Holà, lectores ! :D

Me revoilà enfin, après m'être bien faite attendre. Je crois d'ailleurs qu'à l'avenir, je ne posterai pas plus d'une fois par semaine, faute de temps.

Mais passons à la partie intéressante, à savoir, que ce chapitre-ci est très conséquent. C'est sans doute le plus long de cette fiction : 8268 mots, pour être exacte ! Je n'ai pas réussi à le raccourcir ni le diviser, et il me fallait mettre un point final à cette journée de ski bien chargée. Journée qui a commencé il y a quatre chapitres, il était temps ! xD

Vous assisterez aussi au fameux "solo au micro doré" ce soir, donc je vous conseille en toute logique d'écouter la chanson au moment où elle apparaîtra, pour bien vous mettre dans l'ambiance. Vous le verrez peut-être, il y a un clin d'œil plus ou moins subtil dans le choix musical... :P

Je vous rappelle également, en fidèle publicitaire, que cette fanfic est toujours dédiée à Alounet, qu'il écrit toujours Ski Estival Les Scènes Censurées, et qu'il vous est toujours fortement conseillé d'aller baver un peu devant ses lemons exquis... Vous saviez qu'hier soir, il a posté le Faberry sous la douche du chapitre 7 ? *miam !* O:)

Sur ce, je vous libère de cette atroce note d'auteur (en supposant qu'elle soit lue) et vous souhaite à tout une bonne lecture ! ;)


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Ski estival

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Chapitre 11 : La peluche de Sue

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« Monsieur Shuester, vous saviez que Martinez couchait avec Sebastian ? »

Sue et William affichaient un air profondément choqué. Sugar, fière de sa petite intervention, contourna Martinez puis Sebastian pour quitter la pièce, non sans un sourire suffisant à l'attention de ce dernier.

Une fois n'est pas coutume, Shuester fut le premier à réagir :

« David, est-ce que c'est vrai ? »

« Je… »

« Cette fille est complètement folle ! », le coupa Sebastian en avançant, bousculant David au passage. « Vous allez quand même pas la croire ? Elle veut juste se venger parce qu'elle a pas réussi à se faire l'irlandais. Mais je couche pas avec n'importe qui, moi ! Surtout pas un vieux ! »

Martinez grimaça à ces dernières paroles, blessé malgré lui en entendant le jeune homme nier avec autant d'acharnement.

« C'est bizarre », intervint Sue, « mais on dirait que tu viens de briser le cœur de Freedent… »

Sebastian se tourna vers l'homme, plongeant son regard dans le sien avec plus d'intensité qu'il ne l'aurait souhaité. David tentait d'afficher un visage neutre, mais les yeux du Warbler qui le transperçaient ne l'aidaient pas vraiment dans cette tâche.

« L'écureuil a dit la vérité, c'est évident. Tu me déçois Martinez. Quand je t'ai autorisé à abuser de ce sale gosse, j'avais pas prévu que tu me prendrais au sérieux… Maintenant, t'es vraiment dans la merde ! »

David baissa les yeux, n'essayant même pas de se défendre. De toute manière, il n'avait jamais su mentir…

« Sebastian, peux-tu nous laisser ? », demanda Shuester.

« Hors de question William, il reste ! Je me doute bien que tu vas incendier mon Colgate Martinez, alors je suis de son côté. C'est ce sale mioche énervant qu'on doit rappeler à l'ordre ! »

« Mais tu te rends compte de ce que tu dis ? »

« Parfaitement ! Avec tout le gras de tes cheveux qui est sans doute descendu jusqu'au cerveau, c'est toi qui n'es pas apte à réfléchir calmement à la situation… »

« Mais arrête avec mes cheveux ! »

« Dites-le si on vous dérange, aussi ! », s'immisça Sebastian.

Les deux adultes se regardèrent en silence, ayant tout à coup retrouvé leur calme.

« C'est mieux. Maintenant Professeur Beau Gosse va sagement attendre dans le couloir, et moi je vais tout vous expliquer. »

David, surpris, interrogea ses collègues du regard. Si Will semblait hésiter, Sue se décida presque immédiatement :

« T'as pas entendu le gamin ? Ah c'est vrai, la masturbation rend sourd… Je répète : FREEDENT, TU SORS ! »

Ledit Freedent ne se fit pas prier, plus étonné que jamais.

« Et n'oublie pas, ton procès n'est pas annulé, seulement remis à plus tard ! », balança la coach avant de lui claquer la porte au nez, le laissant seul au milieu du couloir. David s'assit par terre, dos contre le mur, et tenta de mettre ses idées au clair.

Il avait du mal à réaliser ce qu'il venait de se passer, tout s'était enchaîné trop vite. Sugar, Sebastian, William, Sebastian, Sue, et encore Sebastian.

Les paroles du jeune homme résonnaient péniblement dans son esprit…

"Mais je couche pas avec n'importe qui, moi ! Surtout pas un vieux !"

C'était donc ça, ce qu'il ne voulait pas que Sugar répète ! Sans doute avait-il honte de leur relation. D'ailleurs, ce n'en était pas vraiment une, de relation... Cette constatation blessa David, plus encore que les mots eux-mêmes. Ces mots acides qu'il avait prononcés, la voix hautaine et méprisante…

Mais en y repensant, son intervention de tout à l'heure pouvait prendre un tout autre sens. Nier avec autant de ferveur avait peut-être pur but… de le protéger ?

David se maudit pour avoir ne serait-ce qu'envisagé cette idée. Bien sûr que ce n'était pas pour le protéger ! Sebastian se fichait bien de lui faire risquer sa place, il ne voyait en lui qu'un plan cul dont il se lasserait dès qu'il aurait trouvé mieux…

L'homme était à bout, il se sentait sur le point d'exploser, de colère ou de peine, il ne savait pas… Sans doute les deux.

Alors qu'il se torturait l'esprit en cherchant ce qui pouvait bien se dire derrière cette fichue porte, il entendit des pas dans le couloir. Et à sa grande surprise, la personne qu'il vit approcher s'arrêta juste à côté de lui...


« Deux secondes, gamin ! », fit la coach juste après avoir refermé la porte sur David. « J'ai besoin de mon matériel… »

Elle fouilla dans un sac de shopping portant l'enseigne d'une des boutiques de la station, et en sortit… un taureau en peluche !

« Smythe, je te présente Torito. Ça veut dire "petit taureau", dans la langue de ton Martinez. »

« C'est une blague ? », s'irrita Sebastian, à qui cela rappelait un sous-entendu sexuel qu'il avait laissé échapper dans l'après-midi.

