Lost Lady Faces Strange spirits
Ichigo s'installa un peu plus confortablement dans le fauteuil de velours miteux, relisant une fois de plus la lettre que lui avait présentée Renji. Son contenu le laissait toujours aussi perplexe au fil des lectures.
« Chers messieurs Abarai et Kurosaki,
J'ai eu vent de votre mésaventure face au Hollow Shrieker qui s'emparait des âmes à l'aide de ses sangsues. Hélas, de nombreuses autres créatures de ce genre existent en ce bas-monde, et il est fortement conseillé de garder leur existence secrète. Le gouvernement de Sa Majesté la Reine et Scotland Yard n'apprécieraient guère que quelqu'un sème la panique parmi la population et vous seriez probablement amenés à disparaître de manière plutôt malencontreuse... Néanmoins, votre aide nous serait précieuse pour faire face aux Hollows, et cette ville est peuplée d'individus aussi crédules que superstitieux. Vous trouverez ci-joint un acte de propriété pour un petit cabinet situé dans l'East-End. Pourquoi ne pas reprendre le flambeau de la Soul Agency et vous faire chasseurs de phénomènes surnaturels ? Une couverture idéale.
En vous souhaitant une bonne chasse.
Sir K.U. »
Non, décidément, cette lettre était des plus douteuses. Qui pourrait envoyer une chose pareille ? Ils en avaient longuement discuté, Renji et lui, avant de se décider à aller voir les locaux en question, trop curieux, trop désireux de trouver des réponses pour ignorer complètement la missive. Ils guettaient la visite de leur mystérieux bienfaiteur en ces lieux, se relayant pour permettre à Renji de travailler et à Ichigo de passer du temps avec sa famille. Les deux jeunes hommes se voyaient donc toutes les fins d'après-midi, temps qu'ils occupaient à se chamailler sans cesse. Bien évidemment, pour rendre leur attente plus supportable, ils avaient entrepris de faire un peu de ménage dans la boutique. Ichigo, dans l'espoir de pouvoir occuper ses journées à lire et étudier, avait longuement décrassé la vitrine du petit bureau et avait entrepris de nettoyer un peu le fauteuil de velours miteux qu'il occupait actuellement. Renji, lui, las d'éternuer sous cet amas de poussière, avait chassé à grand coups de plumeaux rageurs les particules envahissantes et les toiles d'araignées, sous les regards amusés et intrigués des passants.
En fin de compte, ils avaient réussi à rendre au petit cabinet un aspect plutôt honorable, si bien que de temps à autre, quelques curieux passaient la tête dans l'entrebâillement de la porte, faisant tinter le carillon de l'entrée, et demandaient ce qu'ils comptaient ouvrir.
Une pluie persistante battait les carreaux de la vitrine.
Avec un temps pareil, il y avait peu de chance que quelqu'un se présentât aujourd'hui pour perturber la lecture du rouquin.
Le carillon tinta.
— Bonjour, fit une voix féminine.
Ichigo releva la tête de son bouquin, se redressa d'un bond pour accueillir la nouvelle venue. Il demeura interdit quelques instants, dénotant immédiatement la richesse des vêtements de la jeune femme ainsi que ses manières, son teint opalescent. Probablement une noble, songeait-il, alors qu'il lui souhaitait la bienvenue. Que venait-elle faire ici ?
La jeune femme, dont les grands yeux d'un bleu marine se posaient furtivement sur chaque détail de la pièce, sembla hésiter quelques instants, avant de souffler :
— J'ai besoin de votre aide.
Ichigo haussa les sourcils, intrigué et surpris par la demande de la jeune femme. S'il brûlait de lui expliquer que ce n'était pas une agence de détective, la galanterie l'empêchait de la couper pour le moment. Il n'eut pas à se casser la tête pour trouver une politesse à formuler, puisque la jeune femme poursuivit d'un ton plein d'espoir :
— Il y a des esprits qui rôdent dans le manoir de mon beau-frère, pourriez-vous les chasser ?
— Des… esprits ?
Ichigo était interloqué. Il dévisagea la jeune femme, ne sachant que répondre. L'embarras du jeune homme ne parut pas arrêter la nouvelle venue – qui ne s'était d'ailleurs pas présentée – car elle poussa plus loin son explication.
— Oui, des esprits. Je pense qu'ils sont l'œuvre du malin, leur… comportement n'a rien de bénin. Mon beau-frère refuse d'intervenir, il prétend que ce sont des sottises.
Le rouquin ne pouvait que donner raison à ce mystérieux beau-frère. Après tout, lui-même ne croyait pas à ces choses-là. Du moins, cela avait été le cas jusqu'à sa rencontre avec Renji et leur affrontement avec ce Shrieker dont parlait la lettre. Ceci étant, il ne savait toujours pas comment réagir avec cette jeune femme, ignorait comment l'interrompre sans la contrarier de trop – Dieu savait que la noblesse pouvait être susceptible.
