Disclaimer: Les personnages ne sont pas à moi!
Voici la suite! J'espère que vous l'attendiez avec impatience! Attention, il y a un petit cadeau en fin de chapitre! Avis aux petites perverses… Quoi? Mais je n'ai rien dit qui pourrait justifier le rating T! je vous laisse le découvrir!
Je remercie Zangyaku-sama qui m'a dit que j'avais respecté les caractères des personnages. Désolé si à partir de ce chapitre, les caractères commencent à prendre leur envole.
Merci à Naifu-Sasu pour le suivi puis merci à Zangyaku-sama et Guest qui m'ont laissé les premières reviews! Ca m'a fait très plaisir! Continuez à me soutenir s'il vous plait m(_ _)m
Bonne lecture à tous! ^^
Le camp Jigoku
Chapitre 2
Un silence pesant plana entre Kuroko et Kagami durant le transport de l'eau vers le cottage. Chaque groupe avait une mission spécifique. Certain allait cherchait du bois, d'autre le coupait, et eux allaient chercher de l'eau, et ainsi de suite à n'en plus finir. Riko était très imaginative sur le coup et les entrainements presque insolites ne manquaient pas. Voilà déjà deux aller-retour que le silence régnait en maître entre eux. N'en pouvant plus, le tigre décida de briser ce silence. Il aurait du ce taire.
- Tu…tu te fais souvent plaquer contre un mur par un gars?
Quel idiot! Il n'avait pas de phrase plus intelligente que celle là? Kuroko allait penser qu'il avait des idées bizarres en tête! Déjà qu'il manquait de tact mais alors là, il sautait à pied joint dans le tas. Il se maudissait intérieurement quand il reçut une réponse des plus surprenantes.
- Ca m'est souvent arrivé…au collège…
- H-hein?
Il avait juste dit une bêtise mais… C'était vrai? Il ne l'aurait quand même pas obligé implicitement à raconter quelque chose de gênant quand même! Il était vraiment le pire! Bon, il était vrai que Kuroko était petit, qu'il était mignon, qu'il était… Non! Pas mignon! Qu'est-ce qu'il disait enfin? Il continua ses insultes à son encontre quand il aurait mieux fait de tourner sept fois sa langue dans sa bouche.
- A-ah bon? P-par des mecs? Et la fille? Je suppose que la fille rose aussi, elle…
Mais pourquoi continuait-il à raconter des bêtises? Et il se mettait à parler de filles aussi? Il était vraiment un idiot! Il était un vrai Bakagami! Il ferait mieux d'arrêter les frais avant de dire quelque chose qu'il regretterait par la suite!
- D-désolé! Oublie tout ce que j'ai dis! C'était…
- Seulement par Aomine-kun. Quand à Momoi-san, elle ne faisait que se coller à moi. Un peu comme à la piscine la dernière fois.
Ca ne l'étonnait pas de cette fille. Elle était bizarre. Hein? Il avait bien entendu? Par Aomine? Ce mec avait osé? Mais quel était leur relation? Il voulait savoir, mais il ne voulait pas savoir. C'était dur de choisir. Mais en même temps, il ne pouvait quand même pas demander… Enfin, lui, il n'allait pas plaquer Kuroko contre un mur pour le mettre à l'ombre. Arg! Il pensait à n'importe quoi! Quel idiot. Idiot! Idiot! Idiot! Arg! Il grogna intérieurement. Et voilà, maintenant il le regrettait. Il n'aurait pas du écouter leur conversation. Il n'arrêtait pas de penser à des choses bizarres.
- Kagami-kun.
- H-hein? Dit-il simplement, prit de court.
- Quand j'étais à Teiko… commença-t-il sérieusement.
- Désolé Kuroko! Je voulais pas te forcer la main ou quoi que ce soit! T'es pas obligé!
Kagami agita ses bras, paniqué, mais Kuroko maintenait sa mine sérieuse. Le rouge arrêta de s'agiter et dévisagea son partenaire une seconde. Il arrêta de faire l'idiot, ça ne pouvait que lui faire du bien, et proposa de s'assoir dans un coin à l'ombre. Ils étaient en milieu d'après-midi et le soleil était encore haut dans le ciel. Il resta silencieux, ne voulant pas brusquer son ami. Il avait fait assez de bêtise comme ça.
