Ce matin, en me réveillant, je n'aurai jamais cru être triste et en colère à ce point-là. Triste, car j'ai poussé mon mari à me frapper, alors que je ne le voulais cependant pas et en colère, car je m'en voulais de l'avoir poussé à bout. C'était de ma faute, s'il s'était comporté ainsi. Je l'avais énervé et... Je n'aurai jamais dû. Ce que je pouvais être sotte ! Maintenant, j'étais condamnée à vivre avec cette culpabilité jusqu'à la fin de la journée. Je devais cesser d'y penser, mais c'était plus fort que moi. La main d'Edward sur ma joue a laissé une trace. Il est clair que si je voulais passer inaperçue, c'était peine perdue.

Cependant, en arrivant en cours, juste après avoir réarrangé ma joue devant le miroir de ma salle de bain, personne, que ce soit mes collègues professeurs, ni même mes élèves, avaient émis une remarque sur ma joue complètement rouge maintenant. Je leur en étais reconnaissante, car je n'étais pas d'humeur pour cela. Mais quand vint l'heure du déjeuner, je fus heureuse d'avoir une pause. Je me dirigeais en direction de la cantine et m'installais à ma place habituelle.

- Salut Bella, me salua Mike, un collègue.

- Salut, assieds-toi, je t'en prie, lui proposai-je, simplement par politesse et non par envie.

Je soupçonnais Mike de me tourner autour, de s'intéresser à moi, mais je n'avais jamais pu le démontrer.

- Tout le monde se pose des questions à ton sujet ? M'annonça-t-il soudainement.

- Quoi, comment ça, dis-je en portant ma main sur ma joue gauche.

J'espérais cacher la trace de l'altercation de ce matin.

- Ben, depuis quelque temps, tu... Tu es distante, triste. Tu restes seule, tu... Limite tu nous évites. On s'est pas mal demandé avec les collègues, si c'était notre présence qui te gênait, ou...

- Mike, je..., le coupai-je. Mon couple va mal, je vais divorcer.

- Oh, je..., désolé, trouva-t-il simplement à dire.

- Merci, mais je n'ai pas besoin de compassion. Je veux juste...oublier et passer à autre chose.

- Je comprends, mais ici, ce ne sera pas facile.

- Quoi ? Comment ça ?

- Ecoute Bella ! Inutile de te dire que ce matin, la marque sur ta joue n'est pas passée inaperçue. Tout le monde se pose des questions, les ragots fusent sur ton dos, m'avoua-t-il.

- Oh, je... Je m'en doutais un peu, à vrai dire.

- Tu veux en parler, me demanda-t-il.

- Non, je... Je n'en peux plus, Mike ! Entre Edward et moi, rien ne va. Je le soupçonne d'aller voir ailleurs, vois-tu ! Mais il n'y a pas que cela, en fait, il y a bien, plus grave. Lui et moi, avons subi tellement de choses, supporté tellement d'épreuves, que la vie a fait qu'il me déteste. Je le déteste et pourtant je l'aime. Je sais, c'est fou, c'est contradictoire, mais pourtant vrai. Il me manque, je l'aime. Pas un seul jour, pas un seul instant ne se passe, sans que je ne pense à lui. J'ai sans cesse besoin d'être dans ses bras. Je l'aime tant.

- Tu m'as assez dit que tu l'aimes. Si on ne le savait pas, on le sait maintenant, rit-il.

- Oui, désolée de t'avoir ennuyé avec mes soucis. Je...

- Ce n'est rien. Tu en avais besoin.

- Oui, mais tout de même.

- Ce n'est rien, ne t'en fais pas. Sinon, je... J'aimerais t'inviter à boire un verre, ça te tente ?

Je le savais, je l'intéressais, ou pas. Peut-être que c'était que par amitié, seulement pour m'aider à me remonter le moral. Oui, je devais rêver, quoique... C'était sûrement ça, un verre entre amis, pour aider l'un d'entre eux, autrement dit, moi. Oui, c'était cela. C'était même sûr et certain. Quoi d'autre sinon ? A moins que, je l'intéressais, oui c'était plutôt cela. Ou pas...

- Bella ? Tu es avec moi, me demanda Mike.

- Hein, euh... quoi ? Désolée, je...pensais. Ecoute, ta proposition me tente, mais pas pour aujourd'hui. Nous devons retourner à nos élèves, lui dis-je en me levant, après avoir entendu la sonnerie.

- Oh, ben euh... OK, à plus tard alors !

Je me dépêchais de me rendre à ma classe. Je ne voulais pas croiser quelqu'un d'autre dans les couloirs. Etre assez vue comme cela, à cause de la gifle d'Edward, enfin la trace, me suffisait largement. J'avais envie de croiser personne d'autre que mes élèves.

Trois heures et quinze minutes plus tard, j'étais enfin arrivée chez moi. Je savais qu'une longue soirée, ainsi qu'une dure nuit m'attendaient, étant donné que je ne fermerais pas l'oeil de si tôt, préférant attendre sagement mon mari. Et oui, j'étais... folle, mais éperdument amoureuse de lui, pour espérer au plus profond de moi, que quelque chose s'arrange entre lui et moi. Enfin, cela devait être ma nature, tout simplement.