— Mademoiselle, j'ai peur que-
À peine eut-il commencé qu'elle l'interrompit d'un geste, sortant de son sac une enveloppe qu'elle lui tendit aussitôt.
— Pour vous faciliter la tâche, j'ai même listé les divers événements, leurs lieux, leur heure approximative. Je ne sais pas quels sont vos honoraires, mais je vous assure que la famille Kuchiki saura se montrer généreuse une fois débarrassée de cette nuisance.
Kuchiki, comme le Lord Kuchiki, membre influent de la chambre des Lords ? De mieux en mieux, songeait Ichigo, ne sachant comment formuler son refus.
— Milady, vous devez faire erreur…
— Pardon ?
— Je ne peux rien pour vous, je-
— Quoi, vous me prenez pour une menteuse ?
— Non ! se récria Ichigo, mais-
— Alors ma tête ne vous revient pas ? La somme vous paraît dérisoire ? Ou alors, vous ne pouvez pas supporter les gens plus riches que vous ?
— Non pl-
— Très bien ! s'écria-t-elle.
Sans laisser le temps à Ichigo de s'expliquer, elle lui arracha brusquement l'enveloppe des mains. Furieuse et scandalisée, la jeune femme fit volte-face, insultant en son for intérieur le grossier personnage qui se permettait de la traiter de façon aussi honteuse. Elle n'était ni une menteuse, ni une sotte. Certes, elle se savait superstitieuse. Et alors ? Les faits étaient là, les objets se déplaçaient, les domestiques disparaissaient sans laisser de trace, les murmures inquiétants à l'intérieur même des murs la terrifiaient.
D'un pas décidé, sans même remarquer la main qu'Ichigo tendait vers elle, hésitant à l'arrêter, taraudé par la possibilité qu'il pût s'agir d'un Hollow, elle ouvrit la porte, déployant son parapluie d'un geste sec.
Glapissement de douleur.
— Putain, mais ça va pas la tête ?
Surprise, Rukia rabaissa son arme improvisée pour se trouver nez à nez avec Renji.
Un silence pesant d'expectative plana dans le petit cabinet. Ichigo ne savait pas encore s'il devait se réjouir que Renji fût là pour lui porter secours, ou s'il devait redouter l'altercation entre ces deux personnages au sang chaud. Il était loin de s'imaginer ce qui allait se passer. Il allait ouvrir la bouche pour présenter cette « Lady Kuchiki » à son acolyte quand la jeune femme le devança.
— Renji ? souffla-t-elle.
— Rukia ? Mais que fais-tu ici ? Dans l'East-End, en plus ?
Ils se toisèrent, abasourdis. Les questions restaient bloquées dans leurs gorges, tant et si bien qu'ils demeuraient muets, immobiles, chacun contemplant l'autre d'un regard ahuri.
— Euh. Vous vous connaissez ? les interrompit bêtement Ichigo pour rappeler sa présence en dépit de l'échange silencieux.
Renji se tourna vers le rouquin, tout en faisant signe à Rukia d'entrer et de s'installer :
— On a grandi dans le même orphelinat, déclara-t-il. On s'est perdus de vue quand Rukia a été adoptée…
La dénommée Rukia fronça les sourcils, une moue sévère sur ses traits gracieux.
— Non, on s'est perdus de vue quand tu as fugué. Je suis venue te rendre visite, mais…
Sa phrase demeura en suspens quelques secondes tandis que la jeune femme se laissait bercer par un souvenir douloureux; celui de l'abandon. Elle reprit contenance pour lancer un regard furieux à Renji, qui s'apprêta à rétorquer aussitôt. Se levant, Ichigo l'interrompit d'un geste prompt, avant de lancer :
— Il semblerait que ce soit une… « cliente », déclara-t-il, perplexe. Vous pourriez régler vos comptes plus tard ?
— Une cliente ? Comment ça, une cliente ? demanda l'homme aux cheveux rouges.
Rukia croisa les bras sur sa poitrine.
— Vous êtes bien la Soul Agency, non ? Les enquêteurs du paranormal ?
Les deux hommes échangèrent un regard des plus équivoques. Ils ne s'attendaient pas du tout à ce que cette mascarade eût le moindre fond de vérité. Or, il semblait que cette fameuse agence jouissait de quelque notoriété.
— Euh. Non ? tenta Renji.
Rukia ouvrit la bouche. La referma. Elle pensait pourtant ne poser là qu'une question rhétorique, et ne s'attendait certainement pas à une réponse négative. Elle pointa vivement le doigt vers la fenêtre et s'exclama, indignée :
— Mais c'est bien ce que dit l'enseigne de la boutique !
— Parce qu'on a une tête de chasseurs de fantômes, peut-être ? rétorqua son ami d'enfance sur le même ton.
