Titre: Darkest Hour
Pairings: Tom Riddle/Harry Potter
Rating: M
Disclaimer: pas à moi. Perso de J.K. Rowling et fic de Lady Silverwings.
Note: Je m'excuse dors et déjà des fautes mais ce chapitre m'a posé tellement de problèmes que je l'ai mis en ligne dès qu'il a été terminé pour compenser la longue attente que je vous ai infligée. Merci à tous ceux qui m'ont laissés des reviews et autres mots d'encouragements (auxquels je n'ai probablement pas dû tous répondre.. de cela aussi je m'en excuse). Chaque petit mot me pousse à avancer dans cette traduction. Je dédie donc ce chapitre à tous ceux qui aime cette fic et me le font savoir.
- changement de scène:
:meow: - fourchelangue
meow - pensées d'Harry
Les jours et les semaines semblèrent s'envoler à toute vitesse comme le temps le fait souvent lorsqu'on passe des moments heureux. Harry célébra son sixième anniversaire deux fois cet été là. Une fois avec sa famille et ses amis dans une gigantesque fête commune avec Neville. Même Oncle Patmol et Oncle Moony purent y participer, assaillants les deux garçons d'innombrables anecdotes sur les célèbres Maraudeurs, mais Harry connaissait le secret derrière ces histoires. Patmol, Moony, Cornedrue et Queue-de-ver n'étaient autre que Sirius, Remus, James et Peter Pettigrew eux-mêmes. Ces fauteurs de troubles avaient mis Poudlard sens dessus dessous, prenant pour cibles professeurs et étudiants mêlés, traçant la voie pour les malicieux qui suivirent. Harry sentit naître en lui une pointe de regret, regret qui fut rapidement chassé par de l'espoir. Si les choses se déroulaient comme prévu, si ce que Tom comptait faire fonctionnait, alors lui aussi recevrait sa propre lettre de Poudlard, tout comme Neville.
La deuxième fête d'anniversaire d'Harry se déroula dans l'intimité de sa chambre en compagnie de Tom et Nagini. Harry ne savait pas exactement comment Nagini y était parvenue, mais le serpent avait réussi à se glisser dans la maison avec un petit cake au chocolat et un présent de Tom. Maintenant il avait un pendant en rubis monté sur une chaine en argent qui s'accordait à merveille avec son bracelet. Un serpent élégamment sculpté entourait de ses anneaux la pierre écarlate, sa tête émergeant du sommet du joyau, sa gueule ouverte sans méchanceté. Le bijou était également ensorcelé de manière à être indétectable pour tous ceux qui n'étaient pas fourchelangues.
: Quelle est la date de ton anniversaire, Tom ?: demanda Harry après avoir attaché le fermoir de la délicate chaîne en argent autour de son cou.
: Tu comptes m'offrir un cadeau, Harry ?: taquina Tom.
: Uh huh ! Nagini te l'offrira pour moi. : déclara-t-il avec une évidente détermination.
Il y eut une pause, une période de silence qui troubla Harry.
: Tu… ferais vraiment cela pour moi, n'est-ce pas Harry ?: la voix de Tom était douce.
: Oui. Ce n'est pas ce que les gens font quand ils sont amis ?: questionna Harry.
: Tu me considères comme un ami ?:
Harry soupira bruyamment. : Tu es bizarre ce soir, Tom : bouda-t-il. : Oui, je te considères comme mon ami. Les étrangers ne se font pas de promesses entre eux, pas vrai ? Et bien toi tu as promis de m'aider, et les amis s'aident toujours entre eux, donc cela fait de toi mon ami !: Harry s'interrompit un instant avant de reprendre d'une voix hésitante. : Est-ce … est-ce que je suis ton ami, Tom ?:
Du coin de l'œil, Harry vit Nagini se redresser du coin qu'elle occupait au bout du lit, ses yeux en losange étincelants à la lueur des bougies.
Il y eut un nouveau silence et Harry sentit son cœur se serrer. Puis, gracieusement, Tom répondit.
