant le trouble et l'embarras de son amoureux.

« Euh, je dormirai sur le canapé, faut pas vous en faire. » S'empressa-t-il de dire embarrassé. Charlie leva les yeux au ciel et soupira de lassitude.

« Edward, y a pas marqué imbécile sur mon front, je ne suis pas né de la dernière pluie, donc tu dormiras dans la chambre de Bella et moi, je tâcherai de… faire la sourde oreille. » Marmonna-t-il indécis en refermant la porte derrière lui.

Bella sentit le rouge lui monter aux joues et se fit toute petite en regardant ses pieds tandis qu'Edward réprimait un sourire amusé sur ses lèvres.

« Bella, tu es revenue ! » S'exclama Alice en accourant vers elle pour l'enlacer. Bella lâcha la main d'Edward et rendit son étreinte à sa meilleure amie.

« Évidemment, j'avais dit que je sortais juste prendre l'air. » Rappela-t-elle attendrie.

« Oui mais il se faisait tard, on commençait à s'inquiéter, surtout Emmett qui avait peur que tu ne veuilles plus revenir. »

Aussitôt en entendant le prénom de son frère, Bella se figea et réprima un frisson lui parcourant le corps. Avec tous les derniers évènements, elle avait totalement oublié ce qu'il s'était passé avec Emmett avant qu'elle ne s'en aille. La dispute, les insultes, la violence…

« Bella, ça va ? » S'inquiéta Edward en la voyant dans un tel état de léthargie.

Alice se dégagea subitement d'elle, comme si elle avait été brulée.

« Oh mon Dieu ! Edward ! » S'écria-t-elle en lui sautant au cou, ne lui laissant aucun répit.

Une chose est sûre, il n'arriverait jamais à s'habituer à l'excentrisme d'Alice qui avait souvent tendance à lui sauter au cou à chaque fois qu'elle le voyait. Allez savoir pourquoi…

« Salut Alice, content de te revoir. » Fit-il amusé, tout en jetant un coup d'œil à Bella qui ne lui avait toujours pas répondu et qui avait l'air statufié sur place.

« Mais où est-ce que t'étais passé durant tout ce temps ? » Le réprimanda Alice. « T'as manqué à tout le monde ! Enfin quand je dis tout le monde, je parle surtout de Bella qui ne pouvait pas décrocher son regard une minute de son téléphone, en espérant avoir de tes nouvelles. Et moi aussi je m'inquiétais, en plus t'étais pas là quand Emmett est revenu à sa sortie de prison… » (N/Yoro: Merci Alice de le culpabiliser encore plus…)

« Alice. » Réprimanda Bella qui avait repris ses esprits et fusillait son amie du regard. « C'est bon, je crois qu'on a compris. » Râla-t-elle pour masquer son embarras. Alice se recula d'Edward en soupirant.

« Il était temps que vous arriviez, je commençais à m'ennuyer avec les deux autres tourtereaux. » Changea-t-elle abruptement de sujet.

« Les deux tourtereaux sont là et peuvent t'entendre. » Interrompit la voix d'Emmett qui apparut dans l'entrée, se maintenant à une distance assez éloignée de Bella.

Aussitôt qu'elle le vit, Bella se pétrifia, complètement paralysée. Son sang se glaça d'effroi à l'intérieur d'elle et instinctivement, elle s'empara de la main d'Edward qu'elle avait lâchée durant ses effusions avec Alice.

Edward se tourna vers elle dérouté et anxieux. Quelque chose la perturbait et il ignorait quoi. Apparemment cela avait un rapport avec Emmett. Ils avaient surement dû se disputer plus tôt dans la journée, à propos de son couple surprenant avec Rosalie. Mais à bien y repenser, Bella ne lui avait pas dit grand-chose à ce sujet.

« Salut Edward. » Salua-t-il avec la crainte que Bella lui ait dit quoi que ce soit à propos de la façon dont il l'avait giflée et qu'elle en était tombée par terre. Edward le regarda avec une profonde affection, heureux de le voir libéré de prison.

« La dernière fois que je t'ai vu, tu te faisais embarquer par les agents du F.B.I. » Murmura-t-il avec un sourire de soulagement de l'avoir devant lui.

Emmett élargit son sourire, rassuré. Apparemment Bella ne lui avait rien dit, il n'était au courant de rien et c'était tant mieux. Il était déjà en conflit avec sa sœur, il n'avait pas envie que ce soit également le cas avec son meilleur ami, qui était nettement plus dangereux et menaçant que Bella, par ailleurs. Et le connaissant, il serait même plus rancunier.

« Bah, tu me connais, je ne peux pas rester enfermé dans une prison plus de trois jours. Et puis j'étais tellement insupportable que les gardiens ont carrément organisé une fête après mon départ. » Blagua-t-il avec désinvolture.

« Excusez-moi. » Interrompit Bella avec froideur, ne pouvant endurer la présence de son frère plus longtemps. « Je monte, j'ai pas envie de rester là. » Déclara-t-elle avec acidité.

Elle s'écarta d'Edward qui la regardait ahuri tandis que personne ne pipait mot.

« Bella… » Appela son frère avec des yeux implorants alors qu'elle se dirigeait vers l'escalier. « Est-ce qu'on pourrait discuter ? » Supplia-t-il.

Bella lui asséna un regard haineux.

« Non. J'ai pas envie de te voir, ni de te parler, ni encore moins de t'entendre. » Lâcha-t-elle durement.

« Mais écoute je… » Tenta-t-il désespérément en faisant un pas dans sa direction.

Elle s'éloigna lui tellement il l'effrayait.

« Ne m'approche pas ! » Cracha-t-elle en se ruant vers les escaliers pour ensuite s'enfermer dans sa chambre, laissant tout le monde choqué et interdit face à cet échange des plus tendus entre le frère et la sœur.

Edward observa Emmett avec curiosité avant de détourner les yeux vers l'endroit où Bella était partie. Son inquiétude refit surface.

« Je vais la voir. » Annonça-t-il en montant à l'étage, en direction de la chambre de sa belle.

Il frappa à la porte, son sac en main avant d'ouvrir la porte et de voir une Bella en train de chercher des vêtements dans son placard.

« Bella ? » Appela-t-il soucieux. Elle se retourna vers lui tandis qu'il refermait la porte.

« Oui ? » Fit-elle innocemment, comme si de rien n'était.

« Qu'est-ce qui se passe avec ton frère ? » S'enquit-il inquiet. Elle haussa les épaules dédaigneusement avant de reporter son attention à son placard.

« Absolument rien. » Nia-t-elle. « On s'est disputé quand je les ai vus en train de batifoler dans la cuisine, voilà tout. »

« Mais je ne comprends pas pourquoi tu acceptes de pardonner à Rosalie qui était ta pire ennemie, et pas à Emmett qui est ton propre frère. » Remarqua-t-il avec un air paumé.

« Parce qu'il… » Elle s'arrêta, hésita, avant de se rétracter en soupirant. « Rien. Laisse-tomber d'accord ? Je vais prendre une douche. » Dit-elle en prenant ses vêtements et en passant près de lui pour sortir de la chambre.

Il la retint par le bras.

« Bella… »

« Laisse tomber Edward. » Coupa-t-elle en déposant un baiser sur ses lèvres chaudes. « Tout va bien, je t'assure. » Mentit-elle en se détournant avant de s'extirper de la chambre pour aller dans la salle de bain.

Edward se pinça l'arête du nez. Il savait qu'elle mentait. Elle n'avait jamais su mentir, encore moins à lui. De plus, elle n'avait pas osé le regarder dans les yeux une seule fois au moment de s'en aller. Il aurait aimé savoir ce qui n'allait pas, ce qu'Emmett avait fait puisqu'à apparemment il avait fait quelque chose, mais il savait que ce serait peine perdue. Il la connaissait assez bien pour savoir ce qu'elle acceptait de dévoiler, et ce qu'elle gardait pour elle. Il se mit à espérer que peu importe ce qui était arrivé, ils finiraient par se réconcilier.

Bella laissa l'eau chaude couler et réchauffer sa peau, tandis qu'elle réfléchissait calmement. Elle était en colère contre Emmett, et elle savait qu'elle avait raison de lui en vouloir. Mais elle refusait catégoriquement qu'Edward soit au courant de ce qu'il s'était passé. Il avait déjà assez de problèmes comme ça, pour s'occuper des siens à elle. De plus, elle refusait de le mêler à ça. Elle savait que vu son coté protecteur envers elle, il se mettrait en colère contre Emmett et même si elle était énervée contre lui, elle devait reconnaitre qu'elle s'inquiétait tout de même pour lui. Si jamais Edward apprenait par inadvertance qu'il a levé la main sur elle, il ne le laisserait pas s'en sortir indemne. Et Emmett n'avait strictement aucune chance contre Edward.

Elle sortit de la douche, se sécha et s'habilla avant de retourner dans la chambre. Elle fronça les sourcils lorsqu'elle vit la mine qu'arborait Edward, assis sur son lit. Il avait le regard assombri et semblait particulièrement énervé et préoccupé. (N/Dazzling: hum hum Dark Edward le retour ? !)(N/A: Pas Dark Edward... Angryward ! C'est bien aussi non? ^^)

« Qu'est-ce qui t'arrive ? » S'enquit-elle indécise.

Il remonta ses yeux vers elle avec lenteur et elle put voir que toute trace de bonne humeur s'était envolée.

« Ton frère a levé la main sur toi ? »

C'était une constatation et non une question. Bella se figea, un frisson d'effroi la parcourut. Comment était-il au courant ? Elle ne lui avait vraiment rien dit. Elle commença à paniquer soudainement, à l'idée qu'il ait pu apprendre la vérité sur sa dernière altercation avec Emmett. La peur se mit à envahir son corps, devant le regard froid et dur que lui jetait Edward.

« Co… comment ? » Bredouilla-t-elle déroutée et apeurée.

Il ne répondit pas mais le regard de Bella dériva sur le téléphone qu'il tenait dans les mains et elle comprit. Il avait rallumé son portable et avait dû écouter sa messagerie, ainsi que les cinq cents messages venants d'elle. Et parmi eux, se trouvait le dernier message vocal qu'elle lui avait laissé, où elle déballait tout, sur un coup de folie, un coup de désespoir et d'égarement. Elle avait complètement oublié ce message et elle se fustigea d'une claque mentale pour avoir commis cette erreur.

« Je… » Balbutia-t-elle décontenancée et horrifiée de savoir qu'il était désormais au courant de tout. « Il faut que tu saches que quand je t'ai appelé tout à l'heure et que j'ai laissé ce message, je… je n'étais pas bien, je n'étais pas dans mon état normal, j'étais perdue et je… il faut pas croire tout ce que j'ai raconté. » Tenta-t-elle désespérément.

Il la lorgna du regard, sachant très bien qu'elle ne faisait rien d'autre que d'essayer de le couvrir. Mais la vérité était qu'il était énervé. Très énervé car personne n'avait le droit de lever la main sur elle. Pas même son frère. C'était même pire pour lui. Il reposa son portable sur le lit et se leva, la colère aveuglant ses yeux.

« Dans ce cas, si ce que tu as dit était faux… » Il parlait avec une voix anormalement calme, qui alarma Bella. « Pourquoi est-ce que tu as eu peur de lui tout à l'heure ? » Argua-t-il avec antipathie et hostilité, ce qui la fit frémir. « Et surtout… » Sa voix se fit légèrement plus forte.

« Edward… » Murmura-t-elle paniquée.

« Pourquoi est-ce qu'il avait l'air aussi coupable ? » Finit-il par cracher haineusement, le regard dur.

Bella recula de plusieurs pas, affolée de voir Edward dans une colère noire.

« Je… écoute, il était énervé, je l'étais aussi… » Le défendit-elle vainement.

« Alors quoi ? Le fait qu'il soit énervé lui donne la permission de te battre, c'est ça ? ! » S'emporta-t-il.

« Mais il ne m'a pas battue enfin ! » Protesta-t-elle consternée.

« Il a fait quoi alors ? » Demanda-t-il avec une profonde animosité.

« Il… il m'a simplement giflée, pas de quoi en faire tout un drame… » Balbutia-t-elle piteusement, tellement elle le craignait.

« Giflée comment ? » Interrogea-t-il avec menace dans la voix.

Bella ouvrit la bouche plusieurs fois, sans arriver à prononcer le moindre son. Il en savait déjà beaucoup, il était inutile de rentrer dans les détails, il était assez remonté comme ça. Edward finit par s'impatienter.

« Réponds Bella ! » Tonna-t-il de sa voix puissante, la faisant trembler comme une feuille.

« Tu… tu connais Emmett, il a beaucoup de force, mais ce n'était qu'une simple gifle, je t'assure. » Assura-t-elle avec aplomb, priant pour que ça suffise à le calmer.

Edward se pinça l'arête du nez et prit une profonde respiration pour ne pas perdre le contrôle de lui-même. Puis il rouvrit les yeux et fixa Bella d'un air décidé.

« Très bien. Si tu refuses de me dire la vérité, alors tu ne me laisses pas le choix. » Lâcha-t-il en se dirigeant d'un pas déterminé vers la sortie de la chambre.

Bella cligna des yeux plusieurs fois, l'appréhension la gagnant petit à petit en voyant l'état de rage dans lequel il était désormais plongé. Elle le vit sortir de la chambre sans la regarder et prit soudainement peur.

« Qu'est-ce que… Edward ? » Appela-t-elle craintive en le suivant.

« Emmett ! » Héla-t-il en descendant les escaliers avec fureur, ignorant Bella derrière lui.

Emmett se leva du canapé et alla en direction des escaliers, alors qu'Edward arrivait, Bella à sa suite, extrêmement inquiète. Il savait très bien ce que son ami lui voulait et il était prêt à y faire face, sachant qu'il le méritait. Bella comprit ce qui allait arriver, son cœur se mit à tambouriner dans sa poitrine et la peur laissa place à de l'horreur.

« Edward non… » Implora-t-elle avec un semblant d'espoir.

Il ne l'écouta pas et aussitôt qu'il se retrouva devant Emmett, il le cogna à l'aide d'une droite experte, en plein sur la mâchoire, tandis que Bella poussait un cri de terreur.

