PDV Edward
Etais-je en train de rêver ? Ou même d'halluciner ? Etait-ce réellement possible ? Bella avait-elle plongé sur mes lèvres ? Je ne savais que répondre. Bien évidemment, je ne l'avais pas repoussée, trop heureux de sentir ses lèvres contre les miennes. Mais était-ce sincère ? Vrai ? Il fallait que j'agisse, pourtant, ma bouche ne voulait quitter la sienne.
- Bella, je doute que ce soit une bonne idée, la repoussai-je.
- Pourquoi, tu n'en as pas envie ? Rit-elle.
Envie ? Bien sûr que j'en avais envie, je la désirais tout entière même.
- Là n'est pas la question, mais... Comment crois-tu que je doive réagir ? Tu me rejettes et ensuite, tu...
- Une pulsion, une malheureuse et agréable pulsion, répéta-t-elle en se dirigeant vers la sortie.
- Non, attends ! La retins-je. Bella, reviens !
Elle s'arrêta et se retourna.
- Je..., je veux reconstruire un avenir avec toi, mais... Toi qui me rejetais, j'ai simplement était étonné de ton geste. Pourtant, je l'ai apprécié. Je serais même partant de recommencer, fis-je, en me penchant sur ses lèvres.
- Malheureusement, c'est impossible, me poussa-t-elle, ses mains sur mon torse.
- Pourquoi ? Je t'aime, tu m'aimes, on s'aime, alors où est le problème ? Lui demandai-je.
- Ce serait trop facile, lâcha-t-elle.
PDV Bella
J'étais là, debout devant Edward. Je m'étais jetée sur ses lèvres. Certes, j'avais agi sur un coup de tête, mais je ne regrettais rien de ce geste. Cela dit, je ne devais pas me montrer faible, je devais être forte.
Edward, quant à lui, était un peu perdu par ce baiser. Ses yeux passèrent de l'étonnement, à la déception. Avait-il compris ? Je crois que je venais de lâcher une énorme boulette. Que devais-je lui dire ? Je l'avais simplement repoussé, mais lui ne l'entendait pas de cet avis. Il désirait reprendre, mais moi, en avais-je envie ? Oui, mais cela n'était pas possible. Je devais me protéger avant tout.
PDV Edward
Elle venait de me faire comprendre, tout devenait enfin clair, ou presque, dans ma tête.
- Ecoute, je peux comprendre ce que tu te dis, mais...
- Et je me dis quoi, selon toi ? M'interrompit-elle.
- Tu te dis..., tu dois me repousser, pour savoir si je suis sincère, mais je le suis réellement.
- Tu as raison, je vois que ton taux de compréhension, ou tout du moins, ta capacité à comprendre est suffisamment élevée pour presque me piéger.
- Je ne veux pas te piéger. Je... Je suis sincère !
- Si tu es sincère, pourquoi ne pas me laisser tranquille ? Pourquoi..., pourquoi ne pas me permettre de vivre enfin heureuse ? J'aimerais comprendre Edward ! Ce comportement si soudain et puis... tu étais tout l'opposé, tu devenais distant et là ? Non, sérieusement, j'aimerais comprendre, s'énerva-t-elle les poings sur les hanches.
Ce qu'elle était sexy dans cette position. J'aimerais bien... Non, ressaisis toi Cullen ! Ote tes idées salaces et parle.
- Je vais tout t'expliquer, mais pas maintenant, pas ici, l'informai-je.
- Pourquoi ?
- Tant de pourquoi auxquels je ne peux répondre, mais celui-là, je... Le tribunal ne semble pas une excellente idée pour cela. Nous ne pouvons converser en ces lieux.
- Pourtant, il va falloir ! Ces papiers n'attendent que ma signature.
- La mienne n'y figure pas non plus, lui rappelai-je.
- Comme tu voudras, lança-t-elle avant de retourner dans la salle.
Elle était donc sérieuse ?
- Bella, attends ! OK, je vais tout te dire.
Elle s'immobilisa.
- Alors, parle ! M'ordonna-t-elle.
