Je me trouvais actuellement avec Edward. La petite soirée chez Alice avait été riche en émotion. Mon mari, futur ex, m'avait proposé de me ramener. Je n'avais pu décliner cette offre, étant trop bouleversée pour rentrer seule. J'ai donc laissé ma voiture chez ma belle- soeur.

Le trajet, bien évidemment, était calme et silencieux. Enfin, au début ; ce qui m'avait valu un recueillement personnel. Je me disais intérieurement, comment ils avaient pu se comporter ainsi avec moi ? Alice savait pertinemment que le sujet bébé était un sujet tabou, sensible. Elle n'aurait jamais dû tomber enceinte, pas maintenant. Et Edward, pourquoi cautionnait-il ce choix ? Certes c'était sa soeur, mais pensait-il à moi ? Définitivement non !

- Bella, je voudrais revenir sur la soirée. Notre repas chez Alice, commença soudainement mon mari.

- Edward, non, assenai-je.

- Pourquoi ? Je veux juste m'expliquer sur cette histoire, insista-t-il.

- J'aimerais qu'on en parle plus, d'accord ? Haussai-je un peu le ton, afin de me faire obéir.

- D'accord ! Abdiqua-t-il.

Je n'avais pas envie de revenir sur cela, je voulais oublier. Je voulais avancer.

- Je ne voudrais pas que tu le prennes trop à coeur, c'est tout. Parce que..., parce que tu es au-dessus de tout cela, fit-il.

- Oui, parlai-je doucement, bien trop lasse.

- Qu'est-ce que tu dis ? Tenta-t-il.

- J'ai dit oui, ça suffit comme cela. Est-ce que tu peux arrêter, deux minutes de parler de cela, avant de me faire devenir folle ?

Il obéit et souffla. Sans doute d'exaspération, d'énervement, ou peut-être de désespoir.

- Merci !

Je ne pouvais rien dire d'autre, l'instant était tendu, intense. Je pensais qu'Edward stopperait la conversation et poursuivrait sa route, mais je me trompais. Il s'arrêta sur la bande d'arrêt d'urgence et coupa le moteur.

- Mais qu'est-ce que tu fais ? M'enquis-je.

- Bella, je voudrais qu'on parle de tout cela.

- Edward, arrête !

Il fallait qu'il arrête de jouer avec mes sentiments. Je savais qu'il était poli, c'est pour cela qu'il s'intéressait à moi, rien de plus. Les sentiments avaient déserté depuis longtemps.

C'est vrai, il ne m'aimait plus. Juste le fait de se montrer altruiste et pévenant l'intéressait.

- Bella !

- Laisse-moi tranquille, m'emportai-je.

Il ne devait pas jouer la corde de la compréhension, de la compassion, car sinon, je n'allais pas tenir. J'étais à bout de nerfs !

- D'accord, d'accord, accepta-t-il à contre coeur.

Je me sentis soulager. Je n'avais pas envie de reparler de cela, je n'en avais pas la force. Je pus voir, qu'il était déçu, mais pour une fois, je fus contente qu'il pense à moi et non par politesse, ou par devoir. Cela dit, son regard toujours posé sur moi, prouvait qu'il ne désirait pas s'arrêter là. Edward enchaîna.

- J'ai le sentiment qu'il y a une quantité incroyable de conneries entre nous ce soir. Je crois qu'il faut qu'on relise le dossier toi et moi. D'accord ?

Je ne répondis pas, espérant qu'il s'arrête.

- Je n'ai pas voulu, que la soirée soit un navet. Ce n'est pas de ma faute, si Alice, n'a pensé qu'à elle, d'accord ? Je ne suis en aucun responsable du fait, que tu ne sois pas heureuse dans ton couple avec Jacob et... plus vite tu abandonneras ce type, mieux on s'en portera toi et moi. Je ne cadre pas avec le rôle du type méchant et égoïste, avec sa petite maison de banlieue.

- Edward, ça suffit. Arrête ! Criai-je.

- Bella, j'ai besoin de savoir. Je connais déjà la réponse, mais...