La tête d'Emmett se tourna à cause du choc et un grognement dû à la douleur lui échappa. Edward ne lui laissa pas le temps de s'en remettre qu'il le bombarda d'un deuxième coup, plus fort, le faisant vaciller jusqu'au mur de la porte de la maison. Il se rua ensuite vers lui, l'attrapa par le col et le poussa contre la porte avec force. Emmett ferma les yeux, réprimant la douleur qu'il ressentait au moment où son dos heurta la porte d'entrée.

« Bella a refusé de me dire ce tu lui avais fait, alors j'ose espérer que tu vas me dire la vérité parce que comme tu peux le voir, je suis pas vraiment en mesure de perdre mon temps. » Tempéra-t-il en le cognant une nouvelle fois contre la porte.

« Edward arrête ça ! » Cria Bella dans son dos.

Alice l'avait rejointe, alertée par toute cette agitation et avait la bouche grande ouverte d'incrédulité. Edward l'ignora et regarda Emmett avec des éclairs dans les yeux, attendant qu'il daigne répondre à sa question. Emmett déglutit avant de s'éclaircir la voix pour parler avec hésitation.

« Je lui ai mis une claque et… » Il respirait bruyamment, essoufflé à cause du manque d'oxygène, dû à la prise d'Edward qui le serrait violemment. « Et elle est tombée par terre. » Termina-t-il d'une voix rauque.

Edward vit rouge et s'écarta de lui, avant de le frapper au visage une nouvelle fois avec virulence et vivacité. Alice émit un cri aigu, ses mains couvrant sa bouche qui formait un « O » alors qu'Edward ne s'arrêtait pas de le marteler de coups avec frénésie. Emmett ne se débattit pas, il était trop sonné pour répliquer. De plus, il savait qu'il méritait tous les coups qu'Edward lui assénait. Il se contenta donc d'encaisser en réfrénant ses gémissements douloureux comme il pouvait et en faisant tant bien que mal abstraction de la souffrance. Bella était trop choquée pour réagir et priait pour que ça s'arrête, Charlie se contentait de regarder le spectacle, de son fauteuil où il était assis et Rosalie était debout, immobile et paralysée à coté de Charlie dans le salon. Voir son amour en train de se faire maltraiter et brutaliser la rendait malade et lui était insupportable.

« Vous ne l'arrêtez pas ? » Demanda-t-elle désespérée au patriarche.

Charlie haussa les épaules, désinvolte.

« Bof, il le mérite. » Répondit-il simplement. (N/Yoro: Sympa le père…)

En effet, même si c'était son fils à qui on donnait une correction des plus violentes, Charlie ne se sentit pas dans le devoir de l'arrêter. Il trouvait la colère d'Edward parfaitement justifiée et savait très bien qu'il aurait réagi de la même façon, si Emmett n'avait pas été son fils. Et puis ça le confortait dans l'idée qu'Edward était un bon type pour sa fille et qu'il saurait la protéger convenablement. Cette dernière avait d'ailleurs repris ses esprits et criait à Edward d'arrêter, sans grand succès puisqu'il ne l'écoutait pas.

Au bout d'un long moment interminable, Edward s'arrêta et le releva brutalement pour l'empoigner à nouveau par le col en le fixant d'un regard meurtrier, alors qu'Emmett peinait à garder les yeux ouverts.

« Je me fiche de savoir ce qu'elle t'a dit, ou fait pour que ça te donne envie de la frapper, mais tu n'avais tout simplement pas le droit de le faire. » Susurra-t-il entre ses dents avec répulsion. Il lui administra une droite supplémentaire. « On ne frappe pas les femmes. » Déclara-t-il avec aplomb alors qu'Emmett essuyait le sang qui se trouvait sur son visage, sans oser regarder les prunelles assassines d'Edward. « Gifle ou pas, tu n'en as aucun droit. Encore moins quand il s'agit de ta propre sœur. »

Son poing s'abattit sur sa joue brusquement, l'envoyant valser contre le mur à côté de la porte. Il s'approcha de lui et prit son menton entre son pouce et son index, en le vrillant d'un regard foudroyant.

« Et surtout ! » Tonna-t-il cinglant. « Surtout quand cette fille se trouve être la femme de ma vie ! » (N/Dazzling: je sais pas pourquoi mais je trouve qu'il fait chaud ...pas vous ?^^ Quelle déclaration au passage :P)

Il relâcha sa prise sur lui brusquement, assez fort pour que sa tête percute farouchement le mur. Puis sans un un regard pour personne, Edward ouvrit la porte d'entrée à côté d'Emmett qui tenait à peine debout et sortit de la maison en claquant la porte.

Aussitôt Rosalie se précipita sur Emmett horrifiée, tandis qu'Alice soupirait de soulagement et que Bella avait la bouche entrouverte. Le blessé qui avait des coupures à plusieurs endroits distincts sur le visage, fut transporté dans la salle de bain. Bella avait un air de déjà vu, par rapport au jour où Jasper et Emmett s'étaient violemment battus. Sauf que cette fois ci, Emmett était à la place de Jasper et Edward à la place d'Emmett. Mais dans les deux cas, une chose était similaire : Elle était sérieusement énervée après Edward et une dispute allait éclater.

Elle souffla pour reprendre contenance et se fit violence pour ne pas se précipiter au chevet de son frère. Même si elle ne voulait plus lui parler jusqu'à nouvel ordre, son inquiétude avait pris le dessus. Elle aimait Emmett profondément, il était sa famille et son protecteur depuis toujours, et ça ne changerait jamais, peu importe ses mauvaises actions. Après avoir recouvré ses esprits, elle se dirigea vers la porte d'un pas engagé et sortit de la maison, à la recherche de son petit ami qui se tenait dans la cour surplombant la maison, immobile, lui tournant le dos. Elle prit une profonde respiration pour contenir la colère qui montait en elle.

« T'es vraiment un imbécile, Cullen ! » Cria-t-elle à son attention.

Edward refusa de se retourner vers elle et elle s'approcha, toujours derrière lui.

« Pourquoi ? Pour t'avoir défendue ? » Lança-t-il excédé.

« Mais me défendre de quoi au juste ? ! » Tempéra-t-elle. « Il m'avait simplement giflée Edward ! T'avais pas le droit de t'en prendre à lui de cette façon ! »

Il se retourna vers elle et la regarda intensément avant de fixer un point dans l'horizon nocturne, derrière elle.

« Je lui ai simplement arrangé le portrait, pas de quoi en faire une montagne. Il est robuste, il s'en remettra. » Se défendit-il. Bella se tapa le front, tellement la situation l'agaçait fortement.

« Peu importe qu'il s'en remette ou non, ce n'était pas à toi de prendre ma défense ! Je suis assez grande et parfaitement capable de me défendre toute seule. »

« Contre Emmett ? » S'exclama-t-il. « Permets-moi d'en douter. » Fit-il sarcastique en reposant ses yeux à nouveau sur elle.

Elle le gratifia d'un regard noir, vexée, ce qui lui fit émettre un rictus sur le coin des lèvres. Bella s'emporta.

« Bon sang mais tu ne comprends rien ! Je n'ai pas besoin qu'on vienne me secourir, ni qu'on s'occupe de mes difficultés. Ce qui s'est passé entre Emmett et moi, ça ne concerne que nous ! C'est mon problème et c'est à moi de le gérer, pas à toi ! »

« C'est pas toi qui m'as dit tout à l'heure : « Tes problèmes sont mes problèmes ? » » Répliqua-t-il en mimant les guillemets, un sourcil haussé. « Où sont donc passées tes grandes et belles valeurs du couple, Bella ? » (N/Yoro: Les valeurs sont là quand ça l'arrange, t'as pas compris? Lol)

Le visage de Bella se décomposa, énervée qu'il trouve toujours un moyen d'avoir le dernier mot en touchant un point sensible. Elle détourna les yeux en secouant la tête, exaspérée.

« C'est vrai, tout ce qui te concerne me concerne aussi. » Confirma-t-elle avec peine. « Mais pour l'inverse… c'est… différent. » Murmura-t-elle en se mordant la lèvre inférieure. Edward la regarda avec un léger sourire amusé qui se forma sur sa bouche.

« Donc ça marche dans un sens mais pas dans l'autre ? » Déduit-il. Elle sourit en hochant la tête.

« Exactement. » Approuva-t-elle.

Il leva les yeux au ciel avant de reprendre un air sérieux.

« Ça commence toujours par une gifle. » Murmura-t-il d'une voix lointaine. « Elles viennent nous voir, complètement marquées de partout, et à chaque fois leur récit commence par un geste anodin et pas méchant. Je sais ce que tu vas me dire, c'est ton frère, il ne ferait pas de mal à une mouche, et je sais que tu as raison. Mais les femmes qui viennent pour témoigner, elles non plus ne croyaient pas en la culpabilité de leurs maris, de leurs frères, de leurs pères ou amis. Regarde Rosalie. Elle est l'exemple même. »

« Edward, il s'agit d'Emmett. » Rappela Bella incrédule. « Tu vas beaucoup trop loin. »

« Je le sais mais même, il a beau être ton frère, ça ne lui donne pas le droit de te gifler sans raison. Car te connaissant, je sais que tu as dû t'énerver sur Rosalie et que c'est pour ça qu'il s'est emporté, et pour moi ce n'est vraiment pas une raison suffisante. Tout ce que je voulais, c'était lui faire passer l'envie de recommencer un jour, à lever la main sur toi ou sur qui que ce soit d'autre. Et peu importe ce que tu peux en dire, il est hors de question que je m'excuse car je ne regrette absolument pas de l'avoir cogné. » Trancha-t-il d'une voix ferme.

Bella resta songeuse, le regardant silencieusement, comme pour déchiffrer les traits de son visage. Puis elle se retourna afin de lui tourner le dos, sachant qu'elle n'arriverait pas à arborer un visage dur si elle le regardait.

« Je suis quand même énervée après toi. » Fit-elle remarquer d'une voix froide et en même temps, mal assurée.

Edward sourit inconsciemment, sachant très bien que dans cinq minutes elle serait en train de l'embrasser et lui aurait pardonné. Il connaissait l'emprise qu'il avait sur elle et il adorait ça, car il pouvait faire ce qu'il voulait, elle ne pouvait pas rester fâchée après lui plus de trente secondes, montre en main. Il savait aussi qu'elle avait la même emprise et le même pouvoir sur lui. Mais ça, elle n'était pas obligée de le savoir.

« Bella ? » Appela-t-il d'une voix faussement suppliante, dissimulant mal son sourire.

« Non, y a pas de Bella qui tienne. » Bouda-t-elle, en colère contre elle-même pour être aussi faible car elle savait qu'elle n'arriverait pas à tenir, surtout s'il s'y mettait. « Et ravale-moi ce sourire. » Râla-t-elle, ayant deviné qu'il ne faisait rien d'autre que s'amuser d'elle.

Le sourire collé aux lèvres d'Edward ne disparut pas, au contraire il s'élargit face à sa réaction. Il décida d'utiliser une attaque directe et de se rapprocher d'elle par derrière. La connaissant elle ne pourrait pas lui résister bien longtemps. Bella qui sentit sa présence dans son dos se raidit, ayant peur de son incontestable pouvoir de persuasion. Elle ne pourrait pas tenir, pas s'il se trouvait à une telle proximité d'elle et de son cœur qui battait la chamade. Il posa ses mains sur ses épaules avec douceur, lui intimant de se retourner vers lui. Le contact de ses mains sur elle la déstabilisa et provoqua chez elle une respiration forte. Elle refusa tout de même de se retourner, afin de sauver sa fierté. Ou du moins ce qui en restait. Edward continua de sourire devant son entêtement.

« Bella… » Soupira-t-il en la retournant contre son gré, sans la brusquer.

Elle n'osa pas lui faire face et détourna la tête, s'efforçant de garder un regard impassible. Ses mains remontèrent doucement de ses épaules à son cou, jusqu'à se poser doucement sur ses joues déjà rosies, provoquant un maximum de décharges électriques à l'intérieure d'elle, là où il l'avait touchée. Ses mains se firent pressantes sur ses joues et lui firent tourner la tête vers lui afin de le regarder. Lorsqu'elle se retrouva devant ses yeux verts qui lui intimaient d'arrêter de lui faire la tête et son sourire en coin qu'il faisait afin de la charmer, son cœur eut un raté et elle entrouvrit la bouche, complètement éblouie. Edward sut qu'il était sur le point de gagner et que toutes ses barrières étaient sur le point de flancher.

Il approcha son visage du sien, s'apprêtant à l'embrasser, tout en sachant qu'elle ne le repousserait pas. Néanmoins elle secoua la tête, refusant qu'il l'embrasse, de peur d'abandonner et de laisser toutes ses résolutions au placard. Il fronça les sourcils mais n'abandonna pas et approcha sa bouche de son oreille.

« Tu veux bien arrêter de m'en vouloir ? » Murmura-t-il d'une voix douce et envoutante.

« N-non. » Balbutia-t-elle décontenancée. « Je suis sensée être en colère après toi. »

« Ah et on peut savoir pourquoi ? » Demanda-t-il en reculant sa tête afin de la regarder.

Bella fut soudainement happée par son regard et se sentit défaillir, aux vues de leurs visages rapprochés au point que leurs nez se frôlaient.

« Et bien… »

Elle essaya de réfléchir comme elle pouvait aux raisons qui faisaient qu'elle lui en voulait mais étrangement, elle n'en trouva aucune. Elle savait qu'elle avait des tas de bonnes raisons de lui faire la tête, mais elle n'arrivait pas à se souvenir d'une seule d'entre elles. Tout ce qu'elle voyait dans son esprit, était ses lèvres incroyablement tentantes qui l'appelaient, à seulement quelques centimètres des siennes. Edward sourit, remarquant l'effet qu'il avait sur elle et rapprocha sa bouche de la sienne, sachant qu'il avait déjà gagné la partie.

« Je te déteste. » Murmura-t-elle contre ses lèvres en rendant les armes, énervée de s'être fait avoir aussi rapidement.

« Non, tu m'aimes. » Déclara-t-il sûr de lui en écrasant ses lèvres sur les siennes.

Elle soupira, vaincue, puis se laissa aller à son étreinte. Il souriait contre sa bouche, heureux d'avoir gagné facilement. (N/Dazzling: en même temps comment lui résister ^^)

Elle lui donna un léger coup de poing au torse dans le but de lui faire ravaler son sourire satisfait, ce qui ne servit au final, qu'à la déséquilibrer et la faire tomber dans ses bras. Il fit descendre une main se trouvant encore sur sa joue, jusqu'à sa taille pour la maintenir, réprimant un rire tandis qu'elle essayait tant bien que mal de se dégager de son emprise, manquant cruellement de force et d'énergie, mais surtout de motivation. Leurs lèvres bougeaient au même rythme, synchronisées et elle finit par agripper son cou, désirant un espace plus réduit entre leurs deux corps.

