Disclaimer: Les personnages ne m'appartiennent pas!
Je ne savais pas trop comment enchainer alors voilà! Désolé pour les fans du Aomine/Kuroko mais…je l'aimais bien, ce lapin moi!
Vous avez faillit ne pas voir ce chapitre aujourd'hui! J'avais même prévu qu'il soit posté en retard mais apparemment je suis venue à bout de la chose et le voilà! Il fallait dire que j'ai eu une soudaine inspiration hier et voilà le résultat!
Edit: Merci à Zangyaku-sama d'avoir corrigé mon chapitre~
Bonne lecture à tous! ^^
Le camp Jigoku
Chapitre 8
Kuroko émergea doucement dans une pièce plongée dans une légère pénombre. Une lumière orangée filtrait à travers les grands rideaux blancs. Il essaya de bouger mais des douleurs, qui le tiraillaient de partout, l'empêchèrent de faire de grands mouvements. Il observa le haut plafond blanc, différent de celui du cottage de Seirin. Il tourna la tête afin de se trouver un minimum de repère quand il vit une grosse touffe rouge à ses côtés. De légers ronflements se firent entendre à sa gauche. Le joueur fantôme sourit en reconnaissant ces ronflements si doux et familiers. Après tout ce temps passé ensemble, il les reconnaitrait entre mille. En plissant un peu plus des yeux, il put reconnaitre une sorte d'infirmerie. Un instant… Une infirmerie? Pourquoi était-il ici? Il essaya de se rappeler des événements de la journée. Un jeu, une sorte de rassemblement puis soudain, le visage enragé et complètement dément d'Aomine lui vint en tête. Il frissonna. Ah… Oui… Encore… Il n'eut pas le temps de pousser plus loin sa réflexion lorsqu'un grognement, signe d'un réveil, s'éleva dans les airs, reportant l'attention du bleu sur le rouge. Celui-ci se réveilla lentement et bailla la bouche grande ouverte une larme à l'œil droit. Quand ses yeux rouges rencontrèrent ses yeux bleus, le géant se leva d'un coup et se pencha au-dessus de son coéquipier, inquiet.
- Kuroko! Ça va?
Le numéro onze grimaça légèrement au volume de la voix surpuissante, mais acquiesça. Il essaya de se relever quand il rencontra quelques difficultés. Kagami, en le voyant peiner, l'aida à s'assoir. Le rouge se rassit à sa place et baissa la tête. Malgré ses premiers soins insignifiants, la joue avait enflé, même si c'était moins pire que ce que ça aurait dû être. Le torse marqué était caché par les vêtements, mais pourront-ils les cacher suffisamment dans les douches? Le reste du corps était recouvert d'égratignures et de pansements, pour les plus profondes. Une immense culpabilité pouvait se lire dans ses yeux.
- Kuroko, je… Commença Kagami, l'air coupable.
- Merci, Kagami-kun.
- Mais je…
- Je vais bien.
- Mais! Ce mec, il…
Taiga s'arrêta brusquement. Il ne pouvait pas le dire. Il baissa la tête et serra les poings le long du corps. Dire que tout se passait si bien jusqu'à présent. Il avait fallu que cela arrive. Il tremblait de rage. Voir Kuroko entièrement recouvert de blessures, sachant qu'il n'avait rien pu faire… Et cette excuse minable comme quoi il était tombé dans la forêt, tout cela à cause d'un lapin boosté était un peu gros, voir énorme. Une énormité de la taille de sa bêtise.
- Merci, Kagami-kun. Répéta Kuroko.
- Je n'ai rien fait. C'est Kise qui t'a sauvé, pas moi.
- Mais tu m'as réconforté juste après. Et rien que pour cela, je t'en suis très reconnaissant.
Kagami releva la tête et croisa le regard sincère de son partenaire. Le remercier alors qu'il n'avait rien fait. Être aussi reconnaissant parce qu'il l'avait rhabillé. Tout cela était n'importe quoi. Et pourtant! Il leva une main et la dirigea vers le visage de la victime face à lui. Son geste était assez lent, très doux avec néanmoins une légère crainte décelable dans ses petits tremblements. Mais Kuroko la laissa venir. C'était Kagami-kun. Il avait confiance en lui.
