Salut tout le monde !
Here we go again with a new chapter of "Excès de Vitesse" *-*
Merci beaucoup à toutes les personnes qui ont laissé une review au chapitre précédent, plus que 3 chapitres avant l'épilogue, ne me lâchez pas ;)
Merci aux anonymes
Lucile, Miaouss, Sondous, marinee, Mariiiiiie D, lo, anne, laurie, mimicoeur et man0n
annabelle : Pour répondre à ta question concernant la voiture de Bella, tu n'as pas dû le remarquer mais dans le chapitre 21, lorsqu'Emmett arrive pour la dépanner, il met un crochet sur le pare brise avant de la voiture pour la tirer jusqu'à la maison, donc sois sans crainte, l'Audi de Bella est en parfaite sécurité devant chez eux ;)
Pimprenelle : Waouh, merci beaucoup pour ta review, tes compliments m'ont vraiment touchés *-* J'espère que mes autres fictions déjà en ligne te plairont :D
...
Pour en revenir rapidement sur l'enveloppe qu'Edward a remis à Charlie, la majorité d'entre vous a pensé qu'il s'agissait d'une demande en mariage, d'une bague ou d'une clé d'appartement... Et bien je dois vous dire que... bah c'est pas ça ^^
Vous allez le voir dans un instant.
Bonne Lecture !
Chapitre 27 : Reunion in Seattle
« Toujours pas d'eau chaude. » Soupirait Bella en arrivant dans la cuisine un matin.
« Va falloir vous-y faire les mômes, les parents d'Edward sont décidés à nous faire chier jusqu'au bout. »
« On sait Charlie, mais tu veux pas essayer de trouver un moyen contre ça ? » Supplia Alice. « Je tiens à ma douche chaude moi… »
« Pourquoi tu trouves pas quelqu'un avec qui la prendre ? » Lança Emmett avec des sous entendus visibles. « Je peux t'assurer que ça réchauffe bien ça ! »
« La ferme Emmett. » Râla-t-elle en masquant sa gêne.
Elle jeta un coup d'œil discret à Jasper qui buvait son jus d'orange comme si de rien n'était en évitant soigneusement de regarder dans sa direction. Quelque part, Alice souhaitait vraiment faire le premier pas et essayer quelque chose avec lui, mais d'un autre coté elle avait peur. Peur de l'inconnu, et aussi de souffrir à cause de lui. Après tout il lui avait fait déjà beaucoup de mal.
« Où est Rosalie ? » S'enquit Bella en voyant qu'elle seule manquait à l'appel, puisque Garrett ronflait toujours dans son sac de couchage et qu'Edward n'était pas encore descendu.
« Elle est partie chercher du travail. » Répondit Emmett, étonné que sa sœur soit intéressée. C'était la première fois qu'elle demandait des nouvelles de sa copine, et ça ne pouvait que lui faire plaisir.
« Du travail ? » Répéta Charlie surpris.
« Oui elle va essayer de se faire embaucher dans le garage de Jacob ou dans un autre à Port Angeles. »
« Jacob ? Tu la laisses approcher ce petit con ? » Réprimanda Bella.
« J'ai essayé de l'en dissuader mais… elle est dans le genre têtue quand elle s'y met. » Ronchonna-t-il.
« En tout cas si ça peut nous aider à gagner un peu d'argent, ça se refuse pas. » Plastronna Charlie. « Parce que au cas où vous auriez pas remarqué, on commence à être beaucoup dans cette maison. »
« Vous en faites pas Chef ! » Chantonna Garrett qui venait tout juste de se lever. « Sitôt le procès terminé moi je mets les voiles ! Non pas que j'aime pas votre maisonnette, elle est chouette, mais mon appart était cent fois plus grand. » Dit-il en baillant.
Charlie pâlit et monta sur ses grands chevaux.
« Ma maison n'est pas une maisonnette ! » S'exclama-t-il outré.
Garrett fronça les sourcils, étonné par la réaction du paternel.
« Eh du calme mon vieux ! Je viens de dire qu'elle était chouette. » Se défendit-il amusé.
« Chouette… » Marmonna Charlie incrédule.
Edward choisit ce moment là pour se manifester et apparaitre dans la cuisine. Il salua tout le monde rapidement et prit place à coté de Bella en lui embrassant la joue.
« Edward ! » S'exclama Alice enthousiaste. « C'est pas aujourd'hui que tu vas à Seattle ? »
« Si en effet. » Répondit celui-ci curieux.
Depuis le jour où il avait appris que la morte retrouvée il y a trois mois dans la forêt près de Forks avait peut être un lien avec les Volturi, Edward était devenu intenable. Il ne cessait de faire des recherches et de se renseigner sur Heidi Meyer, la fiancée du fils de Marcus. Il avait découvert que Demetri avait lancé un avis de disparition le 15 novembre, qu'ils étaient sensés se marier en décembre, c'est pour cette raison que Demetri n'était pas venu au repas de Noël organisé par les Cullen, celui où Bella et lui étaient allés et qui s'était transformé en vrai fiasco.
Aujourd'hui il avait prévu de se rendre à Seattle dans un seul but, se rendre chez Demetri Volturi et lui poser toutes les questions concernant sa fiancée. Il voulait aussi l'inciter à aller reconnaitre le corps à la morgue, mais il se doutait que ça n'allait pas être aisé. D'après son lieutenant Benjamin, Demetri traversait une très mauvaise passe depuis la disparition mystérieuse d'Heidi. Il était apparemment devenu un vrai fantôme vivant dans l'ombre de lui-même. Il ne sortait pas et ne voyait personne.
« Chouette ! » Fit Alice joyeuse. « Alors est-ce que tu pourrais m'emmener en centre ville ? Parce que ça fait longtemps que je ne suis pas allée à Seattle et comme ma voiture est en panne d'essence… »
« Alice, je suis pas sûre qu'Edward ait le temps de jouer les taxi… » Répondit Bella à sa place avec embarras.
« Non ça fait rien. » Contredit ce dernier. « Je veux bien t'emmener y a pas de souci, par contre je sais pas vraiment quand je rentrerais, alors tu vas devoir te caler sur mes horaires. »
« Ça me pose pas de problème, merci Edward ! » Sourit-elle.
Un silence s'instaura à la table tandis que tout le monde prenait son petit déjeuner tranquillement. Bella se tourna vers son petit ami avec inquiétude.
« Dans combien de temps tu dois t'en aller ? » Lui demanda-t-elle tout bas.
« Pas longtemps, en fin de matinée je pense. »
« Tu fais attention à toi d'accord ? » Murmura-t-elle anxieuse.
Il la regarda avec un sourire au coin des lèvres.
« Je rêve où tu es en train de chercher à me materner ? » Fit-il amusé.
Elle se mit à rougir.
« Pas du tout… c'est juste que tu m'as dit que tu le connaissais alors je voudrais pas que ça rende les choses compliquées… » Se défendit-elle en montrant à quel point elle se faisait du souci pour lui.
Il lui prit le menton et ancra son regard dans le sien, oubliant momentanément les gens présents à la table autour d'eux.
« Ne t'inquiète pas pour moi Bella, je sais faire la part des choses. » Rassura-t-il.
Elle lui sourit et pencha la tête pour l'embrasser et il se laissa faire, passant un bras derrière ses épaules pour la rapprocher de lui. Ils n'entendirent pas les raclements de gorge et continuèrent à s'embrasser jusqu'à ce qu'ils durent se séparer pour respirer. Il lui octroya un large sourire et elle se mit dans ses bras, enfouissant sa tête dans son cou, triste à l'idée devoir passer une nouvelle journée sans lui. C'est vrai qu'elle s'inquiétait pour lui, mais elle ne pouvait s'en empêcher. Elle savait à quel point cette affaire représentait beaucoup pour lui, et elle ne voulait pas que cela se transforme en conflit d'intérêt. Mais elle lui faisait confiance, il savait ce qu'il faisait… du moins en principe.
« C'est trop mignon ! » Soupira Alice rêveusement en les regardant enlacés comme ils étaient. « D'ailleurs c'est tout de même dingue ! Qui aurait cru qu'une contravention pour excès de vitesse aboutirait à ça ? » Fit-elle sans se rendre compte de ce qu'elle venait de dire.
Un silence de mort se fit autour de la table tandis que Charlie relevait la tête de son journal avec incrédulité, que le visage de Bella se décomposait et qu'Edward devenait raide comme un piquet.
« Une arrestation ? C'est quoi cette histoire ? » Demanda le paternel soupçonneux.
Bella le regarda paniquée alors qu'Alice se rendit compte de sa boulette.
« Oh mon Dieu… j'ai gaffé c'est ça ? » Murmura-t-elle en se mordant la lèvre.
« On dirait bien. » Affirma Emmett qui assistait à la scène avec anticipation.
On va bien s'amuser…
« Bella ? » Interrogea Charlie en voyant que celle-ci n'avait toujours pas ouvert la bouche.
« C'est un malentendu, pas du tout ce que tu crois. » Rattrapa-t-elle avec embarras.
« Un malentendu ? » Répéta-t-il. « Je croyais que ta voiture était tombée en panne et qu'Edward était arrivé et l'avait réparée ? »
« Et bien oui… »
« Alors c'est quoi cette histoire de contravention ? » S'impatienta-t-il.
Bella se tourna vers Edward qui faisait mine de regarder ailleurs. Partout sauf dans la direction de Charlie.
« Euh… en fait euh… disons que ma voiture est pas vraiment tombée en panne. » Bafouilla-t-elle avec crainte.
« J'écoute. » Dit-il sans se dérider.
Elle ferma les yeux et prit une bouffée d'air.
« Il faisait tard et il pleuvait à torrents cette nuit là, alors j'ai comme qui dirait… appuyé sur le champignon. » Termina-t-elle piteusement tandis que Charlie commençait petit à petit à comprendre.
« Tu veux dire que t'as roulé trop vite ? »
Elle hocha la tête sans rien dire, le regard baissé vers ses genoux.
« Et Edward t'a arrêté ? » Devina-t-il en tournant son regard vers le concerné.
« Si on veut. » Répondit-il forcé, ouvrant la bouche pour la première fois depuis tout à l'heure.
« Tu parles ! » Rugit Emmett en partant dans un rire tonitruant qui lui valut les regards incendiaires d'Edward et Bella.
Il se racla la gorge.
