Merci pour vos commentaires et votre soutien. Voici la suite =)

Réponses aux reviews anonymes

Tchoupi : Merci pour ton long message. Ça fait toujours chaud au cœur. Ne soit pas trop dur avec la mère d'Hermione, elle a été éduquée comme ça elle aussi -_-' ! Et pour ce qui est de ton interrogation sur « MAIS COMMENT EST-CE QUE DRAGO VA ARRIVER SUR LE TAS ? » et bien… je t'invite à lire les prochains chapitres pour le savoir ^^. Merci encore

Marylou : Merci pour ta review qui n'était pas du tout « trop neutre ». J'ai apprécié tes arguments précis et construits, et ce regard objectif sur l'histoire et les personnages. Merci encore et à bientôt.

Morgane : Je sais que ce chapitre était court, c'était aussi volontaire. Durant la première version, j'avais tendance à faire des chapitres presque trop longs. Alors maintenant je tâtonne pour trouver un juste milieu ! Désolée si ça t'a dérangé. Je suis contente que tu aimes bien Alex. On risque de le voir beaucoup BEAUCOUP très prochainement…


Chapitre 3 : Retrouvailles

Hermione referma la lourde porte d'Amboine sculptée et perdit instantanément son masque d'impassibilité. Elle pinça l'arrête de son nez en soupirant bruyamment. Les deux dernières heures avaient été particulièrement pénibles.

Après s'être fait reprendre par sa mère sur les règles à respecter au sein de la bâtisse, Madame de Gaspanterni-Dumontel lui avait présenté son nouveau tuteur pour la saison estivale. Mr. George, âgé d'une soixantaine d'années paraissait rigide et ennuyeux au possible, ce qui n'enchanta guère la jeune femme. Elle regretta même sincèrement les leçons du professeur Binns dès lors où ils commencèrent les exercices de remises à niveau en études politiques et connaissances du monde. Il était difficile de se tenir au courant des actualités moldues au sein de Poudlard et malgré son assiduité à lire régulièrement « Le Point Moldu », un canard produit par la Gazette du Sorcier, Mr. George trouva de nombreuses lacunes à sa culture générale.

Deux heures. Deux heures à écouter ce vieux barbu grisonnant parler. Deux heures de souffrance mentale. Deux heures de retour forcé à la réalité.

Hermione soupira à nouveau en s'adossant négligemment contre le battant en bois puis ferma les yeux. Une voix trainante la sortie de ses pensées :

- Mais qui voilà… Miss. de Gaspanterni-Dumontel ? Mais, je vous en prie, ne cachez pas tant votre plaisir d'être de retour dans votre humble demeure…

Hermione garda les yeux clos et répondit sur le même ton railleur :

- Plait-il ?

- Vous semblez bien lasse de si bon matin. Ce visage contrarié me parait inapproprié pour une jeune femme en joie de retrouver sa noble place… familiale. Je crains devoir le reporter à ce brave Georgie

Ouvrant les paupières et dardant ses prunelles dans celles de son interlocuteur, la jeune femme répondit avec une pointe de malice :

- Et bien voyez-vous cher ami, ce n'est point tant de devoir reprendre mon costume de jeune femme de bonne famille qui m'éreinte tant…

- Ah oui ?

- Mais la perspective de revoir cette plaie qu'est mon frère. Poursuivit Hermione en feintant l'ennui.

- Voyons, ma chère, un peu d'indulgence. Victorien n'a que quatorze ans. Persifla la voix.

- Victorien ? Oh mais vous vous méprenez totalement. Je faisais référence à mon frère ainé. Évidemment.

- J'ai pourtant entendu dire qu'il était charmant… Bien élevé, riche et magnifique de surcroit.

- Rumeurs, rumeurs… Si vous le connaissiez, vous sauriez que sa beauté n'a d'égale que sa suffisance et sa pédanterie. Trancha-t-elle d'un sourire faussement hypocrite.

Le jeune adulte fit claquer ses mocassins à talonnettes et se trouva en quelques pas devant Hermione. Il arqua un sourcil, la mâchoire serré. Il semblait sur le point de répliquer quand il éclata d'un rire enfantin en la prenant dans ses bras.

- Tu m'as manqué sœurette ! s'exclama Ambroise. Ça fait du bien de te voir.

- Tu m'as manqué aussi.

- Maintenant, laisse-moi te regarder… poursuivit-il en s'écartant d'elle, la tenant par les épaules. Nan ! Tu sembles bien la même. Ce qui me rassure grandement : au moins une chose qui n'a pas changé en un an et qui rendra cet été supportable!

