Salut salut !
Je devais poster ce chapitre depuis deux semaines mais comme beaucoup le savent (notamment ceux qui me suivent sur Twitter) il y a eu un gros bug dans fanfiction et on m'a empêché de poster. J'en suis vraiment navrée. Et pour couronner le tout, j'ai eu la désagréable surprise de voir que mon compte a encore été piraté en début de semaine dernière. Inutile de dire que je commence à en avoir sérieusement marre de cette petite farce qui je suis sûre n'amuse personne d'autre que le(la) protagoniste !
Hum... *se racle la gorge* Est-ce qu'il y a encore du monde par ici ?
Oui nan je sais, deux mois et demi que j'ai pas posté, je suis impardonnable. Et pour enfoncer encore plus le clou, ce n'est pas le chapitre en entier que je vous livre mais seulement la première partie. En effet suite au sondage du chapitre précédent vous avez été nombreux à me le demander en deux parties et même si beaucoup m'ont supplié de le faire en une fois, je pense à ceux qui ont du mal à lire tout un pavé. Mais soyez rassuré ! De un comme vous pouvez le constater cette première partie est déjà bien longue, et de deux il n'y aura PAS de fin sadique aujourd'hui ! Et oui, Popolove sait se montrer gentille, surtout quand elle cherche à se faire pardonner de son retard ^^
Je vous remercie tous infiniment pour vos reviews qui me réchauffent le coeur et me donnent envie de continuer cette fiction !
Merci aux anonymes :
Une fan : Oh mais je sais que je suis sadique ^^ Et tu sais quoi? j'en suis même très fière ! Il y aura effectivement un rapprochement Jasper/Alice mais ce n'est pas pour tout de suite qu'ils se mettront ensemble, il va falloir encore patienter pour ça :p Quant à la dispute, elle est assez énorme mais rassure-toi, Emmett est épargné ;)
Elodie52 : Ne t'en fais pas, j'aime les reviews tordues xD On voudrait toutes concevoir des bébés avec Edward Cullen... Comme dit le dicton, le meilleur coté des enfants, c'est leur conception ^^ Roh je ne suis pas si cruelle que ça ! La preuve, tu vas peut être l'avoir ta réconciliation sous la couette :D Pour le nombre de chapitre, je pense que ça ira jusqu'à 30. O_o tu aimes Dr House ? Parce que j'en suis fan ! Bisous =)
Marion Lunatique : Je suis ravie de te compter parmi mes lecteurs =D J'avoue que j'ai voulu faire quelque chose de différent en faisant de Carlisle et d'Esmée des personnages cruels et diaboliques xD Pour les fanfictions Awards, figure toi que j'y ai pensé à le faire avec une amie ^^ Encore merci !
littlestar : En effet, je crois avoir compris que tu aimais les longs chapitres xD Cependant d'autres personnes ont du mal à lire un chapitre aussi long et je crois qu'il faut aussi penser à ceux qui se font mal aux yeux en lisant, c'est pourquoi je divise ce chapitre en deux parties. Et puis regarde, la première partie est assez longue tu ne trouves pas? ^^ Je te remercie de ton engouement en tout cas !
V : Heureuse que ma fiction te plaise autant ! Je confirme qu'Edward va vraiment devenir furieux... Après est-ce que Jasper sera là pour le calmer ou au contraire, pour envenimer les choses? Tu verras^^
Jenny : Salut ! Je dois dire que ta review m'a fait beaucoup de bien :D D'ailleurs merci aussi pour celle que tu as laissée sur mon OS "Coup d'Enfer" Je serai ravie de t'aider à t'inscrire et aussi à te conseiller pour écrire des lemon, mais pour ça j'aurais besoin de ton adresse mail xD Le mieux c'est que tu me la laisses en review (en oubliant pas de mettre des espaces car ce site a tendance à les supprimer) ou alors tu peux me contacter via Facebook ou Twitter. Voilà ! =D
mimi012 : Je te remercie infiniment pour les reviews que tu as laissées :D Elles m'ont fait très plaisir ! Pour te répondre, je pense que Carlisle est juste aveugle, c'est pour ça qu'il ne comprend pas Bella xD Je ne comprends pas non plus comment on peut vouloir passer son temps à pirater le compte de quelqu'un pour le plaisir, mais que veux tu, y a des gens qui n'ont pas d'ami ni d'occupation alors ils s'amusent comme ils peuvent ^^
Merci également à :
Line, fanny, aliH, Au, onja, lili.8825, Amandine, alisson, diana, lovecullenn, zorba, Gween, Lea, Edwardxbella, nana, Elle, laccro, Camo, TeamEdward, Magui, Camille, ShouxJesse, LexyFox, Celestin, Popy, spiki, pupinette, lincece49, Mnon, shannon, Anais21, laetitia, Jolieyxbl, melane, lisalilarenesmee, Angelik, PpPp, Emeline, urbangirl, pauline, Fann-y, crazy-b0mb, Marwa, annii, Juny, melanietwilight, steph, ju, zoubida et les anonymes qui n'ont pas laissé de nom =)
Petit résumé du chapitre précédent :
Suite à la proposition du chèque que Carlisle Cullen s'est vu offrir à Bella, celle-ci l'a déchiré devant ses yeux, n'hésitant pas à le provoquer de surcroit. Carlisle a vite perdu ses moyens et s'est mis à agresser Bella violemment, jusqu'à ce que Jasper les interrompe. Bella et Emmett ont fini par se réconcilier pendant que Charlie s'est retrouvé viré et a fait promettre à Edward de ne pas en parler. Edward quant à lui enquête secrètement sur C&V avec l'aide de Garrett. La soirée est perturbée par l'arrivée de Jasper qui déclenche une émeute ainsi qu'une dispute entre Emmett, Bella et Edward. Sous la demande d'Alice et Bella, Charlie accepte de l'héberger et alors qu'Edward était sorti prendre l'air, il finit par surprendre la conversation de Bella et Jasper au sujet de son entrevue chez Carlisle Cullen...
Comme je l'ai dit plus haut il ne s'agit que de la première partie, c'est pourquoi le titre du chapitre ne correspond pas réellement (il est plus en rapport avec la deuxième partie de ce chapitre).
Je vous souhaite à tous une bonne lecture !
« « C'est quoi cette histoire ? »
Ils sursautèrent et se tournèrent vers Edward qui venait de rentrer et regardait Bella avec un visage horrifié. Aussitôt Bella le regarda avec de la panique dans les yeux, s'insultant mentalement pour avoir commis l'erreur de parler de ça, sans imaginer que quelqu'un les entende.
« Oh non… » Murmura-t-elle affolée.
Paix à ton âme ! »
Chapitre 22 partie 1: 7th Heaven*... or More ?
oO"Pyromania"Oo – Cascada
« Bella réponds-moi ! » Ordonna sèchement Edward, alors que celle-ci s'évertuait à garder le silence, le regardant la bouche à moitié ouverte, l'appréhension et la panique visible partout en elle jusqu'à la racine des cheveux.
Sur un million, quelles étaient les chances pour qu'Edward revienne pile au moment où elle parlait de ça ? (N/Marie : En même temps, c'est Edward Cullen… il revient toujours au bon moment !)
Te connaissant, disons que les chances sur un million étaient de… un million. Ou neuf cents quatre vingt dix neuf milles si tu préfères.
Conclusion : Bella était dans une sacrée merde.
Edward la regardait avec des yeux grands ouverts, sur le point de commettre un meurtre tandis qu'elle n'osait pas bouger, ni prononcer le moindre mot. Il allait falloir qu'elle lui explique ce qu'elle foutait chez les Cullen. Il allait falloir qu'elle lui raconte ce qu'il s'était passé là bas. Il allait falloir qu'elle lui parle de la seule chose dont elle ne voulait pas qu'il soit au courant. L'abominable chèque. Bella ne put s'empêcher de trembler et frissonner en imaginant sa réaction lorsqu'il apprendrait les actions de son prétendu père. Il avait déjà suffisamment honte de sa famille, de ses liens de parenté… Elle ne pouvait pas lui faire ça, elle n'avait pas le droit de le faire souffrir davantage.
Voyant qu'elle ne semblait toujours pas encline à parler, Edward perdit patience. Déjà, ses nerfs avaient été sérieusement mis à l'épreuve tout à l'heure avec l'arrivée de Jasper, la querelle qui l'avait opposé à Bella parce qu'il avait refusé que ce sale traitre passe la nuit ici. Il avait dû aller se calmer pour ne pas s'énerver devant le fait qu'il allait devoir supporter Jasper, et Emmett n'était pas sans reste non plus. Edward avait tenté de le calmer et le raisonner une fois dehors, mais rien à faire. Emmett était bien décidé à lui en faire baver pour avoir osé le foutre en prison. Et maintenant qu'est-ce qu'il entendait ? Que Bella, sa Bella avait fait la seule chose qu'il n'aurait jamais cru – même dans ses pires cauchemars – qu'elle ferait. Mais que lui avait-il pris ? Ils avaient suffisamment de problèmes comme ça pour qu'elle en rajoute. Et il avait déjà assez de tourments et de quoi s'inquiéter, pour en plus avoir à se faire du souci pour elle lorsqu'il n'était pas avec elle. Si maintenant elle se mettait à lui cacher où elle allait, à faire n'importe quoi et apparemment, à fréquenter n'importe qui, alors il ne pourrait plus faire un pas en dehors de cette maison sans constamment s'inquiéter pour elle. Déjà que même là, il passe sont temps à angoisser, se demandant si son père a fait quelque chose à en son absence, espérant qu'elle n'ait rien subi…
Mais apparemment Bella ne voyait pas de mal à souffrir, au contraire elle en redemandait ! Aller voir son père, se rendre au domaine des Cullen toute seule, sans le dire à personne… Elle était vraiment timbrée ! Il avait hérité d'une petite amie timbrée. Enfin pas vraiment, seulement suicidaire, folle à lier, inconsciente, pas fichue d'être dotée d'un moindre instinct de survie… Elle avait de la chance qu'il soit trop dépendant d'elle et amoureux pour lui en tenir rigueur et ne pas la larguer sur le champ. (N/Marie : Bella a vraiment beaucoup, beaucoup de chance *soupire*)
« Edward euh… je ne savais pas que tu étais là. » Bafouilla-t-elle décontenancée et apeurée en voyant qu'il ne se déridait pas et la dardait d'un regard assombri.
« Et moi je ne savais pas que t'étais devenue une aliénée. » Lâcha-t-il, apparemment bien remonté à bloc.
« Euh, je crois que je vais vous laisser. » Annonça Jasper, embarrassé.
À cet instant, il n'avait qu'une envie. Disparaitre, se faire tout petit, s'enterrer dans un trou de souris et ne plus jamais en ressortir.
« Oui, ce serait mieux effectivement. » Répliqua Edward méchamment.
Bella se mordit la lèvre pour ne pas le réprimander d'avoir parlé de cette façon à Jasper. Elle était déjà dans un pétrin pas possible, ce n'était pas la peine d'en rajouter. Jasper se dandina mal à l'aise.
« Euh, bah j'y vais alors. » Balbutia-t-il rapidement en s'avançant vers la porte pour sortir de la maison, passant près d'Edward qui au passage, le gratifia d'un regard noir et sévère.
Une fois seuls, Edward ne perdit pas une seconde et l'incendia.
« Tu pourrais peut être m'expliquer, depuis le temps que je te le demande ? »
Bella détourna les yeux, peur de ce qui allait suivre.
« T-tu ne veux pas qu'on en parle dans un endroit un peu plus privé, genre dans ma chambre ? » Proposa-t-elle d'une voix mal assurée, espérant ainsi retarder l'échéance le plus possible.
Edward soupira et se pinça l'arête du nez, tentant de réfréner son énervement qui ne cessait de s'amplifier. Il ouvrit les yeux, s'apprêtant à dire quelque chose, mais se retint à la dernière minute. À la place, il se détourna vivement et se dirigea à l'étage, sans même attendre qu'elle le suive. Elle entendit une porte en haut claquer fermement et elle sursauta. Il était dans une colère noire et une chose est sûre, elle n'allait pas en réchapper. Elle monta à son tour les escaliers et ouvrit timidement la porte de sa chambre, le trouvant en train de la dévisager avec froideur. Son cœur se mit à battre avec une rapidité déconcertante et elle s'empressa de refermer la porte, priant pour que ce moment passe vite.
« J'attends Bella. » Asséna-t-il.
Elle baissa les yeux vers ses pieds, n'osant pas regarder les éclairs qui sortaient de ses prunelles et sans aucun doute, dirigés vers elle.
« Tu n'étais pas sensé être au courant… » Marmonna-t-elle pour elle-même. Il se passa une main dans les cheveux, exaspéré.
« Ça suffit Isabella ! Arrête de me faire perdre mon temps ! » S'écria-t-il, irrité. Bella entrouvrit la bouche de surprise.
« Depuis quand tu m'appelles par mon prénom au complet ? » Éluda-t-elle étonnée.
Il la regarda avec des yeux ahuris. En temps normal, il en aurait ri s'il n'avait pas été aussi énervé.
« Non mais tu le fais exprès ou quoi ? Tu vas continuer longtemps à changer de sujet ? »
Elle haussa les épaules en se mordant la joue.
« J'en sais rien, tant que je le pourrais. » Avoua-t-elle penaude. Il souffla pour ne pas perdre le contrôle de lui-même.
« Réponds-moi Bella. » Ordonna-t-il le plus calmement qu'il le pouvait.
« Si je te dis la vérité, tu vas t'énerver. » Fit-elle remarquer.
« Je suis déjà énervé ! » Contra-t-il.
« Justement ! » Insista-t-elle en levant les yeux vers lui. « Si je te le dis, tu seras encore plus énervé et j'ai pas envie de te mettre en colère. »
« Isabella, réponds-moi tout de suite ! » Exigea-t-il d'une voix forte.
