Auteur: Lady Silverwings

Traductrice : Cassis Blake

Disclamer: les personnages appartiennent à J.K. Rowling uniquement.

Note: Toutes mes excuses pour cette interminable attente. Merci pour vos reviews (même si je n'ai pas toujours le temps d'y répondre, je prends chacune d'elles en considérations et c'est en les lisant que j'ai la détermination de continuer cette traduction). Bonne lecture à tous.


" bla bla" normal.

bla bla: pensées d'Harry

:: blabla :: fourchelangue.


Tout comme Noël, la Nouvelle Année passa très vite. Les Potter, accompagné de Remus, célébrèrent la venue du nouvel an au 12 square Grimmaurd, la demeure de Sirius. Quand Harry et ses parents pénétrèrent dans le hall d'entrée, une figure posant dans un imposant tableau se mit à hurler d'une voix aigüe.

« Horribles monstres ! » cria la femme. « Tu as couvert de honte le nom des Black, Sirius, en amenant de tels vermines dans ma maison ! Une Moldue. Il y a une MOLDUE dans ma demeure ! Mécréante ! Dégoûtante Sang-de bourbe ! »

Sirius frémit et s'éloigna en hâte du portrait. « Où ais-je mis ce rideau ? » grommela-t-il. « Kreattur ! » appela-t-il l'elfe de maison. « Où est cette satanée tenture ? Ne t'avais-je pas dit de la recouvrir avant que nous n'arrivions ici ? »

La femme du portrait continuait à tempêter et à vociférer, déversant des insultes qui assourdissaient Lily, James et Remus. Harry se contentait pour sa part d'observer le portrait, ces tirades virulentes amusant étrangement l'enfant.

La femme se détourna de Sirius et ses yeux devinrent perçants et empli de perspicacité lorsqu'ils se posèrent sur le jeune garçon. Ses beuglements indignés s'interrompirent soudainement, sont attitude changeant drastiquement.

« Et bien, voilà,» dit-elle un peu essoufflée. « Enfin quelqu'un digne d'entrer dans ma maison. Mes hommages, jeune Maître. »

Harry cligna des yeux, choqué. « Moi ? » dit-il, pointant du doigt sa poitrine.

« Tu ne me vois pas bavarder avec quelqu'un d'autre, n'est-ce pas ? » répondit la femme d'un air agacé. « C'est un honneur de te rencontrer, jeune homme. Je t'en prie, fais comme chez toi. Tu es le bienvenu ici et je t'invite à venir quand tu le voudras. Ces personnes, en revanche … » la dame âgée renifla d'un air hautain. « Ne sont pas les bienvenues. Pas les bienvenues du tout ! »

C'est l'instant que choisi Sirius pour se ruer vers le portrait enchanté, jetant un rideau dévoré par les mites sur celui-ci. La femme renouvela immédiatement ses cris, mais fort heureusement ceux-ci se virent assourdis par la lourde fabrique de tissus.

« Ne faites pas attention à maman, » plaisanta Sirius. « Et si nous passions à la salle-à-manger, hum ? »

Harry lui emboita rapidement le pas, sentant peser sur lui les regards doublements ahuris de ses parents. Les questions se bousculaient dans sa tête. Qu'a-t-elle voulu dire ? pensa-t-il silencieusement. Pourquoi m'a-t-elle appelé 'jeune Maître' ? Pourquoi n'aime-t-elle pas ma famille ? Qui est-elle au juste ?

Elle est en fait la très notable Walburga Black, mère de Sirius Black, épouse d'Orion Black, murmura une voix familière dans sa tête.

Bonjour Tom, salua Harry. Elle est la maman de Sirius ? Pourquoi est-elle aussi… bruyante ?

Parce que Sirius appartient à 'La Noble et Très Ancienne Famille des Black', répondit Tom. Le nom de famille des Black remonte à de très nombreuses générations, Harry, et ils ont une haute opinion des Sang purs.