Il avait beau dire cela, il avait lancé la conversation. La gêne se lisait sur son visage. Kuroko voyait bien que le rouge était troublé. La preuve, celui-ci avait multiplié les maladresses, encore plus que d'habitude. Après tout, ça faisait deux fois qu'il le voyait dans une position pas très reluisante. C'était compréhensible. Il devait le rassurer, mais comment? Il devait faire quelque chose, mais quoi? S'il lui disait la vérité, alors… Peut-être que… Plutôt que de le laisser ainsi, cela vaudrait-il mieux l'éloigner de lui? Mais la coach voulait tout faire pour les rapprocher. Alors peut-être que… Et si…
- Aomine-kun est…enfin était…mon…
Kagami déglutit. Qu'allait-il lui dire? C'était bien la première fois qu'il hésitait autant. Il sentait que c'était vraiment, vraiment important. Une véritable révélation. Il devait être fort. Il accepterait Kuroko quoi qu'il arrive! Et peu importe s'il…
- …petit ami, lâcha Kuroko dans un murmure.
- Ah! D'accord! C'était ton p-
Le tigre resta bloqué sur le mot. Avait-il bien entendu? Non, y avait une erreur quelque part. Par petit ami, il entendait par là, sa taille? Ce n'était pas bien difficile d'être pus grande que le numéro onze de Seirin, mais quand même… Arg! Il se voilait encore la face! Pas question de reculer!
- Tu veux dire euh…comme…comme un garçon et une fille qui sortent ensemble? Mais…entre deux garçons?
- Ca te choque? Lâcha Kuroko, déçu.
Kagami était prit au dépourvu. Et surtout, c'était quoi cet élan de faiblesse devant lui? Il voulait sa mort ou quoi? Cet imbécile avait le don de le titiller ces derniers temps. Mais il n'aurait jamais imaginé quelque chose dans ce genre là. Il fallait dire aussi que ce n'était pas quelque chose que l'on criait sur tous les toits non plus. Mais alors… Ca voulait dire que le bleu lui faisait confiance à tel point qu'il lui révélait des choses si intimes? Il était touché. Ainsi, Kuroko était de ce bord là… Donc… Il rougit furieusement. Qu'avait-il pensé de lui dans le bain ou même dans le lit? Et s'il jamais le jeune homme avait des vue sur lui? Il espérait qu'il n'était pas déçu… Bakagami! Mais à quoi pensait-il! Il revient à la réalité. Il avait cru sentir de la peur dans sa voix. C'était évident que ça ne serait pas évident à avouer. Et lui, il pensait à des choses presque obscènes. Baka. Il se devait de le rassurer.
- Pas tant que ça. Commença-t-il avec une voix calme. Tu sais, aux États-Unis, j'ai appris à avoir l'esprit ouvert. Des mecs qui s'embrassent, y a pas de quoi en faire tout un foin. Pas comme vous, les petit japonais qui n'osez même pas faire la bise pour ce dire bonjour!
- C'est les occidentaux qui font ça, lâcha-t-il d'une voix boudeuse, et rajouta, et toi aussi, tu es japonais.
Il était soulagé que le tigre ait réagit ainsi. Il n'y aurait pas cru. C'était assez inattendu. Surtout que cela ne faisait que quelque mois qu'ils se connaissaient. Il aurait du faire plus confiance à son partenaire.
Taiga vit un petit sourire s'étirer sur les lèvres de son équipier. Qu'est-ce qu'il ne ferait pas pour lui? Enfin… Il avait enfin rattrapé sa bêtise. Soulagé, il prit ensuite la main de Kuroko dans la sienne. Celui-ci était surpris. Il lança un petit regard au fauve quand celui-ci leva leur bras devant eux, montrant ainsi leur main jointe. Gêné, le jeune homme essaya de retirer sa main, sans succès. Le rouge avait de la poigne.
- Tu vois ça? Y a rien de gênant!
- Si quand même.
- Hein?
Sans pour autant rompre le contact de leurs deux mains, avec sa main libre, Kagami utilisa l'autre pour l'aplatir sur la tête de l'homme invisible. Ouais, bonne tactique. En se tenant la main, il y avait beaucoup moins de risque que celui-ci disparaisse en détachant son regard de lui. Mais non! A quoi il pense encore?
