Hey Everyone !
J'espère que je ne vous ai pas fait trop attendre, au départ j'étais sensée poster un chapitre de Murder in Chicago aujourd'hui mais j'ai réalisé que je n'avais pas posté sur Excès de Vitesse depuis plus d'un mois et d'ailleurs je m'en excuse parce que j'aurais vraiment voulu publier le dernier chapitre pour les deux ans de la fiction, car oui cette fiction a fêté ses deux ans le 15 octobre !
Donc me revoilà pour le dernier chapitre de cette fiction ! Inutile de vous dire que je ressens un petit pincement au coeur à cette annonce, mais je me rassure en me disant qu'il y a encore l'épilogue qui suivra ^^
Je vous remercie tous chaleureusement pour le bonheur et le soutien que vous m'avez apporté tout au long de ces deux années. Et même si je n'ai pas toujours été régulière, si j'ai souvent manqué de répondre aux reviews récemment, je suis quand même parvenue à venir à bout de cette fiction et chacun de vos mots et messages m'ont toujours fait chaud au coeur, donc encore une fois merci !
J'aurais aimé répondre aux reviews mais je suis tellement débordée en ce moment que même pour écrire je n'arrive pas à trouver du temps =/
J'espère que vous me pardonnerez avec ce long chapitre qui contient ce que vous attendez tous depuis si longtemps, à savoir le fameux procès !
Alors, happy end ou pas happy end ?
Read and See ;)
Chapitre 29 : Guilty or Not ?
Trois mois plus tard
oO "Dancing With Tears In My Eyes" Oo – Ke$ha
« Edward, tu peux prendre les céréales s'il te plait ? » Demanda Bella alors qu'ils étaient au supermarché.
« Lesquelles ? »
« Celles qu'Emmett prend toujours. » Informa-t-elle.
Il hocha la tête et se dirigea dans le rayon des paquets de céréales.
Depuis le retour de Bella et Jasper de Washington, trois mois s'étaient écoulés et il faut dire que leurs moyens s'étaient grandement améliorés. La situation financière était acceptable, ils avaient récupéré l'eau chaude et à la surprise générale, Alice avait même pu relancer son site internet. Rosalie avait réussi à trouver du boulot dans un garage près de la réserve Quileute, grâce à Sam Uley qui l'a pistonnée sous la demande d'Emmett. Charlie n'avait en revanche toujours pas récupéré son poste de chef de police. Quant à Emmett et Bella, ils étaient toujours incapables de trouver le moindre travail. Emmett ne cherchait même pas et Bella avait fini par abandonner, se disant que tant que les Cullen auraient encore le moindre pouvoir, elle ne pourrait pas en trouver. Garrett logeait toujours dans le salon des Swan, mais il avait promis qu'une fois le procès passé, lui et Kate emménageraient de nouveau ensemble. Jasper filait le parfait amour avec Alice depuis trois mois, ces deux là étaient même devenus inséparables, au plus grand bonheur de Bella qui adorait voir sa meilleure amie aussi heureuse.
En bref, la vie chez les Swan avait repris un cours plutôt normal. Les disputes entre Edward et Bella se faisaient rares, ces deux là ayant enfin appris à communiquer et ne plus rien garder pour eux. Cependant Edward était très souvent absent ces derniers temps. Il était tellement absorbé par son boulot, le procès ainsi que l'affaire d'Heidi et Felix Meyer que Bella avait l'impression de ne plus le voir du tout. D'autant plus qu'il sortait souvent sans lui dire où il allait. Il disait qu'il avait des trucs à faire, des gens à aller voir. Bella lui vouait une entière confiance, mais elle ne pouvait pas s'empêcher d'être inquiète. Le fait qu'il soit venu avec elle faire les courses au supermarché était d'ailleurs un miracle extraordinaire puisqu'il était toujours accaparé ou absent. Heureusement que les nuits il était avec elle et qu'il la comblait pleinement, car autrement elle aurait pu penser que leur couple avait un réel problème. Edward voyait bien que Bella se faisait beaucoup de souci et n'aimait pas vraiment cette situation, lui non plus il n'appréciait pas l'idée de ne jamais être là alors que son seul souhait est de passer sa vie avec elle, c'est pour cette raison qu'il la rassurait dès qu'il le pouvait en lui disant que ce qu'il doit faire est très important, et en lui promettant que tout reviendrait à la normale une fois le procès passé.
Si bien sûr ils le remportaient.
Car naturellement il subsistait un énorme doute quant au dénouement de cette affaire. Les audiences préliminaires avaient déjà eu lieu et naturellement, le camp Cullen et Volturi avait plaidé non coupable. Edward et Kate étaient devenus instables depuis quelques semaines, la blonde était actuellement en période de doute constante, elle ne cessait de dire à tout bout de champ que C&V allait s'en sortir comme d'habitude et qu'ils faisaient tout ça pour rien. Edward quant à lui se montrait bien plus optimiste, mais Bella remarquait à quel point il était tendu et plein d'appréhension dès qu'on lui en parlait. Les autres de la maison étaient tous aussi un peu anxieux à mesure que la date fatidique approchait, seule Bella restait d'un calme olympien et tentait de ne pas y penser. Elle savait que de toute façon, quoi qu'il arrive et quel que soit le verdict cela ne changerait absolument rien à sa relation avec Edward. Ils resteraient quand même ensemble, ils auraient une vie difficile certes, voire même une vie impossible, mais ils seraient ensemble. Et ça pour elle c'était tout ce qui comptait.
Le problème était que le dernier jour du procès… et bah c'était demain.
Demain ils sauraient enfin ce qu'il advient de C&V, ainsi que de leur vie en général. Autant dire que tout le monde était stressé. La maison entière était terrifiée. Mais personne n'osait le dire à haute voix. Le mot « procès » et « Cullen » avait d'ailleurs été banni du vocabulaire depuis quelques jours. Personne ne parlait de la chose à laquelle tout le monde pensait en silence. Comme à cet instant précis par exemple, Edward faisait mine de s'intéresser aux courses que lui et Bella faisaient alors qu'en réalité il était complètement préoccupé par cette affaire. Il espérait vraiment que l'issu de ce procès leur serait favorable, car il ne pouvait tolérer que la famille Swan – et en particulier Bella – ne vivent un enfer toute leur vie, juste à cause de lui et de son égoïsme pour refuser d'abandonner Bella.
Alors que Bella était dans le rayon surgelés, Edward s'occupait à chercher les céréales qu'Emmett affectionnaient tant. Il faut dire que celui-ci les appréciait surtout pour le jouet qu'ils mettent à l'intérieur du paquet. Emmett faisait la collection des jouets, que ce soit les automobiles ou les autocollants des Yankees à coller sur le frigo. Lorsqu'Edward les aperçut, il prit le premier paquet de la pile et s'apprêta à rejoindre Bella quand il vit une jeune femme qui galérait à attraper le paquet qui se trouvait tout en haut. Elle était sur la pointe des pieds et levait le bras sans pour autant parvenir à s'en emparer. Edward eut pitié d'elle et se dirigea vers elle pour l'aider. Il leva le bras et lui attrapa le paquet de céréales pour le lui tendre.
« Tenez. » Fit-il poliment tandis qu'elle le regardait avec de grands yeux.
Elle avait les cheveux châtains et des yeux marron. Son visage était un peu trop maquillé et elle avait pas mal de formes. S'emparant du paquet avec rapidité, elle avait un large sourire qui faisait presque peur à Edward.
« Merci ! Vous me sauvez la vie, j'ai cru que je ne l'attraperais jamais ! »
Edward la regarda surpris par autant d'enthousiasme.
« Euh… de rien. » Fit-il pour abréger.
Elle le regarda intriguée avant de s'exclamer d'une voix aigue.
« Eh ! Ce serait pas vous le type qu'on a vu à la télé récemment ? »
Il entrouvrit la bouche, avant de secouer la tête avec dureté.
« Non vous faites erreur. » Marmonna-t-il froidement.
La dernière chose qu'il désirait était qu'on le reconnaisse et qu'on l'associe à l'affaire C&V. Il détestait l'idée de passer à la télévision et de faire parler de lui dans la presse. Bien qu'il n'ait pas le choix dans la mesure où il est associé aux Cullen et parce que c'est lui qui est à l'origine de l'ouverture de l'enquête, il faisait tout pour passer inaperçu. C'était surtout pour Bella, pour éviter qu'on reporte l'attention sur elle, car il savait qu'elle ne le voulait absolument pas.
« Ah bon vous êtes sûr ? Je jurerais vous avoir vu pourtant ! » Fit-elle en plissant les lèvres. « Au fait, je m'appelle Jessica Stanley Newton ! » Dit-elle avec jovialité en lui tendant la main.
Edward jeta un coup d'œil aux alentours, priant pour que Bella apparaisse par magie et le sorte de cette situation embarrassante.
« Edward. » Répondit-il forcé. « Bon si vous voulez bien m'excuser, ma fiancée m'attend et… »
« Oh vous avez une fiancée ? » S'exclama-t-elle émerveillée. « Vous allez voir le mariage c'est super ! Personnellement j'ai un mari et aussi trois enfants, et c'est que du bonheur ! Bon bien sûr, avoir des triplés sur le dos n'est pas de tout repos, mais avec un peu de temps on s'y fait, de toute façon c'est pas comme si on avait le choix… »
Elle continua de parler mais il ne l'écouta pas, tout ce qu'il voulait s'était s'enfuir à l'autre bout pour ne plus avoir à entendre cette horrible voix nasillarde.
« Edward ! » Entendit-il Bella l'appeler.
Il ne put réprimer un soupir de soulagement en entendant sa voix et quand il la vit accourir vers lui avec le panier de courses.
« Qu'est-ce que tu fais ? Je te cherchais partout ! » Fit-elle une fois à sa hauteur.
« Bella ? Bella Swan ? » S'exclama la dite Jessica avec de grands yeux.
Ce n'est qu'à ce moment là que Bella remarqua la présence de son ancienne camarade de lycée, Jessica Stanley. Et la seule constatation que Bella put faire, fût de remarquer à quel point elle avait pris du poids.
« Jessica… » Salua-t-elle d'une voix frêle avec un sourire obligé. « Tu as l'air… en forme. » Dit-elle avec les lèvres pincées.
Jessica sourit fièrement.
« T'as vu ça ? Je trouve aussi que je me suis embellie ! Tu sais je pense que c'est dû à ma grossesse, ça change vraiment la vie ! D'ailleurs je t'ai dit que j'avais eu des triplés ? Et tu sais qui est le père ? Mike ! Dire que vous sortiez ensemble quand on était au lycée, c'est marrant non ? »
Bella déglutit et se gratta l'arrière de la tête. Le seul souvenir qu'elle gardait de Mike Newton était son horrible haleine pourrie.
« Ah oui c'est… très drôle en effet. » Dit-elle d'une voix hésitante.
« Et toi raconte ! Alors comme ça tu es fiancée ? C'est génial ! » S'enthousiasma-t-elle.
Bella écarquilla les yeux.
« Quoi ? » Fit-elle perdue tandis qu'Edward regardait ailleurs, l'air de rien.
« Figure-toi que j'avais du mal à attraper un paquet en haut de l'étagère, alors ton chéri est venu m'aider, on a discuté et il m'a appris que vous étiez fiancés ! Félicitations ! Tu dois avoir du mal à y croire pas vrai ? »
Bella se tourna vers Edward avec un regard à la fois scandalisé et interrogateur, avec un soupçon d'amusement tandis qu'il lui faisait des yeux désolés et embarrassés.
« Oui en effet, c'est vraiment incroyable. » Répondit-elle à Jessica sans quitter Edward des yeux. « C'est comme si tu venais de me l'apprendre. » Dit-elle en haussant un sourcil.
« Je te comprends, ça m'a fait ça à moi aussi quand Mike m'a demandée en mariage après que je sois tombée enceinte. Alors fais voir la bague ! » S'empressa-t-elle en s'emparant de la main gauche de Bella qui blêmit.
« Euh ben c'est-à-dire que… »
« Bella avait peur de la perdre alors elle l'a laissée à la maison, pas vrai chérie ? » Intervint Edward avec des yeux insistants vers Bella qui se forçait à sourire.
« Oui voilà. Tu me connais, moi et ma maladresse légendaire. » Mentit-elle en regardant Jessica.
Celle-ci fit une moue déçue et lâcha sa main.
« Oh dommage, pas grave tu me la montreras à ton mariage ! Je suis invitée j'espère ? »
« Bien sûr voyons ! » S'exclama Bella faussement outrée. « Mike et toi êtes les premiers auxquels nous avons pensé. » Assura-t-elle en se mordant la joue intérieure.
« Jessica ! » Appela une voix d'homme que Bella reconnut aisément.
Ils virent un blond arriver, pas très grand mais un tantinet séduisant… bien qu'il ait lui aussi un peu forci. Surtout du visage. Il arriva avec une poussette trois places et Jessica s'empressa de lui prendre la main avec engouement.
« Mike mon chéri ! Devine qui je viens de rencontrer au supermarché ! Bella Swan ! » S'exclama-t-elle radieuse.
Mike tourna la tête vers Bella et lui fit un sourire amical.
« Bella ! Ça fait plaisir de te revoir. » Salua-t-il.
Elle sourit faiblement, mal à l'aise comme à chaque fois qu'elle voyait ce type. Il faut dire que même après qu'il se soit mis avec Jessica après le lycée, il avait essayé de lui faire des avances et se trouvait être un véritable pot de colle.
« Moi aussi Mike. » Se força-t-elle.
Le sourire de Mike s'élargit, ce qui la rendit encore plus mal à l'aise tandis qu'un silence gênant se créait. Elle se tourna alors vers Edward.