La jeune femme s'apprêta à répliquer une remarque cinglante pour se raviser aussitôt. À la place, elle jeta autour d'elle un air perdu. Renji soupira, s'assit sur le bureau et d'un mouvement de la main, invita Rukia à prendre place dans l'un des fauteuils. Ichigo, lui, préféra demeurer debout, comme si la fuite paraissait envisageable à tout moment. Sans vraiment connaître ces deux-là, il se méfiait déjà.
— Qu'est-ce qui t'amène ? l'interrogea Renji, s'efforçant d'être engageant.
Rukia répéta :
— Des esprits rôdent dans le manoir.
— Rôdent comme « hantent » ? demanda l'homme aux cheveux rouges.
Ichigo leva les yeux au ciel. La vivacité d'esprit et la capacité de déduction étaient probablement des qualités – des vertus, même ! – complètement étrangères à son comparse.
— Oui, souffla leur interlocutrice.
— Donc, explique-toi… Tu as vu un fantôme ?
— Non ! mais–
Elle marqua une pause, chercha la réponse la plus adaptée, probablement dans la crainte que son ami d'enfance réagît de la même façon que le rouquin.
— Depuis quelques mois, pleins de phénomènes étranges se produisent au manoir Kuchiki. Mais jamais quand Lord Kuchiki et ma sœur sont là, alors ils ne me prennent pas au sérieux. Au départ, ce n'était que des broutilles, des bruits et des murmures, je pensais que les murs étaient infestés de rats.
— Ce qui reste tout de même très plausible, constata Ichigo.
Rukia approuva d'un hochement de tête et continua :
— J'ai envoyé un domestique examiner tout ça, par un accès dérobé.
Elle frissonna brièvement, le regard rivé sur le plancher alors qu'elle achevait :
— Il n'est jamais revenu. Je suis partie à sa recherche avec le majordome, sans résultat. Seulement une sinistre trace de sang sur une paroi.
Les deux hommes échangèrent un regard. Certes, tout cela leur paraissait étrange, mais un tas de réponses rationnelles étaient envisageables. Rukia en avait conscience, elle avait pensé la même chose. Elle leur conta donc la suite de son enquête, sa déclaration pour la disparition du domestique, les divers allers-retours pour déclarer des vols dans la propriété, son inquiétude croissante. Les autorités, à force de recherches infructueuses, commencèrent à penser que la jeune femme se moquait d'eux et ne vinrent plus. Dans le même temps, dès qu'elle se trouvait seule, les événements se multipliaient.
— Je me suis décidée à venir vous voir à la suite de l'incident d'hier, conclut-elle.
— Quel genre d'incident ? Une nouvelle disparition ? Une phrase intelligible ? interrogea Renji, sans feindre sa curiosité et son inquiétude.
Rukia ôta son gant droit et remonta la manche de sa robe pour dévoiler un hématome à la superficie impressionnante. Elle replaça presque aussitôt le tissu sur son bras meurtri avant d'expliquer :
— Je lisais un livre au coin du feu quand le paravent est tombé sans aucune raison. Deux battants se sont refermés sur mon bras. J'ai hurlé à l'aide, et les domestiques ont dû s'y mettre à cinq pour déloger mon bras.
Elle avait bien cru que ces fichues planches de bois venues des Indes allaient lui sectionner l'avant-bras tant la pression se faisait plus forte à chaque minute. Le souvenir de la douleur et de la panique, encore vivace, l'étreignit.
— On n'est peut-être pas la vraie Soul Agency, déclara Renji, mais je pourrais venir voir ce qui se passe dans ce manoir.
Ichigo approuvait. La possibilité que ce fût un monstre comme celui qu'ils avaient affronté n'était pas moindre, et s'il pouvait empêcher une nouvelle victime, il le ferait volontiers. Quand son regard croisa celui de la jeune noble, il esquissa un sourire assuré :
— Je viendrai aussi, si vous voulez.
Renji fronça les sourcils, mais ne pipa mot, tandis que Rukia bondissait sur ses pieds, soulagée :
— Merci. Venez me rendre visite le week-end prochain, ma sœur et son mari seront absents.
Elle nota l'adresse du manoir avant de s'éclipser poliment, laissant les deux garçons seuls face à leurs interrogations. Ichigo porta son regard sur le papier ou la calligraphie se détachait, les lettres d'encre formant des courbes élégantes et déliées. Il poussa un bref soupir en se laissant tomber dans son fauteuil fétiche, tandis que Renji se massait les tempes, toujours assis sur le bureau.
— Mais dans quel merdier je me suis encore foutu… maugréa l'homme aux cheveux rouges.
Ichigo se posait la même question.
oOo
Le rêve se déroule et s'effile, défile constamment, sans cesser, s'étiole et s'estompe. D'un souffle, il délivre les secrets, les murmures et les ombres, les enrobe, les dissimule, les divulgue puis les conserve. Les mots se perdent, s'éteignent, avant d'atteindre le destinataire.