L'expatrié hésita une seconde, puis franchit les derniers centimètres pour effleurer du bout des doigts la joue enflée et blessée. Son cœur saignait rien qu'à cette vue. Comment pouvait-on faire une telle chose? C'était impardonnable. Oser ne serait-ce que penser à frapper ce petit être humain, c'était…pitoyable.
Tetsu sentit une vague de chaleur l'effleurer. Elle était si réconfortante. Il bougea sa tête de façon à ce que cette main recouvre entièrement sa joue. Il ferma les yeux, appréciant le contact. La douleur s'apaisait. Depuis quand était-il aussi sensible? Après toutes ces nuits passées ensemble, c'était la première fois qu'il se sentait ainsi. Il se sentait…bien. Oui. Il était incroyablement serein malgré ce qui s'était passé quelques heures plus tôt.
- Je te protégerais. Je te le promets.
Kagami-kun avait un grand sens des responsabilités. Mais ce qui s'était passé n'était pas de sa faute. Lui-même s'était promis de protéger sa lumière. Qui aurait cru qu'en fait, la véritable cible, c'était lui. Il n'avait pas la carrure pour cela. Il ne pouvait protéger personne. Pourtant, il était content que ce soit lui la victime et non Kagami-kun. Ainsi, le lycéen n'aurait pas eu à souffrir comme il a souffert.
- Je t'aime. Souffla Kagami.
Kuroko ouvrit ses yeux, surpris par ces mots. Il ne s'attendait pas à une déclaration. Et surtout dans un moment pareil. Il regarda l'homme en face de lui. Son regard était sérieux, sincère, droit. Il ne mentait pas. Il ne cherchait pas non plus de réponse. Il lui avait tout simplement avoué ce qui lui pesait sur le cœur depuis quelque temps. Le blessé eut à peine le temps d'ouvrir la bouche que, soudainement, des bruits de pas de plus en plus bruyant se firent entendre, brisant leur petite bulle. Taiga lâcha sa prise sur Tetsuya, qui regretta le doux contact, et la porte claqua. Tous les joueurs de Seirin étaient présents.
Et le calme ambiant de l'infirmerie se transforma en un véritable champ de bataille. C'était tout de même hallucinant qu'un simple lapin, boosté à la barre protéinée, ait réussi à mettre à terre un humain après un coup de boule bien placé, mourant sur le coup et emportant l'homme chétif avec lui dans sa chute dans une pente remplie d'obstacle, d'où les blessures plus ou moins impressionnante sur le joueur fantôme.
Autre nouvelle. Apparemment, malgré le fait que Shutoku soit arrivé en premier au dernier point de contrôle tenu par Riko, ils n'arrivaient pas à passer l'épreuve. Ce fut alors qu'une équipe de Seirin était arrivée peu après le premier échec pour la gagner presque haut la main, ayant presque été entrainée pour ça. Shutoku avait beau riposter, argumenter, doutant de l'impartialité de l'entraineuse de Seirin, les faits étaient là. Ils avaient tous passé la même épreuve, et Seirin avait réussi à obtenir le dernier tampon leur permettant de terminer la course. Comme récompense pour l'école victorieuse, Jigoku se montra généreuse en offrant aux vainqueurs une journée complète d'entrainement, repas inclus. Sachant le prix que ça coutait, la jeune équipe sauta de joie. Mais aussi parce que le sourire démoniaque de la jeune fille s'était transformé en sourire étincelant de fraicheur, les soulageant d'un poids.
Peu de temps après ces joyeuses actualités, ils avaient décidé que Bakagami porterait le jeune convalescent sur son dos car il avait abandonné la course, les heureux vainqueurs retournèrent à leur propre camp. Heureusement pour le rouge, il ne croisa ni Aomine, ni Kise, ne sachant pas encore s'il arriverait à contenir sa rage devant tout ce beau monde.