Le lieu ne semblait pas adéquat et pourtant, je ne désirais pas la perdre. Je devais lui dire, tout lui révéler.
- OK, abdiquai-je. Suis-moi !
J'avais repéré un peu plus tôt, un banc à l'écart des regards indiscrets. Je nous dirigeais vers ce dernier.
- Promets-moi de ne pas m'interrompre..., de ne pas... Jure-moi que tu me laisseras finir et que tu ne diras rien, tant que je ne t'en aurai pas donné l'autorisation.
- Je...
- Promets-le ! Criai-je presque.
- Oui, accepta-t-elle, je te laisserai parler.
- Tout aurait dû me sourire, tout aurait dû... Si seulement, j'avais été moins stupide !
- Tu l'as dit, confirma-t-elle.
- Bella, la réprimandai-je.
- Désolée !
- J'avais tout pour être heureux et j'ai laissé filer cette chance. J'ai..., jamais plus, je ne pourrai avoir ce que j'ai eu.
Elle souffla, sans doute de désespoir ou même de déception. Que sais-je ?
- Bella, enchaînai-je, je sais que j'ai mal agi. J'en suis conscient, mais si tu acceptais de me laisser ne serait-ce qu'une petite, une minime chance.
- Et pourquoi ferai-je cela ? Hein, pourquoi ? Toi, qui depuis le début me rejette ! Insista-t-elle.
- Mais j'avais une bonne raison.
- Ah oui ? Laquelle ?
- Laisse-moi t'expliquer. Veux-tu ?
Elle souffla derechef.
- Tu te souviens du jour, où nous nous sommes rencontrés ?
- Si je m'en souviens ? Bien sûr que je m'en souviens. Quelle question !
- Tu portais ta petite robe à fleur, tu sortais de chez le coiffeur.
Flashback
C'était un matin comme un autre, où les jours de lycées, les derniers, étaient tous plus insupportables les uns que les autres. Je n'avais qu'une envie : c'était que les cours se finissent et que nous soyons diplômés, afin de profiter des beaux jours. Je n'ai jamais été un coureur de jupon. Certes, j'aimais les jolies filles, mais de là à me soulager, si vous voyez ce que je veux dire, non merci ! J'étais sérieux, même si mes envies étaient là. J'attendais juste de trouver la femme parfaite.
Les cours venaient de se finir et nous étions dehors, à profiter des premiers rayons de soleil, avant de s'enfermer pour les révisions. Avec mes meilleurs amis, Jasper et Emmett, nous étions inséparables. Nous faisions tout en commun, enfin presque tout. Swan adorait me narguer avec ses blagues vaseuses. D'après lui, j'étais et je resterai un éternel célibataire.
- Alors, quelle est la prochaine, Em ?
- Jazz, quand est-ce que tu vas arrêter ? Rosalie et moi, c'est pour la vie !
- Attends, tu es avec depuis deux semaines et tu parles déjà de mariage ? Le charriai-je.
- Ed, je n'en suis pas encore là, mais oui. Cette fois c'est la bonne !
- Tu diras cela pour la prochaine, ris-je.
- Non, je suis sérieux. Mais tu ne peux pas comprendre, toi le petit célibataire invétéré.
- Salut la compagnie, nous salua une voix chaleureuse et joviale.
- Bella, tu as déjà fini ? La serra Emmett.
- Oui, alors, s'intéressa-t-elle, en tournant sur elle-même.
- Ravissante, je tuerai le type qui osera poser ses yeux sur toi !
- Em' ! Le gronda-t-elle.
- Je fais juste mon rôle de frère, se défendit-il ensuite.
- Tu es magnifique, la complimenta-t-il.
- Hey, tu nous oublies ? L'informa Jasper.
- Ah oui, désolé. Bella, voici Jasper et Edward, mes meilleurs potes, dit-il.
- Salut, moi c'est Jasper !
- Salut, répéta-t-elle, joyeusement.
Quant à moi, je devais ressembler à un idiot, mais qu'importe. Je ne pouvais détacher mes yeux des siens.
- Ed, ferme la bouche, tu vas avaler les mouches, sourit Jazz.