« Hum, pardon. » Se reprit-il.
« Ça veut dire quoi ça ? » S'énerva Charlie. « Est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer parce que je comprends plus rien ! »
« Y a rien à comprendre, j'ai roulé trop vite, Edward a voulu m'arrêter, je l'ai convaincu de ne pas me mettre de contravention et voilà. » Conclut Bella un peu trop rapidement.
« Tu espères sincèrement que je vais avaler ça ? »
« C'est la vérité Charlie. » Répondit Edward sérieusement, serrant la main de Bella sous la table.
Charlie le toisa sévèrement, puis soupira pour contenir sa colère.
« Tu me déçois Bella, c'est pas ton genre d'enfreindre la loi. » Réprimanda-t-il.
« Mais c'est arrivé qu'une fois, je te le jure ! » Se défendit-elle. « Je voulais seulement rentrer vite à la maison… et puis Edward me l'a fait sauter alors je vois pas où est le problème… »
« Justement ! » Ragea-t-il en se tournant vers son gendre. « Ça t'arrive souvent Edward de faire des fleurs aux jolies filles qui sont sur ton chemin ? »
Edward se gratta la gorge avec gêne.
« Bien sûr que non. Bella est la seule à qui… enfin vous voyez. De toute façon ce n'est même pas mon job de coller des PV. »
« Et comment tu t'es débrouillé ? Tu lui as fait du chantage c'est ça ? Tu lui as dit qu'elle pourrait repartir tranquille en échange de son numéro de téléphone c'est ça ? » Accusa-t-il remonté.
« Oh Seigneur… » Soupira Bella en se tapant le front.
« Je vous assure que ça ne s'est pas du tout passé comme ça. » Contredit Edward qui se sentait mal à l'aise face à la tournure que prenait la conversation.
« Bah tiens donc ! Et comment espérez-vous que je vous crois tous les deux après ça ? J'ai l'impression d'avoir deux menteurs dans ma maison ! »
Un silence se créa autour de la table. Jasper et Garrett se faisaient tout petits et Edward serrait la main de Bella dans la sienne tandis que celle-ci le regardait paniquée, pendant que Charlie les foudroyait du regard.
« Bella je suis désolée… » Fit Alice avec des yeux affolés après un long moment sans rien dire.
La brune ne répondit pas et se contenta de soupirer.
« J'imagine que maintenant on peut lui dire que vous avez couché ensemble. » Émit Emmett avec un sourire contrit.
« Emmett ! » S'écria Bella horrifiée.
« Bah quoi ? Il sait déjà presque tout de toute façon ! » Protesta ce dernier.
Charlie écarquilla les yeux et sembla sur le point de se décomposer.
« Papa ? » Appela Bella avec inquiétude.
Il ne réagit pas et elle agita une main devant lui pour le ramener à la réalité. Au bout de plusieurs secondes, il sembla revenir à lui et se leva subitement de sa chaise, le visage impassible.
« Dans le salon. » Ordonna-t-il sans leur laisser la chance de répliquer et en s'en allant de la cuisine.
Edward soupira d'appréhension tandis que Bella se prenait la tête dans les mains.
« Bah dis donc, ça va barder pour vous on dirait. » Lança Garrett en mordant dans sa biscotte.
« J'espère que vous êtes contents de vous. » Marmonna Bella cinglante en direction d'Emmett et Alice. « Comme si on avait besoin de ça maintenant. »
« Sans vouloir t'offenser Bella, » Interrompit Edward. « Je crois plutôt que c'est après moi qu'il en a. »
Elle tourna la tête vers lui et vit qu'il semblait légèrement mortifié. Elle effectua une pression sur sa main.
« Ça ne change rien. Que ce soit toi ou moi, c'est pareil. » Lui assura-t-elle d'une voix douce. Il lui fit un léger sourire peu convaincant.
« Viens. » Lui dit-il en l'incitant à se lever. « Allons affronter ton père. »
Elle prit sa main et se leva, respirant lourdement. Après un échange de regard entendu, il l'emmena dans le salon, laissant les autres dans la cuisine. Charlie était debout dans le salon, leur tournant le dos.
Edward se racla la gorge pour prendre la parole, pendant que Bella se faisait toute petite et n'osait rien dire.
« Écoutez Charlie, je veux que vous sachiez que… ce n'est pas du tout ce que vous croyez. »
Dans le genre phrases merdiques, Edward venait d'en sortir une belle. Mais lorsqu'il s'en rendit compte, il était trop tard puisque Charlie s'était déjà retourné et montrait une colère sans égale.
« Pas ce que je crois ? Vraiment ? Alors tu vas me dire que tu n'as pas abusé de ma fille et profité de sa naïveté ? » Tonna-t-il avec aigreur.
« Bien sûr que non ! » Assura-t-il. « J'aime Bella, vous le savez depuis le temps. »
« Papa, » Tenta Bella avec crainte. « Ce qui s'est passé cette nuit là, tu ne peux pas comprendre mais… »
« Oh rassure-toi, je comprends très bien. » Répliqua-t-il sèchement. « Ce petit con a abusé de toi en te promettant d'effacer ton amende si tu faisais ce qu'il voulait ! » Accusa-t-il en pointant un doigt en direction d'Edward.
« Charlie je vous jure que… »
« Toi tu la fermes ! » Tonna-t-il durement.
« Ça ne s'est pas du tout passé comme ça ! » Protesta Bella. « C'est moi qui lui ai fait des avances, pas l'inverse. »
Edward la regarda en fronçant les sourcils et elle lui fit un regard noir pour lui intimer de se taire, ce que Charlie remarqua.
« N'essaie pas de le couvrir Bella, ce qu'il a fait est immoral et je veux qu'il foute le camp de ma maison. » Déclara-t-il sans appel.
Celle-ci manqua de s'étouffer en entendant ça.
« Quoi ? ! » S'écria-t-elle.
« Tu m'as très bien compris ! » S'entêta-t-il.
« Tu vas pas faire ça ! » S'affola-t-elle.
« Oh que si je vais le faire ! Edward, tu as dix minutes pour faire tes valises, je ne veux plus jamais que tu remettes les pieds chez moi ! »
Sans attendre, il monta à l'étage et claqua une porte puissamment, faisant trembler toute la maison.
« Et ben… Le moins qu'on puisse dire c'est qu'on s'ennuie pas chez vous ! » S'exclama Garrett qui sortait de la cuisine, Emmett, Jasper et Alice à sa suite.
« Je vais le voir. » Annonça Bella d'un air décidé.
« Non attends Bella, laisse-le. » Refusa Edward en la retenant par le bras.
« Mais enfin tu as vu ce qu'il vient de dire ? On peut pas accepter ça ! » Réfuta-t-elle. Il haussa les épaules désolé.
« Si ton père veut que je m'en aille, alors c'est ce que je vais faire. »
Bella écarquilla les yeux, n'arrivant pas à croire ce qu'elle entendait.
« Edward… » Murmura-t-elle paniquée.
« Je suis vraiment désolé Bella, mais c'est ton père, on ne peut pas contester ses décisions. »
Elle secoua impunément la tête, sentant la colère lui monter.
« Euh Bella… » Commença Alice avec désolation.
« T'es contente de toi ? » Coupa la concernée en la foudroyant des yeux. « Pour une fois dans votre vie pouviez pas vous taire ? »
« Laisse-tomber. » Pria Edward en secouant la tête. « Ça sert à rien de se prendre la tête pour ça. »
« Tu plaisantes ? Mais où vas-tu aller ? » Fit-elle horrifiée. « Tu es sans argent ! »
« Je vais me débrouiller, il me reste de l'argent que j'avais retiré de mon compte avant qu'on me coupe les vivres. »
Bella fronça les sourcils d'incompréhension.
« Attends une minute… comment ça tu as de l'argent ? Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ? »
Edward se passa une main dans les cheveux avec gêne.
« Et bien, au départ je voulais pas t'en parler parce que… je ne comptais pas m'en servir à des fins personnelles. » Dit-il embarrassé.
« Comment ça ? Je ne comprends pas. » Fit-elle déroutée.
« C'était pour toi. »
La voix basse de Charlie les interrompit et tout le monde se retourna vers ce dernier que personne n'avait entendu revenir. Il semblait mal à l'aise et avait la tête baissée vers ses chaussures.
« Papa ? » Appela Bella étonnée et anxieuse en même temps.
Charlie soupira de lassitude. Il tenait une enveloppe dans sa main et lorsqu'il s'approcha du couple, il la tendit à Bella. Edward regardait ailleurs, mal à l'aise comme jamais.
« Qu'est-ce que c'est ? » S'enquit-elle suspicieuse en s'emparant de l'enveloppe.
« De l'argent qu'Edward m'a donné pour tes études. »
« Mes études ? » S'exclama-t-elle perdue.
« Je comptais t'en parler une fois tout ça terminé mais… » Edward la tira par le bras afin de l'éloigner des autres pour lui parler seul à seul. « Je voudrais que tu reprennes tes études. »
« Pourquoi ? »
« Parce que tu as toujours rêvé d'aller à Dartmouth et tout ce qui te manquait, c'était l'argent pour y aller. »
Bella le regarda abasourdie. Sa lèvre inférieure tremblota légèrement tant ce qu'Edward voulait faire pour elle la touchait, bien qu'il était hors de question qu'elle n'accepte.
« Mais Edward, ça c'était avant… »
« Ça l'est toujours. » Contra-t-il sûr de lui. « Tu crois que je ne vois pas la façon dont tu regardes Kate à chaque fois que tu l'entends parler de son boulot ? Même si on n'en a jamais parlé, je sais que tu aurais aimé être avocate, faire des études de droit… et j'aimerais que tu le fasses. »
Elle secoua la tête, émue encore une fois par le fait qu'il soit aussi attentif. Elle n'arrivait pas à croire qu'il fasse autant attention à elle pour remarquer des détails que personne ne remarque jamais, pas même sa meilleure amie. Il est vrai que Bella avait toujours voulu être avocate, alors lorsque Kate est apparue, elle s'est surprise à l'envier d'une manière considérable. Non seulement cette fille était la meilleure amie d'Edward depuis l'enfance, elle savait tout de lui, il lui confiait tout, y compris ce qu'il refusait de lui dire… mais en plus elle était avocate, elle avait le boulot de ses rêves. Plusieurs fois Bella s'était surprise à être jalouse, bien qu'elle adore cette fille et que pour rien au monde elle n'échangerait sa vie contre la sienne.
