Bonsoir tout le monde ! ^^ Me revoilà enfin avec le chapitre 8 !

Spéciale dédicace à mon Alounet d'amour, à sa patience d'ange et à son "Ski Estival Les Scènes Censurées" que je vous recommande encore et toujours… :P

Sinon, je suis ravie de constater que je suis toujours en vie, et ce malgré la manière intolérablement sadique dont j'ai terminé le chapitre précédent. Pour vous remercier de votre clémence, je vous offre un chapitre de près de 5500 mots, le plus long que j'aie posté jusque là ! O:)

J'espère qu'il vous plaira ! ;)


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Ski estival

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Chapitre 8 : Le Général Puckerman au rapport

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Les dernières heures que Rory venait de vivre avaient sans doute été les pires de sa vie. La veille encore, il flottait sur un nuage de bonheur, et soudainement, tout s'était effondré…

L'irlandais était en ce moment-même assis sur le canapé du salon, ignorant tous ceux qui étaient venu le voir. Car évidemment, la nouvelle avait déjà fait le tour du chalet ! Les plus matinaux avaient donc tenté de le réconforter, mais aucun d'eux n'obtint la moindre parole de sa part. Une seule personne au monde aurait pu le sortir de cette torpeur si douloureuse. Et par la plus cruelle des ironies, cette personne était justement celui qui le faisait souffrir.

Sam.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que Rory n'avait rien vu venir. Il se sentait tellement bête, en y repensant… Il aurait dû se douter de quelque chose !

Fatigué, il était rentré au chalet assez tôt dans la soirée de la veille, laissant Sam, Puck et les autres se soûler à leur guise… Pourtant le sommeil l'avait fui, il s'était senti étrangement triste et seul, dans ce grand lit froid. Alors il avait attendu. Toute la nuit. Mais Sam n'était pas rentré. Commençant à s'inquiéter sérieusement, il s'était levé à l'aube afin de partir à sa recherche. C'est là qu'il avait croisé Sugar. Là encore, il aurait dû voir les signes ! La jeune fille, tout sourire, lui avait affirmé savoir où se trouvait son cher blondinet. Mais trop soulagé pour se méfier, il l'avait simplement suivie à travers les couloirs de la demeure. Elle lui avait finalement indiqué une chambre où elle avait vu Sam entrer, en revenant du restaurant. Puis elle était partie. Comme ça.

Rory avait donc frappé à la porte, et face à l'absence de réponse, s'était résigné à entrer. Ce qu'il avait vu dans cette chambre resterait à jamais gravé dans sa mémoire. Sam, son Sam, nu dans ce lit avec Sebastian. Cette vision lui avait fait tellement mal qu'il n'avait même pas pas réagi, laissant simplement ses larmes lui dévorer le visage sans pouvoir détourner les yeux de cette scène abominable.

Quand Sam avait enfin ouvert les yeux, Rory l'avait appelé, toujours tétanisé sur le pas de la porte. La suite s'était déroulée comme au ralenti.

Sam qui le voit.

Rory qui croise son regard à travers ses larmes.

Sam qui se rend compte de la situation.

Sam qui regarde Sebastian.

Sebastian qui se réveille.

Sebastian qui salue Sam.

Sebastian qui sourit à Sam.

Sebastian qui a couché avec Sam.

Sebastian, encore et toujours Sebastian !

Rory n'était pas quelqu'un de violent, pourtant une vague de rage destructrice l'envahit en pensant au Warbler. Il serra les poings si fortement qu'il en eut mal, et des larmes s'échappèrent à nouveau de ses yeux fatigués. Il remarqua à peine la main de monsieur Shuester qui tapotait son épaule, ayant oublié jusqu'à la présence du professeur à ses côtés.

L'homme se leva, le regard dirigé vers la porte du salon, puis partit sans un mot. Rory tourna la tête et vit Quinn entrer dans la pièce, silencieuse. La blonde s'assit près de lui et s'apprêtait à parler, mais le brun l'en empêcha, sa voix rauque se faisant entendre pour la toute première fois depuis sa terrible découverte.

« Ne fais pas ça, s'il-te-plaît », implora Rory en essuyant ses yeux humides.