Bella sentit la flamme dans son bas ventre se rallumer et sut alors qu'elle ne pourrait pas arrêter quoi que ce soit. Leurs langues s'entremêlèrent et la température monta d'un cran dans la nuit. Edward soupira contre sa bouche et se résolut à écarter son visage du sien, afin de réfréner les soudaines pensées qui lui venaient à l'esprit, restant toutefois plus proche d'elle que jamais. Elle souffla pour reprendre sa respiration avant de poser sa tête contre son torse, tandis qu'il posait son menton sur son crâne et inspirait l'odeur florale de ses cheveux.

« Il faut rentrer. » Déclara-t-elle à contre cœur.

« Tu ne vas pas lui pardonner maintenant, hein ? » Supplia-t-il. Elle soupira.

« Non. J'ai promis à Rosalie que je lui en ferai baver un peu. » Il sourit inconsciemment.

« Elle est de bons conseils, je trouve. » Argua-t-il avant de se séparer d'elle.

Elle ne releva pas et lui prit la main avant d'avancer en direction de la maison. Il la retint contre toute attente.

« Bella ? » Appela-t-il en tirant sa main pour la retourner.

Elle fronça les sourcils devant sa mine sérieuse.

« Oui ? »

« Tu as tort. » Déclara-t-il en la regardant droit dans les yeux. « Ça ne marche pas que dans un sens. Si on doit ressembler à tous ces couples dans les films à l'eau de rose, alors tes problèmes sont aussi les miens. Et j'ai parfaitement le droit de m'en mêler. »

Elle leva les yeux au ciel et réprima un râlement avant de faire un sourire forcé.

« Comme tu veux. » Baragouina-t-elle avec contrariété. « On peut rentrer maintenant ? » S'impatienta-t-elle.

Il se retint de rire et avança vers la porte en passant un bras autour de ses épaules. Ils entrèrent enfin à l'intérieur et allèrent directement vers le salon. Emmett était revenu le visage désinfecté. Apparemment il n'avait pas vraiment de séquelles, juste un énorme bleu sur son œil gauche. Il était assis avec Rosalie sur ses genoux sur le fauteuil de Charlie, tandis que ce dernier avait, pour changer, opté pour le canapé, Alice était partie se coucher, trop fatiguée pour supporter plus. Bella et Edward comprirent que Charlie avait décidé de se mettre sur le canapé pour ne pas qu'Emmett soit assis à côté d'eux.

Aussitôt qu'Emmett les vit faire leur entrée dans le salon, il se tourna vers eux avec appréhension, les yeux suppliants. Le bras d'Edward descendit des épaules de Bella et se positionna sur sa taille en la serrant plus que de raison, dans un geste protecteur, lui faisant même mal sans le vouloir. Il le foudroyait du regard, l'air de dire de ne pas s'approcher tandis que Bella tentait tant bien que mal de faire abstraction d'Edward qui lui faisait mal inconsciemment. Elle ne savait plus où se mettre, en voyant le regard de tueur qu'il lançait à Emmett.

Charlie fit comme si de rien n'était, savourant le comique de la scène qui se déroulait dans son salon. Pour un peu, il aurait presque envie d'aller se faire cuire du pop corn et de regarder le tout en grignotant sans aucune gêne. (N/Yoro: Il est vraiment génial ton Charlie Popo!) (N/A: xD Je sais je sais... je l'aime aussi mon Super Papa Charlie *-*)

Edward finit par conduire Bella jusqu'au canapé qui n'osait pas dire un mot, trop apeurée. Il s'assit et mit Bella dans ses bras, tout en lançant des éclairs à Emmett avec ses yeux. Le film était déjà bien entamé mais de toute façon, personne ne le suivait, pas même Charlie. (N/Yoro: Tu m'étonnes, ce qui se passe à la maison est bien plus intéressant que le film à la télé!)

La soirée se passa sans encombre, en silence. Personne n'osait parler, chacun était dans ses propres pensées. Emmett n'osait pas regarder en direction de sa sœur. Bella elle, gardait les yeux fermés pour ne pas avoir à assister à la scène qui s'offrait à elle. Edward regardait droit devant lui, c'est-à-dire la télévision, sans pour autant piger quoi que ce soit au film qui se déroulait et enfin Charlie, restait songeur, par rapport aux actions scandaleuses des parents Cullen.

Une chose est sûre, il ne pourrait jamais être capable de faire subir ça à l'un de ses enfants, peu importe qu'il aime ou non son gendre ou sa bru. Ce genre d'êtres vils et malhonnêtes lui donnait la nausée. Mais on ne pouvait pas refaire le monde et Edward avait maintes fois prouvé qu'il était digne de sa fille, voilà pourquoi Charlie allait l'aider comme il pouvait. Il savait que de toute façon, il ne pouvait pas rêver mieux pour Bella. Il était inspecteur après tout. Avoir un flic comme fiancé, c'était décidément l'idéal d'après lui. Normal, il était lui-même chef de police et il s'agissait de sa fille. Et puis il se plaisait bien dans le rôle du super Papa. Il se trouvait plutôt… cool. Ouais, Charlie avait la classe !

« Eh oh, Papa ! » Appela Emmett pour la énième fois. Charlie s'extirpa de ses pensées.

« Hmmph ? » Maugréa-t-il.

« Je te disais que Rose et moi on allait se coucher. » Répéta-t-il, légèrement agacé de l'avoir répété plusieurs fois.

Charlie hocha la tête et reporta à nouveau son attention à la télévision. Emmett et Rosalie se levèrent du fauteuil et se retirèrent pour monter dans la chambre d'Emmett, sans un regard pour Bella qui s'était endormie dans les bras d'Edward, épuisée par tous les évènements qui lui étaient tombés dessus au même moment. Bien qu'Emmett ait une irrépressible envie de courir vers sa sœur pour s'excuser, lui demander pardon et l'enlacer, il se retenait car il savait que ça n'arrangerait pas les choses. Il devait attendre qu'elle veuille s'ouvrir à lui d'elle-même et en l'occurrence, elle n'était pas encore prête à le faire.

« C'est drôle, la façon qu'elle a de s'endormir aussi facilement quand elle est avec toi. » Fit remarquer Charlie à Edward, une fois qu'ils se retrouvèrent seuls dans le salon.

Il avait repris sa place sur son fauteuil, après le départ d'Emmett et Rosalie. Edward jeta un coup d'œil à Bella qui dormait à points fermés, avec un bras passé autour de sa taille, comme si inconsciemment elle refusait de le laisser partir. Il sourit en pensant à ce que venait de dire Charlie, tout en se disant que même si elle arrivait à s'endormir rapidement avec lui, il était aussi très bien capable de la tenir éveillée, avec tout autant de facilité… (N/Yoro: Évite de le dire à Charlie, il est compréhensif mais quand même XD)

« Il faut dire qu'elle est aussi très fatiguée. » Justifia-t-il. Charlie esquissa un sourire en contemplant sa fille avec affection.

« C'est compréhensible. » Murmura-t-il pour lui-même. Un silence prit place dans la pièce, avant qu'Edward ne reprenne la parole.

« Vous savez Charlie, Emmett et Bella ont vraiment beaucoup de chance de vous avoir comme père. Je veux dire que… vous avez dû élever vos enfants tout seul, et pas un moment vous n'avez baissé les bras, ni regretté de les avoir eus. » Charlie se sentit légèrement embarrassé, n'appréciant pas particulièrement les éloges à son sujet.

« Bah… tu sais, je ne peux pas dire que je sois le meilleur père du monde. J'ai souvent été occupé par mon boulot, je suis plutôt casanier, je n'ai jamais été souvent à la maison, même le weekend j'ai toujours préféré aller pêcher toute la journée, et puis… je ne suis pas ce qu'on peut appeler un type ordonné et maniaque. » Edward sourit amusé.

« Mais vous leur avez quand même enseignés les vraies valeurs fondamentales, beaucoup de personnes ne peuvent pas dire la même chose. »

« Ça a surtout été difficile pour Emmett, qui était un véritable casse coups durant son jeune âge. Il aimait terroriser les petits, sécher les cours, voler les commerçants, faire des blagues douteuses au principal du lycée… Même au poste de police il adorait m'afficher. Il était tout le temps arrêté pour un oui ou pour un non. Je n'ose même pas compter le nombre de fois où je l'ai couvert… » Rit-il avec une pointe de nostalgie dans la voix.

« Pour Bella, ce fût beaucoup plus facile, elle s'est toujours montrée très calme et discrète. Elle a beau être la cadette, elle a toujours été plus mature que son frère, qui est resté un grand enfant dans sa tête. Elle était une élève superbement sage et sérieuse, et puis extrêmement bosseuse. Tout le contraire de lui en somme. Je crois que dans le fond, c'est pour cette raison qu'Emmett s'arrangeait souvent pour se faire arrêter en faisant toutes les bêtises qui lui tombaient sous la main. Il a toujours pensé que je préférais Bella, alors c'était sans doute sa façon d'attirer mon attention. Mais c'est complètement faux évidemment, j'aime mes enfant autant l'un que l'autre, ils sont tellement différents, je ne pourrais pas en choisir un. C'est juste que je protégeais Bella beaucoup plus. C'est normal, c'est ma fille, elle est beaucoup moins à même de se défendre qu'Emmett. Et puis lors du passage à l'adolescence, c'était encore pire. Je sais ce que les mômes de dix sept ans ont dans la tête, j'en ai eu la preuve avec Emmett. Alors forcément, je la couvais, je faisais plus attention aux endroits où elle allait, avec qui elle sortait… Je n'ai pas eu à beaucoup surveiller ma fille, elle ne sortait pas souvent, et passait son temps à étudier pour pouvoir entrer à Dartmouth. »

Edward se raidit en entendant le nom de Dartmouth. Il savait que son père était en partie responsable pour lui avoir refusé un crédit et pour l'avoir publiquement humiliée à la banque en la traitant comme de la merde, tout ça parce que ça l'amusait. Jamais il n'arriverait à cautionner ce genre de comportements de la part de ses parents. C'était faire preuve d'un manque total de compassion. Et pourtant, Edward savait qu'auparavant, Carlisle était doté d'un incroyable talent de compassion pour les autres. Dommage qu'il l'ait oublié…

« Je n'avais pas besoin de surveiller Emmett de cette façon, » reprit Charlie, sans se rendre compte du changement d'attitude d'Edward. « Je savais qu'il n'avait rien à craindre, c'était même pour les autres que je m'inquiétais, pas pour lui. » Edward étouffa un rire, ne voulant pas interrompre Charlie qui semblait étonnamment bavard, lorsqu'on parlait de ses enfants. « Emmett ne comprenait pas la différence entre protéger, et aimer. Je l'aime autant que Bella, mais je n'ai jamais eu besoin de le protéger. Sauf quand bien sûr, il faisait une connerie et se retrouvait coffré. Au final, il était carrément plus souvent au poste de police que moi. Mais il a fini par comprendre, lorsque Bella a grandi et qu'il a remarqué les garçons qui la regardaient. Il a réalisé pourquoi j'étais plus sur le dos de Bella que sur le sien et il a commencé à la surprotéger. Elle était devenue sa petite sœur qu'il ne fallait surtout pas approcher. Ne le dis pas à Bella, mais Emmett a fait fuir un bon nombre de prétendants sans qu'elle ne le sache. Dès qu'il y en avait un qui avait le malheur de la regarder de travers, Emmett allait le trouver derrière le dos de Bella et lui réglait son compte afin de lui faire passer l'envie de l'approcher. Bella n'en a jamais rien su car elle aurait été folle si elle avait su ça. Personnellement, ça m'arrangeait un peu, ça me permettait de la préserver. Surtout qu'au fil du temps, Alice l'obligeait à sortir plus souvent, notamment à la réserve Quileute où elle s'était faite pas mal d'amis. »

Edward hocha la tête, tandis que Charlie avait fini sa tirade. C'était extrêmement rare, les fois où Charlie se mettait à parler autant, et ce sans qu'il ne se fasse prier. Inconsciemment, il avait toujours beaucoup de choses à dire, lorsque le sujet concernait ses enfants Emmett et Bella. Il ne le réalisait pas lui-même, mais il adorait parler d'eux. Comme n'importe quel parent fier de ses enfants. Il y eut un long silence reposant, brisé par le faible bruit de la télévision que personne ne regardait. Bella dormait toujours profondément et soupirait quelques fois, sans jamais défaire sa prise autour du ventre d'Edward.

« En parlant d'Alice… » Commença Edward avec hésitation. « Comment se fait-il qu'elle ait eu les moyens d'offrir une superbe Audi neuve à Bella ? C'est plutôt un énorme cadeau quand on sait qu'elle n'a pas vraiment de moyens. » Charlie sourit.

« C'est juste. » Affirma-t-il. « En vérité, il y a quelques années, le grand père d'Alice est mort en lui léguant une énorme part de son héritage, étant sa seule descendante. Et tu connais Alice, au lieu de préserver cet argent pour monter un projet ou pour en faire quelque chose de significatif, elle a fait la seule chose qu'elle a toujours aimé faire : S'amuser. Elle a donc tout dépensé à la vitesse de l'éclair pour s'amuser et faire plaisir à ses amis, comme Bella. Même Emmett et moi elle nous a couverts de cadeaux. Et puis elle a toujours tenu à lui offrir un cadeau pour la remise des diplômes, digne de ce nom, sachant à quel point son amie avait trimé pour ressortir majore de sa promotion. Si tu savais à quel point j'étais fier ce jour là, lorsque ma fille a pris la parole et prononcé le discours… » Rêvassa-t-il avec une pointe de fierté dans les yeux.

Edward sourit en reportant son attention sur sa Bella endormie, qui avait un léger sourire sur les lèvres. Il la trouvait magnifique quand elle dormait. Tellement paisible, ça faisait un bon bout de temps qu'il n'avait pas trouvé les traits de son visage sereins, lorsqu'elle était réveillée. C'était parce qu'elle était bien trop perturbée et agitée pour être sereine. Voilà pourquoi il adorait tant la regarder dormir. Là au moins, elle était calme, tranquille, pacifique… Si seulement il pouvait remonter à quelques mois auparavant, lorsqu'elle souriait pleinement et qu'elle n'avait aucun souci en tête, il le ferait sans hésiter.