« Arrête de m'appeler par mon prénom entier ! » Protesta-t-elle, s'énervant elle aussi. « Tu sais très bien que je déteste ça. » Dit-elle en ayant pleinement consciente qu'elle aggravait son cas à mesure qu'elle éludait.
« Et moi je déteste quand tu ne me dis pas la vérité et que tu fais n'importe quoi dans mon dos. » Rétorqua-t-il sèchement, à bout de nerfs et de patience.
« Je fais ça pour te préserver. » Se défendit-elle. « Et pour nous éviter une dispute comme celle qu'on est en train d'avoir. »
« Réponds à ma foutue question bordel ! » Finit-il par exploser. (N/Marie : *dead* il est pas sensé être affreusement sexy là, non ?)
Bella frissonna, son cœur émit des battements irréguliers, sa respiration devint frénétique, et elle sentit quelques larmes sur le point de lui monter, tellement il lui faisait peur. Son regard était dur et froid comme le marbre, sas jointures étaient blanches, ses poings s'étaient resserrés, son corps était tendu, ses poils hérissés, de lui émanait une telle incommodité et une telle rage que Bella comprit qu'elle ne pouvait pas le faire tourner en bourrique plus longtemps et que si elle voulait espérer arranger les choses avec lui rapidement. Alors d'une voix faible presque inaudible, elle avoua, non sans mal.
« Je me suis rendue chez tes parents aujourd'hui, après que tu sois parti travailler. Ta mère n'était pas là, j'ai juste été dans le bureau de ton père, avec ce majordome qui a passé son temps à me mater sans discrétion. Ça ne s'est pas vraiment passé comme je l'espérais mais après tout il fallait s'en douter. Ensuite quand j'ai voulu repartir, ma voiture est tombée en panne d'essence donc j'ai appelé Emmett pour qu'il vienne me chercher. J'ai failli t'appeler mais je me suis résignée à la dernière minute, je ne voulais pas que tu te mettes en colère, en plus ça nous a permis avec Emmett de nous réconcilier. Enfin voilà, tu connais toute l'histoire. » Débita-t-elle innocemment, sachant très bien qu'il n'allait pas s'arrêter à ça et qu'il allait s'énerver davantage.
Mais bon, elle avait quand même voulu tenter le coup. Et malheureusement, elle ne s'était pas trompée, il était vraiment entré dans une fureur impossible à contrôler. Il commença à se déplacer, à faire de petits allers-retours en effectuant les cent pas à une vitesse affolante, se retenant de s'arracher les cheveux. (N/Marie : Oh bah non, ce serait dommage d'arracher de si beaux cheveux…)
« T'es complètement malade ! » Hurla-t-il soudainement. « Dérangée, folle, détraquée, névrosée, insane, irresponsable, inconsciente ! » (N/Marie : Complètement Bella quoi !)
« Je crois que j'ai compris, pas la peine d'utiliser tous les mots du dictionnaire. » Ironisa-t-elle en roulant des yeux, tandis qu'il s'arrêtait de marcher et la fixait, le regard plein d'incompréhension.
« Pourquoi Bella ? » Murmura-t-il à court de mots. « Pourquoi es-tu allée là bas ? Qu'est-ce qui t'a pris bon sang ? » Bella baissa les yeux, regrettant ses actes, et pour lui causer autant de soucis.
« Je ne sais pas. » Avoua-t-elle d'une voix faible. « J-je… je voulais… qu'ils… te laissent tranquille. »
Il fronça les sourcils, incrédule à ce qu'il entendait.
« Quoi ? » Murmura-t-il étonné. Elle releva les yeux, qui s'étaient humidifiés malgré ses tentatives de contenir ses larmes.
« J'espérais qu'ils te rendraient ton appartement, et ton argent. Je vois bien que ça te dérange de vivre ici… avec moi. » Bredouilla-t-elle, une larme s'échappant de ses joues en pensant au fait qu'il n'aimait pas être ici. « J'ai juste voulu te rendre service et j'ai cru qu'ils… qu'ils se montreraient humains. »
Edward la regarda, abattu. Elle pensait vraiment que c'était le fait de vivre avec elle qui le révulsait ? Il ne supportait juste pas qu'on s'occupe de lui, de dépendre d'elle. Mais jamais il n'a éprouvé un sentiment de déplaisance quant au fait d'habiter sous le même toit qu'elle, de dormir dans le même lit chaque nuit, de se réveiller chaque matin à ses cotés. Il voulait la rassurer en lui disant toutes ces choses, ce qu'il pensait réellement. Mais il était bien trop énervé pour se résoudre à la réconforter maintenant.
« Comment as-tu pu croire qu'ils se comporteraient comme des êtres humains pour une fois dans leur vie ? » Demanda-t-il d'une voix glaciale. Bella se sentit mal devant autant de dureté venant de lui. Elle n'y était pas du tout habituée. Elle ignorait si toute cette haine lui était adressée, ou si c'était son éternelle rancœur envers ses géniteurs qui remontait à la surface et parlait pour lui.
« Je ne sais pas. » Déglutit-elle, les yeux plus larmoyants. « Quelque part… je crois que je n'ai jamais cessé d'y croire. » Finit-elle tout bas, tentant tant bien que mal de réfréner ses sanglots.
Edward se passa une main sur le visage en soupirant d'agacement et de désespoir. D'un coté, il la reconnaissait bien là, elle avec sa fameuse manie de croire que tous les gens ont un bon coté. Il adorait ce trait de caractère chez elle. Mais là, elle allait trop loin. Beaucoup trop loin. Et il avait une sérieuse envie de la secouer pour la ramener à la raison.
« Tu es pire qu'inconsciente. » Répliqua-t-il, acide. Elle hocha la tête.
« Je suis vraiment désolée. Je te jure que je le suis. » Implora-t-elle des yeux, espérant sincèrement qu'il lui pardonnerait ses actions. Il détourna le regard, ne voulant pas se faire attendrir.
« Bon et alors ? » Consentit-il à demander, la peur lui tenaillant le ventre. Bella fronça les sourcils.
« Alors quoi ? » S'enquit-elle perdu, en ayant toutefois deviné de quoi il parlait. Il perdit patience et monta sur ses grands chevaux.
« Arrête de me prendre pour un imbécile et d'éluder à chaque fois que je te pose une question ! » Asséna-t-il sèchement. « Dis-moi ce qu'il s'est passé une fois là bas. »
« Mais je te l'ai dit. » Contra-t-elle vainement. « Je suis allée dans le bureau de ton père, il a refusé, et je suis partie. » Mentit-elle avec aplomb.
« Bella… » Insista-t-il avec des yeux menaçant, l'avertissant qu'elle avait intérêt à lui dire la vérité, ici et maintenant. Elle secoua légèrement la tête.
« Tu ne veux pas le savoir. » Réfuta-t-elle apeurée. Son visage se décomposa.
« C'est si grave que ça ? » Fit-il avec crainte et frayeur.
À présent son énervement et sa colère envers Bella étaient en train de disparaitre pour laisser place à de l'inquiétude. Que lui avait-il dit ou fait ? Bella se mordit la lèvre méchamment.
« Non mais tu… » Elle chercha ses mots. « Tu te mettrais à encore plus le haïr… »
Edward entrouvrit la bouche, étonné. Ainsi donc, après toutes les horreurs qu'elle avait subies à cause de cet enfoiré, elle tenait encore à le préserver et à le protéger. Il savait qu'elle voulait bien faire, mais il y avait tout de même des limites.
« Tu devrais vouloir à tout prix que je les déteste pour tout ce qu'ils ont fait, pas l'inverse. » Marmonna-t-il sur un ton réprimandant. Elle lui fit un maigre sourire.
« Je sais. Mais je suis comme ça, je prie tout le temps pour que tout s'arrange. »
Il leva les yeux au ciel et se retint d'élever la voix tellement elle l'exaspérait à l'heure qu'il était.
« Il va falloir que tu comprennes que ça ne s'arrangera pas. Il y a des choses irréparables Bella. Et le dégout que je ressens pour mes deux parents, ça c'est irrémédiable. » Bella soupira et hocha la tête.
« Ça me tue. J'aimerais tellement que ça s'arrange Edward. Je te jure que cette situation me rend malade. » Dit-elle sur le point de fondre en larmes. « C'est pour ça que je suis allée là bas, pour arranger les choses… »
« Tu crois encore au père Noël. » Cracha-t-il haineusement.
« Je crois juste en la bonté de chacun. » Se défendit-elle, blessée par ses propos et tant de froideur de sa part.
« Dis-moi ce qui s'est passé là bas. » Ordonna-t-il sévèrement.
« Edward… » Supplia-t-elle. « Je t'en prie, tout mais pas ça. Demande-moi ce que tu veux mais s'il te plait, laisse-moi garder ça pour moi. » Le regard d'Edward s'assombrit et il s'emporta.
« Dis-le moi tout de suite ! » Tonna-t-il, la faisant sursauter. Ses nerfs lâchaient tandis qu'elle le regardait tétanisée.
« On… on s'est un peu dit des choses déplaisantes et voilà. » Bégaya-t-elle, en omettant la majeure partie de l'entretien.
« Quel genre ? » S'impatienta-t-il.
« J'en sais rien ! » S'énerva-t-elle. « Du genre de ton père, que veux-tu que je te dise ? »
« Et tu ne t'es pas laissée faire. » Supposa-t-il.
« Non. » Confirma-t-elle. Il soupira, bouillonnant intérieurement. Il savait qu'il lui cachait une partie de la vérité, et probablement la plus importante. Bella n'avait jamais su mentir.
« Qu'est-ce qu'il a fait au final ? » Demanda-t-il avec empressement.
« S'il te plait… » Implora-t-elle vainement, au bord des larmes.
« Cette fois j'en ai ras le bol ! » Explosa-t-il. « C'est toi qui me passes des sermons, parce que je te cache des choses, que je mens, que je ne te dis pas ce que je ressens, mais au final tu peux parler, t'es pire que moi ! »
Elle ouvrit la bouche assiégée, ne sachant que dire. Il avait raison, elle était une hypocrite.
« Mais je ne l'ai fait qu'une fois… » Tenta-t-elle.
Il cligna des yeux plusieurs fois, comme s'il avait mal entendu.
« Qu'une fois ? ! Tu l'as fait qu'une seule fois ? ! Donc pour toi, me cacher la vérité quand ma putain de mère est venue te voir, ne jamais rien me dire en ce qui concerne ta mère, me cacher ta soudaine amitié avec Jasper, ne pas me dire que t'es allée voir mon père, et mentir sur cette entrevue, tu appelles ça qu'une fois ? ! » Incendia-t-il.
Bella se retint de pleurer, devant autant de colère et de rage. Elle s'en voulait, le fait d'être allée là bas avait tout compliqué, elle était la pire des idiotes. Sans le vouloir, elle s'énerva, la colère étant son seul moyen de défense.
« Dis donc, tu peux parler ! T'as pas le droit de me faire des leçons de moral, après toutes les fois où tu m'as caché la vérité ! Je peux même plus les compter tellement tu l'as fait. »
« C'est pas comparable avec ça ! » Protesta-t-il.
« Parce que pour toi, c'est pas comparable avec ton expulsion ? Avec le chantage que t'as fait ton père ? Avec le fait que tu enquêtes sur ton propre père ? » Émit-elle choquée. Il se pinça l'arête du nez une nouvelle fois. Il en avait marre. Il faisait tout pour ne pas perdre pied et garder le peu de contrôle qu'il avait, mais elle ne faisait que le pousser à bout.
« Toutes ces choses, tu les sais maintenant. » Fit-il remarquer d'une voix impatiente. « Et je t'ai juré que désormais, j'essayerai de tout te dire, alors sois gentil fais-en de même et dis-moi ce que je veux savoir. » Supplia-t-il.
Elle secoua la tête, les larmes lui piquant les yeux. Elle ne pouvait pas. Elle n'avait pas le droit de lui faire ça. Lorsqu'il apprendrait la vérité, il serait dans un état pire que maintenant.
« Je suis désolée, mais je ne peux pas te le dire. » Fit-elle abattue. Il ne put en rester là.
« Bella ! » Ragea-t-il. « Où tu me le dis tout de suite, ou je me tire de cette maison. » Susurra-t-il entre ses dents.
Bella comprit qu'il était sérieux et paniqua rien qu'à l'idée qu'il puisse foutre le camp et qu'elle se retrouve seule. Elle n'arriverait pas à dormir en le sachant ailleurs, et qui lui en voulait. Et puis où est-ce qu'il irait ?
« C'est hors de question. » Refusa-t-elle affolée.
« Dans ce cas réponds-moi ! » Agressa-t-il, sur le point d'éclater.
Elle ferma les yeux et prit une profonde inspiration, se donnant du courage.
« Il… il m'a offert un chèque si en échange, j'acceptais de te laisser tranquille et de te rendre ta liberté. » (N/Marie : Ah ! Bah c'est pas trop tôt ! xD)
Edward écarquilla les yeux et la regarda horrifié. Il n'arrivait pas à croire ce qu'il entendait. C'était pire que ce qu'il pensait. Jamais son père n'acceptait de se sacrifier pour qui que ce soit. En temps normal, il écrasait les autres, et finissait toujours par arriver à ses fins. Là il acceptait carrément de faire don de son argent. Il ne l'avait fait pour aucun de ses ennemis, les seules personnes à qui il proposait de l'argent étaient ceux qu'il soudoyait. Voir à quel point son père était prêt à aller pour détruire sa vie le rendait malade.
« Combien ? » Finit-il par murmurer faiblement, après un long silence où il avait tenté d'assimiler.
« Hum… à vrai dire le chèque était sans montant. » Avoua-t-elle embarrassée et surtout, désolée.
Elle s'en voulait déjà de lui avoir dit. Elle voyait bien que ça le tourmentait déjà, que ça lui faisait énormément de mal. Il s'assit sur le lit et se passa les mains sur le visage avec gravité. Il comprit pourquoi Bella avait refusé de lui en parler. Parce que là, il détestait tellement son père, il avait tellement honte de ce qu'il venait de faire, que c'en était même insupportable et douloureux.