« Euh Mike, je présente Edward, mon… euh… futur mari. » Bafouilla-t-elle pitoyablement, avant de réaliser soudainement que cette idée ne lui déplaisait pas tant que ça.
Ce dernier tourna la tête vers elle et haussa un sourcil questionneur, voire moqueur, ce à quoi elle lui répondit par un regard noir en haussant les épaules.
« Oh, euh… enchanté de faire ta connaissance. » Fit Mike avec une pointe de déception.
Après un dernier regard sans équivoque à Bella, Edward se tourna vers Mike avec un sourire amusé.
« Le plaisir est partagé. »
« Tu trouves pas ça génial qu'ils vont se marier ? » S'écria Jessica avec une bonne humeur qui faisait vraiment peur. « Et puis je t'ai pas dit ? On est invités au mariage ! D'ailleurs c'est quand Bella ? »
Le visage de Bella se décomposa et elle donna un coup de coude à Edward pour signifier qu'elle lui en voulait de les avoir mis dans cette situation en tout premier lieu.
« Oh… on sait pas encore. C'est tout récent en fait. » Bredouilla-t-elle. « Mais dès qu'on le sait on vous appelle. » Promit-elle.
« Je peux vous poser une question ? » Souleva Edward avec une soudaine curiosité.
« Évidemment ! » Sourit Jessica.
« C'est normal que vous vous baladiez avec une poussette… vide ? » Fit-il remarquer en montrant la poussette trois places des yeux.
Jessica cligna des yeux.
« Hein ? Bien sûr que non, nos enfants sont juste… » Sa phrase se stoppa lorsqu'elle baissa la tête et constata qu'Edward disait la vérité. « Mike… où sont passés les mômes ? »
Le visage de Mike devint alors rempli de panique et d'incrédulité.
« C'est pas possible ! » S'exclama-t-il. « Ils étaient là à l'instant ! »
Jessica le regarda avec horreur, entrant dans une colère noire.
« Je le crois pas ! Tu as perdu nos enfants ? Mais t'es complètement malade ou quoi ? ! »
« Je les ai pas perdus ! Ils étaient bien attachés, je comprends pas ! »
« Alors comment tu expliques le fait qu'ils aient disparu ? » Cria-t-elle.
« J'en sais rien ! Je te jure que je les avais bien attachés avant de partir ! » Se justifia-t-il.
« Oui bah retrouve-les ! » Hurla Jessica en se détournant et en partant d'un pas pressé, suivi de près par Mike qui tentait de s'expliquer, la poussette vide à la main.
Bella et Edward les regardèrent partir et l'effet fut tel qu'une fois seuls, ils ne purent se retenir et éclatèrent de rire. Bella en avait les larmes aux yeux et avait du mal à respirer tant son rire était incontrôlable.
« Pauvres gosses… de quels parents ont-ils hérité ? » Soupira Edward sans arrêter de rire.
« J'arrive pas à le croire ! Ils sont aussi cons qu'à l'époque du lycée ! »
« Décidément Forks est une ville pleine de surprise. »
« Rassure-moi, on ne sera pas comme ça quand on aura des enfants pas vrai ? » Émit-elle en s'essuyant les yeux, avant de se rendre compte de ce qu'elle venait de dire.
Elle se figea en réalisant qu'elle avait parlé d'avoir des enfants avec lui… ici, dans un supermarché. Par chance il ne percuta pas puisqu'il répondit sans paraitre étonné ni surpris.
« Y a pas intérêt, parce que sinon autant prendre une corde et se pendre tout de suite. »
Elle sourit avant de lui prendre le bras et ils partirent en direction de la caisse.
« Oh et Edward ? » Fit-elle après plusieurs minutes, en se rendant compte d'une chose importante.
« Oui ? » Répondit-il en mettant les articles sur le tapis roulant avant de la regarder.
« La prochaine fois qu'on est sensés se marier, tiens-moi au courant d'accord ? » Lâcha-t-elle en haussant un sourcil.
Il la regarda à la fois amusé et troublé.
« Est-ce que ça veut dire que t'accepterais de te marier avec moi ? » Demanda-t-il d'une voix plus sérieuse.
Elle pâlit avant de se racler la gorge.
« Tu tiens vraiment à ce qu'on parle de ça dans un supermarché ? » Argua-t-elle.
Un rire transperça ses lèvres et il secoua la tête, se disant que de toutes les situations possibles de demande en mariage, celle là était sans doute la pire.
Une fois les courses payées et les articles mis dans les sacs, Edward et Bella quittèrent le supermarché de Forks d'un pas entrainant, encore amusés par toute la scène qui s'était jouée. Ce n'est que lorsqu'ils se dirigèrent vers la Volvo, que la réalité les rattrapa de plein fouet.
« Edward… » Murmura Bella en lui pressant le bras pour lui montrer la direction qu'elle regardait.
Il fronça les sourcils en voyant ce qu'elle désignait.
En face d'eux, au loin, se trouvaient Carlisle et sa femme Esmée Cullen. Ils étaient toujours aussi élégants et pleins de prestance, cela dit une chose ne collait pas. En effet, Esmée était en larmes et pleurait dans les bras de son mari qui la réconfortait en lui caressant le dos. Bella sentit le corps d'Edward se tendre et son visage se durcir à cette vue qu'elle devinait être difficile à supporter pour lui.
« Est-ce que ça va ? » S'enquit-elle en le regardant soucieuse.
Il ne répondit pas, ses yeux rivés vers ses parents qui ne ressemblaient en rien à ce qu'ils avaient l'habitude de voir. C'était la première fois qu'Edward les voyait aussi proches l'un de l'autre depuis des années. Et aussi humains et ébranlés. Il aurait pu se demander ce que ces deux là faisaient dans les rues de Forks, eux qui en temps normal ne se mélangent pas à la populace. Mais pour être honnête, il s'en foutait. Il n'avait même pas envie de connaître la raison de leur présence ici, non loin d'eux.
« C'est à leur tour de pleurer. » Déclara-t-il cinglant, la voix dénuée d'émotion.
Bella le regarda tristement.
« J'aurais aimé que les choses soient différentes. » Avoua-t-elle désolée.
Il se tourna vers elle, le visage légèrement désemparé.
« Est-ce qu'on peut rentrer ? » Supplia-t-il.
Elle hocha la tête rapidement.
« Viens. » Incita-t-elle en lui prenant la main et en se dirigeant vers la voiture qui était à coté.
Ils installèrent les courses sur la banquette arrière puis refermèrent la portière.
« Bella ? » Appela-t-il.
« Oui ? »
Edward fit retourner Bella vers lui et prit son visage en coupe avant de la regarder intensément.
« Tu as tort de souhaiter que les choses soient différentes. Moi je trouve que notre situation n'est pas si mal. » Sourit-il. « Je suis très bien comme ça et j'ai pas envie d'une vie différente. »
Elle sourit à son tour et pencha la tête pour l'embrasser.
« C'est pareil pour moi. »
…
Lorsqu'Edward et Bella rentrèrent à la maison, ils trouvèrent Charlie dans la cuisine, assis devant son journal. Il les regarda d'un air grognon, voire même carrément énervé.
« Ça va Papa ? » Demanda Bella intriguée par sa mauvaise humeur.
Le paternel lui fit un regard noir qui lui fit froid dans le dos.
« Ça va ? Tu me demandes si ça va ? » S'écria-t-il incrédule. « Bon sang je viens d'apprendre que ma fille va se marier, comment veux-tu que ça aille ? ! »
« Pardon ? » S'exclama Bella perdue.
« Je viens de recevoir un appel de Jessica Stanley à l'instant ! » Brailla-t-il. « Depuis quand est-ce que vous prévoyez de vous marier sans m'en parler ? J'arrive pas à croire que je sois pas au courant ! » Incendia-t-il.
À ce moment là un éclair de compréhension passa dans les yeux des deux jeunes et ils se regardèrent avant que Bella ne se mette à rire à gorge déployée.
« Mon dieu tu m'as fait peur ! » S'exclama-t-elle en rigolant. « J'ai cru qu'il s'était vraiment passé quelque chose de grave ! »
Edward essayait de se contrôler devant Charlie mais il parvenait mal à cacher son rire.
« Quelque chose de grave ? Parce que tu trouves ça pas grave toi ? » Tonna Charlie dont les yeux étaient sur le point de sortir de leurs orbites.
Le rire de Bella s'amplifia et elle se détourna de la cuisine.
« Je t'aime Papa ! » Héla-t-elle avant d'aller dans la chambre, son rire toujours audible.
Charlie dont le visage était désormais rouge de colère se tourna vers Edward qui lui aussi était presque hilare.
« Je peux savoir ce qu'il y a de drôle ? » Râla-t-il sèchement.
Edward secoua la tête, un sourire au coin des lèvres.
« Vous en faites pas Charlie. » Rassura-t-il. « Le jour où je demanderai Bella en mariage, vous serez le premier au courant. » Promit-il en se détournant pour aller rejoindre Bella dans sa chambre.
Charlie fronça les sourcils à cette annonce. Il ne savait pas du tout si cela était sensé le rassurer ou l'inquiéter…
.
Edward frappa à la porte avant d'entrer et de la trouver allongée sur le lit, le regard pendu au plafond. Elle semblait avoir totalement repris ses esprits et à présent, arborait un visage incroyablement sérieux.
« J'arrive pas à me dire que c'est demain. »
Il soupira et s'allongea à coté d'elle, regardant le plafond à son tour.
« Quelque soit l'issu de ce procès, ça ne changera rien pour nous. » Dit-il d'une voix solennelle.
Elle tourna la tête vers lui.
« Parce qu'on restera quand même ensemble ? » Demanda-t-elle d'une petite voix.
« Parce que mes projets restent les mêmes. Je t'aiderai à financer tes études pendant que… »
« On a dit qu'on parlerait pas de ça avant que tout soit fini. » Râla-t-elle.
« Je sais mais il faut quand même que tu saches que je ne vais pas lâcher l'affaire. Je tiens à ce que tu ailles à Dartmouth Bella. »
« Edward… »
« Quoi ? »
Elle soupire et roula des yeux.
« Bon et ensuite ? C'est quoi tes autres projets ? » Éluda-t-elle. Il sourit.
« Ensuite, une fois qu'on aura une situation stable, je te demanderai de m'épouser. » Annonça-t-il les yeux toujours rivés vers le plafond. « Naturellement tu me diras oui, et… »
« Qu'est-ce que t'en sais ? » S'exclama-t-elle indignée en le surplombant légèrement.
« Rappelle-toi ce que je t'ai dit le jour où je t'ai demandée de sortir avec moi. » Dit-il avec un sourire au coin des lèvres. « Que je ne prends pas non pour une réponse. »
Elle rougit et s'humidifia les lèvres, retenant le sourire qui menaçait de transpercer ses lèvres. Elle se rallongea et décida de passer à autre chose, sachant que de toute façon il avait raison. Comme si elle était vraiment capable de dire non… Elle aurait même été prête à lui dire oui s'il l'avait demandée en mariage dans ce supermarché.
« Et après ? »
« Après on se mariera, et on se prendra une maison. »
« Avec une véranda ? » Sourit-elle.
« Et un jardin avec des balançoires. » Renchérit-il.
« On aura un chat ? »
« Je préfère les chiens. »
« Dans ce cas on aura les deux. » Trancha-t-elle.
« On aura aussi des enfants. Deux garçons et une fille. » Décréta-t-il sans se départir de son sourire.
« Comment tu peux prévoir ça ? » S'exclama-t-elle, heureuse à l'idée d'imaginer avoir des enfants avec lui dans le futur.
« Je le sais c'est tout. » Fit-il comme toute réponse. « Et aussi parce que le nombre et le sexe m'importe peu, tant que je les fais avec toi. »
Elle rougit et se mit dans ses bras, posant sa tête sur son torse et passant un bras autour de lui tandis qu'il mettait un bras dans son dos.
« Comme si j'allais accepter que tu les fasses avec quelqu'un d'autre de toute façon. » Marmonna-t-elle.
Il émit un léger rire et embrassa le haut de son crane.
« Il faudra pas non plus oublier la chambre pour Emmett, c'est un enfant lui aussi. » Fit-elle remarquer.
« T'inquiète pas c'est prévu. On sera même situé à coté d'une pizzeria rien que pour lui faire plaisir. » Blagua-t-il.
« Sans oublier la salle de sport. »
« Ça c'est pas possible. » Contra-t-il. « T'as déjà vu une pizzeria et une salle de sport dans une même rue ? C'est débile réfléchis. À quoi ça servirait d'aller à la salle de sport si c'est pour finir ensuite avec une pizza ? »
Elle rît légèrement, caressant son ventre avec la paume de sa main.
« On aura des petits enfants ? » S'enquit-elle.
« Oui mais pas avant que notre fille ait trente ans. De toute façon elle quittera pas la maison avant. »
« Protecteur ? » Devina-t-elle sans se départir de son rire.
« Assurément. » Confirma-t-il fièrement.
« Et bien monsieur le protecteur… » Fit-elle en se relevant et en approchant son visage du sien. « On peut peut-être commencer à s'entrainer à les faire ces enfants, histoire de bien être préparés pour le jour J. Qu'est-ce que t'en dis ? » Lança-t-elle avec un regard suggestif.
Il cligna des yeux et un sourire anticipateur naquit sur ses lèvres. Il fit glisser sa main le long de sa silhouette et caressa sa cuisse avec lenteur.