Père a dit que Potter était un nom de Sang pur. Qu'est-ce que ça signifie ?

Il y a trois générations de sang, Harry, expliqua Tom. Sang pur, Sang-mêlé, et né-de-Moldu ou l'abréviation familière Sang-de-bourbe. Etre un sang pur signifie que tes parents sont tous deux des sorciers et que leurs propres parents l'étaient également avant eux. Ta mère est une Née-de-Moldu. Lily Evans descend d'une famille de Moldus, qui ne pouvaient évidemment pas faire de la magie, mais elle-même en était capable. En épousant James Potter, un Sang pur, elle a donné naissance à toi, un Sang-mêlé.

Pourquoi est-ce qu'être un Sang pur est si important ?

Parce que, Harry, la grande majorité des sorciers qui suivent encore les traditions ancestrales croit fermement que posséder un sang pur signifie avoir plus de pouvoir. Il n'est pas entaché par des ancêtres n'ayant en eux aucune magie et étant alors considérés comme faibles.

Mais je ne suis pas faible, argua Harry. Je suis un Sang-mêlé, mais je ne suis pas faible, n'est-ce pas Tom ?

Bien sûr que non, Harry, le rassura Tom. Tu ne seras jamais faible. Pas quand tu m'as moi…


Le premier mois de l'année s'écoula dans un climat relativement calme. Et c'est par un week-end ensoleillé de février que Harry descendit les escaliers après que Lily l'ait sorti du sommeil. « Maman ? » appela Harry alors qu'il sautait de la dernière marche du grand escalier en bois. « Maman ? »

« Je suis au salon, Harry chéri, » lui répondit Lily. Harry s'avança en direction de la voix de sa mère avant de s'arrêter net dans l'embrasure de la grande pièce. Là, appuyé contre le chambranle de la cheminée, les bras croisés sur le torse, se tenait Sirius Black.

« Oncle Patmol ! » s'exclama Harry, fonçant dans la pièce les bras grands ouverts.

Sirius éclata de rire tandis qu'il s'abaissait et soulevait l'enfant de six ans dans les airs. « Salut Mini-Cornedrue ! » l'accueillit l'animagus tout en étreignant le garçonnet. « Comment va mon filleul préféré dans tout l'univers ?"

Harry gloussa, ses bras et ses jambes encerclant délicatement le corps de Sirius. « Patmol, je suis ton seul filleul, alors bien sûr je suis ton préféré. »

Le sourire de Sirius s'élargit comiquement. « Mais je crois bien que tu as raison, petit Cornedrue, » s'exclama-t-il avec surprise.

Lily sourit depuis son siège tout proche. « Sirius, ne sois pas aussi taquin, » rigola-t-elle. « Harry, mon chéri, Oncle Sirius va rester ici pour veiller sur toi aujourd'hui. »

« Pourquoi ? Ou vas-tu, maman ? »

Semblant légèrement mal à l'aise, Lily lissa nerveusement des plis inexistants sur sa robe. « Ton père et moi devons juste nous rendre à une réunion entre amis, mon cœur, » répondit-elle vaguement. « Tu sera un bon garçon avec ton oncle, n'est-ce pas ? Et Sirius, essaye de ne pas répéter l'incident de l'année dernière. Je ne veux plus revenir à la maison pour retrouver mon fils collé au sommet du toit. »

Sirius sourit malicieusement, ne promettant et ne déniant rien. Lily soupira et roula des yeux comme elle se levait en s'emparant de sa cape qui reposait sur l'accoudoir du fauteuil. « Je te verrais dans quelques heures, Harry, » dit-elle en s'abaissant pour déposer un baiser sur la joue de son fils. Avec un clin d'œil, elle jeta de la poudre de cheminette dans l'impressionnant foyer de cheminée, des flammes vertes flamboyant tandis qu'elle pénétrait au cœur de celui-ci. « Poudlard ! » cria-t-elle avant de disparaître dans un brouillard de fumée verte.

