Auteur: Lady Silverwings

Traductrice : Cassis Blake

Disclamer: les personnages appartiennent à J.K. Rowling.


Note: les chapitres 1,2 et 3 ont été revus et corrigés. Les autres le seront prochainement.


Quand Harry ouvrit les yeux le matin suivant, la première chose qu'il vit fut sa mère assise à ses côtés sur le lit, ses doigts déliés lui caressant gentiment les cheveux. Il resta muet tandis qu'il levait la tête pour plonger les yeux dans un regard vert comparable au sien, attendant que Lily parle en premier.

« Bonjour, Harry, » dit elle doucement, un sourire hésitant sur les lèvres.

Harry garda une nouvelle fois le silence. Il avait le désagréable pressentiment de savoir exactement pourquoi sa mère était à ses côtés ce matin là et il ne voulait vraiment pas le voir se réaliser.

« Harry, j'aimerais que nous parlions de ce qui est arrivé l'autre jour, » annonça Lily, confirmant ainsi ses soupçons, la main qu'elle avait dans ses cheveux retraitant dans son giron. « J'ai besoin de savoir pourquoi tu as fait ce que tu as fait à Vernon et Dudley. »

Plissant les yeux, Harry jeta un regard noir à sa mère avant de rouler sur le ventre et d'enfouir sa tête sous une montagne d'oreillers. « Je n'ai rien fait du tout ! » répliqua-t-il d'une voix étouffée.

« Ca Harry, ce n'est pas ce que Pétunia et Vernon nous ont racontés à ton père et moi. Harry, qu'est-ce qui t'a pris de pousser Dudley dans un nid de serpent comme tu l'as fait ? »

Harry se redressa brusquement, ses yeux verts brillant d'indignation. « Je n'ai pas poussé Dudley à l'intérieur du terrarium ! » siffla-t-il entre ses dents.

« Alors comment expliques-tu que Dudley se soit retrouvé à l'intérieur, Harry ? Comment expliques-tu qu'il ait été enfermé dedans ? »

Harry se laissa à nouveau tomber sur le ventre et détourna la tête, regardant le mur d'en face sans le voir. « Je… ne peux pas l'expliquer, » répondit-il. « Mais il n y avait pas de panneaux indiquant que le terrarium allait être nettoyé ! Et je n'ai pas frappé Oncle Vernon. Pas une seule fois ! »

Lily soupira et secoua la tête, troublée et confuse. « Harry, tu sais que ce n'est pas ce qu'ils ont dit, » répondit-elle doucement.

« Alors ce sont eux les menteurs ! » cria Harry, ses poings serrant avec force le tissu des couvertures. « Ce sont des menteurs parce que ce ne s'est pas passé comme cela ! »

« Harry Potter, comment oses-tu me parler sur ce ton ! » s'exclama Lily. « Petunia est ma sœur, jeune homme. Oui, elle peut se montrer froide et sévère, mais elle fait partie de la famille. Elle est tout ce qu'il me reste. Je ne t'autorise pas à parler d'elle en ces termes injurieux ! »

« Mais je n'ai rien fait du tout ! Je ne sais pas comment la vitre a disparu, je le jure ! Une minute elle était là et la seconde d'après elle ne l'était plus ! Comme… comme par magie ! »

Lily regarda Harry avec scepticisme. « Harry, vraiment » le sermonna-t-elle. « Aucune magie n'a été à l'œuvre durant cette excursion au zoo. Aucune. »

« Mais comment peux-tu en être sûre ? » demanda Harry, tournant la tête pour regarder sa mère dans les yeux.

« Parce que toutes les sorcières et sorciers qui étaient coïncidemment présents sur les lieux ont tous consentis à donner leur baguette pour qu'elles soient testées. Pas un seul sort de disparition n'a été utilisé par l'une de ces baguettes, Harry. Donc aucun sorcier, sorcière ou créature magique n'a joué de rôle dans l'accident d'hier. »

Harry plissa les yeux, ses dents mordillant nerveusement sa lèvre inférieure comme ses pensées tourbillonnaient dans sa tête. « Et la magie sans baguette alors ? » interrogea-t-il.

L'inquiétude croissait en Lily devant la persistance d'Harry. Pourquoi niait-il tout avec autant de force ? Pourquoi se focalisait-il avec autant d'insistance sur la magie ? Que se passait-il dans sa tête ? Lily ne savait plus. Elle ne semblait plus connaître…son propre fils.

