Disclaimer: Les personnages ne sont pas à moi!
Voilà la suite! Alors alors? Combien d'entre vous étiez impatientes? J'avais prévu d'en finir avec trois chapitres, mais on dirait que ce ne sera pas possible! XD Tant mieux pour vous, non?
J'ai atteint les 500 vues! Merci à tous ceux qui l'ont lu, survolé, adoré, détesté! Et encore plus de merci pour ceux qui m'ont laissé des reviews! Laissez-m'en plein pour me montrer à quel point vous voulez la suite! S'il vous plait! m(_ _)m
Bonne lecture à tous! ^^
Le camp Jigoku
Chapitre 3
- Kasamatsu-sempai! Se lamenta Ryota.
- Quoi?
- Je me sens pas bien… Je peux pas m'entrainer aujourd'hui…
Kasamatsu dévisagea une seconde le seconde en face de lui. Essayait-il de sauter l'entrainement? Encore ses lubies de star? Déjà qu'il avait des faveurs parce qu'il était un de cette fameuse «génération miracle», mais en plus, il voulait lui sortir une excuse bidon? Il ne l'accepterait pas! Il devait recadrer ce jeunot. Il allait s'énerver et le frapper comme il en avait l'habitude quand il remarqua qu'effectivement, le blond avait le teint extrêmement pâle et des cernes énormes. Il se retint de justesse et se comporta comme un ainé modèle.
- Qu'est-ce que t'as? Où t'as mal? Tu veux vomir?
- J'ai mangé trop de glace hier! J'ai mal au ventre!
Yukio perdit patience et lui donna un de ses fameux coups de pieds dont il avait le secret. Non mais! Qu'est-ce qui lui avait prit de s'inquiéter pour celui là? Il était vraiment impossible! Et en mangeant autant de bâton glacé, il n'avait pas pensé que ça nuirait à sa carrière de mannequin en plus de le rendre malade? Aucune conscience professionnelle. Sans parler du basket.
- Si tu continus, je vais te frapper pour de bon!
- Tu l'as déjà fait, Kasamatsu-sempai!
Il n'allait tout de même pas lui dire que c'était parce qu'il n'avait pas pu dormir à cause d'un fauve dans sa chambre! Il fallait dire que pour une première fois, Aominecchi avait abusé. Il était fragile malgré ses apparences! Il avait trouvé cette excuse bidon avec les glaces sur le coup, mais est-ce que ça allait marcher? Il avait tellement mal au rein qu'il lui était difficile de ce tenir debout.
- Retourne dans ta chambre. Je doublerai ton entrainement demain.
- Hein! Se plaignit le blond en regardant Kasamatsu avec des yeux larmoyants.
- Kasamatsu-sempai!
- Pour l'instant, retourne dans ta chambre et repose-toi.
Ryota remercia son ainé un peu trop énergiquement pour un malade, ce qui lui valu un autre coup, et le regarda partir avant de retourner dans sa chambre. Il rougit rien qu'à la vue du lit défait. Et dire que de la veille au matin, il était là, à faire… Il s'assit timidement sur le lit, n'osant pas s'assoir tout de suite dessus. Il prit un teint cramoisi en s'installant là-dessus, comme une jeune fille au lendemain de sa première expérience, et se coucha. Il était fatigué. A peine toucha-t-il l'oreiller qu'il plongea au pays des rêves, enveloppé de l'odeur de celui qu'il aimait.
- Je n'en peux plus, parvint à dire difficilement Kuroko.
- Et moi alors?
- Silence! Économisez votre souffle et votre salive.
Riko n'était pas tendre. Pas question! Non seulement le duo de seconde avait osé bafouer son autorité en flemmardant et mais en plus, ils avaient trop dormi. Elle décida donc de rester avec eux, leur imposant des flexions avec des sceaux d'eau. Ils trouvaient les exercices dans la piscine difficile? Ils allaient en baver. Foi d'Aida Riko! Ses yeux avaient une lueur maléfique qui scintillait tout au long de la punition, enfin, de l'entrainement.