« Et bien, petit Cornedrue, il semblerait que nous ne soyons plus que toi et moi. » commença Sirius tout en marchant vers la cuisine alors qu'il lançait Harry en l'air et le rattrapait d'un geste expert entre ses bras. « As-tu faim ? Que dirais-tu d'un grand bol de crème glacée ? »

« Cela me couperait l'appétit, » répondit automatiquement Harry.

« Laisse-moi deviner, Lily t'a dit ça ? » Sirius reçu un hochement de tête affirmatif. « Je vais te dire un secret, Harry. Ce que maman ne sait pas ne peux pas te faire de mal ! » Riant à sa propre blague, Sirius plaça Harry sur la table de la cuisine avant d'explorer les différents tiroirs à la recherche de vaisselle et de couvert. Après avoir servi de larges sphères de glace au chocolat dans chaque bol, Sirius recula une chaise de sous la table et y déposa Harry.

« Cela fait un mois que je n'ai plus vu mon propre filleul, » déclara Sirius comme il s'asseyait en face du jeune garçon. « Comment ça va, Harry ? Comment ça se passe à l'école ? »

Harry haussa les épaules avant de prendre une large cuillerée de crème glacée. « Ça va bien, » dit-il. « J'apprends à ajouter et à soustraire des nombres entre 10 et 20. Et j'ai été capable de lire tout seul un paragraphe entier en classe. Mme Snickerdoodle m'a donné une sucette en récompense grâce à ça. »

« C'est formidable, Harry, félicitations ! Au fait, avant que je n'oublie, ton oncle Rémus t'envoi tout son amour. Tu lui manques terriblement. »

« Pourquoi ne vient-il pas me voir comme tu le fais ?

« Er…. Il a été vraiment très occupé ces derniers temps, Harry. De plus, il n'a pas exactement été… heu… lui-même cette semaine. Il se sentait un peu malade, tu vois ? Il ne voudrait pas te rendre visite quand il se sent mal et qu'il se montre grincheux. »

« Oh, je comprends. Tu lui diras bonjour de ma part ?

« Bien sûr, Mini-Cornedrue. Je ferais n'importe quoi pour mon unique filleul favori. »

Harry gloussa tandis qu'il léchait sa cuillerée de crème glacée avec délice. Ils mangèrent leur dessert en silence, chacun appréciant la compagnie de l'autre baigné dans la lumière du jour hivernale.

« Harry, et si on faisait quelque chose d'excitant ? » fanfaronna Sirius alors qu'il faisait disparaître les traces de leur 'méfait' d'un simple sort.

« Est-ce que je finirais à nouveaux sur le toit ? » s'enquit Harry.

« Nan. Tu finiras dans un endroit bien meilleur que ça. Qu'est-ce que tu dirais d'aller voir un bon vieux match de Quidditch avec ton Oncle Sirius ? »

« Vraiment ? » s'exclama Harry avec surprise. « Mais maman a dit- »

« Lily et James seront absents pendant au moins deux heures. Bien assez de temps pour aller voir un bon match et revenir sans qu'aucun d'eux n'en sache rien. A moins que tu n'en aies pas envie… »

« Oh, si ! » s'écria Harry. « J'adorerais ça, Oncle Sirius ! » Harry savait ce qu'était le Quidditch. Il savait que son père était un Attrapeur, une position très difficile au sein de l'équipe, lorsqu'il était à Poudlard. Certaines nuits, Harry se faufilait hors de sa chambre pour regarder dans les albums photos regroupant les moments passés par James et Lily à Poudlard, ses doigts caressant doucement les images en mouvement, ses yeux brillant d'un éclat particulier. James n'avait toujours pas sorti son balai du placard, bien qu'il se soit montré plus ouvert vis-à-vis de Harry au fil du temps.