De retour dans le taudis qui leur servait de cottage, toute l'équipe eut droit à un repos bien mérité. Et étant donné que Bakagami eut droit à une très longue pause, il fut désigné d'office corvée de cuisine, ce qui arrangeait parfaitement les lycéens. Il fallait dire que leur dernier repas n'était pas très gouteux. Faisant confiance à leur chef cuisinier, les joueurs en profitèrent pour se couler un bon bain chaud, en attendant le repas avec impatience.
Même en étant simplement assis, Kuroko finissait par devenir transparent. Toute l'équipe, inquiète d'un bout à l'autre sur le chemin du retour, vaquait à présent à ses occupations, le laissant tout seul dans son coin. Il était devenu invisible. Pour le bain, quoi que légèrement douloureux, fut terminé avant même que les autres ne le remarquent. Il se rhabillait, dans le vestiaire du grand bain, quand on lui demanda depuis quand il était là. Voici déjà un bout de temps que cela ne lui était plus arrivé. Il pouvait, pour une fois, féliciter son manque de présence dans le quotidien. Ainsi, il n'aurait pas à expliquer les traces sur son corps. Dire que c'était tous des boutons de moustiques risquait d'être un peu ridicule.
Après avoir fait mijoter de bons petits plats, le géant rouge n'eut qu'à crier une fois que le repas était prêt pour voir, à la seconde près, toutes les places vides se remplir. Riko sentit une pointe de jalousie grandir en elle. Elle prit une mine boudeuse. Pourquoi quand c'était elle, il fallait qu'elle les appelle une dizaine de fois pour qu'ils soient tous présents?
- Ce soir, nous avons un ragout de lapin aux petits légumes, un sauté de lapin aux gingembres, des…
- K-Kagami, interrompit le capitaine durant l'énumération des plats.
- Oui?
- Ce lapin… D'où il vient? Questionna Kiyoshi.
- Je sais pas, la coach m'a dit qu'on mangeait du lapin ce soir.
- Ce ne serait pas…ton lapin? Demanda Koganei.
- Hein, comment vous pouvez le savoir, senpai?
Disons qu'avec les différents témoignages recueillis par le duo de Shutoku, la personnalité excentrique de leur coach, ainsi que l'étrange tête flottante au-dessus du ragout laissait penser que ce pauvre animal avait vécu pas mal de choses.
- C'est la première fois que je vide un lapin, alors j'espère que ce sera à votre goût. Mais heureusement qu'il était gros! J'ai dû utiliser un…
- Épargne-nous les détails s'il te plait… Pria Izuki.
- Maintenant que vous le dites, il m'a semblé que la tête était écrasée…
Soudain, Taiga se rendit compte de ce qu'il avait cuisiné. Il ne savait pas s'il devait s'en réjouir ou pas. Bien que mort de façon un peu violente, il était comestible. Il allait bouffer ce stupide lapin qui lui avait volé sa barre protéinée! Mais quel idiot! Il aurait dû mieux le cuisiner. Il se demandait justement pourquoi la jeune fille lui avait demandé de cuisiner ce lapin. C'était justement parce qu'il l'avait laissé à l'entrée! Mais pourquoi ne l'avait-il pas remarqué avant? Il l'avait poursuivi dans toute la montagne! C'était sans doute parce que le lapin était tondu! Oui! C'était ça! La jeune lycéenne, attendant les autres participants, c'était trouvé une occupation, c'est-à-dire, rendre méconnaissable ce maudit lapin.
Le soir venu, Kagami n'avait plus le moral. Il ne savait pas pourquoi, mais ce lapin lui était resté un peu sur l'estomac comme s'il l'alourdissait. Il était délicieux, il n'y avait pas à dire. Mais… Quelque chose n'allait pas. Sans doute parce que cet animal avait mangé un truc qui ne fallait pas juste avant de mourir. Bon… D'accord. Il avait hurlé à cor et à cri qu'il boufferait ce lapin voleur de trésor. Mais ce n'était pas pour autant qu'il voulait le manger pour de vrai. Bien que ce soit la première fois qu'il en mangeait, il se félicitait de l'avoir aussi bien réussi.