Ainsi, les garçons avaient les pieds dans l'eau jusqu'aux genoux, portant, grâce à un long bâton placé horizontalement sur leurs épaules, des sceaux d'eau suspendu de leur deux côtés. Ainsi leurs mains soutenaient maintenait le bâton dans une bonne position et la coach se réservait le droit de plus ou moins les remplir d'eau grâce à une louche. Enfin, c'était plus rajouter qu'enlever. Kuroko en portait deux et Kagami quatre. Le courant de la rivière les obligeait à avoir de bons appuis, contrairement à la piscine où l'eau était calme.
- C'est pas juste! Pourquoi j'en ai quatre!
- Parce que tu es celui qui a empêché Kuroko-kun de se lever ce matin!
Le rouge grogna mais ne put démentir. Il avait tord et il le savait. C'était vrai que lorsque la jeune fille était venue les chercher parce qu'ils étaient en retard, il avait prit son coéquipier pour une sorte de peluche, refusant de le laisser partir alors que celui-ci avait essayé depuis une bonne dizaines de minute de sortir. Voyant que la force physique manquait au bleu, la lycéenne décida de les punir en en profitant pour augmenter un peu sa force afin d'éviter une prochaine fois. Il n'y avait pas pensé sur le coup mais…si lui renforçait ses muscles, il bloquerait encore plus l'ombre qui ne pouvait pas rivaliser avec lui. Donc contraire à… Coup de sifflet.
- Une minute de pause.
- Aussitôt dit, aussitôt fait, Kuroko tomba à l'avant, prêt à s'écraser dans l'eau. Heureusement, il fut rattrapé de justesse par…
- Toi… Cracha rageusement Kagami.
- Yo, Tetsu.
- Aomine-kun?
Aomine débarrassa d'un geste Tetsuya de ses sceaux et porta le jeune homme sous son bras. Il le ramena sur la berge. Riko resta silence, stupéfaite. Quand à Kagami, il posa ses sceaux et rejoint son camarade. Il allait s'énerver contre cet homme quand la réaction de l'homme de l'ombre le surpris.
- Tu n'a pas d'entrainement?
- Je prends une pause, répondit Aomine, fatigué.
- Dis plutôt que tu sèches.
- J'ai fait de l'exercice ce matin.
Il hallucina. Les deux bleus parlaient le plus normalement du monde, comme deux camarades de classe. Non, comme s'ils étaient encore amis, sans jamais perdre contact. Il supposait qu'il s'entendait aussi bien au collège. Aomine s'assit à côté de Tetsu, vraiment fatigué, et passa son bras autour des épaules de son exemple. Il posa ensuite sa tête contre lui, une mine lassée au visage.
- Aomine-kun. Tu es lourd.
- Ah, gémit Aomine, c'est toi qu'es trop petit. Ca va te musclera un peu. Je suis fatigué. C'est un trou perdu votre camp. J'ai eu du mal à le trouver.
- Donc tu es perdu. Conclut le bleu ciel. Tu devrais appeler le camp.
- Je me promène et je suis arrivé ici par hasard. Contredit le bronzé. J'y retournerai tout à l'heure.
- Coach.
Riko soupira, exaspérée. Elle regarda le trio. Kuroko indifférent, Aomine qui ne semblait pas vouloir partir et Kagami qui allait exploser d'une seconde à l'autre. D'ailleurs, pourquoi était-il autant sur les nerfs? A cause de la défaite? Pour la proximité des deux anciens coéquipiers? Enfin, pour l'instant, elle devait trouver une solution à cette situation. Pour certain, c'était un gros problème mais…elle trouvait ça très amusant. Des petite rougeurs sur les joues étaient visible, signe de son amusement. Autant profiter de la situation pour l'étudier un petit peu. Si c'était possible de petites cornes et une queue de diable serait apparut. Elle se retourna vers le trio, dont deux joueurs redoutaient sa réaction en voyant sa tête.
- Aomine-kun! Lança-t-elle d'une voix guillerette
Aomine retint un frisson. Pourquoi? Il faisait chaud. Il y avait le soleil qui tapait, même s'il avait les pieds dans l'eau. En clair, il était loin d'avoir froid. Il la regarda, l'air pas vraiment concerné par autre chose que son Tetsu toujours dans ses bras. Le rouge avait prit la même couleur que ses cheveux. Pourquoi le bleu ne cherchait pas à se dégager de lui?