Alors, Ichigo demeure sourd, sourd aux révélations, sourd à cette voix grave qui lui désigne la toile, le chemin, la destinée. Il est sourd, sourd et aveugle. Il ressent juste cette présence diffuse, s'étouffe dans sa frustration grandissante; il demeure, encore et encore, face aux réponses inaudibles, aux solutions inaccessibles.
La voix le guide; la cécité l'étreint.
La voix lui souffle; son ouïe s'éteint.
La voix prévient…
Trop tard.
oOo
Le portail de fer élégamment forgé s'imposait de toute sa stature sous l'arche du mur d'enceinte. Par-delà le grillage, Ichigo et Renji pouvaient voir un vaste parc. Ce n'était pas encore les alentours de Buckingham, mais de là où ils se trouvaient, le jardin semblait immense. Un saule pleureur balançait, mélancolique, ses longues branches à la surface de l'eau non loin du sentier, tandis que la végétation sur leur droite, relativement dense, dissimulait partiellement les murs blancs du manoir.
Les deux hommes s'étaient rejoints un peu plus tôt, Ichigo encore hanté par les souvenirs des cauchemars de la nuit, Renji l'air passablement contrarié aussi. Pourtant, quand le rouquin détaillait l'attitude de son collègue, il y discernait toujours cette assurance farouche, accentuée depuis l'épreuve des limaces, comme si le pouvoir ne l'avait jamais quitté depuis les égouts. Tous ne pouvaient pas en dire autant. Tout échappait à Ichigo, tout lui filait entre les doigts, ses songes n'étaient que de l'air, sa force une illusion. Avant même de commencer, il se sentait impuissant.
Mais il était trop tard pour faire demi-tour.
Le portier, aussitôt, se présenta à eux, silencieux et professionnel. Face au manque de réaction des deux invités, le domestique les interrogea :
— Ces messieurs sont-ils attendus ?
Ichigo s'arracha à sa contemplation du parc.
— Oui, nous sommes attendus par Miss Kuchiki. Je me nomme Ichigo Kurosaki, et mon ami qui m'accompagne c'est…
— Ton ami ? Comment ça, ton ami ?
Renji s'était extirpé de sa torpeur, de toute évidence outré par la présentation qu'allait faire le rouquin.
— … Renji Abarai, termina Ichigo, en l'ignorant superbement.
Le domestique s'effaça, tirant à lui un des battants du portail, et les deux jeunes gens s'engagèrent sur le petit chemin. Renji s'assura d'un regard que personne aux alentours ne les surveillait, puis donna un vif coup de poing à Ichigo.
— Je. Ne. Suis. Pas. Ton. Pote, articula-t-il agressivement, pendant que le rouquin se frottait l'épaule d'un air contrarié.
Une réplique acide brûlait les lèvres d'Ichigo, alors que les deux hommes avaient toujours un combat à mener, puisque leur dernière altercation n'avait pas connu de vainqueur, honteusement interrompue par le Hollow aux limaces. Heureusement, Rukia les attendait sur le pas de la porte, un peu loin, si bien qu'Ichigo retint sa remarque; autrement, ils en seraient probablement venus aux mains.
— Bonjour, les accueillit-elle joyeusement, un doux sourire sur les lèvres.
La présence féminine eut pour effet de calmer immédiatement les deux hommes. Le rouquin, dont la politesse n'était pas une lacune, retira son chapeau et la salua comme le voulaient les conventions. Renji, lui, brut dans son comportement comme toujours, enlaça spontanément la jeune femme, la faisant rougir.
— Hum, fit le majordome dans un raclement de gorge courtois. Le thé est prêt, madame.
Rukia bafouilla quelques paroles et entra dans le manoir, suivie des deux enquêteurs. Ichigo jeta un regard accusateur à Renji qui, naturellement, n'en comprit pas la teneur.
Quelques minutes plus tard, une fois le thé servi et goulument consommé en compagnie de biscuits, Rukia se leva pour prendre congé, sous le regard ébahi de ses deux invités.
— Je ne peux pas crapahuter dans tout le manoir ainsi vêtue ! se justifia-t-elle.
Les deux garçons, même pas étonnés qu'elle les accompagnât – et songeant encore moins à tenter de la dissuader – durent admettre que la lourde robe de soie couleur magenta, avec son haut col, ses jupons et ses larges manches, n'était probablement pas adaptée à la chasse aux fantômes. Ce fut donc dans un silence embarrassant qu'ils attendirent le retour de la demoiselle. Cette dernière, quand elle revint les voir, était complètement transformée; elle avait troqué ses atours pour une tenue qui rappelait celle des jeunes hommes dans les rues, autrement dit chemise à jabot blanche, bretelles, pantalon et souliers noirs. Ses cheveux étaient attachés en un minuscule – presque ridicule ? – catogan.