« J'imagine… » Finit-il par répondre à Charlie avec un temps de retard, trop occupé à contempler sa belle dans ses bras. Le paternel sourit, amusé, avant de reprendre la parole.

« Tu connais Bella, quand Alice lui a offert cette voiture, elle était horrifiée et a tout de suite refusé. » Edward rit brièvement, n'étant pas étonné le moins du monde.

« Elle n'a pas changé alors. Toujours aussi têtue, pour ce qui est de son indépendance et de sa hantise pour les cadeaux. »

« Oh ça oui ! » S'exclama-t-il. « Même quand elle était petite, elle faisait la tête lorsqu'on lui offrait un cadeau, quel qu'il soit. »

Edward la regarda amoureusement, avant de reprendre la parole, sans la quitter du regard.

« Elle ne devait pas être le genre de petites filles à commander des poupées pour son anniversaire. » Devina-t-il d'une voix amusée.

Charlie eut un sourire vague sur le visage, plutôt mélancolique.

« En réalité, il n'y a toujours eu qu'une seule chose que Bella voulait, pour chacun de ses anniversaires. » Répondit-il d'une voix lointaine.

Edward releva alors la tête vers Charlie avec curiosité et appréhension, face à son visage presque… triste. Charlie resta silencieux quelques secondes avant de soupirer et de préciser.

« Chaque année, lorsque je lui demandais ce qu'elle voulait pour son anniversaire, le seul mot qu'elle me répondait, c'était « Maman ». » Avoua-t-il douloureusement.

Edward fronça les sourcils, désolé d'avoir remis ça sur le tapis par erreur.

« Je vois… » Murmura-t-il tristement en regardant à nouveau Bella. Charlie continua.

« Ça a commencé à partir de son septième anniversaire, jusqu'à ses treize ans. Naturellement, je ne pouvais pas faire revenir sa mère, alors je me sentais minable, et aussi mal pour elle. Tous les enfants ont besoin de la présence d'une mère. D'autant plus que Bella était beaucoup plus proche de sa mère que de moi lorsqu'elle était toute petite. Elle réclamait toujours sa maman, même quand elle venait de naître et que c'était moi qui la portais, elle finissait par pleurer jusqu'à ce que je la rende à Renée. À chaque fois que je rentrais du travail, je les voyais toutes les deux ensemble. Je voyais bien que Renée aimait réellement sa fille, ça se sentait dans son regard. Mais je voyais aussi les regards dépressifs et malheureux qu'elle avait, à chaque fois qu'elle posait les yeux sur l'un de ses enfants, ou même sur moi. Ça se ressentait, qu'elle n'était pas heureuse et parfois, j'avais l'impression qu'elle regrettait qu'ils existent, quand elle les regardait avec défection. Mais je refusais de me l'avouer, préférant croire que je me faisais des films et que ma femme n'était pas aussi égoïste. »

« Ni Bella, ni Emmett ne voyait rien. Pour eux leur mère était parfaitement normale. Alors quand cette dernière a déserté après son sixième anniversaire, sans laisser de trace, ni aucun mot pour la retrouver, Bella en fût bouleversée. Elle avait perdu tous ses repères, sans sa mère elle était totalement perdue. Pendant une certaine période, elle était même devenue une petite fille en crise, qui passait son temps à crier et qui refusait même de nous parler, à moi ou Emmett. Elle m'a accusé d'avoir fait disparaitre sa maman et de ne plus être capable de la faire revenir. » Il marqua une pause, éprouvant à nouveau la douleur qu'il avait ressenti à ce moment là. « Elle était bien trop petite pour comprendre alors je n'ai rien dit. Et puis je préférais qu'elle croie que c'était de ma faute, plutôt que de lui avouer que c'était la personne qu'elle admirait le plus au monde, qui avait décidé de partir et de les abandonner. » Termina-t-il d'une voix triste et défaite.

Edward ne put rien faire d'autre qu'hocher la tête, profondément affecté par ce que Charlie racontait. Il se rendait compte qu'au final, l'enfance de Bella n'était pas aussi rose qu'il ne l'avait pensé. Il était au courant du départ de sa mère quand elle avait six ans, il savait qu'elle en avait été déboussolée, comme n'importe quel enfant le serait, et qu'elle s'était même sentie coupable de son départ, après qu'elle ait entendu la conversation téléphonique que Charlie et Emmett avaient eue avec leur mère.

Mais jamais Bella ne lui avait parlé du lien fort qu'elle entretenait avec elle. Peut être qu'elle ne s'en souvenait pas, après tout. Elle était vraiment petite. Mais elle se souvenait tout de même de la mélodie de Claire de Lune que sa mère lui mettait tout le temps. Alors elle devait forcément se souvenir de beaucoup de choses, concernant sa mère. Il comprenait mieux pourquoi elle avait été aussi bouleversée lorsqu'il avait joué Claire de Lune, la veille de l'arrestation d'Emmett. Dans le fond, Bella aurait beau lui faire des leçons de morale, elle était pareille. Elle gardait tout pour elle.

Et à présent il comprenait ce qu'elle ressentait, quand il ne disait rien. Elle devait avoir l'impression qu'il refuse de la laisser entrer dans sa vie, car c'était exactement ce qu'il éprouvait, il avait le sentiment d'être éjecté de sa vie. Et il n'appréciait pas du tout ce sentiment. Bella était son tout, plus importante que sa propre vie. C'était vraiment important pour lui qu'elle lui parle de sa vie, de ce qui la concerne et ce qui la touche.

« Je suis désolé pour vous. » Dit-il compatissant en direction de Charlie. « Ça n'a pas dû être facile pour vous d'endosser la responsabilité du départ de leur mère, alors que vous n'y étiez pour rien. » Charlie eut un sourire amer sur le visage en y songeant.

« Effectivement, ce n'était pas aisé tous les jours, de devoir supporter la haine de sa propre fille, qui croit que tout est de ma faute si elle est séparée de sa mère. D'autant plus que je venais de perdre ma femme, alors entendre en plus de ça, ma fille qui me dit qu'elle me déteste, je crois que ça m'a achevé. » Dit-il avec amertume. Edward le regarda atterré.

« Bella était petite, elle n'avait aucune idée… » Tenta-t-il de la défendre.

C'était plus fort que lui, il se sentait toujours dans le besoin de prendre sa défense, même quand il n'y avait aucune raison de le faire, comme à ce moment précis. Charlie sourit et lui coupa la parole.

« Je sais Edward, jamais je n'en voudrais à ma fille pour ça, c'est moi qui l'aie laissée croire que j'étais coupable, parce qu'à cet âge là, sa mère était tout pour elle, tandis que moi, je n'étais pas vraiment proche d'elle. Je pensais que ce serait beaucoup plus facile pour elle de me voir en fautif, plutôt que de tomber de haut avec sa mère, surtout à son jeune âge. » Edward le regarda avec admiration.

« C'est drôlement noble de votre part. » Fit-il avec un profond respect dans la voix. « Et altruiste. » Charlie secoua la tête avec un léger sourire sur le visage.

« Ce n'est pas noble, ni altruiste. » Contra-t-il. « C'est seulement mon rôle de père. » Déclara-t-il. Edward hocha la tête, comprenant son point de vue. « Et puis la haine de ma fille envers moi… Du jour au lendemain elle a disparu. » Continua-t-il. Edward le regarda curieux.

« C'est-à-dire ? »

Charlie jeta un coup d'œil à sa fille qui ne semblait toujours pas vouloir s'extirper de son sommeil.

« Il s'est passé une chose étrange quelques mois après ça. » Dit-il d'une petite voix. « Bella était toujours pareille, elle faisait des crises dès qu'on tentait de lui parler, et elle me disait qu'elle me détesterait tant que je n'aurais pas réussi à faire revenir sa maman auprès d'elle. »

Edward éprouva une soudaine douleur en imaginant sa Bella aussi mal en point, à même pas sept ans. Il aurait aimé qu'elle n'ait pas à vivre ce genre de choses, surtout aussi petite. À cet instant, il était heureux de ne pas être à la place de Charlie et d'avoir vécu toutes ses larmes, ses crises, ses pleurs et sa haine. La haine d'une petite fille de six ans qu'une mère a lâchement abandonnée.

« Et puis un jour, j'ai réussi à la retrouver. » Continua le paternel, imperturbable. « Emmett venait d'avoir onze ans à l'époque, il comprenait mieux la situation et contrairement à Bella, il en voulait terriblement à sa mère depuis le début car il savait qu'elle les avait abandonnés. Alors lorsque j'ai retrouvé sa trace, je lui ai permis d'écouter la conversation téléphonique, sachant qu'il y tenait absolument. Bella en revanche, je ne lui en ai même pas parlé, et j'ai profité du fait qu'elle dormait. Aujourd'hui encore elle n'est toujours pas au courant de cet appel. »

Edward fit comme si de rien n'était, sachant qu'il se trompait. Bella lui avait parlé de cette nuit là, où elle s'était cachée dans les escaliers et avait écouté toute la conversation avec sa mère qui était sur haut-parleur. Elle lui avait parlé de ça lorsqu'elle avait essayé de le convaincre d'aller chez ses parents à Noël, ce qui s'était transformé en véritable fiasco d'ailleurs…

« Et ensuite ? » S'enquit-il avec un profond intérêt. Charlie soupira.

« Alors sans surprise, Renée n'a pas été tendre ni désolée au téléphone, elle m'a juste dit qu'elle voulait profiter de sa jeunesse et blablabla… » Marmonna-t-il acerbe. « Mais ce qui est étrange, c'est que le lendemain de ça, Bella n'a pas voulu sortir de sa chambre et a passé la journée à sangloter dans son lit. J'ai même cru qu'elle avait de la fièvre. Ça a duré quelques jours, elle refusait d'aller à l'école, et même de se lever. Elle murmurait des « elle veut pas revenir » à tout va, j'avais l'impression qu'elle était en train de comprendre ce qui était réellement en train d'arriver. C'était comme si elle avait entendu la conversation téléphonique, mais je savais que c'était impossible puisqu'elle dormait. Alors je me suis dit qu'elle était en train de comprendre par elle-même, et qu'elle était bouleversée. Puis un jour elle s'est levée, elle est venue dans mes bras et pour la première fois, elle souriait un petit peu. Emmett a suivi le mouvement est aussi venu dans mes bras, du haut de ses un mètre quarante cinq. C'est ce jour là qu'on s'est tous les trois promis qu'on ne s'abandonnerait jamais. » Dit-il d'une voix monotone, les yeux d'une étrange lueur, comme s'il se rappelait de ce souvenir à l'instant même.

Edward sourit légèrement.

« Elle a fini par aller mieux après ça. » Conclut-il avec soulagement. Charlie haussa les épaules.

« Comme je te l'ai dit, jusqu'à son treizième anniversaire, Bella ne faisait que réclamer sa mère pour son anniversaire, ou même pour Noël. Et ce qui me faisait mal, c'est qu'à chaque fois elle espérait. Elle y croyait toujours, comme une enfant croit au père Noël qui descend de la cheminée. »

« C'est triste. » Dit-il sombrement, les yeux rivés sur Bella avec peine. Jamais elle ne lui avait dit quoi que ce soit là-dessus.

« Oui mais tu sais, elle a fini par s'en remettre. » Assura Charlie. « Au fil des années, elle s'est grandement rapprochée de son grand frère, et même de moi. » Il esquissa un sourire au coin de la bouche. « Et puis lors de son quatorzième anniversaire, alors que je m'attendais à ce qu'elle me dise qu'elle voulait sa mère, au lieu de ça elle m'a simplement répondu qu'elle n'avait besoin de rien, parce qu'elle avait déjà un papa formidable. » Edward voyait bien que ce moment comptait beaucoup pour Charlie, et il arrivait à comprendre pourquoi. « Je crois que ce jour là, fait partie d'un des plus beaux jours de ma vie. » Murmura-t-il, plus pour lui-même que pour quiconque.

« Je suis vraiment content pour vous. En dépit de tout ça, vous avez réussi à les rendre heureux. Vous êtes vraiment un père exemplaire. » Charlie se mit à rire.

« C'est aussi grâce à Alice. » Répondit-il amusé. « Elle et Bella se sont rencontrées quand elle étaient au secondaire. Elles avaient quoi ? Douze ou treize ans, et depuis elle fait partie de cette famille comme si elle était ma propre fille. C'est grâce à elle que Bella a pu avancer et oublier la peine qu'elle ressentait, due à l'absence de sa mère. Alice est devenue la présence féminine qui lui manquait dans sa vie, et voir les relations entre elle et ses parents, à permis à Bella de réaliser que parfois, on est mieux avec un seul parent qui prend soin de nous, plutôt que deux qui sont constamment absents ou qui ignorent leur fille, comme le faisaient les parents d'Alice. »

« Ou comme les miens. » Répliqua Edward avec amertume.

Charlie s'enfonça plus dans son fauteuil, mal à l'aise.

« Hum, ouais… » Mâchouilla-t-il déconfit.

Un silence assez gênant et troublant se fit, où chacun ne savait pas comment réengager la conversation. Edward reporta son attention à nouveau sur Bella, qui avait le visage toujours aussi paisible. Il se demandait comment elle avait fait pour lui avoir caché tout ça. D'accord elle était jeune, mais il était certain qu'elle se rappelait quand même de tout ce dont Charlie avait parlé à l'instant. Et puis il était impossible d'avoir oublié les crises et le drame que ça lui a causé. Il se demandait même comment il avait fait pour ne pas le remarquer. Bella avait beaucoup subi le départ de sa mère, mais aujourd'hui elle faisait comme si ça ne lui faisait rien.

« Elle ne m'a jamais parlé de tout ça. » Finit-il par dire avec dépit. Charlie cligna des yeux, comme pour se reconcentrer.

« Ah non ? » Fit-il étonné. Il secoua la tête.

« En tout cas certainement pas de tout ce que vous venez de dire à l'instant. J'étais simplement au courant de petites choses, comme le fait qu'elles étaient assez proches avant qu'elle ne les abandonne, mais jamais je n'aurais cru que c'était autant. En réalité, Bella ne me parle que très rarement de cette période. Je crois que de toute façon, elle n'aime pas parler d'elle, peu importe à quel sujet. »

« Il ne faut pas le prendre pour toi. Ma fille est comme ça, elle déteste s'épancher et attiser de la compassion ou de la pitié de la part des gens. Et puis… je pense qu'elle n'a pas envie de t'embêter avec ça, alors que toi non plus, tu n'as pas eu la vie belle. » Edward haussa les épaules.