« Tu veux dire qu'il était prêt à perdre tout son argent, uniquement pour… me faire souffrir ? » Parvint-il à articuler difficilement. (N/Marie : Dit comme ça, c'est juste horrible… )
Bella ouvrit la bouche, puis la referma. Elle aurait voulu le contredire et lui dire qu'il se trompait, mais elle ne voyait franchement pas comment elle pouvait lui donner tort, dans la mesure où justement, il avait entièrement raison. Le voir aussi affligé et bouleversé la déstabilisa et la mortifia. Elle s'en voulait tellement car tout était de sa faute. Si seulement elle n'avait pas eu la folie d'aller là bas, si seulement elle était restée bien sagement à la maison, si seulement elle n'était pas entrée dans sa vie…
Elle s'empressa de s'ôter cette pensée de la tête, aussi vite qu'elle était venue. Son cœur s'était mis à agoniser rien qu'à cette idée de culpabilité et cette envie de l'abandonner pour qu'il arrête de souffrir. Elle en avait souffert une microseconde, ressentant l'espace d'un instant les méandres de l'horreur et de la douleur qu'elle avait éprouvée le jour où il l'avait quittée, avant de finalement lui revenir. Elle se contenta de le regarder avec émotion et affectation, tandis qu'il tentait désespérément d'encaisser ça. Son père avait en quelque sorte humilié Bella, en lui faisant un affront pareil. Et puis même, Carlisle avait toujours été tellement avare d'argent, qu'accepter de tout perdre, rien que pour avoir la chance de la voir le quitter, il n'arrivait pas à le concevoir. Il n'arrivait même pas à regarder Bella dans les yeux après ça. Elle devait vraiment avoir honte et se sentir rabaissée. Lui il avait honte en tout cas.
Il se mit soudainement à rire d'une façon horriblement cynique et dénuée de tout amusement, surprenant Bella au passage, avant de secouer la tête de déploration. Il se leva du lit, éprouvant un irrépressible besoin de s'éloigner d'elle, de s'éloigner de tout. Bella se mit à appréhender et son cœur rata un battement.
« Edward… » Murmura-t-elle en faisant un pas en sa direction. Il se recula avec une rapidité déconcertante, comme si elle lui était néfaste.
« Laisse-moi tranquille. » Lâcha-t-il, la voix dénuée d'émotion.
Bella entrouvrit la bouche, dissimulant autant qu'elle pouvait à quel point elle était ulcérée et brisée par un tel rejet et une telle froideur venant de lui. Il se détourna d'elle et se dirigea vers la porte et l'ouvra avec fracas.
« Edward je t'en prie… » Supplia-t-elle.
« T'es sourde ou quoi ? Je t'ai dit de me laisser tranquille ! » Hurla-t-il en claquant la porte violemment, la laissant abasourdie et afférée par son attitude.
Elle se dépêcha d'ouvrir la porte et de le héler du haut des escaliers, tandis qu'il descendait les marches avec détermination.
« Où est-ce que tu vas ? »
« Prendre l'air. » Répondit-il en accélérant. Bella paniqua et sa respiration se coupa.
« Dis-moi que tu reviens ! » Implora-t-elle tandis qu'il ouvrait la porte d'entrée.
Sans lui donner un semblant de réponse, il la claqua de la même façon qu'il avait claqué la porte de sa chambre, si ce n'est plus fort.
Bella se mit à haleter, tandis que ses jambes étaient sur le point de lâcher. Son cœur battait tellement fort dans sa poitrine, lui tiraillant les entrailles. Elle fut prise d'un affolement incontrôlable et afin que personne ne la voie dans un état pareil, elle se réfugia dans sa chambre et referma la porte avant de se précipiter sur son lit. Ses sanglots n'attendirent pas et elle fondit en larmes avec une ardeur sans pareille. Ses pleurs étaient tellement immenses et empressés qu'ils lui en étaient même douloureux. Elle n'aurait jamais dû lui parler de ça, elle aurait dû tout garder pour elle. Mais pourquoi fallait-il qu'elle fasse toujours tout de travers ? Pourquoi fallait-il qu'ils passent leur temps à se disputer ? Car c'était vrai, sans cesse, ils se disputaient violemment. Pas un jour ne s'écoulait sans qu'il n'y ait un seul conflit. Elle n'arrivait plus à le supporter. Elle en souffrait à chaque fois, tellement ça lui était insoutenable. Ces fréquentes disputes la tuaient, elle regrettait tellement le passé, le temps où ils ne faisaient que sourire et rire à longueur de journée, où leurs rapports physiques étaient sans limite, et où les disputes étaient rares. Elle ignorait combien de temps encore, elle allait devoir continuer à vivre ça, mais ce qu'elle savait, c'était qu'elle ne le supporterait plus bien longtemps, et qu'elle allait finir par lâcher prise.
Elle entendit quelqu'un frapper à la porte, et sans qu'elle ne l'ait autorisée à entrer, elle eut la surprise d'apercevoir à travers ses yeux larmoyants, Rosalie qui prenait soin de refermer la porte derrière elle. Bella se sentit bien trop faible en cet instant et n'eut pas le courage de la repousser ni de se montrer méchante.
« Tu as entendu ? » Constata-t-elle, d'une voix sanglotante à souhait.
« On a tous entendu. » Répondit la blonde en s'installant à coté d'elle sur le lit deux places. « Vous n'avez pas été vraiment discrets et je ne pense pas que vous vous soyez rendus compte d'à quel point vous parliez fort. » Bella renifla disgracieusement, ne sachant quoi lui dire.
« J'en ai marre. » Déclara-t-elle, les larmes ne tarissant toujours pas sur ses joues. « Je n'en peux plus et je crois que lui aussi. »
« Il reviendra. » Assura Rosalie avec un sourire confiant. Bella fronça les sourcils.
« Comment tu le sais ? » Demanda-t-elle.
« Il a claqué la porte. » Répondit-elle en haussant les épaules, comme si ça expliquait tout.
« Je ne vois pas le rapport. » Fit Bella perdue. Rosalie sourit davantage.
« Quand un homme claque une porte, c'est signe qu'il va revenir. » Expliqua-t-elle, tandis que Bella la regardait incrédule. « Ils claquent toujours les portes pour avoir plus d'impact et pour faire preuve de plus autorité, histoire de montrer que ce sont eux qui commandent et qui sont les hommes de la maison. Et au final, ils finissent toujours par revenir parce qu'ils réalisent qu'ils ont été idiots. »
Bella se mit à rire légèrement, à travers des larmes, ce qui donnait au final un rire saccadé, coupé et rauque, pas très beau à entendre.
« Et en quoi ça diffère de quand ils s'en vont sans claquer les portes ? » Argua-t-elle amusée.
« Parce quand ils ne le font pas, ça signifie qu'ils sont beaucoup trop perturbés et affligés pour se préoccuper de leur égo de mâle et que donc, ils ne prennent pas le temps de claquer la porte. » Bella sourit en réalisant qu'elle n'avait pas tout à fait tort, son raisonnement était même assez plausible quand elle y pensait.
« Et ton raisonnement… il ne s'applique pas pour les femmes ? » S'enquit-elle. Rosalie rit brièvement.
« Non. Parce que quand ce sont les femmes qui partent en claquant la porte, c'est pour que leur homme revienne en rampant. Et ça marche, à chaque fois il finit toujours par revenir te récupérer. » Apprit-elle.
Bella resta songeuse, jusqu'à ce que la conclusion la frappa de plein fouet. Elle n'avait que très rarement claqué les portes, mais à chaque fois qu'elle l'avait fait, il était venu la voir. Bon, la dernière fois qu'elle avait claqué une porte, ça avait été contre Emmett la veille. Mais le résultat était le même, il était venu.
« Ce n'est pas faux ce que tu dis. » Analysa-t-elle. « C'est même carrément vrai. » Fit-elle bouche bée. Rosalie sourit.
« Je sais. » Répondit-elle. « Et tu verras, je te parie tout ce que tu veux que quand il va revenir, la première chose qu'il fera, sera de te demander pardon. » Promit-elle avec certitude.
« On verra ça. » Répondit la brune avec scepticisme.
Elles restèrent silencieuses quelques minutes, tandis que Bella réfléchissait. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle parlait avec Rosalie, que cette dernière la réconfortait et la rassurait. C'était vraiment une grande première pour elles deux, et elle devait avouer que ça ne lui déplaisait pas tant que ça. Les minutes défilèrent, avant que Bella ne décide de se confier, pour la toute première fois à quelqu'un, à propos de son couple avec Edward.
« Quelques fois je me demande si tout ça vaut le coup. »
Rosalie fronça les sourcils, intriguée. Bella s'expliqua.
« Je veux dire… je sais que ça vaut le coup, qu'il vaut le coup. Seulement… j'ai l'impression que quoi qu'on fasse, et peu importe à quel point on le souhaite, ça ne sert à rien. On ne s'en sort pas, et on finit toujours par se disputer violemment. Plus le temps passe, et plus cette relation nous détruit. À quoi ça sert de se battre pour quelque chose qui nous détruit ? »
La blonde réfléchit quelques secondes, dubitative, avant de répondre.
« C'est en général, ce genre d'épreuves qui permettent de voir si ton couple est fait pour marcher ou non. » Bella la regarda sceptique.
« Tu veux dire que plus on a de disputes, mieux c'est ? » Fit-elle choquée. Rosalie secoua la tête amusée.
« Non. Je veux dire que dans un couple, s'ils ne se disputent jamais et vivent tout le temps dans le bonheur, comment est-ce qu'ils peuvent savoir s'ils s'aiment ou pas ? » Observa-t-elle, laissant Bella pantoise. « Le seul moyen de voir ce que vaut vraiment ton couple c'est de le mettre à l'épreuve. » Déclara-t-elle sûre d'elle.
Bella jaugea ses paroles, l'espace de quelques secondes, avant de finir par conclure qu'elle avait raison. Il est vrai que chaque épreuve a réussi à les renforcer, et augmenter l'amour qu'ils éprouvent l'un pour l'autre. Mais quand c'est trop, c'est trop. Et là en l'occurrence Bella n'en pouvait plus.
« Mais s'il y a tout le temps des épreuves, sans aucun moment de répit et que ça ne s'arrête jamais ? A quoi ça sert ? Et ne me dis pas que c'est pour tester notre couple parce que je trouve qu'il a suffisamment été testé comme ça, pour le restant de nos jours ! » Répliqua-t-elle. Rosalie soupira, la regardant sérieusement.
« Je n'en sais rien Bella. » Avoua-t-elle désolée. « Tu sais, je n'ai jamais eu à affronter ce genre de situations, Emmett et moi sommes encore au stade des bisounours. » Rit-elle, la faisant rire également.
« Ce que je peux regretter ce temps là. » Rêvassa Bella avec un léger sourire sur les lèvres, tandis qu'elle se remémorait le début de leur relation, qui promettait des jours si heureux… « On était toujours ensemble… Et il y avait ce sourire sur mon visage qui ne voulait jamais s'en aller, j'avais vraiment l'impression d'être ridicule. »
Rosalie lui sourit amicalement, comprenant sa nostalgie.
« Je suis navrée que ce ne soit plus le cas aujourd'hui. » Dit-elle sincèrement. Bella lui fit un sourire contrit.
« T'en fais pas. Et puis, ça ne pouvait pas durer éternellement pas vrai ? Fallait bien redescendre de son nuage un jour ou l'autre. » Dit-elle sur un ton plaisantin, pour cacher son profond mal être et sa peine. Si Rosalie n'en fut pas dupe, elle ne montra rien et se contenta d'acquiescer.
« Est-ce que es toujours heureuse, au fond de toi ? » Questionna-t-elle sérieusement.
Bella fronça les sourcils, réalisant qu'elle connaissait la réponse, sans même y réfléchir une seule seconde.
« Oui. » Répondit-elle avec aplomb. « Je le suis. Au fond de moi je le suis. »
…
Edward s'éloigna petit à petit de la maison, s'engouffrant dans la forêt surplombant le porche. Il trouva un tronc d'arbre allongé, et décida de s'asseoir dessus, laissant les minutes défiler, tandis qu'il réfléchissait à la situation, ou plutôt qu'il faisait le vide. Il sortit de sa poche un paquet de cigarettes qu'il n'utilisait que très rarement, ainsi qu'un briquet. Il en prit une et tenta de l'allumer avec le briquet qui comme par hasard, refusait de marcher. Il commença à s'énerver et s'agiter, à cours de patience. Lorsque le briquet daigna enfin émettre du feu, il fut interrompu par une voix qui l'énerva encore plus, en la reconnaissant.
« Depuis quand est-ce que tu fumes ? » Demanda Jasper en s'approchant de lui avec appréhension. Edward haussa les épaules, puis tira une latte de façon désinvolte.
« Je ne fume pas. » Répliqua-t-il simplement. Jasper le regarda étonné.
« Ah oui, cela explique le fait que je te trouve avec une clope dans la bouche, ainsi qu'un briquet et un paquet dans les mains. » Ironisa-t-il, avec une pointe d'amusement.
Edward le gratifia d'un regard noir, presque mauvais.
« C'est seulement quand je suis énervé. » Marmonna-t-il en détournant les yeux, droit devant lui. Jasper se sentit soudainement mal à l'aise, face à l'incommodité de son ancien ami, qui ne semblait pas du tout enclin à enterrer la hache de guerre.
« Je peux m'asseoir ? » S'enquit-il avec crainte.
« Non mais puisque t'es là, je t'en prie. » Fit-il sèchement.
« Donc je ne peux pas mais en même temps je peux ? » Conclut Jasper paumé. « Très logique. » (N/Marie : Il cherche les problèmes lui xD)
« Tu voudrais pas te la fermer ? » Répliqua Edward cinglant. « T'es en train de gâcher mon moment de paix. » Jasper sourit involontairement et prit place à coté de lui.
