Disclaimer : ils ne sont pas à moi, sauf Haru pour le moment, mais sait on jamais.
Commentaire : Chapitre court, voire très court. Mais les choses vont bientôt bouger et comment^^.
Bonne lecture
Hahn tah Yhel
Séparation
Mouvement 10
Lorsque l'écrivain sort du sommeil Haru est déjà levé, comme la veille. Assis sur la galerie il contemple le jardin.
Il se tourne vers le blond en l'entendant se lever.
- Vous alors, on peut dire que vous avez le sommeil profond.
Le blond néglige de répondre, il passe dans la salle de bains pour se doucher.
Lorsqu'il revient l'hôtesse achève de ranger les futons. Un copieux petit déjeuner est disposé sur un plateau, traditionnel comme il se doit dans un tel lieu.
L'écrivain contemple avec résignation le riz, le poisson et la soupe. Il y a longtemps qu'il n'a pas mangé ainsi le matin. Son séjour en Amérique lui a donné le gout d'une autre façon de vivre et de manger.
Haru lui dévore avec appétit sa portion puis lorgne sur la sienne.
- Vous ne mangez pas ?
- Je n'ai pas faim. Vas y, ne te gène pas.
L'adolescent ne se le fait pas dire deux fois, il engloutit la seconde part avec autant de plaisir que la première.
- Vous avez tort, c'est vraiment très bon. Dit il en reposant le bol vide pour s'emparer du dernier plat et des baguettes.
- Je n'en doute pas.
L'écrivain rassemble ses affaires.
Voyant cela Haru repose ce qu'il tenait, en proie à une surprenante tristesse qu'il s'efforce de nier.
« Qu'est-ce qui m'arrive ? J'en ai rien à faire de ce type ! »
Il accompagne pourtant le blond jusqu'à sa voiture.
Comme il l'avait dit l'écrivain a payé la chambre pour plusieurs jours et laissé son adresse pour que lui soit envoyé la facture d'un éventuel supplément.
Lorsque la voiture démarre Haru se détourne pour ne pas la voir s'éloigner. Elle lui fait trop penser à celle de son père.
L' écrivain lui ne regarde pas en arrière. Haru a fait son choix. Il n'est en rien responsable de ce qu'il va advenir de lui à présent.
Il s'engage dans un premier virage, à la sortie de la ville, lorsqu'une masse sombre débouche sur la route, un blaireau de belle taille qui tourne ses petits yeux brillants vers le véhicule et se fige.
L'écrivain donne un coup de volant tout en freinant et perd le contrôle de sa voiture.
Dans un crissement aigu de pneus elle évite de justesse l'animal apeuré et se précipite dans un talus où elle s'immobilise brutalement.
Le blaireau contemple le véhicule et prend la fuite sans demander son reste.
Haru tourne la tête, il a entendu le bruit de freinage puis le silence est retombé.
« Ce n'est pas normal…. »
Pris d'un mauvais pressentiment il s'élance dans cette direction.
Lorsqu'il découvre le véhicule il marque un temps d'arrêt, terrifié.
Il n'a jamais vu la voiture de son père après « l'accident » mais il s'est douté qu'elle devait être en piteux état, comme celle qu'il découvre à présent ?
Le choc contre le talus a froissé les tôles des portières gauches et de l'aile avant, tordu le capot et déclenché les airs bags.
Le romancier s'en libère avec peine et sort pour contempler l'ampleur des dégâts.
Il n'en a pas le temps, Haru l'a vu sortir et s'est rué vers lui, affolé.
Dans sa panique et son soulagement l'adolescent oublie à qui il a à faire, il se jette à son cou.
- Vous n'avez rien ! J'ai eu si peur !
L'écrivain reçoit avec surprise cette démonstration de soulagement que suivent des larmes.
Il se raidit malgré lui, la façon dont Haru s'est précipité dans ses bras et est en train de le palper de toute part à présent pour se rassurer lui fait penser au disparu.
« Shuichi… »
Oui… le chanteur aurait ainsi réagi, avec une étreinte et des palpations, des larmes… un baiser…
Haru lui ne cherche pas à l'embrasser, de ce côté, rien à craindre, l'adolescent se ferait couper en morceaux au lieu de faire cela.
- Calme toi Haru, je vais bien. Dit il enfin.
L'adolescent renifle et le libère. Se recule un peu.
Ils se tournent vers la voiture.
- Il y a du dégât… je crois que vous allez pas partir aujourd'hui… murmure Haru.
- Je le crois aussi. admet l'écrivain.
Avec l'aide du garçon il récupére ses affaires et regagne le lieu qu'il vient juste de quitter.
L'hôtesse s'avance à leur rencontre, son visage exprimant un soucis de commande.
- Allez-vous bien ? demande t'elle doucement.
L'écrivain la rassure brièvement et elle les laisse regagner la chambre.
Le grand jeune homme blond dépose ses affaires et s'installe sur la galerie extérieure.
Il ferme les yeux en soupirant.
Décidément, même le sort joue contre lui.
"Enfin, ce n'est qu'un contre temps..."
Dès que la voiture sera réparée il rentrera.
Puis il se crispe.
"Pourvu qu'il y ait quelqu'un d'assez capable par ici..."
Sa précieuse voiture étrangère n'est pas à mettre entre toutes les mains.