- Bon, on voit pas souvent des mecs se tenir la main dans la rue mais c'est pas interdit que je sache! Et c'est moi qui devrais être le plus gêné! C'est pas moi qui vient de recevoir un coming-out, alors pourquoi tu…
- Merci, Kagami-kun.
L'ombre était apaisé. Le dunker de Seirin détourna la tête, les joues un peu rouges, mais il ne lâcha pas pour autant la main qu'il tenait fermement. Il serait là pour lui en cas de besoin. Il était sa lumière, non? Il était donc impossible qu'il se détourne de son ombre. Puis, il se rendit compte d'une chose. Ces mains qui lui envoyait habituellement le ballon, si puissante, tel un magicien, étaient incroyablement petites comparer aux siennes. Il soupira discrètement. Au loin, caché dans les arbres, une tête bleu foncée rageait. Une aura noire sembla l'entourer. Il ne l'admettrait jamais. Kuroko était sa propriété. Il frappa de toutes ses forces dans le tronc d'arbre devant lui avant de disparaitre comme il était venu.
Leur pause fut de courte durée. Le tigre relâcha à regret un peu trop rapidement la main de Tetsuya en voyant la petite Riko leur fonça dessus avec une tête à faire peur au grand roi des démons. Ils se firent réprimander et leur entrainement fut redoublé, voir triplé, au grand malheur de nos deux comparses. Ils allaient mourir avant la fin de l'été.
La nuit venue, dans la chambre que partageait le duo fétiche de Seirin, l'ombre s'assit au bord du lit, sans se coucher. Kagami s'installa, essayant de laisser une petite place tout de même, et s'apprêta à rejoindre le pays des rêves quand il vit que son camarade toujours assit. Vu leur programme du lendemain, il valait mieux se coucher tôt.
- Oï ! Kuroko?
- …Dis, Kagami-kun… Interrogea Kuroko, pensif.
- Hum?
- Cette après-midi, tu as parlé de coming-out mais…
- Hum?
- Quoi? Il aurait encore fait une autre bêtise? Vraiment? Combien de fois avait-il mit les pieds dans le plat aujourd'hui? Il avait vraiment besoin de dormir. Son cerveau ne fonctionnait plus correctement.
- Je ne suis pas gay.
- Hein?
- Je ne suis pas spécialement vraiment attiré par les hommes. C'est juste qu'à l'époque, c'était Aomine-kun.
Il n'était pas gay mais il a aimé un homme. C'était quoi ce monde à l'envers? Il ne comprenait plus rien! Il avait déjà trop réfléchit aujourd'hui. Donc, s'il résumait bien, Kuroko n'aimait pas les hommes mais puisque c'était ce Aomine, il s'est dit d'accord, je vais le faire? Non, ce n'était pas exactement comme ça mais…
- Donc tu aimais Aomine? Essaya de clarifier Kagami.
- Comment dire… Oui et non… Enfin… A l'époque…
Il n'allait quand même pas lui raconter ça quand même? Si? Le numéro dix était assez ouvert mais pas à ce point là… Si? Mais c'était assez gênant à raconter. Ce n'était vraiment pas très…glorieux. Et puis, il avait fait assez de révélation pour la journée, non? Il jeta un coup d'œil à Kagami qui était accroché à ses lèvres. Il voulait savoir la suite. Il soupira. Mais si sa vision de lui changeait, qu'est-ce qu'il ferait? Allait-il détruire un nouveau duo?
- Kuroko? Si tu veux pas…
- Ca va. A l'époque…
A l'époque, dès leur première année, la relation entre Aomine et Kuroko était purement amicale, sans rien de plus. Ils s'entendaient particulièrement bien sur le terrain. Et même si rien ne les réunissait, ils partageaient une même passion: le basket. De temps à autre, le bleu ciel sentait un regard qui le suivait, sans jamais se détacher de lui, mais sans plus. Il se surprit même à suivre ce regard. Et sans s'en rendre comte, lui aussi cherchait son regard. Il n'espérait pas beaucoup de chose, surtout qu'ils étaient deux hommes. Il s'était dit que, dans une sorte de défi personnel, son partenaire voulait voir combien de temps il pouvait le suivre des yeux avant de disparaitre de son champ de vision. Une sorte de jeu. Une sorte d'entente implicite, à savoir qui gagnerait à la fin.
