Ce matin, en me réveillant, j'avais comme un mauvais pressentiment. Je me doutais que cette journée, allait être très émotionnelle. Pourquoi ? Tout simplement parce que je divorçais. Mon mari avait finalement pris la décision. Moi, j'avais été trop indécise.

Pourtant, hier soir, j'avais bien cru que cela n'était qu'un rêve. On semblait si... bien, si... heureux, Edward et moi. Mais apparemment, ce n'était qu'une mascarade, car tout semblait enfin rentrer dans l'ordre.

Je compris enfin que je m'étais trompée sur lui, au moment où, mon mari me parlait de sa maîtresse, cette fameuse Tanya. Pourquoi avait-il fallu qu'il joue la corde du petit homme sensible et altruiste ? Pensait-il se faire apprécier d'avantage à mon égard ? Définitivement non ! Je le détestais désormais. Je le détestais, au point de l'aimer. Contradictoire, non ? C'est néanmoins bien le cas. Je l'aimais à en crever, mais je me refusais de lui dire.

Je me levais donc, espérant que cette journée soit meilleure que ce que je pensais. Je l'espérais. Il fallait que je me douche. Je partis et commençai par là. L'eau ne me détendit pas, bien au contraire. Inutile de rester plus longtemps dans ce cas. Je rejoignis ma chambre et m'habillai d'une manière soignée. Je devais faire attention à ma tenue. Mon divorce allait être prononcé aujourd'hui. J'étais obligée d'être présentable.

Après m'être énervée sur ma tenue, pendant plusieurs minutes, j'avais opté pour mon petit tailleur Chanel. Ce petit vêtement faisait toujours son effet sur moi. Il fallait que ce soit le cas aujourd'hui. Je mis mes talons, me voulant plus féminine. Pourquoi d'ailleurs ? Pourquoi me ferai-je belle, pour un homme qui ne s'intéresse plus à moi ? Le divorce, mon divorce, même si je ne le désirais guère, devait me réussir. Voilà pourquoi !

Une fois prête, je partis en direction de ma cuisine. Je marchais le plus silencieusement possible, ne voulant pas réveiller la maisonnée. Je mis la cafetière en route et consultai mes mails. Rien de bien passionnant. Je retournais en arrière, me verser le café préparé et ingurgitais mon petit déjeuner.

Au bout de dix minutes, je pus partir à mon lieu de rendez-vous, qui deviendrait bientôt mon avenir.

PDV Edward

Depuis que j'étais rentré la veille, je ne pouvais m'empêcher d'être d'une humeur exécrable. J'avais repensé toute la nuit à ma conversation avec Bella. J'ai été vraiment stupide de m'être comporté ainsi avec elle. Pourquoi rien n'allait dans ma vie ? A l'heure qu'il était, elle ne voulait plus de moi et elle avait sans doute raison. De plus, le fait d'avoir quasiment rien dormi, deux heures tout au plus, n'arrangeait rien à ma situation. C'est officiel, j'étais vraiment idiot.

En me levant, mon état ne s'était guère arrangé. La journée allait être dure. Je partis de chez moi encore plus énervé qu'avant. Je ne voulais pas, mais alors vraiment pas, aller à ce rendez-vous. Mon couple comptait encore beaucoup pour moi. Néanmoins, j'espérais que ce petit, tête-à-tête avec ma future ex femme, pouvait arranger la situation entre elle et moi.

Arrivé à mon garage, je démarrais ma voiture, non sans lâcher quelques jurons. Décidément, cela commençait très fort. Il fallait que je me calme, pour le bien moral de tous. Je ne voulais pas dire ou faire des choses, que je serai susceptible de regretter.

Vingt minutes plus tard, j'arrivais enfin à destination. Je tâchais de trouver une place, au plus vite. Rester sur le parking du tribunal ne m'enchantait guère. De plus, il ne fallait pas trainer.

J'étais en retard. Et dire qu'il a fallu que je repasse par mon bureau, récupérer quelques affaires, sans compter sur Tanya, qui essayait tant bien que mal de tirer profit. Je crois, que cette histoire était en partie due par sa faute. Je l'avais enfin compris. Il est clair que son jeu de séduction, aussi stupide puisse-t-il être, ne marchait pas sur moi. Croire qu'user de son charme ou demander certains avantages pourrait me faire craquer, était stupide. Certes, j'aurai pu, ou j'ai peut-être était cet homme, mais cela fut du passé. J'ai su qui était vraiment ma secrétaire, quand un client fortuné, en sortant de mon bureau, un peu avant son divorce, a eu droit au même charme, que j'avais eu. Depuis ce jour, je regrettais tout le mal que j'ai pu faire à ma bien-aimée. Me faire pardonner, allait être dur, enfin, si cela était encore possible.