- Tu veux quoi ? L'interrompis-je. Tu veux jubiler de me voir en pleurs, tu aimerais que ta salope prenne ma place ?

- Non, mais tu t'entends ? Tu crois que c'est de ma faute si ta vie est un échec, si tu n'es pas heureuse avec ton amant ?

Il ne s'arrêtera jamais ? Il ne comprendra jamais que quoi qu'il fasse, je souffrirais ? Je ne pouvais en tolérer davantage. Il fallait que j'évacue ma tristesse. Mon désarroi commençait à me ronger la gorge. Je sortis donc, afin de ne pas lui montrer ma faiblesse.

- Bella qu'est-ce que tu fabriques ? Remonte dans la voiture, m'ordonna-t-il.

- Non, je viens dans une minute, j'ai besoin d'être seule un moment.

- Bordel de merde, jura-t-il en sortant du véhicule.

- Bella, est-ce que tu pourrais..., remonter dans la voiture, qu'on en parle au lieu de courir les routes à cette heure tardive.

- Je croyais pourtant être claire, je n'ai pas envie qu'on en parle, me répétai-je.

- Et allez ! Bon sang, je fais de mon mieux pour être compréhensif !

Compréhensif, lui ? Devais-je rire ? Lui qui depuis le début, me fait souffrir ?

- Ah, c'est gentil à toi, ironisai-je. C'est vraiment, vraiment, trop gentil ! Mʼénervai-je.

- Oh mais..., mais je n'ai rien fait qui justifie cela !

- Tu es toujours l'homme juste et bon. Tu te crois tout permis, tu te donnes tous les droits. Tu n'as vraiment aucun scrupule.

J'ai commencé à vider mon sac. Génial ! Il valait mieux que je me taise maintenant, car sinon, je pouvais le regretter. Je voyais dans son regard, que je l'avais blessé. Je voulais qu'il comprenne, qu'il réfléchisse.

- Tu vas m'écouter maintenant, s'énerva-t-il. Cette fois, il n'est pas question que tu t'en tires comme cela. Tu ne dénatureras pas tout ce que je dis. Pour une fois, je t'affirme que je ne suis pas dans l'erreur. Je n'aime pas quand tu es comme cela. Tu es cinglée, tu comprends, tu es cinglée !

- Et toi, tu veux que je te dise ce que tu es ? Ripostai-je.

- Oui, me demanda-t-il curieux.

- Tu es écoeurant, tu ne penses qu'à toi.

- Ah ouais ?

- Tu ne m'auras pas Ed. Sous prétexte que tu m'as enfermée dans ton sale petit piège, tu crois que tu as le pouvoir de me faire ressentir les choses comme dans ton propre monde.

- Ne me fais pas rire, maugréa-t-il.

- Tu n'as pas de couilles, tu n'es qu'un faible, comme ton...

Je ne pus finir ma phrase, que sa main se leva au-dessus de moi. Il allait cogné, c'était certain. J'y étais déjà préparée, je connaissais la douleur maintenant. Soudain, un grand boum retentit. J'ouvris les yeux et aperçus son poing dans sa main. Il avait cogné sa voiture. Il m'avait donc épargnée.

- Tu veux bien me ramener ! Lui quémandai-je. Il remonta dans sa voiture et accepta ma requête.

- Bella, je..., je sais que tu ne veux pas en parler, mais j'aimerais bien comprendre. Je veux savoir.

- Quoi Edward ? Fixai-je mon regard au sien.

En le regardant dans les yeux, je pus apercevoir de la tristesse, de la rage. S'en voulait- il ? Regrettait-il son geste ?

- Je..., je sais que tu m'as déjà remplacé, mais..., merde Bella ! On ne peut pas effacer trois ans d'une vie, d'un simple claquement de doigt, d'une simple signature !

- Il faut croire que si ! Confirmai-je.

Bien évidemment, je n'en avais pas envie. Mais, j'y étais obligée. Je voulais qu'Edward gobe mon mensonge, afin qu'il me laisse tranquille. Je désirais cesser de souffrir. Apparemment, cela marcha puisqu'il se tut. Il remit le contact et démarra.