« Et bien mademoiselle Swan, prochainement madame Cullen, j'en dis que c'est une très bonne idée. »
oO "In The Air Tonight" Oo – Noinpoint
« Ici Aline Ledez pour CNN, je me trouve actuellement à Seattle devant le tribunal où se déroulera aujourd'hui, la dernière audience du procès de l'une des plus grosses affaire de ce nouveau millénaire qui passionne tant l'Amérique depuis des mois. Comme vous pouvez le constater derrière moi, nombreux sont les gens qui ont fait le déplacement pour assister de loin au procès contre C&V. L'audience débutera à dix heures et demi, et je peux d'ors et déjà vous dire qu'il faut s'attendre à une affaire pleine de surprise. La plupart des personnes concernées sont déjà arrivées et attendent que les portes de la salle d'audience s'ouvrent pour que le procès puisse débuter. Alors quel sera le verdict annoncé ? C&V sera-t-elle acquittée ou plongera-t-elle ? Il va nous falloir quelques heures pour le savoir. Et tout de suite sur CNN, retrouvez un reportage sur l'ascension fulgurante de cette banque qui au fil des années, s'est révélée comme étant l'une des plus grandes du pays. » Acheva la journaliste en finissant par un petit clin d'œil à la caméra.
« Il n'est toujours pas arrivé ? » Demanda Rosalie à Bella en voyant l'inquiétude dans les yeux de celle-ci.
« Il m'a dit qu'il avait un truc à faire avant de venir. Mais il n'a pas dit quoi ni quand il arriverait. » Répondit Bella avec anxiété.
« Ne t'en fais pas, je suis certaine qu'il va pas tarder. Tu sais bien qu'il ne manquerait cet évènement pour rien au monde. »
« Je l'espère Rosalie. Regarde, ils sont déjà tous arrivés. Même ses parents sont là ! »
« Et alors ? L'audience ne commence pas tout de suite non ? Pourquoi est-ce que tu paniques ? »
Bella soupira pour contenir son impatience et fit l'erreur de poser les yeux sur les Cullen au loin, qui bavardaient avec Aro et Caius Volturi, ainsi que Jenks, leur avocat. Esmée tourna la tête vers elle et la toisa d'un regard haineux et hautain qui énerva Bella. Dire que cette femme froide et sans cœur était la même que celle qu'elle avait vue hier, si fragile et bouleversée…
« J'aimerais bien savoir où est Marcus. » Songea Kate avec curiosité.
« Il doit arriver avec son fils. » Répondit Jasper.
« Comment tu le sais ? » Demanda Garrett étonné.
« J'ai parlé avec Demetri au téléphone. J'ai essayé de le convaincre de venir. » Apprit-il.
« Et tu as réussi ? » S'exclama Kate surprise.
« Ça n'a pas été facile, mais au final il a accepté d'y aller avec son père. »
« Et ta famille Kate ? » S'enquit Charlie. « Tu ne les as pas vus ? »
La blonde secoua la tête avec dépit.
« Non ils ne sont pas encore arrivés. De toute façon c'est pas comme s'ils venaient pour me soutenir. » Fit-elle défaitiste.
Garrett passa un bras autour de ses épaules et la ramena contre lui.
« T'as pas besoin d'eux bébé. »
« Je sais. » Sourit-elle en déposant un baiser sur ses lèvres.
« Edward n'a dit à personne où il devait aller ? » Demanda Alice soupçonneuse.
« Non et crois-moi, si je le savais je m'y rendrais illico pour lui rendre la monnaie de sa pièce. » Marmonna Kate qui commençait à perdre patience.
« En retard à l'un des rendez-vous les plus importants de toute sa vie, c'est bien Edward ça ! » Plastronna Emmett d'une voix tonitruante en rigolant.
…
Edward se trouvait actuellement chez Jacob Black. Un silence de mort régnait dans le salon, tous les deux avaient le regard rivé vers l'écran d'ordinateur, les yeux écarquillés et le visage liquéfié. S'il y a bien une chose à laquelle ils ne s'attendaient pas – en particulier Jacob – c'est ce qu'ils venaient de voir. Après un moment à se remettre de ses émotions, Jacob releva les yeux vers Edward qui semblait toujours aussi choqué.
« Est-ce que… est-ce que ce truc s'est vraiment produit ? » Demanda l'indien d'une voix faible.
« Ouais… » Répondit-il éberlué.
« C'est dingue… Ça pourrait faire enfermer quelqu'un ! »
« Je sais Jacob, c'est pour ça que j'avais vraiment besoin de tes services. » Dit-il honnêtement.
« Qu'est-ce que tu vas faire alors ? » S'enquit le brun.
« Mon boulot. Je vais montrer cette vidéo aux bonnes personnes et je compte bien gagner le procès avec ça. »
« Ça ne va pas m'attirer des problèmes ? » S'inquiéta-t-il.
Edward sourit en reprenant sa clé USB.
« Non ne t'en fais pas, au contraire tu viens de m'aider à coincer un assassin. Tu n'as aucune idée de ce que cela signifie vraiment. »
« Je veux bien te croire… » Murmura Jacob, encore un peu troublé par cette vidéo.
Edward se dirigea vers la porte et se retourna avant de partir.
« Merci Jacob. Merci de m'avoir aidé, je ne sais pas si j'aurais pu réussir sans ton aide. »
Jacob hocha la tête.
« Pas de quoi. »
Edward ouvrit la porte en lui faisant un signe de tête respectueux.
« Attends mec ! » Appela l'indien soudainement.
« Quoi ? »
Jacob se passa une main dans les cheveux avec embarras.
« Euh… tu pourras dire à Bella que je suis vraiment désolé ? J'étais jeune et j'ai déconné. Je me rends compte maintenant que j'ai perdu une fille super. On serait peut être encore ensemble si j'avais pas fait le con avec Rosalie, j'en sais rien… mais en tout cas je suis désolé. »
Edward fronça les sourcils. De toutes les discussions que lui et Jacob pouvaient avoir, celle là était sans doute la pire. En se rendant chez Jacob trois moi auparavant pour le supplier de l'aider, il avait mis un point d'honneur à ne pas évoquer Bella car il savait que ça ne lui plairait pas du tout. Le pire était que Jacob lui disait à lui, qu'il regrettait de ne plus être avec Bella. Soit il était plus que con, soit il était imprudent. Quoi qu'il en soit, peu importe que Jacob ait été son sauveur dans l'affaire Heidi Meyer ou non, il ne comptait pas lui faire le moindre cadeau.
Il le toisa sévèrement avant de secouer la tête.
« Dis-le lui toi-même. » Répliqua-t-il d'une voix glaciale. « Et tu as tort. Même si tu ne l'avais pas trompée avec Rosalie il y a deux ans, vous ne seriez quand même plus ensemble. En tout cas j'aurais tout fait pour. » Termina-t-il avant de refermer la porte.
Il se dirigea vers sa Volvo, sa clé USB en main et quitta la maison de Jacob Black, réprimant ses envies de meurtre envers ce gamin. Il lui avait été d'une aide précieuse alors bon, il pouvait bien le remercier en lui laissant la vie sauve.
…
« Où est-ce qu'il peut être ? » S'inquiéta Bella en voyant que le procès commençait dans cinq minutes et qu'Edward ne donnait toujours pas signe de vie.
« Il a sérieusement intérêt à avoir une bonne excuse parce que sinon je te promets qu'il finira castré ! » Ragea Kate en jetant un coup d'œil maladif vers sa montre.
Bella la regarda horrifiée.
« Hum… je préférerais que tu t'abstiennes. » Dit-elle en dissimulant mal sa panique.
Kate leva les yeux au ciel. Sa famille les Denali passèrent devant eux, ses parents ainsi que ses deux sœurs Tanya et Irina. Ces deux là s'avancèrent vers leur sœur, prenant soin d'ignorer Bella et Alice.
« Très chère Kate ! » Salua Irina d'une voix hypocrite. « Toujours bien décidée à tourner le dos à ta famille à ce que je vois. »
« Va pester ailleurs Irina, c'est pas le moment. » Fustigea celle-ci.
« La vérité fait mal à entendre ? » Railla Tanya. « Il faut dire que tu dois avoir beaucoup de mal à te regarder dans le miroir vue la façon dont tu nous tous trahis en t'associant à ces larbins. »
« Rassure-toi sœurette, j'ai aucun problème à me regarder dans un miroir, ma conscience se porte très bien. » Répondit Kate avec un sourire faux.
« Vous allez perdre Katie chérie ! » S'exclama-t-elle sérieusement. « Tu veux que je te dise ? Tu as signé ton arrêt de mort le jour où tu as pactisé avec cet idiot d'Edward Cullen ! » Dit-elle d'une voix méprisante.
Bella se tendit et serra les poings, se retenant d'ouvrir la bouche pour répliquer. Elle aurait voulu prendre sa défense mais à quoi cela aurait-il servi hormis accorder de l'importance à cette fille qui justement, ne représentait strictement rien ?
« Irina ! Tanya ! » Appela un homme que Bella reconnut comme étant Eleazar Denali.
Les deux concernées tournèrent la tête avant d'accorder un regard hautain et haineux vers Kate.
« On se voit dans la salle, bonne chance à toi chère sœur. » Saluèrent-elles faussement avant de s'en aller rejoindre leur père.
Kate fulmina mais ne dit rien. Quelques secondes plus tard, la famille d'Aro Volturi apparut en compagnie de leur avocat, Maitre Jenks. Bella observa Alec et Jane qui se tenaient par le bras, tandis que la femme Sulpicia regardait son mari avec appréhension. Derrière eux, arrivaient Carlisle et Esmée Cullen. Esmée était bien différente de la pauvre femme que Bella et Edward avaient vu pleurer la veille dans les bras de son mari. Là elle arborait le même masque froid et impassible que tout à l'heure, alors que son époux paraissait sûr de lui. Ils ne leur accordèrent aucun regard et passèrent devant eux comme s'ils n'existaient pas.
Bella soupira, se disant que finalement, c'était une bonne chose qu'Edward n'ait pas assisté à ça.
« Ah bah enfin c'est pas trop tôt ! » S'exclama Kate en voyant Edward arriver à leur rencontre, la cravate desserrée et la chemise un peu froissée comme s'il avait couru.
Bella le regarda – ou plutôt l'admira – sans parvenir à détourner les yeux. Il était toujours plus beau à chaque apparition. Du moins c'était l'impression qu'elle avait. Elle savait qu'elle était idiote de le considérer comme ça, mais elle n'y pouvait rien. Pour elle il avait l'allure d'un ange. Un ange parfait qui très souvent pouvait se transformer en vrai démon pour son plus grand bonheur.
Celui-ci qui avait remarqué le regard de Bella sur lui, lui fit un sourire en coin.
« Désolé il fallait absolument que je me rende quelque part. » Expliqua-t-il.
« J'espère que c'était important. » Toisa Kate.
« Crois-moi ça l'était. »
« Il faut y aller les jeunes, le procès va commencer. » Interrompit Charlie. Presque tout le monde était déjà entré.
Edward regarda aux alentours et lorsqu'il vit que Marcus et Caius étaient encore là, il soupira de soulagement.
« Allez-y. » Dit-il. « Je dois m'entretenir avec Marcus. »
« Maintenant ? » S'exclama Bella incrédule.
« Oui il le faut, je suis désolé mais vous allez devoir commencer sans moi. » S'excusa-t-il.
Bella le regarda sceptique, tout en montrant son inquiétude. Kate lui prit l'épaule pour l'inciter à entrer dans la salle.
« Viens Bella, il faut qu'on y aille. »
La brune le regarda une dernière fois avec incertitude et il hocha la tête pour l'encourager. Puis elle le vit s'éloigner et héler Marcus Volturi. Ce dernier se tourna vers lui et s'approcha. Bella aurait aimé savoir ce qu'Edward avait de si important à lui dire, mais elle fut attirée à entrer dans la salle et bientôt, les portes de la salle d'audience se refermèrent derrière elle, faisant disparaitre la silhouette d'Edward et Marcus.
Elle se retrouva dans une salle bondée, en particulier du coté de C&V. Beaucoup de proches, d'associés, d'employés étaient assis derrière les accusés Aro, Caius et Carlisle, lesquels n'attendaient plus que Marcus. Bella aperçut Jasper dans le fond en train de serrer la main à un jeune homme blond. Il avait revêtu une tenue adéquate mais sa chemise dépassait lâchement de son pantalon et son attitude était tout sauf soignée. En voyant le visage fermé, presque complètement éteint sans pour autant être froid qu'il arborait, Bella devina qu'il devait s'agir de Demetri Volturi, le fils de Marcus. Et également l'ex fiancé d'Heidi Meyer, la défunte. C'était tout à fait normal qu'il aille s'asseoir aux cotés de sa famille, mais à en juger par ses réactions, il ne semblait pas du tout intéressé le moins du monde par ce qui se jouait dans cette salle.
Kate invita Bella à s'asseoir de l'autre coté, là où tous les Swan, ainsi que Garrett et Alice se trouvaient. La plupart des personnes assis de leur coté étaient des journalistes, des étudiants prenant toute sorte de notes, ainsi que des actionnaires et des membres de la police. Le stress était vraiment à son paroxysme lorsque la juge Burton arriva, suivie de près par les jurés commis d'office. La plupart d'entre eux étaient des concitoyens normaux, hommes et femmes âgés de trente à cinquante-cinq ans. Ils étaient douze. Le cœur de Bella fit un bond dans sa poitrine quand elle réalisa que ce seraient ces douze personnes là qui allaient définir le verdict de ce procès.
Des vies étaient en jeu… Songea-t-elle. La sienne, celle d'Edward ainsi que sa famille.
Elle alla s'asseoir au deuxième rang à droite, à coté de son père et de son frère. Charlie lui pressa la main pour la rassurer et la détendre, et elle lui fit un maigre sourire auquel il ne crut pas une seconde.