« Navré de l'apprendre. »
Edward ne répondit rien et se contenta de tirer plusieurs lattes de sa cigarette, en silence.
« Est-ce que tout va bien ? » Finit par demander Jasper avec inquiétude, devant autant d'hostilité. Edward eut un rictus dédaigneux au coin des lèvres.
« Mise à part que mon père à offert tout son argent à ma copine pour qu'elle me largue, tout va nickel. » Rétorqua-t-il la voix pleine de sarcasmes. Jasper le regarda tristement.
« C'est moche… » Murmura-t-il. Edward secoua la tête en roulant des yeux.
« C'est tout ce que tu trouves à dire ? C'est moche ? » Lâcha-t-il avec un dégout mal dissimulé. Jasper soupira et prit sur lui pour ne pas répliquer, sachant que cette haine n'était pas réellement dirigée envers lui.
« Et qu'est-ce qu'à fait Bella ? » Demanda-t-il. Edward émit un rire sardonique, pas amusé pour un sou.
« Je ne lui ai même pas demandé. » Répondit-il incrédule.
« Elle l'a surement refusé. » Devina-t-il, en repensant à la scène qu'il avait surprise, et la façon dont Carlisle était en train de la malmener et de lui faire mal lorsqu'il était arrivé.
« Peu importe… » Marmonna Edward acide. « J'arrive pas à croire qu'il ait pu faire ça. Enfin tu te rends compte qu'il était prêt à se ruiner, à perdre tout son argent, juste pour nous voir séparés ? » S'exclama-t-il outré et atterré. « Pourquoi tient-il tellement à ce qu'on ne soit pas ensemble ? Qu'est-ce que ça peut lui foutre de savoir avec qui je partage ma vie ? »
Jasper ne sut quoi répondre à ses questions rhétoriques.
« Je n'en sais rien Edward. » Répondit-il désolé. « Ton père a souvent… des réactions incompréhensibles. » Tenta-t-il. Edward secoua la tête.
« C'est juste un salaud qui aime faire chier son monde. » Cracha-t-il.
Jasper reporta son regard droit devant lui, face aux arbres qui les entouraient, tandis qu'Edward dilapidait sa cigarette.
« Là-dessus, je suis bien d'accord avec toi. » Déclara le blond, d'un air sombre. Edward le regarda en fronçant les sourcils.
« Alors t'es vraiment avec nous ? » Demanda-t-il, encore ahuri de ce revirement de situation.
« Si vous voulez bien de moi. » Répondit-il avec un maigre sourire. Edward le regarda amusé.
« Ça va pas être du gâteau. » Lui apprit-il. « Emmett et Charlie te détestent à un point que tu ne t'imagines même pas. Surtout Emmett, il va t'en faire baver. » Jasper rit brièvement.
« Ouais je suis au courant. Mais j'ai envie de changer, redevenir celui que j'étais avant tout ça. » Confia-t-il. Edward le regarda sérieusement.
« J'espère vraiment que ce n'est pas une entourloupe et que tu ne joues pas les infiltrés pour celui qui me sert de père. » Jasper s'empressa de secouer la tête négativement.
« Je te jure que ce n'est pas le cas Edward. Il m'a vraiment tout pris. Je n'ai plus rien. »
« Tu regrettes d'avoir retiré ta plainte ? » S'enquit ce dernier.
« Non. Je sais que c'était la meilleure chose à faire. » Répondit-il franchement. Edward eut un semblant de sourire au coin des lèvres.
« C'est bien que tu l'aies fait. Même si ça t'a valu tout ton argent et ta renommée… »
« Sans parler de ma maison et de ma fiancée. » Renchérit Jasper avec acerbité. Edward se retint de rire.
« Sérieusement Jasper, qu'est-ce que tu foutais avec une fille pareille ? Ne me dis pas que tu la regrettes, je ne te croirais pas. » Jasper secoua la tête, sans se départir de son sourire.
« J'en sais rien, ce que je faisais avec elle. Elle était… disons… pratique. Et puis le sexe avec elle était pas mal. » Edward secoua la tête dégouté.
« Même pour tout l'or du monde, je coucherais pas avec une fille comme elle. » Déclara-t-il avec aplomb.
« T'as jamais aimé l'argent de toute façon. » Rappela Jasper.
« L'argent ne fait pas le bonheur. » Répliqua-t-il, sûr de lui. Le blond soupira.
« Mais il y contribue largement. » Contra-t-il.
Edward leva les yeux au ciel. Il n'arrivait pas à être réellement d'accord avec lui car pour lui, le bonheur se résumait uniquement à être avec Bella. Il pouvait se passer d'argent, mais il ne pouvait pas se passer de Bella. C'était malheureux à dire, mais c'était ainsi, il ne pouvait pas changer ça, même s'il l'avait voulu. Seulement dans un sens, Jasper avait tout de même raison, l'argent était tout de même bien nécessaire pour être heureux. La preuve avec tout ce qui leur arrive maintenant. Les Swan auraient sérieusement besoin d'argent. À ce rythme là, avec en plus sept personnes à nourrir, ils n'allaient pas tenir et couraient à la catastrophe. Il fallait vite trouver une solution pour arranger la situation, d'où cette envie de trainer C&V en justice. Une fois Carlisle discrédité, il ne pourrait plus rien faire contre eux, il n'aurait plus aucun pouvoir et tout redeviendrait à la normale. Edward y avait longuement réfléchi avant de se décider, et c'était la seule décision. Il n'avait pas le choix, il devait coincer son père, peu importe à quel point il allait en souffrir par la suite.
« Je suis vraiment désolé de la querelle qui vous affronte, toi et tes parents. » Déclara Jasper sincèrement, le coupant ainsi de ses réflexions mentales. Edward haussa les épaules.
« Et moi que ta rétractation et ta trêve t'aient couté tout ton argent. » Consentit-il.
Ils restèrent silencieux quelques instants, avant qu'Edward ne rompe le silence, posant la question qui lui brûlait les lèvres.
« Pourquoi Bella a-t-elle dit que tu lui avais sauvé la vie ? » Jasper fronça les sourcils.
« Elle ne t'en as pas parlé ? » S'enquit-il étonné. Edward sourit brièvement.
« Tu sais, c'est déjà un exploit qu'elle ait consenti à me parler du chèque. Elle n'aime pas parler d'elle, et encore moins de sujets qui fâchent. » Il tourna la tête vers Jasper et fronça les sourcils lorsqu'il vit son visage plein de gravité. « Est-ce qu'il est arrivé quelque chose de grave ? » S'inquiéta-t-il soudainement. Jasper soupira et se tourna vers lui, une lueur un peu anxieuse dans les yeux.
« Non mais ça aurait pu. » Murmura-t-il. Edward entrouvrit la bouche, puis attendit qu'il développe. « Je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé puisque je suis arrivé à la fin, mais quand je suis entré, il était en train de la violenter. »
Edward se tendit soudainement, ses poings se refermant violemment, rendant ses jointures plus blanches qu'à l'ordinaire. Il ne pouvait pas croire ce qu'il venait d'entendre.
« Dis-moi que c'est une blague ? » S'exclama-t-il horrifié. Jasper secoua la tête.
« C'est la vérité, il l'avait collée au mur, et était en train de lui serrer la poitrine d'une main, le poignet de l'autre, tout en lui hurlant dessus. On aurait réellement dit qu'elle étouffait. Je te jure que c'est la première fois que j'ai vu Carlisle perdre le contrôle de lui-même. Il était vraiment devenu fou. »
Edward avait la bouche ouverte, ne sachant comment réagir. C'était beaucoup trop d'informations d'un seul coup. Il avait besoin d'une minute pour encaisser. Et ce qu'il venait d'apprendre à l'instant était encore pire que tout. Il se passa sa main libre sur le visage, tentant vainement de réfréner ses excès de colère qui montaient en lui progressivement, à mesure qu'il prenait conscience de ce que Jasper venait de lui balancer à la figure. La tension en lui se décupla, ses jambes se mirent à s'agiter, comme si elles avaient la bougeotte, son cœur émit des pulsations anormalement rapides, sa respiration s'accentua, devint plus forte et plus lourde, la rendant ainsi plus douloureuse. Jasper le regardait avec appréhension. L'état dans lequel il était désormais plongé l'inquiéta et lui fit regretter de lui avoir tout dévoilé. Peut être aurait-il dû tenir sa langue… Cela dit, il pensait qu'il valait mieux qu'il soit mis au courant, car s'il s'était trouvé à la place d'Edward, il aurait voulu être informé lorsque quelqu'un brutalise la femme qu'il aime. Edward n'était plus du tout lui-même, ses yeux s'étaient assombris, ses traits s'étaient froncés, et tandis qu'il respirait de plus en plus rapidement, il ne put se contenir plus longtemps.
Il jeta sa cigarette avec violence par terre, et la piétina avec une rage non dissimulée, la réduisant complètement en lambeaux. Il se leva avec raideur, puis commença à effectuer quelques pas en allers retours, tandis que Jasper l'observait, toujours assis et n'osant pas manifester sa présence devant un tel comportement. Edward effectuait les cent pas, se passant régulièrement la main sur le visage, ou dans les cheveux.
« Il… il n'a pas fait ça… il n'a pas pu faire ça… » Murmura-t-il pour lui-même, comme s'il voulait s'en persuader.
Jasper le regardait déploré, lui-même ne sait pas comment il aurait réagi à sa place. D'autant plus qu'il subissait énormément de choses en même temps.
« C'est impossible… dis-moi que c'est faux… » Supplia-t-il. Il était complètement déconnecté de la réalité et faisait peur à voir.
« Edward… » Tenta Jasper
« MAIS POURQUOI A-T-IL FALLU QU'ELLE AILLE LÀ-BAS ! » Hurla-t-il soudainement, les nerfs lâchant complètement. « CETTE FILLE EST COMPLÈTEMENT TARÉE MA PAROLE ! »
Il s'immobilisa, puis posa ses deux mains sur son front, fermant les yeux, inspirant et expirant pour se calmer, sans grand succès. Jasper baissa la tête, effrayé par une telle fureur.
« Edward, calme-toi… »
« Et lui… » Susurra-t-il haineusement, ses pupilles dévoilant toute l'animosité qu'il ressentait envers l'homme dont il parlait. « Lui… je vais le tuer… je vais le tuer bordel… » Cracha-t-il entre ses dents. « Il avait pas le droit Jasper ! » S'écria-t-il. « Tu m'entends ? Il n'avait pas le droit ! MERDE ! » Jura-t-il en cognant son poing contre un tronc d'arbre avec virulence.
Il grogna sous l'effet de la douleur qu'il ressentit à cause du choc, mais refusa de s'en accommoder et cogna contre l'arbre une nouvelle fois. La douleur qu'il ressentit fut pire qu'avec le premier coup mais pris dans un excès de fureur, il cogna une nouvelle fois, avec toute la force dont il était capable. En réalisant qu'il était en train de se faire du mal pour rien, il grogna une nouvelle fois et s'arrêta. Il secoua sa main avant de l'inspecter en réprimant un gémissement plaintif, et découvrit de nombreuses écorchures au niveau de ses phalanges, ainsi que quelques bouts de peau qui s'étaient enlevés. Certaines éraflures saignaient et il se massa la main, espérant ainsi atténuer la douleur.
Jasper l'avait regardé tout ce temps sans rien dire, se doutant qu'il avait besoin de péter les plombs. Seulement là il commença à craindre qu'il ne fasse quelque chose de pire, et décida de se lever dans le but de le calmer.
« Edward écoute… » Dit-il en se rapprochant de lui.
« Ne me dis pas de me calmer Jasper ! » Tonna-t-il cinglant.
« Mais la tu es en train de… »
« La ferme ! » Plastronna-t-il. « La ferme et recule ! » Jasper le regarda soucieux et affligé.
« Edward… »
« J'ai dit recule ! » Fustigea-t-il avec fermeté, le faisant sursauter et reculer instinctivement.
Une fois que Jasper fut à une distance bien assez éloigné, Edward soupira pour contenir son énervement et se retourna vers l'arbre qu'il avait cogné à trois reprises. Il sortit son pistolet de la poche intérieure de sa veste, avant de le pointer droit devant le tronc d'arbre. Il avait gardé sa veste depuis qu'il avait décidé d'aller prendre l'air, après l'arrivée de Jasper. Et lorsqu'il était rentré à l'intérieur et qu'il avait surpris cette conversation entre Jasper et Bella, il n'avait pas vraiment pris soin de penser à la retirer.
Il visa le tronc d'arbre en ayant l'image de son père en tête, et tira sans ménagement, avec une rage non dissimulée. (N/Marie : A cette vision, je meurs… *dead*) Le bruit détonant de la balle percutant le tronc d'arbre alarma tous les pigeons et corbeaux aux alentours, et tous s'envolèrent avec précipitation et vivacité. Jasper regarda Edward ahuri.
« Mais t'es complètement malade ? ! » S'écria-t-il affolé. « Arrête ça tout de suite. »
Edward se tourna vers lui et pointa son pistolet dans sa direction.
« Tu préfèrerais que je m'en serve sur toi plutôt que sur ce putain de tronc d'arbre ? » Émit-il avec un ton menaçant, dénué de toute plaisanterie. Jasper déglutit lourdement, l'angoisse le gagnant petit à petit.
« N-non, m-mais… »
« Alors t'es gentil, boucle-là. » Coupa Edward sèchement en reportant son attention à nouveau sur le pauvre arbre innocent.
