Titre : Maison
Auteur : Nandra-chan
Disclaimer : Les personnages de cette fic appartiennent à CLAMP
Note : La fin pour cette session, avec le mot était "Maison"
Pour me faire du bien ou du mal, on clique en bas au milieu et on écrit des choses dans le petit rectangle. On n'oublie pas de se loguer si on veut recevoir une réponse :)
Maison
Fye était dans le jardin, au sommet de la colline, en train de repiquer des œillets, lorsque tout à coup, un bruit le tira de ses occupations. Une sonnerie de téléphone, là, en bas. Mais c'était loin ! Jamais il n'aurait le temps de répondre ! Il se redressa brusquement, l'élança, se prit les pieds dans une ficelle... et faillit bien piquer du nez dans les plants de haricots !
Heureusement, il était trop souple et agile pour se laisser avoir par ce genre de mésaventures. "Haha ! Vous y avez cru hein !" lança-t-il triomphalement à ses plantes. "Eh ben loupé !" En quelques grandes enjambées, aidé par la déclivité du terrain, il atteignit la maison aux murs bleus et s'engouffra dans le couloir, dont la porte était, fort heureusement, restée ouverte, sans quoi il n'aurait jamais pu s'arrêter à temps et il aurait fini encastré dans le battant.
Courant toujours, il traversa le petit vestibule, dérapa sur le carrelage, et se retint au chambranle de l'entrée du salon pour négocier un tournant un épingle à cheveux. Quand il fut dans le bon alignement il lâcha tout, et termina son parcours en une longue glissade qui l'amena pile devant le meuble ou trônait un vieux téléphone à la sonnerie stridente, qui lui cassait les oreilles, à vrai dire. Il décrocha dans la foulée. "Allôôôôô !" lança-t-il en vacillant, dangereusement près de s'effondrer.
"Coucou Fye, c'est Tomoyo !
- To-chan ! Ça va ?
- Très bien, merci. Et toi ? Tu as l'air tout essoufflé.
- C'est que j'ai couru depuis le jardin pour répondre. J'avais envie de te parler !
- Menteur !" fit la jeune fille en riant. "Mais en fait, moi, je ne veux pas te parler.
- Ah bon ?" répondit le blond d'un ton enjoué. "Ce n'est pas gentil ça. Et si tu ne veux pas me parler, alors pourquoi m'avoir appelé ?
- Parce que Kurogane n'osait pas t'appeler, alors j'ai fait le numéro pour lui !" Derrière elle, une voix virile brailla quelque chose de pas trop aimable.
"Halala", fit le blond, "je reconnais bien là notre Kuro-pon. Il est tellement timide !
- Oui, si timide !" approuva Tomoyo, déclaration qui fut suivie par un nouveau beuglement, des bruits incongrus, un "je te le passe" lointain, et un "Allô !" digne de l'aboiement d'un dogue.
"Bonjour, Kuro-chan !
- Euh... Ouais... Salut." Et ce fut tout. Le silence. Fye attendit un instant puis, devant la mauvaise volonté manifeste de son interlocuteur, décida de prendre l'initiative. "Tu avais quelque chose à me dire ?
- Ouais. Enfin non.
- Décidément, c'est de famille ! Et tu ne veux pas me dire ce pour quoi Tomoyo m'a appelé, en me disant que tu voulais me dire quelque chose alors qu'en fait tu n'as rien à dire ?
- Hein ?" Le blond se retint de rire. "Pourquoi est-ce que Tomoyo voulait que tu me parles ?
- Ah ! Eh ben, elle voulait que je te dise qu'elle t'invitait à manger ce soir. Enfin, si t'as envie.
- Tu m'invites à manger ?
- Non, elle !
- Ah. Alors tu ne m'invites pas ?
- Non, c'est Tomoyo.
- Ah," fit Fye, d'un ton plus neutre. "Donc elle m'invite, mais tu ne veux pas que je vienne.
- Quoi ? Mais si !
- Ah ! Donc tu m'invites ! Tu veux que je vienne manger chez vous !
- Bah, oui. Enfin c'est pas que je veux, c'est que si t'as envie, tu viens.
- Mais ça ne te ferait pas plaisir.
- J'ai pas dit ça.
- Alors tu serais content !
- Grrrrrrrrr ! Bon, t'as fini de faire le con ! Ramène tes fesses et viens bouffer à la maison ! Point !" Et le brun raccrocha le téléphone violemment, ce dont son ami ne s'offusqua absolument pas, bien au contraire, car il adorait faire tourner Kurogane en bourrique.