« Bien ! Allons vite te mettre des vêtements chauds. Je ne peux pas te laisser attraper froid et avoir Lily sur mon dos, pas vrai ? » Avec un rire dévastateur, Sirius fit virevolter Harry dans ses bras tandis qu'il se précipitait hors de la pièce.


Harry sentit son estomac protesté comme ses pieds touchaient le sol. Il oscillait précairement, sa main fermement agrippée à Sirius comme il prenait de grandes bouffées d'air.

« Tout va bien, Petit Cornedrue ? » questionna Sirius alors qu'il soulevait Harry dans ses bras et lui caressait doucement le dos en un geste de réconfort.

« Je n'aime pas les Portoloins, » répondit Harry en enfouissant son visage dans le cou de son parrain.

Sirius rit tout bas tandis qu'il commençait à marcher, sa main formant toujours des cercles apaisants sur le dos de l'enfant. « Je sais, Petit Cornedrue. Moi non plus je ne les aime pas beaucoup, mais cela va passer. Ouvre les yeux et regarde, Harry. Nous y sommes. »

Harry obéit, ses yeux verts s'agrandissant devant la foule et l'agitation qui l'entourait. Les gens s'empressaient dans les allées, les rires et la musique résonnant sous les exclamations joyeuses dans l'air glacial de l'hiver. Et dans les airs, volant haut dans le ciel, Harry pouvait voir des sorciers évoluer sur leurs balais, certains réalisant des figures aériennes au grand plaisir de leur audience.

« Il ne s'agit que d'un petit rassemblement, » déclara Sirius. « Avec un seul match au programme étant donné le froid ambiant. Et par chance, nous sommes juste à l'heure ! » Sirius grimpa quatre à quatre les escaliers en bois menant au stade. Les orbes d'émeraudes d'Harry s'écarquillèrent encore plus lorsqu'il vit le terrain de Quidditch et ce qui semblait être des centaines de personnes grouillant dans les tribunes.

« C'est 'petit' ça ? » s'enquit Harry, incrédule.

« Ca l'est, Petit Cornedrue. Tu devrais voir le monde qui assiste à la Coupe du Monde de Quidditch. Voilà quelque chose qui mérite vraiment d'être vu. Mais ne t'inquiètes pas, je persuaderais Lily de me laisser te kidnapper pour assister à l'évènement.

Harry gloussa en réponse au clin d'œil malicieux que lui envoya Sirius.

« On est venu admirer le spectacle, Black ? » interrompit une voix étrangère.

Sirius, pivota, tenant toujours Harry dans ses bras. A quelques mètres d'eux se tenait un homme à la stature imposante. Ses cheveux étaient d'un blond argenté semblable à la neige fraîchement tombée et ses yeux étaient aussi froid et glacial que celle-ci. D'une main, il tenait une canne noire ornée d'une tête de serpent qui étincelait sous la faible lumière de février. De l'autre, il tenait la main d'un jeune garçon qui paraissait avoir le même âge que Harry. Celui-ci avait les mêmes cheveux platine-argenté, mais ses yeux était d'un gris plus pâle. D'une couleur presque identique au mercure. Tous deux arboraient la même expression d'ennui sur leurs visages aristocratiques.

« Ah, Malfoy. C'est toujours un ravissement de croiser de la famille, » répondit Sirius avec un léger ricanement, son regard laissant transparaître qu'il se tenait sur ses gardes. « Je vois que tu es ici accompagné de ton fils. »

« Oui. Mon fils a exprimé un intérêt pour ce sport, loin de moi l'idée de ne pas l'introduire adéquatement à celui-ci. » Les yeux gris se posèrent sur Harry. « Tut tut, Black. Tu ne m'as pas convenablement présenté à ta jeune charge. »

« Pardonne-moi mon impudence, » se moqua Sirius. « Voici Harry Potter, mon filleul. Harry, voici Lucius Malfoy et son fils Draco. Draco a le même âge que Harry, je crois ? »

« Correct. Salutations jeune Potter. Draco, dis bonjour. »

« Bonjour, » répondit la miniature de Lucius. « Enchanté de te connaître. »

« Enchanté de te connaître moi aussi, » répondit timidement Harry.