Préférant ne plus y penser, le rouge pénétra dans sa chambre. Il vit Kuroko en train de lire un de ses romans sur leur lit comme à son habitude. Il s'approcha doucement, ne voulant pas le déranger. Puis, il vit un peu plus nettement à chacun de ses pas les divers pansements et autres bandages qui recouvraient son corps. Ils n'avaient rien trouvé d'autre de plus efficace pour dissimuler les traces de doigts sur les poignets. Combien de force cet enfoiré avait utilisé? Un peu plus et il lui brisait les os.
Dans sa contemplation, l'expatrié remarqua que, non seulement son partenaire ne l'avait toujours pas remarqué, mais aussi que celui-ci fixait la même page depuis un moment. Il décida de s'approcher et vit le regard voilé de son ami. Le tigre se pencha légèrement et frôla l'épaule du bleu qui réagit de façon excessive. Tetsuya sursauta au contact, et glissa de l'autre côté du lit en voyant un géant à ses côtés. Il serait tombé sur lit si le dunker ne l'avait pas rattrapé à temps en le retenant par le bras.
- Kuroko, c'est moi. Tenta de rassurer Kagami.
Kuroko releva la tête et vit une touffe rouge bien familière. Qu'est-ce qui lui avait pris de sursauter de la sorte? Il était ridicule. Il était au camp Seirin. Il n'était ni dans la forêt, ni au camp Jigoku. Il lâcha un léger soupire et se repris.
- Désolé Kagami-kun… J'étais perdu dans mes pensées.
Le géant acquiesça silencieusement avant de remarquer les légers tremblements du plus petit. Il lui avait fait peur? Il s'en voulait. Peut-être que, dans la panique, le bleu avait eu une vision de l'incident. Il lâcha le bras et s'écarta de l'être aimé pour s'assoir par terre.
- Kagami-kun? S'étonna le bleu.
- Je vais dormir par terre.
- Mais…
- Comme je prends toujours toute la place dans le lit, je risquerais de t'écraser. Alors pour un temps, je dormirais par terre.
- Je suis désolé…
Le numéro dix se coucha sur le bois grinçant et fait mine de s'endormir rapidement. Durant ce temps, le numéro onze fixait la place vide à ses côtés. Bien qu'il puisse entendre sa respiration, celui-ci était hors de sa portée et de son champ de vision. Il baissa légèrement sa tête. Prétextant avoir toute la place pour lui tout seul, l'ombre se rapprocha de l'autre bord, plus proche du tigre, et se coucha. Sa respiration régulière le berça silencieusement, l'endormant de suite. Il avait vécu une journée assez chargée.
Au beau milieu de la nuit, Kagami fut réveillé par des halètements. Il se redressa légèrement sur les coudes, sentant à la hauteur de son dos une douleur, et jeta un œil sur le lit au-dessus. Il ne voyait pas clairement mais il pouvait entendre un souffle saccadé, comme si Kuroko avait du mal à respirer. Taiga se leva difficilement, attendant d'habituer ses yeux à l'obscurité. Une fois certain de distinguer quelque chose dans cette nuit noire, ce qu'il vit le plongea dans un mal-être absolu. Le passeur était recouvert de sueur, une expression horrifiée sur le visage. Sans doute un horrible cauchemar.
Dans cette chambre ténébreuse, le géant ne vit pas lors du dernier sursaut chez le dormeur que celui-ci avait ouvert les yeux. Kuroko était essoufflé, en nage. Il respirait à grande peine. Soudain, il vit une grande ombre noire s'approcher et son cœur battait de plus belle. Il aurait voulu hurler sa peur mais impossible de faire sortir le moindre son de sa bouche asséchée. Sa gorge était sèche, sa respiration saccadée, l'empêchant de raisonner calmement. Il commença à se crisper sur lui-même, voulant dissuader cette ombre géante de le toucher.
De son côté, Kagami vit cette crise prendre des dimensions inattendues. Que devait-il faire? Réveiller les autres? Et si Kuroko se mettait à paniquer encore plus en voyant du monde? Peut-être qu'en attendant un peu, le bleu finirait par se calmer. Mais il ne pouvait quand même pas le laisser dans cet état. Il décida alors de tenter quelque chose.
- Désolé, Kuroko.