: Je suis le tien au même titre que tu es le mien. : répliqua-t-il énigmatiquement. : Pour toujours, mon petit serpent. :
Harry gloussa à la mention du surnom auquel il s'habituait. : Je viens juste de réaliser quelque chose, Tom. : déclara-t-il, en dévorant à pleines dents son cake au chocolat. L'une des choses les plus cool concernant le fourchelangue c'était qu'il pouvait parler la bouche pleine sans nécessité l'usage total de ses cordes vocales. Les douces intonations de la langue ancienne étaient étrangères à l'enfant de six ans, il ne remarquait presque jamais quand il passait du langage normal au fourchelangue.
: Et qu'as-tu réalisé ? Hmm ?:
Harry rosit, embarrassé par ce qu'il s'apprêtait à déclarer. : C'est-à-dire que nous n'avons jamais vu de photo l'un de l'autre. Et si on se croisait un jour dans la rue sans le savoir ? Est-ce que ce ne serait pas triste ?:
: Tu désirerais savoir à quoi je ressemble ?: demanda Tom, abasourdi.
: Ce serait super de pouvoir mettre un visage sur ta voix. : admit timidement Harry.
Tom rit tout bas. : Alors laisse-moi t'offrir un autre cadeau, Harry. : dit-il. : Concentre-toi sur ma voix, mais cette fois, ouvre toi à moi. Ouvre toi pleinement et totalement à moi. :
Harry s'empressa de déposer son cake sur la table de chevet. Il se blottit sous les couvertures et déposa un rapide baiser sur la tête de Nagini avant de se coucher. Il ferma les yeux et se concentra. Il ouvrit son esprit à Tom, cherchant l'aura familière qui semblait ne jamais le quitter. Sa respiration s'apaisa et progressivement il se détendit. Presque immédiatement, il se sentit glisser dans les méandres de son subconscient, entouré par les ténèbres familières.
« Tu ne cesses jamais de m'impressionner, jeune Harry Potter, » constata une voix au timbre profond et musical.
Harry pivota sur ses talons. Là, debout devant lui, se tenait un grand et élégant jeune homme, à la peau aussi pâle que celle d'Harry et doté de cheveux noirs qui encadraient avec style un visage aux traits aristocratiques. Les yeux d'émeraudes se rivèrent aux yeux écarlates. Maintenant il comprenait pourquoi Tom lui avait offert des bijoux sertis de rubis sanglant. Ils étaient assortis à la couleur de ses yeux.
« Tom ! » cria Harry de joie avant de s'élancer en courant vers le jeune homme svelte.
« Bonsoir Harry, » salua Tom tandis qu'il se penchait pour regarder Harry dans les yeux, un sourire dévoilant ses dents blanches et parfaites. « Joyeux anniversaire. »
« Merci Tom ! C'est le meilleur cadeau d'anniversaire qu'on m'ait jamais offert ! »
Tom rit tout bas en laissant courir ses longs doigts fin au travers des cheveux d'ébènes d'Harry. « Mais quel beau jeune homme que voilà, » taquina-t-il.
Le corps d'Harry trembla alors qu'il riait. « Tout le monde dit que je ressemble à mon père, » dit-il. Il pencha légèrement la tête sur le côté alors qu'il étudiait Tom avec de grands yeux étonnés. « Mais je pense que je ressemble plus à toi. »
Un sourcil parfaitement dessiné s'arqua comme les stupéfiants yeux rouges étudiaient Harry en retour, remarquant les similitudes. « Comme c'est étrange, » murmura Tom. « Pourrais-tu être un Serpentard toi aussi ? »
« Qu'est-ce qu'un Serpentard ? » demanda le jeune garçon. « Tu t'es déjà cité par ce nom auparavant. C'est ton nom de famille ou quelque chose comme ça ? »
Tom sourit devant la curiosité évidente qu'affichait l'enfant de six ans. « En un sens, » répondit-il. « Oui, ç'en est un et je suis apparenté à un sorcier très puissant dont le nom de famille est Serpentard. C'est aussi l'une des quatre maisons de Poudlard. »
« Maison ? »
« Ceci risque de prendre un certain temps en termes d'explications, » marmonna Tom.
