Salut à tous !
Me revoilà pour un nouveau chapitre de cette fiction, bien que j'ai pas mal hésité avant de vous poster le chapitre.
Je voudrais juste vous faire part de quelque chose qui m'attriste beaucoup et dont je suppose que vous êtes déjà au courant vu que je ne suis pas la première à en parler. En effet depuis un certain moment les reviews se font rare. Je ne suis pas du genre à me plaindre et j'ai horreur de réclamer parce que j'estime que ce n'est pas à moi de le faire, mais à vous de prendre cette initiative, seulement voir que j'ai diminué de pas moins de 100 reviews entre deux chapitres et que le nombre de visites est toujours le même, vous comprendrez que je me pose certaines questions et que je le prenne assez mal. Que vous aimiez ou non, c'est votre droit mais dans ce cas faites-le nous savoir (de manière constructive), j'ai toujours dit que j'acceptais n'importe quelle critique tant qu'elle reste respectueuse et constructive.
Cependant quand je vois que je ne suis pas la seule à qui ça arrive et que beaucoup d'auteurs à qui je parle sont dans le même problème et ne sont pas bien à cause de ça, je me dis que le problème ne vient peut être pas de moi. Je comprends très bien que le temps puisse vous manquer, qu'il y a des exams, votre boulot ou vie de famille, mais n'oubliez pas que pour nous aussi c'est la même chose, nous ne sommes pas des robots conçus pour écrire et poster. Nous avons notre vie à nous, nous prenons de notre temps non seulement pour essayer de vous fournir un chapitre de "qualité" si je puis m'exprimer ainsi, mais aussi pour le poster sur internet. De plus poster une review ne vous prend que cinq minutes, je ne pense pas que cela demande un effort particulier.
Comme je vous l'ai dit, je ne supporte pas le fait de réclamer ce genre de choses, c'est pourquoi je vous mets quand même le chapitre qui est comme vous pouvez le constater, rudement long. Mais sachez que pour les gens comme moi, qui n'ont pas du tout confiance en eux et qui passent leur temps à se remettre en question, c'est justement le genre de choses qui nous font douter de nous encore plus. Et comme tous les auteurs n'arrêtent pas de le répéter, les reviews nous motivent et nous encouragent à continuer et à vous écrire la suite avec entrain.
Je suis d'accord que nous n'écrivons certainement pas pour ça, en tout cas pour ma part ce n'est pas du tout le cas j'écris d'abord et avant tout pour moi et ma satisfaction personnelle. Mais le fait de poster sur internet, je ne le fais pas pour moi, je le fais pour vous, pour vous le faire partager et pour avoir votre avis. Si c'est pour que personne ne dise ce qu'il pense, dans ce cas je ne vois pas l'intérêt de mettre ça sur internet, je peux tout aussi bien garder mes écrits pour moi et les montrer à mes amis proches.
Vous avez pu remarquer avec déception que beaucoup d'auteurs ont déjà abandonné le site Fanfiction et ne veulent plus faire partager leurs écrits. Il serait sans doute temps de vous demander pourquoi.
Je finirai cette note en remerciant bien évidemment toutes les personnes qui ont pris le temps de laisser une trace de leur passage et à qui je n'ai malheureusement pas pu répondre dans la mesure où ce site bug et m'empêche de le faire. J'espère d'ailleurs que ce problème va finir par se résoudre rapidement car j'ai toujours pour habitude de répondre à tout le monde et ça m'énerve de ne pas pouvoir le faire.
Sur ce, je vous laisse avec ce chapitre qui va en décevoir plus d'un, notamment avec cette fin pourrie.
Bonne lecture =)
Chapitre 23 : If you love me... Well, leave me
oO "Love me, Leave me" Oo – Kat Deluna
« « Les jurés ont-ils pris leur décision ? » Demanda impassiblement le juge, derrière son bureau. L'un des douze jurés commis d'office se leva rapidement, droit comme un piquet.
« Oui votre Honneur. » Répondit-il calmement.
Le juré de jugement… Pensa Bella. Depuis le début du procès elle n'avait cessé de le regarder, sachant que c'était lui qui au final, allait donner le verdict qui scellerait son destin, ainsi que celui d'Edward et de toute sa famille. Elle serra fortement la main de l'homme à coté d'elle. Edward… elle tourna légèrement la tête vers lui, la frayeur visible sur son visage. Il arborait un masque impassible et dur, les sourcils un peu froncés, comme perturbé. Elle ne comprenait pas son attitude. C'est lui qui, depuis le début avait intenté un procès contre son paternel et son ami Aro Volturi. Et maintenant il avait l'air incroyablement tendu. Comme s'il regrettait, que la situation lui était insupportable.
Le juré en chef se tourna vers ses collègues assis et hocha la tête d'un air entendu, avant de se tourner vers le juge et de prendre une grande inspiration, pour enfin rendre le verdict tant attendu.
« Dans l'affaire de blanchiment concernant la banque Cullen&Volturi International, respectivement dirigée par les PDG Aro Volturi et Carlisle Cullen, nous déclarons les accusés… coupables. » Déclara-t-il solennellement.
Une vague de soupirs et de sentiments d'effarement prit place dans la salle d'audience, tandis que Bella restait inerte, la bouche grande ouverte d'incrédulité. Elle entendait du grabuge autour d'elle, des voix s'élever, des gens protester, d'autres se lever et sortir de la salle, sans même attendre la sentence. Elle arrivait à entendre la joie et le soulagement provenant de sa famille, d'Alice, Emmett et Charlie.
« Bien. » Annonça le juge. « La Cullen&Volturi international est à partir de maintenant fermée et quant à Carlisle Cullen et Aro Volturi, je vous condamne à quinze ans de prison ferme. L'audience est levée. » Fit-il en tapant de son marteau pour confirmer ses dires.
Bella entendit une horde de protestations provenant du coté gauche, du coté de l'ennemi… Elle entendait tout ce qui se passait dans la salle, le juge qui se levait, les policiers qui emmenaient Aro et Carlisle, la mère d'Edward pleurer, les enfants d'Aro crier… Elle entendait absolument tout.
Mais elle n'écoutait rien.
Elle n'avait d'yeux et d'oreilles que pour lui. L'homme de sa vie. Il était toujours aussi imperturbable. Le visage blanc et livide, il ne pipait mot. Ses jointures s'étaient contractées, si bien que Bella fût contrainte d'ôter sa main de la sienne car il commençait à lui faire mal. Elle était perdue. Il aurait dû être heureux, c'était lui qui avait tout fait pour en arriver là, pour les mettre derrière les barreaux afin qu'ils puissent enfin vivre heureux jusqu'à la fin de leurs jours. Mais il n'avait pas l'air heureux. Il avait l'air abattu, déterré et mort. Même un cadavre aurait plus d'allure que lui. Pourquoi était-il ainsi ? Pourquoi ne la prenait-il pas dans ses bras en lui disant que c'était enfin fini ? Pourquoi avait-il l'air aussi défait et malheureux ? Elle le regarda avec inquiétude, espérant que sa léthargie cesse rapidement et qu'il réagisse.
« Edward ? » Appela-t-elle anxieuse.
Pas de réaction. Il était toujours inerte, tellement qu'elle se mit soudainement à paniquer. Elle avait l'impression que son monde ne tournerait pas rond, tant qu'elle n'aurait pas la certitude qu'il allait bien et qu'il était heureux.
« Edward ? » Répéta-t-elle une nouvelle fois pour le faire sortir de sa torpeur.
Elle vit un pli se former sur son front, ses yeux s'assombrir et ses poings se resserrer avec violence. Puis il se leva subitement, avec aigreur.
« Tout est de ta faute. » Murmura-t-il avec un énervement contenu.
Elle entrouvrit la bouche de surprise et d'étonnement.
« Qu-quoi ? » Balbutia-t-elle décontenancée en se levant à son tour.
Il se tourna vers elle, les yeux plus noirs que la couleur d'un corbeau, puis ne put contenir sa haine plus longtemps.
« Regarde où on en est arrivé à cause de toi ! » Asséna-t-il sèchement. « Tu as vu ce que tu m'as poussé à faire ? J'ai envoyé mon père en prison par ta faute ! »
Bella réprima tant bien que mal les larmes qui lui montaient aux yeux. Elle avait l'impression d'être dans une abominable dimension, un film d'horreur et diaboliquement cruel. Il ne pouvait pas penser ce qu'il disait, c'était impossible. Le Edward qu'elle connaissait ne réagissait pas de façon aussi haineuse envers elle. Elle n'arrivait pas à croire qu'il lui mette tout ça sur le dos.
« Mais non enfin… je n'ai jamais voulu ça… » Protesta-t-elle vainement. « Edward je suis désolée, je ne voulais pas… »
« Ce n'est pas ce que tu veux qui importe, mais ce que tu as provoqué. » Cracha-t-il avec dégoût. « C'est de ta faute si j'ai conduit mon père au procès, si aujourd'hui je n'ai plus aucun contact avec eux, si aujourd'hui… il est arrêté. Tu m'as forcé à arrêter mon propre père Bella. »
Bella se mordit la lèvre inférieure, horrifiée et bouleversée par ce qu'elle entendait. Elle savait depuis le départ que tout ceci était une mauvaise idée, qu'en arriver jusqu'au procès n'était pas une bonne chose à faire et que ça finirait par le détruire complètement. Elle n'avait pas voulu ça. Jamais. Mais il la tenait en responsable, car bien qu'elle ne l'ait absolument pas poussé à faire ça, elle avait été l'élément déclencheur. Elle était la source d'un tel conflit entre les Cullen. Et Carlisle Cullen, cet homme si noir et méprisable, est en prison uniquement à cause de leur amour. Un amour impossible.
« J-je ne voulais pas qu'on en arrive jusque là. » Bafouilla-t-elle déplorée. « Si seulement tu savais à quel point je suis désolée… »
Il se rapprocha d'elle lentement et la darda d'un regard glacial et dédaigneux.
« Je me contrefiche de tes excuses. » Susurra-t-il blessant. « Ça ne répare pas toutes ces dégâts. Je suis allé jusqu'à faire arrêter mon père pour toi, et ça je ne pourrai jamais te le pardonner. »
« Edward… » Supplia-t-elle, les larmes coulant sur ses joues humides. Elle secouait la tête impunément, espérant que tout ceci ne soit pas réel.
« Maudit soit le jour où je t'ai rencontrée, Isabella Swan. » Lâcha-t-il d'une voix dure et sans émotion. « Si je ne t'avais pas rencontrée, si tu ne t'étais pas trouvée sur mon chemin ce soir là, jamais je n'aurais eu à vivre tout ça. Je regrette amèrement cette nuit sur l'autoroute, d'être tombé amoureux de toi, et d'avoir perdu tout ce que j'avais. Tu as gâché ma vie. » Cracha-t-il avec tout le venin qu'il possédait.
La tête de Bella commença à lui tourner, elle ne distinguait plus rien, excepté Edward face à elle qui la poignardait à l'instar d'une épée de Damoclès. À bien y réfléchir, toutes les personnes présentes étaient parties, il n'y avait plus aucun bruit, tout était silencieux. Le juge avait disparu, les policiers n'étaient plus là, la salle d'audience était vide. Ne restait qu'elle et lui, comme si le monde avait cessé de tourner. D'ailleurs, même la pièce avait disparu. Tout ce que Bella voyait était un énorme noir autour d'eux. Tout n'était que néant, seule la silhouette d'Edward lui était distinguable.
« Edward je t'en prie. » Implora-t-elle larmoyante. « Ne me fais pas ça, par pitié je t'en conjure… »
Son regard ne se dérida ni ne s'apaisa. Il lui exprimait tout le dégoût qu'il ressentait pour elle en un simple regard, toute la colère et la répugnance.
« Je te hais Bella. » Acheva-t-il dans un murmure.
« Non ! » S'écria-t-elle accablée.
Elle fut prise de sanglots frénétiques, tandis que tout autour d'elle tournait et s'effaçait. Même Edward disparaissait. Elle le voyait s'éloigner, devenir de plus en plus flou et indistinct. Son corps n'était plus là, il n'y avait plus que son visage dur et froid. Puis alors qu'elle continuait de pleurer et que son cœur saignait et lui criait de mettre fin à ce supplice, le visage d'Edward s'évapora pour ne laisser que ses yeux qui lui exprimaient toute l'aversion, l'antipathie et la rancœur donc il était doté.
Et Bella fut abandonnée dans ce trou noir, tombant dans un gouffre insoutenable sans jamais s'arrêter, criant, pleurant, priant pour qu'il revienne vers elle et la sorte de ce néant féroce et terrifiant… (N/Marie : Et ben… sympa le rêve !)
Bella se réveilla en sursaut, poussant un cri de frayeur et d'horreur, quant à ce qu'elle venait de vivre. Elle était complètement en sueur et essoufflée, comme si elle avait couru un marathon. Elle essuya la sueur qui perlait sur sa cage thoracique et sur son front, avant de poser une main sur sa poitrine, tentant d'apaiser ses battements de cœur douloureux. Elle entendit un gémissement à coté d'elle et tourna la tête pour voir Edward qui ouvrait les yeux, les sourcils froncés. Elle fut soulagée de le voir en chair et en os avec elle, la haine ayant disparu de son visage.
« Bella ? » Marmonna-t-il en clignant des yeux pour se réveiller.
Entendre sa voix lui fit un bien fou et ralentit la course effrénée de son cœur. Elle se calmait peu à peu, sans toutefois faire disparaitre l'affolement qui l'accaparait. Un rêve. Tout ça n'avait été qu'un rêve, un abominable cauchemar. Edward ne la détestait pas et ne l'avait pas traitée de la pire des manières.
« Excuse-moi de t'avoir réveillé. » Bredouilla-t-elle désolée.
Il cligna des yeux une nouvelle fois avant de la regarder avec des yeux inquiets et de se relever pour se mettre à sa hauteur.
« Non non… ça ne fait rien. » Rassura-t-il la voix encore engourdie et ensommeillée. « Qu'est-ce qui t'arrive ? » S'enquit-il. Elle haussa les épaules en détournant les yeux.
« J'ai fait un cauchemar c'est tout. » Murmura-t-elle embarrassée, sans réprimer les frissons qui l'avaient parcourue en repensant à l'atrocité de ce moment. Le front d'Edward se plissa.
« Encore ? » S'étonna-t-il soucieux.
Elle baissa la tête, dépitée. C'était le troisième depuis le soir où Garrett était venu et qu'il avait décidé d'intenter un procès contre C&V. Bella n'arrivait pas à s'y faire, ni à être d'accord avec cette décision. Pourtant Edward avait l'air plus déterminé que jamais, et tout le monde était aussi motivé, comme si c'était la meilleure chose à faire et la grande nouvelle de l'année. Même Kate était venue le lendemain, pour parler avec Edward de tout un tas de trucs juridiques. Bella avait d'ailleurs écouté attentivement, ayant toujours été passionnée par la juridiction. Kate s'était tout de suite très bien entendue avec Alice. Elles avaient fini par entamer une longue conversation sur la mode, si bien que Rosalie s'en était mêlée et qu'elles avaient fini par devenir amies. Bella n'avait pas trop prêté attention à aucune des discussions qui s'étaient déroulées autour d'elle. Même lorsqu'Edward lui parlait, elle n'écoutait que d'une seule oreille et était ailleurs. Elle n'arrivait pas à extraire tout ses tourments de son esprit. Quant aux rêves, ils étaient différents, mais similaires dans l'ensemble. Ils la faisaient souffrir mille morts et la confortaient dans l'idée qu'ils faisaient une très grosse erreur de prendre la décision d'emprisonner son père.