Le rouge grimpa sur le lit et, malgré la résistance du bleu à son égard, réussit à se glisser derrière la victime de cette crise d'angoisse. Il le bloqua contre lui et le serra dans ses bras. Il releva la tête vers le haut, afin de faciliter le passage de l'air dans les poumons. Étant parvenu à bien positionner l'homme de l'ombre contre lui, il réussit par un tour de force à glisser sa main, l'autre maintenant la tête, entre les doigts afin de les décrisper. Même s'il était quelque peu inexpressif, Kuroko avait été traumatisé par ce que cet enfoiré avait fait. Il se jura de le lui faire payer.
Une présence inconnue se glissa derrière lui. Une ombre géante et imposante s'était enroulée autour de lui. Dans cette noirceur, il ne voyait rien. Il ne comprenait rien. Une peur gigantesque s'installait dans son cœur. La nuit le faisait peur par sa froideur. L'ombre noir lui faisait peur. Aomine-kun lui faisait peur. Kagami-kun! Puis, cette présence menaçante se fit de plus en plus rassurante. Il ne savait pas comment, mais d'un coup, ce qui l'enserrait s'était transformé en doux réconfort. La chaleur de ses bras, la douceur de son souffle, la tendresse dans ses gestes. Son cœur se calma peu à peu, reprenant un rythme cardiaque normal. Mais il avait froid. Très froid. Il commença à grelotter. Cette présence le sentit et se recroquevilla un peu pour l'emmitoufler contre lui. Le bras, qui maintenait sa tête, quitta son poste pour rejoindre l'autre bras. Complètement immergé dans cette aura rassurante, le bleu s'endormit à nouveau dans une nuit sans rêve à profiter d'un sommeil réparateur, ses mains sur celles de son bienfaiteur.
Le lendemain matin, Kuroko se réveilla avec les premières lueurs du jour. Il se sentit incroyablement bien, malgré son cauchemar de la veille. Il ouvrit doucement les yeux et vit des bras et des jambes l'entourer. Il tourna légèrement la tête pour voir Kagami endormi, un petit filet de bave au coin de la bouche. Cela fit sourire l'ancien joueur de Teiko, qui se demandait comment ils avaient pu arriver à une position aussi bizarre. Ne devait-il pas dormir par terre?
Un peu plus tard, Seirin retourna au camp Jigoku afin de bénéficier de sa journée gracieusement offerte. Il serait bien dommage de faire manquer cela à l'ombre blessée. Mais qu'est-ce qui lui avait pris de se prendre un lapin en pleine face et de tomber dans les fourrages pour se blesser au point d'avoir des plaies partout? Il participerait à l'événement, même s'il allait devoir se ménager.
Jusqu'à midi, la jeune équipe fraîchement créée, sua sang et eau en usant un maximum de matériel, se dispersant dans tout le complexe pour profiter d'un tel luxe, sur ordre d'Aida Riko. Puis, le repas fut le paradis, complètement différent de la chose censée être de la nourriture que leur servait la coach. Quand à ce cher Kagami-kun, il était aux aguets. Dès qu'il verrait l'enfoiré tant recherché, il aurait deux mots à lui dire.
C'est au milieu de l'après-midi, en se balançant d'un bâtiment à l'autre, que le rouge rencontra Kise en compagnie de Kasamatsu. Il les aborda immédiatement, ignorant presque la présence du petit senpai. Sa fureur était presque visible à l'œil nu.
- Eh Kise! Il est où l'autre?
- Kagamicchi! Comment ça va depuis hier? Et Kurokocchi? Tenta Kise de changer de sujet.
- Ne joue pas avec moi, dis-moi où il est.
- Je suis désolé, mais je ne l'ai pas vu. J'ai mon propre entrainement tu sais?
- Eh! M'ignore pas le seconde! S'énerva Kasamatsu.
Voyant qu'il n'obtiendra rien de plus du blond, Taiga tourna les talons et retourna à ses recherches. Cependant, Ryota ne pensait pas à la même chose et retint l'enflammé du bras.
- Calme-toi. Ce n'est pas par la violence que tu régleras cette histoire. Surtout ici. On est surveillé de partout. Au moindre faux pas et tu peux faire suspendre ton équipe des tournois.