« Faire quoi ? »

« Le défendre. J'imagine que c'est lui qui t'a envoyée… »

« Non, pas du tout. En fait… il est à peu près dans le même état que toi. Sauf que lui, il insulte quiconque essaie de l'approcher. Moi comprise. »

Rory eut un moment d'arrêt.

« Quoi ? », s'écria-t-il, choqué.

Quinn, LA Quinn à qui Sam tenait tant ? Impossible !

« J'ai essayé de le réconforter, et il m'a hurlé que j'étais bien placée pour l'aider, vu que j'en connais un rayon sur l'infidélité », fit-elle en grimaçant.

Rory, lui, semblait laisser sa colère prendre le dessus sur sa peine.

« Mais c'est pas possible, il est vraiment… »

« Malheureux ? », proposa Quinn. « Dévasté ? Rongé par le regret ? Si c'est ça, alors oui, il l'est. Et je ne peux pas lui en vouloir, ce qu'il m'a reproché n'est que la stricte vérité. Donc je comprends mieux que n'importe qui à quel point il doit se sentir horrible.»

« Tu vois ?! Même après ce qu'il t'a dit, tu lui trouves des excuses ! », s'indigna l'irlandais.

« Parce qu'il en a. Je sais que c'est difficile à admettre, surtout pour toi, mais ce n'est pas Sam le salaud de l'histoire. J'étais là quand ses souvenirs de cette nuit lui sont revenus, tout à l'heure. Et il s'est tout simplement effondré. Je peux te jurer qu'en ce moment, il souffre au moins autant que toi… »

« Arrête, je ne veux surtout pas entendre ça ! », la supplia presque Rory, se bouchant les oreilles.

« Excuse-moi », se reprit finalement la blonde. « Bon, tu préfères sûrement que je te laisse seul… »

Elle se leva et commença à s'éloigner

« Au fait, Quinn », l'interpela le jeune homme.

« Oui ? »

« Je n'ai pas eu le temps de te féliciter, hier. Pour Rachel et toi. Vous formez vraiment un très beau couple… »

L'irlandais se força à sourire, mais de nouvelles larmes perlaient déjà aux coins de ses yeux tristes. Quinn se pinça les lèvres, semblant hésiter quant à ce qu'elle lui répondrait. Elle finit par se lancer :

« Merci. Toi et Sam aussi formez un couple magnifique. Souviens t'en, si tu ne veux pas laisser Sebastian gagner. »

Sur ces douces paroles, elle quitta la pièce.


« Dios mío, mon pauvre petit lutin irlandais ! », hurla une tornade brune qui fonçait droit sur Rory.

Les ND se trouvaient devant le chalet, attendant leurs si charmants professeurs avant de pouvoir partir skier. Et dès que la célèbre miss Lopez avait aperçu le jeune homme, elle s'était littéralement jetée sur lui pour l'enlacer de ses bras protecteurs.

« Allez, pleure pas et raconte tout à Tatie Santana… »

Rory ne répondit pas, et elle commença à s'énerver :

« Mais tu fais chier, là ! Je suis gentille, j'essaie de te réconforter, et toi tu fais même pas d'efforts ! »

« Santana… J'crois que si il répond pas, c'est parce que t'es en train de l'étouffer », intervint Finn. « Je suis pas sûr, hein. Y a juste sa tête qu'est coincée entre tes seins. »

Après un « Je t'emmerde, monsieur-j'sais-pas-baiser ! » à l'attention de Finn, la brune se décida enfin à lâcher Rory. Ce dernier était écarlate et se mit à respirer bruyamment, savourant l'air qui entrait à nouveau dans ses poumons.

« Eh, remets-toi, lutin ! », ricana l'hispanique. « Je sais que c'était la meilleure expérience de ta vie, mais t'attache pas trop non plus… »

« C'est clair que pour les gays, mourir étouffés par d'énormes seins en plastique, c'est genre leur plus grand rêve ! », ironisa Puck.