« Mais j'ai le temps ! » insista Harry. « Et puis, c'est mon anniversaire. Je suis censé obtenir tout ce que je veux. »
« Ah oui ? »
Harry hocha solennellement la tête. « Oui. Et puisque c'est mon anniversaire, je veux que tu m'expliques. Pourquoi y a-t-il des maisons à Poudlard ? Est-ce que ce n'est pas stupide d'avoir des maisons à l'intérieur d'un château en parfait état ? Est-ce que quelque chose ne va pas avec la toiture de Poudlard ? »
Tom rejeta la tête en arrière et rit à gorge déployée. C'était un son rauque et sec, comme si rire aussi joyeusement était une chose auquel Tom n'était pas habitué. Avec un sourire, il fit un geste de la main en l'air et une grande bergère de velours rouge apparut soudainement. Tom s'assit, attirant Harry dans son giron. Harry couina face au mouvement inattendu, mais il s'y blottit rapidement, installant ses jambes sur les cuisses de Tom.
« Alors ? » le pressa Harry. « Va s'y. Explique. »
Tom riait toujours à perdre haleine. « D'accord. A Poudlard, il existe quatre maisons. Maintenant avant que tu ne m'interrompes, ce ne sont pas de vraies maisons que les gens achètent pour y vivres. Ce sont plus comme des groupes de personnes bien distincts. Il y a les Pouffsoufles qui ont pour mascotte un blaireau. Les Serdaigles qui ont pour mascotte un aigle. Les Griffondors qui ont pour mascotte un lion. Et la plus puissante, la plus impressionnante de toutes les maisons, Serpentard. Leur mascotte est un serpent. »
« Qu'est-ce qu'une mascotte ? »
« Un animal qui symbolise chaque maison. Imagine-la comme un logo ou un signe propre à la reconnaissance des autres personnes. »
« Oh, je vois. Quand les élèves arrivent à Poudlard ils sont placés dans l'une des quatre maisons ? »
« Correct, Harry. Mais ils ne peuvent pas choisir dans quelle maison ils vont être répartis. Le choix se fait en fonction des caractéristiques individuelles de chacun, leurs forces et leurs faiblesses. Mais la façon dont s'effectue la sélection est un secret. Tu devras le découvrir par toi-même lorsque tu iras à Poudlard. »
« Tu crois sincèrement que j'irais, Tom ? » chuchota Harry, ses yeux immenses remplis d'espoir et brillants de larmes contenues.
« Je le sais. » répondit Tom. « Maintenant où en étais-je ? Ah oui. Et bien les quatre maisons ont reçu leur nom d'après les fondateurs de Poudlard. Deux sorciers et deux sorcières très puissants se sont unis pour fonder l'école, afin de pouvoir instruire à la magie tous ceux qui montreraient des capacités hors du commun. Ils considéraient la magie comme étant un don, un privilège qu'il fallait cultiver et non craindre. Salazar Serpentard, le fondateur de la Maison Serpentard, est mon ancêtre et l'un des plus grand sorciers ayant jamais existé. On dit que je lui ressemble énormément, de par mon physique ainsi que mes capacités. »
« Vraiment ? »
« Oui, Harry. Salazar Serpentard était un fourchelangue, tu sais. Comme toi et moi. Si on prend en compte le fait que tu me ressembles, et que je ressemble à Serpentard, combiné à notre habilité à parler le fourchelangue, alors tu pourrais bien être toi aussi un de ses descendant, bien que très éloigné. »
Harry baissa la tête et fixa distraitement le bout de ses orteils alors qu'il méditait silencieusement sur cette intéressante découverte. « Est-ce que... tu crois que Salazar m'aurais tourné le dos s'il était encore en vie ? » demanda-t-il doucement. « Est-ce qu'il n'aurait pas été déçu d'avoir un descendant cracmol ? »
« Non, Harry. » assura Tom. « Il ne t'aurait pas déclaré cracmol au premier regard. Il aurait vu, tout comme moi, les pouvoirs cachés qui sommeillent en toi. Il aurait déplacé des montagnes pour libérer ta magie, Harry. J'en suis convaincu. »
Harry releva la tête et scruta le visage de Tom. Toute autre personne aurait décrit son visage de froid, dur et indifférent. Mais Harry pouvait sentir la sincérité derrière ces yeux rouge sang.