Puis Kise était arrivé dans le club. Son attitude familière l'avait un peu perturbé au début, mais sans plus. Et le regard qui le suivait devint moins intense, commença à se détacher de lui. Il avait vu se rapprocher les deux joueurs et il avait deviné qu'il y avait quelque chose de plus entre eux. Plus que ce qu'il partageait avec sa lumière. Il s'était détourné de lui. Était-il trop ennuyeux? Mais tout cela n'était que supposition. Sans jamais avoir de prouver pour appuyer ses dires. C'était juste…un pressentiment. C'est cela. Une sorte de pressentiment.
Puis un jour, après leur entrainement, alors qu'il rangeait le matériel avec le champion de Teiko, celui-ci le surprit sur tous les plans, détruisant toutes ses dernières hypothèses et autres idées farfelues.
- Tetsu.
- Oui, Aomine-kun?
- Je t'aime.
- Moi aussi, Aomine-kun.
- Non. Pas comme ça. Je veux dire…comme…comme Satsuki t'aime. C'est pareil. Je t'aime.
Kuroko arrêta son geste, stupéfait, et se retourna face au bronzé qui était d'un coup droit comme un pique, d'un autre, tordu pour essayer d'être décontracté. Il était également rouge, embarrassé. L'ombre laissa tomber son ballon au sol, ne sachant pas comment réagir. Puis, il se ressaisit, ramassa le ballon et le mit dans le bac qui lui était attribué. Une fois le dos tourné, il rougit. Il se rendit soudain compte de ce que ces mots voulaient dire. Aomine-kun? De lui? Qu'est-ce qui avait prit à Aomine-kun de lui dire une chose pareil? Il était pourtant…avec Kise-kun…
- Tetsu?
- Ah euh… Désolé. Aomine-kun… Je…
- Tu-tu n'as pas besoin de me répondre tout de suite!
Le voilà à présent qui s'agitait. Même s'il ne le voyait pas, il pouvait le sentir derrière son dos. Jusqu'à quand allait-il rougir comme cela?
- … Je peux comprendre que tu sois dégouté de recevoir la déclaration d'un mec comme moi mais…
- Euh…non…enfin… Je pensais que…enfin…que c'était plutôt…toi et Kise-kun…
- Ki-
Aomine s'arrêta en plein milieu de sa phrase et rougit. Il lâcha un long râle exaspéré. Il s'avança lentement, laissant le silence s'imposer. Ses pas résonnaient dans la réserve. Avançant doucement. Une fois à un pas derrière son ombre à lui sur le terrain de basket, il passa son bras sur sa bouche, essayant de cacher un peu sa gêne. Ce Tetsu alors! Que s'était-il imaginé? Puis, il franchit le dernier pas et se rapprocha de Tetsuya. Il l'encadra de ses bras puissants en tenant le bac devant lui. Il posa sa tête contre le dos de celui qu'il aimait. Il n'osait pas faire plus.
- C'est toi que j'aime, Tetsu. Pas Kise.
Kuroko ne bougea pas. Il pouvait sentir la chaleur d'Aomine qui l'entourait. Bien qu'il n'y ait que sa tête contre lui, il sentait incroyablement fort sa présence auprès de lui. Son cœur commença à s'emballer. Pourquoi? Il espérait que cela ne s'entendait pas.
- Tetsu… Chuchota le plus grand.
Aomine se redressa. Il tourna doucement Kuroko face à lui. Celui-ci était rouge, embarrassé. Il ne savait pas comment réagir. Ce n'était pas une simple question d'aimer ou pas. Il venait de recevoir sa première déclaration. Momoi était un cas à part. Mais ce qu'il voulait dire, c'était que…ce n'était pas n'importe qui! C'était Aomine-kun! Ce n'était pas que cela le dérangeait, ou si, mais…
- Sois ma lumière, Tetsu.