« Tu croyais que j'étais aussi peu perspicace que ça ? », accusa-t-elle en désignant son collègue indigné. « Bien sûr que j'avais compris ! Et tu te doutes bien de l'impatience avec laquelle j'ai préparé ce moment… »

La femme lui indiqua de s'assoir sur le lit de Shuester, et lui mit le taureau en face des yeux.

« Maintenant, indique-moi sur la peluche où tu as touché le vilain professeur. »

« Sue, c'est le contraire ! »

« Pas du tout ! Je m'adapte à la situation, William. De toute façon je m'occupe de tout, toi reste dans ton coin et fais le moins de bruit possible… »

« Je te rappelle que c'est ma chambre. »

« Trop de blabla, pas assez de réponses aux questions… Smythe ? »

« Je vous répondrais bien, mais là où je l'ai touché, c'est pas représenté sur votre machin… », fit le jeune homme avec son habituel sourire provocateur.

Sourire qui dissimulait à la perfection sa tension et son anxiété. Et pour une fois, ce n'était pas pour lui-même qu'il s'inquiétait…

« Allez, un petit effort », insista Sylvester.

« Je peux pas le montrer sur ce truc ! Contrairement à l'autre avec la crête, je fais pas dans la zoophilie, moi ! »

« J'ai déjà entendu ça quelque part… », soupira Shuester, pas des plus ravis d'avoir trouvé une Santana-bis.

« Et Martinez, où est-ce qu'il a posé ses petites paluches ? »

Sebastian grimaça. C'était bien sympathique d'exposer fièrement ses exploits, mais quand on lui demandait d'accuser quelqu'un, ça changeait la donne, même pour lui. Et ça, Sue l'avait bien compris.

« Je vois », murmura la coach, face à son absence de réponse. « C'est bien ce que je craignais. Ecoute, j'ai un marché à te proposer, Smythe. Un marché qui arrangera tout le monde et que tu n'es pas en mesure de refuser… »

« Qu'est-ce que tu mijotes encore ? », intervint une fois de plus William.

« La ferme, toi ! »

« Je vous écoute», les coupa Sebastian.


Un silence de mort régnait dans la cuisine. La plupart des New Directions s'y trouvaient toujours, et le départ de Joe, Quinn et Rachel n'avait pas empêché ceux qui restaient de continuer leur "mise au point". Qui s'était peu à peu transformée en joute verbale opposant Puck et Santana, se lançant pique sur pique sous le regard amusé des autres.

Et puis il avait fallu que cette saleté de rouquine débarque avec sa saleté de révélation ! Elle était douée pour plomber l'ambiance, celle-là !

« Est-ce qu'on a vraiment besoin d'en parler ? », demanda Mercedes.

« C'est vrai, cette histoire ne regarde qu'eux », appuya Tina, soulagée malgré elle que le Warbler s'intéresse à quelqu'un d'autre que son Mike.

« Ah, pauvre Señor Martinez », soupira Santana. « Et quel mauvais goût ! Il peut prétendre à largement mieux… »

« Alors Sugar, c'est vrai que t'as vu leur arc-en-ciel ? », demanda innocemment Brittany, toute enjouée.

Cette remarque rappela à tous que la charmante Motta était toujours là. Cette dernière reçut un regard d'une certaine hispanique qui disait clairement "si ta réponse déplait à Brit', je t'éventre saleté d'écureuil !"

Oui, Santana a toujours été très forte pour menacer, même sans le moindre mot. Préférant assurer sa survie, Sugar répondit prudemment :

« Oui… oui je l'ai vu… »

Brittany sautilla joyeusement.

« Et à qui d'autre tu l'as montré ? »

« De quoi ? »

« Qui d'autre est au courant pour Martinez et l'autre trou duc' ? », développa Santana, vraiment agacée.

« Quinn, Rachel, Joe et… »

« Et le Teen Jesus a pas fait d'attaque ?! », ricana Puck.

« Non, il a juste changé de couleur, mais les filles s'en occupent », pouffa Sugar. « Vous l'auriez vu, il était verdâtre ! »,

« Hé, tu te calmes, toi ! », grogna la brune. « Nous on a le droit de se marrer, toi tu réponds aux questions. Alors, qui d'autre ? »

Elle bredouilla quelque chose d'inintelligible, et fut temporairement épargnée par l'arrivée de deux sauveurs.

Rory et Sam venaient de débouler dans la pièce, main dans la main, et arborant tous deux un sourire qui ne laissait pas beaucoup de doute quant à ce qu'ils étaient en train de faire…

« Tiens tiens, on a fini de baiser ? », résuma Santana.

L'irlandais rougit et son petit ami, qui venait de remarquer la présence de la rousse, déclara :

« On fait juste une pause pour le dîner mais rassurez-vous, on continuera cette nuit ! »

Sugar blêmit et Puck essuya une larme imaginaire au coin de son œil :

« Et dire que ça, c'est MON œuvre… Je suis tellement doué ! »

« L'aPUCKinable homme des neiges s'est reconverti en entremetteur ? », suggéra Tina.

« Arrête de dire des choses désagréables, toi ! », se plaignit Puck, avant qu'un gargouillement en provenance de son ventre ne se fasse entendre… « T'as de la chance, je t'épargne pour cette fois, leur histoire de bouffe m'a donné la dalle. C'est bon Mike, me r'garde pas comme ça, j'déconnais. Qu'est-ce qu'ils foutent, les profs ? »

Tous les regards se tournèrent vers un certain écureuil dont il est inutile de préciser de qui il s'agit.

« Tu leur as dit, pas vrai ? », demanda Santana avec un calme effrayant.

Elle hocha la tête.

L'hispanique et Puck échangèrent un regard puis d'une même voix, hurlèrent :

« Attrapez-là ! »


« Quinn ? », s'étonna David, observant la jeune fille qui s'asseyait à ses côtés.

« Longue journée, hein ? », répondit-elle, le regard dans le vague. « Sebastian n'est pas quelqu'un de facile… »

« Comment est-ce que tu… ? »

« Je viens de croiser Sugar. Et elle va s'assurer personnellement que tout le monde soit au courant. Puck et les autres sont sûrement déjà en train de préparer leur vengeance... »

Elle eut un petit sourire à ses mots, et l'homme soupira :

« J'imagine que tu es là pour les détails… »

« Je ne suis pas Santana », opposa la blonde, le ton de sa voix laissant entendre que ce n'était pas une insulte. « En fait, je suis venue pour savoir comment vous alliez… et pour m'excuser. »

« Pourquoi ? »

« C'est à cause de moi que Sebastian s'est mis à vous tourner autour. Si je ne l'avais pas forcé à ouvrir les yeux sur vous, il serait en train d'harceler Mike, à l'heure qu'il est… Et vous n'auriez pas tous ces problèmes. »

David garda le silence un moment, pensif.