Il tira une seconde fois, en imaginant à nouveau son père à la place du tronc, puis une troisième fois en redoublant d'intensité et de détermination, puis une quatrième fois, sa fureur ne cessant d'augmenter, toujours avec frénésie, il tira une nouvelle fois, et ainsi de suite jusqu'à vider complètement son chargeur. À chaque balle tirée, l'image de son père en face de lui, se la prenant en plein entre les deux yeux, lui donnait une certaine jouissance et une envie incontrôlable de réitérer la même chose dans la réalité. Si seulement il pouvait le tuer de cette façon…
Après avoir grogné de frustration et insulté son revolver pour ne plus avoir de balle, il sortit de sa poche un boitier contenant sa réserve de balles, et les inséra dans son chargeur, avec impatience. Une fois le pistolet rechargé, il s'empressa de le pointer à nouveau face au tronc d'arbre, et tira un bon coup, avec toute la puissance dont il pouvait faire preuve. Il recommença, toujours avec autant de détermination et de volonté à vouloir faire agoniser son père de cette façon. Jamais Edward n'avait éprouvé une envie de meurtre de cette envergure. En réalité, jamais il n'avait eu la quelconque envie de meurtre tout court. Mais son père, ça oui, il voulait le tuer. Mais il se résignait, se disant qu'il gâcherait ainsi sa vie pour toujours, et que ce serait une fois de plus, de la faute de cet enfoiré. Il réprimait son envie folle d'aller chez lui maintenant, et de lui tirer une balle dans la tête. Non en fait, de lui tirer plusieurs balles dans la tête, tout un stock même.
Après s'être bien défoulé durant de longues minutes, se déchargeant de toute sa colère envers son paternel, envers Bella, et envers tout ce qui lui tombait dessus en ce moment, le chargeur de son revolver fut à nouveau vide et il abaissa son arme lentement le long de sa jambe, avant de pousser un profond soupir, fermant les yeux.
Les secondes passèrent, et il se calmait petit à petit. Jasper qui avait assisté à toute la scène sans dire un mot, parfois se cachant carrément les yeux, intervint une nouvelle fois.
« C'est bon ? Tu t'es assez défoulé ? Non parce que ce pauvre tronc d'arbre ne t'avait strictement rien fait. » Fit-il remarquer. Edward rouvrit les yeux et soupira une nouvelle fois.
« J'aurais juste aimé que ce soit mon père à la place de ce foutu arbre, mais bon on ne peut pas tout à avoir hein ? » Répliqua-t-il sarcastiquement. Jasper leva les yeux au ciel.
« Non en effet. Est-ce qu'on peut rentrer maintenant ? » Edward se tourna alors vers lui et fronça les sourcils.
« Je t'ai jamais forcé à rester avec moi je te signale. Si tu voulais rentrer t'avais qu'à le faire, ça ne m'aurait absolument pas dérangé. » Rétorqua-t-il froidement. Jasper sourit imperceptiblement.
« Et te laisser seul sans cet état ? Tu rêves, je ne suis pas inconscient. » Edward roula des yeux mais ne releva pas. « Sérieusement Edward, rentre. Maintenant que tu t'es bien déchargé et soulagé, t'as peut être envie d'aller retrouver Bella. » En entendant son nom, Edward se tendit, il sentit la colère remonter et secoua la tête.
« Non, j'ai pas envie de la voir. » Marmonna-t-il. Jasper le regarda sceptique.
« T'en es vraiment sûr de ça ? » Émit-il en arquant un sourcil suggestif.
Edward détourna le regard, toujours remonté. La vérité, c'était qu'il n'arriverait pas à la regarder en face s'il l'avait en face de lui. Pas après ce qu'il venait d'apprendre, pas après ce que son père lui avait fait. S'il avait eu honte tout à l'heure, à cause du chèque, ce n'était rien comparé à maintenant. Son père n'était pas un monstre, il était pire que ça. Et la seule chose qui le retenait de ne pas aller lui démonter la cervelle à l'heure qu'il est, était qu'il savait que ça ne résoudrait rien et que ça aggraverait encore plus les choses. D'autant plus que pour le moment, Carlisle était intouchable, hors d'atteinte, à moins d'être suicidaire. De plus, peut être que c'était justement ce qu'il attendait de lui. Peut être qu'il avait violenté Bella uniquement dans ce but, pour que lui perde le contrôle et commette l'irréparable. Carlisle était capable de tout pour arriver à ses fins. Mais il ne lui accorderait pas ce plaisir. Non, il n'irait pas le voir pour lui casser la figure ni pour l'abattre, bien que la tentation soit à son apogée. S'il se laissait aller à ses pulsions et ses envies de meurtre, il brisait sa vie, ainsi que celle de Bella. Et ça il ne le tolérait pas. Il allait devoir se contrôler avec la seule personne qu'il aurait vraiment voulue massacrer. Mais il n'avait pas uniquement honte de ce que son père avait fait, il avait également honte de lui, honte de faire vivre ça à Bella, dans un but purement égoïste. Car s'il n'était pas apparu dans la vie de Bella, s'il ne lui avait pas forcé à endurer tout ça pour être avec lui, jamais elle n'aurait subi autant de choses, jamais elle n'aurait connu une telle souffrance et de tels tourments, que tout ce qu'elle vivait au quotidien, depuis des semaines.
En y réfléchissant, il commença à se poser la question. Comment n'avait-il pas pu remarquer ce qui lui était arrivé aujourd'hui ? Il aurait dû le voir, il aurait dû se rendre compte que quelque chose n'allait pas. Était-il aveugle à ce point ? Était-il si inattentif ? Bella était la seule personne dont il se préoccupait jour et nuit. Alors pourquoi n'avait-il pas remarqué que qu'elle avait été brutalisée par son père ? Rien que d'y songer, il en avait la nausée et une envie irrépressible de cogner son père à sang, pour ne pas dire le tuer. En même temps, Bella n'avait vraiment rien laissé paraitre. Lorsqu'il était rentré, il l'avait vue en bonne compagnie avec son frère, le sourire aux lèvres. Elle avait vraiment fait comme si de rien n'était. Alors qu'elle aurait dû être bouleversée ou choquée par ce qu'il venait de lui arriver, elle, avait tout dissimulé et fait comme si tout allait bien, juste pour qu'il ne remarque rien. C'était bien ça le problème avec Bella. Elle ne se préoccupait que des autres, mais jamais d'elle. Et ça commençait à lui taper sur le système. Il aimerait bien que pour une fois, elle s'occupe d'elle et pense à son propre bien être. Si elle l'avait fait, elle ne serait pas allée voir son père aujourd'hui, dans l'unique but d'arranger les choses entre ses parents et lui. Non à la place elle serait sagement restée à la maison, trop peur de les affronter et de ce qu'il pourrait lui arriver. Mais non, Bella était têtue, aussi têtue que lui, si ce n'est plus. Et elle ne pouvait s'empêcher de foncer la tête baissée dans tout et n'importe quoi, sans penser aux conséquences. Et là il commença à s'inquiéter, à se demander comment elle allait, si elle n'était pas traumatisée, car beaucoup de femmes le seraient à sa place. Il s'inquiéta de savoir si elle avait toujours mal, d'après ce que Jasper lui avait dit, Carlisle y était vraiment allé fort avec elle. Est-ce qu'elle souffrait ? Est-ce qu'elle avait pleuré ?
L'idée que Bella puisse être dans un état déboussolé, malmenée, complètement perdue et en train de souffrir, lui donna envie de cogner à nouveau contre le tronc d'arbre. Sauf que cette fois, il se retint, voyant l'état déjà bien amoché de sa pauvre main. Même s'il l'avait vue tout à l'heure, qu'elle avait l'air d'aller parfaitement bien, il n'était pas au courant de ce qu'il s'était réellement passé aujourd'hui, de ce que son père avait réellement fait. À présent qu'il était au courant, il avait besoin de s'assurer qu'elle allait bien, qu'elle ne refermait pas toute sa douleur au fond d'elle, dans le but de le ménager. Car c'est ce qu'elle fait depuis toujours, le ménager. Autant que lui, essaye de la ménager à longueur de temps. Mais il était hors de question qu'il ne reste à l'écart plus longtemps. Pas question pour lui d'être ménagé.
Il se tourna alors vers Jasper et d'un air décidé, hocha la tête.
« T'as raison, on rentre. » Déclara-t-il avec aplomb. Jasper soupira de soulagement.
« Pas trop tôt. » S'exclama-t-il.
Edward leva les yeux au ciel, mais ne releva pas. Il se détourna, et prit la direction de la sortie de la forêt vers la maison, sans attendre le pauvre Jasper.
« Eh Edward ! » Appela-t-il en le rattrapant. Celui-ci se tourna vers le blond d'un air impatient.
« Quoi ? » Râla-t-il. Jasper le regarda avec sérieux.
« Évite de laisser Bella y retourner. C'est dangereux pour elle d'aller là bas. » Conseilla-t-il. Le visage d'Edward se décomposa soudainement et il regarda Jasper avec une folle envie d'encastrer sa tête contre un mur ou un tronc d'arbre.
« Parce que tu crois qu'après tout ça, j'allais encore l'autoriser à se rendre là bas ? » Fit-il outré, sur la défensive. « Je te signale que je ne l'ai jamais autorisée à s'y rendre une seule fois ! »
« Je sais… je disais juste ça pour que tu fasses attention, c'est tout. » Se défendit Jasper.
« Parfait, maintenant tais-toi et laisse-moi rentrer tranquillement. » Coupa-t-il court toute conversation.
Il marcha en direction de la maison, Jasper sur ses talons. La vérité, était qu'Edward était énervé contre Jasper, non pas parce qu'il l'avait offensé, mais parce qu'il avait visé juste. Edward n'avait pas prêté jusque là, assez d'attention à Bella. Il pensait qu'il se préoccupait assez d'elle, étant donné qu'elle ne quittait pas ses pensées à chaque instant de la journée. Elle était constamment présente dans sa tête et son esprit. Tout ce à quoi il pensait à longueur de temps, c'était elle, à savoir comment elle allait ou ce qu'elle faisait. Et malgré tout ça, il avait quand même échoué et n'avait pas été assez attentif et à son écoute. Mais que devait-il faire ? Redoubler d'effort ? Ce ne serait donc jamais assez ? Il n'arriverait jamais à s'occuper d'elle et à la protéger. Il n'avait pas été là lorsque Tanya s'en était prise à elle lors du réveillon de Noël, ni lorsque sa mère l'avait menacée, il n'avait pas été lorsqu'Emmett avait levé la main sur elle, il n'avait pas été là pour l'empêcher d'aller voir Carlisle, et n'avait pas été là lorsque ce dernier l'avait maltraitée. Il n'était jamais là, il ratait tout et à chaque fois, il arrivait après.
La constatation s'imposa à lui d'emblée : Il n'était pas digne d'elle. Il ne le serait jamais, peut importe tous les efforts qu'il mettrait. Jamais, Edward Cullen ne serait digne de Bella Swan. (N/Marie : Edward Cullen le torturé, le retour)
Et cette conclusion le toucha en plein cœur, comme un énorme coup de poignard en plein dans les entrailles. Si son cœur saignait en une hémorragie impossible à arrêter, il tenta de ne pas le montrer. Pour l'heure, la seule chose qui le préoccupait était l'état de Bella. Il avait besoin de s'assurer qu'elle n'était pas dans un piteux état. Et puis, qu'est-ce qu'il lui avait pris de s'en aller comme ça, en lui parlant aussi mal ? Il avait dû la faire souffrir encore plus en agissant ainsi. Décidément, il faisait toujours tout de travers.
Une fois arrivés à la maison, ils purent constater que tout était noir, les lumières éteintes. Edward laissa Jasper dans le salon et monta les escaliers, sans un un bonne nuit pour son ami. Il ouvrit la porte de la chambre de Bella délicatement, et eut la surprise de découvrir Rosalie assise sur le lit, tandis que Bella était allongée à coté d'elle, l'ai de dormir. Rosalie le regarda avec embarras et se leva du lit, tandis qu'Edward avait les sourcils froncés. Aux dernières nouvelles, Bella et Rosalie n'étaient pas de grandes copines…
« Elle a mis du temps avant de s'endormir. » Murmura-t-elle. Edward hocha la tête, avant de jeter un coup d'œil à Bella. Un sourire naquit au coin de ses lèvres, lorsqu'il se rendit compte que Bella ne dormait pas du tout. Elle faisait semblant, probablement parce qu'elle n'avait pas envie de l'affronter.
« Merci d'avoir veillé sur elle en mon absence » Fit-il reconnaissant.
« Pas de quoi. » Sourit-elle. Elle prit la direction de la porte. « Bonne nuit. » Salua-t-elle en sortant de la chambre, refermant la porte derrière elle.
oO"All we are"Oo – OneRepublic
Edward se tourna vers Bella, qui faisait toujours semblant de dormir. Après sa discussion avec Rosalie, elle avait éprouvé ce besoin de ne plus la voir, ni de lui parler. Elle n'y pouvait rien, mais elle avait toujours ce sentiment de nausée lorsqu'elle pensait, ou parlait à Rosalie. Elle essayait pourtant. Pour son frère, elle essayait, et elle arrivait même à l'apprécier… Un peu… un tout petit peu… vraiment minuscule. Elle avait donc fait croire à Rosalie qu'elle s'était endormie, pour que celle-ci s'en aille. Un jour elle n'éprouverait plus aucun ressenti pour elle, et elle pourrait pleinement l'apprécier et la considérer comme un membre à part entière de la famille, si sa relation avec Emmett venait à durer. Mais pour l'heure, il était encore trop tôt pour qu'elle joue les confidentes avec elle. Il était trop tôt pour qu'elle puisse apprécier sa compagnie, sans éprouver ce petit quelque chose dans la poitrine, comme un pincement au cœur. Elle faisait aussi semblant de dormir car elle attendait avec impatience le retour d'Edward. Et quand celui-ci est revenu, elle espérait soit, qu'il ne remarque rien et qu'ils puissent s'endormir en oubliant cette journée catastrophique et déplorable, soit qu'il sache qu'elle est réveillée, mais qu'il soit calmé et qu'il accepte de lui pardonner.