« J'ai au moins eu une vie de luxe, quand on y pense. Et puis j'ai grandi avec mes deux parents. » Observa-t-il, le regard vide. « Même si techniquement, les femmes de ménages étaient plus souvent à la maison qu'eux. » Charlie le regarda désolé.

« Y avait plusieurs femmes de ménages ? » Fit-il surpris. Edward réprima un rire.

« Vous auriez vu la taille de la maison, si on avait eu qu'une seule femme de ménage, la pauvre aurait surement fini par se pendre. » Ironisa-t-il. Charlie le regarda d'un drôle d'air.

« Tes parents avaient une énorme maison mais ils ne vivaient même pas dedans ? C'est vraiment minable. » Jugea-t-il révulsé. Edward sourit avec sarcasmes.

« Ça je ne vous le ferais pas dire. » Marmonna-t-il avec acidité. Charlie soupira en le regardant avec déploration.

« Edward, je suis vraiment désolé du comportement de tes parents envers toi. » Le concerné secoua la tête.

« Ça va, c'est surtout leur comportement envers votre famille que je n'arrive pas à tolérer. » Charlie fronça les sourcils, indécis.

« Enfin il ne faut pas oublier que tu es leur enfant, c'est inadmissible de te faire chanter, de te couper les vivres ou encore de s'arranger pour que tu perdes ton logement et te retrouve à la rue. Ce n'est pas le comportement que les parents devraient avoir, c'est inacceptable. »

« Ne vous en faites pas pour moi, Charlie. » S'empressa de rassurer Edward. « Ça ne me fait plus rien. » Assura-t-il.

Charlie le regarda avec scepticisme. Il voyait bien qu'il esquivait, pour ne pas avoir à parler de lui.

« Tu reproches le fait que ma fille ne veuille pas parler d'elle, mais tu fais la même chose. » Analysa-t-il. « Tu éludes. » Edward sourit brièvement.

« Ouais... » Marmonna-t-il amusé.

Il regarda Bella, pour la énième fois de la soirée, avec dévotion. Il lui avait promis quelques heures plus tôt, qu'il arrêterait de tout garder pour lui et qu'il se confierait à elle sans réserve, et il allait essayer de tenir cette promesse comme il le pourrait, même si ce n'était pas évident pour lui, n'ayant pas l'habitude de s'épancher sur ce qui le préoccupe.

Un silence apaisant se fit dans le salon. Les minutes passaient, Charlie étudiait Edward méticuleusement, tandis que ce dernier était focalisé sur Bella. Il lui caressait l'arrière de la tête sans s'en rendre compte, et lui embrassait le crâne à plusieurs reprises, tout en étant plongé dans ses pensées.

« Merci de ne pas l'avoir quittée quand tu en avais l'occasion. »

Edward releva la tête subitement vers celui qui venait de rompre le silence. Charlie le regardait avec les yeux pleins de gratitude, ce qu'il n'arrivait pas à comprendre. Il ne voyait pas pourquoi il lui était reconnaissant de faire vivre à Bella un véritable enfer. Il se sentit aussi mal, car Charlie n'était pas au courant de la fois où il a craqué et où il est parti, faisant croire à Bella qu'il la laissait tomber.

« J'ai failli le faire. » Avoua-t-il à demi-mots. « À maintes reprises. »

« Mais tu ne l'as pas fait. » Contra le paternel. « Au lieu de ça tu es resté et je t'en remercie, parce que bien que ce ne soit pas vraiment la joie, au moins elle est malgré tout heureuse. Et je sais que si tu l'avais laissée, ça aurait été pire pour elle que lorsque sa mère l'a abandonnée. Je ne sais pas si elle aurait pu s'en relever. Je vois bien comment ma fille te regarde. Tu es important pour elle, jamais elle n'aurait accepté de vivre tout ça, si tu ne comptais pas. Crois-moi sur parole. » Assura-t-il avec certitude. Edward resta songeur, méditant sur la question.

« Je regrette vraiment qu'elle ait à subir autant, juste pour être avec moi. Et il n'y a pas qu'elle, c'est toute votre famille qui est touchée. »

« Ne t'en fais pas pour nous, on est fort. » Lui certifia Charlie. « Et puis réfléchis un peu. On n'est plus au Moyen Âge, mais au XXIème siècle. C'est fini le temps où les parents décident pour leurs enfants. T'as le droit de faire ce que tu veux, sans que ces idiots s'en mêlent. » Râla-t-il. Edward se mit à rire doucement.

« Malheureusement ils viennent d'un monde où les esprits sont étriqués. Ça se passe comme ça, dans le monde où j'ai grandi. » Informa-t-il.

« Ouais bah pas étonnant que tu te sois tiré à l'autre bout. » Rétorqua Charlie bougon.

« Ça c'est sûr. » Sourit-il.

Les secondes passaient, le silence ayant fait place à nouveau. Charlie resta songeur quelques minutes, avant de froncer les sourcils soudainement, en proie à de l'étonnement.

« Ça fait combien de temps qu'on discute ? Je crois que j'ai jamais autant parlé de toute ma vie. » Marmonna-t-il dans sa barbe. « Il serait temps que j'aille me coucher, sinon ça va finir par devenir vraiment bizarre. » Edward sourit et acquiesça.

« Merci en tout cas d'avoir partagé tout ça avec moi. » Gratifia-t-il. « Pas sûr que Bella m'en aurait parlé d'elle-même. » Il haussa les épaules avec désinvolture, avant de se lever en baillant de son fauteuil.

« Qui sait ? Peut être que plus tard elle voudra bien parler de ça avec toi. À toi de jouer à celui qui ne sait rien et qui vient d'apprendre tout à l'instant même. »

Edward hocha la tête avec amusement, avant de passer son deuxième bras sous les genoux de Bella pour pouvoir se lever en la portant, à l'effigie d'une jeune mariée.

« On verra bien. Bonne nuit Charlie. »

« Ouais et t'en fais pas, on finira par trouver une solution à tout ce merdier. » Affirma-t-il confiant. « En attendant, tu es ici chez toi. » Edward le regarda avec étonnement.

« Je ne sais pas comment vous remercier… » Murmura-t-il pris au dépourvu.

« Allez dormir, tu me remercieras plus tard. » Maugréa Charlie qui n'avait qu'une seule envie, s'effondrer sur son lit.

Edward se détourna alors sans un mot vers les escaliers, avec Bella dans ses bras tandis que Charlie s'occupait d'éteindre la télévision.

Il ouvrit la porte de la chambre de Bella et la déposa sur le lit en douceur, prenant soin de ne pas la réveiller. Il la déshabilla délicatement et rabattit les couvertures sur elle, tout en déposant un baiser sur son front subtilement. Il l'entendit soupirer et se surprit à sourire en imaginant qu'elle soit consciente de sa présence et qu'elle le réclame, même en dormant. Il se déshabilla également rapidement et alla la rejoindre dans le lit, uniquement vêtu d'un boxer. Il passa un bras autour d'elle et se pencha près de son oreille pour lui susurrer.

« Bonne nuit ma Bella. Tu es la seule à avoir touché mon cœur de façon indéfinissable, et ce pour le restant de mes jours. » (N/Dazzling: Pourquoi mon mec me dit jamais ça xD) (N/A: Parce que le tien ne s'appelle pas Edward Cullen... *soupire*)

Il lui embrassa l'épaule avec tendresse avant de reposer sa tête contre l'oreiller, torse contre dos et de tomber dans un sommeil profond, le bras toujours autour de sa taille en guise de protection.

Ce qu'Edward ne vit pas, fut les lèvres de Bella qui s'étaient esquissées en un sourire rêveur, juste après ses mots murmurés. Peut être, l'avait-elle entendu…


Le matin arriva avec douceur, malgré une brise matinale plutôt fraiche, fidèle à la période hivernale du mois de janvier. Tout en regardant son amoureux dormir, Bella ne put s'empêcher de trouver que le temps passait beaucoup plus lentement qu'elle ne l'aurait pensé. Il s'était seulement écoulé plus d'un mois depuis la veille de Noël, où elle avait fait la connaissance de la famille déplorable d'Edward, et où elle avait réalisé la teneur de ses sentiments pour lui. Il y a à peine vingt cinq jours, elle lui avouait ses sentiments pour la première fois. Il y a à peine vingt cinq jours, elle ne connaissait pas encore le monde de Lucifer, alias les Cullen. Il y a à peine vingt cinq jours, elle était pleinement heureuse. Comme le temps passait à une allure d'escargot lorsque l'on souffrait et que l'on n'était pas réellement heureux. Pourquoi ses moments magiques avec Edward étaient-ils passés beaucoup plus rapidement ? Pourquoi étaient-ils terminés depuis des semaines ?

Le monde lui semblait injuste. Elle était certaine que les Cullen devaient être en train de festoyer tranquillement, sur leur terrasse de trois cents mètres carré, avec leur petit déjeuner copieux et ridiculement cher, savourant avec bonheur le martyr qu'ils faisaient endurer à leur fils, ainsi qu'à la famille de Bella. Elle les haïssait pour oser faire souffrir les personnes qu'elle aimait le plus, en particulier Edward. Celui-ci ne disait rien et faisait comme si ça ne le touchait pas, mais elle savait très bien qu'il avait mal à cause de leurs actions. Ils étaient ses parents, et ils se comportaient comme de vrais monstres. Il aurait beau prétendre y être habitué, Bella savait qu'il mentait. Il ne s'y habituerait jamais, ça lui ferait toujours de la peine et mal au cœur car il espérait toujours, même sans le savoir, que ses parents un jour, redeviendraient les jeunes étudiants qu'ils étaient, bourrés de qualité, d'humanité et de bonté.

Elle avait vraiment envie de faire quelque chose pour arranger la situation. Elle voulait prouver à Edward qu'il avait raison de continuer de croire en leur revirement. Elle avait besoin d'agir, de lui montrer qu'ils ne sont pas aussi mauvais, car bien qu'elle les déteste pour tout ce qu'ils ont déjà fait, ils restaient les parents d'Edward, ceux qui lui avaient donné la vie et il avait besoin d'eux dans sa vie, malgré tout. Elle allait essayer. Pour lui. Aujourd'hui.

C'est avec cette détermination qu'elle décida de se lever, en prenant la peine de ne pas le réveiller. Il allait bientôt se réveiller de toute façon car il était l'une des rares personnes ici à encore avoir un travail. Alors elle voulait le laisser dormir le plus possible, sachant qu'il était épuisé. Elle prit une douche rapide, mettant de l'ordre dans ses idées et se préparant mentalement à ce qu'elle s'apprêtait à faire aujourd'hui, une fois qu'Edward serait parti travailler.

Elle sortit de la douche, enroula une serviette autour d'elle et partit en direction de sa chambre. Edward était déjà debout et se figea lorsqu'il tourna la tête vers elle. Un sourire naquit sur ses lèvres, tandis qu'il parcourait son corps d'un regard appréciateur. Les joues de Bella prirent une teinte rouge et elle se mordit la lèvre inférieure. Il s'était vêtu d'un jogging et d'un marcel blanc qui laissait entrevoir la musculature bien dessinée de son torse, ce qui la fit saliver et entrouvrir la bouche.

« Tu es réveillé… » Salua-t-elle embarrassée, complètement sous le charme.

« Comme tu le vois. » Sourit-il, ne se privant pas d'admirer ce qu'il avait sous les yeux. Elle ne se sentait pas à son aise et rougissait ardemment, face à son regard insistant.

« Euh je… j'ai pris une douche pendant que… » Bafouilla-t-elle gênée en se fustigeant mentalement pour ne pas être capable de formuler une phrase cohérente.

Il avait des vêtements dans une main et s'approcha d'elle, un sourire au coin de la bouche, les yeux légèrement assombris à la vue de son corps dénudé, uniquement caché d'une pauvre serviette. Bella commença à sentir son entrejambe mal à l'aise et resserra ses jambes.

« Tu peux y aller. » Murmura-t-elle éblouie.

Il caressa sa joue de sa main libre ne faisant aucun mouvement pour sortir de la chambre.

« Tu ne devrais pas être aussi tentante devant moi. » Soupira-t-il près de son visage, si bien que Bella put sentir son souffle fouetter sa peau avec douceur. La chaleur de son bas ventre commença à se manifester et elle se consuma intérieurement.

« Désolée… » Susurra-t-elle, sans montrer aucun signe de culpabilité.

« Tu fais bien d'être désolée. » Répliqua-t-il en un chuchotement à peine audible, son visage se rapprochant de plus en plus du sien. « Maintenant il faut que tu te fasses pardonner correctement. » Fredonna-t-il d'une voix légèrement déformée par le désir qu'il ressentait à l'instant même.

La respiration de Bella se coupa et un sourire prit forme sur sa bouche, tandis qu'elle s'humectait les lèvres.

« Comment ? » Souffla-t-elle, les yeux luisants d'anticipation.

Aussitôt il prit son visage en coupe et fondit sur ses lèvres pour un baiser passionné, laissant tomber au passage les vêtements qu'il tenait dans la main.

La fièvre en eux monta rapidement, envahissant la pièce par ce froid hivernal. Leurs lèvres bougeaient sensuellement, se caressaient frénétiquement, s'unissaient langoureusement. La tête de Bella lui tourna et elle commençait à perdre l'équilibre. Elle cramponna ses bras autour de sa nuque afin de se maintenir, avant de fourrager dans sa tignasse désordonnée avec fougue. Le corps de Bella irradiait sous sa serviette, à mesure qu'elle se collait contre son torse, la respiration bruyante, le cœur battant à tout rompre. Il descendit ses mains derrière son dos, caressant l'espace de peau découvert. Il fit le trajet de sa taille lentement, des deux cotés puis arriva aux extrémités de la serviette, c'est-à-dire à la moitié de ses cuisses. Il la releva légèrement afin d'effleurer ses fesses fermes et de les empoigner, provoquant un gémissement plaintif de la part de Bella qui enroula instinctivement ses jambes autour de sa taille, se collant à lui plus que de raison.