« Toi, ta gueule ! », répliqua la jeune femme. « Il y a des choses que je sais à propos des "folles aventures de monsieur Puckerman et sa baleine domestiquée ". Et t'as vraiment pas envie que je les répète… »

« Euh, Santana ? », hésita Rory, qui se demandait si cette discussion le concernait réellement. « Pourquoi essaies-tu d'être gentille avec moi ? »

« C'est vrai, j'avoue, je m'arrange toujours pour faire comme si t'existais pas, j'ai essayé à plusieurs reprises de te renvoyer dans ton pays et je te considère plus comme notre mascotte que comme un vrai chanteur, mais c'est ma façon de te montrer que je t'apprécie. Et surtout, te voir chialer comme ça fait beaucoup de peine à Brit' ! Alors tu vas y mettre un peu du tien, parce que si je dois castrer Bouche de Mérou et Trou Duc' Warbler pour que t'arrêtes de tirer la tronche, j'hésiterai pas ! »

Le brun la fixa silencieusement, sidéré. La petite amie de Santana choisit ce moment pour les rejoindre, tout sourire.

« Oh, Rory, ta corne brille ! », s'extasia la jeune fille. « J'ai cru que tu l'avais perdue tout à l'heure, mais elle était juste cachée par tes sentiments négatifs… »

L'irlandais ne releva pas, habitué aux délires de Brittany. Depuis le temps qu'il vivait chez elle, il parvenait même à comprendre le sens de chacun de ses propos étranges.

« Au fait », poursuivit la blonde, « j'ai une super nouvelle. Ton arc-en-ciel est réapparu ! »

« Son arc-en-ciel ? », s'enquit Santana qui, pour une fois, ne connaissait pas cette histoire.

« Mais oui, tu sais bien, le lien magique qui lie les licornes entre elles ! Mon arc-en-ciel m'attache à toi, l'arc-en-ciel de Quinn l'attache à Rachel, etcetera… Celui de Rory et Sam était parti parce que Sebastian a donné un vilain coup de corne dedans, mais il est réapparu ! C'est pas génial, ça ? »

Brittany s'empara des mains de sa petite amie et se mit à sautiller joyeusement, ce qui fit naître un sourire radieux sur les lèvres de l'hispanique démoniaque.

« Tu t'en sors bien pour cette fois, saleté de lutin… », grogna-t-elle avant de s'éloigner avec sa moitié.

Rory n'était pas sûr de ce qu'il ressentait en cet instant. Mais il s'interdit d'espérer que Brittany ait raison…


Ce jour-là, il faisait étonnamment beau. Pas si surprenant que ça en fait, ils étaient en juillet après tout ! Mais le doux soleil qui surplombait la montagne enneigée ne fut pas des plus efficaces pour réchauffer les cœurs…

En effet, cette nouvelle journée de ski se passa dans une ambiance des plus sinistres.

Rory évitait Sam, qui refusait d'approcher Quinn et encore moins Sebastian, qui gardait ses distances avec David, qui ne souhaitait pas parler avec William, qui se disputait avec Sue, qui maudissait Sugar.

Donc évidemment, la communication était plutôt limitée. À cela s'ajoutait la gueule de bois monumentale de la plupart des élèves, et on se retrouvait avec un paquet de mauvaise humeur ambulant… Très joyeux, tout ça !

Seule Sugar semblait imperméable à ce nuage de déprime qui flottait dans l'air, collant aux basques d'un Rory trop abattu pour l'envoyer paître.

Au déjeuner, le monologue de la rousse fut interrompu par l'arrivée d'un intrus à sa table. Un intrus blond aux yeux rougis.

« Rory, je peux te parler s'il-te-plaît ? », demanda-t-il d'une voix hésitante.

« Si tu… »

« C'est hors de question ! », s'interposa la charmante mademoiselle Motta. « On est occupés et tu nous déranges, là »

« C'est à Rory que j'ai posé la question », cracha Sam, lassé des caprices de la jeune fille.

« Mais… »

« C'est d'accord », accepta soudain l'irlandais.

« Quoi ? Mais Rory, enfin ! Après ce qu'il t'a… »

« On va juste parler », soupira le brun. « J'ai besoin de comprendre, tu peux m'accorder ça quand même… »

Sugar les laissa enfin, déstabilisée par le ton cassant du jeune homme.

« Bien », fit Rory en gardant ses yeux fixés sur la table. « Je t'écoute… »

« Je… Oh Rory, je suis tellement désolé, si tu savais ! Je ne sais pas ce qui m'a pris. Je sais que ce n'est pas une excuse, mais j'étais ivre mort, je ne me rendais pas compte de ce que je faisais… Et Sebastian… Sebastian en a profité. Mais je ne vais pas te demander de me pardonner, moi-même je n'y arrive pas. »

L'irlandais n'avait pas bougé d'un millimètre pendant la tirade de Sam, et ce dernier ne pouvait pas voir son visage, toujours penché sur la table.