- Ne m'en parle pas ! Pitié, dis-moi qu'Elle se calme après quelques jours ? grimaça sa sœur.

- Désolé de te décevoir mais non. Deux semaines que je suis rentré et Mère est toujours à épier mes moindres faits et gestes. Contente d'être de retour, hein ? ironisa-t-il.

- Tu n'as pas idée…

Ambroise était le fils ainé de la fratrie. D'un an plus âgé qu'Hermione, il était l'héritier direct de la lignée des de Gaspanterni-Dumontel. Le Prince du sang. Bien que contraint par son père d'intégrer l'école préparatoire militaire Saint Cyr, le jeune homme était loin d'approuver sa situation et s'était plaint de nombreuses fois à sa sœur, sa confidente. Ambroise avait un cœur noble et pur. Son sens de la justice était particulièrement développé et sa capacité à être à la fois impartial et délicat lui valait bien des sollicitations. Mais il était aussi rieur et désabusé par les manières du milieu social dans lequel il avait grandi. Il préférait de loin passer son temps à organiser des fêtes et à convier des artistes au château, qu'à participer aux conférences politiques et réunions d'affaires gérées par Monsieur de Gaspanterni-Dumontel. Tout comme sa jeune sœur, il aurait donné beaucoup pour se soustraire de la mission confiée à sa naissance.

Prenant Hermione par le bras, il l'entraina vers la sortie, en direction des jardins. Il marchait de son habituel pas tanguant, trainant et enthousiaste à la fois. Elle ne put s'empêcher de le comparer intérieurement à Monsieur Le Frère du Roi, leur lointain ancêtre et frère de Louis XIV. Tout comme Ambroise, Philippe d'Orléans menait un train de vie dispendieux et n'avait que peu d'intérêt pour le pouvoir. Il était jeune, avait l'avenir devant lui et comptait bien en utiliser chaque seconde.

- Pourquoi tu ne m'as pas prévenu que tu rentrais cette nuit ? demanda-t-il tout en descendant les marches du perron d'entrée.

- Mon retour s'est décidé à la dernière minute. Pour cause de… de voyages scolaires annulés ! mentit la Griffondor en sentant son cœur se serrer à la pensée du meurtre de Dumbledore, véritable raison de son retour précipité. Et Père ne voulait pas que mon déplacement soit officialisé. Question de sécurité… Blablabla. Tu sais…

- Bien. Il a bien fait. Je n'aurais pas supporté que tu sois en danger. Tu prends soin de toi, j'espère ? Pas d'actions stupides qui pourraient t'exposer n'est-ce pas ?

- Bien sûr que non. Tu me connais !

Hermione sourit avec tendresse à son frère en pensant néanmoins au nombre de fois où elle avait été en danger au cours de sa sixième année. Et de sa cinquième. Et quatrième aussi. En somme… au cours de sa scolarité à Poudlard.

- Je ne t'imagine pas sortir la nuit en douce de toute façon, tu es bien trop… respectueuse des règles et de l'étiquette pour cela. Dit-il avec un clin d'œil avant de poursuivre : alors, parle-moi un peu de ta vie à la Gresham's.

- Les choses n'ont pas tant changé depuis ma dernière lettre tu sais ! S'exclama-t-elle.

- En deux mois beaucoup de choses peuvent se passer ! se défendit Ambroise. Et puis j'aime bien t'entendre raconter ton quotidien. C'est toujours drôle.

- Okay, puisque tu insistes… alors… les matins commencent toujours de la même façon. Avec cette vieille Miss Harrington qui sonne la grosse cloche de la cour intérieure. La surveillante de palier passe ensuite dans le couloir en donnant quelques petits coups secs sur nos portes. « C'est l'heure », qu'elle nous dit d'une voix d'outre-tombe ce qui a le don particulier de nous motiver. Ensuite, comme à leurs habitudes, les filles de mon dortoir s'élancent de leurs lits à la salle d'eau pour gagner la « course au dixième de seconde d'eau chaude offerte par l'établissement ». C'est mon moment préféré. Pas de pitié pour les copines, les bonnes manières au placard, et à l'attaque ! Tous les coups sont permis.

- J'imagine bien les croche-pattes, les crêpages de chignons et les traces de rouge à lèvres sur les chemises blanches des uniformes propres ! Rit le jeune homme.