Son dos se retrouva plaqué en douceur contre un mur, l'excitant encore davantage. Sentir l'intimité de Bella contre son sexe à travers la barrière que représentait son jogging réveilla son érection qu'il ne put contenir. Cela fit Bella gémir de désir, agrippant ses cheveux avec plus de hargne et de force. Elle mordilla sa lèvre inférieure, faisant ainsi échapper un grognement de sa poitrine. Leur baiser fut pris d'une frénésie des plus intenses, les rendant oublieux du monde extérieur. Leurs bouches s'entrouvrirent, leurs dents s'entrechoquèrent, le désir augmenta, le feu s'amplifia, leurs cerveaux étaient déconnectés de la réalité. Les mains d'Edward se firent plus pressantes sur ses fesses et il commençait à être gêné par la serviette qui l'empêchait d'admirer et de parcourir le corps de sa belle. Il remonta alors ses mains, traçant le contour de sa silhouette, jusqu'à arriver à sa poitrine dissimulée, là où se trouvaient les pans de sa serviette qu'il s'apprêtait à défaire.

Bella comprit soudainement ce qu'il était sur le point de faire et réalisa que, bien qu'elle en ait éperdument envie, il ne pouvait pas faire ça. Ils n'avaient tout simplement pas le temps. Il devait aller travailler, elle devait aller là où elle avait décidé d'aller au réveil, et s'il allait plus loin en la déshabillant complètement, elle ne pourrait plus répondre d'elle-même. Il fallait qu'elle l'en empêche, avant de ne plus en être capable. Il attrapa un premier pan et elle rompit le baiser à bout de souffle, s'éloignant légèrement de lui.

« Edward non… » Murmura-t-elle suppliante, reprenant sa respiration bruyamment. Il fronça les sourcils de déception, ne comprenant pas son soudain changement d'attitude. (N/Dazzling: non mais comment elle peut arrêter là !) (N/A: Aucune idée... -_-')

« Pourquoi ? » S'enquit-il essoufflé lui aussi. Elle ferma les yeux et posa son front contre le sien.

« Ne commence pas quelque chose que tu ne pourras pas terminer. » Fit-elle difficilement, d'une voix étonnamment faible.

« Qu'est-ce qui te fait dire que… »

« Edward… » Coupa-t-elle en rouvrant les yeux et en le regardant sérieusement, les yeux implorants.

Il soupira de résignation, sachant qu'elle avait raison. Ils n'avaient pas le temps pour prendre du bon temps et il n'aurait pas été capable de s'arrêter s'il était allé plus loin. Il hocha la tête amèrement, ne cachant pas sa frustration.

« J'ai envie de toi Bella. » Susurra-t-il à son oreille, déclenchant un frisson en elle, à l'intérieur de son corps.

« Moi aussi. » Avoua-t-elle difficilement.

Il fronça les sourcils, n'étant pas aidé par ce genre de confession. Il se demandait même ce qui le retenait de la prendre sur place. À contre cœur il la redéposa au sol en s'éloignant d'elle et de son corps tentateur. Bella mit une main sur son cœur, comme si ça l'aiderait à reprendre ses esprits. Elle essayait de remettre ses cheveux en place, ainsi que sa serviette pendant qu'il ramassait ses vêtements qui jonchaient au sol.

« Il faut que je sorte de cette chambre. » Déclara-t-il d'une voix contrariée.

Elle hocha la tête, regrettant déjà de l'avoir empêché d'être allée plus loin. Qu'est-ce que ça aurait fait quelques minutes supplémentaires ? Pourquoi l'avait-elle arrêté en premier lieu ?

« La prochaine fois, on aura qu'à prendre notre douche ensemble, ça nous laissera plus de temps… » Fit-elle l'air de rien, comme si de rien n'était.

Il se retourna vers elle avec un sourire et un regard empli de curiosité, alors qu'elle haussait les épaules avec désinvolture.

« Si tu penses que c'est la solution, alors on peut bien se sacrifier, pas vrai ? » Répliqua-t-il amusé, en haussant un sourcil lourd de sous entendus. Elle se mit à rire.

« Et puis ce ne sera peut être pas si terrible. » Répondit-elle, tandis que l'idée germait dans son esprit et qu'elle anticipait déjà le lendemain.

Il referma la porte, la laissant seule, frustrée comme jamais. Elle s'habilla avec lenteur, préférant prendre son temps afin de se remettre les idées en place et de redescendre sur Terre. Le temps qu'elle avait mis à se changer, il avait déjà éteint l'eau, si bien qu'elle entendait du grabuge en bas. Elle sortit de la chambre et descendit tranquillement les escaliers. Alice était dans le salon.

« Tu t'es couchée tôt hier. » Déclara Bella à sa copine qui était debout dans la pièce, l'air profondément songeur. Alice se retourna vers elle et lui fit un maigre sourire.

« J'étais un peu épuisée et je n'avais pas forcément envie de me retrouver entre deux couples, surtout deux couples qui ne peuvent pas s'encadrer. » Répondit-elle simplement.

« C'est faux. » Contra Bella. « Il y avait aussi Charlie. » Rappela-t-elle. Alice leva les yeux au ciel. « Et puis, Edward est juste en froid avec Emmett, ce n'est rien de dramatique. » Se défendit-elle.

« Tu l'es aussi. » Fit-elle remarquer. « Et je ne dis pas que tu as tort de l'être. Je t'expliquais seulement pourquoi j'étais partie me coucher. » Bella fronça les sourcils.

« Il y a quelque chose qui ne va pas Alice ? » S'inquiéta Bella. Elle connaissait assez son amie pour savoir que quelque chose clochait. Elle n'était pas comme d'habitude.

« Pas du tout. » Nia-t-elle. « Pourquoi tu me demandes ça ? » Bella haussa lentement les épaules.

« Je ne sais pas, je te trouve… distante. J'ai l'impression que tu ne vas pas très bien. »

Alice se rebiffa et détourna les yeux.

« Je ne vois pas du tout de quoi tu parles. Tout va parfaitement bien. » Mentit-elle en s'en allant rapidement vers la cuisine, laissant Bella pantoise et surprise par sa réaction.

Alice ne voulait pas parler de son problème à Bella, car elle avait peur de comment elle réagirait. Elle ne pouvait pas dire qu'elle se sentait de trop, parce qu'elle était la seule à n'avoir personne. Quand il n'y avait que Bella qui était en couple avec Edward, ça pouvait aller car il y avait Emmett qui était avec elle. Mais déjà à ce moment là, elle se sentait un peu recluse, et également jalouse du bonheur de sa meilleure amie. Bella passait tout son temps avec lui, s'éloignant peu à peu d'Alice sans s'en rendre compte. Mais ce n'était pas si grave, elle comprenait totalement le fait qu'elle veuille passer un maximum de temps avec lui, surtout en voyant la façon dont elle est amoureuse. Non, le plus difficile était de les voir ensemble. Alice avait toujours rêvé d'avoir ce genre de complicité avec une personne, de sourire à longueur du temps lorsqu'elle voit l'homme de sa vie entrer dans la pièce, de l'embrasser constamment… d'être amoureuse de la même façon que Bella l'était d'Edward, d'être aimée autant qu'il l'aime…

Elle avait toujours rêvé d'un couple tel qu'Edward et Bella, tandis que Bella elle, n'en avait jamais rien eu à faire. Au contraire, elle ne croyait pas réellement à l'amour ni quoi que ce soit. Alors savoir que c'est elle qui a hérité du grand amour, si on omet tous les problèmes et obstacles sur leur chemin, ça l'attristait. Elle était vraiment heureuse pour son amie, car elle le méritait amplement, mais elle ne pouvait s'empêcher d'éprouver de la jalousie à son égard, de se sentir aussi seule et inutile. Elle aurait seulement voulu être heureuse elle aussi, comme l'était Bella. Et maintenant c'était Emmett qui avait rencontré le grand amour. Emmett, le bourreau des cœurs, incapable de s'attacher à la même fille plus d'une semaine. Elle était également heureuse pour lui aussi, mais elle se sentait mal. Elle avait l'impression d'être la cinquième roue du carrosse, pour la première fois de sa vie, elle ne se sentait pas à sa place dans cette famille. Supporter deux couples aussi amoureux, c'était beaucoup trop pour elle. Seulement ça, personne ne le saurait jamais. Elle ne voulait surtout pas que Bella ne l'apprenne, elle se sentirait coupable et ce n'était pas du tout ce qu'elle recherchait. (N/Yoro: Popo, il est temps que tu lui trouves un Jasper lol) (N/A: Je sais je gère, je gère... ^^)

Bella resta songeuse, par rapport au comportement suspect de son amie. Elle n'arrivait pas à comprendre où était le problème et elle n'aimait pas ne pas savoir ce qui la tracassait. En temps normal Alice lui disait toujours tout. Alors ce brusque changement lui était inconnu.

Sans se rendre compte qu'elle était toujours immobile dans le salon, elle ne vit pas Emmett sortir de la cuisine et se figer, une fois qu'il se trouva face à sa petite sœur. Lorsque Bella reprit contenance et remarqua la présence d'Emmett devant elle, elle s'immobilisa, la bouche entrouverte. Emmett avait le visage accablé et les yeux suppliants de lui pardonner. Il avait également un énorme œil au beurre noir, dû aux nombreux coups de la veille. Elle se sentait désolée pour lui, de s'être fait cassé la figure et démoli, tout ça pour avoir commis une erreur. Elle voulait lui pardonner, se jeter dans ses bras et tout oublier.

« Salut Bella. » Fit-il hésitant, la voix pleine d'appréhension.

Elle ouvrit la bouche pour parler, mais aucun son ne sortit. Elle ne savait pas du tout comment réagir. Dans sa tête, elle lui avait déjà pardonné car pour elle, il n'avait pas fait grand-chose de mal. Il s'était simplement emporté et avait perdu le contrôle de lui-même.

« Bella ? »

Elle sursauta lorsqu'elle entendit la voix d'Edward derrière elle.

Ce dernier avait un regard menaçant envers Emmett, lui intimant silencieusement de ne pas s'approcher. Il encercla la taille de Bella fermement tandis que celle-ci sentit soudainement l'énervement lui monter devant une telle réaction de sa part.

« Euh, je vais vous laisser. » Annonça Emmett tristement, le regard fuyant. Bella lui fit un regard désolé, tandis qu'il prenait la direction des escaliers, les laissant seuls.

Bella s'écarta alors méchamment d'Edward et lui mit une frappe sur l'épaule, presque en colère après lui.

« Quoi ? » S'exclama-t-il, lui aussi remonté. Elle secoua la tête, afin de calmer ses nerfs.

« Tu sais que je vais devoir me réconcilier avec lui, n'est-ce pas ? » Lâcha-t-elle agacée. Il leva les yeux au ciel et soupira.

« Bien sûr que je le sais. Mais ça ne t'empêche pas de le faire languir encore un peu. » Se justifia-t-il, le plus naturellement du monde.

Elle réprima un râlement et secoua la tête une nouvelle fois, avant de s'en aller vers la cuisine, sans prendre la peine de l'attendre, ce qui l'amusa légèrement. Alice et Charlie étaient assis côte à côte, l'une buvant son thé en silence, tandis que l'autre lisait son journal, son café à la main. Bella fit la bise à son père, avant de s'asseoir et de se préparer des tartines, tandis qu'Edward arrivait. Il salua tout le monde et se servit un café rapidement sans prendre la peine de s'asseoir, sous les yeux courroucés de Bella.

« Tu es si pressé que ça que tu ne peux pas t'asseoir ? » Nota-t-elle désappointée.

« Oui il faut vraiment que j'y aille. J'ai rendez-vous avec quelqu'un et je ne sais pas à quelle heure il va venir donc il vaut mieux que je m'y pointe en premier. » Apprit-il en buvant son café d'une traite. Bella essaya au mieux de cacher sa déception.

« D'accord… » Murmura-t-elle chagrinée.

Une fois sa tasse vide, il se dirigea vers Bella et se pencha pour l'embrasser chastement avant de se reculer.

« Il faut que j'y aille. On se voit ce soir. » Déclara-t-il. Elle hocha la tête, n'ayant pas le courage de lui répondre de vive voix. « Charlie ? » Appela-t-il.

« Oui ! » S'écria ce dernier en repliant son journal et en se levant. « Bella tu débarrasseras. » Annonça-t-il en se dirigeant vers la sortie de la cuisine.

Sans un regard vers aucune des deux filles, ils s'en allèrent, les laissant mitigées.

Dire qu'il y a quelques minutes, Edward était prêt à faire des choses non catholiques avec elle… à présent, il était parti aussi rapidement que si l'on envoyait une carte postale. Elle ne savait pas vraiment comment prendre ce brusque revirement. Et maintenant elle faisait quoi ? Elle n'avait rien à faire de ses journées, étant désormais sans emploi, la faute au pire beau père de l'univers. Elle n'aimait déjà pas ne pas savoir ce qu'elle allait faire, alors quand elle n'avait vraiment, rien à faire, c'était bien pire.

« Je déteste ne pas avoir de boulot… » Grommela-t-elle bougonne.

« Et moi je déteste ne pas pouvoir faire de shopping. » Renchérit Alice, qui n'avait pas prononcé un mot depuis tout à l'heure. Bella se mit à rire brièvement.

« Nous voilà bien avancées… » Marmonna-t-elle. « Qu'est-ce que tu vas faire aujourd'hui alors ? » S'enquit-elle. Alice haussa les épaules.

« Des créations. Au moins comme ça j'en aurais pleins pour quand tout sera terminé et que j'aurai enfin récupéré mon site web. » Répondit-elle avec une lueur d'espoir en parlant de son site web. « Et puis je dois aussi me rendre à Seattle pour aller voir mes parents. Ça fait longtemps que je ne les ai pas vus alors… ils me manquent. » Finit-elle dans un sourire plein de nostalgie. « Et toi ? »

« A vrai dire il faut que j'aille quelque part. » Annonça-t-elle. « Pourrais-tu faire croire à tout le monde qu'on a passé la journée ensemble ? » Alice fronça les sourcils.

« Pourquoi veux-tu faire croire qu'on a passé la journée ensemble, si ce n'est pas le cas ? » Fit-elle soupçonneuse.

« Je n'ai pas envie que quiconque sache où je suis allée. » Répondit Bella.

« Où est-ce que tu vas ? » S'enquit-elle.