« Bien, nous ferions mieux d'y aller. Apprécie le match, Black. Il sera plus que certainement… très intéressant. » Avec un léger hochement moqueur de la tête, Lucius s'éloigna, son fils suivant docilement derrière lui.

« Sombre crétin, » marmonna Sirius à voix basse.

« Qui est-ce, Oncle Patmol ? » s'enquit Harry curieusement. « Il est de la famille ? »

« Seulement de mon côté, Harry. Sa femme est une cousine à moi. »

Harry fronça le nez. « Il est semblable à un bonhomme de neige, » déclara-t-il.

Sirius s'esclaffa bruyamment, attirant l'attention des personnes aux alentours. « Bonhomme de neige ? » répéta-t-il.

Acquiesçant, Harry expliqua, « Il est froid, comme un bonhomme de neige. Et il a des cheveux couleur de neige avec des yeux comme du charbon. »

« Je n'avais jamais pensé à lui de cette manière Harry, » dit Sirius. « Mais tu as raison, il est un peu glaçant autour des bords, n'est-ce pas ? » Rigolant tout bas, Sirius se fraya un chemin jusqu'à deux sièges inoccupés.

Le match qu'ils étaient en train de regarder voyait s'affronter les Roumains contre les Écossais. Sirius héla rapidement une sorcière qui vendait des articles aux couleurs des deux équipes et acheta un chapeau argenté avec un Écossais dansant et une écharpe assortie pour Harry. Pour lui, il choisi un large drapeau portant l'inscription « Les Casse-cous de Roumanie » en lettres étincelantes.

« N'oublie pas de cacher tout ça quand nous rentrerons à la maison, » le taquina Sirius en lui donnant un léger coup de coude accompagné d'un clin d'œil conspirateur. Harry étouffa son rire dans ses mains ganté tandis qu'il observait les deux équipes virevolter au-dessus du terrain, chaque joueur luttant pour prendre possession de la balle. Il laissait échapper tour à tour des exclamations de surprise et d'admiration quand les joueurs évitaient les dangereux cognards. Ses yeux se concentrèrent sur les Attrapeurs de chaque équipe comme ceux-ci s'élançait en avant, pourchassant l'insaisissable Vif-d'Or.

L'Attrapeur Roumain plongea, descendant brusquement d'une centaine de mètres dans sa folle recherche de l'item doré. Harry retint son souffle, priant silencieusement pour qu'il l'attrape. Vingt mètres… dix mètres… cinq mètre… il l'avait presque…

Soudain, le stade explosa dans un nuage de poussière. Du côté du terrain opposé à Harry, une partie de la structure en bois qui composait les tribunes se désintégra. Des hurlements transpercèrent l'air et le chaos éclata. Des lumières apparurent, zigzagants sauvagement. Du nuage de poussière, une ombre noire sembla émergée. Après une inspection plus attentive, Harry s'aperçut que l'ombre était en fait un groupe de personnes habillés tout en noir, les capuches de leurs capes leur masquant le visage.

« Il est temps de partir, petit, » déclara Sirius en prenant Harry dans ses bras tandis que la peur s'emparait de lui. Ce que Harry ignorait, c'était qu'il savait exactement qui était en train d'attaque le stade de Quidditch.

Des Mangemorts.