Elle n'aimait pas les Cullen, elle méprisait au plus au point Carlisle Cullen, mais elle aimait Edward et savait que cette décision finirait par le tirailler à un moment ou un autre. Il était leur fils, il ne pouvait pas aller aussi loin. C'était du délire, elle ne pouvait pas approuver une telle horreur. D'autant plus que c'était à cause d'elle s'ils en arrivaient là, alors elle se sentait mal tellement la culpabilité la rongeait. Il n'avait pas à endurer ça pour elle, pour ses beaux yeux. Il en était hors de question. Si seulement il y avait une autre issue, elle avait beau tourner et retourner ça de toutes les façons, elle ne voyait pas d'autre alternative. Si elle voulait que les parents d'Edward les laissent tranquilles, il fallait en passer par là. Mais elle ne le supporterait pas. Car au final, Edward finirait par la haïr, exactement comme dans chaque rêve qu'elle faisait. Il finirait par être malheureux et torturé, et rejetterait la faute sur elle.
Bella avait déjà enduré et vécu bien des choses, mais la haine et le mépris d'Edward, ça elle ne le pourrait jamais. Ça la tuerait. Elle agonisait rien que d'y penser.
« Je… je ne sais pas ce qui m'arrive. » Répondit-elle avec hésitation. « Ça va surement me passer. » Dit-elle sans vraiment y croire.
Il la regarda indécis, avant de caresser sa joue de la main avec douceur.
« Bella, si tu étais perturbée par quelque chose, tu me le dirais n'est-ce pas ? »
Elle releva la tête vers lui et ouvrit la bouche pour parler, sans qu'aucun mot ne sorte. Elle aurait aimé lui dire à quel point et à quel propos elle était tourmentée, mais elle n'était pas sûre que ce soit une très bonne idée. Ils s'étaient promis d'être honnête l'un envers l'autre mais ça elle tenait à le garder pour elle. Edward était bien trop entêté avec son idée de procès pour pouvoir réellement comprendre ce qui la tracassait. Si elle lui en parlait, il le prendrait sans doute mal, ou alors il ne l'écouterait pas, il était bien trop buté.
« T'en fais pas… » Éluda-t-elle. « Ça va aller. »
Il la regarda sceptique, sachant qu'elle mentait. Seulement il refusait de la forcer à lui parler, si elle devait le faire, ce serait d'elle-même. Il lui embrassa le front tendrement avant de la prendre dans ses bras et de l'allonger près de lui. Elle posa sa tête sur son torse et inspira calmement. Un silence apaisant prit place tandis qu'elle appréciait cette proximité et cette tendresse qu'il lui procurait.
« Raconte-moi ton rêve. » Pria-t-il.
Elle fronça les sourcils. Elle ne pouvait décemment pas lui expliquer ce qui se passait dedans, c'était bien trop… personnel. Comment lui dire qu'elle a rêvé qu'il la détestait ? Quelle serait sa réaction après ça ? Non, c'était impensable. Elle secoua imperceptiblement la tête et soupira.
« C'est pas important. » Mentit-elle.
« Ça fait trois fois que tu te réveilles en sursaut en plein milieu de la nuit. » Lui fit-il remarquer. « Je pense que ça mérite réflexion, tu ne crois pas ? » Argua-t-il en lui caressant les cheveux.
« C'était rien Edward. » Assura-t-elle. « J'ai juste… rêvé que ton père allait en prison. » Consentit-elle à répondre en omettant toutefois de parler du principal.
Il y eut un silence, tandis qu'Edward essayait d'analyser ce qu'elle venait de dire. Puis il se mit à rire soudainement, la prenant de cours.
« C'est ça ton cauchemar ? » S'exclama-t-il amusé. « Pour moi c'est plutôt un super rêve. Si seulement ça pouvait être vrai… » Songea-t-il rêveur.
Elle entrouvrit la bouche d'incrédulité, choquée par ses propos. Elle releva la tête et le regarda avec des yeux effarés. Comment pouvait-il penser une chose pareille ? Comment une telle haine entre un fils et un père pouvait-elle exister ? Elle aurait dû se douter de sa réaction… Elle secoua la tête déplorée avant de reposer sa tête sur son torse, attristée et affligée devant un tel comportement de sa part.
« Laisse tomber. » Murmura-t-elle lassée. « Je savais que tu ne comprendrais pas… »
Il baissa les yeux vers elle, étonné par le ton plein d'amertume qu'elle avait employé. Il n'arrivait pas à comprendre l'attitude de Bella. Depuis quelques jours déjà, il avait remarqué qu'elle était distante. Ça se remarquait par des petits détails, elle avait toujours l'air absente, déconnectée, comme si elle avait l'esprit ailleurs. Elle ne lui parlait plus autant qu'avant, ne restait plus souvent seule avec lui… Edward voyait bien que quelque chose n'allait pas. Il avait ce mauvais pressentiment qu'elle était en train de s'éloigner et ça ne lui plaisait pas car il ne savait comment y remédier. Tout ce qu'il espérait, c'était que ça allait finir par s'arranger et que tout rentrerait dans l'ordre…
Le lendemain matin, Bella descendit dans la cuisine avec la boule au ventre. Pour une fois Edward s'y trouvait avant elle, habillé et prêt à partir, ce qui l'étonna. Charlie, Alice et Rosalie étaient installés à table, tandis qu'Emmett, Jasper et Garrett dormaient encore. Bella avait d'ailleurs été amusée en voyant Garrett allongé a coté du canapé dans son sac de couchage en train de ronfler, pendant que Jasper dormait la bouche ouverte. La maison des Swan commençait vraiment à ressembler à une auberge de jeunesse, comme Charlie l'avait si bien dit…
« D'habitude je suis réveillée avant toi. » Fit-elle remarquer en s'approchant d'Edward.
Il l'embrassa chastement avant de prendre sa tasse de café et de la porter à ses lèvres. Bella soupira. Même lorsqu'il buvait du café il était sexy à damner un saint… (N/Marie : je ne peux qu'être d'accord… et ça me rappelle quelque chose cette tasse de café ! xD)
« J'ai rendez-vous aujourd'hui avec le juge d'instruction à Seattle. » Informa-t-il. « C'est lui qui décidera si on ouvre l'enquête ainsi qu'un procès pour C&V. »
« Autrement dit c'est aujourd'hui que tout se joue. » Conclut Charlie avec une lubie d'espoir.
Bella détourna les yeux et ne rétorqua rien. De toute façon, quoi qu'elle dise personne ne l'écouterait. Elle aurait beau dire à Edward que tout ceci n'était qu'une horrible erreur qu'il allait regretter toute sa vie, il était bien trop entêté à l'heure qu'il est pour lui faire entendre raison.
« Donc tu vas à Seattle… » Murmura-t-elle avec déception comme si c'était trop loin pour elle. Effectivement, Seattle était à ses yeux beaucoup trop loin. Edward hocha la tête et posa sa tasse de café dans l'évier, avant de lui embrasser la joue avec dévotion.
« Je reviens vite. » Promit-il avant de se détourner.
Il salua prestement la pièce, tandis que Charlie se levait et le suivait.
C'est aujourd'hui que tout se joue… Songea-t-elle.
Une petite voix au fond d'elle, n'appréhendait pas le fait qu'ils échouent, mais au contraire qu'ils réussissent…
...
Malheureusement, ou heureusement, elle aurait dû se douter qu'Edward arriverait à ses fins, comme il y parvenait toujours. Lorsqu'il rentra ce soir là, ce fut avec un sourire heureux collé sur le visage, ainsi que l'annonce qu'un procès contre la banque était lancé. Le 25 Juin… c'était la date du procès. Le juge chargé de l'affaire était une certaine Fallone Burton, apparemment réputée pour être une des pires exécutrices du pays. Mais d'après Kate qui la connaissait, elle était aussi très intègre. Il restait donc cinq mois avant le moment fatidique qui allait marquer la vie d'Edward et de Bella à jamais. Car si Carlisle et Aro étaient coupables, ils iraient croupir en prison et tous les problèmes qu'ils encourent depuis le début de leur relation s'envoleraient. Bella ne souhaitait que ça pour sa famille. Cependant, une grosse part au fond d'elle refusait cette éventualité comme un évènement heureux. Elle avait peur. Extrêmement peur de ce que l'avenir allait leur réserver, car elle trouvait que le fait qu'Edward veuille emprisonner son père était un acte des plus infâmes.
Digne de Carlisle Cullen…
Elle ne tolérait pas qu'il se comporte de façon si détachée. Pour elle, c'était comme s'il se fichait du sort de ses parents alors que la vérité était tout autre. Il refusait de se l'avouer, de le dire à qui que ce soit. Mais Bella savait qu'au fond de lui il souffrait de la situation. Elle aurait seulement aimé qu'il se livre à elle et lui en parle. C'était vraiment ce qu'elle désirait, mais chaque jour qui passait, il ne faisait rien et s'entêtait dans son idée de procès qui – elle en était sûre – leur serait fatale à tous les deux. Quand les années passeront et qu'il regrettera d'avoir commis un tel acte envers ses parents, sur qui rejettera-t-il la faute ? Sur qui passera-t-il sa colère ? Bella était sûre qu'au bout du compte, leur couple n'en survivrait pas. Il finirait par l'accuser, par reporter la faute sur elle et la détester pour l'avoir poussé à faire arrêter son père. Peut être pas dans l'absolu, mais au fil du temps, des années… Il finira par la haïr. Et ça c'était la pire chose qui pourrait arriver pour Bella. Pire encore que tout perdre Il serait malheureux, et il finirait par cesser de l'aimer. Et ce jour là, Bella cesserait tout simplement d'exister.
Il fallait qu'elle voie les choses en face. Tout ce qui était en train d'arriver était de sa faute à elle. Elle était une égoïste qui refuse de laisser partir l'homme de sa vie et qui, en retour, fait souffrir tout le monde. Son père, son frère, ses amis, et plus que tout l'homme qu'elle aime. Elle le fait souffrir en le forçant à rester près d'elle, alors qu'il perd son fortune, son logis, tous ses biens et son intégrité. Et le pire dans l'histoire, c'était qu'elle le faisait souffrir en le poussant à mettre son père en prison. Ce qui allait sans aucun doute le détruire. Elle avait honte d'infliger tant à toutes les personnes qu'elle chérie tant. Elle ne méritait pas Edward et il serait sans doute temps qu'il le réalise, car il était en train de sombrer en restant avec elle.
Les jours passèrent, et ce sentiment de culpabilité qui grimpait en elle ne cessait d'augmenter et de se développer. Elle faisait son maximum pour éviter Edward, car lorsqu'elle le voyait elle avait constamment cette boule qui se formait dans le creux de son ventre et qui l'empêchait de respirer. Edward souffrait de la voir l'éviter comme ça, mais il ne disait rien. Il passait son temps à éplucher les affaires des Volturi avec Kate pour trouver la moindre chose susceptible de jouer en leur faveur. Il savait qu'avec le peu d'éléments qu'ils avaient, il n'y avait aucune chance au procès. Ces salauds allaient tout exploser au tribunal et sortiraient innocentés haut la main. Ils avaient des avocats et une influence en béton. C'était déjà un miracle que le juge d'instruction ait accepté d'ouvrir une enquête et une audience au tribunal.
Mais même le boulot ne lui permettait pas d'oublier les cauchemars que faisaient Bella la nuit. Chaque soir, elle se réveillait en sursaut, soit en criant ou en pleurant. Chaque soir il s'inquiétait davantage pour son état, si bien qu'il ne dormait quasiment plus, appréhendant surtout le moment où Bella se réveillerait au sortir d'un rêve dont elle ne veut surtout pas parler. Quelques fois il faisait comme s'il dormait toujours et qu'elle ne l'avait pas réveillé, car il ne supportait pas d'être repoussé. C'était comme si on le forçait à marcher avec une épine plantée dans le pied. Ça lui faisait un mal de chien. Il préférait encore faire croire qu'il est endormi, que devoir subir les « Ce n'était rien » et les « Juste un mauvais rêve » que Bella lui répétait à chaque fois, et qui ne servaient qu'à accroitre son inquiétude pour elle ainsi que ses peurs. Il avait beau essayer de savoir, de la réconforter comme il pouvait et de lui demander, elle refusait son aide.
Cette nuit là fut pire que tout…
…
oO "The Climb" Oo – Miley Cyrus
Bella rentra chez elle avec comme toujours, la boule au ventre. Elle inséra la clé dans la serrure, tourna la poignée lentement, toujours avec appréhension. Elle entra dans la maison silencieuse, le salon étant allumé comme à son habitude. Elle entendait le son de la télévision comme à son habitude, et soupira en se dirigeant vers le salon, déçue comme à son habitude. Lorsqu'elle pénétra dans la pièce, elle eut la mauvaise surprise de trouver son mari, avachi sur le canapé, une bière à la main et les pieds posés avec désinvolture sur la table, comme à son habitude. S'il remarqua sa présence, il ne la regarda pas. Pas même un bonsoir, ni un sourire. Juste de l'indifférence.
Elle leva les yeux au ciel avec désespoir, en voyant le pack de bière par terre, presque vide. Trois ans que c'était comme ça. Trois ans que ça ne changeait pas. Trois ans qu'elle en souffrait atrocement.
« Edward… » Murmura-t-elle affligée.
Il ne répondit pas, se contentant de fixer la télé avec impassibilité. Bella n'en pouvait plus. Cela faisait trois ans qu'elle supportait un mari vide et sans âme, complètement bon à rien. Même le jour de leur mariage, il ne lui avait pas accordé un seul sourire. Il ne lui parlait que très rarement, voire jamais. Il ne la touchait plus, s'endormant la plupart du temps sur le canapé à des heures tardives. Elle aurait dû faire quelque chose depuis longtemps. Pourquoi l'avait-elle épousé par ailleurs ? Pourquoi supportait-elle un mari mort ? Pourquoi ne divorçait-elle pas depuis tout ce temps où il ne la regardait pas ni ne lui accordait l'once d'une considération ?
Mais elle l'aimait… Qu'y pouvait-elle ? Elle lui avait donné son cœur, pour toujours et à jamais, elle serait éternellement sienne. Elle ne pouvait pas l'abandonner ni se séparer de lui pour aller voir ailleurs, elle en était tout bonnement incapable. Alors elle subissait. Jour après jour, nuit après nuit, elle subissait la haine de son mari, qui l'avait épousé sans vraiment le vouloir, sans vraiment l'aimer, seulement parce qu'il s'en était senti obligé.
« Edward, pour l'amour du ciel réponds-moi au moins ! » S'énerva-t-elle, à bout de nerfs. Il tourna malencontreusement la tête vers elle.
« Et pour dire quoi ? » Répliqua-t-il dédaigneusement. « Salut Bella, tu as passé une bonne journée ? »
Elle détourna les yeux, incapable d'affronter son regard si noir et méprisant, réprimant les larmes qui lui montaient aux yeux.