Kagami se dégagea violemment et partit sans un mot, ignorant les joueurs de Kaijo. Kise soupira fatigué. Kasamatsu, silencieux durant leur échange, fixa intensément son imbécile d'équipier. Sentant un regard lourd peser sur lui, l'ancien joueur de Teiko sourit comme à son habitude. Seulement, cela ne marchait pas aussi bien qu'avec les filles membres de son fan club. L'ainé n'était pas né de la dernière pluie. Il sentait bien que quelque chose n'allait pas.
- Kise…
- S'il te plait, senpai. Ne me demande rien.
- Baisse-toi.
- Hein?
Kasamatsu donna un léger coup de genou derrière ceux du copieur qui se retrouva instantanément à genou. Le senpai se plaça de nouveau face au blond et lui caressa doucement la tête. Bien qu'il ne puisse rien faire pour aider son cadet, il pouvait bien le réconforter un petit peu. Bien que le Kise habituel était un idiot et très fatigant, il le préférait au Kise déprimé. Ce n'était plus vraiment lui s'il n'avait pas le moral.
Kise fut étonné par ce geste. Il s'attendait plus à l'un des coups de pieds habituel de son senpai. Bien que douloureux à chaque dois, cela le ramenait toujours sur terre. Autant de gentillesse le ferait presque pleurer. Ah décidément, il était trop sensible lui.
- Merci. Kasamatsu-senpai.
- Idiot.
Kagami courut un peu partout dans le complexe sportif avant d'atterrir dans une cour isolée. Là, il aperçut enfin cette personne tant recherchée. Il vérifia qu'il n'y ait pas de caméra dans le coin et avança à grands pas furibonds. Aomine qui le vit s'approcher avec sa tignasse rouge se redressa et attendit de pied ferme le coléreux.
- Enfoiré! Cria Kagami.
- Yo, Taiga!
- Je t'interdis de m'appeler par mon prénom, sale détraqué! Pervers!
Taiga empoigna violemment le tee-shirt de Daiki qui se laissa faire. Son regard n'était ni sarcastique, ni amusé. Juste résigné par ce qui se passait, presque ennuyé que son comportement soit si prévisible. Le rouge grinça des dents, ayant du mal à se retenir. Il repensa aux paroles de Kise. La violence ne résoudrait rien. Rien ne pouvait rattraper tout le mal qui avait été fait sur Kuroko. Une vengeance pareille ne valait rien. Il lâcha doucement prise, des doigts encore crispés sur le tee-shirt.
- Tu te rends compte du mal que t'a fait à Kuroko? Essaya de dire Kagami calmement.
- Ouais.
- Et ça te fait rien?
- Kise m'a déjà frappé, non? Répondit Aomine, un petit sourire en coin.
- Il était…ton petit ami…
- Exact.
- Et tu l'as traité…comme ta chose.
- Tetsu m'appartient. Répliqua le bleu comme une évidence.
Il avait causé beaucoup de mal à celui qu'il aimait. Il avait décidé de le récupérer par tous les moyens, même les pires qui soient. Résultat des courses, il avait tout perdu sur toute la ligne. Ce nouveau, débarqué de nulle part avait dérobé sa place. Ce goût infect que lui laissait la défaite dans la bouche était incroyablement amer. Tellement amer que s'en était insupportable. Que cela se termine vite. Aussi vite que possible pour passer à autre chose.
Cette fois-ci, la vision déjà rouge qu'avait Kagami vira au noir. Il ne se retint plus. Il lança un puissant coup de poing rageur contre la joue de son ennemi qui n'avait pas bougé. Aomine se retrouva éjecté plus loin, atterrissant violemment par terre. Taiga réempoigna le tee-shirt du bleu et le regard droit dans les yeux, dévoilant toute sa violence ainsi que sa haine envers ce misérable ver de terre. Il lui cria dessus.
- Tu te rends compte qu'à cause de ta connerie, Kuroko rêve de ta tentative de viol? Pas plus tard qu'hier, il a fait une crise d'angoisse à cause de toi!