Quelque minute plus tard, j'étais enfin chez moi. Ou plutôt, chez mon amie Angela. Celle-ci avait eu la bonté de m'accueillir chez elle, ne voulant pas rester éternellement au domicile d'Alice. Je m'en souvins encore comme si c'était hier.

Flashback

J'étais confortablement allongée, en train de lire un livre, quand soudain mon téléphone sonna. Je décrochais sans prendre le temps de regarder l'identité de l'appelant.

- Allô ! Décrochai-je.

- Bella, salut !

- Angie, en voilà une surprise. Comment vas-tu ? Me réjouis-je.

- Je vais bien et toi ? J'ai appris que ton moral n'allait pas fort ces temps-ci, je me trompe ?

- Oh Angie, si tu savais ?

- Raconte Bell's, raconte !

- Je divorce et mon mari m'a foutue dehors.

- Non, sérieusement ?

- Oui, sérieux Ang !

- Ah merde, désolée pour toi, se désola-t-elle.

- Que veux-tu ? Il y a des jours comme cela !

- Oui, ben justement,ça ne devrait pas exister. Et pour l'instant, je suppose que tu es à l'hôtel !

- Tu supposes mal, je suis pire que l'hôtel !

- A la rue, paniqua-t-elle soudainement

- Quoi ? Non, jamais. Alice, ma belle-soeur m'a proposé de rester chez elle, mais c'est l'enfer. Elle est une vraie folle. Je ne sais plus quoi faire pour la calmer.

Je l'entendis rire derrière le téléphone. - Ce n'est pas drôle, je t'assure !

- Oh, Bell's ! S'il n'y a que cela, je suis prête à t'accueillir chez moi, même si je n'en vois pas l'utilité, puisque tu as...

- J'accepte, finis-je pour elle.

- Décidément, tu ne changeras jamais, rit-elle.

- Parle pour toi Angie, parle pour toi !

De nos jours

Voilà comment j'étais venue à quitter le domicile de Jasper et d'Alice, même si, au fond de moi, je le regrettais un peu. Une part de moi aimait se faire dorloter, chouchouter, mais une autre et c'est bien cela le souci, détestait le côté envahisseur et étouffant d'Alice.

- Bella, me retint Edward. Je..., j'ai mal agi avec toi. J'en suis désolé.

- C'est un peu tard pour ça, tu ne crois pas ? Lui reprochai-je.

- Vaut mieux tard que jamais ! Se justifia-t-il.

- Tu as dépassé les bornes Edward. Je ne suis pas d'accord avec toi, criai-je. Certes, tes excuses sont valables, mais je ne peux les accepter. Tu as été trop loin Ed !

Je sortis de la voiture, sans même lui laisser le temps de me retenir. Il ne le fallait pas, au pire de dire vraiment ce que je pensais. J'allais le blesser, c'était certain.

- Bella !

Et merde !

- Bella, attends !

Je m'arrêtais.

- Bella, s'il te plaît ! Peut-on parler ?

Je me retournai et lui fis enfin face.

- Je..., commençai-je, en le fixant dans les yeux.

Ca allait être dur. J'espérais que mon regard ne me trahirait pas. Il ne fallait pas qu'Edward sache.

- Pas ici, pas à l'intérieur ! Finis-je enfin.

- Allons chez moi ! Me proposa-t-il.

Je le regardais. Etait-il sérieux ? Voulait-il vraiment que l'on retourne chez nous ? Enfin, chez lui maintenant ?

- Allons-y !

Mais qu'est-ce qu'il me prenait ? Pourquoi réagissais-je ainsi ? J'étais complètement inconsciente, idiote.

- Bella, je... Tu n'acceptes pas mes excuses, OK, mais je dois te dire, que toute cette histoire me fait souffrir autant que toi ! Me confia-t-il soudainement.

- Ah oui ? On ne dirait pas !

- Bella, je trouve cette situation stupide.

Il venait de se garer sur le côté. Je ne voulais pas reprendre cette conversation, je ne le pouvais pas.

- Je sais aussi, que cette conversation, te gêne, mais..., j'ai besoin...