L'Animagus maudit sa chance d'avoir exposé Harry à une telle horreur. Il était vrai qu'attaquer lors d'un match de Quidditch était un acte très osé, même pour le Dark Lord. Sirius grogna, luttant contre la mer de personne paniquée comme ils se dirigeaient tous vers les escaliers de sorties. Harry gémit quand des coudes pointus vinrent lui cogner les cotes et que des mains désespérées éraflèrent sa peau douce. Voyant une ouverture dans la foule grandissante, Sirius piqua un sprint en avant quand quelque chose vint heurter son pied. Dans un cri de surprise, il s'écroula au sol, ses bras relâchant instinctivement Harry pour amortir le choc de sa chute.

« Harry ! » cria d'horreur Sirius lorsqu'il vit Harry se remettre sur ses pieds. Pris dans la marrée des corps, Harry ne put que crier le nom de son parrain alors que ceux-ci le poussaient et le dirigeaient de plus en plus loin de Sirius.

Partout où il se tournait, il ne pouvait voir que des longs membres. Certains trébuchaient sur lui, d'autres succédaient à le faire trébucher. Une femme hystérique le fit tomber au sol dans son empressement à fuir les lieux. Il siffla quand ses genoux heurtèrent durement le solide plancher. Désorienté, Harry tournait la tête de chaque côté quand il se rendit subitement compte de l'absence de bras et de jambes. Gémissant, Harry releva la tête comme un frisson faisait trembler tout son corps.

A quelques mètres de lui se tenait un individu affublé d'une robe noire, un masque squelettique ornant et masquant son visage.

Harry vit un sourire diabolique se dessiner sur les lèvres de l'homme, la partie inférieure de son visage étant non voilé par le masque. Un bras s'éleva, révélant une baguette tandis qu'une lumière verte étincelait.

« Avada Kedav- »

« Expelliarmus ! »

La baguette échappa à la main de l'homme, virevoltant dans les airs avant de disparaître. Le sorcier pivota sur ses talons, sifflant de colère, jusqu'à ce qu'une autre personne s'avance, baguette braquée droit sur lui.

« Mon Lord ! » cria-t-il, tombant sur ses genoux. « Pardonnez-moi, je ne savais pas- »

« Silence, idiot, si tu souhaites vivre, » cracha le second étranger. « Es-tu si désespéré de prouver ta valeur que tu tuerais un enfant ? »

« Ce n'est qu'un moldu, mon Lord, personne de valeur. Il- »

« Cela suffit ! » gronda l'homme. « Tu m'as fait offense et prouvé ton horrible faiblesse McNair. Va, hors de ma vue. Je m'occuperai de toi plus tard. »

L'homme renifla piteusement alors qu'il déguerpissait. L'étranger baissa sa baguette comme il s'avançait vers l'enfant tremblant. Harry gémit doucement alors qu'il tentait de fuir à reculons en s'aidant de ses pieds et de ses mains.

« Sois tranquille, enfant, je ne te veux aucun mal, » assura l'étranger. Il s'agenouilla devant Harry et leva lentement son bras droit. Avec une extrême gentillesse, l'homme traça tendrement du bout des doigts les contours de la mâchoire de Harry. « Tu vois ? Je ne te fais pas mal. Je ne te ferais jamais de mal. »

Harry se mordit la lèvre. Il pouvait entendre au loin le son des combats, des explosions et des hurlements. Cependant, tout cela semblait assourdi à ses oreilles, comme s'il était seul avec cet homme.

« Qui… qui êtes vous ? » demanda craintivement Harry.

« Un ami, » répondit l'homme. « Pourquoi est tu là, petit ? Qui est avec toi ? »

« Mon Oncle Sirius. Nous… nous sommes partis en catimini de la maison et nous étions en train de regarder le match. Maman ne sais pas que je suis ici, elle est avec père à Poudlard. »

« Je vois. Bien, nous ferions mieux de te ramener au plus tôt auprès de ton Oncle Sirius, n'est-ce pas ? Aah, regarde. Je crois que je le vois maintenant. »

Harry pivota rapidement sur ses talons. Au loin, comme le sorcier l'avait dit, se trouvait son parrain. Celui-ci fonçait sur lui, le regard habité d'une lueur folle.