« Rory ? »

L'interpelé le regarda enfin, et Sam croisa ses yeux baignés de larmes.

« Est-ce qu'on est… séparés ? », hésita le brun.

« La décision t'appartient. Et quel que soit ton choix, je l'accepterai mais… je veux juste que tu saches que c'est toi que j'aime et rien que toi. »

Rory soupira.

« Je suis tellement pathétique, j'arrive même pas à te détester après ça. Mais c'est trop dur, j'arrête pas de penser à toi et Sebastian en train de… de… »

Il serra les poings et laissa sa phrase inachevée.

« Désolé Sam, je ne peux pas », fit-il finalement, comme s'il venait de prononcer une sentence.

« Okay, je comprends… », murmura finalement Sam en se levant. « Merci de m'avoir écouté. Prends soin de toi, Rory. »

Il lui déposa un baiser sur le front et s'éloigna, ne voyant pas que ce geste troublait beaucoup son petit-ami. Non, son ex petit-ami.

Quelques tables plus loin, deux jeunes hommes n'avaient pas manqué une miette de la scène.

« Il faut qu'on fasse quelque chose, c'est plus possible là ! », déclara Puck. « Si je lui avais pas refilé cette bouteille de merde, aussi… »

« C'est pas ta faute, mec, tu pouvais pas savoir », répondit Finn. « Et puis on peut pas faire grand-chose pour eux… »

« Bien sûr qu'on peut ! Y a qu'une chose à faire, même ! Mais un certain trouillard a pas assez de couilles pour aider ses amis… »

« J'ai juste dit que je la sentais pas, ton idée. Mets-toi à ma place deux secondes, aussi ! Et puis c'est leurs histoires, pourquoi on devrait s'en mêler ? »

Puck resta silencieux un moment, songeur, puis reprit :

« Bon, okay, c'était pt'être un peu abusé. Mais Sam est notre pote, et Rory est un chouette type, on d'vrait pouvoir faire quelque chose… »

« J'crois que j'ai une idée. »

Passée la surprise que Finn soit capable d'avoir des idées, Puck se décida à l'écouter. Et il réalisa que passer des heures devant une console de jeux ne grillait pas le cerveau. Au contraire…


« David, tu sais que tu n'es vraiment pas discret ? », remarqua William alors que le groupe avançait – non pas en skis, mais en raquettes – sur le sol neigeux.

« De quoi tu parles ? », répondit son collègue avec une mauvaise foi déconcertante.

« En deux mots : Sebastian Smythe. »

David regarda étrangement son ami, craignant qu'il ait deviné ses actes répréhensibles de la nuit précédente. Mais William lui sourit d'une manière simplement encourageante, avant d'ajouter :

« Heureusement que je suis là pour l'empêcher de se retrouver seul avec toi. Vu ta manière de l'observer, qui sait ce qui aurait pu se passer ! »

Et oui, applaudissons joyeusement notre cher Professeur Perspicace : William Shuester ! Ce dernier était tellement fier d'avoir enfin une utilité qu'il ne remarqua même pas le soulagement de l'hispanique.

« On parle d'abus sexuels sur mineurs et on ne m'invite pas à prendre part à la conversation ? », intervint Sue qui n'avait pas torturé assez de personnes, aujourd'hui.

Elle regarda derrière elle, semblant vérifier quelque chose, avant de poursuivre :

« Parce que pour votre culture personnelle, sachez que si le mineur en question est consentant, alors ce n'est plus un abus et tout l'intérêt de la chose disparaît... »

« Sue, comment peux-tu une chose aussi horrible ?! » s'indigna Shuester.

« Mais parce que je me suis moi-même accordé l'autorisation de le dire », annonça fièrement la coach. « Bah qu'est-ce qui t'arrive, Colgate ? T'es presque aussi blanc que tes dents ! »

« Sue... pourquoi as-tu parlé de ça, tout à coup ? »

« Oh, parce que j'y ai pensé quand j'ai vu Smythe regarder dans votre direction. Et je sais que ce sont tes fesses et pas celles de William qu'il lorgnait, étant donné que les siennes sont situées sur son menton ! »

« Hé ! », intervint très utilement mister Shue.