Malheureusement le destin – pour ne pas dire Carlisle Cullen – avait fait en sorte qu'elle se retrouve à étudier de la littérature à l'université publique de Seattle. Et aujourd'hui Bella avait fait une croix sur tout ça. Elle avait rencontré Edward, elle ne voulait rien d'autre. Surtout pas de son argent.
« Écoute je… ce que tu fais pour moi me touche profondément mais je ne peux pas accepter ça. » Balbutia-t-elle touchée. « Enfin tu comprends, cet argent c'est le tien, pas le mien, et je refuse que tu dépenses quoi que ce soit pour moi. »
Il posa une main sur sa joue et la scruta avec intensité.
« Bella, c'est la faute de mon père si tu n'as pas pu accomplir ce que tu voulais. Je sais ce que tu vas me dire, que ce n'est pas à moi de réparer les erreurs qu'il a commises, et ce n'est pas du tout ce que je cherche à faire. Seulement je veux te rendre heureuse, et je sais que c'est ce que tu veux. On n'est pas obligé d'en parler maintenant, on peut très bien attendre quelques mois, quand le procès sera passé. »
« Je t'aime Edward, mais ça c'est beaucoup trop, et puis tu vas en avoir besoin à présent alors… »
« Il peut rester. » Déclara Charlie qui s'était rapproché.
Bella se tourna vers lui et ses yeux s'élargirent.
« Tu es sérieux ? »
Il hocha la tête.
« Je me suis emporté tout à l'heure mais je connais Edward, je sais que c'est un bon gars alors… ouais. »
Aussitôt le souffle qu'elle avait retenu depuis tout à l'heure lâcha et elle soupira de soulagement. Elle sourit et se mit dans les bras d'Edward, ne voulant plus le lâcher, comme si elle avait eu peur que pendant une minute il disparaisse. Ce dernier passa ses bras dans le dos de sa compagne et regarda Charlie avec une pointe d'incertitudes mêlée à une profonde gratitude.
« Vous êtes sur que… »
« Mais oui Edward, faut pas prendre au sérieux mes excès de colère ! » S'exclama le paternel sur un ton léger.
« Merci Charlie. » Gratifia-t-il sincèrement.
« Ouais bon, on va pas en faire une montagne. » Grogna-t-il. « Par contre que les choses soient claires, je ne veux plus jamais entendre parler de cette histoire est-ce que c'est clair ? »
Edward comme Bella hochèrent la tête vivement.
« Très clair. » Dirent-ils en chœur.
…
Il fallut de longues minutes à Bella pour pardonner à Alice et Emmett leurs gaffes du matin. Alice avait quant à elle abandonné l'idée de se rendre à Seattle avec Edward, ayant peur de se retrouver seule dans une voiture avec celui-ci. Ils n'avaient pas reparlé de l'enveloppe ainsi que de la question des études qu'il voulait offrit à Bella. Mais il lui promit – cela sonnait d'ailleurs plus comme un avertissement – qu'ils en reparleraient dans quelques mois, lorsque leur vie aura pris un meilleur départ.
C'est donc seul qu'il était parti pour Seattle, afin de se rendre chez Demetri Volturi, le fils de Marcus Volturi ainsi que le neveu d'Aro et Caius. Quelque chose lui disait que si Demetri était bel et bien le fiancé de la fille morte qu'il a retrouvée il y a plus de quatre mois de cela, alors les Volturi n'étaient pas anodins à toute cette histoire. Edward ne savait pas ce qui l'attendrait lors de cet entretien, mais tout ce qu'il espérait, c'était de ressortir avec des réponses.
Il arriva devant la porte de la maison de Demetri, et après une profonde inspiration pour se donner du courage, il frappa à la porte de son ancienne connaissance. Cela faisait des années qu'il ne l'avait pas vu, la dernière fois remontait à quelques mois avant sa fugue de chez ses parents il y a plus de quatre ans. Il ignorait tout de lui, même qu'il avait été fiancé. Même durant son enfance, Edward n'avait pas pour habitude de trainer avec les enfants Volturi. Cependant le fils de Marcus avait toujours été le moins pire. Il n'était pas aussi crétin que les autres, et puis des trois Volturi, Marcus avait toujours été le plus appréciable. Mais cela n'empêchait pas le fait qu'Edward faisait un maximum pour les éviter tous le plus possible.
Il attendit durant de longues secondes interminables, jusqu'à ce que la porte ne s'ouvre enfin sur un grand homme blond qu'Edward eut du mal à reconnaitre. Il portait un bas de pyjama à rayures bleu ainsi qu'un teeshirt blanc délavé et taché comme s'il n'avait pas été passé à la machine depuis un bout de temps. Sa barbe datait déjà de plusieurs jours et ses cheveux étaient vraiment gras. Il ressemblait à l'un de ces chômeurs désespérés ou ces mecs au bout du rouleau après une rupture qu'on voyait à la télévision dans les films. Lui manquait plus que le gros bol de céréales ainsi que la bière et les chaussons…
Les yeux marron de l'homme s'élargirent en reconnaissant Edward et il partit dans un rire tonitruant.
« Alors ça je le crois pas ! Edward Cullen devant ma porte, alors ça pour une surprise ! » Beugla-t-il d'une voix forte.
Edward fut décontenancé par l'attitude et le look de Demetri et se gratta la gorge avec embarras.
« Bonjour Demetri. » Salua-t-il poliment, ne sachant pas réellement comment se comporter avec lui.
« Qu'est-ce que tu viens foutre là ? J'ignorais qu'on était potes toi et moi. » Demanda le blond avec un regard cynique.
« Est-ce que je peux entrer ? » Quémanda-t-il.
Demetri le sonda silencieusement, l'air impassible. Puis il haussa les épaules et s'écarta.
« Fais comme chez toi. » Dit-il avec indifférence.
Edward le suivit avec réticences tandis qu'il le laissait entrer et refermait la porte sur son passage. Il fut choqué lorsqu'il pénétra dans la maison de Demetri et découvrit l'état dans lequel elle était. Depuis quand n'avait-il pas passé un coup de balai ou de serpillère ? En passant devant la cuisine, il découvrit une multitude de vaisselle débordant de l'évier qui puait la crasse à plein nez. Ils débouchèrent sur un salon dont la moquette était toute tachée et où il n'y avait rien hormis un fauteuil en face d'un vieux canapé et une télévision poussiéreuse. Edward fut attristé de voir ce que Demetri était devenu. La dernière fois qu'il l'avait vu, il était un mec propre sur lui, usant de belles voitures et vivant chez son père dans un beau palace et s'habillant chez Armani avec des costumes faits spécialement sur mesure. À présent il était complètement méconnaissable. Il ne prenait soin de rien, ni de sa propre maison, ni encore moins de lui-même.
« Tu veux boire un truc ? » Demanda celui-ci en se dirigeant vers la cuisine.
« Je veux bien un café. »
« J'ai plus de café. Il reste plus que de la bière. » Grommela-t-il.
« Bon bah une bière alors. » Soupira Edward qui alla s'installer sur le fauteuil.
Il revint quelques secondes plus tard muni d'une bouteille de bière dans chaque main. Il en tendit une à Edward qui la prit en marmonnant un « merci ». Demetri prit place dans le canapé avec désinvolture.
« Alors quoi de neuf ? Ça fait un bail. » Demanda-t-il sans avoir l'air de vraiment s'y intéresser.
Edward décapsula sa bière avec sa main et consentit à répondre, se disant que le dialogue serait plus facile s'ils commençaient par des futilités.
« J'ai connu mieux mais ça va aller. »
« Tes parents te font vivre un enfer c'est ça ? » Devina-t-il.
« J'imagine que ton père a dû t'en parler… »
« Non j'ai seulement vu l'affaire à la télé. »
Edward fronça les sourcils.
« Tu ne parles plus à ton père ? »
« Si quand il vient me voir… une fois tous les mois. »
« Et le reste de ta famille ? Tes oncles, tes cousins… »
« Est-ce qu'au moins tu m'as regardé Edward ? » Accusa-t-il sur un ton évident. « T'as vu l'état dans lequel je suis ? Tu crois sincèrement que cette bande de connards pleins aux as s'encombrerait d'une épave comme moi ? Je ne suis plus qu'un pois pour eux maintenant, un pauvre microbe. »
Edward soupira tristement en l'observant. Il avait tellement changé, c'était difficile à s'habituer à sa nouvelle apparence. Il se doutait que le changement de Demetri devait avoir un rapport avec la disparition de sa fiancée. Perdre l'amour de sa vie pouvait vraiment transformer quelqu'un et le réduire à l'état de loque. Lui-même, s'il devait perdre Bella un jour, il savait qu'il ne serait pas dans un meilleur état que Demetri, si ce n'est pire.
« Je suis navré pour toi. » Fit-il sincèrement. Demetri haussa les épaules en buvant une gorgée.
« Bof, j'en ai plus rien à foutre. »
Un silence gênant se forma autour d'eux. Demetri avalait sa bière tandis qu'Edward avait à peine touché à la sienne. La vérité est qu'il ne savait pas comment aborder le sujet pour lequel il était venu en tout premier lieu. Cet homme devant lui était dans un état tellement pitoyable qu'il n'avait pas envie de lui causer encore plus de problèmes. Mais pourtant il se refusait à partir avant d'avoir eu ce qu'il désirait.
Il entendit un rire franc de la part de son interlocuteur, et releva la tête vers lui avec étonnement.
« Ça alors… » S'exclama Demetri en secouant la tête sans se départir de son rire dédaigneux. « Ça doit bien faire cinq ans qu'on s'est pas vu, il y a quatre ans tu t'es barré de chez toi comme un sale merdeux et tu as abandonné tout le monde. Et si on m'avait dit que le jour où l'on se reverrait ce serait pour… »
Il ne termina pas sa phrase et continua de rire comme si c'était une bonne blague. Edward fronça les sourcils.
« Je ne comprends pas. De quoi tu parles ? »
Demetri cessa de rire et planta son regard dans le sien avec hostilité.
« Tu me prends vraiment pour un con ou quoi ? Tu pensais que j'avais aucune idée de ce pourquoi t'es là ? T'espérais faire passer ta visite pour de la pure courtoisie peut être ? » S'énerva-t-il soudainement.