« Ce n'est pas de ta faute », finit-il par dire. « Il aurait sûrement fini par s'en rendre compte, de toute façon… »

« Ce garçon est quand même désespérant, parfois… », se lamenta la jeune fille.

« Ne dis pas ça, je suis sûr qu'il a beaucoup de qualités. Il est très doué pour les cacher, c'est tout. »

Le professeur eut un moment d'arrêt, se frappant mentalement pour avoir pris la défense du jeune homme. Il avait parlé sans réfléchir. Il n'arrivait jamais à réfléchir correctement, dès qu'il s'agissait de Sebastian ! Pourtant, il pensait réellement ce qu'il venait de dire.

« Il ne vous mérite pas. Du moins, pas tel qu'il est aujourd'hui. J'espère que vous ne le laisserez pas vous faire de mal. »

« C'est peut-être déjà fait… », murmura-t-il avec lassitude.

David se sentait stupide, se demandant ce qu'il lui prenait de parler aussi librement devant son élève. Quinn inspirait tellement confiance qu'il était très facile, presque naturel, de se confier à elle.

Cette dernière sourit, et l'homme crut un instant qu'elle allait se moquer de lui, mais elle dit simplement :

« Vous êtes vraiment quelqu'un de bien. Peut-être qu'un jour, lui aussi il… »

La blonde s'interrompit, sentant qu'elle allait trop loin.

« Excusez-moi, je me mêle de ce qui ne me regarde pas. Santana déteint peut-être un peu sur moi, finalement… »

David ne sut jamais ce qu'elle avait l'intention de dire, car elle se leva et après l'avoir salué poliment, commença à s'éloigner.

« Quinn ? »

« Ne vous en faites pas : si on me demande, cette conversation n'a jamais eu lieu », fit-elle en se retournant légèrement.

« C'est très gentil de ta part. Mais je voulais simplement te dire merci. »

Ils échangèrent un sourire sincère, et la jeune fille poursuivit son chemin.


Quelques minutes plus tard, l'attente se termina enfin. Avec pertes et fracas !

La porte fut brusquement ouverte et Sebastian projeté dehors, sous les beuglements de l'adorable coach Sylvester. Cette dernière quitta la pièce, furax, pour se diriger d'un pas précipité vers le rez-de-chaussée.

« Sebastian ? », hésita David.

Pour toute réponse, le Warbler s'empara brusquement de ses lèvres et lui vola un baiser aussi sauvage que rapide, avant de se reculer, tout sourire. Mais ses yeux avaient perdu leur éclat rieur.

« Qu'est-ce que… ? »

« Je sens qu'avec toutes les emmerdes que tu risques, tu vas bientôt me jeter, alors je vais prendre de l'avance : c'est moi qui te dégage ! Je suis toujours celui qui dégage l'autre, de toute manière... »

L'homme resta silencieux un moment, assimilant douloureusement ce que cet enfoiré juste sous ces yeux venait de dire… Il semblait fier de lui, en plus !

Mais quelque chose sonnait faux. Et même David le remarqua, malgré tout ce que ces mots remuaient en lui. Tentant de garder une voix assurée, il posa la première question qui lui vint à l'esprit :

« Si tu me quittes, pourquoi m'as-tu embrassé ? »

« Premièrement, je te quitte pas : pour se quitter il faut avoir été ensemble. Ensuite je t'ai pas embrassé, je t'ai bouffé les lèvres une dernière fois. Je t'aurais bien bouffé autre chose, d'ailleurs, mais y a ton pote aux cheveux gras qui va pas tarder à se pointer. La prochaine fois, trouve-toi un mec – aussi niais et ennuyeux que toi – qui pourra te supporter, parce que moi j'me suis vite lassé ! »

Sur ces paroles des plus blessantes, le jeune homme regagna sa chambre, laissant un David des plus désemparés, seul au milieu du couloir.


« Qu'est-ce que c'est que ce bordel ?! », s'écria Sue qui, de son côté, venait d'entrer dans la cuisine.

Pour faciliter la compréhension du lecteur, il est maintenant nécessaire que le narrateur fasse une pause dans l'histoire afin de décrire la scène.

Au centre de la pièce se trouvait Sugar – du moins, on supposait que c'était Sugar – ligotée à une chaise avec de la grosse ficelle à saucisson, et recouverte d'un curieux mélange de différents ingrédients, sans doute versés au hasard sur sa personne. Par-ci on distinguait un œuf dégoulinant dans ses cheveux, par-là un sachet de farine vidé sur son chemisier. Un masque hydratant à base de ketchup et de mayonnaise avait même été appliqué à la victime.

Bref, elle n'avait jamais été aussi adorable !

Passons maintenant aux autres élèves présents…

Santana était en train de presser une moitié d'orange au-dessus de la rousse déjà bien assaisonnée, et Puck appliquait soigneusement des brins de persil sur son visage englué.

Blaine massait nerveusement les épaules de Kurt, qui répétait avec dégoût que ce n'était pas diététique.

Rory et Sam regardaient la scène avec délectation, demandant de temps en temps à Mercedes ce que Sugar avait encore fait. Ladite Mercedes ne daignait pas leur répondre, trop occupée à prendre des photos avec son portable.

Tina et Mike se pelotaient discrètement dans un coin de la pièce.

Brittany racontait à Sugar ses derniers ébats avec Santana.

Enfin, Finn se faisait un sandwich, se servant parfois directement sur la jeune Motta, alias "le présentoir à bouffe".

Voilà, maintenant que vous avez une assez bonne idée du joyeux spectacle auquel Sue Sylvester était en train d'assister, le récit peut reprendre.

Dès que la terreur de McKinley eut ouvert la bouche, les "non, pitiééééé !", les "tu vas payer !" et les "qu'est-ce qui se passe ?" cessèrent immédiatement, et tous se tournèrent avec respect – ou plutôt effroi – vers la coach.

« C'est mieux. Bon, par quoi est-ce que je commence ? L'expérience sadomasochiste ou le cours de cuisine ? »

Heureusement, ils n'eurent pas le temps de répondre car Quinn, Rachel et Joe arrivèrent à leur tour. Le jeune homme commença :

« Marissa nous a dit que vous nous cherchiez et… qu'est-ce qui s'est passé ici ? »

Le pauvre était au bord de l'évanouissement.

« Ça, mon cher Poulpy, ce sont de charmantes personnes qui savent s'amuser en société », répondit Sue d'un ton admiratif. « Je suis presque jalouse de ne pas avoir eu cette idée… Et navrée d'interrompre vos festivités, aussi. Mais j'ai à vous parler. L'écureuil, tu sors ! »

« Je suis attachée ! », couina-t-elle.