« Bref, je pense qu'il est temps de faire une pause », décréta Sue. « Freedent est fatigué. »

« Ah bon ? », s'étonna l'intéressé.

« Ouais, tu marches de travers… »

David rougit violemment en repensant aux activités nocturnes qui l'avaient amené à "marcher de travers"…

Il allait changer de sujet quand il réalisa que Sue et Will s'en étaient déjà chargés tous seuls, partant dans une de leurs interminables disputes sans queue ni tête dont eux seuls avaient le secret.

Comme ils en auraient sans doute pour un moment, David annonça aux élèves qu'ils prenaient une pause. Puis il se replongea dans son activité préférée du moment : observer Sebastian quand il croyait que le Warbler ne le voyait pas. Sauf que, pas de chance, lorsque les yeux du professeur se posèrent sur lui, le jeune homme était déjà en train de le fixer d'un air… gourmand ?

Il lui fin un clin d'œil accompagné de son fameux sourire lubrique, avant de tourner les talons pour se diriger vers les rochers et falaises recouverts de neige qui constituaient le paysage.

C'était une invitation implicite, et ça David l'avait parfaitement compris. Fermement motivé à lui résister, il décida de ne pas le suivre et se tourna vers ses collègues. Will s'était proposé pour les empêcher de se retrouver seuls, et il avait beau avoir déjà échoué une fois – sans le savoir – David était certain que son ami ne faillirait plus à son engagement.

Que c'est mignon, la naïveté !

William ne surveillait absolument rien, toujours en train de s'acharner sur Sue qui le lui rendait bien.

Quand on comparait ce qui attendait David s'il suivait Sebastian, et la fascinante conversation à laquelle il assisterait s'il restait ici, le choix ne fut pas très difficile… Il fallut moins d'une minute à notre cher Martinez pour craquer et fausser compagnie à ses collèges, disparaissant à son tour derrière les rochers.

Quant à Sue et Will, il leur faudrait un peu plus longtemps pour se rendre compte d'un petit détail :

« William, on a un problème. C'est pas assez lumineux ! »

« Sue, le soleil nous aveugle presque et on est entourés de neige, comment veux-tu faire plus lumineux que ça ? »

« Avec les dents d'une certaine personne, par exemple… »

Une seconde passa.

Puis deux.

Et une troisième.

« Mais attends, où est David ? »

David avait disparu. Depuis un quart d'heure. Sebastian aussi avait disparu. Depuis à peu près aussi longtemps.

Même pour un cerveau aussi peu entraîné que celui de William Shuester, le calcul n'était pas difficile.

Et Dieu savait tout ce qu'il pouvait se passer en quinze minutes…


Quinze minutes plus tôt…

L'homme progressait le long de la falaise depuis un petit moment déjà, et toujours rien. Quelle idée stupide, aussi ! Ce n'est pas comme si Sebastian était une personne de confiance.

Énervé par sa propre faiblesse, il allait rebrousser chemin quand un bras sorti de nulle part l'attira dans les rochers. Non, dans une grotte entre les rochers. Elle n'était pas très grande, mais la neige ne pouvait pas s'y introduire, et une épaisse mousse verte formait comme un tapis sur son sol froid.

« Je savais que tu viendrais ! », s'écria victorieusement Sebastian, étendu sur ledit tapis de mousse. « Mais avant toute chose, j'ai une question qui me titille : est-ce que tu as aussi mal au cul que moi ? Parce qu'avec ce que tu m'as mis hier, ça serait vraiment injuste que tu morfles pas, toi aussi ! »

Le professeur rougit discrètement mais ne répondit pas, s'asseyant prudemment à ses côtés.

« Pourquoi tu m'as fait venir ici ? », s'enquit enfin l'hispanique.

« Parce que c'est isolé et confortable pour profiter comme il se doit de notre pause… », susurra le jeune homme en appuyant sa main sur la cuisse de David.

Ce dernier le repoussa et fit d'un ton amer :

« Sam ne veut plus de toi alors tu te rabats sur le lot de consolation ? »

« Tu me fais quoi, là ? Une crise de jalousie ? », répliqua le Warber, mal à l'aise. « Quand j'ai baisé avec toi, je t'ai pas juré fidélité éternelle, à ce que je sache ! C'est juste du cul, et on aime ça tous les deux, non ? »

Sebastian lui sourit. Oh non, pas ce sourire-là, David était sûr de craquer s'il lui souriait ainsi.