Edward le regarda mal à l'aise.
« Euh, non mais je… »
« Tu crois que je sais pas déjà que t'es flic ? Ou alors t'essaies simplement de te foutre de ma gueule ? Je sais pourquoi t'es là alors abrège et pose tes questions de merde puis barre-toi de ma maison ! » Lâcha-t-il d'un ton agressif.
Le jeune inspecteur se passa une main sur le visage et se contenta d'encaisser le coup sans rien dire. Demetri n'était pas son ennemi, il était juste un pauvre type en colère après tout le monde et qui n'était plus que l'ombre de lui-même.
« D'accord euh… tu as raison je suis pas là par simple courtoisie. » Avoua-t-il avec gêne.
« Sans rire… » Marmonna Demetri avec sarcasmes. « Alors qu'est-ce que tu veux savoir au juste ? »
« Quand as-tu constaté la disparition d'Heidi ? » Demanda-t-il pour la forme, connaissant déjà la réponse. Il cherchait simplement un moyen de démarrer la conversation qui ne risquait pas d'être aisée pour lui.
« Le samedi 15 Novembre. » Récita-t-il comme s'il connaissait cette date par cœur.
« Comment était-elle avant sa disparition ? Est-ce qu'elle était distante ou agissait d'une manière différente ? »
Il but une nouvelle gorgée de sa bière avant de répondre.
« Elle était préoccupée… mais elle n'était pas distante. »
« Préoccupée c'est-à-dire ? »
« Et bah… elle dormait très mal et puis elle avait souvent la tête ailleurs. Par moment on aurait même dit qu'elle était effrayée. »
Edward hocha la tête, en pleine réflexion.
« Que s'est-il passé le jour où elle a disparu ? » Interrogea-t-il.
Nouvelle gorgée de bière. Cette fois plus consistante.
« J'étais sorti et lorsque je suis rentré à la maison, j'ai trouvé un mot sur le frigo disant qu'elle me quittait sans explication. » Dit-il douloureusement.
« Depuis quand est-ce que tu la connaissais ? »
« Plus de deux ans. »
« Et elle n'a jamais montré le moindre signe comme quoi elle n'était plus heureuse avec toi ou… »
« Non ! » Rugit-il comme s'il venait de profaner une insanité. « Non ! Heidi était très heureuse avec moi ! On s'aimait à la folie, c'est pas du tout son genre de partir comme ça… »
« D'accord… » Murmura Edward tout bas pour lui-même.
Demetri remarqua un truc et fronça les sourcils.
« Tu dois pas noter tout ce que je dis sur un papier normalement ? »
Edward se tendit. Son ami ignorait qu'il s'agissait d'une enquête dans le cadre hors professionnel. En réalité c'était même une enquête qu'il ne devrait pas du tout mener, surtout depuis que le procureur l'avait close.
« J'ai une très bonne mémoire. » Assura-t-il pour toute raison.
Il le regarda suspicieux, puis soupira et laissa tomber.
« Donc toi et Heidi vous connaissiez depuis environ deux ans. Vous étiez fiancés jusqu'au jour où elle disparait mystérieusement en laissant juste un mot sur le frigo. Et toi tu ne t'es pas dit une seconde qu'elle te quittait simplement ? »
Demetri resta silencieux, avant de fixer Edward intensément, comme s'il voulait lui faire passer un message avec ses yeux.
« Je vais te dire un truc Edward. Quand une fille t'aime au point que ça crève les yeux, qu'elle est là à te soutenir à chaque fois que t'en as besoin, à te dire à quel point elle t'aime avec autant d'adoration qu'un enfant devant le Père Noël, que même pas deux jours avant de disparaitre elle rêve de vos futurs enfants et prépare votre mariage comme si c'était la meilleure chose de toute sa vie, franchement est-ce que tu t'arrêterais à un stupide mot collé sur un frigo ? »
Edward ne répondit rien, mais resta longuement pensif après une telle tirade. Demetri avait soulevé un point extrêmement intéressant. Si sa fiancée l'aimait vraiment comme il l'avait décrit, son attitude n'était pas du tout cohérente. Il essaya de se mettre à sa place et pensa à Bella. Si cette dernière disparaissait de la même manière, sans l'once d'une explication hormis un « je te quitte » écrit sur un pauvre mot, aucun doute qu'il n'en resterait pas là.
Il savait que Bella l'aimait d'un amour inconditionnel, et que jamais elle ne serait capable de le laisser tomber de cette façon. Alors comme Demetri, il refuserait de croire un traitre mot de ce qu'il y a écrit et la rechercherait. Il la traquerait même, et ne s'arrêterait que lorsqu'il l'aurait retrouvée. Demetri avait raison. Tout ça ne collait pas. Soit il était un amoureux transi trop aveugle pour se rendre compte que cette fille le manipulait et ne l'aimait pas, soit sa fiancée l'aimait de la même façon que Bella l'aimait et dans ce cas là, il y avait forcément anguille sous roche.
« La police a abandonné les recherches seulement quelques jours après. Est-ce que tu sais pourquoi ? » Demanda-t-il après une mûre réflexion.
« Les flics ont fouillé chez moi et ils ont retrouvé le mot du frigo. De là ils en ont déduit que c'était seulement une rupture. »
« Mais toi tu n'y croyais pas. » Déduit-il.
« J'ai essayé de leur expliquer que c'était impossible qu'elle me quitte comme ça, qu'il fallait continuer les recherches parce qu'elle n'était pas comme ça… mais rien à faire, les flics sont des connards. Sans vouloir t'offenser évidemment. » Crut-il bon de rajouter avec un rictus sur les lèvres.
Edward sourit légèrement.
« Et si elle s'était seulement enfuie avec quelqu'un d'autre ? Elle aurait pu rencontrer quelqu'un et tomber amoureuse de lui… » Proposa-t-il tout de même pour être sûr.
Demetri haussa les épaules simplement, avant de regarder Edward avec des yeux haineux.
« C'est ce que tout le monde me répète sans arrêt. Dans ce cas j'aimerais le savoir. » Répondit-il avec venin. « Je la laisserais s'en aller, je suis pas un salopard. Mais honnêtement j'y ai jamais cru… et puis même si c'était le cas, je veux juste avoir le fin mot de l'histoire. Parce que je suis fou d'elle Edward ! Depuis qu'elle est plus là je suis… je suis plus rien. »
Il secouait la tête pour ne pas montrer à quel point il était désemparé et Edward se sentit mal de faire ressurgir tout ça à la surface. Demetri était quelqu'un de bien, il portait peut être le pire nom qui existe, mais au moins lui il le portait bien. Marcus avait bien élevé son fils. Cela était malheureux qu'ils ne se soient pas connus mieux que ça, alors qu'ils ont eu toute leur enfance pour faire connaissance. Mais ça c'était de la faute d'Edward. Il n'avait pas voulu l'approcher car il était un Volturi, le neveu d'Aro, et qu'il avait des préjugés infondés. Aujourd'hui il le regrettait amèrement, car Demetri était un type bien et il aurait aimé être là pour l'aider quand sa fiancée a disparue. Avoir un ami aurait peut être aidé Demetri à surmonter cette épreuve… Mais il était trop tard maintenant.
Il savait à présent ce qu'il lui restait à faire, et ça n'allait pas être des plus faciles. Déjà cette conversation avait été bien difficile, il éprouva énormément de culpabilité envers ce qu'il s'apprêtait à faire endurer à ce type qui en avait déjà subi beaucoup. Farfouillant dans sa poche, il en sortit le collier en argent avec le prénom d'Heidi que la morte portait autour du cou lorsqu'elle a été tuée. Il se leva du fauteuil et se posta devant Demetri qui n'osait pas le regarder. Il lui tendit le collier devant le visage et Demetri releva alors le regard, écarquillant les yeux en voyant le bijou.
« Tu reconnais ce collier ? » Demanda Edward en priant pour que ce soit le cas.
Il ne répondit pas et s'empara du collier sans un mot. Il le fit tourner dans ses doigts, les yeux tristes et ternes.
« C'est celui que je lui ai offert le jour de son anniversaire. » Déclara-t-il au bout d'un moment, le tenant comme s'il avait peur que le bijou lui échappe.
« Au départ je voulais faire graver mon nom dessus, mais je me suis souvenu à quel point elle détestait la possessivité… et puis je trouvais son prénom tellement joli… » Rit-il avec mélancolie.
« C'est vrai que son prénom était très joli. » Répondit Edward qui était attristé de le voir aussi mal en point.
Demetri leva la tête pour le regarder avec étonnement.
« Où est-ce que tu l'as trouvé ? »
Edward se passa une main dans les cheveux avec embarras.
« Et bien je… il était… sur le corps de la victime que nous avons retrouvée. »
Le visage du blond se décomposa et l'incrédulité s'empara de ses traits.
« Qu…quoi ? » Balbutia-t-il horrifié, n'arrivant pas à y croire.
Edward baissa la tête.
« Il s'agissait d'une fille, on a retrouvé ce collier près de son corps et cela fait des mois que je recherche sa véritable identité. J'espérais frapper à la bonne porte en venant te voir. » Avoua-t-il tristement.
« Alors elle… »
Sa voix mourut dans sa gorge et il commença à perdre pied. Il laissait échapper des sanglots et sa respiration était tellement rapide qu'Edward eut peur de devoir l'emmener à l'hôpital. Il se baissa pour se mettre à sa hauteur et lui tint les épaules.
« Demetri ? » Appela-t-il inquiet en tentant de le faire revenir à lui. « Tu veux que j'appelle un médecin ? »
Le blond secoua la tête, n'arrivant pas à calmer la crise de panique qu'il était en train de faire.
« Non je… ça va. » Mentit-il sans y croire lui-même. « Ça va. » Répéta-t-il.
« Tu veux que je te laisse seul un moment ? » Proposa Edward. « Je peux très bien repasser plus tard ou demain si t'as besoin que… »
« Non inutile. Ça fait longtemps que j'ai qu'une envie, c'est d'en finir avec ça, alors autant continuer. » Refusa-t-il en s'essuyant les yeux et en reniflant.
Edward le regarda soucieux, avant de prendre une profonde inspiration et de terminer ce qu'il avait commencé en venant ici.
