Chapitre 2 – début de soirée

La nuit est tombée depuis quelques heures. Les familles regardent le film du soir à la télévision. L'enseigne de l'unique motel de la ville clignote dangeureusement menaçant à tout moment de rendre l'âme. La chambre de Scully est mitoyenne de la leur. Mulder a choisi le lit le plus proche de la porte et de la salle de bain. Il a tombé veste et cravate mais garde son arme de service. Jack est sous la douche. Le capitaine Jack Harkness. Son sac de voyage jeté en travers de son lit et bien tentant pour en savoir plus. Mais il y a forcément un piège pour qu'il l'ai laissé à disposition de la curiosité de Mulder. Grand comme une valise standart mais en toile noire étanche et à l'épreuve des lames. Sur la poignée le nom "TORCHWOOD" en relief. Aucune serrure visible aucune ouverture. Etrange.

_ Tu as essayé ?

_ Quoi ? Dit en sursautant Mulder en se retournant.

_ De l'ouvrir, précise malicieusement Jack en se séchant les cheveux à l'aide d'une serviette du motel. Torse nu, la peau humide et un sourir de tombeur aux lèvres il passe devant Mulder pour rejoindre son lit. L'américain est suffisamment malin pour être exaspéré par les phrases à plusieurs niveaux de Jack. Du coup ce dernier passe une excellante journée à la faire tourner bourrique.

Confortablement calé dans ses oreillers Jack pousse un soupir de satisfaction. Il fait rouler ses muscles sous sa peau douce et tiède. Les mains derrières la tête il observe l'agent spécial Mulder. Un physique avantageux, 33 ans, une coupe de cheveux net mais avec quelques épis attendrissants au sommet du crâne qui donne envie de l'ébouriffer. Une peau claire mais pas assez claire pour virer au rouge cramoisie instantannément comme le fait celle d'un Gallois géné. Son fantasme du moment les Gallois et Galloise rougissants. L'univers lui offrira forcément ce cadeau sur un plateau d'argent un jour ou l'autre vue qu'il est immortel. Peut-être l'un des petits enfants de Mulder et Scully ? Si ils réalisent enfin qu'ils sont amoureux l'un de l'autre. Intellectuellement ils sont des flèches mais sentimentalement des corniauds.

Penché sur son ordinateur portable Mulder n'arrive pas à se concentrer. Le regard de Jack est dès plus pesant. Et l'odeur de Jack lorsqu'il l'a frollé en sortant de la douche a eu un effet incompréhensible sur lui accélérant son rythme cardiaque et inondant son esprit d'un sentiment de sécurité dans le même temps. Plus moyen de fixer l'écran sa vue se brouille. Il a peut-être de la fièvre ? Hypocondriaque lui ? Oui. Bien que personne ne doive l'apprendre jamais surtout pas Scully ou encore pire Jack. Il bondit sur ses jambes claque la porte de la salle de bain derrière lui. "_ Un problème ? Agent Mulder ? " entend-t-il venant de la chambre. Il ouvre les robinets de la douche pour avoir la paix. Les deux mains accrochées au rebord de l'évier il scrute son reflet dans le miroir. Normal. Le blanc de l'oeil un peu trop brillant peut-être ? Non. Qu'est-ce qui cloche ?

_ Fox ?

_ Quoi ? Je prends une douche.

_ Non. Tu fais juste couler de l'eau et tu es toujours habillé.

Mais quel pot de colle exaspérant !

_ Je vais prendre une douche, rectifie-t-il d'une voix la plus neutre possible.

"Froide" poursuit-il mentalement en prenant conscience soudain du pourquoi de l'accélération des battements de son coeur.

_ Bonne branlette ! Je vais aller à pied au Pub GREEN. Toi et Scully venez m'y rejoindre lorsque tu auras fini.

Il sait ? Ou "bonne branlette" est une expression toute faite anglaise comme enculé ou bordel ailleurs ? La honte. Mulder est effondré.