« Je ne peux pas te le dire. »

« Pourquoi donc ? » Se braqua-t-elle. « Tu n'as pas assez confiance en moi, c'est ça ? »

« Non, pas du tout ! » S'exclama-t-elle outrée. « Je ne te le dis pas, tout simplement parce que je sais que tu m'empêcheras d'aller là où je veux aller. » Alice lui lança un regard peu amène.

« Bella tu m'inquiètes. » Fit-elle sincèrement.

« Y a aucune raison. Je serai de retour dans pas longtemps. » Rassura-t-elle. « Est-ce que tu peux faire ça pour moi alors ? » Implora-t-elle. « Tu pourras dire qu'on es restées ici toutes les deux ? »

Alice la jaugea quelques secondes, craignant le pire de la part de sa meilleure amie. Cependant elle rendit les armes et soupira.

« Très bien, je mentirai pour toi. » Consentit-elle. Bella fit un énorme sourire de gratitude.

« Merci Alice. Merci infiniment. »

« Mais t'as pas intérêt à faire de bêtises, c'est clair ? » Prévint-elle.

« Ne t'en fais pas pour moi. Je sais ce que je fais, et je ne suis pas folle. »

Tu es folle !

Voilà une bonne vingtaine de minutes que Bella était en pleine argumentation avec sa conscience, qui lui criait de faire demi-tour. Elle savait que ce qu'elle allait faire était complètement dénué de sens et qu'elle s'apprêtait à commettre une énorme erreur. Mais elle voulait malgré tout essayer. Pour lui.

Je ne suis pas folle, je veux seulement arranger les choses.

Ouais bah si tu veux mon avis, t'es mal barrée. Imagine la tête que va faire Edward quand il apprendra où tu es allée aujourd'hui.

Il n'a pas besoin de le savoir… Réfuta-t-elle.

C'était vrai, elle n'avait pas la moindre intention d'en parler à Edward. Parfois le mensonge valait mieux que la vérité et là en l'occurrence, ça lui éviterait une horrible dispute inutile.

Mais bien sûr… Comme s'il n'allait pas être au courant. Tu le prends vraiment pour le dernier des idiots ? Je te défie d'arriver à garder le secret pendant au moins quarante huit heures.

Pari tenu.

Elle pouvait très bien garder un secret. Même à Edward…

Même toi tu ne crois pas à ce que tu dis.

Dans un sens, sa petite voix intérieure avait parfaitement raison, elle n'était pas réellement convaincue par le fait qu'elle arriverait à laisser Edward dans l'ignorance bien longtemps. Il allait finir par l'apprendre, qu'elle le lui dise ou non, il avait un don pour toujours tout deviner, alors elle n'allait pas faire long feu. Mais elle était tout de même prête à prendre le risque, car si ça réussissait, il ne serait pas si énervé que ça… (N/Dazzling: je sais pas pourquoi mais je sens que ca va lui retomber dessus)

La forêt lui donna bien du fil à retordre, pour s'y retrouver. Elle n'avait pas de GPS, ni de carte à disposition. Mais elle arrivait aisément à localiser la maison – pour ne pas dire le palace – qui était plus grande que les arbres et donc, facilement repérable. Elle emprunta un chemin de terre, le même qu'Edward avait emprunté il y a plusieurs semaines. Elle finit, au bout de plusieurs longues minutes à hésiter et chercher son chemin en voiture, par se trouver devant ce qu'elle aurait cru ne jamais revoir de sa vie. Le domaine des Cullen.

Cette immense villa avec des longs couloirs interminables, des pièces à couper le souffle, un parking ayant la longueur de la ville de Forks à lui seul… sans oublier le grand portail orné d'un interphone en argent. Elle resta quelques secondes à dévisager ce qu'elle avait sous les yeux, c'est-à-dire la belle fontaine derrière le portail, au milieu d'un gazon verdoyant, où l'herbe est extrêmement bien coupée minutieusement. Derrière la fontaine, la magnifique demeure ostentatoire. Elle souffla, ne connaissant pas la marche à suivre. Devait-elle sortir de la voiture et sonner à l'interphone, devait-elle rester à l'intérieur de la voiture ? Devait-elle faire demi-tour ?

Elle n'eut pas le temps de prendre sa propre décision puisque le portail s'ouvrit de lui-même, sous ses yeux effarés. Elle ne comprit pas comment cela se faisait-il que l'accès à la propriété lui soit autorisé alors qu'elle n'a même pas encore témoigné sa présence. Mais après tout, le paternel devait surement avoir un accès vidéo à l'extérieur de la villa, vigilant comme il était… Edward lui avait raconté qu'il s'était ramené au poste de police, entouré d'une horde de gardes du corps, comme s'il risquait quelque chose à l'intérieur d'un commissariat…

Pathétique.

Elle souffla pour se donner du courage et décida d'avancer à l'intérieur de la propriété. À présent qu'elle était devant, elle ne pouvait plus faire de retour en arrière. Elle se revit il y a environ un mois, la peur au ventre, s'apprêtant à pénétrer pour la première fois dans la villa appartenant aux parents d'Edward qu'elle appréhendait de rencontrer. Excepté que cette fois ci, elle savait à quoi s'attendre. Elle savait que les Cullen n'allaient pas l'accueillir à bras ouverts. Elle savait qu'ils n'allaient pas se montrer tendres, ni charmants, et elle savait qu'ils seraient d'exécrables et vils personnages. Elle ne conduisit pas jusqu'au parking, préférant stationner sa voiture devant la grande bâtisse, derrière la fontaine, sachant très bien qu'elle n'aurait pas réussi à retrouver sa voiture si elle s'était garée dans leur parking privé, composé de nombreuses voitures de luxe. Et puis bon, personnellement elle n'en avait rien à faire de salir leur gazon, elle n'éprouvait aucune culpabilité à le faire.

Elle coupa le moteur et c'est avec l'estomac noué qu'elle descendit de la voiture, tendue comme jamais. Elle se dirigea à pas lents vers la grande double porte qui faisait office de porte d'entrée et n'eut pas à appuyer sur la sonnette que la porte s'ouvrit sur un majordome habillé de façon sophistiqué. Une chemise blanche recouverte d'une veste noire, un nœud papillon ainsi que des chaussures cuivrées. Bella trouvait cet accoutrement complètement ridicule. Se mettre sur son trente et un pour ouvrir une porte, c'est tout simplement outrageux.

L'homme d'un âge plutôt jeune la détailla de haut en bas d'un air appréciateur. Bella se sentit mal à l'aise de se faire dévisager aussi ouvertement, de façon aussi malsaine. Elle commençait à regretter qu'Edward ne soit pas avec elle, au moins il lui aurait arrangé le portrait comme il aimait si bien le faire. Il lui fit un sourire à moitié aguicheur avant de s'éclaircir la voix.

« Monsieur Cullen est prêt à vous recevoir. » Annonça-t-il.

Bella avait envie de lui faire ravaler son sourire mais se retint, préférant économiser sa colère pour Carlisle Cullen.

« Et il ne pouvait pas faire le déplacement lui-même pour venir m'ouvrir ? » Rétorqua-t-elle acerbe. « C'est chez lui ici, non ? »

Le jeune homme eut un rictus amusé au coin des lèvres devant sa répartie.

« Apparemment non, il préfère payer des gens pour le faire à sa place. » Répondit-il simplement, après avoir refermé la porte derrière le passage de Bella. « Veuillez me suivre, je vous prie. » Ordonna-t-il en lui emboitant le pas.

Bella le suivit, tout en réprimant son envie de déguerpir d'ici. Les murs, les pièces lui rappelaient un assez mauvais souvenir. Elle n'aimait pas se retrouver ici à nouveau. D'autant plus que cette fois ci, Edward n'était pas avec elle pour la protéger. Elle était seule. Seule dans un repère de vampires, sans son ange gardien pour veiller sur elle. Le majordome la conduisit à travers de nombreux couloirs et pièces qui lui inspiraient crainte et aversion. Du temps des grands parents de Carlisle Cullen, qui l'avaient élevé dans cette maison, la demeure ne ressemblait pas du tout à cela. D'après Edward, elle était beaucoup plus petite et rustique, conservant son ancienneté, ce qui lui donnait un charme fou. Bella avait peine à le croire en voyant tous ces changements, cette immensité et toutes ces pièces respirant le luxe. Mais pourtant, l'étage qu'Edward lui avait fait visiter la veille de Noël, avait prouvé ses dires. Elle avait pu voir que l'étage du haut était complètement différent, bien plus modeste, bien plus vieux et bien plus accueillant que toute cette bourgeoisie puante.

Le majordome finit sa marche devant une porte fermée. Il frappa avant d'entendre un « Entrez », formulé par une voix que Bella reconnut aisément et qui lui donna des frissons dans tout le corps.

L'homme ouvrit la porte légèrement.

« Monsieur Cullen, votre belle fille est ici. » Déclara-t-il.

Bella tiqua sur le mot « belle fille », à l'instar du paternel. Non pas qu'elle n'avait pas envie de se marier avec Edward, ni d'hériter du nom de famille Cullen devant son nom de jeune fille. Mais parce qu'imaginer ne serait-ce qu'un instant, appartenir à la même famille que ce sale type monstrueux la révulsait profondément. Elle préférait mourir, plutôt que de prétendre avoir un beau père comme lui. Après tout il avait osé envoyer son frère et son père en prison, tout ça pour la séparer de l'homme qu'elle aime. Jamais Bella ne pourrait pardonner une telle insanité.

« C'est bon Riley, tu peux la faire entrer. » Répondit-il d'une voix que Bella trouvait plutôt malicieuse et satisfaite.

Le dit Riley se poussa pour lui laisser le passage et elle entra, non sans réticences et hésitations. Bella se trouva alors confrontée pour la deuxième fois de sa vie à l'homme qu'elle méprisait. Il était toujours aussi bien coiffé, toujours aussi bien habillé, l'allure toujours fière et distinguée. Il était assis derrière un bureau plutôt spacieux, orné d'une bibliothèque sur le coté, d'un canapé en cuir et de quelques tableaux ornant les murs. Le père d'Edward semblait la regarder avec un profond dédain, montrant clairement qu'il n'avait réellement aucune estime pour elle, ni aucune considération. Bella ne se laissa tout de même pas démonter et le regarda avec toute la froideur dont elle était capable.

« Monsieur Cullen. » Salua-t-elle sans aucune sympathie. Ce dernier lui fit un sourire ravi.

« Bonjour Bella, je me demandais quand vous viendriez. » L'accueillit-il avec toute l'arrogance qui lui était propre. Bella fronça les sourcils.

« Vous attendiez ma visite ? » Fit-elle étonnée. Carlisle ne se départit pas de son sourire.

« Riley, laissez-nous. » Pria-t-il.

Riley hocha la tête, non sans avoir jeté un dernier coup d'œil indécent et regard luxurieux en direction de Bella, qui tentait tant bien que mal d'en faire abstraction tout en lui lançant un regard mauvais. Puis il sortit de la pièce en refermant la porte derrière lui, laissant les deux ennemis seuls dans le bureau. Aussitôt Carlisle reporta son attention sur Bella.

« Alors Bella, comment allez-vous depuis la dernière fois ? »

Elle le regarda avec étonnement, effarée qu'il lui pose une telle question.

« Je pense que vous connaissez très bien la réponse. » Répondit-elle avec une colère non dissimulée. « Hormis le fait que vous ayez envoyé mon frère et mon père en prison, que j'aie perdu mon boulot, que mon petit ami soit sans argent ni logement, que nous n'ayons plus le droit d'aller dans les endroits publiques, que le câble de la télévision nous ait été coupé et que mon père ne peut plus retirer d'agent, tout va très bien. »

Carlisle contre toute attente, se mit à rire dédaigneusement.

« Vous êtes plutôt marrante finalement. » Dit-il avec un air amusé. « Je suis content de vous voir en tous cas. Je vous attendais depuis plusieurs jours. » Elle le regarda avec incrédulité.

« Comment saviez vous que j'allais venir vous voir ? » S'enquit-elle soupçonneuse.

« Voyons, Bella ! » S'exclama-t-il, faussement outré. « Ça coulait de source. Il était évident que dès que les ennuis deviendraient trop gros et seraient beaucoup trop lourds à supporter, vous vous empresseriez de venir me voir pour rendre les armes et abandonner. »

Elle cligna des yeux plusieurs fois, comme pour être sûre d'avoir bien entendu.

« Vous… vous pensez que je suis venue pour laisser tomber et déclarer forfait ? » Fit-elle déplorée. Il fronça les sourcils.

« Ce n'est pas le cas ? » S'enquit-il surpris. Elle partit dans un rire sarcastique.

« Absolument pas. » Dit-elle fièrement. « Il en faut beaucoup plus pour nous atteindre, ma famille et moi. » Provoqua-t-elle. Il émit un rire bref, amusé par son ton audacieux.

« Ne me cherchez pas, Isabella. Il se pourrait bien que vous finissiez par me trouver. » Elle leva les yeux au ciel.

« C'est vous qui me cherchez, Monsieur Cullen. En vous attaquant aux personnes que j'aime et en vous comportant comme un vrai salopard. » Répliqua-t-elle cinglante.

Il lui accorda un regard peu amène, limite menaçant, comme pour l'avertir de ne pas l'insulter dans sa propre maison, à ses risques et périls. Car oui, Carlisle était un homme fier, qui ne se laissait pas traiter de cette façon, encore moins par une pauvre fille sans importance du même rang qu'Isabella Swan.

« Pourquoi êtes-vous venue dans ce cas ? » Changea-t-il de sujet abruptement. « Si ce n'est pas pour déclarer forfait et me supplier de vous laisser tranquille ? » Bella prit une profonde inspiration avant de se lancer avec anxiété et incertitude.

« Je suis venue pour Edward. » Annonça-t-elle. Il haussa un sourcil inquisiteur.

« C'est-à-dire ? »

« Je… » Elle chercha ses mots, ne sachant trop comment expliquer ce qu'elle voulait. « J'aimerais que vous arrêtiez de le persécuter. » Elle se sentit ridicule, tandis qu'il la regardait avec curiosité.

« Je vous demande pardon ? » S'exclama-t-il, la trouvant bien culotée.

Elle détourna les yeux avec embarras, se demandant pourquoi elle avait eu la folie de venir ici, et dans quel but.

« J-je… vous avez raison. » Finit-elle par balbutier. « Je suis venue ici dans le but de vous supplier, mais ce n'est pas pour abandonner. C'est juste pour… que vous le laissiez tranquille. »

« Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. » Répliqua-t-il innocemment.