« Harry ! » cria Sirius. « Harry, est-ce que tu vas bien ? S'il te plaît petit, dis-moi que tu vas bien ! »

Harry étreignis Sirius de ses bras comme celui-ci le soulevait du sol. « Je vais bien, Patmol, » murmura-t-il en enfouissant son visage dans le cou de Sirius. « Je n'ai pas été blessé. Le gentil monsieur n'a laissé personne me faire du mal. »

« Quel gentil monsieur, Harry ? »

Harry regarda derrière lui et fronça les sourcils. « Ce gentil… monsieur… » Harry ouvrit de grands yeux sous le choc. Là où s'était tenu l'homme en noir, il n'y avait désormais plus personne. Il avait disparu aussi soudainement qu'il était apparu. Harry reporta son attention sur Sirius. « Il était là il y a peine une minute ! » insista-t-il.

« Shut mon petit, je te crois, » le réconforta Sirius. « Viens, il est grand temps d'y aller. Merlin, je ne suis pas pressé d'affronter la réaction de Lily. Prie pour moi, Harry. Je vais en avoir besoin. »

Tandis que tous deux s'empressaient de quitter les lieux, une paire d'yeux écarlate suivit leur départ, ceux-ci brillants intensément de sous les ténèbres d'une cape noire.


« Qu'est-ce qui t'as pris, au nom de Merlin, d'emmener mon fils à un match de Quidditch sans même considérer un seul instant de m'informer de ce que tu comptais faire ? » s'époumona Lily.

Sirius se recroquevilla encore un peu plus sur lui-même, les épaules basses et se tordant nerveusement les mains, tandis qu'il tentait de se fondre dans le mur de pierre derrière lui. « Lily, s'il te plait- » débuta-t-il.

« Tu as exposé Harry, ton filleul, aux Mangemorts, Sirius ! » hurla Lily, le coupant dans sa réplique. « Mangemorts ! Des serviteurs du Seigneur Noir ! Il aurait pu être blessé. Il aurait pu être tué ! Au nom du ciel à quoi pensais-tu, Sirius ? »

« Je suis désolé, vraiment je le suis, » plaida Sirius. « Je ne comptais rester qu'une heure là-bas avec Harry. Je voulais qu'il voit, qu'il expérimente un match de Quidditch. Je ne pensais sincèrement pas que cela pourrait causer du mal ! »

« Et bien le mal est fait, Sirius. Envers un grand nombre de personne, » déclara solennellement Dumbledore de derrière son large bureau en chêne. Il se pencha en avant, joignant ses mains ensemble alors qu'il fixait du regard les adultes angoissés et exténués devant lui. « Comment va Harry, chère Lily ? »

Lily passa ses mains agitées au travers de ses épaisses boucles rousses comme elle allait-et-venait devant la large cheminée. « Secoué, » répondit-elle, « mais il ne souffre d'aucune blessure à l'exception de quelques bleus et bosses. La même chose ne peut être dite à l'égard de quelques infortunés spectateurs. »

Il y eut un silence solennel qui pesa lourdement dans l'air. Même Fumsek, le phœnix de Dumbledore, émit un cri hanté.

« Il devient plus fort, n'est-ce pas ? » chuchota Augusta Longdubas, remplie de peur pour son petit-fils. « Le… le Seigneur Noir… chaque jour qui passe il devient plus puissant, plus hardi. Il n'aurait jamais attaqué un match de Quidditch auparavant. Quelque chose a dû se passer… il doit avoir trouvé quelque chose qui lui donne plus de confiance pour agir. »

« Nous n'avons aucune preuve de cela, Augusta », argua Albus. « Nos sources n'ont rien révélées de tel. Vous-Savez-Qui est un homme animé par l'ambition d'un pouvoir et d'une domination totale. Il fera n'importe quoi et usera de n'importe quel moyen pour arriver à ses fins et remporter la victoire. »