- Je veux bien que tu restes avec nous, mais tu vois, nous sommes en pleine pun- je veux dire, en entrainement.
- Elle l'a dit, pensèrent Kagami et Kuroko, désespérés d'être puni.
- Et alors? Demanda le bronzé, ne sachant pas où elle voulait en venir.
- Si tu veux rester, libre à toi, mais ça les gênerait d'être observé par le camp adverse. Mais si tu veux, tu peux ne pas rester inactif et te joindre à nous.
- Hein? J'ai séché mon entrainement justement parce que…
- Il l'a dit, répétèrent Kagami et Kuroko en pensée.
- Mais sache que, Riko fit une tête à faire peur, si tu ne travaille pas, tu ne mange pas, c'est clair?
Finalement, face à la très grande force de persuasion de la coach, Daiki se retrouva à faire des flexions en compagnie du duo de Seirin. Il était fatigué. Il allait devenir encore plus fort alors que le but était de se freiner. Il soupira sous une autre flexion. Pourquoi devait-il faire ça? Ca n'était absolument pas parce qu'il s'était perdu en forêt, loin de là. C'était pas non plus qu'il voulait en profiter pour mettre le grappin sur son ancien petit ami. Cette fille avait quelque chose. Et dire que même Satsuki n'arrivait pas à le faire bouger. D'ailleurs, il était sûr qu'elle préférerait chasser Tetsuya comme lui. Enfin, le côté positif dans tout cela était qu'il pouvait se mettre naturellement entre ce tigre et Tetsu. Ah! Pourquoi devait-il s'entrainer ici alors qu'il avait séché? Il se posa une nouvelle fois la question.
Après des flexions exténuantes, il ramena de l'eau au cottage en compagnie des deux autres chargés de ramener l'eau. Les nouvelles écoles n'avaient donc pas de budget décent étaient vraiment pathétiques. En arrivant au cottage, il crut à une hallucination. Il se frotta les yeux, pour être sûr qu'il ne rêvait pas. Qui pourrait habiter dans cette maison fantôme pareille? Il ravala son sourire moqueur quand il vit où ils allaient déposer l'eau. Non…quand même pas…
- Tetsu…
- Hum?
- Tu plaisantes j'espère?
- Quoi, t'as jamais vu de cottage en peine montage ou quoi? Cracha Kagami, silencieux jusque là.
- Tetsu! Je t'invite au camp! T'aura trois repas par jour, un toit où dormir et…
Aomine allait continuer sa proposition quand il fut interrompu par des aboiements. Le bruit devint de plus en plus fort et de plus en plus féroce mais il n'arrivait pas à en déterminer la cause. Il cherche au sol et vit un chien noir et blanc. Il s'accroupit pour se confronter à la bête, le surplombant largement par sa carrure. Mais loin de se décourager, le chien y redoubla d'effort. Daiki dévisagea la petite bête, entrain de s'égosiller pour essayer de lui faire peur. Le bronzé attrapa l'animal par la peau du cou, toujours désintéressé. Le pauvre animal avait beau s'agiter, il n'arrivait à lui faire peur.
- Tetsu, c'est quoi ça?
- Un chien.
- Je vois bien que c'est un chien. Mais d'où il sort?
Le squatteur examina plus attentivement la bête. Le pauvre essayait de s'échapper des mains du géant et aboya encore plus fort. Ce fut son cher maitre adoré qui le sauva de cette immense bête sauvage qui allait le dévorer tout cru. Il reçut une caresse qui le calma immédiatement et ce fut de petit aboiement mignon réservé aux caresses qu'il laissé échapper de la gueule.
Le bronzé continua son inspection, presque avec jalousie, du chien qui recevait des caresses. Et dire qu'à une époque, c'était lui qui donnait des caresses. En parlant de caresse, il regarda successivement le maitre et le chien plusieurs fois. C'était fou ce qu'ils se ressemblaient. On pouvait dire qu'ils s'étaient bien trouvés.
- …c'est pas vrai… Lâcha Aomine sans s'en rendre comte.