« Non mais… mais je suis ta femme bon sang ! Tu pourrais au moins me regarder ou… ou je sais pas, dire quelque chose au lieu de rester cloîtré devant ta télé. » Bredouilla-t-elle excédée. Il haussa les épaules.
« J'ai pas envie de te regarder, ni de dire quoi que ce soit. » Fit-il simplement, sans penser une seule seconde à quel point ses mots la blessaient horriblement.
Elle ne put réfréner quelques larmes lui perler au coin des yeux. Il ne la désirait pas. Il ne voulait pas d'elle. Il ne l'aimait pas. C'était pire que lui annoncer la fin du monde. Elle en mourait à l'intérieur.
« Alors… » Bafouilla-t-elle larmoyante, meurtrie comme jamais elle ne l'avait été auparavant. « Alors pourquoi es-tu là ? Qu'est-ce qu'on a fait pour en arriver là ? »
« Tu veux plutôt dire, qu'est-ce que TU as fait pour en arriver là ! » S'énerva-t-il soudainement, se relevant avec rage et colère. « Dois-je te rappeler que c'est toi qui m'as forcé à arrêter mon propre père ? » Lui cracha-t-il à la figure. Elle ouvrit la bouche d'incrédulité.
« Je ne t'ai pas forcé ! » S'indigna-t-elle révoltée. « Jamais ! »
« Mensonges ! » Hurla-t-il en lui balançant une canette de bière vide à la figure dans un geste de fureur.
Bella eut juste le temps de l'éviter qu'elle alla percuter le mur avec force. Sa respiration se saccada et elle regarda Edward Cullen, son époux actuel avec une frayeur non dissimulée.
« Tu refusais de me quitter ! Tu ne voulais pas me laisser et te retrouver seule, tu voulais qu'on reste ensemble, tu te souviens ? » S'énerva-t-il d'un ton sans réplique. « Je n'avais pas le choix que de l'envoyer au trou pour te sauver la vie à toi et ta fichue famille ! »
Bella avait désormais les larmes aux yeux et sanglotait silencieusement, atterrée par tout ce qu'elle entendait. Ainsi donc il s'était senti pris au piège depuis le début, depuis toujours… Elle était une sorcière qui le gardait enfermé, qui le gardait prisonnier alors qu'il ne le voulait pas. Elle se sentait monstrueuse à l'heure qu'il est, monstrueuse de lui avoir infligé un mariage qu'il ne voulait pas, de lui avoir infligé un combat qui n'était pas le sien.
« Je… pourquoi n'as-tu pas choisi de me quitter il y a trois ans, quand tu en avais l'occasion au lieu de décider toi-même d'envoyer ton père en prison ? » Balbutia-t-elle abattue et bouleversée.
« Parce que je t'aimais bon sang ! » S'écria-t-il comme si ça le dégoûtait de l'avouer. « Je t'aimais Bella, j'étais prêt à tout pour toi. Je pensais que j'étais capable de tout accepter et de tout endurer, parce que tu étais celle qui comptait le plus pour moi. » Il termina sa phrase dans un murmure à peine audible, tellement il avait honte de cet aveu. « Mais apparemment je me trompais. » Finit-il par déclarer la voix dure et sans émotion, en regardant sa femme de façon austère.
Sa femme qui pleurait intérieurement comme à l'extérieur, qui agonisait devant des propos plus douloureux qu'un couteau planté dans l'intestin, qui saignait de façon insupportable, son cœur faisant une hémorragie impossible à arrêter.
« Et tu t'en es rendu compte trop tard… que tu ne m'aimais pas assez. » Conclut-elle dans un souffle, tandis qu'à l'intérieur son cœur hurlait et la martelait pour la supplier d'arrêter ce massacre.
Edward hocha la tête sombrement, en proie à des souvenirs douloureux. Bella avait envie de se poignarder, tellement la douleur lui était insupportable. Mourir était pour elle la seule solution pour tout arrêter. Arrêter de souffrir, arrêter de se détériorer, arrêter d'espérer pour une chose qui n'arriverait jamais, arrêter de se battre toute seule pour sauver ce qui reste du couple si heureux et amoureux qu'elle formait autrefois avec l'homme de sa vie et de ses nuits.
« Et à présent qu'est-ce qu'on fait ? » Demanda-t-elle les yeux suppliants et le visage affolé.
Allait-il lui annoncer qu'il voulait divorcer ? Si c'était ça elle irait sauter d'une falaise dans la minute qui allait suivre. Car vivre loin de lui était impossible à envisager pour elle. Il était sa raison de vivre son air vital. Au pire qu'est-ce qu'il en aurait à faire si elle mettait fin à ses jours ? Il serait probablement soulagé d'être débarrassé d'elle.
Il secoua la tête impunément, tourmenté et déploré.
« Il n'y a rien qu'on puisse faire. » Déclara-t-il sombrement. « C'est trop tard maintenant, il aurait fallu agir avant. »
Le cœur de Bella explosa dans sa poitrine et elle se sentit abandonnée, seule et désespérée… (N/Marie : Bella, spécialiste des rêves qui te donnent envie d'aller te pendre…)
« Bella bon sang réveille-toi ! » S'écria Edward en la secouant légèrement par les épaules pour la réveiller.
Bella gémissait, quelques larmes perlaient au coin des yeux et son visage était blanc comme un linge. Elle ouvrit les yeux soudainement et regarda Edward avec affolement. Il était au-dessus d'elle, les mains sur ses épaules et la scrutait avec une profonde inquiétude. Lorsqu'elle réalisa qu'elle était en train de rêver, son cœur battit à une allure démesurée. Elle se releva et posa ses mains sur le visage d'Edward, comme pour s'assurer qu'il était vraiment là, avec elle et qu'il l'aimait toujours, tandis qu'il ne comprenait strictement rien du tout. Puis elle se jeta à son cou comme une perdue, comme une naufragée s'accrochant à une bouée de sauvetage. Ses mains agrippaient sa nuque, le suppliant mentalement de ne pas la lâcher. Edward l'enlaça avec quelques réserves, trop perturbé par l'état tourmenté de Bella ces derniers jours. Elle le fuyait tellement qu'il avait l'impression de ne pas avoir eu une telle proximité avec elle depuis des lustres.
Elle soupira contre son cou, appréciant un tel contact qui lui avait tant manqué. Elle était tout aussi affectée par leur éloignement. Elle aurait voulu se rapprocher de lui plus encore, lui prouver à quel point elle tenait à lui avant qu'il ne soit trop tard et qu'elle décide de mettre un terme à cette relation qui les détruisait. Seulement elle n'arrivait pas à être proche de lui, tout en sachant que leur histoire serait vouée à l'échec. Elle sentait au plus profond d'elle que ce n'était pas bien, qu'elle en souffrirait dix fois plus qu'à l'heure actuelle, en le fuyant et en allant contre la volonté de son cœur. Elle se détestait pour lui faire autant de mal. Elle savait qu'il l'aimait, il lui avait prouvé son amour à maintes reprises. Mais elle savait aussi qu'il faisait le mauvais choix et que bien que son amour pour elle soit extrêmement fort, il ne l'était pas assez pour avoir la force de faire face aux nombreux remords qui s'empareraient de lui dans quelques mois, ou quelques années.
Se rendant compte à quel point ses pensées étaient en vrac et saugrenues, elle se recula d'Edward, et décida d'aller prendre l'air, ayant besoin de faire le vide autour d'elle et de se retrouver seule. Il la regarda avec incompréhension, tandis qu'elle se levait du lit, tout en fuyant son regard comme elle en avait l'habitude depuis des jours. Il fronça les sourcils en la voyant s'habiller soudainement, ne comprenant pas ce qu'elle était en train de faire.
« Je peux savoir ce que tu fais ? » S'enquit-il désarmé.
« J'ai besoin d'aller dehors. » Répondit-elle froidement en enfilant un jean sous son regard incrédule.
« Quoi ? Mais enfin il est trois heures du matin ! » Soupira-t-il atterré. « On est encore au mois de janvier et il fait un froid de canard, tu ne vas pas sortir de ce temps là ! » Elle l'ignora, se continuant à mettre ses chaussures machinalement avec rapidité.
« Ça m'est égal, je sors. » Répliqua-t-elle en s'armant d'un gilet.
Elle commença à mettre ses chaussures rapidement sous le regard incrédule d'Edward. Il décida de se lever à son tour, mais Bella qui comprit son attention l'en empêcha en se tournant vers lui.
« Non je… j'ai besoin d'être seule. » Bégaya-t-elle en lui lançant un regard suppliant.
Il resta silencieux, la jaugeant du regard avec incertitude et inquiétude. Il n'en pouvait plus d'être constamment mis à l'écart. Il avait besoin de savoir ce qui lui arrivait, ce qui la tourmentait autant. Mais comprenant qu'il aggraverait les choses s'il la suivait, il soupira résigné. Elle avait l'air tellement déboussolée en cet instant précis, tellement perdue qu'il avait vraiment peur pour elle, et peur de ce qu'elle pouvait faire. Il connaissait Bella, savait très bien qu'elle était du genre à souffrir en silence afin d'épargner les autres, et que sa seule arme de défense, était l'éloignement. Il n'avait jamais compris pourquoi elle s'éloignait de lui à chaque fois qu'elle était tourmentée par quelque chose en particulier et qui la faisait culpabiliser, mais il savait que c'était un mauvais présage. Tous ces rêves qu'elle faisait sans cesse, tous ces tourments qui lui accaparaient l'esprit et qui la perturbaient… Edward avait beau essayer de se dire que ça allait lui passer et qu'elle finirait par revenir vers lui, il avait vraiment la nette impression qu'il se trompait et qu'elle allait finir par craquer et faire une connerie.
Bella secoua imperceptiblement la tête pour se donner du courage, et se détourna pour sortir de la chambre. Elle descendit sans bruit les escaliers, faisant abstraction des ronflements provenant du salon. Elle ouvrit discrètement la porte de la maison, et s'engouffra dehors, avant de soudainement prendre conscience de sa bêtise. Aucun doute que déambuler dans Forks, à trois heures du matin en plein hiver était un acte purement inconscient.
À peine avait-elle fait un pas dehors qu'elle commença à grelotter et croiser les bras contre elle pour se réchauffer. Les rues étaient enneigées, les flocons tombant dans la nuit noire et obscure. Mais elle décida de continuer malgré tout. Le froid l'empêchait de penser et de se torturer, voilà pourquoi elle resta sous le porche, tremblotant et frissonnant silencieusement, tandis qu'elle se vidait l'esprit. Combien de temps cela allait-il durer ? Des jours qu'elle faisait toutes sortes de cauchemars, mais qui étroitement étaient tous liés et revenaient tous à la même conclusion, Elle et Edward fonçaient droit dans le mur. Si il y a quelques temps, elle ne doutait plus de ses sentiments pour elle, aujourd'hui elle était perdue. Elle savait que elle, quoi qu'il arriverait son amour pour lui était indestructible, plus fort que tout ce qu'elle pourrait jamais subir. Mais à l'inverse, celui d'Edward était surement fragile et vulnérable, facile à briser…
Elle soupira, grelottant en se frottant le ventre avec ses bras. Elle savait que cela allait mal finir, qu'elle n'allait pas tenir longtemps, avant de lui rendre sa liberté et de le quitter pour son bien. Le rêve qu'elle venait de faire à l'instant, était l'élément déclencheur. Elle venait tout juste d'avoir un aperçu de ce que serait leur vie dans quelques années, et elle comprenait qu'elle devait faire vite, avant qu'il ne soit trop tard. La Bella de son rêve n'avait rien fait pendant qu'il était encore temps, mais elle pouvait encore parvenir à modifier le cours des choses. En prenant la bonne décision, en le quittant maintenant, pendant qu'elle en est capable. Techniquement, elle en était incapable… sauf s'il s'agissait de son bien à lui, de l'épargner et de le rendre heureux. Elle pouvait faire ça. Elle pouvait s'effacer pour lui… Plus elle y songeait, et plus elle doutait d'avoir le courage de le faire. Elle était bien trop dépendante et accrochée à lui, à cet amour qui la comblait pour pouvoir s'en séparer ne serait-ce qu'une seconde.
Elle sentit une masse se poser sur ses épaules, ce qui l'interrompit dans sa méditation. Elle ne mit pas longtemps à comprendre que quelqu'un l'avait recouverte d'un manteau.
« Tu peux rester dehors par ce froid si c'est vraiment ce que tu veux, mais j'ai pas envie que tu attrapes une pneumonie. »
La voix d'Edward derrière elle lui réchauffa le cœur, autant qu'elle lui fit mal. Elle se retourna vers lui et vit qu'il la regardait avec affection et une légère incompréhension. Elle se sentit alors coupable des pensées qu'elle venait d'avoir, alors qu'il prenait soin d'elle, même quand elle le repoussait. Elle décida de rattraper le coup.
« J'ai envie de me balader… tu viens avec moi ? » Demanda-t-elle suppliante, en passant ses bras dans les manches du manteau qu'il lui avait apporté.
Si leur relation devait s'achever, elle tenait à en profiter un maximum avant l'heure fatidique. Il la regarda dubitatif quelques secondes.
« Attends-moi là. » Pria-t-il au bout d'un moment avant de se diriger vers la maison.
Elle ne le quitta pas du regard, tandis qu'il disparaissait à l'intérieur, la laissant seule et… triste. Elle attendit silencieusement, comme il le lui avait demandé. Il revint quelques minutes plus tard, emmitouflé d'un long manteau noir, d'une écharpe autour du cou, ainsi qu'une deuxième dans les mains. Il souffla avant de se rapprocher d'elle, tandis qu'elle avait un léger sourire admiratif sur le visage. Peu importe le temps qui passait, elle le trouvait toujours aussi magnifique, avec ses cheveux indomptés, ses yeux verts perçants et fascinants, ses lèvres légèrement gercées par le froid, ainsi que ce manteau qui lui allait comme un gant. Dans son malheur, elle avait tout de même la plus incroyable de toutes les chances. Le privilège de connaitre Edward Cullen, cet homme aussi merveilleux à l'intérieur que beau à l'extérieur, de l'aimer et de l'être en retour. Et rien que pour ça, elle ne regrettait rien, et ne retournerait pas en arrière pour changer quoi que ce soit. Si elle avait le choix, elle recommencerait tout de la même façon, subirait à nouveau la même chose, rien que pour avoir le bonheur et la joie qu'elle a connu avec lui.
Edward lui passa la seconde écharpe autour du cou, pendant qu'elle le regardait avec la même dévotion. S'il l'avait regardée dans les yeux à cet instant précis, il aurait vu tout l'amour qu'elle lui portait dans ses prunelles chocolat. Une fois l'écharpe bien enroulée autour de son cou, Bella les lui prit avant qu'il n'ait eu le temps de les ôter d'elle. Elle les porta à ses lèvres avec lenteur, puis déposa un baiser froid dessus, lui décrochant un sourire par la même occasion.
« Viens. » Dit-elle en lui emboitant le pas, sans lui lâcher la main.