« Merci, Tom, » chuchota Harry. « Merci beaucoup. » Il leva la main et agrippa fermement le devant des robes noires de Tom pour l'attirer à lui tandis qu'il se haussait sur la pointe des pieds. Avant que Tom ne puisse dire un mot, des lèvres douces et innocentes touchèrent sa joue pour y déposer un baiser léger. L'enfant se blottit ensuite contre Tom, sa respiration s'apaisant comme il succombait à la fatigue et tombait rapidement endormi dans le berceau de l'étreinte de Tom.
Le plus grand sorcier sombre ayant jamais existé ne put que rester assis dans un silence stupéfait alors que l'enfant innocent dormait.
Harry se fâcha devant la porte qui se dressait en face de lui. Il plia le genou et décocha un coup de pied à l'offensant panneau de bois. Le rire amusé de Tom résonna dans les ténèbres.
: Assez de bouderie : déclara Tom. : Viens t'asseoir à mes côtés. :
Harry pivota sur ses talons pour observer son ami, étendu sur un large fauteuil de velours. Depuis son anniversaire, Tom choisissait très souvent d'apparaître à Harry plutôt que de communiquer avec lui par le biais du bracelet. Harry pour sa part était heureux de ce changement et n'était guère enclin à protester ou à poser des questions. Alors que le jeune garçon s'approchait, il vit que des serpents étaient artistiquement sculptés le long des boiseries qui composaient le fauteuil. Il rampa entre les jambes de Tom et s'installa sur les genoux de celui-ci.
: J'essayais juste d'ouvrir une autre porte : grommela Harry, les bras croiser sur sa poitrine. : Je veux faire de la magie et être comme toi. :
Tom sourit comme il faisait courir ses doigts à travers les cheveux d'Harry. Il était étonné de les voir constamment en désordre, à l'opposé de ses propres boucles qui tombaient en vagues élégantes autour de son visage. : Je sais, mon petit serpent : le consola-t-il. : Je sais que tu veux faire de la magie. Je sais aussi que tu n'en peux plus d'attendre le jour où je t'enseignerais des sorts, mais sois patient jeune sorcier. Ta magie est semblable à la braise, elle brille doucement mais reste cachée. Si tu souffle trop fort dessus, elle s'éteindra. Mais si tu la cajole gentiment, alors elle prendra et donnera naissance à une flamme. :
A ces mots, Harry se frotta la poitrine avec la paume de sa main. Sa magie était vraiment pareille à une braise brûlant doucement en lui et Harry savait qu'à chaque nouvelle porte ouverte et à chaque test réussi, cette braise irait en grandissant.
: Tom : commença Harry, plongeant son regard dans les yeux rouges. : Pourquoi ? :
: Pourquoi quoi, Harry ? :
: Pourquoi est-ce que tu fais ça ? Tu es si intelligent et si patient, et tu me dis toujours des choses si gentilles. Pourquoi est-ce que tu m'aides à découvrir ma magie ? Comment m'as-tu trouvé en premier lieu ? :
: Et bien, et bien, ne sommes-nous pas plein de question ce soir. :
Harry rougit, baissant les yeux sur ses poings serrés. : Je veux juste savoir pourquoi : répondit-il doucement.
: Et ton bon à rien de père, qui doute constamment de ta valeur, n'a rien avoir avec ta faible estime de toi, hmm ? Shuut Harry, ne dis plus rien à présent si tu tiens à entendre mes réponses. :
Harry referma sa bouche qu'il avait automatiquement ouverte pour défendre son père d'un mouvement sec.