- Aomine-kun. Parfois tu es un idiot. Je suis un homme de l'om-
Tetsuya fut coupé par un chaste baiser. S'il l'avait vraiment voulu, il aurait pu le repousser. Mais il ne s'en sentait pas capable. Il finit par s'abandonner dans ses bras, se laissant porter par le courant. Finalement, les regards furtifs avaient fait évoluer certaine chose entre eux. Et en tant qu'ombre, il se devait de suivre sa lumière. Alors en fin de compte, il…
- Donc, tu l'aimais.
Kuroko se retourna vers Kagami qui avait les bras croisés derrière la tête. Pas la peine de se prendre la tête avec lui. Il ne pensait pas aller aussi loin dans les révélations. Mais une chose en entrainant une autre, il avait finit par lui raconter tout cela.
- Je me suis d'abord laissé emporter par sa lumière. Et sans m'en rende compte, je me suis retrouvé à la suivre. Il brillait tellement que je me sentais capable de tout avec lui.
Kagami resta songeur. Il ne voyait pas ce qu'il pouvait répondre à cela. Kuroko était-il du genre à se laisser influencer aussi facilement? C'était vrai que depuis qu'ils se connaissaient, le joueur avait tendance à s'enflammer comme lui, en moins démonstratif mais les intentions étaient là. Puis ses pensées dérivèrent. Si tout semblait aller bien, pourquoi ont-ils…
- Mais lors de notre dernière année de collège… Reprit Kuroko avec douleur.
Aomine-kun avait commencé à changer. Impossible de le raisonner. Il perdait goût au basket. Il se montrait supérieur. Il s'ennuyait. Même s'il était heureux d'être avec Kuroko, celui-ci sentait bien le fossé entre eux. Il n'y avait plus cette flamme qui les reliait à leur début. C'est pourquoi, après avoir murement réfléchi au problème, il prit sa décision. Avec douleur. C'est pourquoi le jour où ils étaient les derniers dans les vestiaires, il choisit d'affronter le problème de face. Il allait mette fin à ses tourments. Les autres de la génération miracle avaient pris les devants et les attendait à l'extérieur. Il était temps de se lancer.
- Daiki.
- Hum?
Tetsuya prit l'habitude de l'appeler par son prénom, le bronzé avait fortement insisté sur ce point, seulement quand ils étaient seuls. Il était plutôt du genre réservé, que ce soit niveau social ou vie privée. Après tout, il était une ombre. Il ne voyait pas pourquoi il aurait besoin d'étaler sa relation si cela n'était pas nécessaire, notamment par rapport aux autres joueurs de Teiko. Et si cela affectait leur jeu? Impossible. Et puis, assumer une relation homosexuelle devant les autres n'était pas chose aisée. Surtout au collège.
- Arrêtons-nous là.
- Hein?
Daiki se retourna vivement, ne prenant pas la peine de remonter la fermeture éclaire de son pantalon, vers Tetsuya qui boutonna comme si de rien n'était sa chemise.
- Qu'est-ce que tu as dis?
Il savait que cela l'énerverait, et pourtant, il avait pris sa décision. Et elle était irrévocable. Il avait beaucoup réfléchit, pesant le pour et le contre un nombre incalculable de fois. Mais continuer était au dessus de ses forces. Il devait arrêter avant que la douleur ne soit trop grande. Kuroko termina de boutonner sa chemise et se retourna face à Aomine.
- Je veux rompre.
Le jeune passeur se fit violement plaqué contre les casiers. Il laissa échapper un petit cri de douleur mais ne lâcha pas son regard. Il devait l'affronter. Il n'était pas question de reculer maintenant. Mais Aomine avait une tête à faire peur… La colère transparaissait sur son visage. C'était la première fois qu'il le voyait ainsi. Lui qui habituellement était si…si doux avec lui. Il ne pouvait plus reculer.
- Tu ne peux pas! T'a pas le droit! Je refuse!
- Aomine-kun.
- Retire ce que tu as dit et je te pardonnerai. Je t'aime, Tetsu! T'a pas le droit de…
Autant mettre de la distance entre eux dès maintenant. Il passa de l'appellation par le prénom au nom. Une régression. Mais Aomine ne l'accepta pas. Il empoigna le col de Tetsu fermement. Il ne se laisserait pas faire aussi facilement. Pas après tout le courage qu'il a eu pour ce déclarer ce jour là. pas après tout ce qu'il avait traversé durant leur année de…
- Tu as changé.