Il la suivit et ils marchèrent silencieusement dans la rue pleine de neige. Bella n'avait pas forcément envie de parler, elle voulait juste avoir un moment paisible et privilégié, rien qu'avec lui. Sa seule présence à ses cotés suffisait. Edward n'entama pas la conversation, ne voulant pas entacher la quiétude de Bella qui en ce moment était des plus tangibles. Les minutes passèrent, tandis qu'ils déambulaient dans les rues blanche et nocturnes de la ville, leurs mains entrelacées, leur proximité rapprochée. Ils n'allaient pas quelque part en particulier, en réalité ils ne faisaient que marcher n'importe où, profitant simplement d'un moment rare et serein. La neige s'était arrêtée de tomber et il régnait dans Forks un calme plat. (N/Marie : Que c'est romantique *-*)
À un moment, Bella releva la tête pour observer les faibles étoiles qui n'étaient pas masquées par le ciel nuageux. Son front se plissa légèrement, elle était en pleine réflexion avec elle-même.
« Est-ce que tu crois au destin ? » Finit-elle par demander au bout d'un long moment de concentration.
Edward tourna la tête vers elle, surpris d'une telle question incongrue.
« Non. » Répondit-il franchement. « Au contraire, je crois au hasard. »
Elle fronça les sourcils, perplexe.
« Tu crois que c'est le hasard qui m'a mis sur ta route ? » Questionna-t-elle d'une voix faible. Il eut un sourire au coin de la bouche.
« J'en suis sûr. » Fit-il sincèrement. « Dans la vie tout n'est qu'une question de hasard, engendré par les choix que l'on fait. Il n'y a pas de destin, rien n'est écrit à l'avance. »
Elle médita ses paroles quelques secondes, avant se secouer la tête de négation.
« Je ne suis pas d'accord avec toi. » Contra-t-elle amusée, tout en continuant de marcher. « Pour moi il n'y a pas de hasard. C'est le destin qui nous a fait nous rencontrer, qui t'a conduit à Forks… tout était écrit quelque part. »
Il rit légèrement, avant de lever les yeux au ciel.
« Ce n'est pas le destin mais nos choix Bella. » Contredit-il sûr de lui. « La seule chose qui a déclenché notre rencontre, c'est ton envie d'outrepasser la loi. » Elle rit à son tour. « Et ce qui a provoqué mon arrivée à Forks, c'est l'enquête sur le meurtre d'Heidi et de ce jeune homme toujours inconnu. »
« La vie n'est qu'une succession de choix… » Conclut-elle en roulant des yeux.
« C'est exactement ça. » Approuva-t-il d'un ton plein d'assurance.
Elle soupira mais ne répliqua pas. Elle n'était pas vraiment d'accord avec lui car elle croyait au destin et au karma, à tous ce genre de choses qui donnaient de l'espoir aux gens et qui donnaient un sens à la vie.
« Donc si tu es un cartésien, j'en conclus que tu ne crois pas qu'il y ait une vie après la mort. » Observa-t-elle songeuse. Il réprima un rire.
« Non en effet, je ne crois pas à toutes ces insanités. » Confirma-t-il.
Elle s'arrêta de marcher et lui fit face, étonnée.
« Tu ne penses pas qu'il y ait une âme en chacun de nous ? » Fit-elle désœuvrée.
« Bien sûr que si mais il n'y a rien de surnaturel là dedans. Lorsqu'on meurt, notre âme s'éteint avec nous. Pas de paradis ni d'enfer. » Conclut-il avec aplomb.
Elle fronça les sourcils silencieusement. Elle respectait son point de vue, bien qu'elle soit d'un avis différent. Dans le fond elle appréciait le fait qu'ils aient des opinions opposées et contradictoires car c'était leurs désaccords qui constituaient leur couple et le renforçaient. Elle adorait écouter son point de vue et sa vision sur les choses, peu importe qu'elle soit d'accord ou non avec lui. Et ce qu'elle aimait le plus, c'était son obstination et son entêtement à penser qu'il a toujours raison sur tout. Ça aurait pu agacer certaines personnes, mais pas Bella. Elle appréciait ce petit coté opiniâtre de sa personne.
« Moi je pense que si, il y a une vie après la mort. Et s'il y en a vraiment une, alors je ne doute pas une seule seconde que tu iras au paradis. » Sourit-elle en rougissant face à ce qu'elle venait de dire.
Il plongea intensément dans son regard, touché intérieurement parce qu'elle venait de dire. Il recouvra sa joue refroidie de sa paume, la caressant avec tendresse.
« Dans ce cas tu serais avec moi, parce que c'est toi mon paradis. » Murmura-t-il confiant.
Bella entrouvrit la bouche d'ébahissement. Elle devait probablement être rouge écarlate à l'heure qu'il est. Edward n'avait vraiment pas conscience de la portée de ses mots, ni à quel point ce qu'il pouvait lui dire était magnifique. Il avait ce don de sortir des phrases tellement belles qu'elles étaient susceptibles de faire fondre toutes les femmes du monde. Elle lui fit un maigre sourire attendri, sans aucun doute touchée par ce qu'il venait de lui dire. Puis se rapprocha sa tête vers lui, collant son front contre le sien alors qu'il avait toujours sa main sur son visage. Elle ferma les yeux et inspira fortement, s'imprégnant volontairement de son odeur. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle vit qu'il la regardait intensément, sans la quitter du regard.
Elle voulait l'embrasser. Oh que oui elle le voulait, c'était même sûrement la chose qu'elle voulait le plus en cet instant.
Mais quelque chose l'en empêchait. Quelque chose au fond d'elle qui lui criait que ce n'était pas une chose à faire, que ça n'avait pas lieu d'être et que ça ne ferait que tout empirer. Et malheureusement, bien que cette voix soit profondément enfouie, ce fut elle que Bella écouta, malgré ses innombrables désirs de la faire taire.
Ce n'était pas une question anodine, quand Bella lui avait demandé s'il croyait à une vie après la mort. En réalité elle espérait justement qu'il y en ait une. Elle priait pour que ce soit vrai… Car si elle et Edward devaient être séparés dans cette vie là, elle aspirait quand même à l'idée qu'ils puissent être à nouveau réunis dans une autre vie, dans l'au-delà. De toute façon, il n'y avait que ce faible espoir qui l'aidait à continuer et à avancer. Son rêve était de vivre avec Edward. Et si pour ça il lui fallait mourir, elle était prête à tout.
oO "You don't know" Oo – Milow
Deux jours plus tard
Les choses n'avaient pas particulièrement bougé, Edward était rarement à la maison, sauf le soir. Et lorsqu'il était là, Bella s'arrangeait pour l'éviter un maximum, ne faisant pas attention à quel point cette attitude fuyante le blessait. Il aurait tant aimé savoir ce qui la perturbait et pourquoi elle agissait ainsi, l'évitant sans cesse, mais elle ne lui disait rien. Elle lui refermait la porte de son cœur, et ce sans qu'il n'y puisse faire quoi que ce soit. Alors afin d'éviter un maximum à souffrir de son éloignement, il se fondait dans le boulot, passant tout son temps au poste ou avec Kate à s'occuper de l'affaire C&V. Il ne disait pas que c'était à cause de l'attitude de Bella, car il savait qu'elle culpabiliserait. Mais c'était pourtant bel et bien le cas, il se concentrait sur son travail pour ne pas avoir à penser à autre chose, comme à Bella et ses tourments nocturnes, ou Bella qui refuse de s'ouvrir à lui et de lui parler. Bosser lui permettait de se vider la tête et d'avoir les idées tournées vers autre chose que ce qui lui faisait mal. Ils n'avaient pas la moindre nouvelle de la part de Carlisle, et très franchement, c'était probablement le seul point positif de ces deux dernières semaines. Aucune nouvelle information ni preuve n'avait vu le jour depuis, si bien qu'Edward craignait fortement de perdre le procès. Mais ils avaient environ cinq mois pour trouver de quoi les faire plonger. Et il allait s'atteler à la tâche avec plus de vigueur qu'à l'accoutumé. Même si son couple avec Bella n'était plus vraiment prospère, était fragile et battait de l'aile, aucun doute qu'il l'aimait toujours autant et qu'il était prêt à tout pour sortir la famille Swan de la galère dans lequel ils étaient tous enterrés.
C'était l'après midi, Edward et Kate s'occupaient de paperasse juridique dan la chambre de Bella. Garrett était sorti, et Emmett, Bella et Rosalie regardaient la télé en s'ennuyant fermement. Les choses allaient en tout cas beaucoup mieux entre Rosalie et Bella. Cette dernière était tellement préoccupée par ses tourments et ses remords, qu'elle n'avait pas la tête à se quereller et à détester la blonde. Cela aurait été beaucoup trop d'un coup, alors elle mettait sa rancœur et rancune de coté pour le moment, et commençait même à l'apprécier. Cela dit elle restait toujours sur se gardes et avait encore quelques réserves lorsqu'elle lui parlait. Mais le couple qu'elle formait avec son frère était tellement mignon, qu'elle se surprit carrément à espérer qu'il marche.
Alice faisait du tricot dans la cuisine avec les faibles moyens qui lui restaient, lorsque Jasper arriva pour se servir un café. Lorsqu'il vit la petite brune concentrée dans ce qu'elle faisait, il ne put s'empêcher de la trouver jolie lorsqu'elle était focalisée sur quelque chose, avec son petit pli au milieu du front. Alice qui avait senti et entendu la présence du blond dans la cuisine fit comme si de rien n'était et continua le tricot de l'écharpe qu'elle était en train de faire. Au bout de quelques secondes d'hésitations, Jasper se décida enfin à s'asseoir à coté d'elle, posant son café sur la table. Alice sentit sa respiration accélérer, sans qu'elle ne comprenne le pourquoi du comment.
« Il parait qu'il va y avoir de l'orage. » Commença Jasper avec gêne et appréhension. Alice stoppa tout mouvement, et releva la tête vers lui au ralenti, étonnée.
« Tu es en train de me parler météo ? » Argua-t-elle en haussant un sourcil.
Il s'éclaircit la gorge, mal à l'aise.
« Hum… on dirait bien. » (N/Marie : Je veux pas faire ma rabat joie, mais cette réplique est beaucoup plus sexy dans la bouche d'Edward Cullen :p)
Alice entrouvrit la bouche, avant qu'un sourire amusé ne s'esquisse sur ses lèvres.
« Et ben… heureusement qu'on n'a pas prévu de sortir dans ce cas. » Répondit-elle en retournant à son tricot. Jasper la regarda étrangement, tournant ses pouces pour passer le temps.
« Qu'est-ce que tu tricotes ? » Demanda-t-il intéressé.
« Une écharpe. » Apprit-elle. « C'est pas le moment d'attraper une maladie, on n'aurait même pas les moyens de payer le médecin. » Ironisa-t-elle sans dériver son regard de son tricot. Jasper sourit.
« Effectivement… » Songea-t-il.
Un silence gênant prit place, tandis qu'il cherchait quoi dire pour faire passer le temps. Elle avait l'air accaparée par son truc et semblait ne pas se soucier de sa présence.
« Alors comme ça tu es intéressée par le stylisme ? » S'enquit-il soudainement, la prenant au dépourvu.
Alice arrêta momentanément ce qu'elle faisait pour le regarder curieusement.
« Comment tu sais ça ? » Il haussa les épaules.
« Bien il me semble que tu avais un site web, non ? » Elle blanchit avant de secouer la tête de défection.
« J'avais, comme tu dis. » Confirma-t-elle. « Avant que l'autre poltron ne décide de me le fermer. » Répliqua-t-elle dégoutée. Jasper la regarda tristement.
« Je suis désolé pour toi. » Fit-il compatissant. « C'était vraiment cruel de sa part. » Elle soupira.
« Ouais mais… c'est la vie. » Dit-elle avec désinvolture pour cacher son désarroi. « Et puis… quand je vois tout ce que tu as perdu, je me dis que je m'en sors pas si mal après tout. » Finit-elle dans un sourire innocent. Il prit sur lui pour ne pas répliquer.
« C'est… très gentil de me dire les choses de cette façon. » Marmonna-t-il amer. Elle resta silencieuse, comprenant qu'elle l'avait peut être vexée.
« Désolée pour ta maison et puis… » Elle ne put continuer sa phrase et se rétracta en secouant la tête d'amusement. « Non, j'aimerais dire que je suis désolée pour ta fiancée mais je ne le suis pas. » Avoua-t-elle en se retenant de rire. Il eut un semblant de sourire sur le visage.
« Tu as tout à fait raison de ne pas l'être, à vrai dire c'est plutôt une épine du pied que Carlisle m'a arraché. »
« Tu ne l'aimais pas ? » Demanda-t-elle avec intérêt. Il secoua la tête.
« Non je ne crois pas… enfin je n'en sais rien. Il fût un temps où j'ai dû l'apprécier… »
« Tu méritais mieux. » Assura-t-elle. Il fronça les sourcils, surpris.
« Je croyais que tu n'avais aucune estime pour moi. » Rappela-t-il étonné. Quelques rougeurs apparurent sur les joues d'Alice, et elle s'empressa de baisser la tête.
« Bah à vrai dire… il y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. » Se justifia-t-elle. « Et puis tu as quand même retiré ta plainte, ce qui n'est pas rien. » Il soupira.
« Cette plainte n'aurait jamais dû exister en tout premier lieu. »
« Là-dessus je suis bien d'accord. » Approuva-t-elle durement en y repensant. « Mais ce qui est fait est fait. On ne peut pas changer le passé et revenir sur nos erreurs. L'essentiel est de les réparer quand on le peut. » Conclut-elle gentiment.
Elle ignorait pourquoi, mais elle avait envie de lui ôter toute cette culpabilité qui l'accaparait. Il avait assez donné comme ça, il devait passer à autre chose.
« Tu as raison. » Déclara-t-il en la gratifiant d'un sourire.
Elle retourna à son occupation, et il but tranquillement son café, cherchant un nouveau sujet de conversation.
« Je me trompe ou tu as l'air de te sentir seule ? » Risqua-t-il au bout d'un long moment de réflexion. C'était une question qui le trottait depuis qu'il est arrivé, et il était certain d'avoir raison. Les mains d'Alice tremblèrent et elle lâcha la grande aiguille à tricoter qui tomba par terre. Elle regarda Jasper avec incrédulité, à la fois effarée et apeurée.
« Co… comment est-ce que tu… » Balbutia-t-elle, craignant que tout le monde ait remarqué.
« Je suis seulement un bon observateur. » Coupa-t-il en espérant la rassurer.
Elle souffla de soulagement tandis qu'il se baissait pour ramasser l'aiguille sur le sol.
« Merci. » Gratifia-t-elle lorsqu'il la lui tendit.
Il hocha la tête, tandis qu'elle soupirait en se remettant à la tâche.
« Ce n'est pas que je me sens seule… » Commença-t-elle en cherchant ses mots. « Je… je ne me sens pas seule, enfin pas vraiment. » Réfléchit-elle.
Il resta silencieux, la laissant trouver ses mots.
« Avant de venir ici, j'avais un petit ami. Et j'étais la seule qui ne soit pas célibataire alors qu'aujourd'hui… c'est tout le contraire. Je suis heureuse pour Emmett et Bella, ils ont trouvé une personne à aimer et… c'est vraiment bien pour eux. » Bafouilla-t-elle.
« Mais tu aimerais que ça t'arrive aussi. » Conclut-il à sa place, tandis qu'elle se mordait la lèvre inférieure.