Kuroko releva la tête, suivit du chien qui regarda la nuisance qui avait interrompu ses caresses. Voilà qui prouvait ses dires. Les yeux! C'était ça! Tout pareil. Il rigola, essayant d'étouffer un peu ses rires sans succès. L'ombre voyait bien que le bleu foncé se tordait de rire.
- C'est ton chien, Tetsu?
- Il s'appelle Tetsuya numéro deux. Numéro deux, voici Aomine-kun.
Aomine éclata pour de bon. Parce qu'en plus, ils partageaient le même prénom. Il vit Tetsu bouder, malgré sa rigidité faciale et passa son bras autour de ses épaules pour le coller contre lui, dans une de ces accolades entre amis, du moins en apparence.
- Allez, fait pas cette tête Tetsu, ça vous va bien!
- Je ne fais pas la tête.
- Arrête, ça se voit comme un nez au milieu de la figure!
- Je ne fais pas la tête.
Kagami se sentit à l'écart. Était-ce la différence entre une vieille et une nouvelle connaissance qui les séparait ainsi? D'abord, il ne pouvait pas s'approcher d'eux à cause du chien, mais en plus, ce type pouvait déchiffrer Kuroko? Il était capable de le deviner à sa façon de parler, mais à décrypter un visage fermé, il ne pouvait pas. Il sentit de plus en plus, toujours à cause de ce sale type, le fossé qui les séparait, entre Kuroko et lui. Entre Aomine et lui. Il ne perdrait pas! Ce n'était pas encore terminé!
L'intrus de Seirin n'avait plus rit ainsi depuis longtemps. Il fallait dire que l'ambiance à son lycée n'était pas du tout la même qu'à Teiko. Et il fallait dire aussi qu'il ne faisait aucun effort pour améliorer cela. Mais ça lui allait. Il n'avait besoin que de Tetsu. Avec sa main libre, il ébouriffa les cheveux de Kuroko mais c'était sans compter l'approbation du chien. Tetsuya numéro deux devait protéger son maitre d'un monstre pareil. Il profita de cette soudaine proximité pour mordre le doigt ballant. Aomine cria de douleur et lâcha son ancienne ombre.
- Numéro deux. Réprimanda gentiment Tetsuya numéro un. Ce n'est pas bien.
- C'est tout ce que tu trouve à dire, Tetsu? S'énerva le mordu.
Le blessé examina l'étendu de ses blessures, de petites traces de dent dans la chair. Heureusement que le petit monstre n'était pas très gros, sinon, il n'aurait plus de doigt à l'heure qu'il était. Riko arriva à ce moment là et ce précipita vers le joueur de Touou pour le traina à l'intérieur du cottage pour lui donner les premiers soins.
Kuroko, inquiet, déposa numéro deux au sol après lui avoir interdit de le suivre et réprimandé. Il entra dans le cottage, laissant son petit animal de compagnie et son colocataire, qui avait une phobie des chiens, ensemble. Mais Kagami eut juste le temps de tendre son bras dans le vide avait d'avoir un petit mouvement de recule quand l'animal se retourna. Il avait l'impression qu'il allait se faire manger par cette chose minuscule. Voilà pourquoi il n'aimait pas ces bêtes là! Le rouge déglutit. Néanmoins, il était un homme. Il se devait de dire quelque chose. Même s'il n'en avait pas envi.
- Good job! Finit-il par lancer, tremblotant, le pouce en l'air.
Le chien aboya une fois, comme pour lui dire, évidemment! L'animal s'assit sur le sol, agitant sa queue. Bah, qu'est-ce qu'il attendait pour le féliciter ce géant? Il n'avait pas vu son maitre le faire tout à l'heure? Entre deux géants, c'était lui son préféré. Il avait une drôle de couleur sur la tête et il était tout inoffensif. S'il devait classer les choses autrement, son maître était tout en haut de la pyramide, puis lui et enfin le rouge. Quand à l'autre bleu, il serait même pas classé. Il était un ennemi à abattre. Il dégageait une odeur qu'il n'aimait pas du tout. Et surtout! Il portait une autre odeur sur lui.