- Tu dois être Edward, je présume ?
- Euh, je..., bégayai-je.
Pire qu'un adolescent à son premier rencard ! J'étais pathétique.
- Ben alors, tu as perdu ta langue ?
- Jazz, laisse-le tranquille. Et toi Ed, ne t'avise pas de tournicoter autour de ma petite soeur, compris ?
- Emmett, laisse-le voyons, le sermonna mon ami.
- Je..., euh...
Bon, reprends-toi Cullen !
- J'aime bien ta robe et ta coupe, Belli !
- Attends Emmett, pourquoi dis-tu...
- Elle sort de chez le coiffeur. N'est-elle pas merveilleuse ?
Merveilleuse, c'était le mot. Ma vie n'a plus été la même après cela.
Fin du Flashback
Devais-je continuer ? Devais-je tout révéler à Bella, à la femme de ma vie, à l'élue de mon coeur ? Au risque de la blesser ? Oui, certainement oui !
- Depuis ce jour, tu as changé ma vie. Tu m'as montré ce qu'était l'amour, le vrai. J'ai été heureux avec toi et... Jamais je ne pourrai bénéficier de la même chose, sauf si toi, Isabella Cullen Swan, accepte de me donner une chance. Mais cela ne sera pas ou ne risquera pas d'exister, tant que toi, l'élue de mon coeur, ne connaîtra pas la vérité !
- La vérité ? Mais quelle vérité ?
- Tu te souviens qu'avant cet accident, on était heureux toi et moi ?
Elle bougea la tête de façon positive.
- Et bien, je n'ai plus été pareil, car dès que nous avons eu cet accident, je me suis éloigné de toi. Non, pas parce que je ne t'aimais pas, bien au contraire, mais simplement, car je me détestais. Je me disais que je ne te méritais pas. Tu m'étais ce qu'il y avait de plus précieux et te voir si..., mal, si anéantie, me faisait souffrir.
- Quel est le rapport avec nous ?
- J'y viens. Pour tenter d'oublier et aussi par envie de devenir le meilleur du barreau, plus rapidement qu'un autre, je me suis plongé dans le boulot, au risque de te délaisser. Et je m'en veux pour cela. J'ai été stupide et imbécile. Mais...
Je la fixais, les larmes aux yeux.
- Bella, je t'aime et jamais je ne pourrai changer cela. Tu es ma raison de vivre et... Bella, il faut que tu saches. Si je suis devenu violent, c'est de la faute de Tanya.
- Quoi, mais Tanya ? Edward, je veux la vérité !
- C'est la vérité ! Ecoute, j'étais con, naïf. Ma secrétaire m'a fait du chantage. Elle voulait m'avoir dans ses filets et j'ai bien failli céder à la tentation, mais... Elle ne m'a pas eu. Cela peut paraître incompréhensible, mais... Crois-moi ! Tanya m'avait raconté plusieurs choses sur toi, sur nous. Elle a tout fait pour me faire tourner la tête.
- C'est quoi cette histoire ? Edward, explique-moi !
- Bella, Tanya m'a fait croire que tu ne m'as épousé que pour mon argent, que pour ton propre intérêt !
- Mais c'est faux, hurla-t-elle, en se levant.
- Je sais, mets toi assise ! S'il te plaît !
Elle s'exécuta.
- Ecoute, comme je t'ai dit, après la mort de notre enfant dans cet accident, je me suis plongé dans le travail, mais je n'ai pas vu que je te blessais. Ensuite, le temps a passé et..., je n'osais pas revenir vers toi. De plus, le boulot me prenait toujours énormément de temps. Et puis un soir, Tanya m'a parlé. D'après elle, tu désirais mon argent et non mon amour. Tu voulais me faire souffrir. Je n'ai pas cru un mot, mais plus je le repoussais, plus elle insistait. Une fois, j'ai écouté ce qu'elle voulait me dire et pour tenter d'être convaincante, j'ai eu le droit à des papiers.
- Dis m'en plus !