Tom attira Harry plus près de lui, calant confortablement le garçon à ses côtés. : Je t'ai trouvé grâce à Nagini, : débuta-t-il. : J'étais, dirons-nous, à la recherche d'une maison très spéciale et j'ai envoyé Nagini en éclaireur pour la trouver. Quand mon compagnon reptilien revint sifflant avec excitation qu'elle avait trouvé un enfant qui pouvait parler Fourchelangue, j'ai été immensément curieux de rencontrer cet enfant qui était doté du même don que moi. : Tom jeta un coup d'oeil à Harry. : Je savais que j'avais trouvé quelqu'un de spécial, Harry, dès l'instant où je t'ai parlé par l'intermédiaire du bracelet, et cela, en dépit de ta croyance que tu étais un cracmol. :
Harry rougit à nouveau, ses joues se teintant de rose. : Mais, comment savais-tu que j'avais de la magie en moi ? Maman et papa ont appris que j'étais un cracmol quelques jours après ma naissance. Comment se fait-il que tu m'aies vu différemment ? :
: Parce que j'ai sentit l'appel de ta magie. Parce que d'une certaine manière j'ai été comme toi, Harry, lorsque j'étais jeune. : répondit Tom à voix basse. : Quand j'étais enfant, j'ignorais que j'étais un sorcier. Je ne connaissais rien de la magie, ou de Poudlard, ou de quoique ce soit d'autre concernant sortilèges et incantations. Je me sentais si impuissant, si faible, et je désirais par-dessus tout prouver ma valeur au reste du monde. Je retrouve tout cela en toi, petit charmeur de serpent. Je vois ton désir de faire tes preuves, ton besoin de reconnaissance. Pas seulement une reconnaissance personnelle mais également une reconnaissance de toutes les personnes qui t'entourent. Comment pourrais-je ne pas aider un enfant comme toi ? Nous sommes si semblables, toi et moi, Harry. :
: Vraiment ? :
: Vraiment. J'ai de grands projets pour nous, Harry. Nous serons côte à côte un jour. Juste toi et moi. :
: Toi et moi… : répéta Harry. Il se blottit contre Tom, passant un bras autour de sa taille et pressant l'autre contre le torse de son ami. : Je suis content de t'avoir rencontré, Tom. : dit-il à moitié endormi.
: Moi aussi, mon petit serpent. Moi aussi. :
Harry soupira lourdement, sa fine poitrine s'abaissant sous l'effet de l'air expiré. Les visites nocturnes et fantasmagoriques de Tom lui manquaient. L'été s'était terminé, au grand chagrin de l'enfant de six ans. Maintenant qu'il était de retour à l'école, obtenir de bonnes notes et faire preuve d'attention en classe devenait la priorité. Ajouté à cela que Tom avait son propre emploi du temps et était lui-même très occupé à faire quelque soit ce qu'il avait à faire. Les rendez-vous de minuit étaient par conséquent devenu peu nombreux et leur durée très limitée. Le temps semblait s'écouler au compte-goutte sans les bien-aimées interactions.
Un léger sourire éclaira le visage d'Harry. Bien que leurs rencontres soient espacées, Tom ne tarissait pas d'éloges et d'encouragement à l'égard du jeune garçon. Harry s'était efforcé d'ouvrir les trois portes, mais celles-ci restaient obstinément closes et Tom passait le temps qui leur restait à remonter le moral de l'enfant découragé.
Il joua du doigt avec son pendant tandis qu'il tapotait le bout de son crayon contre le banc en bois, les feuilles de cours délaissées étalées devant lui. Les rayons du soleil vinrent éclairer les joyaux sertis entre les écailles argentées, envoyant danser sur les murs de sa chambre des éclairs de lumières rougeoyants.
Quelqu'un toqua à sa porte. Il tourna la tête et ses yeux s'agrandirent quand il vit entrer son père.
« Bonjour Harry, » dit James d'une voix rauque.
« Bonjour, sir. » répondit Harry, détournant difficilement les yeux pour reporter son attention sur le devoir sur son bureau.
« Des problèmes avec tes devoirs ? »
« Non, non pas vraiment. C'est juste que je n'arrive pas à me concentrer pour le moment, » murmura Harry dans un souffle.
« Je ne t'en fais pas le reproche. C'est une trop belle journée que pour la passer à l'intérieur. »
Harry jeta à nouveau un rapide coup d'œil à son père. James dansa d'un pied sur l'autre pendant un instant, adolescent dans ses actions alors qu'il se grattait le bas de la nuque.