Le connaissant, elle se doutait fortement qu'il avait deviné qu'elle ne dormait pas. Le tout était de savoir s'il était toujours en colère ou pas.
Edward se déshabilla, enfila un jogging qui se trouvait dans son sac et se passa une main sur le visage pour prendre son courage à deux mains. Il se dirigea vers le lit et se mit à l'intérieur de la couverture, à coté de Bella qui lui tournait le dos, les yeux fermés, la respiration irrégulière. Trop rapide pour une personne qui est sensée être endormie…
Il se tourna vers elle, les sourcils froncés. Il ignorait comment s'y prendre. Elle avait l'air d'avoir subi beaucoup de choses aujourd'hui. Trop pour une seule personne, trop pour qu'il ne puisse supporter de la voir supporter tout ça sans rien faire. Alors instinctivement, il se rapprocha d'elle, collant son torse contre son dos, puis passa un bras autour d'elle, recouvrant son propre bras à elle. Le cœur de Bella se mit à battre plus fort et plus rapidement, sa respiration accéléra, effet que lui provoquait cette proximité. Elle en était habituée depuis le temps, donc elle ne s'étonna pas de la réaction qu'il avait provoquée chez elle. Quoi que… en y réfléchissant non, Bella n'arriverait jamais à s'y habituer. (N/Marie : On ne s'habitue pas à Edward Cullen ^^)
Il nicha sa tête dans son cou et l'embrassa doucement à cet endroit, déclenchant ainsi quelques frissons venant d'elle. Elle soupira d'aise, tandis qu'il laissait trainer ses lèvres sur sa peau douce.
« Pardon. » Susurra-t-il, sans jamais décoller ses lèvres de son cou.
Il ignorait pourquoi il s'excusait. Sans doute pour avoir élevé la voix sur elle de cette façon, alors qu'elle avait eue droit à une journée invivable. Sans savoir pourquoi, il avait besoin de lui demander pardon, de lui demander pardon pour tout. Pour tout ce qu'il lui a fait subir jusqu'à maintenant. Pardon pour son père qui s'est comporté comme un vrai monstre, pardon pour l'emprisonnement de son père et son frère, pardon pour toutes les tuiles qui lui sont tombées dessus en même temps, pardon pour tout ce que leur relation a entraînée, et qui était sans aucun doute de sa faute à lui.
Bella sourit inconsciemment, en se rappelant les paroles de Rosalie, qui lui avait assurée que la première chose qu'il ferait serait de s'excuser. Elle se demandait pourquoi il était désolé alors que c'était elle qui était en faute pour lui avoir menti autant. Mais elle ne put s'empêcher d'être heureuse et soulagée que Rosalie ait eu raison. Elle décida de se manifester, ne pouvant plus attendre de se retrouver proche de lui. Elle se retourna, lui faisant face avec des yeux débordants d'inquiétude. Leurs visages n'étaient qu'à quelques millimètres l'un de l'autre, leurs nez se frôlaient, et ils se regardaient profondément, dans le blanc des yeux, malgré la pénombre de la nuit qui alimentait la pièce. Sans attendre une seconde, elle avança sa tête et embrassa ses lèvres avec urgence.
Il poussa un soupir de bien être tandis qu'elle passait sa main dans ses cheveux, tirant sa tête vers elle pour le rapprocher d'elle. Il la serra contre lui, avant d'effleurer sa lèvre inférieure, du bout de sa langue. Elle ouvrit la bouche, leurs langues se soudèrent, et un sourire naquit sur les lèvres de Bella. Il se rapprocha d'elle plus encore, frustré et éprouvant la sensation de n'être jamais assez proche d'elle, comme si ce ne serait jamais suffisant. Il finit par se déplacer et la surplomber, se collant à elle autant qu'il le pouvait, sa main gauche caressait sa joue avec dévotion. Elle passa son deuxième bras dans ses cheveux, fourrageant dans ses cheveux, décuplant de plus en plus son envie de le rapprocher d'elle, de le serrer et de ne plus jamais le laisser partir. À bout de souffle, ils finirent par se séparer, et il posa son front contre le sien, reprenant sa respiration bruyamment, si bien que Bella pouvait sentir son souffle lui chatouiller le visage, tandis qu'elle respirait de la même façon.
« J'en peux plus Bella. » Murmura-t-il torturé. Elle soupira.
« Moi non plus. » Avoua-t-elle en fermant les yeux.
« Ne peut-on pas passer une journée normale, ou une soirée normale ? Rien qu'un jour… rien qu'une nuit. » Termina-t-il dans un souffle.
Bella rouvrit les yeux, le regardant tristement. Depuis combien de temps n'avaient-ils pas été proches physiquement ? Le dernier rapport qu'ils avaient eu remontait à la veille, mais il n'avait été qu'un défouloir. Edward s'était seulement servi de Bella pour se décharger, et même si elle avait aimé ça – plus qu'elle ne l'aurait dû par ailleurs – pour elle il ne comptait pas comme un véritable moment d'intimité, un moment rien qu'à eux, sans problème, sans tourment… Depuis combien de temps n'avaient-ils pas tout simplement fait l'amour comme n'importe quel couple normal ?
Elle lui prit la main qui était posée sur sa taille, et l'entrelaça avec la sienne, entremêlant leurs doigts. Elle lui fit un léger sourire, avant d'amener leurs mains entrelacées à ses lèvres, avant d'embrasser le dos de sa main. Puis elle fronça les sourcils, lorsqu'elle se rendit compte que sa peau n'était pas vraiment lisse. Elle éloigna sa main de son visage et la regarda avec étonnement. Dans l'obscurité, elle distingua des éraflures ainsi que quelques entailles qui la firent ouvrir la bouche d'incrédulité.
« Mais qu'est-ce que tu fais à la main ? » S'exclama-t-elle horrifiée.
Il baissa le regard avec gêne.
« Euh… ouais… disons que… tout à l'heure j'ai… cogné dans un arbre. » Termina-t-il honteusement, et embarrassé. Bella le regarda surprise, avant de se mettre à rire.
« T'es complètement fou. » Soupira-t-elle avec un sourire amusé sur le visage.
Il lui fit un sourire penaud, se trouvant lui aussi idiot en y repensant.
« La colère nous pousse parfois à faire beaucoup de choses idiotes. » Se défendit-il. Elle le regarda dans les yeux avec un sérieux qui le déconcerta.
« J'ai entendu des coups de feu provenant de la forêt. C'était toi n'est-ce pas ? » Devina-t-elle anxieuse. Il hocha la tête.
« J'ai… euh… j'avais trop mal à la main pour continuer à cogner l'arbre alors euh… ouais. » Fit-il mal à l'aise, ennuyé de cet aveu. Bella ne put réprimer son inquiétude.
« Mais pourquoi ? Cet arbre t'avait fait quelque chose pour que tu le cognes et lui tires dessus ? » Demanda-t-elle soucieuse. Elle se faisait vraiment du souci pour lui, surtout vu le nombre de tirs qu'elle avait entendus.
« Non. » Réfuta-t-il déconfit. « C'est juste que j'imaginais… »
Il s'arrêta, se rappelant soudainement la raison de sa colère et sa rage dans la forêt. Il avait imaginé son père à la place de cet arbre, après avoir appris qu'il avait… fait du mal à Bella. Rien que le penser dans sa tête, c'était douloureux pour lui. Il n'arrivait pas à l'encaisser, ni à le croire. Et il avait beau s'être défoulé à fond tout à l'heure, y repenser à cet instant refit monter sa haine et sa fureur à la surface. Bella qui avait remarqué son changement d'humeur le regarda déboussolée et alarmée.
« Tu imaginais quoi ? Quelqu'un ? Moi ? » Supposa-t-elle douloureusement, tellement ça lui faisait du mal d'y songer.
« Non ! » S'empressa-t-il de répondre, affolé de voir qu'elle puisse penser ça. « Bien sûr que non je… tu crois vraiment que j'aurais envie de te tuer ? »
Bella baissa les yeux vers sa main éraflée et abimée qu'elle tenait toujours dans l'étau de la sienne.
« Ben… tu es vraiment parti énervé tout à l'heure alors… »
Edward ouvrit de grands yeux, abasourdi. Encore une fois, il faisait tout de travers. Il était parti en la laissant penser que c'était après elle qu'il en voulait, ce qui était complètement faux.
« Bella, je n'étais pas énervé contre toi. Enfin si, je t'en veux pour être allée là bas et pour m'avoir menti mais… de toute façon j'ai l'habitude que tu fasses n'importe quoi et agisses toujours sans réfléchir. »
Bella lui fit les gros yeux, ce qui le fit presque rire.
« Dans ce cas pourquoi… » Elle laissa trainer sa phrase en suspend, sachant très bien qu'il comprenait ce qu'elle voulait dire.
Il la regarda tristement, avec une profonde culpabilité. Des images de son père en train de la malmener, de la faire souffrir, lui parvinrent jusque dans son cerveau. Il se tendit, sa mâchoire se contracta et ses yeux assombrirent soudainement, tandis qu'il avait une vision de Bella, souffrant le martyr, des larmes coulant au coin des yeux, et encerclée par son salaud de père. Automatiquement son regard dériva vers sa poitrine, et il prit sur lui pour ne pas perdre le contrôle à nouveau et s'emporter. Il voyait son père appuyer sur sa cage thoracique, l'empêchant de respirer, il la voyait elle l'implorer de la lâcher, il n'avait jamais autant eu envie de vomir de toute sa vie. Une douleur dans l'intestin le prit, tandis que ses visions dévastatrices refusaient de s'en aller de sa tête. Imaginer Bella dans un état aussi vulnérable, imaginer quelqu'un poser ses mains sur elle de cette façon, imaginer que ce quelqu'un soit son père…
Plus que jamais il était dégouté de ses liens familiaux, plus que jamais il avait honte de son paternel, plus que jamais il était torturé de voir la femme qu'il aimait subir ça, sans le montrer, sans le dire, sans qu'il ne l'ait remarqué lui-même. Il n'arrivait même pas à croire qu'elle garde ça pour elle, qu'elle fasse comme si de rien n'était, pour ne pas qu'on la plaigne, ni qu'on la défende. Une chose était sûre, Bella était peut être très émotive, plus sensible que la normale, et pleurait souvent, mais à l'intérieur, elle était forte. Jamais il n'aurait cru qu'elle soit aussi forte, pour accepter d'endurer ce qu'elle vit pour être avec lui, ou pour ne rien dire à personne juste pour l'épargner parce qu'elle savait que ça le torturerait s'il l'apprenait. Bella était une femme forte et dans le fond, c'est ce qu'il appréciait chez elle. Sauf lorsqu'elle se renfermait et dissimulait des évènements comme celui d'aujourd'hui.
Bella le regarda inquiète et affolée, devant son mutisme, ses traits durcis et ses yeux sombres.
« Edward ? » L'appela-t-elle tracassée.
Elle sentait qu'il n'était plus avec elle, qu'il était ailleurs, en pleins tourments, et ça la rongeait de l'intérieur de le voir aussi désemparé, sans savoir pourquoi. Elle détestait le voir ainsi, ça la détruisait intérieurement. Elle prit son visage en coupe dans ses mains, espérant le ramener au moment présent, et lui faire oublier ce qui le perturbait.
« Edward qu'y-a-t-il ? » Rappela-t-elle une nouvelle fois, toujours aussi angoissée et anxieuse.
Edward fronça les sourcils et cligna des yeux, avant de regarder Bella d'un air déboussolé et désorienté. Il tenta de réfréner les images de son père qui lui venaient, pour se concentrer sur elle, qui le regardait ébranlée et suppliante. Il ôta sa main écorchée de la sienne et la posa à plat, sur sa poitrine qui n'était pas couverte par son débardeur, la caressant avec une infime douceur, comme s'il essayait de détecter la moindre douleur qu'elle pouvait ressentir. Il plongea son regard perdu dans les yeux inquiets de Bella.
« Bella… » Murmura-t-il faiblement. Elle retint sa respiration, tandis qu'il cherchait ses mots et la regardait avec un air tourmenté sur le visage. « Est-ce que tu vas bien ? » Demanda-t-il avec un air de supplicié sur le visage.
Bella resta déconfite et incertaine. Elle n'arrivait pas à comprendre ce qu'il lui prenait et ce qui le tracassait autant. Edward lui, avait toujours la main sur sa poitrine, se répétant inlassablement dans sa tête que son père avait osé poser ses mains sur cette partie de son corps, et la brutaliser, elle, une fille aussi fragile. Il avait besoin de l'entendre dire qu'elle allait bien, qu'elle n'avait pas mal, car s'il s'avérait qu'elle souffrait, il était sûr qu'il ne pourrait pas tenir ses résolutions et qu'il irait voir son père directement pour le tuer.
En voyant à quel point Edward était sérieux, elle hocha la tête, même en ignorant pourquoi il lui demandait ça.
« Oui… ça va. » Répondit-elle sans cacher son déroutement.
Comme pour le rassurer, elle avança son visage vers le sien et lui donna un tendre baiser sur les lèvres, avant de le regarder, chagrinée. Il lui fit un maigre sourire, soulagé qu'elle lui réponde par l'affirmatif. Il l'aurait su, si elle lui avait menti. Il la connait par cœur. Mais là elle ne mentait pas, elle disait la vérité. Elle ne ressentait aucune douleur. Du moins aucune douleur physique. Il ne voulut pas lui dire qu'il savait. Il savait que s'il lui disait qu'il était au courant pour la perte de contrôle de Carlisle, une dispute aurait lieu. L'heure n'était pas aux disputes mais aux réconciliations, et très honnêtement, il en avait assez de toujours avoir une querelle avec elle. À chaque fois, ça le tuait parce qu'il ne le supportait pas. Alors il se tairait et garderait le silence. Elle faisait comme si de rien n'était, il faisait comme si de rien n'était, et c'était parfait. L'essentiel était qu'au final, il le savait.
