Disclaimer : ils ne sont pas à moi, sauf Haru pour le moment, mais sait on jamais.

Bonne lecture

Hahn tah Yhel


Séparation

Mouvement 11

L'écrivain se redresse après avoir refermé le coffre de sa voiture, qu'un garagiste local a réparé de son mieux sous sa surveillance extrême.

Une réparation de fortune, mais qui suffira à rentrer.

Pour le reste sa précieuse voiture retrouvera son spécialiste habituel.

Alors qu'il se retourne il a la surprise de voir Haru s'avancer vers lui avec ses propres affaires.

- Qu'est-ce que tu fais ? Questionne le romancier.

- Je pars aussi. Vous en avez assez fait pour moi. Je ne veux pas que vous ayez à payer pour une chambre qui ne vous servira pas.

- Comme tu veux. Mais est-ce que tu sais ce que tu vas faire ?

- Non. C'est sans importance. Personne ne m'attend alors…

Le romancier le regarde un instant puis rouvre son coffre.

- Pose ton sac, je te ramène en ville. Là où je t'ai pris. D'accord ?

Haru n'hésite qu'à peine et se dépêche de ranger son sac avec les affaires du blond.

Quelques minutes plus tard ils sont en route.

Au bout d'un moment de silence l'écrivain lance un regard rapide à son passager.

- J'espère que tu ne vas pas retourner vivre dans la rue.

- Et pourquoi pas ? Des tas de gens le font bien.

- Ils le font parce qu'ils n'ont pas le choix.

- Je ne l'ai pas non plus.

- Idiot ! Bien sur que tu l'as. Tu peux…

Haru lui coupe la parole avec colère.

- Je peux rester avec vous et vous servir de jouet ?

Furieux le romancier freine brusquement et se gare sur le côté de la route.

- Ecoutes moi bien ! Je n'ai jamais considéré Shuichi comme un jouet et je n'ai aucune envie de te prendre chez moi. Ce que j'avais en tête était de te mener dans le temple de ma famille.

Haru s'empourpre en comprenant qu'il a sauté un peu trop vite sur les conclusions.

- Je suis désolé… dit il en baissant la tête.

- Tu peux l'être. Réplique le blond en repartant

Ils roulent des heures sans échanger un seul mot puis l'écrivain se gare devant chez lui.

Haru regarde la maison qui n' a rien d'un temple avant de considérer l'écrivain avec défiance.

- Ne recommence pas à te faire de fausses idées. Grogne le blond. Nous allons passer la nuit là, toi dans le salon, moi dans MA chambre et au matin direction le temple.

Haru hausse les épaules sans daigner ajouter un seul mot et ils sortent du véhicule, en extraient leurs bagages.

Le romancier marque un temps d'arrêt avant de sortir ses clefs.

D'un seul coup la crainte lui est revenue en force, de rentrer dans cette maison vide…

- Qu'est-ce que vous attendez ? questionne Haru.

- Rien. Répond le blond.

Il ouvre enfin et se fige. Une paire de chaussures est rangée avec soin dans un coin de l'entrée. Une paire qui ne lui appartient pas.

Le cœur serré il retire les siennes tout en contemplant cette paire imprévue.

- Je croyais que vous viviez seul. S'étonne Haru.

- C'est le cas… depuis qu'il est mort…

- Ses affaires sont toujours là alors ?

Le romancier va répondre par la négative lorsqu'il découvre, accroché au porte manteau, un blouson de cuir fauve qui lui est familier. Il était avec Shuichi lorsque ce dernier se l'était offert.

Il laisse alors tomber ses affaires et se lance en avant, pris d'un espoir insensé.

- Shuichi !

Haru reste dans l'entrée, stupéfait par l'élan du blond, le cri le fait frissonner.

Le romancier parcourt la maison d'un pas rapide, mais même s'il trouve un peu partout des affaires du chanteur ce dernier n'est nulle part et l'espoir ne tarde pas à le quitter.

Il se laisse tomber sur le canapé, cache son visage entre ses mains.

Retrouver les affaires de Shuichi dispersées dans la maison l'a bouleversé, il en tremble de tout son corps.

Haru le rejoint et s'alarme de son état.

Comprenant que le blond n'est pas en mesure de l'écouter il se penche et lui saisit les poignets pour l'obliger à se lever.

- Venez. Dit il doucement.

Ca marchait avec sa mère, et heureusement pour lui, ça marche également avec le romancier qui se lève et se laisse mener à la chambre, asseoir sur le lit où il reste prostré, les yeux vides, le corps tremblant.

Haru se passe la main dans les cheveux. Il ne comprend pas bien ce qui a pu mettre l'homme dans cet état, mais il sait que ce dernier ne peut rester seul.

Il retrouve les réflexes acquis lors de la maladie de sa mère.

Comme l'homme blond elle avait parfois des moments de faiblesse et il avait du alors prendre sur lui pour la soutenir. A l'époque de la mort de son père il n'avait que onze ans mais il avait su très vite se conduire en adulte pour pallier un tant soi peu à l'absence du défunt.

« Je ferai mieux de le mettre au lit… Il est tard de toute façon. »

Cette décision prise il se résigne à dévêtir le blond qui n'a visiblement plus rien à faire de rien, sans obtenir de sa part ni aide ni résistance. Il le force ensuite à se coucher et range ses affaires.

Cela fait il parcourt le reste de la maison sans faire de bruit, avec curiosité.

Tout dans cet endroit trahit un train de vie aisé, confirmant son intuition première inspirée par les habits du blond.

« Pas de doute, il a du fric. »

Quelques affaires cependant jurent avec les autres, par leurs couleurs trop vives, leur qualité moindre.

Tout d'abord surpris Haru finit par conclure qu'il s'agit sans doute là des affaires de l'amant défunt.