- Rouge à lèvre ? Tu n'y penses pas! S'écria-t-elle d'une voix faussement dramatique avant de reprendre : « Article numéro 25 du règlement intérieur de l'école – L'uniforme est obligatoire hors des espaces de vie commune. Article numéro 25(a) – Au sein des espaces communs, une tenue décente est de rigueur. Article numéro 25(b) – Toutes tenues de plage (jupes courtes, chandails légers à bretelles, sandales ouvertes,…) sont formellement interdites. Article numéro 25(c) – Il ne sera toléré ni le port de bijoux distinctifs, ni de couvre- chefs ni de broches ou de maquillage. »

- Et tu oses me reprendre quand je t'appelle « Miss-Je-Sais-Tout » ? Tu connais ce règlement par cœur ! Blagua-t-il suite à cette véritable récitation.

- Pour ma défense, je dois le connaitre par cœur ! dit-elle en insistant sur le verbe. Je suis préfète ! J'ai des responsabilités !

- Bien sûr, bien sûr… Je n'ai qu'un mot à dire : prison. Enfin, continue !

- Promets-moi de ne plus m'interrompre dans ce cas.

- Bien. Je te le promets.

- Une fois le petit déjeuner avalé, nous prenons le chemin des classes. Où les cours se suivent et se ressemblent.

- Tu as eu quelles matières cette année ?

- Pas d'interruption ! Gronda Hermione. Mes matières dépendent des jours : Latin, Grec, Littérature anglaise, mathématiques, Russe, Italien, Japonais, technologie, Histoire-Géographie… Ah oui, j'oubliais : sciences politiques, économie, études commerciales, études religieuses, arts plastiques, musiques, théâtre… Et le meilleur pour la fin : physique chimie & biologie ! Notre professeur est vieux comme le Monde et nous rabâche sans cesse qu'il souhaite faire de nous les nouveaux Alan Lloyd Hodgkin.

- Lord qui ? Répéta Ambroise.

- Lloyd. Alan Lloyd Hodgkin. Un ancien élève de la Gresham's qui a reçu le prix Nobel de Physiologie il y a quelques décennies.

- Avec un cerveau comme le tien, il devrait bientôt l'avoir son Prix Nobel le vieux, non ? Et tu arrives à faire tout ça en une semaine ? Reprit-il intrigué. Tu es quoi ? Superwoman ? J'aurais besoin d'une machine à stopper le temps moi.

Hermione sourit au souvenir du Retourneur de temps, et s'abstient de donner réponses à son frère. Assez de mensonges pour une journée. Si seulement son frère savait que par maths elle voulait dire arithmancie, par sciences elle parlait de botanique et de potions ou encore que par apprentissage du Russe elle pensait à ses cours de Runes…

- Assez parler de moi ! Déclara-t-elle. Raconte-moi la prepa, Saint Cyr ?

Ambroise se stoppa net, se tourna vers sa sœur et encra un regard noir dans ses yeux.

- Il n'y a rien à dire. Rien. N'aborde plus jamais ce sujet. Cracha-t-il.

Le silence s'installa entre les deux adolescents alors que la colère d'Ambroise était plus que palpable. Son courage Gryffondorien poussait Hermione à vouloir le questionner sur l'origine de son trouble, le fait que son sang n'ait fait qu'un tour en l'espace de dix secondes, quand des voix se firent entendre.

- Hermione ! Ambroise ! Héla au loin une jeune fille à la peau bronzée par le soleil.

Son visage rond au sourire mutin était encadré de longs cheveux châtains raides relâchés sur ses épaules. Retenus par un nœud de soie rouge s'accordant avec sa robe de la même couleur, ils étaient coupés en frange droite sur le devant ce qui mettait d'autant plus en valeur ses grands yeux bleus.

Marie Saint-Prieux s'avançait gaiement vers le frère et la sœur accompagnée d'une jeune fille en tout point identique à elle-même. Les deux seules différences notables entre Marie et sa jumelle Juliette était un nez légèrement plus disgracieux ainsi que le sourire absent du visage de la seconde. Le jour, la nuit. Le Paradis, l'Enfer. C'était à peu près ce que Marie et Juliette inspiraient au reste du monde.

Quelques mètres plus loin, trois jeunes hommes les suivaient, marchant les uns à côté des autres, en saluant les de Gaspanterni-Dumontel par de grands gestes. Deux d'entre deux paraissaient avoir le même âge tandis que le troisième semblait un tantinet plus jeune.