Je me dépêchais de ranger mes affaires et de m'affairer au ménage. Ensuite, la cuisine aurait suivi. Il est vrai que depuis mon mariage, j'étais devenue une experte en cuisine. Mais le véritable cordon bleu, était Edward. D'ailleurs, où était-il ? Encore au bureau, encore avec sa pouffe. Je regardais ma montre et vis que j'astiquais la maison depuis maintenant deux bonnes heures. Je m'arrêtais et soufflais un bon coup. Je me rendis au sommelier et pris un grand cru. Je retournais à la cuisine, déposais la bouteille sur le comptoir et pris un verre, quand tout à coup, la sonnette de la porte d'entrée se fit entendre. Je m'empressais d'aller ouvrir, non sans avoir au préalable utilisé mes pointes de pieds pour me grandir, afin de regarder mon visiteur. Fallait bien me débrouiller, du fait de ma petite taille. Je ne fus cependant pas surprise par cette visite.

- Salut tout le monde, lançai-je en me décalant pour les laisser entrer.

- Salut Bella !

- Ca sent bon, dis donc ! Qu'est-ce que tu nous mijotes là ? S'informa mon frère.

Emmett et son hobby pour la nourriture était tout simplement énorme. Il avait sans cesse besoin de manger, sans cesse besoin d'avoir quelque chose à mâcher. Pire qu'un chien !

- Emmett, assena sa femme Rose.

- Alors, que me vaut cette visite, voulus-je savoir.

- Oh, ben tu sais, on se fait du souci pour toi, me répondit Alice.

- Non, sans blague, ironisai-je.

- Si, c'est vrai. Emmett nous a raconté cette...trace, montra-t-elle ma joue et apparemment, c'est vrai.

- Hey, mais comment ça, apparemment c'est vrai ? Je ne suis pas un menteur, moi, hurla le goinfre depuis ma cuisine.

Emmett, mon frère, plus vieux que moi, était professeur de sport, dans la même université de Forks. Il se sentait toujours obligé de répéter aux autres membres de la famille, le moindre détail sur moi ou en rapport avec ma vie. Il voulait sans doute jouer son rôle de grand-frère.

- Ce n'est pas ce que je voulais dire et tu le sais. Et d'ailleurs, que fais-tu dans la cuisine de Bella ? S'étonna faussement Alice.

- Ben, j'ai faim, alors comme tu sais, je cherche mon petit quatre heures.

- Tu l'as déjà eu, ton quatre heures !

- Ca ne t'a pas déplu ma Rosie, la toisa Emmett avec des yeux de désir.

- Stop, ça suffit. Inutile d'entendre votre vie sexuelle racontée à tout va ! M'énervai-je pour la plaisanterie.

Voilà un autre passe-temps favori de mon frère : le sexe. Il était pire qu'un enfant par moment.

- Bon, Bella, qui t'a fait cela ? Reprit Jasper, qui tenait la main d'Alice, sa femme.

- Je... Je n'ai pas envie d'en parler.

Je me levais et allais à la cuisine. Aujourd'hui, je voulais réussir mon gratin, mais je n'avais fait que le faire cramer. Je pestais un peu trop fort.

- Bella, tout va bien ? S'empressa Alice.

- Je vois que tu t'apprêtais à déboucher une bonne bouteille, sans compter de la marmite qui bout, remarqua Emmett.

- Oui, oui... j'ai cramé mon gratin. Je m'apprêtais à manger, alors... ça vous dit spaghetti, avec une bonne bouteille de vin. Je sais que le vin, n'est pas mon fort, mais...

- Ca nous va, me rassura Jasper, enfin pour moi.

- Et pour moi aussi !

- Le contraire m'aurait étonnée Emmett, confirmai-je.

Je me rendis à la cuisine, pris les verres et mis les pâtes à cuire. Une fois cette chose faite, j'allai les rejoindre.

- Alors, Bella, tu vas enfin nous raconter comment cette marque est apparue sur ta joue ? Ou plutôt qui en est l'auteur ?

- Je... Très bien.

Je leur racontais toute la dispute. Inutile de leur expliquer comment se passait mon couple, car ils le savaient déjà. Comme je m'en doutais, ils étaient tous compatissants et adorables avec moi.

- Mon frère est un crétin, hurla Alice à Jasper.

- Bien entendu, je compte sur vous pour ne rien dire aux parents !

- Bella, non..., cria Alice.

- Si, il le faut !

- Et pourquoi ?

- Pas le temps d'expliquer, j'ai mes pâtes à prendre, mais vous quatre, promettez-moi, de garder ça secret, OK ?

Ils s'exécutèrent et j'espérai vraiment qu'ils tiendraient promesse. Une chose de faite. Cependant, le jour du divorce n'était pas encore là, que déjà, je commençais à stresser et angoissais.

Un peu plus tard, bien que l'alcool coulait dans nos veines, mon cher mari, ou devrais-je dire, imbécile de mari, rentra, plein comme un tonneau. Il était désagréable avec nos invités, limite méchant. Même si ces personnes étaient notre famille, ce n'était pas poli de se comporter ainsi. Nous avions bu également, certes, néanmoins, nous n'étions pas ivres, car nous n'avions pas descendu toute la bouteille, contrairement à lui. Je ne connaissais pas la lueur que je vis dans ses yeux, mais une chose était sûre, je venais de perdre une partie de l'homme que j'aimais, mon mari avait bel et bien changé ce soir.

PETIT REBONDISSEMENT.

EDWARD VA-T-IL CROIRE TANYA,

QUI SEMBLE LE VOULOIR POUR ELLE TOUTE SEULE ?

VOUS PENSEZ QU'ELLE EST SINCERE AVEC EDWARD,

QUI LUI, SEMBLE COMPLETEMENT PERDU ?

A VOTRE AVIS, QUE VA-T-IL SE PASSER ?

J'AI HATE DE CONNAITRE VOS OPINIONS LA DESSUS.

ON SE RETROUVE DEMAIN SUR

" Le pianiste et la danseuse "