Kagami se reprit en secouant sa tête et décida de se débarrasser de sa phobie. Enfin, simple euphorie car il sursauta au moindre mouvement de l'animal. Il était aux aguets. Et s'il lui sautait dessus comme avec Aomine? Pourquoi sa queue se balançait d'un côté à l'autre comme ça? Il cherchait à créer un bon timing? C'était ça? Mais ce n'était pas le propos. Il n'aurait jamais cru qu'il le ferait mais c'était un cas d'urgent. Il devait pactiser avec l'ennemi.
- E-écoute numéro deux.
Un aboiement. Il sentait que les choses sérieuses allaient commencer. Ils étaient du même camp après tout.
- Je… Je ne t'aime pas mais…
Un autre aboiement. Pourtant lui, il l'aimait bien. Il était gentil. Peut-être même qu'il accepterait de jouer avec lui, vu que son maitre semblait bien s'amuser avec lui.
- On dirait qu'on a un ennemi commun.
Une nouvelle réponse. Là, ils étaient d'accord sur une chose. L'autre géant dégageait quelque chose de pas bien pour son maitre. Il se devait de le protéger.
- Je compte sur toi pour protéger ton maître.
Une promesse d'homme! Même si c'était ce qu'il venait de dire. Ces humains n'écoutaient donc pas ce qu'il disait? Il gémit un aboiement. Il ne comprendrait jamais pourquoi cet humain était aussi éloigné de lui, à trembler comme cela, à chaque coup de vent. Il ne pouvait pas s'envoler. Même son maître ne le pouvait pas. Et il était beaucoup plus petit que ce géant! De plus, à chaque aboiement, celui-ci semblait reculer. Il était trop faible. Il ne pouvait pas compter sur lui. Il protégerait seul celui qui partage son nom.
Dans sa chambre, Kise avait du mal à retrouver son calme depuis qu'il s'était réveillé à nouveau. Même s'il avait finit par être enivré par son odeur au point de ne plus pouvoir la distinguer, une certaine douleur à la partie inférieure de son corps lui rappelait les événements de cette nuit. Le lendemain il allait souffrir. Soudain, un bruit de couloir le ramena à la réalité. Il tendit l'oreille et crut entendre le nom d'Aominecchi perché sur les lèvres de toutes personnes mobilisées à sa recherche. Celui là alors! Il semblait pourtant très en forme en le quittant le matin même. Il soupira. Celui-ci avait à nouveau séché l'entrainement? A moins que…qu'il ne soit allé retrouver Kurokocchi après ses informations? Le blond soupira à cette pensée. Toujours Kurokocchi. C'était pareil au collège.
Il venait juste d'intégrer le club de basket. Et bien que ça ne lui disait rien au début, après l'avoir essayé de lui-même, il s'était senti…grisé! Surtout contre Aominecchi. Il avait été aveuglé par son talent, son jeu. Il avait été éblouissant. Il lui avait été impossible de détacher son regard de lui. C'est pour cela qu'il savait que le bronzé aimait Kurokocchi, son ombre. Puis un jour, sans qu'il ne l'ai vu arriver, son admiration s'était transformée en amour. Il avait suivi l'évolution d'Aominecchi. Mais ce n'était pas toujours en bien. Heureusement, Kurokocchi avait toujours su mettre un frein quand il le fallait, avant le désastre. Lui seul savait se faire écouter du bleu foncé. Et lui, il n'était qu'un simple coéquipier qui ne faisait que copier tout ce qu'il voyait. Il savait rester à sa place arrière. Il ne s'était jamais mis entre eux. Il laissa ses sentiments grandir un peu plus chaque jour. Son cœur battait de plus en plus fort à chaque fois que le fauve se montrait gentil avec lui. Puis finalement, il prit sa décision. Quitte à se faire rejeter, qu'il ait au moins le courage de se déclarer. Il assumerait son râteau, et s'en serait terminé de ses sentiments. Mais il ne trouvait jamais le bon moment. Soit il était avec Kurokocchi, soit le reste de l'équipe était présente. En conclusion, aucune ouverte. Il abandonna cette idée.