En arrivant dans le tribunal, je savais d'ores et déjà où me rendre. Je pus remarquer la présence de ma secrétaire, mais je tâchais de l'ignorer. Ne manquerait plus qu'Isabella me surprenne en pleine conversation. Elle aurait pu s'imaginer des choses, aussi inexistantes soient elles.

- Maître Cullen, m'interpelle le Juge Adams.

- Oui, M. le Juge ? Fis-je, en me retournant.

- J'ai deux ou trois choses, à vous signaler, avant l'audience.

- Je vous écoute !

- J'ai relu le motif ainsi que les conditions de votre divorce, enfin vous voyez de quoi je veux parler et je... quelque chose m'interpelle ! M'annonça-t-il soudainement.

- Dites-moi !

- Voilà, j'ai pu m'entretenir avec votre épouse, il y a quelques minutes et en relisant votre dossier, je me suis un peu étonné. La raison du divorce est non recevable.

- Non, recevable ? M'étonnai-je.

- Oui, comme vous le savez, votre divorce est basé sur consentement mutuel. Or, votre consentement, ne figure pas.

- Si ce n'est que cela, je pourrai signer. Toutefois, j'aimerais au préalable m'entretenir avec mon épouse.

- Il n'y aurait pas de problème, seulement..., j'ai pu également remarquer que dans votre dossier et vous le savez aussi bien que moi, cela n'est pas possible. Le divorce par consentement mutuel * requiert que les deux époux soient d'accord sur le fait de divorcer. Ce qui n'est pas votre cas. J'en suis navré. De plus, il apparaît clairement que vous ayez des différences. Certes, vous avez des différends et je le conçois, mais à ce point, je n'en ai jamais vu.

- Pardonnez-moi, mais... je ne comprends pas ! Lui avouai-je.

- Votre divorce est basé sur consentement mutuel. Dans ces cas-là, il ne devrait pas y avoir de différence, mais pour vous, votre dossier présente quelques différences.

- Par exemple ?

- Et bien, par exemple, reprit-il, votre épouse a clairement inscrit qu'elle demandait le divorce, du fait de son obligation envers vous. Elle se sent obligée de divorcer, de se séparer de sa condition d'épouse. Quant à vous, votre raison est de pouvoir être père. Cela est complètement idiot, je trouve.

- Oui, je sais. Cela est stupide, confirmai-je.

- Toutefois, comme je l'ai dit précédemment, votre divorce est basé sur le consentement mutuel. Or, votre consentement ne figure pas. Et puis, votre raison de divorcer n'est pas la même pour les deux parties.

- OK, OK, je comprends et pour tout vous dire, je l'ai fait exprès ! Lui confiai-je.

- Je vous demande pardon ?

- Au départ, il y a des cela quelques jours, je voulais divorcer, mais aujourd'hui, je n'en ai plus envie. Et mon métier me permet de savoir comment faire pour qu'un divorce soit non valable. Ainsi, j'espérais qu'il soit refusé.

- Oh, je vois, mais je doute que votre femme soit du même avis.

- Ne vous en faites pas, je me charge d'Isabella.

- Allons-y !

Je le suivais. J'avais envie d'arranger mon mariage, envie de me construire l'avenir dont je rêvais, avec Bella. Cela n'allait pas être facile, je le savais. J'allais devoir me battre, même si, au fond de moi, j'espérais le contraire.

En entrant dans la salle, Bella était assise, pensive. Elle semblait plus belle, mais aussi plus tourmentée que jamais. Serait-ce le divorce qui la mettait dans cet état ? Si oui, elle ne devait pas se soucier de cela. Je l'aimais.

- Bien, prenez place M. Cullen, me proposa le juge Adams.

- Avant de commencer, je souhaiterai vous dire, que, bien que cela ne me regarde en rien, je trouve stupide de divorcer dans votre cas.

- Je..., j'aimerai, si vous me le permettez, ne pas bénéficier de vos remarques, assena Bella.

Qu'avait-elle donc ? Pourquoi réagissait-elle ainsi ?

- Je n'y vois aucun inconvénient.

- Merci !

Elle avait eu gain de cause. Je devais m'y faire. Cela allait être dur de lui faire changer d'avis.

- Bon, comme vous le savez, nous sommes là pour votre divorce.