Et donc, deux heures plus tard, ce fut un Fye d'excellente humeur et presque en pleine forme qui sonna à la porte de la famille Suwa à l'heure du repas du soir. Tomoyo lui ouvrit et l'invita à entrer, et il passa dans le couloir en boitillant légèrement, car il s'était fait une bonne petite élongation pendant ses galipettes dans les haricots.
"Salut, Kuro-chan ! lança-t-il joyeusement au grognon qui était vautré dans un fauteuil, en pleine partie de Mario Kart.
- 'lut", répondit le brun, en lui jetant un bref coup d'œil. Peach en profita pour lui faire un coup sournois, et envoyer son Toad dans le décor. "Et m... !" Kurogane posa sa manette, éteignit sa console, se leva, et posa un regard scrutateur sur son invité, qui aidait sa soeur à disposer des verres et des amuse-gueule sur la table basse du séjour.
"Tu boites.
- Ce n'est rien. J'ai été attaqué par un pied de haricots.
- C'est pas rien, puisque t'as mal.
- Oui, mais tu devrais voir le haricot ! " Le brun lui adressa un gros sourire de prédateur.
"T'y as foutu une raclée ?
- Et comment ! Il n'est pas près de recommencer.
- C'est bien, je suis fier de toi !" fit Kurogane en lui ébouriffant les cheveux au passage. "Tu bois un truc ?"
Tomoyo, qui les observait depuis la porte de la cuisine, leva les yeux au ciel - les mecs...! - et retourna faire une fournée de petits toasts. Quand elle eut terminé, elle les arrangea sur une assiette et alla les déposer sur la table. "Voilà, les garçons", dit-elle. "Bon, moi je vous laisse, j'ai rendez-vous avec Sôma, on va au ciné ! Il y a Titanic 3D, on va pleurer un coup entre filles. Le repas est dans le four, vous n'avez plus qu'à vous servir. Amusez-vous bien !" Elle tourna les talons et disparut dans le couloir, avant que personne n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit.
Elle n'était pas mécontente de son idée, elle était même très fière ! Inviter Fye ce soir était tout simplement génial ! Une brillante réflexion issue de son machiavélique cerveau de petite sœur ! D'abord, comme ça, elle aurait sa soirée de libre. Kurogane était gentil comme grand frère, mais parfois, ce qu'il pouvait être vieux jeu ! Il ne la laissait jamais sortir seule, de peur qu'il lui arrive quelque chose. Cela partait d'une bonne intention, mais elle était une grande fille maintenant et il lui arrivait de le trouver... étouffant.
Et puis, depuis que les parents de Fye et son frère avaient disparu, l'année dernière, dans un accident de voiture, le jeune homme n'était plus leur voisin de palier. Il s'était acheté une petite maison à la campagne avec un jardin, parce qu'il aimait les plantes. Bien sûr, ils allaient souvent le voir, et il venait parfois à la maison, mais ce n'était plus comme avant quand il était toujours fourré chez eux. Et quand ils ne se croisaient pas de plusieurs jours, son frère devenait carrément grognon. Il faudrait bien qu'il admette, un jour ou l'autre, que ses sentiments pour le blond allaient au-delà d'une simple amitié entre voisins de palier ! Mais il était si... si... Kurogane ! C'était difficile de lui tirer les vers du nez.
Alors elle espérait bien que ce soir, un ou deux verres - ou une ou deux bouteilles - d'apéritif aidant, il allait se décoincer un peu. On verrait bien !
Elle passa une bonne soirée, avec ses amies Sôma et Sakura, ainsi que sa grande soeur, qui était venue avec son compagnon. Après la séance de cinéma où elles avaient toute pleuré comme des madeleines, parce qu'il fallait bien ça, elles firent un tour en ville, s'attardèrent dans un café, s'offrirent une glace italienne, se promenèrent dans les endroits les plus passants, très animés à cette saison, et finalement, ce fut à une heure indue que la jeune fille rentra chez elle.
Elle se glissa dans l'appartement sur la pointe des pieds. Tout était obscur et silencieux. Seule la télévision, qui était restée allumée, projetait une lumière diffuse. Pas très intense, cependant, car le programme qui passait était Alien, et on n'y voit pas beaucoup, à bord du Nostromo. Deux paires de pieds entrelacées dépassaient du canapé.
Tomoyo sourit, et gagna sa chambre avec un petit geste et un "oui!" triomphant. Ce qu'elle était maline, tout de même ! Elle aurait bien mérité une médaille, tiens !