— Voilà qui me rappelle des souvenirs, rit Renji.
La petite femme tira la langue à son ami d'enfance, comme vexée. Mais elle devait admettre qu'elle se sentait bien plus à l'aise dans ce genre de vêtements que dans des parures ridicules et encombrantes.
— Suivez-moi, maugréa-t-elle néanmoins.
Et, dociles, les deux hommes s'exécutèrent.
Elle les guida jusqu'à la bibliothèque du manoir, qui laissa Ichigo sans voix. Les rayonnages s'étalaient sur chaque mur, s'élevant jusqu'au plafond. L'odeur du vieux papier le ravit aussitôt et Rukia, mi-agacée, mi-amusée par l'émoi du rouquin, lui indiqua d'une voix légère qu'il pourrait revenir durant les absences de Byakuya si cela lui chantait. Renji leva les yeux au ciel.
— Bon, fit la jeune femme d'un ton plus sérieux.
Elle déplia une feuille – cette liste qu'elle avait exhibée quelques jours plus tôt lors de son irruption à la Soul Agency.
— D'après les informations recueillies, cette pièce est au centre de la zone où les événements se sont produits.
Elle leur expliqua en détail les divers incidents, ces voix qui avaient tenté de l'attirer dans la bibliothèque, ces ombres inquiétantes. Elle ne s'y était, depuis lors, plus jamais rendue seule.
— Et la fois où tu t'es faufilée entre les murs ? demanda Renji. Où était-ce ?
Elle les mena à un corridor adjacent où, entre deux colonnes, se trouvait une planche de bois pour dissimuler un trou dans le mur. Renji, armé d'une bougie, glissa la tête au travers de l'ouverture pour essayer de distinguer quelque chose dans les ténèbres. Ichigo, qui posa la planche contre le mur, secoua ses mains pleines de poussières, puis fronça les sourcils.
— À quand date le dernier incident ? demanda le rouquin.
— Pas plus tard qu'hier, le tapis des escaliers s'est dérobé sous mes pieds. Je me suis rattrapée à la rampe suffisamment vite pour ne pas tomber, heureusement.
Ichigo se tourna donc vers Renji – qui s'extirpait du trou dans le mur – pour lui faire part de son observation :
— L'auteur de ces crimes n'emprunte pas ce passage. Au vu de la poussière, la planche n'a pas été déplacée depuis un certain moment.
— Je confirme, répondit l'homme aux cheveux rouges. Les araignées mènent une petite vie bien tranquille, là-dedans.
Pour illustrer son propos, il désigna du pouce le mur derrière lui.
— Mais les fantômes passent à travers les murs, fit Rukia, hautaine.
Les deux amateurs échangèrent un regard agacé. Dans leurs souvenirs, la créature qui les avait attaqués dans les égouts ne semblait pas être dans la capacité de jouer au passe-muraille. Néanmoins, ils devaient admettre qu'ils en connaissaient bien trop peu sur les Hollows pour pouvoir supposer leurs capacités. En fait, ils ne savaient même pas s'ils étaient tous identiques ou non, s'ils avaient des spécificités. Rien.
— Continuons, soupira Ichigo.
En silence, Rukia les guida jusqu'à la cave, seule surface qui pouvait éventuellement dissimuler un accès à l'ensemble de la maisonnée. Explorateur dans l'âme, Renji jeta un regard intrigué à la collection de bouteilles de vin qui y était entreposée, frotta un étiquette pour en dégager la poussière et poussa un sifflement admiratif. Ichigo et Rukia, lampes en main, se retournèrent pour lui jeter une œillade peu amène.
— Le concept de discrétion ne t'a-t-il jamais effleuré l'esprit ? souffla Ichigo.
— D'aussi loin que je m'en souvienne, répondit Rukia à voix basse, il est incapable d'en faire preuve.
— Vos gueules.
Rukia, un sourire en coin, tourna la tête vers Ichigo :
— Tu vois ? Il se vexe en plus…
— Rukia ! siffla Renji, non pas parce qu'il s'agissait d'une offense, mais parce qu'il tendait l'oreille.
Le grincement qu'il avait perçu un peu plus tôt se fit entendre à nouveau. Ils se dirigèrent à pas feutrés jusqu'à l'origine du bruit, sans rien voir pour autant.
— Qu'était-ce ?
Scrutant la pénombre, la jeune femme finit par déceler une trappe. D'un coup de pied, elle poussa le battant de métal qui grinça. Elle prit son courage à deux mains, et sans rien écouter aux protestations des deux garçons, elle se glissa par l'ouverture à quatre pattes. Il était temps de mettre fin à ces machinations fantomatiques avant qu'il n'y eût mort d'homme dans ce manoir.
Résignés, les deux hommes lui emboitèrent le pas; un courant d'air glacial souffla les flammes de leurs lampes, les plongeant dans une obscurité totale.