« La bonne excuse… Sacs-de-sable, libère la bestiole ! »

Santana s'exécuta en grimaçant, et Sugar commença à partir sans demander son reste.

« Oublie pas de te doucher avant de venir dîner. Même si apparemment, ton repas à toi a déjà commencé… »

Une fois qu'elle fut loin, Sue se tourna vers Sam et Rory :

« Vous avez laissé des petits souvenirs dans sa salle de bain, j'espère ? »

L'irlandais enfouit son visage rougissant dans le torse de son petit-ami, mais l'immense sourire du blond suffit pour répondre à la coach.

« Parfait. Bon, passons aux choses sérieuses. D'après vous, que s'est-il passé entre Freedent Martinez et le sale gosse au sourire de faux cul ? »

« C'est Warbler Trou Duc' qui l'a forcé ? », suggéra Santana, tandis que Rory et Sam assimilaient tout juste la nouvelle.

« Presque. J'imagine que tes énormes seins en silicone contribuent à empêcher ton esprit de s'élever, mais tu n'es vraiment pas loin… Ton avis sur la question, Q. ? Dans cette pièce, tu es mon dernier espoir. »

Quinn eut un sourire gêné et réfléchit très sérieusement à sa réponse, ou plutôt à celle que la coach voulait entendre…

« Sebastian a harcelé monsieur Martinez », commença la blonde, hésitante, « mais… mais il ne s'est absolument rien passé entre eux. Comme Sugar n'a pas réussi à séparer Sam et Rory, elle s'est vengée sur son homme de main… et a inventé toute cette histoire… »

« Jeunes gens », reprit Sue avec fierté, « voilà pourquoi elle est promise à une carrière brillante, tandis que vous autres, bande d'incompétents, poursuivrez des rêves inaccessibles toute votre vie : cette jeune fille sait mentir et manipuler. Inspirez-vous en, ce sont les deux seules choses qui vous serviront réellement durant votre existence ! »

« Donc… Sebastian et monsieur Martinez n'ont pas couché ensemble... », fit vaguement Finn, qui avait du mal à comprendre.

« Je ne te demande pas d'y croire, bien que vu ton intellect, tu serais le plus à même ici de gober un bobard pareil… »

« Hé ! »

« Cependant, c'est ce que vous répondrez tous si on vous pose la question. Ou plutôt, c'est ce que vous avez intérêt à répondre… Des questions ? »

« … »

« Dans ce cas, tout le monde au resto ! Le dernier arrivé s'assoit à côté de l'écureuil… »

Il n'y eut bientôt plus âme qui vive dans la cuisine. Ah, cette chère Sue : toujours les mots justes pour motiver les troupes !


« C'est bon, je viens… », soupira David.

Après une longue et désagréable conversation avec Will, il avait finalement accepté d'assister au dîner. En réalité, il voulait surtout que son collègue cesse de le harceler sur "comment avait-il bien pu échapper à sa surveillance si efficace"…

« Dis… Comment tu penses que les élèves vont le prendre ? », hésita le brun quand tous deux furent arrivés devant le restaurant.

« Honnêtement, je ne sais pas. Mais comme dit Sue, si tu te sens faible, ne le montre jamais aux élèves et on te respectera… »

« Sue donne vraiment ce genre de conseil ? », s'étonna David.

« Absolument pas ! », contesta la coach, surgie de nulle part. « La version originale était "si tu te sens faible, venge toi sur tes élèves et on te craindra"… J'imagine que William en a fait sa propre interprétation de Professeur Bisounours. Bon, Freedent, tu ferais mieux de te grouiller si tu veux pas qu'on se pose des questions. »

Sans plus d'explications, elle traina de force David à l'intérieur du bâtiment. À sa grande surprise, aucun regard curieux ni aucune réplique acerbe ne l'accueillirent. Seulement des élèves qui mangeaient et discutaient tranquillement. Même Sebastian évitait soigneusement tout contact visuel. Quant aux autres, c'est à peine s'ils remarquèrent sa présence. Etrange…

Décidant de faire confiance à Sue pour une fois, il s'assit sur la seule chaise de libre – à côté de Sugar, on se demande bien pourquoi – et profita comme si de rien n'était du dîner.

À plusieurs reprises, il sentit cependant des yeux se poser sur lui avec insistance, mais fit mine de ne pas le remarquer. Puck finit par saisir fermement quelque chose sous la table, distrayant un Finn rougissant de son observation indiscrète. Non sans un clin d'œil typiquement "Puckermanien" à l'attention du professeur, bien sûr !

Quelques minutes plus tard, ce fut Joe qui sursauta lorsqu'un coup de coude dans les côtes – de la part de sa charmante voisine de table – le coupa lui aussi de sa contemplation.

« Quinn, depuis quand tu fais preuve de violence sur tes amis ? », plaisanta Mike, assis de l'autre côté de la blonde. « Il faut que je m'inquiète, moi aussi ? »

Pour toute réponse, elle lui tira la langue dans toute sa maturité. Et cet acte enfantin sembla faire beaucoup d'effet à une certaine brunette assise quelques places plus loin…

Mais revenons-en à notre cher latino déprimé.

Et il n'était pas le seul à déprimer, comme il venait de le constater à la vue du visage sombre de la jeune fille à côté de lui. Pas qu'il l'apprécie particulièrement, mais il la comprenait. Surtout en ce moment. Il ne lui reprochait même pas de l'avoir dénoncé pour sa liaison avec Sebastian. Après tout, c'était lui qui était à blâmer – et l'autre jeune homme, si on était objectif, mais David s'en voulait plus à lui-même qu'à qui que ce soit d'autre. Pas à Sugar, en tout cas.

Et d'ailleurs, même si elle s'y était plus que mal prise, sa tentative désespérée pour reconquérir Rory était bien la preuve qu'elle avait un cœur, non ?

« Il vous a largué, pas vrai ? », demanda soudainement la rousse, dont les pensées ne devaient pas être très éloignées des siennes.

« Pardon ? », demanda le professeur, surpris.

« Smythe. Il vous a quitté quand je vous ai balancés, tous les deux. »

L'absence de réponse du professeur voulait tout dire.