Elle hocha la tête avec appréhension, tout en déglutissant. C'était la première fois qu'elle se confiait à quelqu'un à voix haute à propos de ça. Elle n'avait pas voulu en parler, de peur de blesser ou faire du mal à Bella, Emmett ou qui que ce soit d'autre. Mais le dire à quelqu'un lui faisait du bien. C'était comme une délivrance. Ce qui l'étonnait quand même était que cette personne soit Jasper Whitlock, celui qu'il y a encore quelques semaines elle détestait profondément. Les temps changent comme on dit…
« Ne le dis à personne. » Supplia-t-elle, tandis que son cœur accélérait.
Il lui fit un sourire rassurant.
« Je te le promets. » Fit-il en détournant les yeux avec gêne.
Elle sourit devant son embarras qu'elle trouvait plutôt attendrissant.
« Je te remercie. »
« C'est la deuxième fois que tu me remercies, je vais finir par me prendre pour un héros. » Songea-t-il soudainement.
Elle rit brièvement.
« Ce serait vraiment un comble. » Provoqua-t-elle en haussant les sourcils.
Il secoua la tête impunément, avant de la regarder silencieusement. Elle continua à nouveau son tricot, tandis qu'il ne la quittait toujours pas du regard, comme s'il était fasciné.
« Je suis sûr que tu trouveras quelqu'un. » Dit-il sérieusement au bout d'un moment.
Elle releva la tête subitement, la bouche entrouverte, tandis que de légères rougeurs prenaient place sur son visage.
« Euh je… »
Alice et Jasper furent interrompus par Garrett qui ouvrit la porte de la maison à la volée.
« Mettez la télé ! » Cria-t-il soudainement en débarquant dans le salon et en s'emparant de la télécommande posée sur l'accoudoir.
« Eh ! » Protesta Emmett tandis que Garrett l'ignorait et zappait sur la CNN.
Quelques secondes après, Bella, Rosalie et Emmett virent le visage des présentateurs avec en gros titre juste en dessous : Affaire Cullen&Volturi.
« Et nous retrouvons à présent Aline Ledez qui se trouve actuellement à Washington devant le palais de justice. » Annonça-t-il. « Aline vous me recevez ? » S'enquit-il.
L'image de la caméra changea et donna vue sur une petite brunette aux cheveux courts, tenant un micro devant un palais de justice, tandis qu'une foule de gens étaient derrière elle.
« Oui Greg, je vous entends et ici, on peut dire que c'est la folie, beaucoup de gens sont mobilisés devant le bâtiment. » Répondit la jeune journaliste. « Cette affaire est en train de prendre une ampleur des plus étonnantes. Voyez, depuis que la banque Cullen & Volturi International est accusée de blanchiment et de fraude fiscale, il s'agit d'un véritable ras de marée au sein de la communauté américaine, et en particulier à Washington où se déroulera l'audience du procès, le vingt cinq juin prochain. »
« Que pouvez-vous nous dire sur cette affaire qui passionne tant l'Amérique ? » Demanda le dit Greg avec un professionnalisme non feint.
« Et bien pour commencer, le principal accusé serait les frères Volturi, car ils sont apparemment les uniques gérants des banques à l'étranger, où se dérouleraient effectivement, toute les fraudes et arnaques. L'inculpation de Carlisle Cullen n'est pour le moment, pas encore assurée ni vérifiée. De plus, une chose des plus incroyables vient de me parvenir aux oreilles. Je viens d'apprendre que l'inspecteur qui aurait monté le dossier les inculpant se trouve être être Edward Cullen, autrement dit le fils légitime de Carlisle et Esmée Cullen. »
Les gens se trouvant sur le plateau de télévision affichèrent une mine effarée, comme si c'était une information incroyable.
« Vous voulez dire que ce serait le fils des Cullen qui aurait décidé de les faire arrêter ? » Demanda l'autre présentatrice aux cotés de Greg.
« Tout à fait Caro. » Affirma Aline avec aplomb. « Le fils a apparemment disparu de la circulation depuis plusieurs années et se serait reconverti dans la police. D'après mes sources d'information il n'aurait plus aucun contact avec sa famille depuis longtemps. »
« Dites-moi Aline. » Coupa Greg avec suspicion. « Ça a plutôt l'air d'être un règlement de compte familiale cette affaire, vous ne trouvez pas ? »
« C'est même plus que ça. » Confirma cette dernière. « Il s'agit carrément d'une guerre parents contre enfants. » Apprit-elle, étonnée elle-même de ce qu'elle avançait. « D'après ce que j'ai compris, la défense du coté adverse des accusée est assurée par Maitre Kate Denali, qui n'est autre que l'une des filles des présomptueux Eleazar et Carmen Denali, appartenant à l'entourage proche de la famille Cullen et Volturi, et également actionnaires de C&V. »
La présentatrice appelée Caro se mit à rire avec amusement.
« Vous êtes en train de me dire, ma chère Aline, que les enfants sont en train de se rebeller contre leur parents si je comprends bien. » Dit-elle en riant. Aline sourit à son tour.
« Tout à fait Caro, mais il ne faut pas oublier que cette affaire qui concerne des règlements de comptes familiaux, concerne également toute la patrie américaine ainsi que l'Europe entière. Je peux vous dire que des centaines de gens sont ébranlés, voire des milliers qui ont fait confiance à cette banque qui est aujourd'hui remise en cause. »
« Quels sont les pronostics actuels ? » Demanda Greg avec intérêt.
« Pour le moment les pronostics sont encore incertains mais tout désigne C&V vainqueurs du procès. » Fit-elle avec franchise et certitude. « Après est-ce que les Volturi et Cullen sont vraiment innocents, je crains de ne pas pouvoir répondre à cette question avant le mois de juin, dans la mesure où ni Carlisle Cullen, ni Aro Volturi n'a voulu faire de déclaration. »
« Et le fils des Cullen ? » S'enquit Caro. « Est-ce qu'il a dit quelque chose ? »
Aline secoua la tête.
« Lui aussi refuse tout commentaire et se fait silencieux dans un petit patelin de l'État de Washington, dont le nom m'est encore inconnu. »
« Non mais arrêtez de critiquer Forks, espèces d'enfoirés ! » Beugla Emmett énervé. (N/Marie : c'est vrai que c'est capital, ça XD)
« Chut ! » S'écrièrent en écho Rosalie, Bella, Garrett, ainsi qu'Alice et Jasper qui avaient également rejoint le salon. Emmett râla tandis qu'ils reportaient leur attention sur le poste de télévision.
« Donc l'affaire Cullen&Volturi qui est apparemment l'affaire la plus importante de l'année serait donc avant tout une affaire de famille… » Conclut Greg d'une voix songeuse.
« Tout porte à croire que c'est le cas. » Répondit Aline avec certitude. « Alors après, s'agit-il bel et bien d'une guerre enfants contre parents plus qu'une véritable affaire judiciaire ? Je pense que nous en saurons plus dans les prochains mois à venir avant le procès. Sachez que le juge chargé de l'affaire n'est autre que la célèbre Fallone Burton, qui a déjà emprisonné un bon nombre de criminels comme la fameuse veuve noire Sophie Biel, la kidnappeuse d'enfants Betty Ross, ou encore le tueur Shere Kan Scar qu'elle a d'ailleurs condamné à la chaise électrique. Alors quelle sera la sentence pour Aro Volturi et Carlisle Cullen ? Quelque chose me dit que cette juge impitoyable pourrait bien nous surprendre. »
Il y eut un silence à l'antenne, avant que la caméra ne reporte finalement son attention sur le plateau télé.
« Et bien merci Aline pour toutes ces précisions. » Remercia Greg avec un sourire amical.
« Mais de rien, c'était un plaisir. » Sourit-elle. « C'était Aline Ledez, pour CNN. Je vous rends l'antenne. » Salua-t-elle.
« Et tout de suite l'actu people avec Caro. » Informa Greg. Caro prit ses fiches tandis que la caméra fit un zoom sur son visage.
« Alors l'actu people de la journée… » Annonça-t-elle avec un léger sourire. « Tout d'abord les acteurs Robert Pattinson et Kristen Stewart ont été vus se baladant main dans la main dans les rues de… »
« Ouais bon on s'en fous. » S'exclama Emmett en éteignant la télévision tout en baillant. (N/Marie : Ah mais nan, on s'en fout carrément pas !)
« Eh ! » S'écria Alice. « Je voulais savoir moi ! » Fit-elle déçue.
« J'arrive pas à le croire… » Soupira Bella atterrée. « Qu'une histoire pareille prenne de telles proportions… non mais vous avez vu tous les gens derrière la journaliste ? On aurait dit une manifestation. »
« Et à quoi tu t'attendais Bella ? » Répliqua Garrett. « Il s'agit de la C&V, une des banques les plus célèbres dans le monde entier. C'était obligé que les médias allaient s'emparer de l'affaire et la transformer en véritable feuilleton télé. »
« Vous croyez qu'on va avoir des caméras devant chez nous ? » S'enquit Emmett, soudainement intéressé.
« Certainement pas ! » Protesta Bella outrée. « On n'a rien à voir dans cette histoire et puis je ne vois pas pourquoi on les intéresserait. »
« Je te rappelle quand même qu'Edward lui les intéresse. Il suffirait qu'une commère de la ville comme cette chère Jessica Stanley balance l'info pour se faire connaitre, et te voilà en haut de l'affiche ma grande ! »
« Emmett a pas tort. » Renchérit Rosalie. « Ce genre d'affaire, ça peut aller super vite et prendre des proportions dont tu n'as même pas idée. »
« J'espère que vous avez un entourage fiable. » Confia Garrett avec un sourire contrit.
Bella blêmit soudainement et l'appréhension la gagna progressivement.
« Dans ce cas clarifions les choses tout de suite, le premier d'entre vous qui parle du conflit qui nous oppose aux Cullen à cause de ma relation avec Edward est un homme mort. Est-ce que c'est clair ? » Trancha-t-elle d'une voix dure et implacable.
La dernière chose qu'elle désirait, était que les médias transforment sa vie ainsi que son couple en affaire d'état et en télé réalité américaine. Tout le monde la regarda éberlué devant un tel regard de tueur.
« Ben dis donc, c'est qu'elle fait peur quand elle s'y met ! » Fit remarquer Garrett amusé.
« T'as vu ça ? » S'étonna Emmett. « Elle est pas ma petite sœur pour rien. » Rit-il en lui ébouriffant les cheveux, tandis qu'elle grognait de mécontentement.
« Au fait Bella, est-ce que tu sais où est Edward ? » S'enquit Garrett. « Il faudrait que je lui parle. »
Cette dernière hocha la tête.
« Il est dans ma chambre avec Kate en train de régler des histoires paperasse. » Répondit-elle. « Je vais te le chercher si tu veux. »
« Merci. » Gratifia-t-il.
…
oO "Meadows of Heaven" Oo – Nightwish
« Tu crois qu'on aura une chance au tribunal ? » Demanda Edward à Kate qui était en train de ranger des papiers dans une mallette tandis qu'il était assis sur le lit, une main sous le menton, l'air pensif. Elle se retourna vers lui, le visage sceptique.
« Honnêtement, pour le moment j'en doute. Il va falloir qu'on creuse plus et qu'on ait des preuves en béton. Parce qu'eux, tu peux être sûr qu'ils auront les meilleurs avocats avec les honoraires les plus prisés. Et ils n'hésiteront pas à nous bouffer lors de l'audience. »
Edward soupira de lassitude en se passant une main au visage avec gravité. Il commençait à être fatigué de tout ça et aurait aimé prendre des vacances. De plus, l'attitude distante et étrange de Bella le perturbait également plus que nécessaire. Il était harassé de tout ça, se demandait même parfois si tous ces efforts en valaient vraiment la peine.
Kate vint à sa hauteur et lui prit les mains et le regarda avec compassion, un léger sourire confiant au coin des lèvres.
« Ne t'en fais pas Edward. On arrivera à les coincer. » Assura-t-elle. « Toi et moi on a toujours été les meilleurs, pas vrai ? » Argua-t-elle sans se départir de son sourire rassurant. Il soupira et finit par acquiescer, restant toutefois tendu et stressé comme jamais quant au déroulement des prochains évènements qui étaient en passe de sceller son destin.
« Tu as raison. » Consentit-il en se levant. « On va les plumer. » Fit-il décidé. Kate sourit en le voyant aussi déterminé.
« Je dois le reconnaitre Edward. » Dit-elle honnêtement. « Je te trouve extrêmement courageux pour oser tenir tête à Carlisle aussi longtemps. Jane n'avait même pas tenu une semaine. Il t'as vraiment fallu du cran pour ça, et encore plus pour rebondir. » Remarqua-t-elle. Il sourit.
« Ouais ben… » Il secoua la tête embarrassé. « Il t'en faut aussi beaucoup pour les défier au tribunal. » Souligna-t-il. « Tu vas te retrouver devant des avocats hyper véreux, pointilleux et sans scrupules. Ils n'hésiteront pas à ne faire qu'une bouchée de toi si tu n'es pas sûre de toi à cent pour cent. «
« Edward, je te remercie mais je connais mon métier. » Rit-elle.
« Je sais bien. » Répliqua-t-il amusé. « Ce que je veux dire… c'est que ça doit être difficile pour toi de te placer contre toute ta famille. »
Kate baissa la tête tandis qu'il affichait un air des plus sérieux. Elle avait été sa meilleure amie depuis l'époque du bac à sable. Il était évident qu'il s'inquiétait pour elle depuis qu'il la savait mêlée à cette histoire. Il se sentait même coupable de lui infliger ça à elle, qui n'avait strictement rien avoir avec tout ça. Mais si on commençait à aller par là, le degré de culpabilité qu'il éprouvait pour chacune des personnes qu'il côtoyait – en particulier Bella – serait incommensurablement élevé bien trop lourd pour être supporté par un être humain.
« Pour tout te dire… c'est vrai que ce n'est pas facile. » Avoua-t-elle d'une voix faible. « Je serai opposée à mes parents car ils soutiendront les tiens, à mes sœurs… ce ne sera pas vraiment une partie de plaisir et oui, je risque fortement d'être déstabilisée. Mais je ferai de mon mieux, je te le promets. » Il lui fit un sourire franc et reconnaissant.
« Je le sais. Et je te remercie d'accepter de t'occuper d'une cause perdue. Tu sais tu n'es vraiment pas obligée de le faire. » Rappela-t-il.
« J'y tiens. » Affirma-t-elle avec aplomb. « Je veux que nous ayons nos droits, et que tout le monde comprenne que l'argent ne fait pas tout. »
« Oui mais je n'aurais aucun moyen de te payer… »
« J'aurais refusé, même si tu avais pu. » Le coupa-t-elle avec un regard noir, presque offusqué, ce qui le fit rire.
« Ça ne m'étonne pas de toi. » Fit-il médusé.
Elle leva les yeux au ciel, avant de reprendre son sérieux et de le regarder avec gravité.
« J'aimerais que tu sois franc et honnête avec moi Edward. » Finit-elle par déclarer subitement, tandis qu'il fronçait les sourcils d'incompréhension. « Je t'ai avoué ce que je ressentais à l'idée de me retrouver dans un tribunal opposée à mes parents. Mais nous ne sommes pas directement impliqués. C'est quand même toi qui va jusqu'à tenter d'arrêter ton propre père… ne me dis pas que cela ne t'affecte pas. »
Il resta silencieux quelques secondes, le visage légèrement assombri et le regard voilé. Edward n'avait jamais été très expansif quant à ce qu'il ressentait à propos de ses parents et des conflits qui les opposent. Mais il n'avait jamais pu lui cacher quoi que ce soit, et elle la mieux placée pour vraiment comprendre ce qu'il était en train de vivre, dans la mesure où elle faisait face à la même situation et au même conflit interne que lui.