« Harry, » débuta-t-elle lentement. « Il faut une extraordinairement forte personne pour accomplir avec succès de la magie sans baguette. Même Albus Dumbledore, l'un des plus grands Mage Blanc qui ait jamais vécu, éprouve des difficultés à entreprendre un sortilège complexe de magie sans baguette. Aucun individu de ce type n'était présent dans le sanctuaire des serpents. Aucune personne assez puissante pour faire disparaître la vitre puis la conjurer à nouveau n'était sur les lieux. Et avant que tu ne le demande, aucune magie sans baguette n'a été utilisée contre Vernon. Harry, Vernon a presque eu une crise cardiaque hier. Tu sais que son cœur est fragile en raison de ses problèmes de poids. Le simple fait que tu aies pu envisager de le frapper au torse est tellement… tellement… oh Harry, comment as-tu pu faire ça à ton propre Oncle ? »

Harry grogna tandis qu'il bourrait son matelas de coups de poings. « Je ne l'ai pas touché, » répéta-t-il. « Avez-vous seulement pris la peine de demander aux témoins ce qu'ils avaient vus ? Vous ont-ils dit qu'il m'avait agrippé par le col de ma chemise et m'avait violemment secoué ? Tu m'as entendu ? Violemment secoué !»

« Ce qu'il a fait après que tu aies poussé Dudley dans ce terrarium, prétendant qu'il était vide et en attente d'être nettoyé alors qu'il ne l'était pas. Il y avait un python vivant dans ce terrarium et quand il s'est échappé laissant Dudley prisonnier à l'intérieur, Vernon à réagit instinctivement. Mais que toi tu le frappe avec tes poings c'est tout simplement cruel, Harry. Je ne tolérerais pas ce genre d'attitude à l'égard des membres de la famille. »

« Ils ne nous ont jamais traité comme tels. » rouspéta le jeune garçon.

« Cela suffit, jeune homme. Je ne veux plus entendre un mot sortir de ta bouche. » Les yeux et la voix de Lily se firent sévères tandis qu'elle baissait les yeux sur son enfant. « Petunia est en bas au salon. Vernon est à la maison avec Dudley où ils se reposent sinon ils seraient également présents. Tu vas t'excuser auprès de ta tante pour ton inqualifiable comportement d'hier, est-ce que je me suis bien fait comprendre ? »

Harry hocha la tête à contrecœur, restant silencieux jusqu'à ce que Lily ait quitté la pièce. Puis avec un grognement il ferma les yeux, ruminant intérieurement sur les évènements qui s'étaient produits la veille.

N'aie pas peur, Harry, cajola la voix de Tom dans sa tête. Je suis avec toi.

Je sais, répondit Harry avec gratitude. Il se leva à regret pour aller se laver et s'habiller. Comme il descendait lentement en bas, il s'immobilisa sur l'avant-dernière marche pour observer sa tante qui était assise dans un fauteuil, ses yeux gris lui lançant des éclairs.

Lily se leva de son siège près de la cheminée. « Je vais à la cuisine préparer du thé, » dit-elle avant de quitter rapidement la pièce.

Harry resta où il était, ses yeux scrutant la femme auquel il était lié par le sang. Il ne pouvait pas comprendre pourquoi elle proférait des mensonges aussi horribles à propos de ce qui était arrivé. Le haïssait-elle tellement ? Qu'avait-il fait pour mériter d'être traité aussi durement ? Harry voulait des réponses et il les voulait maintenant.

« Pourquoi ? » s'enquit-il abruptement. « Pourquoi avez-vous menti ? Vous savez ce qui s'est vraiment passé. Vous connaissez la vérité. Alors pourquoi mentir ? »

Petunia renifla et releva la tête d'un air hautain. « Parce que tu es un monstre, tout comme ta mère, » cracha-t-elle. « Pensais-tu vraiment que nous dirions la vérité ? Que tu avais d'une quelconque manière enchanté cette vitre pour la faire disparaitre et puis ensuite attaqué Vernon avec ta magie ? Tu aurais été congratulé si nous l'avions fait. »

Harry ouvrit la bouche pour arguer une fois de plus qu'il n'avait pas touché Vernon de cette manière. Si la vitre avait bel et bien disparu par sa faute, il l'ignorait vraiment. Sa mère avait dit qu'il fallait une personne extraordinairement douée pour la magie pour pratiquer celle-ci sans baguette. Il venait à peine de débloquer sa seconde barrière mentale, alors cela ne pouvait raisonnablement pas être lui, pas vrai ?