Il soupira avant de poser sa tête sur sa poitrine, et de tendre l'oreille pour écouter les battements de son petit cœur fragile, qui apparemment battait la chamade. Bella ne bougea pas et savoura cette proximité. Elle ne comprenait strictement rien à ce qui venait de se passer à l'instant, mais elle ne se posa pas de question. Elle savait qu'il ne lui répondrait pas si elle le lui demandait, donc elle abandonna l'idée de se creuser la tête pour rien. Elle lui caressa affectueusement les cheveux, ne se lassant pas de passer la main dedans. Il ferma les yeux, et laissa les minutes s'écouler lentement. Les battements de cœur de Bella étaient comme une berceuse pour ses oreilles, le plus beau son qui existe. Il aurait pu s'endormir comme ça, s'il n'avait pas pensé au fait qu'il était trop lourd pour reposer tout son poids sur elle.
« Bella ? » Appela-t-il au bout de quelques minutes de silence apaisant.
« Oui ? » Elle continuait à lui caresser les cheveux car ça l'apaisait d'une manière étonnante de le faire. Pourquoi faire du yoga quand on peut caresser les cheveux d'Edward Cullen ? (N/Marie : Tout à fait d'accord !)
Il prit une profonde inspiration avant de lui poser la question qui lui brulait les lèvres.
« Qu'est-ce que tu as fait lorsque mon père t'as proposée ce chèque ? » Bella ouvrit la bouche d'étonnement.
« Sérieusement ? » S'offusqua-t-elle. « Tu es sérieusement en train de me le demander ? » Il soupira.
« Réponds à ma question Bella. » Elle fronça les sourcils.
« Je l'ai déchiré. Ça te va ? » S'énerva-t-elle, à la fois vexée et blessée qu'il ose lui poser la question. Edward eut un léger sourire sur ses lèvres, soulagé de l'entendre le dire.
« Mais… tu n'as vraiment pas hésité ? » Risqua-t-il, effrayé d'entendre la réponse.
« Pas une seule seconde. » Murmura-t-elle.
Il releva soudainement la tête de sa poitrine pour la regarder avec sérieux.
« Vraiment ? Tu es sûre parce qu'un chèque sans montant venant de Carlisle Cullen, ça fait vraiment beaucoup d'argent tu sais, nombreux sont les gens qui rêvent d'être à ta place. Tu aurais pu demander un milliard, et encore je suis gentil. Tu aurais pu… avoir tout ce que tu voulais… »
« Mais je ne veux que toi. » Souffla-t-elle, une main sur sa joue, les yeux profondément ancrés dans les siens et le regardant avec une sincérité sans égal. Le cœur d'Edward se mit à rater un battement en entendant ces mots, mais il continua, tentant de réfréner son envie désespérée de l'embrasser.
« Tu aurais pu devenir millionnaire, ou même milliardaire. »
Bella soupira avant de se relever et de s'asseoir sur le lit, le forçant à se reculer et s'asseoir à son tour. Elle posa ses mains à plat sur son torse découvert, ignorant au passage les frissons qui la parcoururent, ainsi que les décharges électriques qui faisaient grimper son désir en flèche. Elle le regarda dans les yeux, tandis qu'il avait l'air perdu.
« J'admets que j'ai réfléchi, pesé le pour et le contre, à l'option qui se trouvait devant moi. Mais je n'ai jamais hésité quant au choix que j'allais faire. Parce que… un milliard ça fait peut être beaucoup, même vraiment beaucoup d'argent… mais Edward tu vaux beaucoup plus qu'un milliard, ou que n'importe quelle somme qu'on me proposera. »
Elle fit monter ses mains vers son cou et les enroula autour de sa nuque, se rapprochant de lui intentionnellement, tandis qu'il avait la bouche légèrement entrouverte.
« Bella… »
« N'essaie pas de me contredire. » Le coupa-t-elle, ayant deviné qu'il allait se dénigrer une fois de plus, ce qui le fit sourire. « Je dis la vérité. Si j'avais pris ce chèque… j'aurais sauvé ma famille avec ça… mais je me serais détruite. Je sais que… je suis égoïste. » Elle baissa les yeux, honteuse. « Je ne fais que penser à moi, à mon propre bonheur… je m'en veux pour ça. » Une larme coula le long de sa joue, à mesure qu'elle pensait au malheur de sa famille, à tout ce qu'ils subissaient, uniquement à cause de son égoïsme. « Je te jure que je m'en veux… »
Il prit son menton d'une main et le releva pour qu'elle le regarde. Il essuya sa larme avec son pouce, avant que les yeux de Bella ne finissent par s'embuer totalement. Une nouvelle larme s'écoula à nouveau, puis une autre, et encore une autre, qu'il s'empressa de balayer avec une infime douceur, souffrant de la voir ainsi. Il maintint son visage fermement, ses pouces placés sous ses yeux, au cas où de nouvelles larmes feraient leur apparition, puis il effleura doucement ses lèvres avec une telle légèreté, comme si elles étaient faites de porcelaine. Bella n'osait pas bouger, complètement hypnotisée et incapable de réagir. Il se recula pour la regarder, tandis qu'elle était déboussolée et sur le point de pleurer.
Désireux d'effacer sa peine au plus vite, il finit par écraser ses lèvres sur les siennes avec passion. Une passion revigorante qui la tint hors d'haleine, si bien qu'elle en eut le souffle coupé. Sans s'en rendre compte, ses lèvres bougeaient inconsciemment, suivant la cadence des siennes, rendant ce baiser plus ardant. Les secondes passaient, l'amour qu'il essayait de lui transmettre à travers son geste la consumait, si bien que de nouveaux sanglots s'emparèrent d'elle, et que les pouces d'Edward recueillirent de nouvelles larmes. Elle avait honte, tellement honte d'elle-même, que ça la bouffait de l'intérieur. Honte de l'amour qu'il lui portait, honte de l'égoïsme dont elle faisait preuve. Elle aurait dû accepter ce chèque, pour lui rendre sa liberté et sa vie, pour sauver ses proches, pour le bien de tout le monde. Mais elle ne l'avait pas fait, et même maintenant si on le lui proposait à nouveau, elle ne le prendrait pas. Elle en était incapable. Elle donnerait tout. Tout mais pas lui. Ce serait comme si on lui ôtait son âme. Comme si on lui prenait son air, son oxygène, et qu'on la laissait là, en train de s'asphyxier, sans aucun moyen de l'aider. Elle ne méritait pas l'amour qu'il lui portait, et c'était ce qui lui faisait le plus mal, c'était ce qui lui donnait envie de pleurer à cet instant, la raison de ses larmes…
Plus il l'embrassait avec vénération, plus elle pleurait, ce qui le faisait redoubler d'effort contre ses lèvres.
Voyant que l'embrasser ne faisait qu'empirer les choses et redoubler ses pleurs, il se stoppa, éloigna sa tête et la regarda avec des yeux étonnés, presque abattus de la voir dans un tel état. Il commençait même à regretter son geste, de l'avoir embrassée. Ça la détruisait plus que ça ne la réparait. Les yeux encore plus embués de Bella le regardaient avec un sentiment de pure culpabilité. Le voir blessé comme ça, la rendit encore plus honteuse d'elle-même. Elle se sentait d'autant plus monstrueuse. Monstrueuse pour lui infliger autant de tourments alors qu'elle aurait dû le laisser tranquille. Et puis elle réalisa que le fait qu'il ait arrêté de l'embrasser lui avait coupé l'air, comme si l'embrasser était son seul moyen de respirer. Elle se trouvait dans un océan, à la place de l'eau, c'était une multitude de problèmes et de tourments qui la noyaient. Elle coulait, lentement, progressivement. Et l'embrasser était son seul moyen pour elle de remonter à la surface, son unique bouée de sauvetage, susceptible de la ramener sur la Terre ferme. Il fallait qu'elle l'embrasse si elle voulait survivre. En voyant le regard d'Edward décontenancé et dérouté, Bella ne put supporter de couler plus longtemps, et décida de remonter à la surface. Elle se jeta sur ses lèvres avec ardeur, et l'embrassa avec toute la ferveur dont elle était capable.
« Embrasse-moi. » Murmura-t-elle contre ses lèvres. « Je t'en supplie, embrasse-moi. »
Elle ne lui laissait pas le temps de répliquer qu'elle s'emparait de ses lèvres à nouveau, le prenant complètement au dépourvu. Il faillit rire en se disant que c'était elle qui l'embrassait alors qu'elle le suppliait de le faire, mais se retint en se rendant compte de son état de détresse. Elle était perdue, il le voyait. Et il était perdu lui aussi. Ils se perdaient mutuellement, s'enfonçant dans un labyrinthe dont ils n'arrivent pas à sortir. Les mains de Bella fourrageaient dans ses cheveux, collant son visage au sien, autant qu'elle le pouvait. Edward se résignait à essuyer toutes les larmes que Bella versait, à mesure qu'elle l'embrassait éperdument, sans s'arrêter de pleurer. Elle ouvrit la bouche, désireuse de plus de passion, beaucoup plus, toujours plus… comme si sa vie en dépendait. Il vint à la rencontre de sa langue, jouant avec la sienne, la température dans la pièce monta d'un cran. Leurs lèvres bougeaient avec force, tellement que ça en était presque douloureux. Comprenant qu'il n'arriverait jamais à venir à bout de toutes les larmes et qu'elle n'avait pas l'intention d'arrêter de pleurer, Edward abandonna et passa ses mains dans son dos, la rapprochant de lui au maximum.
Sentir le torse nu d'Edward contre son corps réveilla en elle des pulsions qu'elle ne put contrôler. Son corps réagit instinctivement, ses seins se durcirent, la chaleur en elle montait progressivement et s'amplifiait, se décuplait. Dans un élan de fougue, elle l'embrassa plus fiévreusement, ne pouvant réfréner son désir de lui. Elle avait besoin qu'il l'aime, qu'il lui montre qu'il l'aime, qu'il lui prouve qu'il l'aime… car à l'heure actuelle, elle en doutait. Elle ne savait plus rien, paumée dans un tourbillon. Elle voulait avoir la certitude que son amour pour elle ne s'était pas envolé, qu'il n'avait pas faibli après tout ce temps. Edward qui était dans le même état qu'elle, la fit se rallonger, avant de presser son corps contre le sien, sans jamais rompre leur baiser enflammé. Il fit glisser ses mains sur sa fine taille, tandis qu'elle le décoiffait toujours, maintenant fermement sa tête de sorte à ce qu'il ne puisse pas se reculer. Elle versa de nouvelles larmes, tellement le désir qu'elle éprouvait était insupportable. Elle le voulait tellement, en avait tant besoin, qu'elle en souffrait, elle avait l'impression que c'était susceptible de la tuer, car chaque seconde passée où il n'était pas ancré en elle l'empêchait de respirer.
À bout de souffle, la bouche d'Edward quitta ses lèvres pour sa mâchoire, l'embrassant tendrement et descendant vers son cou lentement, tandis qu'elle fermait les yeux, humidifiant ainsi ses cils à cause des larmes. Il dirigea sa bouche vers sa poitrine, embrassant sa peau découverte avec une tendresse infinie. Puis il releva la tête vers elle et la regarda, ne comprenant pas sa réaction. Il caressa son visage larmoyant, passant ses pouces sous ses yeux, se retenant de ne pas péter un plomb devant une telle détresse qui le déstabilisait.
« Bella qu'est-ce que tu as ? » Murmura-t-il déchiré. Elle secoua la tête, rendant ainsi ses yeux plus humides.
« J'ai besoin de toi. » Sanglota-t-elle faiblement. Il fronça les sourcils, accablé de la voir ainsi.
« Mais tu… »
« S'il te plait. » Le coupa-t-elle d'une voix brisée. « J'ai besoin… que tu m'aimes. »
À cet instant il comprit qu'elle était aussi perdue que lui. Il comprit qu'elle était dans le même état de trouble, d'incertitude, de bouleversement, de déséquilibre, mais surtout… de manque. Elle avait besoin de se raccrocher à la seule chose qui la faisait encore tenir et ne pas perdre pied, l'amour d'Edward. Cette constatation en tête, il ne put lui refuser ce qu'elle voulait, dans la mesure où il avait ce même besoin affectif, ce besoin d'amour qui le bouffait de l'intérieur et le détruisait. Il l'embrassa sur les lèvres, espérant vainement qu'elle finirait par arrêter de pleurer, en vain. Il ne chercha plus à comprendre et répondit à ses attentes. Sa main sur sa taille descendit le long de sa cuisse, abaissant lentement son short, qui faisait office de bas de pyjama. Il caressa sa jambes avec tendresse, jusqu'à arriver à sa cuisse qu'il empoigna pour lui faire plier la jambe, dans le but de se coller à elle davantage. Bella étouffa un sanglot, tout en soupirant de bien être.
Il releva la tête une nouvelle fois, la regardant profondément. Elle le regardait de la même façon, avec des yeux larmoyants. Doucement, très doucement, il remonta les pans de son débardeur de ses deux mains, dévoilant son nombril, avant de remonter plus haut, toujours avec une lenteur infime. Il découvrit sa poitrine, remontant le vêtement au-dessus de son soutien-gorge, sans la quitter des yeux. Les bras de Bella quittèrent la nuque d'Edward pour s'allonger à plat sur l'oreiller, tendus au-dessus de sa tête, afin de l'aider à la déshabiller. Délicatement, il releva son débardeur, le passa par la tête, avant de le lui retirer entièrement, alors qu'elle le regardait toujours, qu'elle le désirait toujours, et que ses larmes ne cessaient pas de couler. Il plongea vers son cou, embrassant chaque parcelle de peau à proximité de sa bouche, elle gémit les yeux clos.