« Vous savez, c'était pas contre vous », poursuivit-elle. « J'irai pas jusqu'à dire que je suis désolée, je ne le suis pas, mais je m'excuse quand même. J'aurais peut-être dû l'écouter, c'est vrai vous méritiez pas ça. Et je vous aime bien en plus... Mais j'avais vraiment besoin de me venger sur lui. »

David ne sut comment réagir à cette réplique. La seule information qu'il avait enregistrée était bien entendu que Sebastian l'avait défendu – ou du moins, avait essayé de le défendre – face à Sugar. C'était plus que maigre, comme espoir auquel s'accrocher, mais c'était toujours ça…

« Je ne t'en veux pas », répondit-il simplement.

« Vous êtes vraiment gentil. Et très sexy, aussi. »

L'hispanique manqua de s'étouffer avec son verre d'eau. Avait-il bien entendu ? La lueur malicieuse dans les yeux de la rousse lui prouvait que oui.

« Sugar, tu ne peux pas dire ça à un de tes professeurs », la reprit-il, très gêné.

« C'est sûr que je ne dirais jamais ça à monsieur Shuester ! », ricana la jeune fille. « Mais vous, vous avez bien couché avec Sebastian, alors ça c'est rien à côté. Et puis vous êtes seul et déprimé, et il se trouve que moi aussi… »

« Tu n'étais pas amoureuse de Rory ? », tenta l'homme en désespoir de cause.

« Je suis loin d'être idiote, j'ai bien compris que je ne l'aurai jamais. Tout comme vous n'aurez jamais Sebastian… »

Elle s'agrippa à son bras, mettant David encore plus mal-à-l'aise qu'il ne l'était déjà.

« Alors, qu'est-ce que vous en dites ? », ajouta-t-elle en battant des cils.

« Stop, stop, stop », intervint une voix railleuse. « Por favor, Señor Martinez, pas elle… Ça me fait rien que vous ayez cédé à Warbler Trou Duc' – je suis bien placée pour savoir qu'il est difficile de résister à une garce – mais Sugar ?! On a déjà un cas zoophile parmi nous, ça suffit ! »

« Mais merde, Santana ! Tu vas pas ramener ça sur le tapis à chaque fois ?! », s'énerva Puck.

« Ça, c'est la colère du type frustré sexuellement… », nota la brune.

Pendant l'intervention vraiment bien tombée de l'hispanique, David s'était extirpé des bras de celle qu'on surnommait l'écureuil, mais qui tenait plus de la sangsue, ce soir-là. Et il en avait profité pour décaler subtilement sa chaise à côté de celle de Sue : territoire dangereux, certes, mais où Sugar ne le suivrait pas.

Totalement inconsciente du fait qu'elle venait de sauver la vie de son professeur, Santana poursuivit sur sa lancée :

« Alors, tu répliques même pas ? C'est de pas avoir ton compte au pieu avec ta baleine qui a transformé le grand Puckzilla en Puckzounours, peut-être… »

« J'te préviens, c'est toi qui l'aura voulu… », répondit le jeune homme avec un air déterminé.

« Je sais pas quelle connerie a germé dans ton crâne vide, mais j'attends avec impatience. »

Puck se leva de sa chaise et attendit que l'attention de toute la tablée soit dirigée vers lui avant de s'exprimer :

« Que ce soit clair tout le monde : je l'ai déjà dit et je le répète, mon mec est pas une baleine ! Il est même super bien foutu, il embrasse super bien, et il baise super bien aussi… et j'arrache les couilles du premier qui dira le contraire – ça vaut pour toi aussi, Santana… Et surtout, je suis pas un putain de Puckzounours ! »

Il se rassit à la fin de sa déclaration, sous le regard vengeur de Santana, l'agacement de William et l'amusement des autres.

Son bras vint se placer tout naturellement autour des épaules de son petit-ami.

« Merci, mec », souffla un Finn souriant à ses côtés. « C'est vraiment cool ce que t'as fait… »

« Je l'ai pas fait pour toi, qu'est-ce que tu crois ? C'est normal que Puckzilla défende son honneur, et surtout, l'honneur de sa vie sexuelle… »

Le jeune homme se refrogna et tenta de se libérer du bras de Puck, mais ce dernier l'en empêcha.

« Mais j'déconne, grand crétin, bien sûr que c'était pour toi ! », s'écria-t-il en lui ébouriffant gentiment les cheveux.

« Mouais… »

« Et arrête de ronchonner, t'es tellement plus mignon quand tu souris. »

« Qui est-ce qui ne voulait absolument pas qu'on vous qualifie de mignons, déjà ? », fit remarquer Tina.

« Toi, écrase. Je dis ce que je veux à mon petit ami. Et là, je veux lui dire qu'il est mignon, alors casse pas mon moment ! »

Elle lui jeta un regard mauvais, bientôt imitée par Mike, mais aucun d'eux n'ajouta quoi que ce soit.

« Heu… Puck ? », intervint Finn.

« Ouais ? », répondit-il en posant à nouveau son regard rêveur sur lui.

« Tu sais que t'es presque romantique, là ?! »

« Ça t'plaît, avoue… »

« P- Pas du tout ! C'est trop bizarre venant de toi, j'aime pas ça… »

« J'suis sûr que si ! »

Sans qu'il ne puisse protester davantage, Finn sentit ses lèvres être emprisonnées par celles de Puck, qui entama un baiser possessif et exigent auquel il répondit avec plaisir. Sortir avec un Puckomantique, c'était pas mal non plus, en fin de compte…


« Et, mais je viens de me souvenir de quelque chose… », déclara Rachel d'un air songeur.

« Laisse-moi deviner, voir tes deux ex se rouler des grosses pelles t'a excitée et maintenant, t'as envie d'un plan à trois avec eux… »

« Santana, tu veux mon poing dans la figure ? », fit sérieusement la brune tandis que Quinn torpillait l'hispanique du regard.

« Essaye si tu veux, ça fera comme le Lutin avec Warbler Trou Duc' : c'est toi qui te feras mal ! »

Rachel allait répliquer mais sa blonde bien aimée l'en empêcha en lui prenant la main, ce qui enleva toute trace d'énervement sur son visage.

« Dis-moi plutôt ce dont tu viens de te souvenir… », susurra-t-elle.

« Personne n'a trouvé le micro, aujourd'hui. Avec toutes ces histoires, j'avais complètement oublié l'essentiel ! »

« Et c'est reparti… Quinn, tu l'avais pas mise en mode pause ? »

« Certaines personnes ont le chant dans la peau, d'autres ont l'agressivité », répondit la blonde, pleine de spiritualité. « Ce n'est pas quelque chose qu'on peut changer… »

« Dios mío, t'es devenue aussi chiante qu'elle ! », s'écria l'hispanique en mimant un air horrifié.

« Moi aussi je t'aime, Santana », répliqua Quinn.

« Vraiment ? », demanda Rachel qui semblait paniquée.