« Non, non, nous devions nous assurer qu'un garçon aussi dégoûtant que toi reçoives son juste châtiment, » poursuivit Petunia. « Nous savions que si nous racontions que tu avais usé de la magie rien n'arriverait. Rien de mauvais. Tu serais félicité, complimenté. Alors nous avons exposé les choses sous une lumière différente. Une qui assurerait au petit monstre que tu une punition amplement méritée ! »

« Pourquoi haïssez-vous autant la magie ? » questionna curieusement Harry. « Pourquoi me traitez-vous de monstre ? »

« Parce que tu n'es pas normal, » répondit Petunia d'une voix moqueuse. « Il n'est en rien normal d'agiter un bout de bois et de provoquer des choses. Je vois la magie pour ce qu'elle est vraiment. Un ramassis de non-sens ! Mais non, tout ça est merveilleux aux yeux de Lily. C'était aussi merveilleux aux yeux de nos parents. C'était incroyable que l'une de leur fille puisse faire quelque chose de si stupéfiant en marmonnant quelques mots. Quelle idiotie ! Je vois Lily comme un monstre. Son mari est un monstre. Et maintenant toi. Tu ne vaux pas mieux qu'eux ! Un monstre ! »

Quelle moldue malveillante ! siffla Tom d'une voix venimeuse. Elle ne mérite pas une mort rapide et sans douleur ! Elle mérite d'agoniser pendant des heures sous la torture d'une baguette ! Comment ose-t-elle te parler de cette façon !

Non, Tom, plaida le jeune garçon. Ne fais pas ça…

Harry prit de profondes bouffées d'air, ses poumons semblant être en manque d'oxygène. Une partie de lui était choquée par la haine dévorante de sa Tante Petunia envers la magie. Mais ce qui était pire encore c'était la part de lui qui comprenait parfaitement les sentiments de celle-ci. Dans un moment de sagacité bien au-delà de ce qu'on était en droit d'attendre d'un enfant de six ans, Harry pu se voir arborer les mêmes émotions. Si Lily et James avait eu un autre enfant, un enfant qui se serait dés le début montré doté de magie, Harry pouvait imaginer leur amour et leur dévouement se tourner vers cet enfant si spécial. L'enfant qu'il aurait dû être depuis le début. Il pouvait comprendre la jalousie, le ressentiment que Petunia avait certainement éprouvé en grandissant dans l'ombre d'une sœur sorcière. Il pouvait voir comment un simple don, accordé à Lily et refusé à Petunia, avait pu tourner une enfant insouciante en adulte amer.

Aux yeux d'Harry, sans Tom et son apparition dans sa vie, il était en train de contempler la personne qu'il serait devenu dans vingt ans.

Harry… chuchota Tom d'une voix douce, sentant la tristesse et le sentiment de solitude de l'enfant.

J'aurais pu être comme elle, Tom, dit Harry. J'aurais pu être comme elle en devenant adulte. Je… je ne peux pas la détester pour la manière dont elle perçoit la magie, après qu'elle ait vécue toute sa vie privée d'un tel cadeau.

Helga Pouffsoufle avait raison de te qualifier 'd'être extraordinaire doté d'une âme charitable', Harry Potter, dit Tom. Je n'aurais jamais pu pardonner à une âme aussi corrompue que Petunia Dursley car pour ma part, je suis incapable d'éprouver une telle émotion.

Alors c'est une bonne chose que je sois là, pas vrai ? tenta de le taquiner Harry. J'ai assez de compassion pour nous deux.

La chaleur du rire de Tom fit écho dans l'esprit d'Harry. Il reporta son attention sur Petunia, voyant au-delà de son attitude froide et voyant l'humain fragile qui avait désiré un amour inconditionnel et une reconnaissance égal de ses parents, deux choses qui ne lui avaient jamais été données.

« Pour ce que ça vaut, » déclara doucement Harry, « Je suis désolé. »

Petunia renifla à nouveau, bien qu'avec un peu moins d'emphase cette fois. Pendant un moment, quelque chose sembla passer dans les yeux de son petit neveu. Quelque chose d'indescriptible et d'ancien. Pendant un bref instant, Petunia se sentit comme si toutes ses barrières avaient été abaissées et que son âme était dévoilée à un enfant beaucoup trop mature pour son âge.

« Je vais m'en aller maintenant, » annonça-t-elle en se levant avant de se diriger vers la porte. « Je vais dire au revoir à Lily avant de partir. »

Harry inclina légèrement la tête, en signe de révérence à la femme.

Je crois toujours qu'elle mérite d'être châtier, déclara Tom d'un ton sardonique.

Oh ? Harry rit tout bas comme il remontait lentement vers sa chambre, captant le bruit léger de voix féminines s'élevant de la cuisine.

Oui. Je connais un sort formidable qui implique un grand quota de souffrance et de peine. C'est l'un de mes sortilèges préféré, je peux t'en assurer.

Oh seigneur. Et quel est ce sort si monstrueusement douloureux que tu souhaites le pratiquer sur ma Tante ?

On l'appelle 'Le Sortilège du Cruciatus', Harry mon garçon. Est-ce que le nom en lui-même ne sonne pas positivement vicieux ?


C'est la traduction du dernier chapitre en ligne dans la version originale. J'ai adressé à l'auteure plusieurs messages visant à savoir si elle comptait continuer un jour cette fic ou si elle l'abandonnait, demandant le cas échéant si je pouvais poursuivre l'histoire en français, mais je n'ai toujours pas eu de réponse alors prenons notre mal en patience.