Une chose que Charlie ne disait pas mais qu'il pensait profondément, c'était qu'il était fier de sa fille. Il était heureux de tout le chemin qu'elle avait parcouru en presque un an. Elle s'était endurcie, elle avait appris à s'affirmer, à faire face à des situations toutes plus difficiles les unes que les autres et avait mûri. Elle avait gagné en assurance et avait confiance en elle désormais. Sa petite fille était devenue une femme, une femme forte et il était maintenant prêt à la laisser partir. Même si cette idée ne l'enchantait guère, il y pensait depuis un moment. Il savait qu'à la fin de ce procès, qu'il leur soit favorable ou non, Bella partirait quand même pour faire sa vie. Elle n'avait plus besoin de lui pour veiller sur elle. Elle avait Edward. Bien que ça l'attristait, il était vraiment heureux pour elle. Il espérait simplement que ce procès allait bien finir, car si par malheur les Cullen s'en sortaient, Edward et Bella ne seraient jamais tranquilles.
Au moment où la juge Burton, vêtue de sa longue robe noire, s'assit à sa place et s'apprêta à ouvrir la bouche, la porte de la salle s'ouvrit sur Edward et Marcus qui, après avoir échangé une poignée de main des plus étranges, se séparèrent de part et d'autre de la pièce. Edward jeta un coup d'œil vers l'endroit où se trouvait Bella et se dirigea vers elle tandis que Marcus prenait place aux cotés de ses frères.
« Tu veux bien me dire à quoi tu joues depuis ce matin ? » Lui chuchota-t-elle à l'oreille après qu'il se soit assis à coté d'elle.
Il lui prit la main pour toute réponse.
« Fais-moi confiance. » Murmura-t-il d'une voix faible pour que personne à part elle ne puisse entendre.
« Silence ! » Clama la juge Burton avec sévérité afin de faire taire toute l'assemblée. « Bien, Maitre Jenks, Maitre Denali, Messieurs les jurés, l'affaire Cullen & Volturi International peut commencer. » Déclara-t-elle d'un ton ferme qui fit presque trembler les murs.
Nous y sommes…
…
S'en suivit d'un long moment auquel Bella ne comprenait pas grand-chose, hormis qu'ils étaient sacrément mis à mal par l'avocat assurant la défense de C&V. Jenks savait très bien faire son boulot, pas étonnant que ses honoraires soient si hors de prix. Kate semblait avoir beaucoup de mal à lui tenir tête. Durant toute la première partie elle essayait tant bien que mal de le suivre et de ne pas se laisser démonter mais il se montrait particulièrement pertinent et pointilleux.
À la barre, de nombreux témoins furent appelés, salariés, actionnaires ou encore clients. Jenks leur posait toutes sortes de questions les faisant répondre de manière favorable envers les accusés. Là où Kate arrivait à s'en sortir et se dépatouiller était lorsqu'à son tour, elle leur posait des questions auxquelles ils ne s'attendaient pas. Ce qui fait que leurs réponses pouvaient parfois se montrer incohérentes.
Lorsque ce fut autour d'Aro et de Carlisle, chacun des deux parlèrent le moins possible et le plus professionnellement du monde. À chaque question posée on aurait dit qu'ils avaient répété et appris un texte par cœur tant leurs réponses étaient travaillées. Leur avocat avait sûrement dû les briefer un maximum pour les empêcher de commettre la moindre bourde susceptible de les discréditer. En clair, leur interrogatoire fut simple : Moins ils parlaient, mieux c'était pour eux. Même Kate ne put absolument rien tirer de leur part. Jenks manipulait les jurés ainsi que la juge à l'aide de statistiques, de bilans concluants, de contrats entièrement légaux, ainsi que de recettes fructueuses… le tout sur un ton convaincant et débordant d'honnêteté. À l'écouter, C&V ne serait en réalité qu'une simple affaire qui marche en toute légalité. Tu parles… pourquoi pas les traiter en victimes pendant qu'on y est ! Tout ça donnait à Bella envie de gerber tant cette comédie était répugnante. Le pire était de voir que tout le monde y croyait. Même la juge Fallone Burton semblait avoir d'ors et déjà pris parti pour ces pauvres Volturi.
Ou alors c'était peut être elle qui se faisait des idées…
« Tu te fais des idées. » Entendit-elle Edward murmurer à son oreille, comme s'il avait entendu ses pensées.
Bella tourna la tête vers lui avec effarement.
« Est-ce que j'ai parlé à voix haute ? » S'enquit-elle rougissante. Il sourit et secoua la tête.
« Non mais ton visage parle pour toi. Tu regardes la juge comme si t'avais envie de l'étrangler. » Répondit-il amusé.
« J'y peux rien, je l'aime pas. » Marmonna-t-elle avec un air mauvais sur le visage. « Elle regarde l'avocat de Cullen comme si elle savait déjà qu'ils allaient être innocentés de toutes les charges. »
« C'est parce que tu es terrifiée que tu ne voies que ce que tu veux voir. » Souffla-t-il. « La juge se comporte parfaitement normalement depuis le début de l'audience. »
« Oui et bah je l'aime pas quand même. Sa tête m'inspire pas confiance, en plus elle a l'air de prendre tout le monde de haut. Je suis sûre que cette fille doit être hyper frigide et hautaine. » Baragouina-t-elle.
Il émit un rire léger et elle fronça les sourcils.
« Qu'est-ce qu'il y a de drôle ? » Demanda-t-elle.
« Rien. » Fit-il en secouant la tête. « Je t'aime. »
Elle se mit à sourire à cette déclaration et ouvrit la bouche pour lui répondre lorsqu'elle fut coupée par une voix forte et bourrasque.
« On vous dérange Inspecteur ? » Tonna sèchement la juge derrière ses lunettes rectangulaires. « Parce qu'au cas où vous ne le sauriez pas nous ne sommes pas dans un salon de thé ici ! »
L'ensemble de la pièce régnait dans un silence complet, tous les regards étaient braqués vers Edward qui se redressait sur son siège et tentait de ne pas croiser le regard narquois de Jenks ainsi que celui réprimandant de Kate.
« Pardonnez-moi votre honneur. » S'excusa-t-il mal à l'aise tandis qu'aucune mouche n'osait voler.
« La prochaine fois que je vous surprends en train de perturber ma salle d'audience je vous fais sortir. »
Il hocha avidement la tête et la juge le toisa sévèrement avant de se tourner vers Jenks qui était en train d'interroger Caius.
« Poursuivez Maitre. » Ordonna-t-elle plus calmement.
Celui-ci se racla la gorge et continua comme si de rien n'était. Bella pressa la main d'Edward pour lui signifier qu'elle était désolée. C'était de sa faute s'il s'était fait fustiger et elle s'en voulait. Il ne répondit pas à la pression sur sa main, ni ne fit aucun mouvement dans sa direction, comme s'il l'ignorait. Il se contentait juste de regarder devant lui, droit comme un piquet. Bella baissa la tête honteusement vers leurs mains liées et pria pour que finalement, ce moment interminablement long se finisse rapidement.
Il fallait se rendre à l'évidence, le procès était perdu d'avance.
…
« Maitre Denali avez-vous des témoins ? » Demanda la juge Burton.
« Oui j'en ai votre honneur. J'appelle Jasper Whitlock à la barre. » Annonça Kate d'une voix forte.
Bella se redressa subitement à cette annonce. Elle avait arrêté un moment de suivre le procès car elle ne supportait plus d'entendre les babillages incessants de ce connard d'avocat et les déclarations impeccablement calculées jusqu'au moindre détail des témoins méprisants. Depuis qu'Edward s'était refermé dans une bulle impénétrable et qu'il refusait même de la regarder, Bella était devenu hermétique à tout ce qui l'entourait. Elle savait que l'issue de ce procès leur serait désastreuse et ce qui l'attristait le plus était qu'Edward aurait mis tout son cœur à l'ouvrage pour au final que les salauds s'en sortent. C'était ça qui la dégoutait. Elle avait juste hâte à présent que toute cette mascarade soit finie et qu'ils puissent rentrer chez eux et démarrer leur vie. Ils n'auraient peut être pas leur maison avec la véranda et les balançoires dans le jardin, ni un chien pour les accueillir le matin et le soir, mais qu'importe. Un petit appartement au coin de la troisième et de la quatrième rue n'était pas si mal. Tant qu'ils restaient ensemble et qu'ils ne se quittaient pas…
« Levez votre main droite. » Dit Kate à Jasper une fois que celui-ci soit assis à la barre. « Jurez-vous de dire la vérité, rien que la vérité ? »
Jasper qui avait la main droite levée en signe de reddition jura.
« Je le jure. »
« Monsieur Whitlock, » Commença Kate avec sérieux. « Vous êtes, si je ne me trompe pas, un ancien associé et proche collaborateur de Carlisle Cullen, n'est-ce pas ? »
« C'est exact. »
« Et ce dernier vous a renvoyé, vous démunissant ainsi de toutes vos fonctions ainsi que de toutes vos actions. Comment expliquez-vous cela ? »
« Carlisle voulait que je fasse une fausse déclaration à la police. »
Plusieurs sons étonnés émanèrent des gens présents dans la salle.
« Pouvez-vous développer ? » Pria Kate.
« Il voulait que je porte plainte pour agression et tentative de meurtre contre Emmett Swan. »
« Pourquoi voulait-il faire emprisonner cet homme ? »
« Parce que Carlisle déteste sa belle fille et que depuis des mois il fait tout pour mettre un terme à la relation entre elle et son fils. »
« Objection votre honneur ! » Protesta Jenks en se levant. « Ceci est complètement hors sujet ! »
« Objection rejetée. Poursuivez votre théorie Maitre. » Déclara Burton impartiale.
« Avec quelles preuves a-t-il voulu faire emprisonner Emmett Swan ? » Demanda Kate.
« Des preuves audio falsifiées, ainsi que des photos me montrant défiguré après qu'Emmett m'ait battu à mort. »
« Et vous avez accepté de porter plainte, pour quelles raisons ? »
« Il m'a menacé de me virer et de me prendre tous mes biens. »
À nouveau une onde d'exclamations se fit entendre dans la salle.
« Mais vous avez quand même retiré votre plainte quelques jours après. » Apprit Kate.
« Je suis quelqu'un d'honnête. » Déclara-t-il. « Et des personnes m'ont aidé à surmonter mes peurs. » Dit-il en regardant Alice dans les yeux en souriant. Celle-ci se mit à rougir pendant que Kate se retenait de sourire aussi.
« Et le lendemain après avoir retiré votre plainte, vous avez été viré. »
« Et je n'avais plus rien. » Confirma-t-il. « Toutes mes parts, mes actions, mes placements, Carlisle s'est débrouillé pour me dépouiller. »
« J'ai ici les rapports de police ainsi que les preuves audio que Monsieur Cullen a trafiquées. » Dit-elle en remettant le tout sur la table des jurés. « Comme vous pouvez le voir, les conditions de travail de Jasper Whitlock sont totalement odieuses et outrageuses. Carlisle Cullen a tout simplement fait du licenciement abusif ainsi que du détournement. »
« Objection ! » S'exclama Jenks. « Mon client n'a pas fait de détournement, j'ai ici le contrat que Whitlock a signé et il stipule bien qu'il avait parfaitement les droits de lui ôter toutes ses parts ! »
« Objection accordée. » Consentit Burton. « Maitre Denali, veillez à ne plus porter de fausses accusations à l'avenir. »
« Veuillez m'excuser. » Fit Kate qui se retenait de s'énerver.
« Messieurs les jurés, ne prenez pas compte de la fin de la phrase de Maitre Denali. Poursuivez. » Clama la juge en regardant Kate.
« Comme je le disais, Carlisle Cullen a fait du licenciement abusif en la personne de Jasper Whitlock et a également tenté de duper la police en forçant monsieur Whitlock à porter de fausses accusations passibles de prison. Mais ce n'est pas tout. Monsieur Whitlock, c'est bien vous qui avez retrouvé chez vous le relevé de compte qui prouve clairement que les Volturi blanchissaient de l'argent et transféraient le tout sur un faux compte en Suisse ? »
« Tout à fait. J'ai même un témoin qui était sur les lieux au moment où je l'ai trouvé. » Ajouta-t-il en jetant un coup d'œil à Bella.
Cette dernière lui lança un regard noir pour lui rappeler que c'était elle qui avait trouvé ce fichu carnet alors que lui avait essayé de la dissuader en lui disant que ce relevé de compte ne valait rien, donc c'était à elle qu'il fallait attribuer le mérite, pas à lui. Seulement la veille, Kate avait convenu qu'il faudrait faire croire que c'était Jasper qui l'avait trouvé, car elle savait que l'avocat Jenks était perfide et qu'il n'hésiterait pas à parler de violation de domicile, ce qui pouvait fortement discréditer la preuve apportée par Bella. Jasper sourit en voyant le regard de la brune, ce qui énerva cette dernière encore plus.
« Je vous remercie Jasper. » Gratifia Kate avant de se tourner vers la juge. « Pas d'autre question votre honneur. »
Elle retourna à sa place et Jenks s'avança vers Jasper, l'air sûr de lui.
« Monsieur Whitlock, durant tout le temps où vous avez travaillé pour C&V, avez-vous vu, entendu, ou repéré la moindre fraude ou transaction illégale ? »
Jasper blêmit, avant de se reprendre rapidement.
« Non. » Dit-il malgré lui.
Jenks sourit.
« Vous étiez proche de Carlisle Cullen n'est-ce pas ? »
« En effet. »
« A quel point ? »
Jasper resta silencieux une minute, avant de consentir à répondre.
« Au point que j'étais toujours convié à chacune de ses réceptions et qu'il m'a proposé de devenir son associé. » Avoua-t-il piteusement.
« Dans ce cas, pouvez-vous m'expliquer pourquoi durant tout le temps que vous étiez de proches amis et collaborateurs, vous n'avez rien remarqué ni suspecté d'anormal, et que comme par hasard lorsque Carlisle Cullen décide de se passer de vous et de vos services, une preuve irréfutable tombe du ciel ? »
Le pauvre blond déglutit, tandis que Kate soupirait. L'avocat était en train de remettre la parole de Jasper en doute et de l'enfoncer.