« Bien sûr que non, je plaisantais mon cœur », la rassura sa petite amie. « Enfin, pas tant que ça… », rectifia-t-elle quand Santana la menaça de mort par la seule force de ses yeux. « Mais c'est de toi dont je suis amoureuse, tu le sais bien, et… »

Quinn s'interrompit quand un sourire victorieux apparut soudain sur le visage de la brune.

« Petite manipulatrice ! », s'indigna-t-elle, souriant elle aussi cependant.

« Je préfère future grande actrice », répondit fièrement la créature démoniaque qui lui servait de petite-amie. « Et j'adore quand tu m'appelles "mon coeur", aussi… »

Un silence tendre et complice s'installa entre les deux jeunes filles, bientôt rompu par la délicatesse habituelle de miss Lopez :

« Mais prenez une chambre, on dirait que vous baisez rien qu'en vous regardant ! Bon, c'est pas que je m'ennuie, mais j'y vais, j'ai un solo à récupérer… »

Santana se dirigea vers Sugar avec un sourire qui n'annonçait rien de bon pour la pauvre rousse…

« Tu n'y vas pas ? », remarqua Quinn.

« Où ça ? »

« Chercher le micro. »

« Il ne m'intéresse pas du tout. »

« Mais tu as dit que… »

Rachel désigna l'hispanique du regard.

« Tu voulais juste faire partir Santana ?! Espèce de petite… »

« … manipulatrice ? J'aime bien aussi quand tu m'appelles comme ça, dans ta bouche c'est… excitant… »

« Mademoiselle, qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de l'innocente Rachel Berry ? », plaisanta la blonde.

« Elle est partie dès ma première nuit dans tes bras… »

Les deux jeunes filles avaient toujours le regard plongé l'un dans l'autre, mais cet échange était différent du précédent. Moins tendre. Plus urgent.

« Tu sais », reprit la brune, « reparler du micro doré ne servait pas juste à faire partir Santana… »

« Mmmh… À… À quoi d'autre ? », demanda difficilement Quinn, qui se concentrait plus sur les lèvres de Rachel que sur ce qu'elle disait.

« Bientôt, il va y avoir une guerre de divas ici, et on va en profiter pour se faufiler jusqu'au chalet. Personne ne le remarquera ! », annonça la jeune fille.

À peine eut-elle exposé son plan que les premiers hurlements se faisaient déjà entendre :

« C'est moi qui chanterai ! Pour Brit ! »

« Hors de question ! Je chanterai pour Blaine ! »

« Jamais ! Ce solo est pour moi, et je le dédierai à Mike ! »

« Et c'est parti… », commenta sadiquement Rachel.

« Et toi, tu ne veux pas chanter pour moi ? », l'interrogea Quinn avec un air faussement déçu, que ses yeux chargés de désir trahissaient.

« Mais si, je compte bien chanter. Toute la nuit. Sous les draps. Et rien que pour toi… »

La blonde se mordit la lèvre et murmura :

« J'ai tellement envie de toi. »

« Alors qu'est-ce qu'on fait encore là ? »


La coach Sylvester, en désespoir de cause, sortit le taureau en peluche de son sac et le lança au visage de Tina, ce qui interrompit la jeune fille dans sa tirade sur pourquoi elle méritait plus ce solo que qui que ce soit d'autre.

« Ta voix est incroyablement énervante, tu le sais, ça ? », déclara Sue en récupérant la peluche. « Les filles, voici Torito ! Il représente un pauvre petit espagnol innocent qui subira des attouchements sexuels si vous continuez à hurler comme des truies. Serez-vous assez inhumaines pour lui imposer ça ? »

Les trois adolescents se regardèrent silencieusement.

« Je préfère ça... Alors les filles, qu'est-ce qui vous arrive pour brailler comme ça ? »

« Coach, je suis un garçon », lui rappela Kurt, exaspéré.

« C'est vrai, j'ai parfois tendance à l'oublier… Justement Porcelaine, dis-moi pourquoi tu te bats avec Asiatique Numéro Un et Sacs De Sable. »

« Parce qu'on veut tous les trois le solo de ce soir, et le micro a été perdu, on ne peut donc pas nous départager. »

« Perdu ? »

« C'est ce qu'elle a dit », précisa Santana en désignant Sugar.

La rousse trembla d'épouvante lorsqu'elle comprit qu'on parlait d'elle, et encore plus quand les trois divas en guerre et la coach tyrannique vinrent dans sa direction.

« Oui ? », fit-elle d'une toute petite voix.

« Le micro doré », demanda sans ménagement l'enseignante.

« Je l'avais caché dans le salon et j'ai vérifié tout à l'heure, il n'y est plus. Mais personne ne semble l'avoir trouvé. »

La coach réfléchit un instant puis décréta :

« Pas de micro, pas de solo, et mes oreilles sont sauves. Allez mesdemoiselles, retournez à vos places ! »

« Je suis toujours un garçon », insista Kurt.

« Je sais bien, là j'en ai fait exprès… »

Quand elle se fut rassise à sa table, elle expliqua l'incident à ses collègues.

« Heu… Sue ? »

« Oui mon cher Freedent ? C'est pas parce que tu as eu à plusieurs reprises des relations sexuelles avec un jeune homme de l'âge de tes élèves que tu dois faire ton timide. T'as été transparent toute la soirée, c'est un signe de faiblesse, et tu ne seras pas craint correctement si tu passes pour un faible. Alors n'hésite pas à t'exprimer, surtout ! »

« C'est moi qui ai trouvé le micro. »

« Quoi ?! Et tu pouvais pas le dire avant ? »

Silence pesant à l'horizon…

« Qu'est-ce que tu vas chanter ? », intervint William en sauveur.

« J'ai bien eu une petite idée au moment où je l'ai trouvé, mais beaucoup de choses ont changé depuis. Et j'ai peur que ça ne soit pas très approprié… »

« Au point où t'en es, tu peux difficilement faire pire », nota la coach, ce que Will approuva d'un mouvement de tête. « Alors, de qui comptes-tu massacrer l'œuvre ? »

« J'avais pensé à du Ricky Martin. » Face à l'air très surpris de ses collègues, il développa. « C'est un aussi un chanteur hispanique, et je m'identifie énormément à lui… »

« Alors là, n'importe quoi », opposa Sue avec une mauvaise foi sidérante. « Tu ne lui ressembles pas du tout ! »

« C'est une très bonne idée », l'encouragea Shuester, qui avait décidé d'ignorer les piques de sa collègue. « Et puis si tu chantes en espagnol, tu es sûr d'avoir le... duende ! »

Cette remarque arracha une ébauche de sourire à David, certain que son ami ne savait toujours pas ce que ce mot voulait dire. Mais pour une fois, William avait raison : on pourrait difficilement faire plus "duende" que cette chanson-là…

« Votre attention, bande de friqués répugnants… », commença Sue, faisant réaliser aux autres qu'elle était montée sur scène et s'était emparée du micro. « Merci. Je voudrais introduire mon collègue ici présent, qui va chanter ce soir. Mais je tiens à vous prévenir : ce n'est pas pour rien que ses deuxièmes prénoms sont Colgate et Freedent. Donc protégez-vous bien les yeux si vous ne voulez pas qu'il vous aveugle avec ses dents quasi-phosphorescentes. Allez, on applaudit bien fort Ultra-White Martinez ! »

Si David avait des doutes quant à ce qu'il devrait faire, maintenant il était parfaitement certain que c'était une très mauvaise idée. Remarquant son trouble, William le poussa gentiment vers la scène, et c'est sous une salve d'applaudissements made in Sue Sylvester qu'il y monta et s'adressa au pianiste.