« Il faudrait que… que tu viennes avec moi à la morgue pour… tu sais… »
« Reconnaitre le corps c'est ça ? » Répliqua-t-il dégouté.
Edward hocha la tête désolé.
« Oui. »
Demetri soupira, posa sa bouteille de bière vide et enfila le collier d'Heidi autour du cou avant de se lever.
« Laisse-moi me changer et je viens avec toi. » Accorda-t-il d'une voix dénuée d'émotion avant de se détourner et de sortir de la pièce.
Edward ferma les yeux et inspira profondément. Il jeta un coup d'œil derrière lui et lorsqu'il vit sa bière qu'il n'avait quasiment pas entamé, il réalisa qu'il avait à présent besoin d'un sacré remontant. Il s'empara de la bouteille et la but d'une traite, tout en se fustigeant mentalement pour tout ce qu'il faisait subir à ce pauvre homme. Il se détestait pour le faire souffrir de cette façon, et c'est dans ces moments là qu'il haïssait le boulot qu'il faisait. Mais il n'avait pas le choix, il était obligé d'aller jusqu'au bout sans reculer. Il était venu pour ça, il savait très bien ce qui l'attendrait. Alors il le devait.
La sonnerie de son téléphone le coupa dans ses réflexions et il fut soulagé de laisser ses pensées sombres de coté. Il sortit son téléphone de sa poche et décrocha sans regarder le nom de la personne qui appelait.
« Cullen ? » Décrocha-t-il.
« Waouh… Très formel. » Répondit Bella avec une pointe d'amusement. Il soupira d'apaisement en entendant sa voix.
« Hum désolé, je savais pas que c'était toi qui m'appelais. » S'excusa-t-il en sortant de la maison.
Non pas qu'il n'aimait pas cette maison – quoi que – mais il préférait que les conversations téléphoniques entre lui et Bella restent privées.
« Je voulais juste savoir comment tu allais, comme on ne s'est pas parlé depuis que tu es parti de la maison et que tu étais sensé interroger ce Demetri Volturi… J'espère que je tombe pas trop mal. »
Il sourit.
« Non rassure-toi en fait tu tombais justement à pic. Après ce que je viens de vivre j'avais besoin d'entendre ta voix. »
Il y eut un silence à l'autre bout du combiné et Edward fronça les sourcils, se demandant si elle était toujours là, jusqu'à ce qu'il entende sa respiration.
« Tu sais tu ne devrais vraiment pas me dire des choses comme ça, surtout quand t'es pas avec moi. » Dit-elle au bout d'un long moment de silence.
Elle lui arracha un rire et il se sentit aussitôt beaucoup mieux que lorsqu'il avait laissé Demetri.
« Je vais essayer de pas rentrer trop tard, je te le promets. » Dit-il plus pour lui que pour elle, car dans un sens il voulait en finir au plus vite, sachant que le passage à la morgue ne serait pas des plus joyeux.
« D'accord, mais est-ce que ça va ? Parce que je m'inquiète pour toi. »
« Ça va, c'est juste que… ce gars me fait de la peine. Il est dans un état lamentable et c'est moi qui dois lui annoncer la mort de sa fiancée qu'il aime plus que tout. »
« Alors c'est bien la bonne personne ? » S'enquit-elle étonnée.
« Et bien on doit passer à la morgue pour en être sûr, mais tout porte à croire que c'est bien elle. » Répondit-il à la fois triste et soulagé.
« C'est une bonne nouvelle. Enfin… pour toi. N'est-ce pas ? »
« Si en effet. » Assura-t-il.
« Mais c'est pas évident. » Continua-t-elle.
Il soupira, puis décida de changer de sujet.
« Comment ça se passe à la maison ? » S'enquit-il pour se changer les idées.
« Comme d'hab. Enfin sauf pour mon père qui est en train d'hurler au téléphone pour qu'on puisse récupérer l'eau chaude, et aussi Alice qui est en train de dévorer Jasper du regard en faisant comme si de rien n'était mis à part qu'elle n'est pas du tout discrète. »
« Tu penses vraiment que caser ces deux là est une bonne idée ? » Fit-il sceptique. « Parce qu'après tout ce que ce con a fait… »
« Jasper a changé Edward. » Le coupa-t-elle d'un ton las. « Même toi tu l'as remarqué tu peux pas le nier. Et puis ils seraient tellement mignons tous les deux… Tu les verrais, lui il est aux quatre petits soins pour ses beaux yeux et elle fait comme si elle n'en avait rien à faire alors qu'en vérité elle a des étoiles dans les yeux. C'est tellement adorable… »
Edward marmonna dans sa barbe, n'étant tout de même pas très rassuré ni aussi certain qu'elle.
« On verra bien, mais elle mérite quand même beaucoup mieux que lui. »
« C'est juste. » Accorda Bella. « Mais tout le monde n'a pas la chance d'avoir un Edward Cullen pour les contenter. » Soupira-t-elle rêveusement.
Il secoua la tête tandis qu'un sourire étirait ses lèvres. Même s'il trouvait que cette fille avait tendance à l'idéaliser beaucoup trop, il ne pouvait faire comme s'il n'était pas touché. Il s'apprêta à répondre lorsqu'il vit Demetri sortir de la maison et refermer la porte derrière lui. Il était habillé avec simplicité, jean et blouson. Edward se sentit aussitôt mal à l'aise d'être au téléphone avec elle alors qu'il était là.
« Euh Bella, il faut que j'y aille là, on se rappelle plus tard d'accord ? »
« Vous allez à la morgue c'est ça ? » Devina-t-elle d'une voix soucieuse.
« Ouais. » Répondit-il, fasciné de voir qu'elle arrivait à le percer à jour aussi facilement, même au téléphone.
« Fais attention à toi. »
« Toi aussi et euh… » Il observa Demetri qui s'avançait vers lui d'une démarche lourde et sans vie. « Bella ? »
« Oui ? »
Toujours en regardant Demetri, son visage marqué par des larmes qu'il devait probablement avoir versées quand il s'est retrouvé seul, les traits tirés comme s'il avait dix ans de plus, le regard vide et sans expression, Edward ne put s'empêcher de murmurer au téléphone.
« Ne me quitte jamais, d'accord ? »
Cela ressemblait presque à une supplique tant il espérait que jamais cette éventualité ne se produirait. Il ne voulait pas ressembler à Demetri, devenir aussi terrassé, mal en point et complètement éteint comme si toute vie avait quitté son corps.
« Euh je… non aucun risque. » Promit-elle d'une voix totalement déroutée. « Je suis du genre ventouse de toute façon. »
« Tant mieux. » Sourit-il soulagé.
« Enfin bref, à plus tard j'imagine. » Salua-t-elle avec ce qu'Edward devinait être de la gêne dans la voix.
« A ce soir. » Dit-il en raccrochant.
En temps normal il finissait toujours ses appels par un petit mot gentil ou un « je t'aime » mais il n'osait pas le faire devant ce pauvre Demetri qui justement, n'avait plus cette chance. Il se tourna vers lui et le regarda avec anxiété.
« Tu es prêt ? »
Le blond hocha la tête impassible.
« Oui finissons-en. »
…
Le trajet jusqu'à la morgue de Seattle se fit dans le plus grand des silences. Edward conduisait et n'osait pas déranger son partenaire qui passait son temps à triturer ses doigts et qui avait le regard rivé vers la vitre coté passager. Il regardait les paysages défiler avec une profonde nostalgie. Vu son visage blanc et pâle, Edward devinait qu'il ne devait pas être beaucoup sorti ces derniers mois. Il aurait voulu lui exprimer sa désolation mais il savait que cela ne l'aiderait en rien. Et puis ils n'étaient même pas certains à cent pour cent qu'il s'agissait vraiment de sa fiancée. C'est pour cette raison que Demetri devait venir à la morgue et le confirmer.
Lorsqu'ils arrivèrent, Edward ne perdit pas de temps à se garer et le conduisit à l'intérieur. Il avait prévenu le légiste à l'avance de leur arrivée, c'est pourquoi ils furent immédiatement accueillis par un médecin qui les dirigea dans la salle où résidaient les corps des personnes non identifiées. Edward avait l'habitude de pénétrer dans ce type de lieux, mais il avait toujours trouvé ça super morbide. Il se sentait mal à l'aise dans ce genre d'endroits car ça respirait la mort à plein nez. De plus, la vision des cadavres n'était pas ce qu'il y avait de plus sympathique à regarder.
Il repéra deux cadavres recouverts d'un drap blanc chargés sur un brancard au fond de la pièce, en compagnie d'un légiste qui prenait des notes. Lorsque ce dernier releva la tête et les vit, il leur fit signe d'approcher. Edward se tourna vers Demetri qui avait du mal à marcher depuis qu'ils étaient entrés.
« Est-ce que tu veux attendre encore un peu ou est-ce que… »
« Non c'est bon. » Dit-il d'un air décidé.
Il se dirigea vers les brancards sans attendre Edward qui le rejoignit silencieusement. L'inspecteur fit un signe de tête poli au légiste qui répondit de la même façon.
« Allez-y. » Incita Demetri qui voulait en finir au plus vite, les poings fermés.
Le légiste se pencha sur l'un des deux cadavres et souleva le drap pour laisser apparaitre la tête de la jeune fille morte.
Edward entendit un hoquet et vit le corps de Demetri se mettre à trembler. Il comprit aussitôt qu'il s'agissait bel et bien de sa fiancée. Il hocha la tête en direction du légiste qui s'empressa de la recouvrir en remettant le drap en place. Le pauvre blond s'accrocha au brancard pour ne pas tomber et des larmes coulèrent sur son visage. De lourds sanglots s'échappèrent de sa bouche et Edward se sentit encore plus mal que tout à l'heure. Il le prit par les épaules et l'emmena silencieusement loin des brancards, puis l'aida à s'asseoir sur un des bancs présents dans la pièce. Il s'assit à coté de lui et attendit pendant qu'il fondait en larmes, pleurant son amour perdu.
C'est dans ces moments là qu'Edward regrettait d'avoir choisi ce job. Toute la peine et les pleurs à chaque fois qu'il devait se rendre à un interrogatoire de la famille après un meurtre, tout ça était vraiment insupportable. Et pourtant il ne pouvait se résoudre à changer de métier. Il aimait ce qu'il faisait, il adorait même.