« Un simple concours de circonstances, j'imagine. » Tenta-t-il. « Ou alors il faut dire que Carlisle ne me faisait pas si confiance que ça finalement. »
« Vous étiez son associé tout de même, permettez-moi d'en douter. » Sourit-il faussement. « Je vais vous dire ! » Parla-t-il pour toute l'assemblée. « Monsieur Whitlock ici présent était tellement dégouté et désespéré après son licenciement et la dilapidation de tous ses biens qu'il a cherché un moyen de se venger et d'enfoncer mon client. »
« C'est faux ! » S'écria Jasper outré. « Maria m'avait mis à la porte, alors Bella m'a accompagné chez moi pour prendre des affaires, c'est en fouillant dans mon bureau que je suis tombée par hasard sur ce relevé ! »
« Et vous avez décidé de le feuilleter par hasard ? Vous vous ennuyiez alors vous vous êtes dit : « Tiens je vais jeter un coup d'œil à un vieux relevé de comptes ? » » Accusa-t-il hypocrite.
Jasper lui fit un regard noir avant de parler d'une voix claire et affirmée.
« J'ai regardé ce carnet parce que j'étais étonné de voir qu'il était encore là. Voyez-vous, juste avant que je ne rentre chez moi, mon bureau avait été dépouillé. Toutes les preuves écrites des actions que j'ai dues exécuter pour les Volturi avaient mystérieusement disparues, c'est à se demander si une tornade n'est pas passée et a vidé mon bureau. Ou peut être que quelqu'un est venu durant mon absence afin de voler tout ce qui est susceptible d'incriminer les Volturi. » Supposa-t-il innocemment avec un regard lourd de conséquences.
Bella se mit à sourire et Kate le regarda soulagée, heureuse qu'il ne se soit pas fait démonter et qu'il ait réussi à tenir tête à Jenks.
Ce dernier toisait Jasper méchamment avant de se reculer.
« Je n'ai plus de question votre honneur. » Déclara-t-il en retournant à sa place.
« Monsieur Whitlock, vous pouvez retourner à votre place. » Dit la juge et un policier l'escorta jusqu'au banc.
Rosalie lui sourit chaleureusement et Alice l'embrassa joyeusement, tandis qu'Emmett lui donnait une tape dans le dos. Kate se leva après plusieurs secondes de profond silence.
« J'appelle l'inspecteur Edward Cullen à la barre. » Annonça-t-elle en se tournant vers lui.
Bella se tendit et tourna la tête vers lui qui l'ignorait toujours et qui n'avait pas émis la moindre réaction durant tout le témoignage de Jasper. Il se leva subitement, toujours aussi raide et se dirigea à la barre sous les yeux inquiets de Bella qui n'aimait pas du tout le voir aussi distant. Cela lui rappela alors les nombreux cauchemars qu'elle faisait il y a quelques mois. Chaque fois qu'elle avait rêvé du procès Edward se montrait toujours horrible avec elle. Il lui disait des choses atroces, se montrait dur et impitoyable, répétant sans cesse qu'il regrettait le jour où il l'avait rencontrée. Même s'il lui avait murmuré un « je t'aime » avant de s'enfoncer dans un mutisme impénétrable, il s'était quand même enfermé dans un silence insupportable et ne lui accordait pas la moindre attention, ni aucune considération. Elle espérait sincèrement que cette attitude fuyante était due au stress et à son appréhension… à moins que ce soit le fait de faire un procès contre son père qui le rendait aussi hermétique.
Quelle idiote, il essayait d'envoyer son père en prison, bien sûr que ça le rendait mal ! Comment pouvait-elle penser qu'il agirait normalement et irait parfaitement bien dans un moment aussi crucial pour lui que celui-là ? Elle se fustigea pour ne pas avoir pu se rendre compte de son mal être plus tôt.
Edward leva la main droite et jura de ne dire que la vérité. Puis il fit une chose à laquelle elle ne s'attendait pas du tout. Il la regarda. Il la regarda avec une profonde intensité, comme s'il ne voyait personne autour de lui à part elle, cette belle brune aux yeux marron. Toutes les craintes de Bella s'envolèrent et elle se sentit fondre sous son regard. Elle lui adressa un sourire confiant et il lui fit un clin d'œil assuré avant de se tourner vers Kate.
Cette dernière commença à lui poser des questions sur l'enquête qu'il avait menée jusqu'ici, ainsi que sur les procédures qu'il avait utilisées. Edward répondit calmement et parfaitement détendu, comme s'il avait l'habitude. L'avocate l'encouragea à développer lorsqu'on évoqua le sujet du blanchiment d'argent ainsi que du détournement. Ils parlèrent de la société au Brésil qui avait autrefois coulé pour avoir blanchi de l'argent et qui avait été rachetée par les Volturi. Durant tout son interrogatoire, Edward n'omit aucun détail, et pas une fois Kate n'évoqua les tensions et les rapports qu'il avait avec Carlisle.
Lorsque Jenks s'avança vers lui pour l'interroger, Edward soutint son regard avec assurance, n'étant pas du tout impressionné par son ton condescendant. Il en avait été habitué presque toute sa vie.
« Dites-moi Inspecteur, depuis combien de temps menez-vous une enquête en parallèle sur Cullen & Volturi International ? »
« Plus de cinq mois. » Répondit-il franchement.
« Pour quelles raisons avez-vous soudainement éprouvé cette idée lumineuse ? »
« Un de mes amis est venu me voir au réveillon de Noël pour me parler d'une conversation qu'il avait entendue entre les Volturi et les Denali qui sont les plus fidèles actionnaires de C&V. Ils auraient apparemment parlé d'extorsion de fond alors j'ai commencé à avoir des soupçons. De plus j'ai trouvé les agissements de Carlisle Cullen envers certaines personnes complètement frauduleuses. » Apprit-il sérieusement.
« Quand vous dites « certaines personnes », êtes-vous en train de parler d'Isabella Swan, votre actuelle petite amie ? » Lâcha l'avocat en haussant un sourcil suggestif.
Edward se tendit et ses muscles commencèrent à se contracter. Parler de Bella ne faisait pas du tout partie du programme et il n'avait pas envie qu'on commence à le questionner sur elle.
« Entre autres. » Marmonna-t-il froidement. « Mais elle n'est pas la seule. »
« Monsieur Cullen, niez-vous que vous êtes le fils de Carlisle et Esmée Cullen ? » Interrogea-t-il.
« Non je ne le nie pas. »
« Quels sont vos rapports avec eux ? »
Edward prit une inspiration pour garder son calme et contenir son énervement qui montait devant les questions sordides que lui posait l'avocat.
« Ils sont inexistants. » Dit-il durement.
« Vous les détestez donc ? » Supposa-t-il.
« Et alors ? Je ne vois pas ce que ça vient faire là ! »
« Répondez à ma question. » Continua l'avocat en l'ignorant.
« Oui je les déteste. » Répondit-il sèchement.
Bella commença à paniquer en voyant qu'il était en train de s'emporter. À cet instant là elle se mit à haïr Jenks pour ce qu'il était en train de lui faire subir. Elle aurait voulu lui broyer les os ou encore le jeter dans une fausse aux lions, rien que pour avoir songé à s'en prendre à lui. Voyant le trouble de sa fille, Charlie prit sa main et embrassa sa tempe discrètement.
« Ce procès est donc une aubaine pour vous et vous arrange bien, je me trompe ? » Lança Jenks avec un sourire sur les lèvres.
« Je fais seulement mon travail. » Répliqua Edward en haussant les épaules.
« Votre travail ! » S'exclama l'avocat avant de rire dédaigneusement. « Justement, vous ne vous trouvez pas un peu trop jeune pour être inspecteur ? »
Bella voulut se lever mais Charlie l'en empêcha. Edward prit une nouvelle inspiration.
« Quel est le rapport ? » Demanda-t-il simplement, tentant de ne pas rentrer dans les provocations minables de Jenks qui ne cherchait qu'à le discréditer devant toute l'assemblée.
« Et si vous nous parliez de la façon dont vous avez obtenu votre promotion ? » Fit-il avec un sourire mauvais.
« Objection votre honneur ! » S'écria Kate en se levant. « Toutes ces questions sont complètement hors de propos, il s'agit du procès contre Cullen & Volturi, et non celui de l'inspecteur Cullen ! »
« Objection accordée ! Je suis tout à fait d'accord. » Déclara finalement la juge Burton. « Messieurs les jurés, ne prenez absolument pas en compte les précédentes questions posées par Maitre Jenks. »
« D'autres questions ? » Rétorqua Edward en le foudroyant du regard.
Jenks soutint son regard avant de soupirer.
« Je n'ai plus de questions. » Marmonna-t-il en retournant sur le banc des accusés.
La juge fit un hochement de tête en direction d'Edward et celui-ci se leva et retourna à sa place. Il croisa le regard soucieux de Bella et lui fit un sourire rassurant.
« Maitre Denali, avez-vous d'autres témoins ? » Demanda-t-elle.
Kate secoua la tête.
« Non je n'ai p… »
Elle stoppa sa phrase lorsqu'Edward se pencha vers elle pour lui murmurer quelque chose dans l'oreille. Elle fronça les sourcils et le regarda avec un visage incrédule. Elle commença à lui dire quelque chose avec un semblant d'énervement.
« Maitre ? » S'impatienta la juge en clapotant ses doigts sur son pupitre.
« Accordez-moi une minute. » Pria-t-elle avant de reporter son attention sur Edward.
Ce dernier lui lançait un regard insistant et ils semblèrent en train de se disputer en silence. Ils se murmuraient des choses qu'eux seuls entendaient, si bien que plusieurs personnes se raclaient la gorge.
« C'est quand vous voulez Maitre. » Soupira la juge agacée.
Après avoir accordé un dernier regard furieux à Edward qui lui semblait sûr de lui, elle se tourna vers la juge.
« J'ai encore un témoin. » Déclara-t-elle incertaine.
Elle regarda une nouvelle fois Edward qui hochait la tête, avant de rouler des yeux et d'accepter de lui faire confiance.
« J'appelle monsieur Marcus Volturi. »
Une horde de « O » retentit dans la salle tandis que tout le monde était sidéré. Marcus Volturi en tant que témoin, voilà qui sonnait comme un coup d'état dans la mesure où il faisait lui-même partie des accusés.
Ce dernier se leva sous les yeux incrédules et effarés de ses frères et de Jenks qui ne comprenaient rien. Il échangea un regard entendu avec Edward qui s'était rassis à coté de Bella avant de prendre place à la barre, sous l'étonnement général, y compris de la juge qui n'arrivait pas à dissimuler son ébahissement.
Kate s'approcha de Marcus avec incertitudes. Elle n'était pas du tout préparée à cet interrogatoire de dernière minute, mais Edward l'avait convaincue. Il lui avait dit qu'elle n'aurait qu'une seule question à lui poser et qu'elle n'aurait qu'à le laisser parler. Bien que Kate adore son meilleur ami, elle ne pouvait s'empêcher de le trouver drôlement tordu. Et imprévisible. Tordu, imprévisible et incroyablement horripilant.
« Monsieur Marcus Volturi, jurez-vous de dire la vérité, rien que la vérité ? » Demanda-t-elle après que Marcus ait levé sa main droite.
Ce dernier qui était le plus vieux des trois, le plus ridé et le plus discret, parla pour la première fois depuis le début de l'audience.
« Je le jure. »
C'était la première fois que Bella entendait sa voix et elle la trouva assez enrouée, presque rocailleuse. C'était dingue d'imaginer que Marcus puisse avoir des choses à dire. Même Jenks n'avait pas éprouvé la nécessité de le faire parler au tribunal pour plaider sa cause, dans la mesure où il n'avait rien à dire. Car c'était ça. Marcus Volturi n'avait jamais rien à dire. Voilà pourquoi tout le monde était surpris de l'entendre.
Kate s'éclaircit la gorge pour poser la question qu'Edward lui avait dit de poser.
« Monsieur Volturi, qu'avez-vous à répondre contre les accusations concernant votre banque à propos de blanchissement d'argent, d'extorsion ainsi que de détournement ? »
Marcus regarda Aro, Caius et Carlisle avec impassibilité, le visage sans aucune émotion apparente alors que ces trois là arboraient des visages d'incompréhension totale.
« Elles sont fondées. » Déclara-t-il finalement.
Il y eut des exclamations de la part de presque toutes les personnes présentes sans la salle. Tout le monde était choqué, y compris Kate, la juge et les jurés. Seul Edward avait un léger sourire paisible sur les lèvres. Bella se tourna vers lui horrifiée, ce dont il répondit en lui prenant la main pour tracer des cercles sur son dos avec son pouce.
« Hum… vous… vous êtes conscient de ce que cela implique ? » Bredouilla Kate décontenancée.
Marcus hocha la tête.
« Mes frères et moi avons fait pas mal de trafics quand nous vivions en Italie, jusqu'à ce qu'on s'installe aux États-Unis. Lorsqu'Aro a décidé de monter C&V avec Carlisle, nous avons repris et c'est là que nous avons commencé à blanchir l'argent amassé. On s'en est ensuite servi pour le transférer en Suisse et la banque a décollé comme ça. Puis quelques années après, Aro s'est mis à détourner l'argent de nos clients étrangers en toute intimité. Personne ne s'en rendait compte car nous remplissions les comptes avec de l'argent blanchi. C'est avec la compagnie que nous avons rachetée au Brésil que le blanchissement s'est amplifié. » Développa-t-il calmement, tandis que le banc des accusés était au plus mal.
« De combien s'élève la somme détournée ? » Demanda Kate qui avait repris un semblant de professionnel.
« Quarante-trois milliards de dollars. » Apprit-il, créant une fois de plus le tumulte au sein de la salle d'audience qui était consternée.