- Hein? T'as cru que c'était une excuse? J'ai pas changé!
Kuroko devait garder son calme, sinon, ils n'avanceraient jamais. L'un d'entre eux devait garder la tête froide. Il posa doucement sa main sur celle d'Aomine qui était accroché sa chemise, sans le brusquer. Il décrispa les doigts un à un et la retira doucement. Il releva la tête pour le fixer droit dans les yeux.
- Dans ce cas, dis-toi que c'est moi qui aie changé. Je ne peux plus te suivre.
- Qu-
- Aomine-kun. Tu m'as dit un jour que j'étais ta lumière. Seulement…
Seulement il n'avait pas réussi. Après tout, il était un homme de l'ombre. Et une ombre n'existait que s'il y avait une lumière. Plus celle-ci était forte et plus l'ombre était dense. Son rôle était de suivre sa lumière n'importe où, n'importe quand. Il pensait que ça se résumerait qu'à ça. Seulement voilà, le jour où Aomine lui avait demandé d'être sa lumière, il avait été désorienté. Et sans trop y croire, il avait suivit le mouvement. Mais cette idée germa doucement en lui. Peut-être qu'en était l'ombre d'une personne, il aurait pu devenir la lumière d'une autre. Une sorte d'échange. Chacun étant l'un et l'autre à la fois. Ainsi, il s'était dit que peut-être, c'était possible. Et il fit tout pour que cela le devienne. Il avait accepté ce nouveau rôle qui lui avait été attribué. À la fois ombre et lumière, il redoubla d'effort. Malheureusement, ce ne fut que des espoirs. Il n'avait rien pu faire. Daiki avait sombré dans les ténèbres. Il n'avait pas pu empêcher cela. Sa lumière était trop faible comparé aux ténèbres grandissantes dans son cœur. Il ne pouvait combattre une ombre par une autre.
- Je ne suis qu'un homme de l'ombre, Aomine-kun. Je ne peux pas briller. Désolé de ne pas avoir pu te sauver.
Kuroko détourna la tête afin de ne plus voir celle d'Aomine. Il n'en avait plus le droit. Pas après ce qu'il venait de lui dire. Il écarta le bras qui le retenait et voulut sortir quand le bronzé le retint. Tetsu devait être ferme dans ses décisions. Il allait demander au plus grand de lui rendre sa liberté quand il sentit un tremblement. Avait-il était trop fort? Aurait-il du être moins direct. Non, il ne devait pas faiblir. Il faisait ça pour le sauver. Pour sauver sa lumière. Après tout, il était son ombre. Il inspira profondément et s'apprêtait à couper définitivement les ponts quand Aomine perdit le contrôle de soi. Il plaqua à nouveau violement Tetsu et s'empara férocement de ses lèvres. Kuroko essaya de le repousser, en vain. Leur force physique était trop différente. Il ne s'était jamais sentit aussi faible qu'à cet instant.
Daiki passa les deux bras de son amoureux au dessus de sa tête et le bloqua d'une main. La différence de gabarit se fit sentir. Il n'était pas difficile de l'immobiliser. Lui si frêle, si fétiche. Rien avoir avec un tas de muscle comme lui. Il ne le laisserait pas s'échapper. Il avait été gentil jusque là, pensant que leur sentiment était réciproque et qu'il pouvait bien l'attendre, mais si c'était ainsi, autant le prendre de force. Avec sa main libre, la lumière entreprit de relever la chemise sortit du pantalon. Il la remonta. Il vit le torse blanc devant lui. Irrésistiblement, il colla ses lèvres dessus et commença son exploration. Sa peau était si douce, si sucrée. Il en voulait plus. Après quelques caresses, il choisit de descendre un peu plus bas. Et dire qu'il se retenait jusqu'à aujourd'hui pour en arriver là. Il se lécha les lèvres, avide de découvrir sa sucrerie. Il arriva à la boucle de la ceinture quand…
- Aomine-kun! Arrête!