Ce dernier se trouvait être Henri Riomont-Sauterel. Âgé d'une quinzaine d'années, Henri avait la tête sur les épaules malgré son allure frêle et sa petite taille suggérant de la timidité. Tranquille et avisé, l'adolescent aux cheveux bouclés et blonds comme le blé avait un visage des plus souriants. Il était accompagné de Conrad Spanisvalasky, fils d'un descendant de Pierre 1er, de la dynastie Serbe des Karađorđević. Le jeune homme était en contraste parfait avec Henri : grand, les épaules carrées, les cheveux courts d'un noir de jais soulignant son regard sombre. Conrad allait débuter sa carrière militaire à Saint Cyr, comme son meilleur ami, Ambroise.

Le troisième garçon n'était autre que Nathanaël Riomont-Sauterel.

Il avançait la tête haute, d'une démarche sure, tout en replaçant correctement le col en V de son polo blanc. En apercevant Hermione, il fit un immense sourire qui laissa entrevoir des dents parfaitement alignées d'une blancheur immaculée. Conscient de son titre et du pouvoir qui en découlait Nathanaël s'exprimait généralement avec une voix trainante, teintée d'ironie, laissant aussi supposer une intelligence redoutable. Ses yeux bleus océans auraient pu être très élégants s'ils n'avaient brillé de cette étrange lueur moqueuse. Hermione aurait même pu les trouver attrayants si seulement, une fois posés sur elle, ils ne criaient silencieusement la fierté et la possessivité de Nathanaël à son égard. À l'égard de sa fiancée.

Enfin, un jeune couple fermait la marche. Leur simple vision entraina, en l'espace de quelques secondes, chez Hermione un ascenseur émotionnel. Battements rapides dans la poitrine. Battements heureux. Battements douloureux. Poids sur le cœur. Envie de vomir. Les deux adolescents se tenaient l'un à l'autre, bras dessus bras dessous. Le garçon était d'une grande taille ce qui la rendait, elle, minuscule à ses côtés, bien que perchée sur des talons hauts. Ils n'auraient pu former plus étrange paire.

Alexander Spanisvalasky, le frère de Conrad, avait un visage allongé aux pommettes hautes. Ses yeux d'un vert d'eau étaient mis en valeur par des cheveux souples et châtains retombant négligemment sur son front. Même si sa mâchoire anguleuse rappelât ses origines slaves, son large sourire agrémenté de fossettes adoucissaient l'ensemble.

Suezann De Charmonbrunon, dont la taille était aussi insignifiante que ses facultés d'entendement, suintait le luxe et l'artifice. De son sourire parfait au maquillage trop prononcé en passant par la robe hors de prix et les bijoux clinquants, elle brillait de mille feux sous le soleil de juillet. Grâce à son pas chaloupé, des passants auraient cru voir un mannequin défilé sur le podium, sous des flashs incessants.

Alex' était drôle et généreux. Quand il s'adressait aux gens, son ton imposait le respect et la confiance. Agissant avec fermeté mais douceur, il était un ami attentionné et loyal. Conscient de son titre et de la fortune familiale, il mettait pourtant toujours à l'aise ses interlocuteurs en restant humble.

Suezann, de sa voix nasillarde qui résonnait souvent trop longuement dans les oreilles de ses auditeurs, n'adressait la parole qu'aux personnes dont elle pouvait tirer profit. Quand elle était contrainte de faire la conversation, elle plaquait sur ses fines lèvres un sourire hypocrite et mettait très peu de cœur à l'ouvrage.

Le deuxième des fils Spanisvalasky faisait ses études à la prestigieuse institution Van-Gogh de La Haye, à Amsterdam où l'ensemble des membres de sa famille avaient suivi leurs études. Il y pratiquait quatre langues et suivait un programme poussé en sciences.

Suezann était scolarisée dans un prestigieux et onéreux lycée parisien. Résidant à la capitale durant l'année, elle passait ces étés dans la résidence secondaire de ses parents, sur les bords de la Loire.

Hermione et Alexander avaient grandi ensemble dans le même village de Saint-Père-sur-Loire jusqu'à leurs onze ans. Jusqu'à leurs départs pour l'Angleterre et les Pays-Bas. Depuis, ils se retrouvaient avec joie durant l'été et se vouaient une amitié sans faille.

Âgées de cinq ans à peine, Hermione et Suezann se détestaient déjà. Considérant la Princesse de Gaspanterni-Dumontel comme sa rivale, la seconde marquait un point d'honneur à lui rendre la vie difficile. En la voyant ainsi suspendue au bras de son meilleur ami, Hermione put constater qu'une fois encore cette pimbêche avait réussi son effet. Qu'avait-elle pu encore imaginer ? Jeter son dévolu sur Alex' ?