— Ma poupée préférée aurait-elle ramené des compagnons ? interrogea une voix caverneuse.
Ichigo entendit que trop distinctement la trappe se refermer derrière eux dans un claquement sec, aussitôt accompagné du cliquetis d'un loquet qu'on referme. Prisonniers.
— Rukia ? appela Renji.
Un gémissement étouffé leur répondit, accompagné d'un ricanement sinistre.
— Si ma poupée n'a pas été sage, je vais devoir sévir… Cette maison et ce qui s'y trouve sont mes jouets, après tout.
Désormais, ils en avaient la certitude, il s'agissait d'une créature semblable à ce qu'ils avaient affrontés dans les égouts. À nouveau, ils étaient pris au piège, encerclés des ténèbres, démunis face à une menace dont ils ne comprenaient rien.
— Bordel, cette chose a Rukia ! gronda Renji.
La proximité les empêchait de se mouvoir comme ils le souhaitaient. Épaule contre épaule, ils tâtonnaient autour d'eux pour trouver une issue, un chemin à prendre, une solution. Et Ichigo pouvait sans peine sentir l'homme aux cheveux rouges trembler de rage et d'inquiétude. La dispute ne tarda pas à poindre; Renji donna un violent coup de poing dans la paroi toute proche, tout crachant un reproche tant adressé à lui-même qu'à son comparse :
— Je savais qu'elle n'aurait jamais dû nous accompagner, que ça puait cette histoire !
Ichigo se contenta de serrer les dents, cherchant de plus belle une échappatoire.
oOo
Rukia se débattait de toutes ses forces.
Sans qu'elle n'eût pu esquisser le moindre mouvement, la chose s'était enroulée autour de ses chevilles, la traînant en arrière. À peine avait-elle laissé échapper un glapissement surpris qu'elle s'était retrouvée bâillonnée. « Rukia ! », avait-elle entendu. L'occasion de répondre distinctivement ne lui fût jamais donnée. Elle avait beau se tortiller, avait beau tenté de donner des coups contre les parois pour signaler sa position, ses liens étaient trop serrés.
Traînée sur le sol de terre battue désormais, elle gigota et se contorsionna jusqu'à se retrouver sur le dos; exercice laborieux, qui lui permit néanmoins de voir son ennemi plus tôt. Elle en eût le souffle coupé : la créature, tapie dans un recoin de la cave, n'était qu'une forme gigantesque munie d'un masque terrifiant. Des dizaines de tentacules blancs naissaient de son corps, ondulant. Nombre d'entre eux se glissaient dans les parois, remontaient le long des murs.
— Viens jouer, petite poupée, souffla la créature.
Des tentacules écartèrent des mèches de son visage. Elle contempla le masque en retour – jamais elle ne se serait doutée que les fantômes pouvaient prendre une apparence aussi étrange et monstrueuse. L'appellation de poupée lui donnait aussi des frissons.
— Vilaine poupée. Puisque tu es allée chercher de l'aide, plus jamais je ne laisserai quiconque sortir de cette maison… Vous serez à moi, pour toujours, tu m'entends ? Peut-être vais-je tuer ton beau-frère, ne garder que ta sœur, qu'en penses-tu ? Les hommes sont inutiles, j'aime dévorer goulument leurs âmes… Comme ce majordome trop téméraire. Oui, oui, les savourer…
La peur et la colère étranglèrent Rukia dans un maelstrom émotionnel alors que le Hollow lui soufflait ses milles promesses de sa voix grinçante. Ce n'était pas tant ses propos, maladroits à ses yeux, qui la glaçaient, mais les mouvements lascifs des tentacules qui semblaient se déployer dans tout le manoir, ce souffle fétide et l'apparence répugnante de la créature.
L'immonde fantôme l'avait fait prisonnière. Du moins, jusqu'à ce que Renji surgît soudain, armé d'un couteau qui lui entailla violemment les tentacules. Ils se rétractèrent d'instinct, libérant son amie d'enfance.
— Renji ! avertit-elle.
Trop tard; les représailles prirent la forme d'un coup sifflant tel un fouet, qui entailla le cou de l'homme aux cheveux rouges. Le suivant l'envoya valser à l'autre bout de la pièce et Renji heurta si violemment l'antique armoire de chêne qu'elle bascula. Coincé dessous, il perdit conscience.
Ichigo fit son entrée en scène juste à temps pour voir la chute, pas assez tôt, cependant, pour empêcher la créature de lui porter un premier coup, les tentacules lacérant comme un fouet, lui cinglant l'arcade. Le sang coula immédiatement dans ses yeux, le privant d'une vision suffisamment juste.
Un nouveau coup. Encore. Qui déchira ses vêtements et sa peau, qui mettait la chair à nu. Chaque fois que l'impitoyable monstre fouettait, la douleur, cuisante, paralysait le rouquin et l'empêchait d'agir.