Il ne pouvait plus garder la tête froide. Il paniquait. Il avait peur. Il avait beau de débattre, il n'arrivait pas à se libérer. Pas même d'un centimètre. Pourquoi était-il soudain devenu si fort? Non! Il avait peur. il ne voulait pas. Pas comme ça après tout ce qu'il avait vécu! Il avait fait tout cela pour lui! Il se débattit de plus en plus. Jamais il n'avait vu son petit ami dans cet état. Non. Ex-petit ami! Il avait euphoriquement pensé à retourner auprès de sa lumière une fois celle-ci à nouveau ravivée. Mais à présent, il n'avait plus aucune raison de rester. Pas avec une telle brute. Pas avec cette ombre! Si effrayante. Ses caresses le dégoutaient. Elles étaient étranges. Il n'aimait pas cela.
- Aomine-kun! Daiki! Arrête!
Des larmes commençaient à couler. Son expression faciale habituellement neutre, indéchiffrable, laissait transparaitre ce qu'il ressentait à présent. Pourvu que Daiki se réveille à temps avant de commettre l'irréparable.
De l'autre côté de la porte, dans le couloir, les autres joueurs de la génération miracle pénétrèrent dans le bâtiment. Ils avaient estimé que le duo avait pris trop de temps pour se changer. Ils ont alors décidé de venir les chercher. Enfiler un pantalon et une chemise ne prenaient pas autant de temps, si?
- Kurokocchi? Aominecchi? Vous êtes encore là?
Daiki releva la tête vers la porte, baissant légèrement sa garde. Kuroko en profita pour se libérer et frapper le géant au dessus de lui. Aomine fut projeté en arrière sous la surprise. La victime se releva immédiatement et récupéra ses biens. Il sortit du vestiaire au moment même où Kise porta sa main sur la poignée. Il bouscula ses coéquipiers sans s'excuser, ignorant les appels de ses camarades. Le dernier de la génération miracle entra prudemment dans le local et vit Aomine au sol, une trace de griffure sur la joue. Quelques gouttes de sang perlaient. Une bagarre? Avec Kurokocchi? Inquiet, le blond réduit la distance en faisait les quelques pas qui les séparaient.
- Aominecchi!
Il allait toucher le bronzé quand celui-ci repoussa sa main. Ryota recula à contre cœur et se remit au même niveau que Murasakibara, Akashi et Midorima restés en arrière. Aomine soupira. Qu'est-ce qu'il avait fait? Il était horrible.
- C'est rien. Je me suis disputé avec Tetsu. Ca va s'arranger.
Après cet événement vint la finale et Kuroko les quitta sans un mot, tel un fantôme. Personne ne leur demanda ce qui s'était passé ce fameux jour, ne cherchant pas à les réconcilier non plus. Cela ne les regardait pas. C'était un problème d'ordre privé. Tant qu'ils jouaient comme d'habitude sur le terrain, leur vie privée ne les regardait pas. Et chacun garda dans un coin de leur tête le souvenir d'un Kuroko débraillé, en larmes, s'enfuyant loin d'Aomine Daiki.
- Tu veux dire que…ce connard a voulu te- cria Kagami en se redressant.
- Chut. Kagami-kun. Intima Kuroko.
- Mais! Répliqua le rouge.
- Kagami-kun! Interpella le bleu, plus fortement.
Kagami n'arrivait pas à le croire. Ce type avait osé? Il avait posé ses sales pattes sur Kuroko! Il rageait. Son sang était entrain de bouillir dans ses veines. Il aurait du faire mordre la poussière à ce sale type. Il aurait continué à fulminer s'il n'avait pas vu son partenaire se lever et faire un pas vers la sortie.
- Kuroko? Tu vas où?
- Je dois te dégouter à présent, non? Je comprendrais que…
- Arg!
Voilà ce qui l'énervait encore plus que cette histoire bizarre. Il retint Kuroko d'un bras, sans aucun effort. Il était trop léger pour un homme. Le tigre colla sa proie contre lui et se coucha, bloquant l'ombre contre lui.
- Kagami-kun?
- Arrête de raconter des bêtises. Peu importe ce que tu as vécu au collège, tu es toi. Un lycéen qui me surprend à chaque fois que je relâche ma concentration. Le Kuroko que je connais est super fort. Et c'est pas avec un bisou ou deux qui vont me dégouter. J'étais aux states, moi!
- Kagami-kun. Essaya Kuroko.
- Alors arrête de te dévaloriser comme ça, c'est chiant. S'il ose te toucher, je lui défonce sa gueule!