Daiki avait bien vu le mal qu'il avait fait à Tetsu. C'était comme cette fois-là. Tout était devenu noir, comme un voile devant ses yeux. Et quand il s'était réveillé, le mal était fait. Il aimait Tetsu. Mais Tetsu ne l'aimait plus. Il avait du mal à l'accepter. C'était son Tetsu. Mais Tetsu ne le voyait plus. Son regard s'était tourné vers cette autre lumière. Pourtant le mal était fait. Il avait perdu sa lumière.
- Tetsu…
- Ne l'appelle pas comme ça! T'en a pas le droit!
Aomine ne supporta plus ce regard rempli de reproche et de haine. Mais il l'avait bien cherché. Il avait passé sa nuit à réfléchir. Il ne voyait pas comment tout cela avait tourné ainsi. Où s'était-il trompé? Il leva le bras. Kagami se prépara à riposter quand le bronzé posa sa main sur le bras qui le retenait en otage.
- Je suis désolé.
Kagami se calma légèrement, même si ce n'était pas assez pour apaiser sa colère débordante. Il le lâcha sèchement et se releva. Ce mec semblait enfin comprendre son erreur. Il restait néanmoins un dangereux prédateur, même s'il était, à ce qu'on dirait, sincère dans ses excuses. Cependant, son attitude n'en montrait pas grand-chose. Sans doute était-il du genre à ne jamais s'excuser mais pour l'instant, cela suffisait.
- C'est pas à moi que tu dois dire ça.
Taiga s'éloigna et voulut retourner à son entrainement. Avant de quitter le champ de vision du bleu, il rajouta sans se retourner.
- Pour l'instant, je t'interdis de l'approcher. Si jamais je te revois lui tourner autour, je te donnerais un autre coup de poing. Et je ne m'arrêtais pas à un seul comme aujourd'hui.
Aomine resta un moment au sol, la main sur sa joue gonflée. Ce type n'y était pas allé de main morte, comme lui avec Tetsu. Il avait un mal de chien à sa joue. Il se perdit dans ses pensées quand il entendit des bruits de pas. Pensant que le rouge avait oublié quelque chose, il releva la tête, un sourire moqueur plaqué sur le visage pour le provoquer. Il ravala son sourire en voyant son visiteur.
- Tetsu…
- Aomine-kun
Kuroko mit une certaine distance entre eux, ne s'approchant pas plus, prêt à faire demi-tour s'il le fallait. Il resta dans une phase de réflexion silencieuse, cherchant les mots qu'il fallait, avant de s'incliner.
- Je suis désolé de ne pas avoir pu te sauver, Aomine-kun.
L'ombre se redressa et s'en alla rapidement. Daiki l'interpella. Il ne trouvait pas les mots justes pour dire tout ce qu'il voulait, mais finalement, un seul lui vint en tête. Le plus important.
- Je suis désolé. Pour tout ce que je t'ai fait.
Le joueur fantôme ne se retourna toujours pas puis, reprit le pas après un léger acquiescement. Il ne pardonnerait sans doute pas comme la première fois. Mais il ne pouvait faire une croix sur tout ce qui c'était passé entre eux.
- Tu devrais faire plus attention à Kise-kun et bien délimiter la frontière.
Et le plus petit s'en alla comme il était venu, laissant le bronzé toujours au sol. Une frontière, hein? Il avait brisé Kise jusqu'à ce point et on lui parlait encore de frontière. Mais n'était-ce pas déjà trop tard? Il regarda son ex le laisser assis là, avançant vers un futur plus radieux.
- Tetsu!
Il ne s'arrêta toujours pas, s'éloignant un peu plus de lui à chaque pas. Voici donc le dos d'un homme qui était tourné vers l'avenir. Une bien grande silhouette pour un si petit homme.
- Comment tu trouves ta nouvelle lumière?
Kuroko s'arrêta et réfléchit. Que représentait Kagami-kun pour lui? Il ressassa ces derniers jours et trouva sa réponse. Il finit par se retourner, le sourire aux lèvres.
- Je l'aime.
Daiki fut éblouit par un tel sourire et sourit à son tour. Il avait complètement perdu la partie. Malgré toute cette envie dévastatrice qui l'envahissait, il ne put dire qu'une chose.
- Félicitation.
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