« Je sais que toi et moi nous ne nous entendons pas très bien, Harry, » commença James. Il s'accroupit et se balança quelques instants sur ses talons avant de plonger son regard dans les yeux hantés de son fils. « Je sais qu'il y a eu des fois où j'ai semblé froid envers toi. J'en suis désolé. Immensément désolé. Je n'ai jamais voulu que tu endures mes sautes d'humeur, fiston. Jamais. »
« Qu'est-ce qui ne va pas, sir ? » questionna Harry, interloqué par le comportement singulier de son père.
« Ca. C'est ça qui ne va pas. Toi m'appelant 'sir'. Qu'est-ce qui est arrivé à Papa, Harry ? »
Harry baissa la tête, ses mèches d'obsidiennes tombant en avant et masquant ses yeux. « Je… je sais ce que tu penses de moi » bafouilla-t-il. « Je sais que tu n'es pas content. Je vous aies entendu parler toi et maman. Je suis désolé si je ne suis pas ce que tu espérais et j'essaye vraiment très fort de- »
« Harry, ça suffit. » le coupa James. « Stop. Ne t'excuse plus jamais d'être mon fils. »
« Mais parfois tu penses que je ne le suis pas, » vint la dure réplique.
Les yeux de James se fermèrent. Lily avait raison. Son attitude inflexible avait contribuée à éloigner Harry de plus en plus de lui. Quelque chose devait être fait. Avant qu'il ne perde son propre fils.
« Harry… Harry je sais que j'ai dis de nombreuses choses très cruelles. Je souhaiterais pouvoir les effacer. C'est peut-être difficile pour toi de croire cela, mais ça me fait du mal de te voir malheureux. Je sais à quel point tu voudrais être capable de faire de la magie. Je vois comment tes yeux s'attardent sur ma baguette ou sur celle de Lily. Tu es envieux et en colère, amer que quelque chose qui soit naturelle pour nous ne t'aies pas été transmis à toi. Mais ça ne fais pas de toi quelqu'un de moins bien, tu comprends ? Je suis désolé si je t'ai tenu à l'écart et ignoré même. C'était mal de ma part et je le regretterais jusqu'à la fin de ma vie. Donne-moi une autre chance s'il te plaît. J'ai l'impression que je suis en train de te perdre, comme si quelqu'un était en train de prendre ma place dans ta vie. »
Harry se mordit la lèvre. Tu n'as pas idée, pensa-t-il silencieusement. Tom était tout pour Harry. De lui, il recevait chaleur, soutien, conseil et affection. Cela étant, Harry ne considérait pas Tom comme un père de substitution. Loin de là. Mais les choses que les pères donnaient normalement inconditionnellement à leur fils étaient ce que Tom procurait à Harry. Harry n'était pas sûr que Tom puisse même accepter l'idée de partager Harry avec James. Au grand désarroi et ravissement d'Harry, Tom était extrêmement possessif, un trait de caractère qui avait montré son vilain nez une nuit où Harry était en train de faire le compte-rendu d'une journée passée avec ses Oncles Sirius et Remus. Un voile sombre et froid avait pris place devant les yeux de Tom, et il devint distant et indifférent vis-à-vis d'Harry pendant tout le reste du rêve. C'était une situation hautement déplaisante, du genre qu'Harry n'était pas prêt à revivre de sitôt.
« Me donneras-tu une seconde chance, Harry ? » supplia James. « Je te promets de changer. Parole de Griffondor. »
Ne sachant comment répondre, Harry hocha vivement la tête, espérant que ça serait suffisant. James en sourit de soulagement. « Merci, Harry. » dit-il. « Je t'aime, fils. » Il se pencha en avant, effleurant le front d'Harry de ses lèvres avant de se lever et de quitter la pièce.
Harry regarda la porte de sa chambre se refermer doucement.
« Je suis désolé, » chuchota-t-il dans la pièce vide, une larme perlant au bord de ses longs cils tel un diamant étincelant. « Je suis tellement désolé. »