C'est pourquoi un jour, il avait relâché sa vigilance et s'était laissé aller. S'il avait su… L'entrainement était terminé. Alors qu'il rentrait avec les autres, il se souvint subitement qu'il avait oublié quelque chose en classe. Il s'excusa et les laissa partir sans lui. Il retourna au collège et pénétra dans sa classe. Il récupéra son portable qu'il avait oublié dans sa case sous son bureau et là, il le vit. Une serviette dans la case d'Aominecchi. Il fut comme hypnotisé. Ce n'était pas de sa faute. Il était en pleine puberté. Il découvrait des choses sur le corps humain, et notamment sur son propre corps. Ce n'était pas bien. C'était bizarre. Mais il était comme aspiré par une autre force.
Son cœur battait si vite, comme s'il allait sortir de sa poitrine. Il s'avança, petit à petit, vérifia qu'il n'y avait personne aux alentour et s'assit à la place du bleu foncé. Il s'imagina être lui, assit à sa place, effleurer ses touchés, dormit dans sa position, puis sortit la serviette. Il n'allait tout de même pas oser… Si? Ses mains tremblaient. Puis, dans un moment d'absence, il respira son odeur. Il se projeta dans ses bras, enveloppé par sa chaleur, son odeur. Puis le cauchemar. Une porte claqua. Il laissa tomber la serviette au sol, paralysé par la peur. Qui ça pouvait bien être à cette heure ci?
- Kise?
Ca ne pouvait pas être pire. C'était lui. Revenait-il chercher pour sa serviette? L'avait-il vu? Il allait le dégouter. Mais qu'est-ce qui lui avait prit de faire cela? Il se maudissait. Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir dire ou faire? Il rêvait. Pas possible autrement. Un véritable cauchemar éveillé.
- Oh! Ma serviette, je savais bien qu'elle était là.
- A-ah, oui…
- Tu l'a trouvé et tu voulais me la rendre? Merci.
- D-de rien, Aominecchi.
Ca allait. Il ne se doutait de rien. Il pouvait encore y échapper. Il devait se ressaisir. Seulement, il était trop optimiste. Aominecchi n'était pas dupe. C'était lui qui était trop naïf. Quel idiot. Il sentit le bronzé dans son dos, son souffle dans sa nuque, sa voix vibrer près de son oreille percé. Il rougit jusqu'à l'oreille.
- Alors comme ça, on aime renifler les odeurs?
- C-ce n'est pas ce que tu crois, A-
Mais il fut coupé par une main qui touchait son petit Ryota. Il poussa un cri et s'écarta de ce collégien qui lui faisait perdre tous ses moyens. Cela ne pouvait pas être pire. Il était si excité et pourtant, ce n'était pas le moment. Il avait les larmes aux yeux. Il essaya de se cacher. Sans succès. Il n'y avait nulle part où se cacher dans cette classe. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était de lui tourner le dos pour ne pas lui montrer sa honte, son petit problème technique. Il s'excusa. Et encore. Et encore. Il ne voulait pas se faire détester. Il voulait encore rester avec eux, être leur ami. Tout était perdu.
- Kise.
- Je suis désolé! Je sais que tu aimes Kurokocchi, mais… s'il te plait! Ne me déteste pas… Je ne te ferais rien! Je te promets que… Je t'aime… S'il te plait, ne…
Kise avait des larmes qui coulaient silencieusement sur ses joues. Il avança contre le mur, entre deux fenêtres. A force de s'occuper d'essuyer ses larmes, il n'entendit pas son premier amour approcher par derrière. Celui-ci se retrouva à un pas du blond. Il le regarda, sans rien faire, puis reposa sa main au même endroit du corps de Ryota. Puis tint fermement sa prise. Surpris, le blond voulut repousser cette main mais Aominecchi l'en empêcha. Il se colla à lui, son corps contre le sien, un peu comme s'il le prenait dans ses bras pour le consoler.
- J'aime Tetsu.
- Je sais.
- Mais si tu veux, je peux t'aider pour ton problème. En bas.