« Tu as déjà eu ce que tu voulais de moi », tenta-t-il d'une voix qui se voulait autoritaire. « Pourquoi continuer, maintenant ? »

« Parce qu'un plan cul peut devenir régulier. Surtout s'il est aussi bien foutu que toi… »

Sebastian se mit à califourchon sur ses cuisses et nicha ses lèvres dans le cou de l'homme.

« Hum… Sebastian, ce… ce n'est pas une bonne idée… »

« Fais pas chier », grogna l'intéressé contre sa peau. « T'as déjà basculé une fois, t'es plus à ça prêt… »

« Je voulais dire, la… hum… la température… Et puis on aura ja…jamais le temps… »

« T'inquiètes pas, je te propose juste une petite gâterie, histoire de se réchauffer mutuellement. Reste habillé, j'ai juste besoin d'ouvrir ton pantalon… »

« Sebastian… ne fais pas… »

« Franchement David, ta gueule ! De toute façon, t'as pas le choix… »

Le beau latino se résigna donc à céder sous les assauts de Sebastian. Et il céda avec grand plaisir.


« Ah, David ! Où étais-tu ? On va rentrer, et on t'a cherché partout ! », s'écria Shuester lorsqu'il le vit enfin revenir, lui sautant pratiquement dessus.

« J'observais un peu les environs », répondit ce dernier avec une assurance surprenante. « Mais je ne me suis pas trop éloigné, j'espère ? »

William sembla soulagé, ignorant totalement qui avait conseillé à David de lui dire ça.

« C'est bon, mais quand j'ai vu que Sebastian aussi avait disparu, j'ai cru que… oublie, tout va bien dans ce cas ! »

« Sebastian a disparu ? », fit semblant de s'étonner David, dont les performances d'acteur méritent d'être saluées.

« Oui, tu ne l'as pas croisé, par hasard ? »

« C'est moi que vous cherchez ? », fit une voix moqueuse derrière Will.

Sebastian Smythe, dans toute sa splendeur ! Shuester se retourna vers le jeune homme, prenant sa voix "je suis un gentil prof, mais pas trop" :

« Où est-ce que tu étais passé ? »

« C'est une histoire très amusante ! Voyez-vous, je me promenais innocemment dans ce désert glacé quand j'ai croisé un magnifique taureau. Du coup, on a improvisé une corrida endiablée au milieu de la neige. Et bien sûr, c'est moi qui ai gagné ! Je gagné toujours… »

Will s'éloigna en soupirant, ne remarquant pas le sous-entendu de Sebastian, ni la gêne soudaine de David.

Le professeur d'espagnol suivit bien vite son collègue, mais il crut entendre un murmure dans son dos.

« Si le taureau veut prendre sa revanche, c'est ce soir, dans ma chambre…


« Tu peux me rappeler ce qu'on fait là ? », demanda Rachel à sa petite amie, alors que toutes deux poireautaient devant la porte – verrouillée – de Puck et Finn, attendant depuis plusieurs minutes qu'un d'eux ne daigne leur ouvrir.

« Pour aider Sam », répondit Quinn. « Puck m'a dit qu'on aurait aussi besoin de toi pour son fameux plan. Mais c'est vrai qu'ils en mettent, du temps… »

Quelques instants et bruits étouffés plus tard, un Puckerman tout sourire apparut enfin et les invita à entrer.

« Eh, mais c'est une décharge publique ici ! », s'indigna Rachel en voyant les vêtements plus ou moins propres, emballages divers et canettes vides qui trainaient un peu partout dans la pièce.

« Bienvenue dans une chambre de mecs ! », ricana le brun à crête.

« Parce qu'en plus tu en es fier ?! », s'indigna la brune. « Vu le temps que vous avez mis à ouvrir, je pensais que tu aurais au moins rangé un peu, Noah ! »

Puck se passa une main derrière la nuque, gêné. Il n'y avait que Rachel pour l'engueuler comme ça !

« Ouais, mais en fait on était occupés à… bref, si on passait plutôt au plan. Asseyez-vous, les filles. »

Les deux jeunes hommes étaient avachis sur le lit de Finn, qui ne ressemblait vraiment à rien avec ses draps froissés et ses taches douteuses, tandis que Rachel fixait d'un œil suspicieux celui de Puck, impeccable, fait, et recouvert d'une couverture propre. C'était louche. Très louche, même.