Au bout de plusieurs minutes à rester assis aux cotés de Demetri qui avait le visage enfoui dans ses mains et sanglotait silencieusement, il se força à prendre la parole.
« Je suis vraiment désolé. » Dit-il sincèrement, en sachant très bien que cette phrase bateau n'allait sûrement pas l'aider du tout.
« Ce serait monstrueux si je te disais que j'étais soulagé ? » Argua Demetri tout d'un coup, le prenant de cours.
« Soulagé ? »
« D'avoir enfin le fin mot de l'histoire. » Précisa-t-il en relevant son visage de ses mains. « De savoir qu'elle ne m'avait pas quitté sans raison, qu'elle n'avait pas rencontré qui que ce soit, que tout ce cauchemar soit enfin terminé… »
« Je ne sais pas si c'est la meilleure façon de réagir mais… J'imagine que c'est compréhensible. » Répondit Edward avec embarras.
Demetri hocha la tête en séchant ses larmes d'un revers de la main.
« Comment est-ce qu'elle est morte ? » Parvint-il à dire avec difficultés. Edward soupira.
« Elle a été retrouvée dans une forêt pas loin d'ici, à Forks, une petite ville que tu ne dois pas connaitre. »
« Si, ils en ont parlé à la télé l'autre jour. » Renifla-t-il.
Edward leva les yeux au ciel, maudissant ses parents une fois de plus pour mettre ce patelin au devant de la scène à cause de l'affaire C&V.
« La date de sa mort remonte au moment où elle a disparu, si ça peut te consoler. Donc elle n'avait jamais prévu de s'enfuir. » Tenta-t-il vainement.
« Alors elle a été tuée ? » Demanda-t-il d'une voix faible.
« Et bien officiellement il s'agirait juste d'une attaque d'ours. » Apprit-il gêné. « Certains ours du Woodland se sont échappés à la même période, et puis on a retrouvé des traces de griffes sur son corps… »
« Mais toi ? » Insista Demetri. « Tu penses quoi ? »
Edward détourna les yeux mal à l'aise.
« Je pense que la mort de ta fiancée n'a rien avoir avec les ours. » Déclara-t-il finalement avec certitudes.
« Donc tu penses que c'est quelqu'un qui… »
« Oui. »
Le blond prit une grosse bouffée d'air en fermant les yeux, les larmes toujours visibles sur ses joues.
« Est-ce tu as une idée de qui ça peut être ? » Balbutia-t-il.
« Pour l'instant c'est assez confus… mais comme tu es la seule piste que je possède, j'avais espéré que tu puisses… m'aider un peu. »
« Et le mort qui se trouve à coté d'elle ? » Demanda-t-il avec un signe de tête vers le deuxième brancard. « Qu'est-ce que c'est ? »
« Un cadavre qu'on a retrouvé mort au même endroit un mois et demi après, avec les mêmes marques de griffes. » Indiqua-t-il. « On ignore tout de son identité. »
« Tu penses que ça pourrait avoir un lien avec ma femme ? »
« J'en sais trop rien. » Répondit Edward perdu. « Si je pars avec la théorie d'un meurtre, je me dis qu'il y a forcément un lien entre eux. »
Un silence prit place dans la pièce tandis que Demetri faisait son deuil comme il pouvait et qu'Edward était paumé dans ses réflexions. Il cherchait désespérément une quelconque connexion entre la défunte Heidi et l'inconnu du même âge. C'est alors qu'une idée le frappa. Il se tourna vers Demetri et pria pour que celui-ci accepte, même après ce qu'il venait de traverser.
« Écoute euh… je sais que c'est pas le moment et que tu n'es pas en état, mais je me demandais si peut être… »
« Tu veux que j'aille jeter un coup d'œil au deuxième. » Le coupa-t-il avec cynisme.
« Demetri… »
« C'est bon mec. Tu fais ton boulot, j'avais pigé. »
Edward le regarda avec culpabilité. Ça ne lui plaisait pas de lui faire subir une nouvelle épreuve, mais comme Demetri le disait lui-même, il faisait son travail. Ce n'était jamais évident de s'immiscer comme ça pour soutirer des informations quand la personne est au plus mal et vient de perdre quelqu'un auquel elle tenait beaucoup. Mais s'il ne le faisait pas, son enquête continuerait de stagner. Ça faisait quatre mois qu'il attendait ça, qu'un quelconque indice apparaisse et change toute la donne. À présent que ça arrivait enfin, il ne pouvait pas perdre une seule minute. Le métier de policier n'était pas de réconforter les gens en deuil, malheureusement. Et ça Edward l'avait appris il y a bien longtemps.
« Tu es d'accord ? » Demanda-t-il.
« Ouais… mais après ça je fous le camp de cet endroit. » Accepta-t-il en se levant d'un bond.
Il retourna près des deux cadavres où le légiste était toujours là, en train de prendre des notes sur son calepin. Edward le suivit avec lenteur, espérant avoir la « bonne nouvelle » que Demetri connaissait cet homme.
Quelques minutes plus tard, le médecin découvrit la tête du grand brun d'une vingtaine d'années et Demetri écarquilla les yeux d'incrédulité.
« Felix ? » S'exclama-t-il horrifié.
« Tu le connais ? » S'étonna Edward.
Le blond hocha la tête douloureusement en détournant les yeux du corps.
« C'était son frangin. »
Edward fronça les sourcils d'incompréhension.
« Attends une minute, c'est impossible, on leur a fait passer des tests de compatibilité et ils n'ont pas du tout le même sang ! »
« C'est parce que Felix a été adopté. » Apprit Demetri avec amertume. « Ses parents sont mort dans un incendie et il a été placé dans un orphelinat jusqu'à ce que les parents d'Heidi décident de l'adopter. On était amis lui et moi. »
« Comment était-il après la disparition de sa sœur ? »
« Felix a toujours été de mon avis. Il était convaincu que sa sœur n'était pas partie sans raison et qu'il lui était arrivé quelque chose. Les derniers temps où je l'ai vu, il était devenu fou et parano, il n'arrêtait pas d'affirmer des choses qui ne tenaient pas debout et il était constamment sur le qui-vive. »
« Il avait peut être découvert l'assassin d'Heidi et la raison pour laquelle on l'a tuée. » Proposa Edward. « Alors on l'a tué aussi. »
« Ouais euh… est-ce qu'on pourrait sortir d'ici parce que je suis vraiment en train d'étouffer… » Marmonna-t-il avec un visage torturé.
« Bien sûr, viens. » S'empressa de dire Edward en mettant une main dans son dos pour l'aider à marcher car il avait beaucoup de mal.
Il paraissait sur le point de s'effondrer à chaque pas qu'il faisait. Une fois dehors, Edward l'amena dans un café pour lui payer un verre. Demetri ne cessait de tripoter le collier d'Heidi qu'il avait autour du cou entre ses doigts. Il se retenait de pleurer, mais au fond de ses yeux on pouvait voir qu'il était enfin soulagé que toutes ses interrogations qui demeuraient sans réponse, tous ses tourments qui l'empêchaient de dormir ainsi tous ses doutes qui persistaient connaissaient enfin une fin. Il savait désormais ce qui était vraiment arrivé à Heidi, et il savait aussi qu'il ne s'était jamais trompé, et qu'elle ne l'avait pas quitté pour un autre.
« Elle le portait tout le temps. » Dit-il au bout d'un moment en regardant le collier. « Elle voulait jamais l'enlever, je lui en ai souvent fait la leçon d'ailleurs. »
« C'est parce qu'elle t'aimait. » Répondit Edward mal à l'aise.
Demetri ne répondit rien, ne leva même pas le regard vers lui, trop perdu dans ses pensées et son chagrin qu'il faisait tout pour réprimer. L'avantage, c'est que Demetri avait eu presque quatre mois pour se préparer à l'éventualité qu'Heidi était morte. Ce n'est pas comme si on venait de le lui annoncer, il l'avait toujours senti… Mais la confirmation faisait toujours horriblement mal, plus qu'il n'aurait jamais cru.
Edward se racla la gorge après quelques minutes de silence et entreprit de continuer son interrogatoire.
« Tu disais que Felix était devenu fou peu de temps avant de mourir ? » Demanda-t-il embarrassé.
Le blond soupira de lassitude.
« Oui il était persuadé que quelqu'un lui avait fait du mal parce qu'elle savait des choses compromettantes. » Finit-il par dire mitigé.
« Tu as une idée de ce que ça pourrait être ? »
« Non aucune. De son vivant Heidi ne m'a jamais touché un seul mot à propos de ça. »
« Pourtant tu as dit aussi tout à l'heure qu'Heidi était très préoccupée, et même qu'elle était effrayée. » Rappela-t-il.
« Oui mais je n'ai jamais su pourquoi. Tu crois que je me suis pas posé la question ? J'ai pas arrêté Edward ! » S'énerva-t-il. « Depuis des mois je n'ai fait que chercher encore et encore des réponses à mes questions et je n'ai jamais rien trouvé ! »
« Parle-moi de son emploi du temps alors. » Insista-t-il.
« Qu'est-ce que tu veux savoir ? » Se braqua Demetri.
« Y avait-il quelque chose d'anormal ? Où est-ce qu'elle se rendait, à qui elle parlait… »
Demetri farfouilla dans sa mémoire, le front plissé. Il se retenait de monter sur ses grands chevaux et d'envoyer Edward se faire foutre. Mais il savait que cela ne résoudrait rien, et Edward était le seul depuis des mois à vraiment se soucier de la disparition – désormais meurtre – de sa fiancée.
« Elle… elle ne faisait rien de spécial, allait au travail, faisait les courses, sortait avec des copines, tout ce qu'il y a de plus banal. » Répondit-il finalement.
« Où est-ce qu'elle travaillait ? »
« A C&V. » Dit-il simplement.
Le regard d'Edward changea et il se redressa sur son siège, soudainement intéressé.
« A C&V tu dis ? »
Demetri fronça les sourcils, ne comprenant pas en quoi ceci était une information capitale.
« Elle était une conseillère, c'est en allant rendre visite à mon père que je l'ai rencontrée pour la première fois. » Apprit-il.
Edward médita ses paroles quelques secondes.
« Passait-elle beaucoup de temps au travail avant sa mort ? » S'enquit-il.