Ils finirent par rejoindre le reste du groupe autour d'Ambroise et de sa sœur. Chacun prenait à tour de rôle Hermione dans ses bras, ravis de la retrouver après une année d'absence.

- Hermione ! Tu es resplendissante ! S'exclama Marie.

- Ça c'est sure. Enchaina Henri avec un sourire amical.

Alexander se détacha de la prise de Suezann et vint à son tour l'enserrer. Il lui glissa un sincère « Tu m'as manqué » suivit d'un clin d'œil avant de reprendre position dans le cercle.

- Vous m'avez terriblement manqué à moi aussi. Répondit Hermione. Je sais, je n'ai pas beaucoup écris… J'aurais aimé vous donner plus de nouvelles mais…

- T'en fais pas ! On a tous été très occupé cette année. Continua Marie en lançant un regard furtif à Ambroise qu'Hermione remarqua néanmoins.

Elle fronça discrètement les sourcils en direction de son frère en attente d'explications. Il lui offrit en retour un sourire aussi innocent qu'énigmatique.

- So you, guys… Pardon, retour au Français. S'excusa la Princesse d'une grimace en détournant les yeux de son frère pour les poser sur le reste du groupe. Il faut que mon cerveau change de mode. Alors, vous êtes arrivés il y a longtemps ?

- Une semaine pour la plupart d'entre nous, deux jours pour Nath', Alex' et Henri. Répondit Conrad.

Les trois garçons, pensionnaires dans le même établissement avaient pris quelques jours pour visiter la grand-mère d'Alexander sur le chemin du retour.

- Tu as fait bon voyage ? S'inquiéta Henri.

- L'Angleterre n'est pas le bout du Monde, Henri. Dit Suezann avec dédain avant de reprendre. Quand mon père et moi sommes allés en Inde en train, ça c'était un voyage fatig…

- Bon ! Quel est le programme pour aujourd'hui ? S'enquit Marie coupant volontairement la jeune femme.

- Ambroise et moi devons être de retour pour 18h. Réunion. Mais d'ici là nous avons quartier libre… ce qui nous laisse de bonnes heures devant nous ! Répondit Hermione enthousiaste.

Ambroise se tourna alors vers Marie afin de lui demander :

- Pourquoi n'irions-nous pas chez vous ? Piscine ?

- Oui pourquoi p… commença Marie.

- Non. Dit abruptement Juliette de son habituel ton ennuyé. Déjà fait hier. Et avant hier aussi. Tiens, et aussi l'avant-veille! Et je suis sûre que si j'y réfléchissais bien, je pourrais dire que c'est tout ce qu'on a fait depuis le début des vacances!

- OK… murmura Ambroise agacée.

- Ça va Juliette, pas la peine de t'exciter. Rétorqua Marie d'une voix calme, n'ayant jamais pu être désagréable envers sa jumelle.

- Allons à la Rivière dans ce cas. Décréta Nathanaël, sa voix insinuant l'ordre plus que la suggestion.

- Oui, excellente idée! Allons renouer avec la nature! Cela fait tellement longtemps que nous ne sommes pas « allé écouter le clapotis de l'eau sur les rochers anguleux ». Déclama Marie dans une imitation parfaite de Sœur Béatrice.

Sœur Béatrice était la monitrice d'un camp estivale pour filles où Hermione et ses amies avaient pour habitude d'être envoyées chaque été, durant 1 mois, de leurs 6 à 15 ans. Situé au sud de la forêt de Tronçais, le camp proposait un programme alléchant aux yeux de tous parents aisés. Temps d'écoute de la nature, grands jeux dans les bois, rencontres de jeunes filles de bonne famille, temps de réflexion personnelle, etc. Le contexte permettait surtout aux demoiselles d'échapper aux règles de vie en famille. Pas de leçons privées, de rallyes, de bals, ou de démonstration publique aux quatre coins du Monde.

La troupe se mit en marche vers le lieudit, riant, insouciants, loin du poids de leur éducation. Hermione Granger, accrochée fermement aux bras de ses deux amis d'enfance Alexander et Marie, implora intérieurement Merlin que cet instant de liberté dure tout l'été.

Quelques mètres en arrière du groupe, Nathanaël Riomont-Sauterel fixait Hermione de Gaspanterni-Dumontel rire à gorge déployée. Il esquiva un sourire en coin.
Ce serait cet été ou jamais…