Puis il s'approcha finalement du micro et déclara :

« Cette chanson est pour toutes les María qu'on peut rencontrer dans sa vie, et surtout pour celles et ceux qu'on aurait souhaité ne jamais connaître. »

Sur cette présentation des plus mystérieuses, les notes du piano se firent entendre et David commença à entonner le refrain de Un, Dos, Tres, María

Il ne l'avait pas encore remarqué, mais quelqu'un dans le public avait retenu son souffle. Pour l'instant, il ne se concentrait que sur la chanson, laissant ses paroles l'envahir et leur trouvant beaucoup plus de sens et d'intensité que toutes les autres fois où il les avait chantées. Il se laissait guider par ces mots, et par les yeux qu'un certain jeune homme daignait enfin poser sur lui. Complètement possédé…

.

Ella es una mujer especial

[Elle est une femme spéciale]

Como caída de otro planeta

[Comme venue d'une autre planète]

Ella es un laberinto carnal

[Elle est un labyrinthe charnel]

Que te atrapa y no te enteras

[Qui t'emprisonne et où tu te perds]

.

Así es María

[Ainsi est Maria]

Blanca como el día

[Blanche comme le jour]

Pero es veneno

[Mais c'est un poison]

Si te quieres enamorar

[Si tu en tombes amoureux]

.

Así es María

[Ainsi est Maria]

Tan caliente y fría

[Si chaude et si froide]

Que si te la bebes

[Que si tu la bois]

De seguro te va a matar

[À coup sûr elle te tuera]

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Sebastian avait suffisamment écumé les bars et les boîtes pour connaître cette chanson sur le bout des doigts. Et sa signification… Ça parlait de Maria, une salope de bas-étage qui excitait tous les mecs et finissait par leur briser le cœur lorsqu'ils tombaient amoureux. Autant dire qu'il s'identifiait énormément à cette fille ! Pourtant, ce soir-là, ça le dérangeait. C'était comme si… comme s'il ne voulait pas qu'on le voit de cette manière. Non, que David le voit de cette manière…

Okay, il était une salope de bas-étage au même titre que cette femme, mais… mais il croyait que ce niais de Martinez avait perçu autre chose en lui, et… Et c'était stupide ! Vu comment il s'était comporté avec lui, ce n'était pas surprenant que ça finisse ainsi ! Et pourtant… pourtant, la pétasse qui brise le cœur du bel hispanique n'était pas le rôle qu'il aurait souhaité endosser, cette fois-ci.

.

Un, dos, tres

[Un, deux, trois]

Un pasito pa'lante María

[Un petit pas en avant Maria]

Un, dos, tres

[Un, deux, trois]

Un pasito pa'atrás

[Un petit pas en arrière]

Aunque me muera ahora, María

[Même si je me meurs maintenant, Maria]

María, te tengo que besar

[Maria, je dois t'embrasser]

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Un certain Warbler se demandait vaguement pourquoi il n'avait pas pris espagnol en deuxième langue. C'était si sexy, si sensuel… Ou peut-être était-ce simplement David qui lui donnait cette impression. Il n'avait jamais eu l'air si déterminé et sûr de lui que sur cette scène. Il s'emparait de ces paroles, ces paroles s'emparaient de lui… Rien à voir avec le romantique coincé qu'il pensait connaître… Et il était tout simplement subjugué par ce David, par sa voix, par ses gestes, par ses yeux sombres inévitablement ancrés dans les siens…

Puis il sentit un léger coup à l'arrière de son crâne, se retourna, et découvrit que Sylvester avait ressorti "Torito le petit taureau". Et qu'elle comptait bien le frapper avec s'il n'arrêtait pas de regarder Martinez avec envie…

Peu importe, il entendait toujours sa voix envoûtante qui s'élevait dans le restaurant.

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Ella es como un pecado mortal

[Elle est comme un péché mortel]

Que te condena poco a poco

[Qui te condamne peu à peu]

Ella es un espejismo sexual

[Elle est un mirage sexuel]

Que te vuelve loco, loco

[Qui te rend fou, fou]

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Aïe ! Oui, il n'avait pas pu s'empêcher de regarder vers la scène. Oui, Sue l'avait remarqué. Oui, être frappé par une peluche pouvait être douloureux. Surtout si c'est la Coach Sylvester qui tient ladite peluche.

Mais apparemment, observer avidement le si désirable David Martinez ne lui serait pas permis.

En plus des attaques répétées du taureau vengeur, il dut subir la voix grinçante de Sugar à ses côtés. Cette dernière criait à qui voulait l'entendre que Mary était son deuxième prénom, et se demandait comment le professeur d'espagnol était au courant. Car évidemment, cette chanson lui était dédiée à elle !

Sebastian leva brusquement la tête alors qu'on l'interpelait. Ou du moins, il avait entendu son prénom. Chanté de la merveilleuse voix de David…

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Así es Sebastian

[Ainsi est Sebastian]

Blanco como el día

[Blanc comme le jour]

Pero es veneno

[Mais c'est un poison]

Si te quieres enamorar

[Si tu en tombes amoureux]

.

