Disclaimer : ils ne sont pas à moi, sauf Haru pour le moment, mais sait on jamais.
Bonne lecture
Hahn tah Yhel
Séparation
Mouvement 13
Malgré sa peine Shuichi ne peut s'empêcher de venir en aide à son amant.
- Yuki… gémit il.
Haru contemple les deux inconnus avec défiance, la fureur de celui aux cheveux roux lui fait un peu peur.
- Qui êtes-vous ? demande t'il.
Le roux lui lance un regard dur, l'autre ne semble pas l'entendre.
- Ce serait plus à nous de vous poser cette question. Déclare le roux.
- Je suis Haru… lui et moi on s'est rencontrés dans un parc un soir, pas loin d'ici.
Cette phrase là Shuichi l'entend et elle sonne familièrement à ses oreilles. De nouvelles larmes lui viennent aux yeux.
« C'est exactement comme cela que tout à commencé pour moi il y a trois ans… trois ans déjà… »
Son cœur se serre à la pensée que trois ans ont suffit pour que son amant se lasse de lui et se trouve un nouveau partenaire.
« Que vais-je devenir ? »
Déjà trois ans plus tôt il ne supportait pas l'idée que Yuki le repousse, alors maintenant…
Il caresse les fins cheveux dorés de l'écrivain dont la tête repose désormais sur ses genoux. Il ne peut se résoudre à le laisser.
Même si Yuki ne veut plus de lui, même si tout est fini entre eux, lui persiste à l'aimer.
Hiroshi entraîne Haru dans le salon dès qu'est fait mention du parc, espérant que Shuichi n'ait pas entendu.
- Dans le parc hein ? Déclara t'il froidement. C'est donc là qu'il chasse ?
Haru le regarde avec surprise, les derniers mots n'ont aucun sens pour lui.
- Qu'il chasse ? Je ne comprends pas…
- Qu'il cherche ses amants si tu préfères.
Hiroshi voit le visage du garçon s'empourprer, ses poings se serrer.
- Hé ! Je ne suis pas pédé ! proteste l'adolescent.
- Shuichi non plus ne l'était pas avant de rencontrer ce type. Tu ferais mieux de filer quand tu le peux encore. C'est un vrai prédateur, tu peux me croire.
- Mais… il a promis de me mener à un temple… en sécurité…
Hiroshi éclate de rire.
- En sécurité ? Son petit frère Tatsuha est pire que lui. Lui au moins prend son temps pour agir. Tatsuha lui va droit au but, sans attendre d'acceptation.
Cette fois Haru perd pied, il ne sait plus que croire ni faire. Il se laisse tomber à genoux.
- Que dois-je faire ?
Hiroshi lui sourit.
- Le mieux serait que tu partes. Ici tu n'as pas ta place.
Haru baisse la tête, il a déjà entendu ces mots quelques mois plus tôt et même si le roux lui sourit il sait que ce n'est pas un sourire sincère, amical.
- Très bien, je vais partir. Capitule t'il.
Il se relève et se dirige vers ses habits qu'il a plié avec soin sur une chaise du salon, tout près du canapé où il pensait dormir.
Lorsqu'il retire le peignoir Hiroshi remarque les bleus qui constellent son corps.
- Qui t'a fait cela ? demande t'il.
- Je… j'ai été… agressé… avant qu'il ne me trouve…
- Agressé ? Tu veux dire violé ?
- Non, juste frappé.
Hiroshi fronce les sourcils, il ne lui semble pas que ce soit le genre du romancier de secourir un parfait inconnu attaqué par des voyous.
Haru se rhabille rapidement. Il a un peu honte d'avoir menti encore, mais que l'autre sache ce qui lui est arrivé.
Bien que tout ne soit pas de sa faute, il a honte de lui, de sa conduite.
A peine vêtu il empoigne son sac et file vers la porte sans regarder en arrière.
Hiroshi le suit afin de s'assurer qu'il s'en aille vraiment.
Dans le couloir le romancier revient à lui. Les yeux toujours clos il évalue la situation. Nul n'est en train de le frapper, bien au contraire, une main est en train de caresser ses cheveux et son front avec douceur. Une caresse qui lui rappelle celle du parc.
« Haru… »
Oui, c'était la main d'Haru ce soir là, mais ce n'était pas sa voix, ce devait être l'autre.
La main d'Haru était douce ce soir là, aussi douce que celle qui passe sur sa peau. L'odeur aussi est douce, familière. Une odeur de fraise.
Le romancier fronce les sourcils.
« Une odeur de fraise ? »
Quelque chose n'allait pas. Les savons de l'auberge dont ils s'étaient servis pour se laver sentaient le santal. Où donc Haru avait il bien pu prendre cette odeur de fraise ?
Il se force à rouvrir les yeux et se perd dans un regard violet noyé de larmes.
- Yuki... murmure une petite voix plaintive.
La main se retire de son front et il referme les yeux.
« Je suis en train de rêver... »
Mais le rêve est agréable. L'odeur de Shuichi, comment aurait il pu l'oublier ? Le chanteur ne portait pas de parfum, mais il avait l'odeur des biscuits qu'il aimait tant, ses baisers en avaient le goût. Sucré et si doux.
« J'aimerai y goûter encore... » songe le romancier.
Oui, le rêve est agréable, être à nouveau auprès de Shuichi, la tête sur ses genoux, sentir son odeur, entendre sa voix...
« Sa voix ? »
A nouveau il fronce les sourcils.
La voix de Shuichi est triste et cette tristesse lui vrille le coeur.
Il rouvre encore les yeux et voit le visage au dessus du sien. Les grands yeux pleins de larmes qui lui donnent envie de pleurer aussi.