« Oui je… évidemment que cela me fait quelque chose. » Finit-il par avouer pour la première fois, détournant le regard avec embarras. « Qui a un jour souhaité se retrouver contre ses parents au tribunal ? Heureusement que ce ne sera pas à moi de lui passer les menottes s'il est condamné. Je n'aurais pas pu en avoir le courage. » Finit-il avec amertume. Il soupira en secouant la tête de dégout. « Je sais qu'ils ont été monstrueux avec tout le monde. Avec moi, avec les personnes qui vivent dans cette maison, avec les gens en général… Je les hais sincèrement pour tout ce qu'ils ont déjà fait et ce qu'ils ont l'intention de faire. »
« Mais tu ne peux pas t'empêcher de te sentir mal et de les aimer quand même. » Compléta-t-elle avec une profonde marque d'affection et d'intérêt pour lui. Il la regarda avec hésitation et hocha la tête imperceptiblement, honteux d'un tel aveu.
« Je suis horrible hein ? » Marmonna-t-il acide. « Ils ont fait tellement de choses, ont été tellement cruels avec les Swan, avec Bella… que je devrais être sans pitié avec eux. Elle ouvrit la bouche d'incrédulité.
« Quoi ? Mais non. » Assura-t-elle pleine de compassion. « C'est tout à fait normal. » Dit-elle en posant une main sur son bras en guise de réconfort. « Tu es humain. Et tu auras beau dire ce que tu veux, nier que tu as encore le moindre sentiment affectif à leur égard, ça ne changera pas le fait que tu les aime toujours. C'est en toi et tu n'y peux rien. »
Il secoua la tête, désapprouvant ses dires.
« Les trainer en justice ne devrait pas me faire un mal de chien. Je ne devrais pas être… comme ça. Aussi faible. » Kate fronça les sourcils, désœuvrée.
« Arrête de dire ça, c'est complètement faux ! » S'exclama-t-elle révoltée. « Tu as une idée de tout ce qu'il vous a fallu pour avoir le courage de surmonter tout ça à toi et Bella ? Beaucoup d'entre vous auraient déjà abandonné depuis longtemps. Et aussi tout ce qu'il t'a fallu pour attaquer ton père en justice ? Aimer tes parents ne relève pas de la faiblesse, bien au contraire ! Il faut vraiment être doté d'une force incroyable pour continuer à les aimer après tout ce qu'ils t'ont fait. Crois-moi Edward, tu es mon meilleur ami, jamais je ne te mentirais. »
Il ne sut que dire à cette déclaration. Il n'était pas vraiment d'accord avec elle là-dessus, mais elle l'avait profondément touché sans s'en rendre compte. En même temps, Kate avait toujours su trouver les mots justes à chaque fois, il savait qu'il avait eu raison de se confier à elle. Il lui sourit, affecté par ce qu'elle venait de dire. Elle leva les yeux au ciel et soupira exaspérée.
« Allez viens là. » Dit-elle en le prenant dans ses bras, passant ses bras autour de son cou avec douceur et bienveillance.
Il resta inerte quelque secondes, avant de finalement se laisser aller à son étreinte et d'entourer sa taille en inspirant profondément.
« Merci Kate. » Finit-il par murmurer au bout de plusieurs secondes. « Tu es vraiment la seule à pouvoir me comprendre. » Déclara-t-il avec honnêteté.
Elle esquissa un sourire, tandis que les minutes défilaient. Au bout ce qui parût être une éternité, elle se recula et regarda autour d'elle, avant d'apercevoir dans l'encadrement de la porte, Bella qui avait la bouche entrouverte et le visage complètement déboussolé, qui tentait vainement de réprimer ses larmes. Kate fronça les sourcils, soucieuse.
« Bella ? Tout va bien chérie ? » S'enquit-elle, chagrinée de la voir dans cet état de trouble.
En entendant le prénom de Bella, Edward se retourna et fut étonné de la voir aussi désemparée. Automatiquement son cœur se serra en réalisant qu'elle était sur le point de pleurer, ses yeux embuant déjà. Il la regarda avec une profonde inquiétude.
« Bella ? » Appela-t-il, tourmenté de la voir ainsi.
Il fit un pas dans sa direction mais elle recula, comme pour l'éviter, ce qui le blessa intérieurement. Elle secoua la tête, se forçant mentalement pour ne pas craquer.
« Ça va je… j'ai besoin de prendre l'air. » Bafouilla-t-elle rapidement, avant de se détourner comme si elle avait le diable à ses trousses.
Edward ne comprit pas sa réaction et aussitôt il se lança à sa poursuite, tracassé de ne pas savoir qui lui arrivait. Il la rattrapa et la retint par le bras avant qu'elle ne se lance dans les escaliers.
« Bella, qu'est-ce qui se passe ? » Demanda-t-il affolé, tandis qu'elle refusait de se retourner et de lui faire face, de peur qu'il ne la voie pleurer.
« Je sors juste prendre l'air, pas de quoi t'inquiéter. » Répliqua-t-elle la voix chevrotante, dos à lui.
Edward fut complètement désarmé par une telle réaction. Elle le rejetait. Il avait rarement eu aussi mal qu'à cet instant. Le fait que Bella le repousse de cette manière sans même qu'il ne comprenne pourquoi le faisait souffrir de façon poignante. Il n'était pas paranoïaque finalement, il ne s'était pas trompé. Bella était bel et bien en train de s'éloigner de lui petit à petit, et il ne pouvait strictement rien faire. Elle s'en allait au fur et à mesure, et ça le détruisait d'être incapable d'agir. Il fallait qu'il la retienne, il ne pouvait pas la laisser s'éloigner comme ça, sans au moins avoir une raison à lui fournir. Il refusa de défaire sa prise sur son poignet.
« Je t'en prie Bella. Explique-moi ce qui t'arrive. » Supplia-t-il déploré. « Je te trouve distante depuis plusieurs jours, tu refuses de me parler. S'il te plait parle-moi. »
Sa respiration se hachura et elle se débattit violemment pour le faire lâcher prise.
« Laisse-moi Edward. » Rétorqua-t-elle sèchement en se retournant vers lui avec raideur. La gorge d'Edward se serra en voyant ses yeux larmoyants. « Je t'ai dit que je voulais prendre l'air, alors va voir Kate puisqu'apparemment elle est la seule qui te comprenne. » Lâcha-t-elle, tandis qu'il était ahuri de sa réponse.
Elle n'attendit pas qu'il lui réponde et dévala les escaliers à la hâte en se précipitant hors de la maison, le laissant complètement choqué et affligé. Il resta inerte quelques secondes, ne comprenant pas son attitude si austère, puis finit par se reprendre et s'apprêta à se lancer à sa poursuite, avant de sentir une pression sur son avant bras qui le fit se retourner.
« Edward non. » Lui conseille Kate en secouant la tête de négation. « Laisse-là seule, elle en a besoin. »
Il fronça les sourcils, tiraillé et ne désirant qu'une chose : Retrouver la femme qu'il aime.
« Mais elle… »
« Elle va revenir. » Assura-t-elle d'une voix confiante.
Edward regarda en direction de là où elle était partie, et supplia mentalement le Seigneur que Kate ait raison et qu'elle revienne vite.
Car sans elle, il n'était rien. (N/Marie : *OO* trop chouuu *-*)
…
Bella était assise sur un banc, dans le parc de son enfance, les larmes coulant silencieusement, tandis que le temps était fait d'un brouillard horrible pour les yeux. Après la neige qui avait fondue, place au brouillard… Songea-t-elle. Elle ne bougeait pas, était aussi immobile qu'une statue, le regard droit devant elle, tout en étant complètement inerte à ce qui se passait autour d'elle. Après être sortie de la maison, elle était directement venue là, dans l'espoir d'y trouver un peu de paix et de réconfort, comme à son habitude. Seulement cette fois ci, elle n'y trouva aucun apaisement, ni aucun réconfort, juste des tourments et de l'incertitude. Elle avait eu raison, elle avait vu juste, et à présent elle était désemparée. Edward souffrait de cette situation. Il avait mal et par conséquent, elle souffrait elle aussi. Comment avait-elle pu laisser les choses empirer et prendre de telles proportions ? Jamais elle n'aurait dû le laisser trainer son père en justice… C'était son père bon sang ! Comment avait-il pu lui faire croire que ça ne lui faisait rien et qu'il était totalement hermétique à cette situation, alors que ce n'était clairement pas le cas ? Il ne pouvait pas mettre en prison une personne qu'il aime, parce que oui Edward aimait son père, il l'avait finalement avoué. Il avait enfin dit à voix haute ce qu'il avait toujours refusé d'admettre, et ce que Bella avait toujours su, sans besoin de confirmation.
Seulement il ne lui avait pas avoué à elle, il l'avait dit à Kate et le pire, c'était qu'il l'avait dit le plus naturellement du monde, comme si se confier à elle ne lui posait aucun problème… comme si finalement, c'était Bella le vrai problème. C'était d'elle, que venait le blocage d'Edward à ne pas se confier. Elle aurait dû le savoir, comprendre qu'il n'arrivait pas à lui faire confiance, tout simplement parce qu'elle n'était pas si importante pour lui à ses yeux. Elle ne lui était pas aussi indispensable qu'il le prétendait, elle ne représentait pas pour lui, la même chose que ce que lui représentait pour elle. Elle avait cru… lorsqu'il était revenu ce soir là, après avoir pris la décision de l'abandonner, elle avait vraiment cru en ce qu'il disait, en sa déclaration, en ses mots d'amour, ses « je t'aime » à répétition et son regard si intense et débordant d'amour pour elle. Elle en vint presque à regretter cette nuit là, rien que pour retrouver cette certitude qu'il l'aimait de façon incommensurable, retrouver ces instants où elle était sûre de son couple et de sa solidité… où elle ne se demandait pas à tout va si tout valait vraiment la peine d'être vécu et si elle ne commettait pas une énorme erreur en le gardant auprès d'elle par égoïsme, tout en sachant qu'il méritait mieux, une vie meilleure avec une meilleure épouse.
Ce qui la détruisait et la bouffait, était également ce qu'il avait dit à Kate juste avant de les interrompre.
« Tu es vraiment la seule à pouvoir me comprendre. »
Entendre ça lui avait fait horriblement mal, elle avait eu l'impression que sa poitrine se contractait et qu'on lui avait coupé tout air pour respirer. Jamais une phrase ne l'avait fait autant souffrir. Bella avait pensé qu'après tout ce qu'ils avaient traversé ensemble, toutes les épreuves qu'ils avaient dû subir, tous les malheurs qui leur étaient tombés dessus, toutes les fois où elle s'était offerte à lui, où elle s'était vouée corps et âme à lui, à cette relation, la plus importante de sa vie… toutes les fois où elle lui avait livré son cœur sans réserve, tout ce qu'ils avaient vécu ensemble, ce qu'ils avaient surmonté, affronté, ne rendant leur amour que plus fort à chaque fois, le renforçant au point qu'il ne devienne indestructible…
Elle avait pensé qu'après tout ça, elle méritait au moins sa confiance, de connaître ses pensées et ses ressentis… qu'au moins, il lui livre son cœur comme elle lui avait offert le sien. Mais non, apparemment Bella n'était pas apte à comprendre ce qu'il traversait, seule Kate en était capable.
« Tu es vraiment la seule à pouvoir me comprendre. »
Cette phrase ne faisait que tourner en boucle dans son esprit, elle n'arrivait pas à se l'ôter de la tête, comme si elle représentait ce que Bella avait toujours tenté d'ignorer, malgré tous les avertissements que sa conscience lui avaient lancés. Elle aurait tellement aimé que cette phrase lui soit adressée. Elle aurait tout donné pour être à la place de Kate à ce moment là. Elle pensait l'être, elle croyait qu'elle pouvait comprendre Edward mieux que personne, que c'était elle la seule et l'unique… Pendant longtemps elle avait été réaliste en sachant que ce n'était pas le cas et qu'il ne la méritait pas. Mais il avait su lui insuffler le doute en lui déclarant sa flamme avec tellement de sincérité, qu'elle avait fini par penser qu'elle s'était trompée et qu'il l'aimait autant qu'elle pouvait l'aimer. Pendant un temps, elle y a cru. Elle y a vraiment cru, et avait été comblée de la meilleure des manières avec un sentiment de soulagement et de bonheur inexplicable. Mais aujourd'hui elle redescendait sur Terre, et la vérité lui faisait l'effet d'une bombe tellement toxique qu'elle n'arrivait même plus à respirer convenablement. Jamais elle n'aurait dû se voiler la face, et croire qu'elle pouvait faire son bonheur. Jamais…
« Tu es vraiment la seule à pouvoir me comprendre. »
Jamais Bella ne mériterait l'amour et la confiance d'Edward, et cette phrase était là pour le prouver et le confirmer. Et oser croire l'espace d'une seconde que cela pouvait être le cas, avait été son erreur la plus fatale. Parce que maintenant que la vérité lui éclatait en pleine face, elle agonisait et souffrait le martyr. Son cœur se brisait en mille morceaux irréparables, plus rien ne comptait autour d'elle, hormis la réalité funeste qui lui apparaissait devant les yeux. Elle ne le méritait pas et elle devait arrêter de prétendre le contraire, de croire en une histoire qui est vouée à l'échec depuis le tout commencement. Peut être l'aimait-il aujourd'hui… mais dans un an ? Dans dix ans ? Lorsque le poids de ce fardeau qu'il porte en déclarant la guerre à ses parents sera trop lourd ? Lorsqu'il regrettera de l'avoir choisie elle et d'avoir tout sacrifié par amour pour elle, alors qu'elle n'en valait pas vraiment la peine ?
Elle s'était posé toutes ces questions un centaine de fois dans sa tête, sans y trouver la réponse. Mais aujourd'hui elle l'avait. Elle avait la réponse à toutes ses questions. Elle savait qu'il ne pourrait pas le supporter, qu'il finirait par ne plus l'aimer, qu'il la tiendrait pour responsable et que son seul souhait serait de retourner en arrière pour inverser le cours des choses et la quitter quand il en avait encore l'occasion. À cause d'elle, il était en train de vivre un calvaire et un véritable débat intérieur avec lui-même en collant un procès à son paternel. Elle le forçait à choisir entre elle et sa famille, mais il ne devrait pas avoir à le faire. Il devrait être heureux, avec ses parents, avec une fille qui le méritait vraiment…
Une fille comme Kate… Songea-t-elle.
Rien que d'y penser, de nouvelles larmes affluèrent sur ses joues, qu'elle laissait couler, comme pour représenter la preuve de sa douleur et de sa souffrance insupportable. Elle ne savait plus quoi faire, ni quoi penser. Elle était complètement perdue. Elle était arrivée au point de non retour, de rupture avec elle-même, avec son cœur… peut être même avec Edward… Est-ce qu'elle était capable de continuer à prétendre que leur couple allait bien et perdurerait après l'emprisonnement du père d'Edward à cause d'elle et de son entêtement à vouloir le garder auprès d'elle ? Ou alors ne serait-il pas temps de mettre fin à toute cette mascarade et de le laisser vivre la vie qu'il mérite, ou il aurait ses deux parents près de lui, une vraie vie, et où il ne serait pas obligé de tout abandonner pour une pauvre fille qui n'en vaut pas la peine ?