Et sans attendre de réponse, le bronzé commença son aide. Kise retint son souffle, n'osant pas croire ce qui se passait. Il se laissa faire, profitant de ses bras, de son odeur, de son souffle, de sa chaleur. Il était toujours rouge et gêné. Il ne le regarderait plus jamais pareil à présent. Pas après tout ça. Il laissa échapper quelque soupir, quelque gémissement…
- Kise… Souffla Aomine.
- Qu-
- Aide-moi, toi aussi.
Le dernier de la génération miracle trembla. Sa main n'osait pas franchir le pas. Ce ne fut que lorsque Aominecchi le força le toucher qu'il se retourna pour lui faire face. Il était si heureux. Mais qu'est-ce qui se passerait après? Leur tête se touchait. Ils pourraient presque s'embrasser. Leur souffle se mélangeait. Il ne voulait pas y penser au futur. Seule la tendresse de l'As de Teiko comptait. C'était ce qui se passait maintenant dans cette classe qui lui importait, d'être avec lui.
Une fois leur petite affaire terminée et réglée, Ryota tourna à nouveau le dos à Daiki, ne sachant pas comment réagir. Il était encore rouge, le souffle coupé. Il était encore sous l'effet de l'excitation qui avait du mal à le quitter. Même s'il s'était fait rejeté en bonne et du forme, c'était encore plus dur pour lui de renoncer à son amour après cela.
- Kise.
- O-oui?
- Je suis désolé.
- Non, c'est moi. Et ça me suffit. Je savais déjà ce qui m'attendait.
- On peut…continuer… si tu veux.
- Qu-quoi?
- Je ne pense pas que je me déclarais un jour à Tetsu. Je ne voudrais pas détruire notre équilibre, ni notre équipe. Mais je comprendrais que tu ne veilles pas.
- S-Si! Je veux! Euh, je veux dire…
- Y a rien de bizarre à faire ça entre pote. De temps en temps.
- O-oui, si tu le dis.
Ils ont continué à se voir, de temps à autre. Ils étaient curieux. Ils étaient jeunes. Ils s'étaient dit que ça ne dérangerait personne. Puis, un jour, Aominecchi avait réussi à se déclarer, un peu sous l'impulsion du moment. Tout allait bien. Ils avaient arrêté. Il l'avait accepté depuis longtemps. Le bleu ne voulait pas trompé son Tetsu. Il ne pouvait rien y faire. Il l'avait simplement accepté. Il avait eu sa chance. Il avait raté. Il n'avait pas réussi à le faire tomber amoureux de lui. Il avait au moins de bons souvenirs. Il ne le remercierait jamais assez de l'avoir laissé être son ami, même après tout ça.
La veille, ils avaient sauté le pas qu'ils n'avaient jamais osé imaginer à l'époque. Il ne pouvait qu'en rêver. Après des mois sans aucun contact, ils s'étaient retrouvés dans le camp, avec Kurokocchi et Midorimacchi. Comme un tour de ce fameux destin dont le vert était si fier et si croyant. Mais Aominecchi avait changé. En mal. Il s'était perdu. Personne y pensait. Chacun évoluait dans son coin. C'était ça, l'esprit de Teiko. Même son ombre n'avait pas tenté. A moins qu'il n'ait raté. Mais lui, il aimait toujours autant ce fauve. Mais que pouvait-il faire? Que pouvait-il apporter de plus, à part un corps? Il rit doucement. Qu'il était pathétique. Il avait profité de son contact avec Kurokocchi pour mettre le bronzé dans son lit. Il n'y avait pas plus horrible que lui.
Au même moment, à l'intérieur du cottage, dans la cuisine, Kuroko et Riko étaient entrain de soigner Aomine. Celui-ci pesta contre ce maudit chien. Pourquoi ne l'avait-il pas dressé correctement? Toujours calme? Et son doigt, hein? Et s'il ne pouvait plus jouer? L'ombre trouvait cela étrange. D'habitude, le joueur de Touou était adoré des chiens. Alors, pour la première fois qu'il en voyait un, et surtout le sien, hostile à celui-ci, il trouvait cela était étrange.
- Hey, la coach de Seirin.
- O-oui? Paniqua Riko.
- Tu compte faire quoi pour me dédommager? Imagine que ce chien m'ait bouffé le doigt. J'aurai dis adieu à ma carrière dans le basket.