- Kagami-kun. Réessaya le bleu.
- Arg! Je peux pas croire que tu me fasses dire des trucs aussi niais! Je te retiens, toi! Tu vas me payer à manger!
- Kagami-kun! Renouvelle l'ombre.
- Quoi? Dit le rouge, irrité d'être coupé.
- T'es lourd. Lâcha simplement le lycéen.
- Et toi trop léger! Répliqua le tigre.
Kagami desserra un peu son étreinte sans pour autant relâcher sa proie. Si Kuroko s'était confié à lui, c'était bien que celui-ci ne pouvait plus le garder pour lui et qu'il avait besoin d'un confident. Il n'était pas très doué, mais si l'écouter était suffisant, alors il le referait autant de fois qu'il le faudrait. Après tout, c'était lui sa lumière à présent. Il s'endormit ainsi, presque aussitôt, sur quelques idées de vengeance en tête, un sourire idiot collé sur son visage.
Le bleu contempla Kagami-kun plongé dans le sommeil, sans chercher à se déloger de sa place quelque peu étroite. Il finit par sourire et se rapprocher un peu plus du rouge. Il pouvait avoir confiance en cette nouvelle lumière.
- Merci, Kagami-kun. Murmura-t-il avant de sombrer à son tour au pays des rêves.
Au même moment, dans l'une des chambres de dortoirs du complexe sportifs, deux silhouettes s'agitaient sur un lit. Il y avait des petits gémissements qui s'en échappaient ainsi que des souffles rauques. Des respirations saccadées étaient entremêlé à tout cela. Un petit rayon de lune filtra à travers les stores et une chevelure blonde et l'autre bleue foncée se démarquèrent.
- Aomine…chi…
Kise, rouge, retint un gémissement avec ses mains. Même si les murs n'étaient pas très fin, ils n'étaient pas très épais non plus. Il se mordit la lèvre, essayant de se retenir un maximum. Il était le regard fiévreux de désir pour l'homme au dessus de lui. Aomine continua de s'occuper du téton de son ancien camarade tout en faisaient de petit mouvement de va et vient avec ses doigts à l'intérieur de lui.
- Dis-moi tout, Kise. Dit le bronzé d'une voix sensuelle.
Il arrêta tout mouvement et empêcha le blond de se toucher. Celui-ci était sur le point d'exploser. Il n'en pouvait plus. Pourquoi devait-il aimer un homme si cruel?
- Kagamicchi… Il semble…tourner autour…de Kurokocchi.
Oui. Ca, il l'avait bien vu, mais que ce passait-il réellement entre eux? C'était ça qu'il voulait savoir. Il tenait toujours les mains de Kise dans la sienne. Il effleura doucement le membre dressé sans pour autant le toucher réellement. Était-il donc obligé de subir un tel supplice? Le blond avait les larmes aux yeux, les lèvres tremblotantes. Il arrivait bientôt à la limite du supportable.
- Kurokocchi ne…semble pas…s'en rendre compte… Mais… Kagamicchi…était comme toi…à…le suivre…du regard…
- Donc…il n'y a rien entre eux?
- P-pas pour…l'instant… S'il te plait Aominecchi! Supplia Kise. Je n'en peux plus! Je t'ai dit tout ce que je sais! Je n'oserai plus essayer d'embrasser Kurokocchi! S'il te plait…
Ainsi donc, il n'y avait rien entre eux. Parfait. Il pouvait donc toujours intervenir. Aomine se lécha le coin des lèvres. Il était tant de récompenser son gentil petit chien. Si fidèle. Il relâcha les mains et se prépara à pénétrer à l'intérieur du jeune homme qui lui était si dévoué depuis le collège.
Kise se crispa un peu. C'était sa première fois après tout. Il se raccrocha à Aomine, le griffant au passage dans le dos. S'en suivit d'un rythme endiablé qui le maintenu éveillé toute la nuit. Il était le pire des idiots. Il ferait n'importe quoi, vraiment n'importe quoi, pour être avec Aomine, quitte à le remettre avec Kurokocchi s'il le fallait. Tout cela pour une seconde de tendresse, un mot gentil, un regard de sa part. Il le savait dès le début, qu'il n'y avait plus de place pour lui, mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Il aimait cet homme cruel.
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