- Ah bon ? Je ne le savais pas, ironisa Bella.

Pourquoi faisait-elle cela ? Pourquoi prenait-elle cet air avec nous ?

- Mme Cullen, la gronda le juge, je vous en prie !

- Quoi ? N'ai-je pas le droit de parler ? Elle est bien bonne celle-là. Et puis, appelez-moi Mlle Swan ! Autant m'habituez à mon nouveau nom.

- Stop, arrêtez !

- On a plus le droit de parler maintenant ?

- Tenez, voici les papiers ! Lisez-les, et signez-les, si le coeur vous en dit. - Enfin, les papiers du divorce, se réjouit Bella.

Etait-elle sérieuse ? Voulait-elle réellement divorcer ? Ou faisait-elle cela simplement pour m'ennuyer ? Si c'était le cas, elle avait réussi. J'étais très déçu par son comportement, si celui-ci était volontaire. Mais en même temps, une envie incontrôlable me prit. Je la désirais plus que tout et je pus voir que ce fut également le cas pour elle. Enfin, je l'espérais. Je ne pouvais décemment pas défaire mon regard posé sur elle, mais je dus m'y résoudre.

- Bon, voulez-vous les relire une nouvelle fois ? Me sortit-il de mes pensées

Le juge Adams nous regarda, comme pour entendre une confirmation. Moi aussi, je scrutais Bella, mais elle ne répondit pas. J'aurais aimé le contraire, j'aurais apprécié qu'elle me parle, qu'elle... Je devais me rendre à l'évidence. J'étais bel et bien du passé pour Bella.

- Dans ce cas, une signature et vous serez officiellement divorcés ! Répondit-il pour nous, devant notre mutisme.

Je ne pouvais pas rester sans rien faire, je devais agir. Il le fallait, même si la réponse n'allait pas me plaire. J'en avais besoin pour bon bien-être mental.

- Vous pouvez nous laisser encore une minute de réflexion ? Lui demandai-je.

- Prenez votre temps ! Accepta-t-il en se dirigeant vers la porte.

- Tu crois que c'est la bonne décision ? Me lançai-je enfin, une fois le juge sorti.

- Tu te fiches de moi là, Edward ? Non, mais sérieusement ? Hurla Bella.

- Une fois qu'on aura signé ses papiers, plus question de faire marche arrière ! L'informai-je.

- Je le sais, cela ! Me confia-t-elle.

- Alors arrêtons tout ! M'exclamai-je, en me levant.

- Dites-moi que j'hallucine ! C'est toi qui a voulu que je parte, que je quitte ta vie.

- Je sais ! Je me dis que..., c'est peut-être une erreur d'avoir fait cela, annonçai-je, en me déplaçant dans la pièce, légèrement nerveux.

- Toi et moi, on est séparé depuis cet accident. Il ne se passe plus rien depuis ce jour. Aujourd'hui, on ne fait qu'officialiser la situation, me fixa-t-elle dans les yeux.

- Mais on en serait pas là, s'il n'y avait pas eu cet accident. Tu le sais. Avant, on était heureux tous les deux. On pourrait retrouver ce que l'on a connu ! Voulus-je lui offrir.

- Edward, c'est ma faute tout cela et je ne mérite pas cet amour.

- Ce n'était pas de ta faute, c'était moi le coupable. C'est à cause moi, si j'ai tué notre amour, ainsi que notre enfant. J'étais censé vous protéger et je n'ai fait que pensé à moi, me saouler.

- Tu n'étais pas au volant. C'était moi qui conduisait !

- Je le sais Bella ! Je le sais, mais si je n'avais pas pris autant de verre de ce foutu alcool et si je t'avais empêchée de boire aussi, rien ne serait arrivé !

J'étais maintenant face à elle, la fixant dans les yeux. Elle souffrait autant que moi, je le voyais, mais ne disait rien. Je devais lui faire comprendre.

- Mais enfin ! On était Edward et Bella, tu ne te souviens pas ? Pleurai-je presque. Nous deux, c'est le genre d'histoire qu'on ne connait..., qu'une seule fois dans sa vie. C'est l'amour sincère et vrai. Jamais on ne pourra trouver pareil !

- Oui et on l'a laissé filé, murmura-t-elle presque en baissant les yeux.

- Bella, on peut recommencer. On... On pourrait repartir sur de bonnes bases !

- Ce serait trop facile !

- Alors que comptes-tu faire, Bella ?

- Je vais...

* Le divorce par consentement mutuel est également appelé divorce à l'amiable.