- Tu ne sais rien de moi, l'interrompis-je.

- Si ! Je te connais comme ma poche.

- Ah oui ?

- Oui, je peux te l'affirmer !

- Prouve-le ! Lui intimai-je.

- Tu rougis, dans une situation gênante ou embarrassante, ou même lors des blagues salaces d'Emmett, ou encore...

Il se rapprocha et me murmura à l'oreille.

- ... quand je te fais des compliments.

Je rougis instantanément.

- Je te fais encore de l'effet !

- Edward !

- Bien entendu, cette histoire te fait encore souffrir. Tu te crois forte, prête à tout surmonter, mais à la moindre épreuve trop insupportable pour toi, tu craques. Toutes tes barrières tombent. J'ai raison ?

Là, j'étais sidérée. Comment pouvait-il me connaître à ce point ? Moi qui croyait que je ne comptais pas pour lui, qu'il ne se souciait guère de moi, je me trompais largement.

- Je..., oui !

- Bon, pour en revenir à la conversation de départ, je te disais que cette situation te gêne, mais je veux que tu saches, que tu n'es pas la seule.

- Merci, c'est très gentil Edward, mais je n'en ai pas besoin.

- Tu te trompes. Tu as besoin de te confier.

- Non, Edward, je..., sanglotai-je.

Il m'énervait quand il faisait cela. Edward réussissait toujours à m'ôter mes barrières. Ma carapace n'existait plus avec lui. Je n'allais pas tenir longtemps, c'était certain.

- Je me dis que...

- Bella ! M'encouragea-t-il.

- Cetaccidentaruinémavie, débitai-je à toute vitesse.

- Tu peux répéter ?

- Cet accident a ruiné ma vie. Je sais qu'un bonheur, comme celui que je devais avoir, n'existera plus, mais je ne peux m'empêcher d'y croire.

- Moi aussi Bella, moi aussi !

- Tu ne comprends donc pas ? Cet accident, c'est de ma faute. J'ai tué notre enfant.

Ca y est. Je m'étais enfin confiée. Jamais je n'aurai dû le lui dire. Pourtant, je pus voir dans ses yeux de la déception, de la colère et de la tristesse ?

- Bella, cet accident n'était pas de ta faute. C'est moi qui n'es pas su te protéger, moi qui n'est pas su te retenir, moi qui..., s'accusa-t-il.

- On a été dans l'erreur tous les deux.

- Bella, quoi que tu dises, quoi que tu fasses, je m'en voudrai jusqu'à la fin de ma vie.

Il me fixa et ajouta :

- Je ne pourrai jamais m'en vouloir d'avoir tué notre enfant et qui plus est, de t'avoir ôté ce droit. A cause de moi, tu ne pourras plus jamais goûter ce bonheur.

- Pardon ?

De quoi me parlait-il ? Quel bonheur m'avait-il enlevé ? Je commençais sérieusement à avoir peur de la suite.

- Bella, Tanya m'a appris que tu étais stérile, suite à cet accident.

- Je quoi ? Compris-je enfin. Elle n'a pas fait cela ?

- Si, elle m'a tout dit, mais pourquoi ne m'en as-tu pas parlé ? Je t'aurais aidé.

S'il était là, ce n'était pas parce qu'il avait encore des sentiments pour moi. Non, ceux-ci avaient fini d'exister depuis ce fameux jour, depuis la mort de notre enfant. Si Edward était ici avec moi, c'était par compassion, par gentillesse. Il voulait me consoler et me vanter combien il était heureux avec cette trainée.

- Non, mais tu délires ! Jamais je ne te dirai quoi que ce soit, qui serait susceptible de réjouir cette putain, ou plutôt ta putain !

- Quoi, Tanya ?

- Oui, ta fameuse Tanya, mais tu vois Ed, je m'en fous. Tu es heureux avec elle et t'en mieux. Je te souhaite tout plein de bonheur avec.

- Bella, non tu...

- Ne t'inquiète pas, je sais ce qu'il me reste à faire.

Je partis sans même lui laisser le temps de me rattraper, de comprendre. Je voulais être seule et supporter ma peine, sans lui.