Mais Quinn s'y assit et Rachel finit par l'imiter, faisant confiance au jugement de sa petite amie.

« Donc Puck, ton plan… », commença Quinn, gênée de se trouver en présence des garçons depuis la récente découverte de Brittany.

« En fait c'est pas mon plan, c'est Finn qui a eu l'idée… Mais c'est une bonne idée ! », s'empressa de préciser le jeune homme.

« Et pourquoi avez-vous besoin de nous ? », demanda Rachel, qui voulait en finir au plus vite, elle aussi.

« Pour distraire nos ennemis pendant qu'on passe à l'attaque », expliqua Finn. « C'est comme les jeux vidéo de guerre : on a deux alliés et deux adversaires. Chaque membre de notre équipe s'occupe d'un d'entre eux pour ne pas risquer une embuscade des ennemis au moment de l'achèvement de la mission. »

Silence. La fierté que le grand brun éprouvait pour son plan s'effritait au fur et à mesure que le temps passait.

« Noah, peux-tu traduire s'il-te-plaît ? », fit enfin Rachel, qui ne comprendrait décidemment jamais comment fonctionnait le cerveau de Finn Hudson.

« En gros, on doit trouver un moyen pour que l'irlandais pardonne à Sam "l'affaire Smythe". Un de nous s'occupe de Rory, un autre de Sam. »

« C'que j'ai dit, quoi… », bougonna Finn.

« Et comment comptez-vous réussir là où j'ai échoué ? », intervint Quinn, vexée que ses deux ex ici présents se prétendent plus compétents qu'elle pour aider son meilleur ami.

« C'est là où t'interviens. T'es la mieux placée pour faire parler Sam, et moi je vais m'arranger pour que Lutin Irlandais entende c'que tu lui feras dire. Avec une petite mise au point façon Puckerman juste avant, bien sûr ! »

« Il va être traumatisé si c'est toi qui t'en charges », remarqua la brune.

« Peut-être bien, mais il y des trucs que vous savez pas dans cette histoire. Me regarde pas comme ça, Rachel, on peut rien vous dire ! Bref, c'est soit Finn, soit moi. Et je suis celui qui a le moins de chance de tout faire foirer… »

« Hé ! »

« Je suis d'accord », approuva Quinn.

« Moi aussi », confirma Rachel.

Puck sourit, fier de son pouvoir de conviction.

« Donc si j'ai bien compris, pendant ce temps-là, Finn et moi on doit distraire nos "ennemis", qui sont Sebastian et… ? »

« Sugar », répondit le brun.

Rachel et Quinn écarquillèrent les yeux.

« Sugar ? », firent-elles d'une même voix.

« Elle est spéciale et souvent très agaçante, c'est vrai », reconnut la blonde, « mais elle est loin d'être dangereuse. »

« C'est là que tu te trompes, ma belle ! », ricana Puck, ce qui lui valut un regard noir d'une certaine brunette.

« Et encore une fois, vous pouvez rien nous dire de plus… », devina Quinn.

« Ouais. Comme Sugar est la moins intelligente des deux, c'est Finn qui s'occupe d'elle… »

« Hé ! », répéta le brun, qui en avait marre de s'en prendre plein la face.

« Smythe te verrait venir à trois kilomètres ! », se justifia Puck. « Au moins Sugar, tu lui parles un peu de Rory ou du fric de son père et elle te fait tout un dicours. »

Finn sembla se satisfaire de cette explication.

« Bien… ça ne m'enchante pas de m'occuper de l'autre enfoiré, mais ça se finira peut-être avec un duel en chanson, qui sait ? »

« Rêve pas trop, il y a qu'avec Santana qu'il accepterait », intervint Finn. « Ça doit être une exclusivité entre garces, je sais pas… »

« Bah t'avais qu'à lui demander, à Santana ! », s'indigna Rachel.

« Mais c'est tellement plus agréable de comploter avec ma p'tite juive préférée ! », rattrapa Puck avec un clin d'œil – et un coup de coude dans les côtes de son ami.