Des cris d'effroi ainsi que des hurlements se firent entendre.
« Silence ! » Reprit sauvagement la juge en tapant son marteau plusieurs fois afin de faire taire tout le monde.
« Quel était le rôle de Carlisle Cullen dans toute cette histoire ? » Continua l'avocate.
« Carlisle n'a jamais rien su ni participé à quoi que ce soit. C'est pour ça qu'Aro ne lui permettait pas de s'occuper des affaires étrangères. En réalité il était juste un pion que mon frère a utilisé quand ils étaient à la fac pour qu'il investisse. »
Un sanglot parvint de la part d'Esmée Cullen tandis que son mari avait les yeux fermés.
« Monsieur Volturi, vous savez que vous êtes en train de vous condamner vous ainsi que toute votre famille avec toutes ces déclarations ? »
« Bien sûr que je suis au courant ! » S'exclama-t-il outré. « Vous croyez que je ne sais pas que je vais passer le reste de mes jours à devoir rembourser une dette et croupir en prison durant des années ? »
« Pourquoi avoir tout avoué dans ce cas ? » S'enquit-elle perdue.
Marcus baissa les yeux et resta silencieux. Bella sentit la main d'Edward serrer la sienne et elle lui lança un regard interrogateur et inquiet. Il n'osait pas la regarder mais elle voyait bien qu'il attendait quelque chose fermement. C'était comme quelqu'un qui attendait l'absolution. Edward ressemblait à quelqu'un qui ne désirait plus qu'une chose : Être enfin en paix.
« Parce qu'Aro a tué ma belle fille. » Annonça soudainement Marcus, choquant encore l'assemblée.
Bella ouvrit la bouche et contempla Edward qui avait un sourire serein au coin des lèvres. Petit à petit tout se mit alors en place dans sa tête. Le retard d'Edward au procès, la discussion entre Edward et Marcus avant le début de l'audience, la demande d'Edward à Kate pour interroger Marcus, les aveux de ce dernier… Tout était finalement lié.
Elle comprenait enfin ce qu'Edward avait caché à tout le monde depuis son arrivée au palais de justice. Il avait enfin trouvé une preuve irréfutable de l'inculpation d'Aro dans le meurtre d'Heidi Meyer. Et il avait montré cette preuve à Marcus parce qu'il savait que c'était la seule chose dont il avait besoin pour avouer tous les crimes de son frère. Marcus adorait sa belle fille, et par-dessus tout, il aimait son fils. S'il était là aujourd'hui à se confesser, c'était pour lui, parce qu'il le lui devait. Et ça Edward l'avait toujours compris.
Elle posa sa tête sur son épaule et ferma les yeux, se trouvant une fois de plus émerveillée par cet homme à coté d'elle. Il passa un bras autour de ses épaules et l'attira à lui, ne pouvant dissimuler son soulagement.
« Vous… euh… vous pouvez développer ? » Balbutia Kate qui avait du mal à cacher son sourire.
Marcus regarda son frère qui le foudroyait des yeux, avant de reporter son attention sur l'avocate qui lui avait posé une question.
« La fiancée de mon fils travaillait à C&V depuis des années, elle a fini par découvrir toutes les fraudes ainsi que le blanchiment d'argent et elle est allée voir mon frère. Elle menaçait de tout dire à la police alors il l'a tuée. Et ce n'est pas tout. Le frère de celle-ci, Felix, il avait découvert qu'Aro avait tué sa sœur alors pour l'empêcher de parler, il l'a tué aussi deux mois plus tard. »
« C'est complètement faux ! » Tonna Aro indigné.
« Maitre Jenks veuillez calmer votre client ! » Incendia Burton.
« Monsieur Volturi, » continua Kate, « comment est-ce que vous savez cela ? »
« L'inspecteur Cullen me l'a dit. »
À ce moment là tous les regards se tournèrent vers Edward avec ébahissement.
« Il m'a donné ça tout à l'heure. » Enchaina Marcus en sortant de sa poche une clé USB.
La clé que Bella avait volée dans le bureau d'Aro il y a trois mois…
« Objection votre honneur ! » Intervint Jenks en se levant. « Nous sommes en train de régler une affaire de détournement d'argent et de blanchiment, et non une vulgaire affaire de meurtres. » Cracha-t-il.
« On m'a demandé pourquoi j'avouais tout alors je réponds ! » Rétorqua Marcus avec énervement.
« Calmez-vous ! » Rappela la juge à l'ordre en tapant son marteau sur la table. « Objection rejetée. Qu'on m'apporte un lecteur afin de visionner le contenu de cette clé. »
Quelques minutes s'écoulèrent avant qu'un brigadier n'arrive muni d'un lecteur. Il le posa sur la longue table des jurés et ouvrit le clapet pour montrer l'écran. Edward se leva, alla chercher la clé USB et après un regard reconnaissant à Marcus, se dirigea vers le lecteur pour brancher la clé dessus. Il fouilla dans les dossiers et sélectionna une vidéo. Il s'agissait d'une vidéo de surveillance datant du 14 novembre, soit la veille de la disparition d'Heidi.
Les images fusèrent en noir et blanc, Bella reconnut le bureau d'Aro qu'elle avait cambriolé. Aro était là, il se trouvait devant une jeune femme aux cheveux châtains, portant une jolie robe.
« « Je sais ce que vous avez fait. » Accusait-elle d'une voix douce.
« Ma chère Heidi, dans peu de temps vous ferez pleinement partie de la famille, ne vous mêlez pas de ces affaires, il serait ennuyeux que nous n'ayons pas de bons rapports… » Répondait Aro en posant sa main sur le bras d'Heidi.
Celle-ci se dégagea prestement.
« Ne me touchez pas ! »
« Je n'ai pas d'ordre à recevoir de la part d'une sale petite trainée dans votre genre. »
Elle le gifla violemment, puis se recula apeurée.
« Je vous interdis ! » Incendia-t-il en s'approchant d'elle énervé. « Petite insolente, je vais vous apprendre le respect que vous me devez ! »
« Et moi je vais aller voir la police, je vais tout leur expliquer et vous finirez en prison ! » Déclara-t-elle en le regardant déterminée.
« Alors ça je ne crois pas. » Rit-il tandis qu'elle se détournait vers la porte.
Il la tira par le bras avec force.
« Lâchez-moi ! »
Elle tenta de se débattre mais il la maintenait. Elle essayait de le frapper tout en criant de la lâcher, jusqu'à ce qu'il l'immobilise en serrant son cou sans ménagement. Elle se mit à suffoquer et il continua de l'étrangler tout en redoublant d'intensité. »
« Je crois qu'on en a assez vu. » Interrompit Edward en arrêtant la vidéo.
Il savait que Demetri était dans la salle et qu'il aurait déjà suffisamment de mal à supporter cette scène sans pour en plus assister à l'intégralité de la mort de sa fiancée. Un silence de mort régnait dans la salle, personne ne pipait mot, beaucoup de gens étaient choqués et avaient la main devant leur bouche, en particulier les journalistes, ainsi que les jurés. L'avocat Jenks était assis sur sa chaise le visage livide, Carlisle regardait Aro avec incrédulité, tandis que ce dernier avait les yeux rivés sur Marcus, des envies meurtrières clairement visibles.
« Et je serais curieux de savoir comment Monsieur Cullen s'est procuré cette vidéo ! » Plastronna Jenks qui tentait de sauver les choses.
« La clé se trouvait dans le bureau d'Aro, à coté d'un dossier constitué principalement de photos de Felix Meyer quelques jours avant sa mort. » Répondit honnêtement Edward qui se trouvait toujours debout devant les jurés.
« Dans ce cas ceci ne peut constituer une preuve ! » Se révolta Jenks. « Il s'agit d'une perquisition non autorisée, vous avez outrepassé vos droits en exécutant une violation de domicile ! »
« Je ne suis pas aussi téméraire ! » Se défendit Edward. « C'est pas moi qui suis allé fouiller son bureau mais Mademoiselle Swan ici présente. En effet cette civile avait de nombreux doutes quant à l'innocence de votre client et par conséquent elle a voulu aider la justice à faire son devoir. Et lorsque la personne est coupable de meurtre comme l'est votre client, la loi sur la violation de domicile ne s'applique pas ! » Trancha-t-il durement.
Bella frissonna devant le ton impitoyable qu'il avait employé.
« Bah tiens ! » S'exclama l'avocat qui commençait à devenir hystérique. « Et comme par hasard c'est à vous qu'elle remet ça ? Vous voulez nous faire avaler que vous n'êtes pour rien dans l'intrusion de cette fille dans le bureau de mon client ? Vous devriez vous faire arrêter pour vos méthodes ! »
« Encore faut-il avoir une preuve et une bonne raison de m'arrêter. » Provoqua Edward ouvertement.
« Enfoiré ! » Hurla Demetri en se levant qui n'arrivait plus à retenir l'élan de colère qui le possédait.
Tout le monde se tourna vers lui tandis qu'il regardait Aro avec un visage déformé par la haine.
« C'est toi qui l'as tuée ! Tu vas crever espèce de sale ordure ! »
Des policiers arrivèrent vers lui pour le maintenir par les bras afin de l'empêcher de se ruer vers Aro.
« Enfoiré ! » Répéta-t-il tandis qu'Aro se levait pour le toiser.
« SILENCE ! » Incendia la juge Fallone Burton en tapant fortement avec son marteau, l'air de se déchainer avec. « Non mais vous vous croyez où ? On est dans un tribunal ici, pas dans un marché de poissonniers ! Faites-moi sortir ce Demetri Volturi de la salle, il a besoin de reprendre ses esprits, Maitre Jenks, j'apprécierais que vous arrêtiez de prendre la parole lorsque vous n'y êtes pas autorisé, quant à vous inspecteur, retournez à votre place, vous avez déjà été interrogé ! »
Le calme revint instantanément après cette tirade de la part du juge. Edward retourna à sa place sans protester, Jenks se rassit énervé et les policiers évacuèrent Demetri de la salle qui proférait des menaces et des injures à l'attention de son oncle. Marcus regardait son fils se faire virer de la salle tristement, quant à Kate, elle déclara qu'elle n'avait plus la moindre question.
« Maitre Jenks avez-vous des questions à poser à Monsieur Volturi ? »
« Pas de question votre honneur. » Dit-il le visage totalement défait.
« Bien, Monsieur Volturi, vous pouvez retourner à votre place. »
Celui-ci ne se fit pas prier et retourna à sa place, sous les yeux meurtriers de ses frères Aro et Caius, ainsi que de toute la famille Volturi au complet.
« D'autres témoins à interroger ? » Demanda-t-il à Kate.
« Non votre honneur. »
« Maitre Jenks ? »
« Non votre honneur. »
« Bien alors je vous prierais de tous évacuer, les jurés vont délibérer. Vous serez rappelés lorsque la décision sera prise. » Déclara-t-elle avant de se lever de son estrade.
Bella regarda Edward et pressa son bras pour qu'il réagisse. Il hocha la tête et prit sa main avant de se lever. L'ensemble des personnes présentes quittèrent la salle d'audience, à commencer par les journalistes. Lorsqu'Edward passa devant ses parents, Bella pressa son bras et le poussa à avancer sans se retourner. Elle savait qu'une confrontation entre eux n'était pas du tout une bonne idée pour le moment. De plus Esmé et Carlisle semblaient tellement ébranlés qu'ils pouvaient se montrer imprévisibles. Edward ne se fit pas prier et bientôt, ils se retrouvèrent tous à l'extérieur de la salle. Alice était dans les bras de Jasper et le félicitait pour son intervention, Emmett était en train de rigoler avec Garrett, Rosalie discutait avec Kate pendant que Charlie parlait à Edward. Il tenait Bella dans ses bras mais elle ne disait rien.
Elle n'écoutait aucune des conversations qu'ils échangeaient autour d'elle. En réalité elle était trop assourdie et sous le choc de tout le retournement de situation qui s'était joué dans ce tribunal. Elle qui n'avait pas arrêté de penser qu'ils n'avaient aucune chance depuis le début du procès, voilà qu'elle se mettait à espérer. Peut être qu'en fin de compte leurs vies prendraient une tournure plus rose et plus joyeuse… peut être qu'ils auraient vraiment leur maison avec la véranda et les balançoires dans le jardin finalement.
Si seulement…
« Je suis curieux. » Entendit-elle la voix de Charlie. « Comment t'es-tu débrouillé pour décoder cette clé USB ? »
« C'est Jacob Black qui m'a aidé. »
À l'évocation de ce nom, Bella se raidit et s'éloigna de lui pour le regarder avec incrédulité.
« Quoi ? Jacob ? Tu veux dire mon Jacob ? » S'exclama-t-elle les yeux écarquillés.
Il fronça les sourcils face à la marque de possessivité qu'elle avait employée et haussa les épaules.
« Bah ouais, Rosalie m'a dit qu'il s'y connaissait bien en piratage, alors je suis allé chez lui pour lui demander de m'aider. »
« Et il a accepté ? » Fit-elle étonnée.
« J'ai su me montrer persuasif. » Répondit-il avec un sourire au coin des lèvres.
En vérité, lorsqu'Edward avait sonné chez lui pour lui demander de l'aider, Jacob avait littéralement refusé en lui disant d'aller se faire foutre ailleurs. Edward avait donc utilisé la méthode forte pour le forcer à coopérer. Ça lui avait aussi permis de venger l'honneur de Bella en lui rendant la monnaie de sa pièce. Mais évidemment, il était hors de question que Bella n'apprenne les menaces et les méthodes douteuses qu'il avait utilisées, elle n'hésiterait pas à lui faire une scène si elle l'apprenait.
Cette dernière qui avait compris que quelque chose n'était pas clair du tout le regarda sceptique mais abandonna rapidement, préférant ne pas savoir.