La femme âgée tourna son regard grave vers le Directeur. « Je ne le perdrai pas, Albus » murmura-t-elle. « Pas mon Neville. Je connais et comprends les dangers qui accompagnent la carrière d'un Auror, mais ce qu'il a fait à mon Frank et à Alice quand ils ont été capturés durant un raid… c'était inhumain. Albus, il a torturé les parents de Neville et il s'en est délecté. Je peux encore entendre son rire dans la pensive qui contient les souvenirs de Frank et Alice lors de leur captivité. Maintenant ils sont à Ste-Mangouste, tous les deux rendus fous par cette expérience. C'est suffisamment grâve que son père ne se souvienne pas de lui, mais sa mère lui offre des papiers d'emballage de chewing-gums. Cela lui fait garder espoir, le menant à croire qu'un jour Alice le reconnaîtra. Je ne permettrais pas cela. Je ne laisserais pas le Dark Lord prendre le plus jeune membre de ma famille. »

« Je comprends, Augusta, croyez-moi je comprends, » la consola Albus. « Nous, membres de l'Ordre, ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour assurer la sécurité de Neville. L'attaque d'aujourd'hui était imprévisible et inattendue. Je suis reconnaissant qu'aucun mal n'ait été fait à Harry, mais d'autre ne furent malheureusement pas aussi fortunés. Dans des temps comme ceux-ci, nous devons rester calmes et nous montrer plus malins que le Seigneur Noir. »

« Mais comment ? » questionna James. « Comment allons-nous surpasser l'étudiant le plus brillant qui ait jamais été à Poudlard ? »

« En décimant ses troupes, » annonça Dumbledore. « Il rassemble ses Mangemorts dans des manoirs aux quatre coins de l'Europe. Si nous parvenons à prendre possessions de ceux-ci et à éliminer chaque objet magique caché à l'intérieur de leurs murs, nous pourrons restreindre ses actions et lui forcer la main. »

James soupira tout en faisant courir ses doigts agités au travers de son indomptable chevelure. « J'espère que vous avez raison, Albus, » dit-il doucement. « Pour votre salut aussi bien que pour celui du monde magique. »

« Et en ce qui concerne Harry » s'enquit Lily. « Sera-t-il en sécurité ? Harry a confié à Sirius qu'un homme vêtu d'une robe noire l'avait sauvé. Et si c'était un Mangemort ? Et s'il c'était juste jouer de Harry ? Mon fils sera-t-il en sécurité lorsqu'il sera à l'école ? »

« Je ne vois pas pourquoi il en serait autrement, Lily » assura Albus. « Les Mangemorts ne sont pas miséricordieux, aussi je doute hautement que l'homme qui ait protégé Harry fut un serviteur du Dark Lord. Il devrait donc être en sécurité à son école. De plus, nous savons tous que les cours dispensés à Kwikspell sont élaborés à l'adresse de ceux qui ont des capacités magiques extrêmement basses. Harry n'en a pas du tout. »

James se raidit et les épaules de Lily s'affaissèrent. Le pétillement présent habituellement dans les yeux de Dumbledore diminua sensiblement devant leurs expressions défaites et leurs visages hagards. « Je pense que cela sera tout pour aujourd'hui, » déclara-t-il, poussant sa chaise et se mettant debout. « Harry a besoin de vous maintenant, tout comme Neville. Allez les rejoindre. Si quoique ce soit change, je vous contacterai. »

Les quatre adultes acquiescèrent alors qu'ils murmuraient leurs « au revoir ». Main dans la main, James et Lily partagèrent un regard douloureux avant de pénétrer dans le foyer de la cheminée, des flammes vertes les entourant avant qu'ils ne disparaissent en un instant.


Edit du 18/04/2010: Les fautes les plus évidentes ont été éliminées.