« Et ben… maintenant que tu le dis… » Hésita-t-il. « Les derniers temps elle rentrait à des heures plutôt tardives. Je me rappelle même lui avoir plusieurs fois posé la question. »
« Et qu'est-ce qu'elle te répondait ? »
« Qu'elle avait beaucoup de travail. J'ai pas cherché à en savoir plus. Mais c'est vrai que ça m'a pas mal inquiété à l'époque, surtout que je voyais bien dans son regard qu'elle éludait et mentait parfois. » Songea-t-il.
Edward hocha la tête.
« Parle-moi des relations qu'elle avait avec ton père. Est-ce qu'ils s'entendaient bien ? »
« Très bien même. Marcus l'a toujours adoré. Sa disparition l'a vraiment affligé. Tu sais mon père n'est pas comme son frère au niveau de mes relations. Il n'a jamais accordé d'importance à la classe sociale et à toutes ces conneries. »
« Pour ça t'as de la chance. » Jugea-t-il en secouant la tête de mépris en songeant à son propre père.
« Qu'est-ce qui t'arrive ? T'as une copine et ton paternel est pas content ? » Demanda Demetri avec curiosité.
« Ça m'étonne que tu ne sois pas au courant de tout ça. Je pensais que les ragots allaient bon train dans notre chère communauté. » Ironisa-t-il.
« Je te l'ai dit Edward, je ne parle plus à qui que ce soit de ma famille depuis des mois, même mon père je ne le vois quasiment pas. »
Edward se sentit aussitôt coupable de remuer le couteau dans la plaie. Il baissa la tête et resta silencieux.
« Y a quand même un truc que je pige pas. » Lança Demetri soudainement. « Je croyais que t'avais coupé les ponts avec Carlisle et Esmée ? »
« C'est le cas. »
« Alors comment tu peux avoir des problèmes avec eux ? » S'interrogea-t-il.
« C'est compliqué. » Marmonna Edward en détournant la tête.
Demetri le scruta pensivement, étudiant les traits légèrement torturés de son visage.
« Toi aussi t'es amoureux. » Déclara-t-il sûr de lui.
Edward se tendit et le regarda avec étonnement et suspicion.
« T'essaies de détourner la conversation ? »
« De quelle conversation tu parles ? Je t'ai déjà dit tout ce que je savais, je peux rien t'apprendre de plus. »
« Et maintenant tu veux faire l'interrogatoire à ton tour. » Répliqua-t-il avec hostilité.
« Relax Cullen ! J'ai posé aucune question pour l'instant, seulement affirmé. » Fit-il remarquer.
Edward soupira et rendit les armes.
« Oui je suis amoureux. Et alors ? »
« Alors la laisse pas filer. » Répondit-il sérieusement. « Tu sais peut être déjà ce que je vais te dire parce que tu l'as déjà entendu dans les séries télé et les téléfilms bidons… mais ne perds pas ton temps pour des conneries. N'oublie jamais la chance que tu as et profite pendant que tu le peux parce qu'on sait jamais ce qui peut arriver. »
Un silence s'instaura entre les deux. Edward ne savait pas vraiment quoi dire et il détestait combler le silence avec des futilités. Un silence était pour lui bien mieux qu'une parole puérile et sans intérêt. C'était une des choses qu'il avait en commun avec Bella.
« Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ? » S'enquit-il finalement au bout d'un moment.
Demetri haussa les épaules avec un léger sourire, le première depuis qu'Edward avait sonné à sa porte tout à l'heure, si on omettait les cyniques.
« Essayer d'avancer. Maintenant que je sais ce qu'il lui est vraiment arrivé, j'ai plus qu'à me bouger le cul. Elle ne voudrait pas que je sois dans un état aussi pitoyable que ce que je suis aujourd'hui. »
« C'est une bonne initiative. » Approuva Edward.
« Et toi ? » Demanda Demetri. « Tu vas essayer de trouver le coupable qui a fait ça ? »
« Sans aucun doute. »
« Alors bonne chance. » Souhaita-t-il d'une voix haineuse en songeant à l'assassin d'Heidi. « Tiens-moi au courant. »
« Je le ferai. » Assura-t-il en se levant de sa chaise.
Il s'apprêta à partir et le laisser seul, avant de se raviser et de se tourner vers lui pour lui parler avec franchise sans dissimuler ses regrets.
« Tu sais… je regrette sincèrement de pas avoir voulu apprendre à te connaitre du temps où on était gamins. T'étais un Volturi alors je t'ai mis dans le même sac que tes cousins Jane et Alec. Je pensais que vous étiez tous les mêmes et j'avais tort. Je m'en excuse. »
Un rire sarcastique s'échappa de sa bouche et il toisa Edward.
« Tu veux me rendre un service Cullen ? Ne pense pas à ce que tu aurais dû ou aurais pu faire. C'est trop tard maintenant alors oublie tes regrets. La vie est trop courte pour avoir des remords. » Dit-il acerbe, le ton légèrement amer.
« Je sais mais… »
« Mais rien du tout ! Rentre chez toi, va retrouver ta femme et tes amis et évite de penser à moi. T'as ta vie, j'ai la mienne et c'est très bien comme ça. »
Edward soupira et se retint de répliquer. Il aurait voulu rattraper l'erreur qu'il avait commise il y a des années, mais Demetri avait raison. C'était inutile, ils menaient des vies différentes et même si autrefois ils auraient pu devenir amis, aujourd'hui il était trop tard.
« Tu ne veux pas que je te ramène ? » Proposa-t-il tout de même, étant donné que c'était lui qui l'avait emmené en tout premier lieu.
« Non. » Répondit le blond en secouant la tête. « J'ai vraiment besoin de marcher je crois. »
Edward hocha la tête, ne voulant pas insister. Demetri avait essayé de faire bonne figure depuis le tout début, et il respectait ça car à sa place il n'aurait sûrement pas pu se montrer aussi fort.
« Je coincerai le salaud qui a tué ta fiancé. Tu as ma parole. » Promit-il solennellement.
« Tu sais où me trouver. » Marmonna Demetri sans le regarder.
Edward partit sans plus de cérémonie, heureux de mettre enfin un terme à tout ça. Émotionnellement, affronter Demetri avait été l'une des choses les plus difficiles qu'il n'ait jamais eue à faire. Il était soulagé que ce soit enfin fini. À présent il n'avait plus qu'une seule envie, retourner chez lui – car les Swan étaient définitivement sa maison – et retrouver sa bien aimée.
…
« Âge ? » Demanda Emmett en se tournant vers Alice. Celle-ci fit mine de réfléchir.
« Trente-six ans. »
« Quoi ? Mais Charlie a pas trente-six ans ! » S'exclama-t-il.
« Et alors ? On s'en fiche ! En plus réfléchis, tu choisirais qui entre un mec de trente-six ans et un autre de quarante-trois ans ? » Argua-t-elle.
« Aucun, j'aime pas les mecs. » Répondit Emmett de but en blanc.
« On peut savoir ce que vous faites ? » Demanda Bella qui arrivait dans le salon, au moment où Alice allait répliquer un truc cinglant à Emmett.
« Rien du tout. » S'empressa de dire Emmett en refermant le clapet de l'ordinateur portable d'Edward à toute vitesse, tandis qu'Alice faisait mine de regarder les murs.
« Ils sont en train d'inscrire Charlie sur un site de rencontres. » Apprit Jasper avec honnêteté.
Bella écarquilla les yeux d'horreur.
« Non mais vous êtes fous ! Je peux savoir ce qui vous prend ? Avec l'ordinateur d'Edward en plus ! Vous avez pas honte ? »
« Bah quoi ? Son ordi est cent fois plus rapide que le nôtre alors autant en profiter. » Se défendit son frère.
« Et est-ce qu'au moins il est d'accord pour que tu t'en serves ? » Argua-t-elle sur un ton de réprimande. « Et puis comment se fait-il que t'aies son mot de passe d'abord ? Même moi je le connais pas ! »
« C'est simple pourtant, il m'a pas fallu deux minutes pour le trouver. D'ailleurs c'est en rapport avec toi. » Dit-il comme si de rien n'était.
Bella se mit à rougir jusqu'à la racine des cheveux et secoua la tête pour se concentrer sur eux au lieu de partir dans des divagations.
« Quand bien même ! » Sermonna-t-elle. « Vous avez pas le droit de faire ça sans son accord. Et inscrire Charlie sur un site de rencontres ! Franchement je peux savoir ce qui vous est passé par la tête ? Comment est-ce qu'il réagira lorsqu'il va l'apprendre ? »
« Mais Bella, Charlie est seul depuis des années ! » Fit Alice avec une moue attristée.
« Et alors ? C'est pas à vous de vous mêler de ça ! »
« Peut être mais si on s'en occupe pas, il rencontrera jamais personne, tu connais Papa. » Contra Emmett.
« Et tu penses que la meilleure solution est de l'inscrire sur un site de rencontre ? »
« On sait jamais ! Il peut très bien rencontrer l'âme sœur. » Dit-il en haussant les épaules.
« Rassure-nous Bella, tu vas pas en parler à Edward hein ? » Supplia Alice avec sa moue habituelle.
Bella croisa les bras et la toisa avec dureté.
« Parce qu'en plus vous voulez que je rentre dans votre combine ? »
« Oh allez Bella ! » Insista-t-elle. « Tu vas voir c'est marrant. »
« Hors de question ! »
« Dans tous les cas on le fait, avec ou sans ton accord. » Fit remarquer Emmett.
« Faites-le si vous voulez mais je marche pas là dedans. »
« Très bien ! Emmett rouvre l'ordi. » Dit Alice avec impatience tandis que Bella roulait des yeux.
Celui-ci s'exécuta et entreprit de continuer le profil de Charlie.
« Alors… profession ? »
« On peut décemment pas dire qu'il est flic, ça ferait fuir tout le monde. » Songea Alice.
« Pourquoi pas qu'il travaille dans la fonction public pour assurer la sécurité ? » Proposa Jasper.
Elle se tourna vers lui avec un large sourire.
« C'est une super idée ! En plus ça lui donne un coté protecteur et sécurisant, les filles vont adorer ! » S'exclama-t-elle ravie. « Merci Jasper ! »
« Euh, de rien. » Bredouilla-t-il avec un sourire timide.
« Hobbies ? » Demanda Emmett après avoir tapé.