Ses mains effleurèrent ses seins par-dessus le tissu de son sous-vêtement, ce qui la fit arquer le dos involontairement, provoquant des effusions dans son bas-ventre, et même dans tout l'intérieur de son corps. Il profita du fait que son dos s'était décollé du lit pour défaire l'agrafe de son soutien-gorge dans son dos, pour ainsi le lui ôter. Aussitôt qu'elle se retrouva nue, exposée à sa vue, ses paumes de mains s'écrasèrent sur chacun de ses seins, la faisant pousser un cri d'excitation. Il pressa ses mamelons fermement, avec application, tandis qu'elle se pinçait les lèvres pour ne pas gémir, et que sa vue se brouillait. Ses pouces effectuaient des cercles autour de ses tétons durcis, les titillant avec douceur, et déclenchant chez elle une multitude de spasmes incontrôlés. La respiration de Bella était erratique, forte, bruyante, reproduction exacte de son excitation et de son désir pour lui, qui étaient à leur summum. L'une de ses mains quitta son mamelon, qui fut remplacé par sa bouche. Il embrassa d'abord la pointe de son téton durci, avant de le mordiller avec déchainement. Le dos de Bella se cambra, et un gémissement s'échappa de sa gorge, ainsi que plusieurs larmes de ses yeux. Elle aurait tellement voulu réprimer ses sanglots, mais elle n'y parvenait pas. Plus elle prenait du plaisir, plus elle voulait pleurer.
Il était conscient de son état sanglotant, et ça le tuait intérieurement, seulement il essayait d'en faire abstraction et espérait qu'au final, toutes les caresses qu'il lui procurait, finiraient par la faire cesser de pleurer. Sa main qui empoignait son sein se mit à le presser durement et le malaxer, tandis que sa bouche suçait le second, toujours plus avidement. Bella rejeta la tête en arrière, ses mains agrippant ses cheveux, de sorte à ce que sa tête ne s'éloigne pas de sa poitrine. Sans qu'elle ne le réalise, il avait inversé. Sa bouche s'était emparée de son deuxième mamelon et il avait empoigné celui que sa bouche avait délaissé.
La main de Bella qui ne s'était pas réfugiée dans la tignasse cuivrée d'Edward serra machinalement le drap à coté d'elle, se mordant la lèvre pour ne pas crier. Avec son père qui dormait dans une des chambres à coté, mieux valait rester silencieux. De nouvelles larmes se répandirent de ses yeux, descendant sur ses joues lentement. Elle avait honte d'éprouver un tel plaisir quand toutes les personnes à coté d'elle souffraient. Il léchait son sein, toujours avec passion, tout en administrant un massage à l'autre, les rendant plus durs que jamais. Bella n'en pouvait plus, elle était à bout de souffle, elle avait un tel besoin de le sentir en elle à cet instant, qu'elle était sur le point de se consumer entièrement, de s'embraser tellement la chaleur dans son corps était forte, tellement le contact de ses lèvres, de sa langue, de ses doigts sur sa poitrine lui brulaient la peau, comme un courant électrique. Il la faisait vibrer, son corps vivait grâce à lui.
Edward qui n'en pouvait plus lui non plus cessa de cajoler sa poitrine et remonta sa tête vers elle, qui avait un visage trempé, les yeux larmoyants, les joues humides, la lèvre tremblante… Cette vision le bouleversa, tellement elle était poignante et déchirante. Ses mains vinrent caresser ses joues tendrement, les essuyant comme il pouvait, les séchant sans y parvenir, puisque de nouveaux sanglots venaient les humidifier, ce qui le tua.
« Arrête de pleurer. » Chuchota-t-il, l'implorant du regard.
Bella s'en voulut de lui infliger ça, mais elle n'arrivait pas à s'arrêter. Elle en était incapable. Et pourtant, tout ce qu'elle désirait en cet instant était de lui sourire, de stopper ses pleurs, et de profiter pleinement de leur moment de répit, si particulier et rare ces derniers temps. Edward embrassa les larmes qui perlaient au coin de ses yeux, laissant trainer ses lèvres, tandis qu'elle avait enroulé ses bras autour de son cou.
« Je t'en prie Bella, cesse de pleurer. » Supplia-t-il dans un murmure.
Bella releva sa tête et le fixa droit dans les yeux, leurs nez n'étaient qu'à quelques millimètres l'un de l'autre. Ne tenant plus, elle rapprocha son visage, puis scella ses lèvres aux siennes avec ivresse. Elle espérait le faire oublier son état sanglotant dans ce baiser, tandis que lui espérait estomper sa peine et sa douleur. Mais tous les deux échouaient lamentablement. Leurs langues se cherchèrent, se trouvèrent, s'entremêlèrent, de même que leurs corps à presque nus se collaient. Les mains de Bella descendaient vers ses épaules, puis caressèrent son torse avec une certaine impatience. Ses doigts traçaient plusieurs sillons, parcourant les lignes bien distinctes de sa musculature impressionnante.
Elle sentit le corps d'Edward se tendre et frissonner sous ses mains, sous son toucher qu'elle accentuait progressivement, parcourant chaque endroit de son torse qu'elle pouvait, la rendant ainsi encore plus désireuse lier leurs corps, de ne faire plus qu'un avec lui, l'homme pour qui elle sacrifierait sa propre vie. Elle descendit vers l'élastique de son jogging, le fit glisser ainsi que son boxer le long de ses jambes, n'hésitant pas à frôler son sexe tendu du bout de ses doigts. Il émit un grondement contre sa bouche, provenant de sa cage thoracique, puis s'empressa de lui retirer sa culotte qui était désormais le seul vêtement restant qui les empêchaient de fusionner et de se souder l'un à l'autre.
Ils se retrouvèrent enfin entièrement nus tous les deux, s'embrassant jusqu'à en perdre haleine. Il écarta ses jambes, afin de positionner son sexe à son entrée. Il releva la tête pour la regarder, et vis que son visage larmoyant ne s'était toujours pas asséché. Il fronça les sourcils, se demandant si c'était vraiment ce qu'elle voulait, vu l'état dans lequel elle était. Bella tenta un maigre sourire rassurant, lui accordant silencieusement son accord, le suppliant même de la pénétrer, de la remplir, de l'aimer. Il posa son front contre le sien, prit une inspiration, alors qu'elle fermait les yeux, anticipant. Il embrassa chacune de ses paupières close avec un amour inconditionnel, la faisant frissonner, avant de reposer son front contre le sien, et de s'immiscer tout doucement, sans aucune précipitation, à l'intérieur de son antre.
Ils soupirèrent tout deux d'aise à l'unisson. Edward attendit quelques secondes, immobile, profitant du simple fait de se trouver en elle, tellement ça ne lui arrivait plus souvent, ces derniers temps. Un sanglot s'échappa de la bouche de Bella, ses paupières clignèrent, ses yeux s'humidifièrent une nouvelle fois, et Edward comprit qu'il devait bouger s'il voulait que ses pleurs se stoppent un jour. D'abord doucement, il effectua de tendres va-et-vient à l'intérieur d'elle, tandis qu'elle enroulait ses jambes autour de lui, pour le sentir encore plus profondément. Depuis tellement de temps, elle n'avait pas éprouvé une telle plénitude, un tel sentiment d'apaisement… Elle avait l'impression que cela faisait une éternité. Même s'ils avaient eu des rapports sexuels la veille, elle ne pouvait pas réellement les compter dans l'équation, dans la mesure où ils n'avaient pas fait l'amour. Ils avaient juste baisé comme des bêtes, sans aucun sentiment amoureux, aucune preuve ni marque d'affection, aucune tendresse… Juste un effluve bestial. Mais maintenant ils faisaient enfin l'amour comme ils en avaient l'habitude, ils se prouvaient enfin à quel point les sentiments qu'ils ressentaient l'un envers l'autre étaient puissants, et au-delà de toute comparaison.
Edward accéléra le rythme, et elle entreprit plusieurs mouvements du bassin, désirant être remplie à chaque endroit de son intimité, souhaitant le ressentir partout en elle, chaque coin de son antre pourtant déjà bien serrée, se comprimant petit à petit autour de sa verge. Il se mit à l'embrasser sur toute la surface du visage, le front, les paupières, les joues, le nez, le menton, avant de conclure par ses lèvres douces et gonflées. Le corps de Bella tremblait, tellement le plaisir qu'elle ressentait était immense. Elle avait l'impression qu'elle n'en aurait jamais assez, qu'elle voudrait toujours plus, que ça ne lui suffirait jamais, ce qui provoqua une nouvelle vague de remords, et déclencha plusieurs larmes de honte sur son doux visage.
« Edward… » Murmura-t-elle, le souffle coupé, presque comme une supplique.
« Oui mon amour ? » Fit-il en décollant ses lèvres des siennes. Elle le regarda les yeux implorants et débordants d'humidité.
« Plus vite. » Souffla-t-elle, la voix lui manquante.
Il fondit à nouveau sur ses lèvres et fit ce qu'elle lui demandait. Ses va-et-vient se firent de plus en plus rapides, et de plus en plus pressantes. Bella planta ses ongles dans la chaire de son dos et prit sur elle pour ne pas crier, ne voulant pas interrompre leur baiser. Les mains d'Edward se déplacèrent à plusieurs endroits, effleurant ses seins toujours aussi durs, glissant vers son nombril, ses fesses fermes, qu'il empoignait et tirait vers lui afin de la pénétrer plus fortement. Leurs respirations étaient bruyantes et impossibles à dissimuler, leurs gémissements envahissaient la pièce, sans toutefois être audibles pour les autres habitants de la maison.
À un moment où il sortit d'elle, pour la pénétrer plus violemment, elle poussa un cri qu'il fit taire en l'embrassant une nouvelle fois, avec impatience. Bella se sentit venir, elle voyait son orgasme au loin, pointer le le bout son nez. Elle ne le voulait pas. Elle voulait encore profiter de ce moment intense et parfait, elle ne voulait pas qu'il s'arrête. Jamais. Elle était bien, tellement bien dans ses bras, oubliant momentanément tous les tourments qui la torturent au quotidien, savourant pleinement cet instant de plénitude, où ils se perdaient chacun dans les vices de l'amour et de la passion.
Edward devina qu'elle était sur le point de lâcher prise, lorsqu'il sentit ses parois se resserrer progressivement. Souhaitant profiter encore autant qu'il le pouvait, il redoubla d'ardeur, accentuant ses poussés en elle de plus en plus. Sa main posée sur sa fesse se déplaça, descendit vers son intimité, et du bout des doigts, il titilla son clitoris, appuya sur son bouton de plaisir.
Elle se perdit.
Ses parois se resserrèrent autour de son membre, qui se déversa. Il poussa un profond grognement plaintif, et elle ne put réprimer son gémissement de plaisir assonant. Leurs souffle leur manquaient, leurs respirations étaient saccadées, tandis qu'ils profitaient de leur orgasme qui s'achevait progressivement. Il se laissa retomber sur elle, prenant tout de même soin de ne pas l'écraser, tandis qu'elle fermait les yeux et reprenait son souffle. Ses larmes s'étaient enfin taries, elle ne pleurait plus, elle ne sanglotait plus, il avait estompé sa peine, fait disparaitre sa honte, ôté ses nombreux doutes quant à ses sentiments. Cependant, la culpabilité elle, était toujours là. Ce sentiment qu'elle faisait tout de travers et qu'elle ne prenait pas la bonne décision, qu'elle ne marchait pas sur la bonne route, ne passait pas par le bon chemin…
Elle ignorait comment tout cela allait se terminer. Ce qu'elle savait, c'est qu'inconsciemment, petit à petit, elle s'éloignait doucement, tout doucement de lui, de l'amour, de son cœur. Elle s'éloignait sans le vouloir, trop rongée par toute cette culpabilité qui lui rongeait les côtes et qui lui soufflait de s'effacer, d'abandonner et de le laisser en paix.
Elle prit son visage et le remonta, afin de le scinder dans le blanc des yeux, et de voir ses magnifiques prunelles vertes, qui l'avaient tant envoutée et fait craquer la première fois qu'elle les avait vues. Avec un profond sérieux, ses mains de part et d'autre de son visage, tandis qu'il la scrutait avec dévotion et amour, elle murmura.
« Je t'aimerai toujours. Toute ma vie, jusqu'à mon dernier souffle, je te le promets. Je t'aimerai toujours Edward. »
Il fronça les sourcils. Il avait l'impression que cela ressemblait plus à un adieu qu'à une déclaration d'amour. Il commença à s'inquiéter. Elle lui faisait peur, à parler comme si une séparation allait bientôt avoir lieu, à faire des promesses de ce genre à long terme. Tout ce qu'il espérait était qu'il se trompait, qu'il avait rêvé cette peine qu'il avait cru déceler dans ses yeux, cette difficulté à ouvrir la bouche et lui faire cet aveu, comme si ça lui faisait mal de lui dire… Il espérait avoir rêvé tout ça, mais une voix à l'intérieur de lui lui criait qu'il avait touché en plein dans le mille, et qu'il avait raison d'avoir peur…
(N/Marie : Pourquoi après un si beau moment, on a peur comme ça ? :S)
* 7th Heaven est le titre original de la série "7 à la Maison"
Voilà !
Un grand merci à ma Sister chérie d'amour pour avoir corrigé et commenté ce chapitre :D
Bon je ne suis pas fière de cette première partie de chapitre, je sais que vous devez tous être hyper déçus (si vous êtes encore là car vu le temps que je mets à poster c'est pas sûr) mais les choses bougent pas mal dans la deuxième partie, l'enquête d'Edward sur C&V va extrêmement bien avancer.
Je vais faire mon maximum pour vous mettre la deuxième partie le plus rapidement possible (d'ici deux à trois semaines grand maximum) et je vous promets solennellement de répondre a vos reviews le plus vite possible (dimanche ou lundi ^^).
Mais pour que je puisse vous envoyer un teaser et répondre à vos reviews, il faudrait d'abord que vous en laissiez ^^
Alors A Vos Claviers !
Portez-vous bien d'ici là, en espérant que vous êtes encore là à suivre cette histoire.
Votre dévouée Popolove