Une chose était sûre, elle devait prendre une décision. Elle devait faire quelque chose car la situation lui pesait, à elle comme à lui. Elle ne pouvait pas le laisser foncer droit dans le mur sans rien dire, le laisser aller à l'encontre de sa propre famille, faire tout un tas de sacrifices qu'il n'avait pas à faire. Bella réalisa à cet instant précis quelle monstrueuse personne elle était. Avoir le culot d'imposer de telles épreuves à l'homme qu'on aime, il fallait vraiment être un monstre. Bella avait honte d'elle, comme jamais on ne pouvait avoir honte de soi même. Edward était comme un pauvre oiseau pris au piège et enfermé dans une cage miniature, sans aucun moyen d'échapper à cet enfer, à moins de laisser la porte de la cage ouverte. Elle se devait de lui rendre sa liberté en ouvrant la cage, afin de le laisser s'envoler et vivre sa vie. Elle était un fardeau pour lui. Un fardeau, qui pesait douloureusement sur ses épaules, et qui lui faisait vivre un véritable calvaire ingérable. Elle devait le laisser partir, autrement si elle le gardait emprisonné, elle le condamnait. Et elle s'en voudrait toute sa vie.
« Je vous trouve bien songeuse. » Entendit-elle une voix qui lui glaça le sang.
Bella tourna la tête subitement vers la voix féminine qui l'avait abordée et des frissons de frayeur la parcoururent. La femme, toujours aussi ravissante, gracieuse, d'une beauté froide mais resplendissante, prit place sur le banc, laissant une Bella pantoise et à cours de mot.
« Vous avez l'air d'être malheureuse également. » Constata-t-elle d'une voix étonnamment… douce, faisant allusions à ses sanglots.
Bella cligna plusieurs fois des yeux pour s'assurer qu'elle n'était pas en train de rêver, qu'Esmée Cullen n'était pas une hallucination et qu'elle était bien là, assise à coté d'elle avec une voix gentille et posée. Était-elle venue en signe de paix ? Bella ne pouvait le croire. Elle fronça les sourcils et resta sur ses gardes.
« Si vous êtes venue pour me causer du tort, repassez plus tard, je ne suis visiblement pas en état, comme vous avez pu le constater. » Annonça-t-elle durement en séchant ses larmes à l'aide du revers de ses manches.
Esmée soupira silencieusement, mais ne fit aucun mouvement pour se lever et partir. Elle resta là, à regarder Bella avec un visage emprunt à de la compassion.
« Je ne suis pas venue pour ça, je sais voir quand une personne va mal. » Assura-t-elle avec franchise.
Bella la regarda étonnée, à travers ses yeux embués. Elle n'arrivait pas à croire ce qu'elle entendait, ni ce qui se déroulait. Esmée Cullen était bel et bien entrain de lui parler gentiment, sans aucun dédain ni air de supériorité. À tout moment le soleil allait faire son apparition et il allait se mettre à faire beau à Forks…
« Qu'est-ce que vous êtes venue faire ici dans ce cas ? » Demanda-t-elle curieusement. Esmée eut un regard lointain.
« Je ne savais pas que je vous trouverais, j'étais simplement venue… me balader. » Déclara-t-elle simplement. « Et puis quand je vous ai vue sur ce banc… » Continua-t-elle au bout de quelques secondes de silence. « En train de pleurer avec cet air torturé… une fille aussi jolie que vous ne devrait pas être aussi malheureuse et mal en point. » Finit-elle en un murmure à peine audible.
Bella resta incrédule par de tels propos venant de la part de la femme la plus méprisable qu'elle connaissait. D'autant plus qu'elle avait parlé avec une telle sincérité que c'en était déconcertant. Peut être qu'elle n'était pas aussi cruelle que Bella le pensait… peut être avait-elle un brun de gentillesse en elle, bien enfoui quelque part et qu'elle se rendait compte de ses erreurs. Bella réfuta cette hypothèse, il valait mieux qu'elle reste sur ses garde avec la mère d'Edward car elle était capable de tout.
« C'est entièrement de votre faute si je suis dans là dans cet état. » Répliqua-t-elle sèchement, la voix légèrement chevrotante. « C'est à cause de vous tout ce qui arrive. » Sa voix mourut dans sa gorge.
« Je le conçois. » Répondit Esmée avec un sourire désolé. « Mais vous savez Bella, nous aurions agi exactement de la même façon si Edward s'était entiché de quelqu'un d'autre qui ne soit pas de notre convenance. N'y voyez en aucun cas quelque chose de personnel. »
Bella ouvrit la bouche d'incrédulité, outrée par ce qu'elle venait d'entendre.
« Je vous demande pardon ? » Souffla-t-elle interdite et choquée. « Vous pensez vraiment que je ne vais pas prendre ça personnellement ? » Esmée eut un semblant de sourire amusé, ce qui agaça fortement Bella. « C'est forcément personnel. » Acheva cette dernière avec cynisme.
« Ce que j'essaie de vous dire Bella… » Fit Esmée en secouant la tête. « C'est que vous n'êtes pas responsable, vous êtes simplement malchanceuse. » Bella sentit l'irritation lui monter.
« Ça aurait été différent si j'avais été quelqu'un d'autre, c'est ça ? » Répliqua-t-elle sarcastique, pour cacher sa profonde douleur.
Esmée ne rétorqua rien et se contenta d'hocher la tête, laissant un silence pesant s'instaurer. Bella réfrénait son envie de pleurer, à cause de cette triste fatalité qui la touchait en plein cœur. Cette femme venait de lui prouver une fois de plus qu'elle et Edward n'étaient pas faits l'un pour l'autre, qu'ils n'avaient rien à faire ensemble et que tôt ou tard, la réalité les rattraperait de plein fouet.
« Je venais souvent emmener mon fils au parc quand il était petit. » Interrompit Esmée au bout d'un long silence incommode. Bella s'humidifia les lèvres, cherchant quelque chose à dire.
« Hum… oui il m'en a parlé. » Répondit-elle embarrassée.
Elle repensa alors au moment où Edward lui avait parlé de ça, et se surprit à avoir de nouveau l'envie de pleurer. Tout cela remontait à une autre époque bien lointaine, où ils étaient encore insouciants. Bella ne connaissait pas les Cullen en ce temps là, ni même Edward par ailleurs. Il l'avait invitée à sortir avec lui, il était venu ici et l'avait trouvée par hasard, dans le but de la réconforter après une dispute avec Rosalie et son frère. Elle ne connaissait rien de sa vie à ce moment là, mais elle savait qu'elle voulait en faire partie, qu'elle voulait le connaitre, l'aimer…
Une boule se forma au creux de sa poitrine, tandis que les heureux souvenirs affluaient, lui donnant l'impression que sa vie actuelle était encore plus désastreuse et épouvantable qu'elle ne le pensait. Le contraste entre les débuts de leur relation et le déroulement des choses était tellement immense qu'elle n'arrivait pas à le croire elle-même.
« C'était une bonne période. » Soupira Esmée d'une voix lointaine. Bella resta circonspecte.
« Pourquoi avoir changé ? Vous auriez pu être là durant son enfance, l'aimer et le choyer comme le font tous les parents. » Esmée sourit brièvement.
« Oh il était aimé croyez-moi. » Assura-t-elle d'une voix légère. « Ce n'est pas parce que nous étions la plupart du temps absents, en voyage d'affaire ou en séminaires que nous ne l'aimions pas. » Bella leva les yeux au ciel.
« Vous avez une drôle de façon de le montrer. » Rétorqua cette dernière avec acidité et répulsion.
« Nous voulons ce qu'il y a de mieux pour lui, nous agissons ainsi car nous l'aimons et nous voulons qu'il fasse les bons choix. » Se défendit-elle. La brune se retint de verser de nouvelles larmes, à mesure que les paroles d'Esmée la frappaient en plein cœur.
« Et je ne suis clairement pas ce qu'il y a de mieux pour lui, c'est ça ? » Conclut-elle douloureusement, la voix pleine de venin.
« Vous le savez très bien Bella. Vous-même le pensez au fond de vous, vous savez que c'est la vérité, n'est-ce pas ? »
Bella ne réfuta pas, s'enfermant dans son mutisme. La vérité était que l'avouer lui faisait trop mal, lui déchirait le cœur de la pire des façons. Elle savait qu'Esmée avait raison, elle n'était pas faite pour Edward, et bien que ça la rendait malade et la détruisait, elle ne pouvait le nier au fond d'elle-même, que si elle lui appartenait, lui appartenait à quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui lui conviendrait mieux et qui serait plus à sa hauteur. Quelqu'un qui ne soit pas minable comme elle.
« Vous avez raison. » Finit-elle par abdiquer, les larmes commençant à perler à nouveau. « Je suis un poids pour lui. Je ne fais que gâcher sa vie. » (N/Marie : Oh mais arrête de te lamenter & fous lui une baffe !)
La constatation de cette funeste vérité lui faisait l'effet d'un coup de poignard en plein cœur, la douleur était elle qu'elle mit carrément ses bras autour de son ventre, comme si elle agonisait physiquement. Jamais Bella n'avait eu autant envie de se mentir à elle-même qu'à cet instant. Mais il était temps qu'elle ouvre les yeux, elle avait laissé le mensonge s'installer trop longtemps. Elle et Edward n'appartenait pas au même monde. Ils n'étaient pas compatibles, ils ne pouvaient pas être ensemble, à moins d'en souffrir. Elle pouvait souffrir pour lui, mais elle ne pouvait pas le laisser souffrir pour elle.
Esmée la regarda avec ce qui ressemblait à de la compassion. Puis se décida d'aller encore un peu plus loin.
« Je sais que vous aimez mon fils Bella. » Déclara-t-elle subitement, prenant Bella de court. Elle se tourna vers la mère d'Edward, les yeux ébahis.
« Ah oui ? » Esmée sourit avec assurance.
« Évidemment. Il faudrait être aveugle pour ne pas le remarquer. Je l'ai vu dès la toute première fois où je vous ai vue, lorsque vous êtes venue dans notre demeure le soir du réveillon. Contrairement à mon mari qui pensait que vous n'étiez qu'une profiteuse manipulatrice, j'ai tout de suite compris à votre façon de le regarder, que vous étiez amoureuse. »
Bella ne sut que répondre à cet aveu. Elle était totalement sans voix et atterrée. Dans un sens, cela la rassurait que la mère d'Edward sache ce qu'elle ressentait vraiment pour son fils. Mais d'un autre coté, elle ne voyait pas du tout où elle voulait en venir avec ces déclarations des plus incongrues.
« C'est vrai. » Consentit-elle à répondre après quelques secondes d'hésitation. « Je l'aime. Je donnerais ma vie pour lui. » Sa voix dérailla sur le dernier mot.
« Je n'en doute pas une seconde. » Rassura Esmée avec attendrissement. « Mais dites-moi Isabella. Si vous l'aimez autant que vous le prétendez, pourquoi ne lui rendez-vous donc pas sa liberté ? Ne préférez-vous pas le voir heureux, entouré de sa vraie famille, avec la vie qu'il mérite ? »
Bella ouvrit la bouche, sans qu'aucun son ne sorte. Elle était figée, paralysée même. Elle regardait la femme avec des yeux implorants, comme si elle la suppliait mentalement de ne pas lui infliger une telle torture. Elle ne voulait pas se poser cette question… elle ne le pouvait tout simplement pas car elle connaissait la réponse qu'Esmée attendait. Elle savait quel était le mieux, et c'est ce qui fit accroître la douleur dans son cœur endommagé et meurtri. Elle secoua la tête impunément, refusant de croire à cette réalité pourtant bien présente, à cette vérité destructrice, à cette fatalité meurtrière.
« Non… je… non. » Bredouilla-t-elle sanglotante.
Esmée posa une main sur son épaule en guise de réconfort.
« Allons Bella, je sais que c'est dur, et je comprends votre douleur… seulement admettez que j'ai raison. Edward mérite mieux que ce que vous lui proposez. Et son père et moi pouvons lui offrir bien plus que tout ce que vous ne pourrez jamais lui apporter. »
Un silence s'instaura tandis que Bella tentait tant bien que mal de réfuter les paroles d'Esmée. Mais elle avait touché en plein dans le mille. Il était impossible pour elle de ne pas tenir compte de ce qu'elle venait de dire. Elle avait résumé entièrement ce que Bella pensait depuis le début… depuis le tout commencement. Mais l'entendre à voix haute, de la bouche de quelqu'un d'autre lui faisait plus mal encore que tout ce qu'elle avait imaginé.
« Alors qu'est-ce que je dois faire ? » Implora-t-elle les yeux larmoyants au possible.
Elle connaissait déjà la réponse à cette question. Seulement elle refusait de se l'avouer. Elle voulait l'entendre, elle voulait en avoir la confirmation. Elle était masochiste de vouloir souffrir ainsi, mais au moins la souffrance était la preuve de sa réalité, la preuve que tout ce qu'elle a vécu jusqu'ici n'était pas tout droit sorti de son imagination et que l'époque où elle avait tant été heureuse avec Edward, n'était pas un rêve et avait vraiment existé, bien qu'elle soit très loin… extrêmement lointaine, pour ainsi dire.
La main d'Esmée toujours située sur l'épaule de Bella fit quelques allers-retours réconfortants, dans le but de l'apaiser… En vain.
« Vous le savez très bien. » Murmura-t-elle désolée.
Bella la regarda avec des yeux paniqués, puis sa respiration s'accéléra, son pouls augmenta, son cœur battit terriblement vite dans sa poitrine, à des pulsations irrégulières. Ses mains devinrent moites et son corps se mit à trembler d'effroi.
« Non… » Bafouilla-t-elle rapidement, ne pouvant contenir l'affolement qui prenait possession d'elle. « Non ! Je ne peux pas ! » S'écria-t-elle horrifiée, les larmes coulant toutes seules sur son visage. « Je ne peux pas faire ça ! »
Aussitôt la douleur remplaça la panique et elle se mit à suffoquer, pleurant sans s'en rendre compte. Esmée la prit dans ses bras avec affection, effectuant des cercles pour la consoler, tandis qu'elle se laissait faire, vaincue et à bout de force.
« Chut… tout va bien. » Murmura-t-elle avec douceur. Bella secoua la tête impunément, à travers ses larmes.
« Non tout ne va pas bien ! » Protesta-t-elle la voix tremblante et déformée par des sanglots incessants.
« Bella regardez moi. » Dit Esmée en lui prenant le visage pour le relever et le mettre à sa hauteur. « Respirez un bon coup, je sais à quel point c'est dur pour vous d'imaginer ça mais il le faut. » Elle la regardait avec encouragement « Il le faut Bella. » Répéta-t-elle une nouvelle fois, tandis que Bella luttait pour ne pas pleurer toutes les larmes de son corps à la seule pensée qu'elle devait quitter Edward.