Le sang avait un goût métallique dans la bouche d'Ichigo et poissait lambeaux de vêtements et de peau. Son ennemi invisible gloussait de satisfaction à chaque coup porté. Renji était toujours coincé sous l'armoire, à demi-conscient, et Rukia essayait de le dégager tout en jetant des regards affolés au rouquin dominé par le monstre.
Un coup, encore un autre. Un craquement sinistre indiqua à Ichigo que l'os de son avant bras avait cédé. La douleur irradia, lui arracha un hurlement étouffé. Enfin, la menace prit forme lorsqu'un tentacule blanchâtre s'enroula autour de sa gorge. Rukia connût le même sort avant d'avoir pu libérer l'homme aux cheveux rouges. L'air lui manquait. Ses poumons le brûlaient. Dans des gestes frénétiques, il tirait, griffait, sans parvenir à faire lâcher prise à son ennemi. Peu à peu, ses forces l'abandonnaient, ne laissant plus qu'une terreur panique, un désespoir se languissant d'une fin, quelque qu'elle fût. Son regard embué de larmes croisa celui, identique, de Rukia. Elle était si frêle, ainsi soulevée, ainsi privée d'air…
— Non !
La voix de Renji scinda l'atmosphère en même temps que le vrombissement des flammes. Les tentacules relâchèrent leur prise aussitôt, et une longue plainte échappa aux Hollows. Il se recroquevilla sous l'assaut incendiaire et Ichigo eut toutes les peines du monde à s'éloigner du brasier, rampant.
Renji se précipita sur Rukia et l'entraîna à l'abri de la fournaise, où se consumait à grand crépitement la chair du monstre. Des hurlements, stridents et surnaturels harassaient leurs tympans et l'odeur âcre de la fumée, les relents de Hollow carbonisé les suffocaient.
Assis côte à côte contre le mur, les yeux écarquillés, Rukia, Ichigo et Renji reprenaient leur souffle. De petites flammes crépitaient encore dans l'air, s'évanouissant une à une, répandant une chaleur douce et rassurante. Les poutres des fondations n'avaient pas pris feu, à peine effleurées par l'incendie surnaturel. Le Hollow, lui, ne pouvait pas en dire autant. Entre les deux garçons, Rukia fut la première à ouvrir la bouche; sa voix était rauque, l'exercice laborieux :
— Qu'est-ce… qu'était-ce ? Que s'est-il passé ?
La seconde question avait aussi traversé l'esprit d'Ichigo, avant qu'il ne se souvînt de l'étrange capacité de Renji, les sangsues consumées par les flammes qui émanaient de ses mains. Et lui, pourquoi n'avait-il pas ce genre de don ? Pourquoi la voix s'était-elle tue ? L'avait-il rêvée ?
— Je crois… je crois que je viens de cramer ce Hollow, souffla Renji en guise de réponse.
L'homme aux cheveux rouges fixait ses mains grandes ouvertes, encore ivre de cette force fébrile. Hagard, Ichigo se redressa, tendant la main à Rukia pour l'aider à en faire de même. Ils ne pouvaient pas rester dans les vieilles fondations du manoir; en dépit de leur victoire, le rouquin était loin de se sentir en sécurité. Rukia, elle, avait de toute évidence des préoccupations toutes autres. Dès qu'ils franchirent le seuil des cuisines après avoir gravi laborieusement les marches grinçantes, elle tomba nez à nez avec la grande pendule.
— C'est une catastrophe ! Mon beau-frère va rentrer d'une minute à l'autre ! Il faut que je me rende présentable ! Fuyez !
Renji et Ichigo échangèrent un regard sidéré. Elle venait d'affronter un Hollow, ils avaient libéré le manoir de la présence surnaturelle qui l'habitait et elle se souciait du savon qu'on allait potentiellement lui passer ? C'était vrai qu'elle était dans un état lamentable, couverte de terre, de poussière, de fumée, et ses cheveux en désordre, sa chemise déchirée, et les marques de strangulation rendaient le tableau terrifiant.
Elle les poussa vers la porte de derrière, faisant peu de cas de leur étonnement, leur donna quelques vagues instructions pour sortir le plus discrètement possible de la propriété, les remercia vaguement et leur claqua grossièrement la porte au nez.
— C'est toujours comme ça ? demanda Ichigo en se frottant la gorge.
Renji se contenta de hausser les épaules, avant de prendre le petit chemin sinueux jusqu'à l'arrière de la propriété, l'esprit probablement occupé ailleurs.
oOo
Installé dans le fauteuil de velours miteux qu'il avait su s'approprier, Ichigo s'était perdu dans ses pensées. Impossible de trouver le sommeil depuis les péripéties du week-end, et il ne savait pas encore comment aborder le problème, comment l'adapter à la réalité des choses. Que faire, ainsi confronté au surnaturel, sans aucun allié ? S'il était tenté de fermer les yeux, de tout oublier, il s'en savait incapable. Jamais il ne pourrait dormir sur ses deux oreilles en sachant que tous ces monstres erraient au-dehors. Le sentiment d'insécurité ne le quitterait plus jamais. Ce nouvel aspect de sa vie le laissait mal à l'aise et indécis. Or, son indécision coûtait probablement la vie de nombreuses personnes dans Londres. Et qui sait, peut-être même dans tout le Royaume-Uni. Ou le monde entier.