« C'est une bonne chose qu'il t'ait aidé. » Fit-elle remarquer.
« C'est vrai que s'il n'avait pas été là j'aurais jamais eu la preuve qu'Aro Volturi est à l'origine du meurtre d'Heidi et Felix Meyer. Et Marcus n'aurait jamais accepté de témoigner. » Songea-t-il.
« Qui aurait cru que Jacob Black sauverait le monde ! » Plastronna Emmett d'une voix tonitruante.
Alice et Bella se mirent à rire tandis que Charlie leva les yeux au ciel.
« Bien que j'apprécie ce qu'il a fait pour nous, je vous préviens qu'il est hors de question que je n'accueille ce gamin sous mon toit ! » Prévint-il durement.
« D'ailleurs en y pensant, qu'est-ce qu'on fait une fois le procès terminé ? Parce que maintenant qu'on est sûrs de le gagner, on va pas tous rester chez Papa ! » Lança Emmett.
« Ça c'est une bonne question fils. » Souleva Charlie. « C'est pas que je vous aime pas les jeunes, mais les sacs de couchage dans mon salon et les bruits dans les chambres la nuit, j'en ai ras le pompon ! »
Edward tenta tant bien que mal de contenir son rire tandis qu'Emmett ne se gênait pas pour rire à gorge déployée.
« Pour les bruits dans les chambres, j'y suis pour rien. » Siffla Garrett innocemment.
Charlie lui octroya un regard noir.
« Peut être mais toi tu ronfles, c'est encore pire. » Marmonna-t-il.
« Admettez-le papi, je vais vous manquer quand je serai parti. » Chantonna Garrett avec amusement.
« Commence par arrêter de m'appeler papi, ensuite on verra. »
« Pourtant faut vous rendre à l'évidence, vous allez bientôt devenir grand père vu comment vos enfants sont des chauds lapins. » Émit Garrett en arquant un sourcil.
« Oh mon dieu… » Murmura Bella en se couvrant les yeux alors qu'Emmett éclatait de rire.
Le visage de Charlie se décomposa et il devint livide.
« Allez chéri, laisse ce pauvre père tranquille. » Intervint Kate amusée. « Il t'a hébergé pendant quatre mois je te rappelle. »
« Mais je l'embête pas, je suis sûre qu'il m'adore, même s'il ose pas le dire. » Se défendit Garrett avec une moue faussement attristée.
« Même pas en rêve. » Contra Charlie sur un ton qui se voulait sec.
Au même moment, les portes s'ouvrirent à nouveau et on invita tout le monde à revenir dans la salle.
« C'est le moment. » Annonça Edward légèrement tendu.
Bella avait sa main dans la sienne et la serrait jusqu'à lui broyer les os tant elle redoutait cet instant fatidique. Charlie fit un signe de tête à son gendre pour l'encourager tandis qu'Alice était dans les bras de Jasper et ne voulait plus le lâcher. Kate prit le bras de Charlie pour aller dans la salle, Emmett avait un bras autour des épaules de sa sœur tout en serrant la main de Rosalie. Et tous ensembles, ils retournèrent dans la salle d'audience.
C'est à ce moment là que Bella prit conscience de la chance qu'elle avait d'avoir une famille si soudée, quand on voyait la façon dont se comportaient les Volturi et les Cullen entre eux. Ils n'étaient pas proches les uns des autres, hormis Jane et Alec qui était toujours bras dessus bras dessous. Aro et Caius ne s'adressaient même pas la parole, Sulpicia regardait son mari avec une haine irrépressible, quant à Marcus il était complètement en retrait des autres. Son fils était avec lui, ils avaient toléré qu'il rentre dans la salle pour assister au verdict concernant son père. Ces deux là, bien qu'ils paraissent unis, étaient complètement brisés.
À coté d'eux, Carlisle Cullen qui enlaçait sa femme qui se retenait de pleurer. Pour la première fois Bella vit qu'Esmée ne prétendait pas. Elle aurait pu jouer à merveille l'épouse éplorée, mais quelque chose dans sa manière de faire montrait qu'elle était réellement accablée. Enfin les Denali assis derrière eux, semblaient tous aussi froids les uns avec les autres. Tanya et Irina se repoudraient le nez comme si leur allure à cet instant était primordiale, Carmen tapait sur le clavier de son agenda électronique et Eleazar regardait sa montre avec insistance, comme s'il était pressé.
La juge Burton arriva, suivi des douze jurés qui avaient suivi l'affaire tout du long. Bella avait un air de déjà vu face à la scène qui se jouait. Elle l'avait déjà vécu en rêve. Ce moment où les jurés rendaient leur verdict et qu'Edward la traitait comme une moins que rien et se transformait en monstre. Seulement là c'était différent. Cette fois ce n'était pas un rêve et Edward n'allait pas la maudire. Du moins elle l'espérait…
« Accusés levez-vous. » Ordonna la juge une fois avoir repris place sur son estrade.
Caius, Aro, Marcus et Carlisle se levèrent et à ce moment là la tension dans la pièce fût à son paroxysme. Bella sentit la main d'Edward trembler dans la sienne et elle comprit qu'il était plus anxieux qu'il ne l'avait encore jamais été. Elle tenta de l'apaiser comme elle pouvait en caressant le dos de sa main mais étant elle-même stressée ça ne fit pas un très grand effet.
« Ça va aller petite sœur. » La rassura Emmett à coté d'elle. Elle se tourna vers lui et lui lança un regard de remerciement.
« Je t'aime jeune padawan. » Murmura-t-elle en souriant légèrement.
« Moi aussi princesse Leïa. » Renchérit-il avant de passer un bras autour de ses épaules et de lui faire un bisou dans les cheveux.
« Oh et Bella ? » Appela-t-il après quelques secondes. « Luke Skywalker est un Jedi, pas un padawan. »
Bella éclata de rire et secoua la tête.
« Non c'est un padawan. » Répliqua-t-elle.
« Jedi. »
« Padawan. »
« Jedi. »
« Padawan. »
« Jedi. » Insista-t-il.
« Bon ça suffit les mômes ! » Chuchota Charlie en les foudroyant du regard. « Le juge va rendre son verdict alors taisez-vous ! »
« Pardon Papa. » S'excusèrent-ils en même temps comme des enfants pris en faute.
Même si Charlie les regardait sur un ton réprimandant, il ne pouvait s'empêcher de sourire. Edward aussi secouait la tête pour contenir son amusement. Le paternel se retourna vers la juge et à ce moment là, Bella se pencha vers Emmett.
« Padawan. » Nargua-t-elle à son oreille.
Il allait protester mais la juge prit la parole.
« Messieurs les jurés, avez-vous rendu votre verdict ? » Demanda-t-elle en se tournant vers la table des douze.
L'un des jurés se leva et hocha la tête.
« Oui votre honneur. »
« Et quel est-il ? »
Le cœur de Bella tambourina dans sa poitrine et sa main devint moite tandis qu'Edward avait le regard fixe devant lui et était immobile. Le porte parole remonta ses lunettes et prit une inspiration avant de déclarer.
« Coupables votre honneur. »
Un brouhaha se fit alors entendre de tous les cotés. Bella eut vaguement conscience des journalistes qui s'exclamaient, des citoyens qui poussaient des cris horrifiés, d'Esmée qui s'effondrait, de Jenks qui pestait pour avoir perdu sa plus importante affaire jusqu'alors, de Jane qui gémissait en pleurant silencieusement, ainsi que des cris de joie de la part d'Alice, Emmett et Rosalie. Tout ce qu'elle arrivait à emmagasiner était que C&V était tombée.
C&V est tombée… Carlisle Cullen est tombé…
« Silence ! » Tempéra la juge une nouvelle fois. « Marcus Volturi, pour avoir largement contribué à l'élucidation de cette affaire sans compromis, votre peine est réduite à trois ans de prison avec sursis et une amande de trois milliards de dollars. Caius et Aro Volturi, vous êtes tous deux condamnés à cinq ans de prison ferme et une amande de quinze milliards de dollars. Enfin Carlisle Cullen, vous êtes seulement condamné à une amende de dix milliards de dollars, ainsi qu'à la destitution de tous vos biens. » Annonça-t-elle d'une voix solennelle. « Ce n'est pas tout ! » Interrompit-elle en voyant que beaucoup de personnes commençaient à se lever. « Monsieur Aro Volturi, vous êtes également en état d'arrestation pour les meurtres d'Heidi Meyer et de Felix Meyer. Les audiences préliminaires auront lieu ici dans un mois. L'audience est levée ! » Asséna-t-elle en donnant un grand coup avec son marteau.
Une horde de policiers arriva pour passer les menottes aux trois frères Volturi qui ne firent aucun mouvement de protestation. Demetri enlaçait son père et versait quelques larmes, de soulagement comme de tristesse. Sulpicia, la femme d'Aro se leva et après un regard haineux vers son mari, claqua les talons et partit la tête haute. Jane voulut aller enlacer son père mais Alec la retint et la força à suivre leur mère. Les Denali discutèrent avec courtoisie, comme s'ils se trouvaient dans un salon de thé, et quant à Carlisle il avait le visage bas et consolait sa femme qui ne cessait de pleurer.
Bella regarda Edward à coté d'elle qui n'avait toujours pas bronché. Il regardait toujours devant lui, le visage dénué de la moindre émotion, comme entièrement figé. Elle se mit alors à appréhender.
« Edward ? » Appela-t-elle craintive.
Ça ne pouvait pas se répéter…
Non ça ne pouvait pas. L'Edward de la réalité n'était pas comme celui de ses rêves. Il n'allait pas se tourner vers elle pour rejeter toute la faute sur elle et lui dire qu'il regrettait de l'avoir rencontrée. Mais alors pourquoi ne réagissait-il pas ? Pourquoi était-il en train de se comporter de la même manière que celui qui avait tant de fois hanté ses nuits les plus sombres et les plus tourmentées ?
Ses pulsations se mirent à accélérer lorsqu'Edward se tourna vers elle pour la regarder avec un visage indéchiffrable. C'était à ce moment là normalement qu'il lui lançait un regard méprisant et qu'il lui disait à quel point il la haïssait. C'était à ce moment là que la vie de Bella s'effondrait et sombrait dans le néant.
Sauf que contre toute attente, ses lèvres s'étirèrent en un sourire, un vrai sourire.
« On a gagné. » Murmura-t-il d'une voix faible, mais qui exprimait tout de même de la joie.
Le cœur de Bella explosa dans sa poitrine et toutes ses craintes s'envolèrent pour laisser place un profond soulagement, à mesure qu'elle réalisait pleinement ce que voulaient dire ses paroles.
Ils avaient gagné…
Elle sourit enfin à son tour et il se leva du banc pour lui tendre la main, élargissant son sourire à chaque seconde. Il la regardait avec des yeux amoureux et c'est tout ce dont elle eut besoin pour se laisser submerger par le bonheur qu'elle ressentait. Elle se leva et lui sauta au cou avec empressement.
« On a gagné. » Souffla-t-elle dans son cou sans cacher sa bonne humeur.
Il la serra contre lui comme si sa vie en dépendait et embrassa le dos de son épaule tandis qu'elle s'accrochait à son cou comme une perdue. Bella était enfin heureuse, c'était comme si tous les tourments, toutes les épreuves qu'ils avaient dues traverser, toutes les disputes qu'ils avaient essuyées, tous les pleurs qu'elle avait versés, ainsi que toute la souffrance qu'ils avaient endurée… c'était comme si tout ça était enfin terminé, comme si leur vie allait enfin prendre un tournant normal et qu'ils allaient enfin pouvoir débuter leur histoire sans se soucier des autres ni des représailles.
« Bah alors les amoureux ! On fait la fête sans nous ? » Interrompit la voix bruyante d'Emmett. « Pousse toi sœurette, je veux féliciter mon pote Eddy ! »
Bella se mit à rire et à peine s'eut-elle écartée qu'Emmett déboula et fit une accolade à Edward, un peu trop forte cependant puisqu'il se mit à tousser. Bella se retrouva enlacée par Alice et Rosalie, tandis qu'Edward allait serrer sa meilleure amie dans ses bras.
« Moi je dis qu'on va fêter ça en allant se goinfrer de pizza ! » S'exclama Garrett qui avait un bras sur les épaules de Charlie.
Ce dernier semblait avoir complètement oublié sa fausse rancœur envers Garrett puisqu'il ne disait rien et souriait.
« Moi je dis que t'as raison ! » Renchérit Emmett. « En hommage à Edward et Kate, le flic et l'avocat les plus terribles de la planète ! »
« Je croyais que c'était moi le flic le plus terrible ? » Répliqua Charlie en arquant un sourcil.
« Faux ! Toi t'es le flic le plus cool, c'est pas pareil. » Répondit son fils bruyamment en prenant Jasper par le coude.
Bella sourit devant cette image. Charlie, Emmett, Alice, Edward, Rosalie, Jasper, Kate et Garrett. Ils étaient sa famille, tous autant qu'ils sont. La meilleure selon elle.
Une famille qu'on avait essayée de briser.
Une famille qu'on avait voulue détruire.
Une famille soudée qui ne s'était pas laissé faire, et qui en ressortait plus forte.
…
oO "Hallelujah" Oo – Alexandra Burke
Carlisle Cullen laissa sa femme quelques instants, pour se diriger vers son ami de toujours, Aro Volturi. Il n'arrivait pas à croire qu'après toutes ces années, il se soit fait berner comme le pire des imbéciles. Il avait accordé sa confiance à Aro, il le prenait même pour son meilleur ami, et au final ça se résolvait à ça, une simple affaire de manipulation par un connard, et un meurtrier.
Il se sentait sale, souillé comme jamais il ne l'avait été. Il arriva devant Aro qui était entre deux policiers, les menottes autour du poignet et qui se faisait emmener vers le fond de la salle. Il le toisa avec cruauté et dégout.