Elle le fusilla du regard.

« Je vous en prie, ne jouez pas à ça avec moi. Son appartement, son compte suspendu… tout ça c'est de votre faute, n'essayez pas de le nier. »

« Mais je ne nie absolument rien. » Contra-t-il avec prétention et dignité.

À cet instant, Bella n'avait qu'une seule envie, et elle était vraiment gore et sanglante.

« Dans ce cas je vous en prie, laissez-le en paix. » Supplia-t-elle. « Que vous vous en preniez à moi est une chose, mais Edward est votre fils, vous ne pouvez pas vous comporter comme ça avec lui, c'est inhumain. Si… si vous éprouvez le moindre sentiment d'affection et d'amour à son égard, alors ne lui rendez pas la vie plus difficile qu'elle ne l'est déjà. Il est déjà malheureux à cause de vous, et je suis sûre que dans le fond, vous l'êtes aussi. »

Elle se tut, se sentant terriblement pathétique face à lui qui semblait si sûr de lui. Il resta silencieux quelques secondes, la sondant d'un regard indéchiffrable. Puis il éclata de rire, d'un rire cynique, s'apparentant à de l'apathie.

« Vous êtes bien intrépide, jeune Bella. » Jugea-t-il d'un ton plein de suffisance. « De quel droit venez-vous me voir ici, pour me dire ce que je ressens et ce que je dois faire ? Mais qu'est-ce que vous croyez ? Que je suis une âme charitable qui va accepter de faire ce que vous demandez, uniquement pour vous faire plaisir ? »

Bella le regardait avec un profond dégoût et une haine incommensurable. Comment pouvait-on ne pas avoir de cœur ? Même envers son propre enfant ? Ce genre de comportements la révulsait et lui donnait envie de vomir. Mais qu'avait-elle espéré en se pointant ici ? Qu'il accepterait ? Elle se rendait compte à présent, que son action était complètement irréfléchie et qu'elle avait été vraiment inconsciente. Comment pouvait-elle encore croire à son instinct paternel et son amour envers son fils ? Après toutes les crasses qu'ils avaient déjà essuyées venant de lui…

« Je… à vrai dire je n'en sais rien, pourquoi je suis venue ici en espérant pouvoir vous faire changer d'avis et vous faire vous rétracter à propos de vos actions. Je m'étais dit que vous n'auriez pas totalement oublié que vous êtes son père et que vous auriez pu faire preuve de scrupules. »

« De scrupules ? » S'étonna-t-il atterré. « Ma chère Bella, apprenez que dans le milieu où je vis, il n'y a pas de place pour les scrupules. »

« Alors c'est bien dommage. » Conclut-elle sombrement. « Ça veut tout simplement dire que vous n'êtes rien d'autre qu'une pourriture. » Cracha-t-elle. Il eut un sourire dédaigneux sur le visage.

« Je suis peut être une pourriture, comme vous dites, mais en attendant c'est moi que vous êtes venue supplier, donc je pense m'en sortir plutôt bien dans l'équation. » Elle se mordit violemment la lèvre pour ne pas répliquer.

« Donc, vous n'avez pas l'intention de rendre à Edward ce qui lui appartient, peu importe ce que je peux dire ou faire ? » Fit-elle désespérée.

« Si par lui rendre ce qui lui appartient, vous entendez son appartement ainsi que son argent, alors non, je n'ai pas l'intention de le lui rendre, peu importe ce que vous pouvez dire ou faire. » Termina-t-il en reprenant sa phrase, mot pour mot, sans une once de culpabilité lui traversant le visage.

Elle se pinça l'arête du nez, manie qu'elle a hérité d'Edward. Elle avait vraiment extrêmement de mal à se contenir et ne pas exploser. Elle aurait tant voulu arranger les choses, voir Edward dans un état aussi pitoyable lui était insupportable.

« Mais enfin c'est votre fils ! » S'écria-t-elle consternée. « Comment pouvez vous vous en prendre à lui comme ça ? N'avez-vous donc aucun cœur ? »

Il prit sur lui pour ne pas perdre le contrôle de lui-même. Il avait horreur qu'on le critique de cette façon.

« Justement, c'est parce que je suis son père que je fais tout ce que je peux pour lui faire ouvrir les yeux. Je veux ce qu'il y a de mieux pour lui. » Bella se mit à suffoquer, tellement sa respiration était rapide et hachurée. (N/Dazzling: qu'est ce que j'aime beau papa...)

« Vous ne comprenez vraiment rien ! » Injuria-t-elle. « Edward ne vous aime pas, il vous méprise, et tout ça, c'est uniquement à cause de vous et de votre entêtement à vouloir le faire devenir quelqu'un qu'il n'est pas, c'est-à-dire quelqu'un comme vous ! » Profana-t-elle avec acidité. « Vous pensez faire ce qu'il y a de mieux pour lui, mais tout ce que vous réussissez à faire, c'est le détruire ! »

« Ça suffit Isabella ! » Tonna-t-il avec rage. « Je ne tolèrerai pas que vous éleviez la voix avec moi, alors où vous vous calmez et vous vous maîtrisez, où vous fichez le camp d'ici. » Bella refusa de se contenir. Il y avait trop longtemps qu'elle rêvait de lui dire ses quatre vérités en face.

« Je ne pourrai pas me calmer, tant que vous agirez comme le dernier des connards. Vous méritez de pourrir en enfer, à force de faire du mal à tout le monde, en particulier à votre fils unique. Je ne sais vraiment pas comment vous avez fait pour donner la vie à une personne aussi merveilleuse qu'Edward mais une chose est sûre, c'est qu'il n'a surement pas hérité de ses parents. Il n'a pas la moindre chose en commun avec vous, et c'est mieux comme ça. Vous ne le méritez pas. » Lâcha-t-elle avec une haine indéfinissable.

« Parce que vous pensez que vous le méritez peut être ? » Riposta-t-il hautainement. « Dois-je vous rappeler qui est la personne qui refuse de le laisser tranquille et qui l'oblige à vivre un calvaire, uniquement pour ses beaux yeux ? »

Bella ouvrit la bouche plusieurs fois, puis la referma, ne trouvant rien à dire. Il venait de toucher un point affreusement sensible auquel elle avait jusque là, énormément songé depuis le début. Elle savait que dans le fond, elle était responsable de son malheur. Il acceptait de subir tout ça pour elle, pour rester avec elle, alors qu'elle ne le méritait pas. Elle était la pire égoïste et surtout, la pire hypocrite de l'univers. Carlisle sut qu'il avait tiré sur une corde sensible et que ce qu'il venait de lui dire lui avait donné matière à réfléchir. Il continua, imperturbable.

« Pour qui vous prenez-vous Isabella, pour oser critiquer, donner des leçons de vie alors que vous ne valez absolument rien ? Vous n'êtes rien d'autre qu'une profiteuse. »

« C'est complètement faux voyons ! » S'offusqua-t-elle. « Je me fiche de son argent, de vous et de la renommée de son nom ! Je ne savais même pas qu'il était riche quand je l'ai connu ! » Se justifia-t-elle effarée.

« Mais bien sûr… » Murmura-t-il, pas du tout dupe à ce qu'elle s'égosillait à lui faire comprendre. « Vous vous trompez si vous croyez une seconde que je vais vous croire sur parole. Cela dit, force est de m'incliner devant votre incroyable talent de persuasion, de séduction et de manipulation pour avoir réussi à vous mettre mon fils dans la poche. » Termina-t-il avec une pointe d'honnêteté dans ses pupilles, comme s'il était réellement admiratif. Bella leva les yeux au ciel, ne cherchant même pas à le contredire, sachant que cela ne servirait strictement à rien.

« Vous êtes exécrable et désespérant, Monsieur Cullen. » Constata-t-elle déplorablement, avec pitié. Il soupira, n'arrivant plus à supporter ses insultes.

« Très bien Bella, puisque vous semblez si sûre de vous et déterminée, vous allez peut être me dire ce que vous voulez, en échange de laisser mon fils tranquille et de disparaitre de sa vie. »

Bella écarquilla les yeux, choquée par les propos qu'elle entendait. Elle le toisa d'un regard glacial.

« Vous vous méprenez, jamais je n'abandonnerai Edward. » Certifia-t-elle avec assurance.

Un sourire s'esquissa sur les lèvres retroussées de Carlisle et il chercha quelque chose sur son bureau.

« C'est ce que nous allons voir. » Murmura-t-il en s'emparant soudainement d'un chéquier.

Il prit un stylo trônant sur son bureau et écrivit quelque chose sur le chèque qu'il avait sous les yeux. Puis il le dégrafa et le tendit à Bella d'un air confiant. Cette dernière le regarda incertaine et s'approcha pour prendre le chèque avec interrogation. Elle le contempla, puis ouvrit la bouche de surprise, lorsqu'elle se rendit compte qu'il était entièrement rempli, avec l'ordre et la signature, excepté le montant qui n'était pas indiqué.

« Qu'est-ce que c'est que ce cirque ? » S'enquit-elle perdue et déroutée.

« Ce chèque est à toi. » Déclara-t-il impassiblement, en utilisant pour la première fois depuis le début de la conversation, la forme de tutoiement. « Tu remarqueras sans doute que je n'ai pas mis le montant de la somme. Je te laisse la totale liberté de mettre le montant que tu veux. Ça peut être des millions, comme des milliards, à toi de voir. »

Bella resta sciée et incrédule, presque vexée. Jamais elle n'aurait cru devenir un jour sujette à une telle proposition.

« Vous êtes sérieux ? » S'exclama-t-elle révoltée et scandalisée. « Vous êtes me proposez un chèque au montant de mon choix, en échange d'oublier Edward ? » Carlisle sourit.

« Réfléchis bien Bella. Non seulement en acceptant, tu permettrais à Edward d'avoir une vie normale, de retrouver ses biens, son argent, son appartement, tout ce qu'il avait et que nous lui avons pris, mais en plus ce chèque pourrait bien être la solution à tous tes problèmes. Ton père ne roule pas sur l'or, ton frère ne travaille pas, ta meilleure amie peine à ouvrir un site web parce qu'elle n'a pas les moyens d'ouvrir sa propre boutique, et toi… toi qui as dû abandonner tous tes rêves à cause d'une question d'argent. Tu avais travaillé tellement dur pour obtenir ce que tu voulais, tu avais tout fait, afin d'obtenir une place à l'université de Dartmouth. Si seulement elle n'avait pas été au-dessus de tes pauvres moyens… »

Il la regardait avec un sourire sadique sur le visage, voyant qu'elle était attentive et en pleine réflexion.

« Tu pourrais réaliser ton rêve. » Continua-t-il avec détermination. « Ton rêve d'aller à Dartmouth pourrait devenir réalité. Tout ce qu'il te suffit de faire, c'est de faire une croix sur Edward, de le laisser vivre sa vie, et tout redeviendrait à la normale. C'est facile Bella. »

Bella restait sans voix, ses yeux ne pouvant se détacher du chèque qu'elle avait dans les mains. Il avait raison, ce chèque représentait la solution à tout. Avec ça, elle pourrait aider Charlie, ouvrir la boutique d'Alice, et en laissant Edward tranquille, elle lui rendait tout ce qu'elle lui avait pris, c'est-à-dire sa liberté, son argent, son logement, sa vie. Et surtout… il lui permettrait de réaliser tout ce qu'elle a toujours rêvé, entrer à Dartmouth et faire les études qu'elle a toujours voulues faire. Elle pourrait tout recommencer, avoir la vie qui lui convenait et qu'elle n'a jamais pue avoir.

Dartmouth… Songea-t-elle.

Son plus grand rêve. Elle s'était privée de tout pour atteindre son but ultime, ne sortant presque jamais, passant ses soirées à étudier, ne se faisant pas beaucoup d'amis, trimant pour être toujours la première depuis le secondaire. Elle était ressortie majore de sa promotion, avait fait le discours de fin d'année et avait même obtenu sa place à Dartmouth. Elle avait vraiment tout fait, et pourtant, elle n'avait pas pu aller jusqu'au bout de ses rêves. Elle n'avait pas obtenu de bourse, et l'argent qu'elle avait récolté n'avait pas été suffisant. Sans parler de son détour à la C&V à Washington, où Aro Volturi et Carlisle Cullen l'avaient ridiculisée, alors que tout ce qu'elle avait demandé était un prêt étudiant. Elle avait dû se résigner à faire une croix sur son rêve d'aller à Dartmouth, et dire adieu aux belles études qu'elle aurait tant voulu faire.

Mais voilà qu'aujourd'hui, tout était remis en cause. Ce chèque sans montant remettait tout en question, tout ce qu'elle avait abandonné sur le tapis, et faisait remonter tout ce qu'elle avait laissé tomber à la surface. Elle pouvait avoir tout ce qu'elle avait toujours désiré, c'était facile. Si facile. Tellement facile…

Et tandis qu'elle avait les yeux rivés sur le chèque qui était en passe de sceller son destin, elle ne put empêcher son esprit de dériver sur Dartmouth, et de songer à son rêve qui était en passe de devenir réalité…

(N/Yoro: Pourquoi tu coupes là? Veux la suite moi! Snifff) (N/Dazzling: Sadique Popo est de retour pour vous jouer un mauvais tour!)


MOUHAHAHAHAHA !

Hum... Pardon *s'éclaircit la gorge*

A la base, ce chapitre était sensé être bien plus long, le double de ce que vous venez d'avoir, donc vous comprendrez pourquoi j'ai dû l'arrêter à un moment aussi... vous voyez de quoi je parle ^^

Merci à ma Yoro pour avoir corrigé et commenté ce chapitre, ainsi qu'à ma Vilaine (Dex-Dazzling) pour avoir commenté !

Alors que va-t-il se passer ?

1. Bella accepte le chèque ?

2. Bella le déchire ?

3. Bella accepte le chèque, puis se rétracte et le déchire ?

4. Edward débarque à ce moment là ? ^^

Tous ceux qui ont envie de dégommer Carlisle Cullen et de lui infliger mille et une tortures, c'est par ici ! Cliquez sur la petite bulle en dessous et lâchez-vous ^^ J'espère que ce chapitre vous a plu, n'oubliez pas que pour une review laissée, un teaser vous est offert =)

J'attends vos avis et vos hypothèses.

En attendant portez-vous bien et couvrez-vous !

Bonnes vacances à tous et Joyeuses fêtes !

Votre dévouée Popolove ^_^

PS : J-8 Babou !