« La chasse et la pêche. »
« On va pas mettre ça ! » Protesta-t-il. « Qui voudrait sortir avec un mec qui aime pêcher ? »
« Bah j'en sais rien, mets le sport alors ! »
« Charlie a jamais aimé le sport ! »
« On s'en fiche, l'essentiel c'est que ça donne envie de le rencontrer. »
« D'accord… Mais te plains pas si elles demandent remboursement sur la marchandise. » Soupira-t-il. « Situation familiale. » Annonça-t-il après quelques secondes.
La sonnette de la porte les interrompit.
« Je vais ouvrir. » Intervint Bella en allant d'un pas rapide.
Lorsque la porte s'ouvrit sur Edward, un sourire prit place sur ses lèvres comme si elle ne l'avait pas vu depuis longtemps.
« Salut. » Fit-il d'une voix un peu trop basse.
Bella étudia ses traits et vit qu'il avait l'air fatigué. Apparemment ça n'avait pas dû être une journée facile ni des plus reposantes. Elle soupira et posa une main sur sa joue en le regardant avec inquiétude.
« Est-ce que ça va ? » S'enquit-elle doucement.
Il lui fit un maigre sourire.
« J'ai connu mieux, mais à présent ça va. » Dit-il en la regardant intensément.
Elle sourit à son tour, soulagée qu'il soit à nouveau près d'elle. Le regard d'Edward dériva pour observer ce qui se passait derrière elle et il fronça les sourcils.
« Eh mais c'est mon ordinateur ! » S'exclama-t-il incrédule en s'écartant de Bella pour se diriger vers le salon.
« Euh… je leur ai dit que tu serais pas content. » Précisa Bella avec embarras.
Lorsqu'Edward pénétra dans le salon, Emmett et Alice se levèrent et arborèrent la même expression qu'un enfant pris la main dans le sac.
« Salut Edward… » Fit Alice avec un sourire craintif.
« Je peux savoir ce que c'est que ce cirque ? » S'énerva le concerné.
« Et bah… avec Emmett on voulait faire quelque chose et comme ton ordi est plus performant… enfin tu vois. » Bafouilla-t-elle désolée.
« Et personne a pensé à me demander si j'étais d'accord ? » Râla-t-il en allant récupérer son ordinateur.
« On est désolé. » S'excusa Emmett penaud. « Mais si ça peut te rassurer on n'a rien fait de mal, on a rien fouillé du tout. »
« Je m'en fiche, vous avez pas à fouiller dans mes affaires sans me prévenir, c'est tout ! Et puis en passant je vous ai jamais donné mon mot de passe, comment vous l'avez eu ? »
« Emmett l'a deviné. » Répondit Bella en lançant un regard noir à son frère pour avoir refusé de lui communiquer.
« D'ailleurs si tu veux mon avis, vraiment pas original ton mot de passe. » Se permit de juger Emmett. « Il est beaucoup trop évident. »
Edward cligna des yeux et le regarda atterré. Il se pinça l'arête du nez et souffla pour contenir ses nerfs.
« Bon sang Emmett, t'avais pas le droit de te servir comme ça, y a des dossiers confidentiels dedans ! »
« Alors quoi ? T'as des vidéos pornos sur ton pc c'est ça ? »
« Emmett ! » S'écria Bella révoltée.
« Je parle de boulot, crétin. » Rétorqua Edward en lui lançant un regard noir.
« C'est bon t'en fais pas, on y touchera plus à ton précieux portable. » Ironisa Emmett, légèrement vexé.
« J'ai pas dit que vous pouviez pas vous en servir, seulement que j'aimerais qu'on me prévienne avant. »
Il remit son ordinateur dans sa sacoche et se dirigea vers les escaliers.
« Où est-ce que tu vas ? » Demanda Alice.
« Dans la chambre de Bella, j'ai envie d'être tranquille. » Dit-il cinglant.
« C'est à cause de nous que t'es de mauvais poil ? » S'enquit Emmett.
« Je suis pas de mauvais poil ! » Lâcha-t-il en disparaissant à l'étage.
Bella le regarda partir, puis se tourna vers les autres avec étonnement. Elle s'était attendue à ce qu'il soit énervé lorsqu'il verrait ça, mais pas à ce qu'il réagisse de façon aussi excessive. D'un côté elle le comprenait car elle se doutait qu'il devait avoir des dossiers auxquels il ne voulait pas qu'on touche, mais enfin Emmett et Alice n'étaient pas non plus des inconnus… Et puis il les connaissait assez bien pour savoir que jamais ils ne se permettraient de fouiller comme ça, d'autant plus que ça ne les intéressait pas du tout.
« T'es sûre qu'il va bien ? » Demanda Jasper dubitatif, qui n'avait pas dit un mot depuis tout à l'heure.
Bella haussa les épaules et jetant un coup d'œil dans la direction où il était parti.
« Je crois qu'il a passé une mauvaise journée. » Répondit-elle évasive.
« C'est malin, on n'a même pas fini le profil de Charlie à cause de lui. » Bougonna son frère.
« Emmett… » Rouspéta Rosalie.
« Je… je vais aller le voir. » Annonça Bella en se dirigeant à son tour vers les escaliers.
Elle se rendit à l'étage et frappa un coup à sa porte. Elle trouvait ça plutôt ironique de frapper alors qu'il s'agissait de sa chambre, mais elle ne voulait pas paraitre trop encombrante… et il s'agissait autant de sa chambre que la sienne.
« Edward ? » Appela-t-elle en ouvrant la porte.
Elle se tut lorsqu'elle vit qu'il était au téléphone avec quelqu'un. Le pire était qu'il semblait s'énerver contre son interlocuteur.
« Oui non je… non mais je sais tout ça ! Écoute-moi Benjamin, je sais qu'on n'a pas le droit de faire ça mais on n'a pas le choix ! Tu sais tout comme moi que cette affaire est loin d'être classée. » Dit-il en faisant les cent pas dans la pièce.
Bella se fit toute petite et attendit qu'il ait terminé.
« Très bien alors voilà ce que tu vas faire. Tu vas éplucher tout son emploi du temps, te renseigner sur toutes les rencontres qu'il a faites, tous les rendez-vous qu'il a pris, et tous les endroits où il est allé. Ce type savait pourquoi sa sœur a été tuée, autrement il serait encore vivant. C'est chez lui qu'il faut chercher. »
Edward s'immobilisa et fronça les sourcils, puis hocha la tête.
« D'accord à plus tard. » Dit-il en raccrochant.
Il se tourna vers Bella qui le regardait sans cacher son inquiétude.
« Un problème ? »
Il sembla se dérider un peu et secoua la tête.
« Non aucun. » Répondit-il.
« Tu sais… » Fit-elle en avançant vers lui. « Loin de moi l'idée de défendre mon frère… Seulement il ne pensait pas à mal tu sais. Je suis d'accord qu'il aurait pas dû emprunter le tien sans te demander ton accord, mais ils ont rien fait de mal je te le jure. »
Il soupira de lassitude avant de s'allonger sur le lit, croisant les bras derrière la tête.
« Je sais, mais c'est pour le principe. » Dit-il en regardant le plafond.
Bella alla le rejoindre et s'allongea à coté de lui silencieusement. Elle l'examina sans rien dire, tandis qu'il semblait plongé dans ses pensées. Elle n'avait pas très envie de le déranger, cependant elle était curieuse et en même temps soucieuse, surtout après ce qu'il lui avait dit au téléphone plus tôt dans la journée.
« Ce Demetri tu le connaissais ? » Demanda-t-elle au bout de plusieurs minutes.
« Pas vraiment. Je ne lui ai jamais trop parlé parce qu'il était le neveu d'Aro et que j'avais pas envie d'avoir affaire au moindre d'entre eux. »
« Comment est-ce qu'il était ? »
« Mal en point. Il l'a dit lui-même qu'il était dans un état pitoyable. Il ne fait plus du tout attention à son apparence, ni à sa vie en général. »
« Et tu aurais voulu faire quelque chose pour l'aider ? » Devina-t-elle.
Il soupira de lassitude.
« Oui mais c'est trop tard maintenant. On n'est pas amis, et il va remonter la pente tout seul. Ce type est fort, il y arrivera. »
« Tu as l'air de l'apprécier. » Observa-t-elle étonnée.
« C'est pas ça… c'est juste qu'il est différent de ce à quoi je m'attendais. Il n'est pas comme Alec ou Jane, ni aucun Volturi ou Denali dont j'avais l'habitude quand j'étais môme. »
« C'est plutôt une bonne chose. » Approuva-t-elle.
« C'est juste, mais je me rends compte que j'ai eu tort de le considérer comme les autres à l'époque. »
« Tu étais jeune, tu ne peux pas toujours agir de la bonne façon. » Dit-elle d'une voix douce en posant sa main sur sa joue.
Il tourna la tête vers elle et décroisa ses bras pour la serrer contre lui. Elle se laissa faire sans tergiverser et ceintura son ventre en allongeant sa tête sur son torse de marbre.
« C'est marrant, hier encore toute cette histoire de meurtres dans la forêt me paraissait incompréhensible, sans queue ni tête. Et aujourd'hui tout se met en place dans ma tête, je me rends compte que tout est lié et ça devient aussi clair que de l'eau de roche. » Émit-il songeur.
« Alors tu sais ce que tu vas faire ? » Interrogea-t-elle sans masquer sa curiosité.
Il sourit.
« Oui, la seule chose qu'il me reste à faire maintenant, c'est de coincer ce connard d'Aro Volturi. » Déclara-t-il d'un air décidé.
Et voilà !
J'espère que vous avez apprécié ce chapitre essentiellement axé sur Edward et son enquête. Pour la scène du début, c'était prévu depuis le début que Charlie finirait par apprendre la véritable rencontre entre Edward et Bella
Je tenais à vous informer que le forum Damn-Addict-Lemon organise une cérémonie de fanfictions Awards et que ma fiction "Murder in Chicago" était nominée dans la catégorie Meilleure Darkward :D
Donc je vous invite à vous rendre sur ce site et voter pour les fictions que vous préférez à cette adresse : http :/ / damn-addict-lemon . forumgratuit . fr/f167-addict-of-lemon-awards
(pensez à supprimer les espaces)
Sinon n'oubliez pas de laisser une review avant de partir, on se retrouve dans deux semaines pour l'avant dernier chapitre de cette fiction ! (ça me fait tout drôle de dire ça xD)
Portez-vous bien !
Votre Dévouée Popolove