Je voyais la panique sur son visage et honnêtement, je n'étais pas serein non plus. Il ne fallait pas qu'elle me quitte !
- Elle m'a montré des écrits, sur lequel ton écriture, ainsi que celle de ton amant résidaient, sur lesquels tu expliquais ton plan pour bénéficier de ma fortune. Plus tard, j'ai compris que tout était truqué. C'était l'oeuvre d'une machination !
- Comment ?
- Un jour, je désirais appeler un client pour une broutille, mais elle utilisait ma ligne depuis son téléphone. J'ai pu entendre sa conversation d'avec son compagnon. Elle racontait que son plan allait fonctionner. Que bientôt, après t'avoir éjectée, elle m'épouserait et s'arrangerait pour récupérer notre argent. Et une fois cela fait, elle ferait croire à tout le monde que c'était moi le salaud. Ainsi, tout le monde l'aurait consolée et moi, rejeté.
- Mais comment as-tu compris qu'elle parlait de toi ?
Elle ne comprenait pas. Parfait !
- Bella, c'était un soir, où je travaillais tard. Tanya m'avait demandé de ne pas déranger, prétextant passer un coup de fil important avec un client. J'avais accepté, mais heureusement, elle s'était trompée de ligne. Elle téléphonait, depuis son téléphone, sur ma ligne. Je ne te dis pas la tête que j'ai fait quand j'ai tout découvert, surtout quand j'entendais son compagnon dire « et ton crétin de patron, il n'a rien découvert ? » ou encore « j'en reviens pas que ton idiot de boss ne remarque rien ». Je n'ai rien dit, mais le lendemain, un client en instance de divorce, a eu droit au même charme que moi. J'ai observé son manège derrière la porte de mon bureau, mais après cela, j'ai explosé.
- Ben mince alors !
- Tu l'as dit... Bella, je t'aime et je sais que j'ai bousillé notre bonheur, mais si je n'ai rien qu'une chance, une toute petite, je la prends, enlaçai-je nos doigts, qu'elle s'empressa de rejeter.
- Je ne sais pas, c'est encore tôt ! Et puis..., je ne peux pas oublier le mal que tu m'as fait. Sans oublier le fait que tu passais tes nuits dans ses bras.
- On a jamais rien fait, Bella ! Je n'ai jamais couché avec elle. J'ai juste failli, mais je n'ai jamais été plus loin.
- Pas plus loin ? C'est déjà beaucoup, je trouve. Pas toi ?
- Si !
- Ecoute Edward ! Si vraiment tu m'aimes comme tu le prétends...
- Mais je t'aime !
Il fallait qu'elle le sache.
- Si vraiment tu m'aimes, reprit-elle, alors tu devras me le prouver. Comment réagirais-tu, si c'était moi qui avait agi tel que tu l'as fait ? Crois-tu que tu m'aurais pardonné ? Tu m'aurais rejetée de ta vie, depuis longtemps et..., on serait probablement divorcé.
- C'est faux !
Comment pouvait-elle dire cela, comment ? Il ne fallait pas qu'elle pense cela.
- Tu n'en es pas sûr toi-même !
Elle me défiait, c'est ça ? Oui, sans doute.
- Mets-toi à ma place, essaie de me comprendre !
- Je comprends !
- Alors, si vraiment tu m'aimes, montre-le moi. Fais-moi la cour, comme si tu voulais me draguer pour la première fois, fais-moi rêver. Montre-moi ton amour. Mais par pitié, éloigne cette garce de ta vie.
- Parfait !
Elle se leva.
- Tu pars ?
- Et oui ! J'ai un rencard. Mais si tu m'aimes, agis en conséquence et tente de me récupérer.
- Comment ?
- Cherche ! Mais en tout cas, tu vas ramer, c'est moi qui te le dit. A plus !
Et elle partit, non sans m'avoir gratifié d'un baiser sur la joue. Qu'est-ce que j'aurai aimé l'avoir ailleurs, mais... Ressaisis-toi Cullen et agis ! Prouve-lui que tu l'aimes. Oui, c'est ce que j'allais faire, mais j'ignorais comment m'y prendre.