Sinistre perspective.
Il sursauta lorsque Renji fit irruption dans la pièce, suivi de près par Rukia. Il aurait bien demandé ce que la jeune Kuchiki faisait ici, mais les deux amis d'enfance poursuivaient leur conversation mouvementée sans prendre la peine de saluer le rouquin.
— Mais t'es pas bien ? Il est hors de question qu'on ouvre cette boutique pourrie !
— Une agence, Renji, je te parle d'une agence ! C'est comme être détective, mais pour les fantômes !
— Ce sont des Hollows et ils sont dangereux, martela l'homme aux cheveux rouges, menaçant.
Rukia ne se laissa pas démonter :
— Et c'est bien pour ça qu'il faut s'en occuper !
— Quel est le problème, exactement ? questionna Ichigo, haussant le ton pour se faire entendre.
Renji écarta les bras en signe d'impuissance et d'exaspération, avant de lâcher avec sarcasme :
— Lady Kuchiki veut reprendre le flambeau de la Soul Agency. Avec ou sans notre accord, d'ailleurs. Il paraît que, si toi et moi sommes des lâches, elle pourra très bien s'occuper de cette affaire seule.
— Ne m'appelle pas « Lady », ignare ! Je ne suis pas mariée à un chevalier, que je sache ! pesta-t-elle en retour.
Rukia darda Renji d'une œillade furieuse et se mua dans un silence boudeur, non sans guetter en coin la réaction du rouquin.
En son for intérieur, Ichigo dut admettre qu'ils faisaient la paire, à se chamailler tout le temps. Et surtout, qu'ils représentaient à eux deux le dilemme qui le rongeait depuis un moment, mais dans une autre mesure. Quand lui se sentait rongé par la culpabilité, Renji était doté de l'indifférence de ceux qui ont subi la cruauté de la vie – ainsi que d'une certaine volonté de protéger Rukia – tandis que cette dernière voulait absolument s'investir dans ce combat, dans une pure logique bénévole. Héroïque. Ce tableau, mêlant amertume, amitié et destin déclencha quelque chose en Ichigo; le déclic qu'il attendait.
Mu d'une détermination nouvelle, il esquissa un sourire amusé :
— On pourrait peut-être trouver un arrangement, non ?
Il fit mine de se vexer lorsque les deux amis d'enfance affichèrent une mine ébahie quant à sa réponse.
— Hors de question ! explosa finalement Renji.
— Miaou.
Un chat noir aux grandes prunelles dorées franchit la porte, coupant court à la dispute. Il baladait un paquet, la ficelle de ce dernier fermement maintenue entre ses crocs, et trottinait d'un pas paisible. Une fois arrivé aux pieds d'Ichigo, le chat posa le paquet et s'assit. Cligna des yeux.
— Oh, vous avez un chat pour livrer vos paquets ? fit innocemment Rukia.
— Non ! Et dis pas ça comme si c'était normal, idiote ! s'insurgea Renji.
Curieux, le rouquin se pencha et tendit son bras valide pour saisir le paquet, remerciant le chat d'un discret hochement de tête. Satisfait, ce dernier fit volte-face et repartit comme il était venu. Renji fixa quelques instants la porte ouverte, là où le chat venait de disparaître, puis reporta son attention sur ses compagnons.
— Attendez, me dites pas que ça ne vous choque pas !
Les deux autres haussèrent des épaules et ouvrirent le paquet, sous le regard atterré de l'homme aux cheveux rouges.
Le paquet ouvert, ils y découvrirent un livre, qu'Ichigo posa sur la table basse face à lui. Le titre figurait en lettres d'or sur la reliure de cuir. Souls.
— Âmes ? lut Rukia dans un souffle.
Avec mille précautions, Ichigo ouvrit le livre à la page où se trouvait le marque-page. Y figuraient deux illustrations, des descriptions et des explications. Shrieker était le titre de la première page. Ce nom déjà lu dans la lettre du mystérieux Sir K. U. La seconde portait le titre de Prowler. Et la créature dessinée ressemblait en tout point à celle qu'ils avaient chassée dans le manoir Kuchiki.
— C'est un bestiaire pour Hollows, conclut Ichigo, en feuilletant les autres pages, fasciné.
Une note de leur mystérieux bienfaiteur tomba de l'ouvrage.
« Prenez-garde à ce qu'il ne tombe pas entre de mauvaises mains… »