« Je… »
Elle ne put terminer ce qu'elle voulait dire, sa voix l'ayant quitté, la laissant incapable de parler et s'exprimer librement. À vrai dire, il n'y avait pas que sa voix qui l'avait quittée. Tout s'était envolé, les battements de son cœur, son souffle, son sourire, ses membres, ses articulations… tout ce qui la constituait l'avait laissée tomber, abandonnée à son triste sort, l'empêchant d'émettre le moindre mouvement.
« Isabella écoutez-moi attentivement. » Clama Esmée calmement avec sérieux, lui caressant le visage comme une mère le faisait à son enfant. « Je sais que vous êtes une fille bien. Vous êtes même plus que ça. Vous êtes belle, gentille, aimante, généreuse et pleine de bonne volonté. » Énonça-t-elle avec une sincérité non feinte, laissant Bella éberluée et sans voix. « Je sais que vous prendrez la bonne décision, car si vous aimez mon fils, alors vous ferez ce qu'il faut. » Certifia-t-elle avec aplomb, finissant sa tirade par un sourire confiant.
Bella regarda Esmée avec incrédulité. Elle n'arrivait pas à croire que cette femme qu'elle avait tant méprisé, venait de lui apporté le soutien et les réponses qu'elle attendait. Elle l'avait consolée, aidée et épaulée… jamais elle n'aurait cru Esmée Cullen capable de bonté et de compassion, surtout à son égard. De plus elle avait entièrement raison. Quitter Edward était vraiment la meilleure des solutions. Ça lui permettrait de récupérer sa vie, d'avoir ses parents auprès de lui, de pouvoir retrouver ses biens et d'épouser une femme bien plus belle et méritante qu'elle. Il fallait qu'elle le fasse maintenant, afin de l'empêcher d'aller plus loin dans son idée de faire emprisonner son père, et ainsi gâcher sa vie. Pour qu'il soit heureux, elle devrait s'effacer. Son cœur se mit à tambouriner dans sa poitrine, tandis que cette résolution la tuait intérieurement, réduisait son âme en compote, l'écrasait et la piétinait.
« Je… je ne peux pas… » Murmura-t-elle pour elle-même, incapable de supporter l'idée d'être séparée de lui ne serait-ce qu'une seconde.
« Vous savez Bella, on dit que la meilleure preuve d'amour qui puisse exister est le sacrifice. » Apprit-elle tristement. « Et parfois en amour, le moyen de prouver notre amour à la personne qu'on aime, est de s'effacer. Je crois que ce cas s'applique ici. »
« Mais c'est tellement dur… » Avoua-t-elle à demi-mots, incapable de s'exécuter et d'imaginer une seconde avoir la force de le faire.
« Je sais Bella, je sais. » Soupira la mère tristement. « Mais vous y parviendrez. Vous êtes forte, sans doute la fille la plus forte qu'il m'ait jamais été donné de rencontrer. Vous avez la tête sur les épaules et vous ne manquez pas de courage. Vous y arriverez. » Affirma-t-elle avec un sourire assuré.
Bella renifla disgracieusement, puis résignée, finit par hocher la tête, décidée à prendre la bonne décision.
« Merci Esmée. » Gratifia-t-elle avec reconnaissance, la voix toutefois sanglotante. « Merci de me comprendre et de m'aider. Quoi qu'Edward puisse en dire, vous êtes quelqu'un de bien. »
Esmée sourit.
Si extérieurement elle ne montrait rien, à l'intérieur elle jubilait.
Elle avait réussi à manipuler cette idiote avec une facilité des plus déconcertantes… elle était presque déçue d'être parvenue à ses fins aussi facilement et rapidement. Elle aurait bien voulu s'amuser encore un peu car elle avait trouvé ce moment plutôt divertissant. C'est dire si elle en redemandait. Après les échecs cuisants que son imbécile de mari avait essuyés, elle s'était résolue et décidée à prendre les choses en main, voyant que Carlisle n'arrivait à rien. De toute façon, elle avait bien compris depuis le temps qu'elle ne pouvait pas compter sur lui et qu'il fallait toujours tout faire pas soi-même. Et si elle voulait qu'Edward revienne et abandonne cette roturière qui ne valait même pas deux sous, il allait falloir qu'elle agisse et intervienne à l'aide la chose qu'elle connaissait le mieux : La manipulation.
Sachant que son pouvoir de persuasion ne marcherait certainement pas sur Edward, il avait fallu qu'elle se rabatte sur une proie toute trouvée, Bella. Esmée avait l'habitude de manipuler les personnes autour d'elle. Elle arrivait aisément à jouer les hypocrites auprès des femmes hautement placées, à duper son mari dans bien des domaines… Cela devait bien faire des années qu'elle le trompait sans aucun état d'âme. Après tout il ne s'était pas gêné pour entretenir une liaison avec Carmen, la femme d'un de ses plus fidèles amis. Esmée n'avait jamais pu digérer cette trahison et avait fini par profiter de sa beauté, de sa jeunesse et de l'effet qu'elle faisait aux hommes. Le dernier amant en date était Riley. Il était assez pratique, se trouvant chez eux presque tout le temps et répondant au moindre de ses désirs.
Oui Esmée savait manipuler les gens. Que ce soit pour l'adultère, la bonne figure, l'utilisation ou encore l'influence, elle excellait dans toutes les catégories, et elle comptait bien ajouter Bella à sa collection de personnes étant tombées sous le panneau de la fameuse Esmée Cullen.
Elle savait que cette jeune fille aimait éperdument son fils, elle n'avait pas menti tout à l'heure. Et de voir à quel point elle était dévouée pour sa famille la conforta dans l'idée qu'elle serait extrêmement facile à influencer. Esmée avait donc chargé à Riley de suivre discrètement Bella et de l'informer lorsqu'elle se trouverait seule. Ce dernier l'avait donc appelée pour lui signaler qu'elle était ici, dans un état des plus désemparés. Il n'en avait pas fallu plus à Esmée pour accourir rapidement ici et commencer son numéro de mère attendrie et désolée. Voir Bella dans un tel état de détresse l'avait fait sourire en tout premier lieu. Elle s'était dit que ça n'allait pas être difficile car la brunette était déjà bien déboussolée et vulnérable. Et quoi de mieux qu'une personne des plus vulnérables, pour que la manipulation fasse son effet ?
Elle avait ensuite joué la carte de la femme gentille et compatissante, l'amenant chaque seconde un peu plus vers son véritable objectif : La convaincre de quitter Edward.
Et ça n'avait pas raté. Bella s'était montrée vraiment docile et extrêmement facile à berner. Elle avait une faible estime de soi, ce qui en outre était avantageux. De plus, elle était perdue et tourmentée, ce qui jouait en la faveur d'Esmée. Bella était dotée d'une incroyable bonté et d'une envie de bien faire afin que tout le monde soit heureux, ainsi la convaincre qu'Edward était mieux sans elle était assez simple, dans la mesure où elle le pensait déjà. Tout ce qu'elle avait eu à faire fut de faire preuve d'un peu de finesse et d'insinuation, et le tour était joué. En moins de temps qu'il n'avait fallu pour le dire, elle avait réussi à se mettre Isabella Swan dans la poche. Tout avait été parfait. Absolument parfait.
N'en pouvant plus de la présence d'une personne aussi pitoyable que Bella à ses cotés, elle se décida à abréger cette rencontre, sachant qu'elle avait d'ors et déjà gagné la partie. Elle lui fit un nouveau l'un de ces sourires hypocrites dont elle seule avait le secret, et la prit dans ses bras avec tendresse.
« Vous faites le bon choix. » Confia-t-elle en cachant la satisfaction qui l'envahissait de toute part.
Bella aurait voulu lui sourire, mais elle n'y parvenait pas, sachant ce qui lui restait à faire. Esmée se recula bien vite et se leva du banc, avant de lui accorder un regard sincère et gratifiant.
« Vous auriez vraiment été une belle fille parfaite, si les choses avaient été différentes. » Déclara-t-elle avant de s'en aller, laissant Bella seule, enfoncée dans sa douleur et sa peine.
Elle refusa de bouger, d'esquisser le moindre mouvement, d'émettre le moindre son, de prononcer la moindre parole… Une larme coula le long sa joue, tandis qu'elle réalisait petit à petit l'étendu de la situation, et de ce qui allait se passer, une fois qu'elle se déciderait à se lever de ce banc et à rentrer chez elle, à la maison, où l'attendait l'homme de sa vie, celui qu'elle aura toujours aimé et qu'elle aimera toujours. Elle savait ce qu'elle avait à faire, et que cet acte allait lui briser le cœur à jamais. Mais que dit-elle ? Son cœur est déjà brisé. Il souffre, il agonise au fil des secondes, chaque minute qui la rapproche un peu plus de sa résolution et par conséquent, de sa rupture avec Edward. Elle allait faire ce qu'il avait promis qu'il ne ferait plus jamais. Elle allait le quitter. Dire adieu à son amour, son âme, son bonheur et son âme-sœur. Avait-elle déjà fait chose plus difficile que cela ? Non jamais.
La souffrance la martelait, telle une sentence qu'elle était condamnée à subir pour le restant de ses jours. Ses entrailles se déchiraient, son corps mourrait à petits feux, lui ôtant tout sentiment de vie et de joie. Elle ne se souvenait plus de la dernière fois qu'elle avait souri. Elle se demandait même si elle avait déjà souri un jour. Elle oubliait tout, s'abandonnait dans la noirceur de son funeste destin.
Une nouvelle larme apparut au coin de son œil, puis une autre et rapidement, elle s'effondra sur le banc. Elle fut prise de sanglots incontrôlables, tellement elle n'en pouvait tout simplement plus. Elle lâchait prise, elle se laissait aller à évacuer tous ses tourments, toutes les prises de tête, tout ce qui la torture et l'empêche de bien fermer l'œil. Elle se laissait aller dans la douleur et la peine… Elle abandonnait tout simplement.
Les minutes s'écoulaient, tandis qu'elle pleurait toujours, allongée sur ce banc, les yeux presque fermés tellement ils étaient larmoyants. Elle avait envie de hurler, de crier au monde entier à quel point elle était malheureuse. Plus le temps passait, et plus les pleurs s'intensifiaient, au point que les sanglots en devenaient carrément déchirants et douloureux à l'intérieur de la poitrine. Elle se recroquevilla doucement, à l'effigie d'un cocon, comme si inconsciemment, elle ne voulait pas que qui que ce soit ne la dérange en plein moment de détresse.
Le temps commençait à s'épaissir dans le ciel, le brouillard devenant de plus en plus volumineux, au point que l'on ne pouvait plus rien distinguer devant nous. Il y eut un grondement de tonnerre, ce qui alarma le gardien du parc. Il commença à rappeler à l'ordre toutes les personnes encore présentes, et les raccompagna jusqu'à la sortie tandis que quelques gouttes tombèrent du ciel. Bella ne suivit pas. Elle n'écoutait rien de ce qui se passait autour d'elle, elle était dans un autre monde, coupée de l'effroyable réalité du moment présent. Elle était immobile, comme léthargique, loin de Forks, loin de tout. Le seul mot qui trônait dans l'endroit où elle se trouvait, était le mot douleur. Elle resta sur le banc, dans la même position défensive, les larmes coulant abondamment sur ses joues sans jamais s'arrêter. Le gardien qui désirait rentrer au plus vite ne remarqua pas Bella, dissimulée par toute la tonne de brouillard qu'il avait devant les yeux. Il accorda un dernier regard autour de lui, et ne trouvant personne, il ferma le parc, laissant Bella toute seule, enfermée à l'intérieur, sans aucun moyen de s'échapper.
Celle-ci ne s'en rendit d'ailleurs même pas compte. Elle ne se rendit même pas compte de la pluie qui s'abattait sur elle avec force, ni de son portable qui sonnait à tout va dans sa poche, ni même du vent qui lui fouettait le visage et la faisait grelotter. Elle était déjà glaciale à l'intérieur, alors elle était immunisée contre le froid et toute forme d'intempérie.
La nuit se mit à tomber, et Bella se détériorait petit à petit, pleurant avec toute l'énergie dont elle était capable. Elle ferma les yeux, ne pouvant plus supporter la vision de ce monde qu'elle trouvait monstrueux et injuste. Elle n'avait rien fait, rien demandé pour être sujette à une telle souffrance. Pourquoi les Dieux s'acharnaient-ils sur elle de cette façon, avec autant de hargne ? Elle repensa à ce qu'Esmée Cullen lui avait dit. Était-elle vraiment assez forte pour avoir le courage de quitter Edward pour toujours ? En était-elle capable ?
Lui rendre sa liberté…
Bella réalisa qu'elle n'avait de toute façon guère le choix. Si elle aimait vraiment Edward, alors elle ferait la meilleure chose à faire. Elle allait prendre la décision la plus abominable de toute sa vie. Elle allait ouvrir la cage et le laisser s'envoler. Elle allait le libérer. Le libérer de tous ses tourments, de tous ses problèmes, de tous les futurs remords et regrets qu'il aurait eu au fil des années, après avoir enfermé son père derrière les barreaux. Elle allait le libérer, car bien qu'il ne s'en rende pas compte, elle le retenait prisonnier en le forçant à rester avec elle. Elle devait se sacrifier, afin qu'il puisse être heureux. Elle était prête à vivre malheureuse toute sa vie, souffrir mille mort jusqu'à ce que son cœur cesse de battre, si c'était pour qu'il soit heureux. Car c'était tout ce qu'elle demandait.
Sois heureux Edward…
La pluie battante fit rage et céda à la place à un orage des plus violents. Si Bella avait un tant soit peu trouvé la force d'ouvrir les yeux, elle aurait pu voir des éclairs dans le ciel nuageux, et elle aurait pu entendre les grondements de tonnerre faire rage dans toute la région d'Olympic. Seulement elle n'avait cure de tout ça. Son portable continuait de sonner en vain, ses larmes continuaient de couler, rendant sa douleur et sa peine plus volumineuses et insupportables, les grosses gouttes de pluie la trempaient et masquaient ses sanglots douloureux, et c'est avec le cœur émietté, réduit en cendres et totalement détruit, qu'elle finit par s'endormir sur ce banc, sous cet orage incessant et cette souffrance pénible, en réalisant qu'elle serait condamnée à être malheureuse toute sa vie.
Parce qu'elle allait quitter Edward et qu'elle en serait anéantie, incapable de s'en remettre.
Car sans lui, elle n'était rien.
Voilà !
Je tenais à faire un petit hommage à trois personnes - et amis - qui me lisent depuis le début de cette fiction, même bien avant que je ne fasse leur rencontre. Donc voilà, Fallone, Caro, Greg et Aline, vous vous reconnaitrez^^
Merci à ma Sister chérie d'amour pour avoir corrigé et commenté ce chapitre.
Pour toutes les personnes qui se demandaient encore dans quel camp est Esmée Cullen, si elleest gentille, si elle est d'accord avec tous les agissements de son mari ou si elle est tout aussi méchante et diabolique, vous avez votre réponse :D
J'espère en tout cas que vous aurez apprécié ce chapitre et n'insultez pas trop Bella, elle est épuisée et elle n'a plus toute sa tête xD
Il parait que c'est la fin du monde aujourd'hui, donc faites votre petite bonne action en laissant une petite review, j'essaierai de trouver un moyen de répondre par MP (peut être même avec un teaser) si je survis ^^
A bientôt !
Votre dévouée Popolove