Así es Sebastian

[Ainsi est Sebastian]

Tan caliente y frío

[Si chaud et si froid]

Que si te lo bebes

[Que si tu le bois]

De seguro te va a matar

[À coup sûr il te tuera]

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Cet homme… cet homme était fou ! Complètement malade ! Lui-même semblait surpris par sa propre audace, d'ailleurs… Et par sa faute, Sebastian était en plein conflit interne : devait-il monter sur scène pour l'étriper, ou plutôt le prendre sauvagement, ici et maintenant ? Seule une énième attaque de Torito l'empêcha de choisir la seconde option, pourtant terriblement tentante. Cette facette jusqu'alors inconnue de l'homme lui plaisait énormément. Un David blessé, mais qu'il ne trouvait pas pathétique contrairement à tous les autres qui lui avaient couru après. Un David sensible, aussi. Pas niais, juste… émouvant. Et surtout, un David tellement excitant quand il prononçait son putain de prénom ! Pas qu'excitant, d'ailleurs. Jamais il n'avait ressenti ça en entendant son prénom dans la bouche de quelqu'un… C'était comme si quand lui le disait, ça avait vraiment de l'importance. Qu'il avait vraiment de l'importance.

D'ailleurs, il poursuivit sur sa lancée, le sale petit allumeur ! Et cette pute – euh, Maria – ne fut pas une seule fois mentionnée pendant le reste de la chanson…

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Un, dos, tres

Un pasito pa'lante Sebastian

Un, dos, tres

Un pasito pa'atrás

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David avait quitté le restaurant dès la fin de son époustouflante prestation. Il ne supportait plus d'être en présence de Sebastian, lui et ses yeux emplis de désir. Car oui, il était plus qu'évident que le Warbler s'était retenu de lui sauter dessus pendant une bonne partie de la chanson ! Alors pourquoi l'avoir repoussé si violemment, s'il voulait encore de lui ?

Non ! Ce genre de réflexions ne le feraient qu'espérer en vain…

Alors qu'il se dirigeait vers le chalet, essayant de faire le vide dans son esprit, il se sentit attrapé par deux bras fins, puis trainé de force jusqu'à ce qu'il supposait être le garage de la demeure. Un corps brûlant se colla au sien et le plaqua dos contre le capot de la première voiture venue, tandis que des mains saisirent fermement ses fesses…

Luttant de toutes ses forces contre le désir déjà très intense qui l'habitait, il repoussa violemment le jeune homme et se releva tant bien que mal. Les lumières des bâtiments extérieurs éclairèrent sans surprise le visage de Sebastian.

« À quoi tu joues ? », s'énerva David qui en avait vraiment assez de se faire balader par môssieur Smythe.

« Grouille-toi ! J'ai réussi à semer la harpie, mais elle va pas être longue à me retrouver… »

« Je ne veux pas », refusa l'homme avec une fermeté vraiment inhabituelle.

« Pas de ça avec moi, t'en crèves d'envie ! », sourit le brun, sûr de lui.

« Oui, j'ai envie de toi. Mais j'ai déjà trop cédé à tes caprices, j'en ai assez. »

La voix de l'hispanique était froide, lassée… et terriblement triste, surtout.

« J'ai fait quelque chose ? », demanda finalement Sebastian, enfin sérieux.

« La dernière fois qu'on s'est adressé la parole, tu as été très clair sur le fait qu'on avait rien à faire ensemble, non ? Et tu avais raison. Alors reste à ta place et arrête de jouer avec moi comme ça, parce que je ne me laisserai plus faire… »

Le jeune homme monta dans une colère folle à ces mots.

« Moi, je joue avec toi ?! Et ta chanson de merde, alors ? T'as fait ça pour m'exciter, tu m'en dois une ! »

Il s'approcha à nouveau et s'empara avec rage des lèvres de l'autre homme, qui le repoussa immédiatement.

« J'ai dit non, Sebastian ! J'ai le droit d'éprouver des sentiments et de les exprimer dans une chanson. C'est pas parce que tu ne connais pas ce mot que tu peux me blâmer pour ça… »

« Si, parce qu'à cause de toi, je suis aussi… j'ai… », hésita Sebastian avant de se prendre la tête entre les mains. « Putain, ça fait vraiment chier ! J'suis pas comme ça, moi ! »

« De quoi tu parles ? », s'étonna David.

« Rien », éluda le brun. « T'es vraiment qu'un sale con ! Tu m'utilises pour mieux me jeter après… »

« Tu es sûr de pas inverser les rôles, là ? »

« Je sais c'que j'dis, merde ! T'as pas le droit de me faire ça… »

Le jeune homme semblait bouleversé, et cette fragilité qu'il ne lui connaissait pas attendrit David.

« Qu'est-ce que je n'ai pas le droit de te faire ? », l'interrogea-t-il, réellement préoccupé.

« Laisse tomber, ils ont raison, tous. Toi t'es le petit agneau innocent que j'ai perverti et moi, je suis qu'un enfoiré de première ! »

« On sait tous les deux que c'est faux. J'ai l'impression que ça t'arrange de croire ça, mais je suis sûr qu'il y a un autre Sebastian derrière ton masque d'enfoiré… »

« Ta gueule ! Je sais pas ce que t'es en train de t'imaginer mais arrête ça tout de suite ! »

« Sebastian, je… »

« Et prend pas cette voix-là quand tu prononces mon prénom ! En fait le prononce pas, voire me parle plus du tout, même ! Ouais, on va faire ça… Allez, adios Professeur Beau Gosse… »

Sans réfléchir, David s'empara de sa main pour le forcer à se retourner. Il croisa des yeux pleins de haine. Non, des yeux qui se voulaient pleins de haine.

Mais rien ne se passa, ils restèrent juste comme ça, face à face, la main de David autour de celle de Sebastian. Electrisant…

Si l'hispanique avait réfléchi à la question, il se serait étonné que le Warbler ne l'ai pas encore repoussé. Après tout, se tenir la main faisait partie des choses niaises qui le dégoûtaient.

Pourtant le contact de leurs mains se prolongea, tout comme celui de leurs regards. L'instant dura peut-être une poignée de secondes, ou peut-être une éternité.

Puis Sebastian retira sa main avec une étonnante douceur, rompit leur échange visuel et quitta le garage.

Il était parti. Comme ça.

David nota mentalement qu'il ne devrait pas espérer.

Ni chercher continuellement des signes dans chacun des mots et gestes du jeune homme.

Ou encore moins penser à lui en permanence.

Mais comme toutes les fois où il avait essayé, il n'y parviendrait pas. Et passerait la nuit seul, dans son lit froid, à essayer vainement de trouver un peu de sommeil.

Ce qu'il ignorait, c'est que Sebastian ferait exactement la même chose. Et que les pensées du jeune homme seraient inexorablement dirigées vers lui.


À suivre...


Chaque revieweur recevra un Torito ainsi qu'une photo de Sugar en mode "présentoir à bouffe" ! Si si... xD

Sérieusement, j'espère que ce gros paquet de mots vous a plu et que vous commenterez, non pas à cause de ma propagande honteuse, mais parce que vous avez réellement aimé... S'il-vous-plaît ? *yeux de chien battu de votre personnage préféré*