La vraie raison était bien sûr que contrairement à Santana, Rachel ne savait rien de leur vie sexuelle, et n'y faisait donc pas de flagrantes allusions toutes les dix secondes ! Comment elle avait appris, d'ailleurs ? Et combien de personnes savaient, exactement ?

« Bon, il y a d'autres choses à savoir ou on peut y aller ? J'ai besoin de me préparer psychologiquement à manipuler mon meilleur ami... »

« C'est pour la bonne cause, Quinn », plaida Puck.

« Si tu le dis… Je te préviens, je n'ai pas envie que Sam finisse encore plus malheureux qu'il ne l'est déjà, alors il a intérêt à marcher ton plan ! »

« C'est mon plan », corrigea Finn.

« Pas étonnant, vu toutes les risques qu'il a d'échouer… », fit Rachel, qui n'avait pas encore digéré la boule de neige en pleine tête.

« Ça va marcher », assura Puck. « Je vais gérer avec Rory, et j'ai confiance en vous, les filles ! »

« Faudrait peut-être que vous y alliez, maintenant », suggéra Finn qui se fit encore assassiner du regard. « C'est à cause de Sam ! Il va pas tarder à arriver… »

« Ici ? », s'étonna Rachel.

« Ouais. Il va dormir avec nous en attendant qu'on répare ce qu'il a fait dans sa chambre », expliqua Puck.

La brune eut l'air surpris.

« C'était sûrement quand les souvenirs de sa… nuit avec Sebastian lui sont revenus », précisa Quinn. « J'ai bien entendu des bruits après qu'il m'ait virée de sa chambre mais… à ce point-là ? »

« Un vrai champ de ruines ! », confirma Puck.

Il y eut un silence attristé, puis Quinn et Rachel se levèrent enfin, ayant déjà suffisamment tardé.

Trop tardé. Avant qu'elles puissent faire le moindre pas vers la porte, des coups furent portés contre celle-ci.

« Entre ! », indiqua Finn.

« Salut les gars, merci de… Quinn ? Rachel ? Qu'est-ce que vous faites ici ? », s'étonna Sam.

« On organise une partouze ! », plaisanta Puck. « Vu qu'on a déjà tous couché les uns avec les autres, on s'est dit que ce serait plus convivial de le faire tous ensemble ! »

Sa boutade tira un micro sourire au blond, qui remarqua :

« Presque tous. Tu n'as jamais couché avec Rachel, il me semble… »

« Et Finn et Puck n'ont rien fait non plus », ajouta la jeune fille, sur le ton de la plaisanterie.

Sam eut un regard lourd de sens vers ses deux amis, et Quinn plaça un doit devant ses lèvres, lui intimant le silence.

Le blond sembla surpris que son amie soit au courant, mais pas autant que Puck et Finn, à qui ce geste n'avait pas échappé non plus.

« Bref, c'est bon, la date de notre plan à quatre est fixée. J'vous dis à bientôt, les filles ! », fanfaronna Puck pour briser le silence.

« Sam, tu peux m'accompagner au salon ? », proposa Quinn, ignorant royalement les bêtises de son ex. « Je crois qu'il y a des choses dont il faut qu'on parle, toi et moi… »

Il acquiesça et suivit son amie qui se trouvait déjà dans le couloir, laissant bientôt les trois autres seuls dans la chambre.

« Cette fille a vraiment un talent fou pour embrouiller les gens ! », déclara Puck, admiratif.

« Ça ne la réjouit pas de faire ça », contesta Rachel. « L'arrivée de Sam nous a pris de court, maintenant il va falloir improviser. »

« Non, on s'en tient à ce qu'est prévu. Vous pouvez en penser ce que vous voulez, mais le plan de Finn est génial ! »

L'intéressé leva les yeux vers Puck, touché par son soutien, mais le brun à crête fit mine de ne pas l'avoir remarqué et déclara :

« Et c'est parti ! Le plan "Réunissons Sory par la force des Jeux Vidéos" est en route ! »

« Je n'ai pas voté pour ce titre », contesta Rachel.

« Ne discutez pas les ordres du Général Puckerman, Soldate Berry. On vous attend à votre poste ! »

La jeune fille s'exécuta en soupirant. Elle avait déjà hâte de retrouver sa Soldate Fabray bien aimée.

Mais en attendant, il y avait une saleté de Warbler dont elle devait s'occuper…


À suivre…