- Je suis désolé, Aomine-kun.
Ah… Ca faisait longtemps qu'il n'avait plus vu cette tête là. Cette expression. Il lui aurait sauté dessus si la jeune fille n'était pas là. Mis à part l'incident, il ne pensait pas que ça se passerait aussi bien. Il allait pouvoir se rapprocher de son Tetsu comme si de rien n'était. Finalement, le chien avait fait du bon boulot. Ce n'était pas avec ses petits crocs qu'il y perdrait un doigt. A présent, il pouvait sécher l'entrainement sans se chercher d'excuse comme son magasine de photos féminines, et il allait pouvoir profiter de la gentillesse de son ex.
- Que dirais-tu de revenir avec moi?
- Aomine-kun.
- Écoute, Aomine-kun! Je sais pas ce que tu as fait à numéro deux mais il ne t'attaquerait pas si tu lui a rien fait!
- Hein? Tu insinue que j'ai maltraité le chien? Répliqua Aomine.
- Mais pour la blessure, si tu veux, on te prêtera Kuroko-kun le temps que ça guérisse! Mais juste pour les soins!
- Coach… Essaya Kuroko d'arrêter la jeune fille.
- Ca marche! Se réjouit le bleu foncé.
- Aomine-kun! S'indigna l'ombre.
Une fois les soins terminés et les négociations, ils ressortirent du bâtiment en ruine. Ils virent alors Kagami collé à un arbre, apeuré, jetant une sorte de friandise à numéro deux sous le regard amusé de l'équipe de Seirin. Apparemment, ils voulaient essayer de guérir sa phobie. Tetsuya numéro deux était heureux et sautait pour attraper sa friandise. Soudain, il sentit une odeur désagréable. Il grogna et se retourna. En le voyant, Kuroko prit les devants avant un autre accident.
- Numéro deux, viens par ici.
Abandonnant sa mission, numéro deux rejoignit son maitre adoré et profita de ses caresses avec joie, agitant sa queue de tous les côtés. Il se réveilla soudainement dans ses bras, entrain de marcher en compagnie de l'ennemi. Il regarda de tous les côtés. Ils étaient déjà aussi loin? Mais qu'avait-il fait? Et sa promesse d'homme? Une fois à l'entrée de la forêt montagneuse, le bleu déposa le noir et blanc au sol, lui interdisant de le suivre. Il devait l'attendre. Encore. C'était ainsi tous les jours depuis qu'ils étaient arrivés ici. L'animal canin abaissa ses oreilles, triste. Mais il ne pouvait pas désobéir au numéro un. Il entendit grogner un «sale traitre» derrière mais il n'en tient pas compte. Tout ce qui lui importait pour le moment, c'était son maître qui l'empêchait de le protéger du fauve en sa compagnie.
- Je viendrais te chercher le matin et je te ramènerai le soir. A moins que tu préfères que je te soigne une fois par jour au camp?
- Sans façon. J'ai pas envie de m'entrainer. C'est chiant. Ca m'arrange bien de sortir de cette prison.
- Dans ce cas, tu suivras mon entrainement. Je ne peux pas prendre plus de retard.
- Viens dormir avec moi, ça ira plus vite.
- Aomine-kun. Réprimanda Kuroko.
- Daiki. Reprit le blessé.
- Je suis désolé. Cela ne va pas être possible. Trancha l'ombre.
- Tetsu. Essaya l'ancienne lumière.
- Aomine-kun. Insista le joueur de Seirin.
Daiki soupira lourdement et passa son bras derrière Tetsuya qui la rejeta aussitôt. Devant les autres, cela paraissait de simple accolade entre ami, mais quand ils n'étaient que tous les deux, le plus petit savait bien ce qu'il avait en tête. Pas question de le laisser faire. Le géant soupira une nouvelle fois et garda les mains dans les poches. Mieux valait attendre et ne rien précipiter. Il avait bien retenu la leçon depuis la dernière fois. Et puis, durant les prochains jours, il aurait son petit loisir. Pourrir la vie de ce Kagami qui osait lui voler son Tetsu et briser leur entente. Voilà un bon programme.
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