« Espèce de salaud. » Cracha Carlisle à son ancien ami. « Durant toutes ces années tu t'es joué de moi. Je peux pas croire que tu sois aussi monstrueux. »
Aro éclata de rire.
« Mon pauvre Carlisle, toujours à te poser en innocent alors que tu es aussi coupable que moi. » Rétorqua-t-il dédaigneusement.
« Moi je n'ai pas assassiné une pauvre fille ! » Se défendit-il outré. « Comment as-tu pu faire une chose aussi odieuse ? T'es vraiment qu'un connard. »
« Tu dis que j'ai commis des choses odieuses, mais tu te crois mieux ? » Lança Aro sarcastique. « Regarde-toi Carlisle ! Tu n'es rien d'autre qu'une pâle copie de moi, sauf que tu n'as pas assez de couilles pour aller aussi loin que moi. »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? Je ne suis pas comme toi ! Je n'ai pas détourné ni blanchi d'argent moi ! Et je n'ai tué personne. »
« Ah non ? Et si tu jetais un coup d'œil derrière toi et que tu regardais ton fils ? » Proposa-t-il avec un sourire sadique.
Carlisle fronça les sourcils, son corps se tendit. Aro sourit, fier de son effet et de l'avoir déstabilisé. Le blond se retourna et observa Edward dans le fond de la salle. Il était avec la famille de prolétaires. Il était souriant, en train de rire avec Jasper et le frère d'Isabella, tout en tenant cette dernière dans ses bras. Carlisle constata avec effroi que c'était la première fois qu'il voyait Edward rire de ses propres yeux. Même quand il était enfant et habitait encore chez eux il ne l'avait jamais vu, ou du moins pas assez pour s'en rappeler.
Cette révélation lui fit comme un électrochoc. Son fils était heureux, avec une autre famille que la sienne. Isabella aussi semblait joyeuse, elle ne le quittait pas d'une semelle, tout en parlant à la petite brune et à une blonde. Le père de famille rigolait lui aussi, il avait l'air parfaitement à l'aise en compagnie de tous ces jeunes autour de lui. En réalité, ils étaient tous heureux, même la petite Kate qui avait trahi sa famille pour ses amis, et Jasper qui avait fini par trouver chaussure à son pied.
« Tu te dis innocent Carlisle, mais regarde ce que tu as fait. » Reprit Aro avec sérieux. « Regarde ce que tu lui as fait subir durant tous ces mois. Tu lui as fait tellement de mal, qu'aujourd'hui il est heureux de ta défaite. Je suis certain qu'il aurait même été ravi de te passer les menottes aux poignets si tu avais été arrêté. Regarde-le bien Carlisle, regarde-le sourire après tous les mois de torture que tu lui as infligés, après l'avoir traité comme un chien, avoir tenté de réduire sa vie en miettes et de briser sa fiancée. Et après ose me dire que tu n'es pas ignoble et méprisable, d'avoir fait ça à ton propre fils. »
Le visage de Carlisle se crispa tandis que les paroles d'Aro se répandaient à l'intérieur de lui comme un virus qui se propage. Il regarda attentivement son fils et ressentit comme une immense douleur au fond de lui. C'est à ce moment là qu'il réalisa toute l'étendue de ce qu'il avait déclenché. Il avait fait souffrir son fils d'une manière indescriptible, et c'est seulement maintenant qu'il en éprouva une horrible honte.
Pour la première fois de sa vie, Carlisle Cullen avait honte. Honte de lui-même.
« Dois-je te rappeler ce que tu as fait à ta fille Jane lorsqu'elle s'est entichée de ce brésilien ? » Riposta-t-il en tentant de sauver un peu sa dignité et en regardant Aro sévèrement. « C'est toi qui m'as donné l'idée Aro, tu as fait la même chose avec ta fille ! »
« Mais moi j'ai jamais prétendu que je n'étais pas un monstre. » Lâcha-t-il avec un sourire sadique et victorieux.
Carlisle entrouvrit la bouche, mais ne trouva rien à redire. Aro le regarda triomphant, avant d'être emmené par les forces de police.
« Je te souhaite une longue vie pleine de regrets et de solitude mon ami ! » Salua-t-il avant de partir dans un rire que Carlisle trouvait abominable.
Puis il disparut et fut emmené loin, croupir en prison, laissant Carlisle seul avec sa conscience qui lui broyait l'estomac. Il tourna la tête à nouveau pour regarder une dernière fois son fils, à qui il avait causé tant de peine et de douleur, et qui aujourd'hui était pleinement heureux comme si rien ne s'était jamais passé.
Aro avait raison sur toute la ligne. Il était monstrueux. Et il allait devoir en payer le prix et en subir les conséquences pour le restant de ces jours, porter le poids lourd de sa conscience toute sa vie.
C'était une nouvelle vie qui attendait Carlisle et Esmée Cullen. Une vie de pauvres, pleine de regrets et de solitude…
…
« Edward Cullen ! » Appela une voix masculine au moment où la famille Swan sortait du tribunal.
Edward se tourna pour apercevoir Demetri Volturi qui avançait vers lui. Bella se tourna vers son petit ami et lui lança un regard inquiet.
« Tu veux que je te laisse ? » Proposa-t-elle.
« Non reste. » Insista-t-il alors que Demetri arrivaient vers eux.
« Tu comptais t'en aller avant que je puisse te parler ? » Fit le blond avec sarcasmes.
« J'ignorais que tu voulais me voir. » S'excusa Edward.
Demetri roula des yeux et se tourna vers Bella qui n'osait pas dire un mot.
« Alors c'est elle la fille qui te harcelait au téléphone pendant notre interrogatoire ? » Lança-t-il désinvolte.
La brune rougit violemment et détourna les yeux.
« Je l'ai appelé qu'une fois. » Se défendit-elle alors qu'Edward avait un sourire amusé au coin des lèvres.
« C'est suffisant pour passer pour une harceleuse à mes yeux. » Rétorqua-t-il.
Bella lui fit un regard noir avant de se tourner vers Edward.
« Tu trouves que je te harcèle ? » Demanda-t-elle avec une moue attristée.
« Bien sûr que non ma chérie. J'aime quand tu m'appelles de toute façon. » Rassura-t-il en passant un bras autour de ses épaules.
Demetri esquissa un sourire en les voyant mais bien vite, son sourire s'effaça. Il regarda Edward avec sérieux et tendit une main vers lui d'une façon solennelle.
« Merci. » Gratifia-t-il sincèrement. « Merci infiniment. »
Edward entrouvrit la bouche, légèrement déstabilisé. Il prit une inspiration et hocha la tête en serrant sa main fermement.
« Y a pas de quoi. »
« Tu viendras au procès d'Aro ? » Demanda-t-il avec une lueur d'espoir dans les yeux.
« Naturellement, je ne manquerais ça pour rien au monde. »
Demetri hocha la tête et s'apprêta à partir mais se retourna vers Edward à la dernière minute.
« Peut être à une prochaine fois alors. »
Edward parut étonné de cette proposition, ne s'attendant pas à ce que Demetri se montre aussi ouvert. Mais il n'allait pas s'en plaindre, dans la mesure où il a longtemps regretté de ne pas lui avoir accordé le bénéfice du doute lorsqu'ils étaient mômes.
« Ce serait avec plaisir. » Dit-il en souriant légèrement.
Demetri fit un nouvel hochement de tête puis se détourna et disparut dans les rues de Seattle.
« Tu avais raison. » Constata Bella après son départ. « Marcus l'a bien élevé. »
« Oui et je suis content pour lui, qu'il puisse enfin être en paix. » Répondit-il.
« Les autres sont partis à la voiture, tu viens ? »
Edward la regarda avec hésitations.
« A vrai dire j'ai envie de te parler seul à seul, avant qu'on rejoigne les autres. » Répondit-il embarrassé.
Bella fronça les sourcils.
« Qu'y a-t-il ? » Fit-elle légèrement paniquée.
« Viens. » Dit-il en l'amenant à l'extérieur.
Là où ils se trouvaient, ils pouvaient voir des tas de journalistes et de photographes, il l'emmena donc plus loin, près des voitures. Toute la famille était rassemblée et n'attendait plus qu'eux. Une fois à une distance raisonnable et éloignée de tout, Edward se tourna vers elle et parla avec sérieux.
« Je vais quitter Forks. »
Bella cligna des yeux.
« Quoi ? Quand ? » Demanda-t-elle prise au dépourvu.
« Le plus vite possible. »
Elle le regarda décontenancée tant il paraissait sûr de lui.
« D'accord… » Murmura-t-elle en baissant les yeux.
Que devait-elle dire ? Est-ce qu'il voulait qu'elle vienne avec lui ou au contraire qu'elle reste ici ?
« Bella regarde-moi. » Ordonna-t-il.
Elle releva les yeux et croisa son regard émeraude qui lui donna des bouffées de chaleur à l'intérieur de son corps. Il caressa sa joue avec douceur.
« Tu veux bien venir avec moi ? »
Bella ne sut que répondre. Au moins il ne voulait pas s'éloigner d'elle, ça c'était une bonne nouvelle. Elle regarda derrière elle, là où Charlie, Emmett, Alice, Rosalie, Jasper, Garrett et Kate se trouvaient. Ils discutaient tous avec entrain sans se soucier d'eux.
« Ce serait quitter toute ma famille. » Émit-elle tristement.
« Je sais. » Répondit-il d'une voix lointaine.
« Forks est ma maison, j'ai jamais vécu ailleurs. » Lui fit-elle remarquer.
« Je sais. » Sourit-il tendrement.
« Je ne verrais plus ma meilleure amie, ni mon père… »
« Je sais. »
« Arrête de dire que tu sais ! » S'énerva-t-elle.
« Et toi arrête de tourner autour du pot et réponds à ma question. » Contra-t-il en arquant un sourcil.
« Où est-ce qu'on irait ? » Demanda-t-elle intriguée.
« Et bien, j'avais pensé aller dans le New Empshire vu que l'université de Dartmouth se trouve là bas… »
« Eh, j'ai jamais dit que j'étais d'accord pour reprendre mes études en sachant que c'est toi qui finances. » Répliqua-t-elle sérieusement.
« Bella, d'ici demain je serai riche à nouveau alors je ne vois pas ce qui pose problème. Et puis c'est pas comme si je te laissais le choix. » Souligna-t-il avec un sourire en coin.
« Si je comprends bien, je n'ai jamais le choix avec toi. » Marmonna-t-elle.
« Bah pour le moment, j'attends toujours que tu me répondes si oui ou non tu acceptes de venir avec moi et de quitter Forks. » Rappela-t-il.
« Et si je refuse ? »
Il soupira en levant les yeux vers le ciel.
« Si tu refuses, alors tant pis je vais devoir supporter Forks encore un peu plus longtemps, mais je préfèrerais vraiment que tu acceptes de partir avec moi. » Répondit-il d'un ton fataliste, un peu trop théâtral.
Bella roula des yeux et ne put retenir son sourire plus longtemps. Elle passa ses bras autour de son cou et rapprocha son visage du sien.
« Idiot. » Souffla-t-elle contre ses lèvres.
« Alors c'est oui ? » Sourit-il.
Elle hocha la tête et il fondit sur ses lèvres pour un baiser passionné. Elle sourit à son tour contre ses lèvres, entièrement heureuse pour la première fois depuis une éternité, plus aucune crainte, peine, ni la moindre pensée sombre, n'accaparait son cerveau. Il n'y avait que lui.
« On viendra les voir souvent quand même ? » Insista-t-elle avec une moue suppliante en se décollant de ses lèvres.
« Je te le promets Bella. » Jura-t-il avec sincérité. « Maintenant laisse-moi t'embrasser comme je le voudrais. »
Elle émit un rire bref et il s'empara de sa bouche à nouveau, faisant mourir son rire dans sa gorge.
C'est à cet instant précis Bella réalisa que sa vie prenait un nouveau tournant. Elle allait quitter Forks, prendre son indépendance, dire adieu à son père et partir à l'inconnu, s'installer avec Edward, l'homme pour qui elle vivait et respirait et qui ferait n'importe quoi pour elle, y compris d'accepter de vivre dans cette ville pittoresque qu'est Forks si elle le lui demandait.
Non, sa vie ne sera plus jamais la même.
Elle sera meilleure.
Vous croyiez quand même pas que j'allais finir cette histoire sur une mauvaise conclusion quand même ^^ C'était évident que ça se finirait par un joli happy end avec les méchants en prison ! :D D'ailleurs pour les peines je tiens à dire quand même que je n'y connais strictement rien en matière de juridiction donc ne m'en voulez pas des incohérences et du fait de m'être un peu lâchée quant à l'amende, je me suis juste amusée à imaginer le procès à ma sauce ^^
Et puis c'est ma fiction alors si je veux leur faire payer bonbon bah j'ai le droit :p
Je fais une spéciale dédicace à ma vilaiiiine chérie pour m'avoir inspirée le rôle de la fameuse juge Burton :D Avoue que t'adores jouer les chefs ^^ Ainsi qu'à Yoro pour le rôle de la journaliste :)
J'espère que ce dernier chapitre aura été à la hauteur de vos attentes et qu'il ne vous aura pas déçu. J'imagine que vous devez toutes vous poser la question : Pourquoi n'y a-t-il pas de lemon ? ! ?
Mais peut être à l'épilogue, qui sait... ^^
Je compte sur vous pour laisser une review, c'est le dernier chapitre alors lâchez vous, d'autant plus que mon anniversaire est dans trois jours :p
Gros Bisous et prenez soin de vous, on se retrouve pour l'épilogue !
Et pour les lecteurs de Murder in Chicago, le prochain chapitre la semaine prochaine sans faute ;)
Votre Dévouée Popolove
