Le lendemain soir je quittai la confrérie avec la petite sur les talons. Lorsque je lui avais demandé, Payson s'était réjouie et empressée de chaparder un peu de nourriture à la cuisine.
Tracker était venu nous souhaiter bonne chance, et nous donna deux imperméables, plus pour caché nos visages en cavale que pour nous protéger de la pluie. Me demandant encore une fois ce que j'avais l'intention de faire, mais je préférais ne pas lui raconter mes plans.
Je savais qu'il n'aimerait pas que j'aille à la rencontre d'autres mutants. Mais est-ce que l'école de surdoués du Professeur Xavier était vraiment une confrérie de mutants? Est-ce que je m'imaginais des choses? Même si ce n'était pas le cas, le Professeur serait sans doute intéressé par mon état. Peut-être pourrait-il même me débarrasser de cette condition?
Tracker me serra dans ses bras, salua la petite et nous partîmes. L'école se trouvait aussi dans le conté de Westchester, de l'autre côté du Parc Graham Hills. C'est donc ce chemin que nous prîmes. Payson semblait infatigable, elle marchait trois mètres devant moi, d'un pas assuré. Je trainais, maladroite et trébuchante derrière elle.
Nous avions toutes les deux meilleures mines. Les cernes avaient complètement disparu, et nos joues étaient toujours saillantes et creuses, mais cela s'était nettement amélioré. Nous marchâmes toute la nuit jusqu'à l'orée de la forêt, puis nous nous arrêtâmes pour manger un peu.
Nous ignorons de quel côté se trouvait l'école, Payson pointa la droite, et c'est le chemin que nous prîmes. Un chemin en pente raide et fait de petits cailloux glissants. Mais Payson, encore une fois, était droite et bien devant. Elle s'arrêtait fréquemment, feignant avoir mal aux pieds ou pour attacher ses souliers, mais je soupçonnais que c'était plus pour préserver mon ego qu'un réel besoin.
Le soleil se levait lorsque nous arrivâmes devant un grillage. Sur l'une des colonnes de briques rouges, on pouvait lire sur une plaque dorée : '' L'institut Xavier : pour enfants surdoués.''
J'hésitais soudainement. Et s'il s'agissait d'un autre scientifique fou, comme Gallagher. Mon hésitation sembla inquiéter Payson qui s'agita à côté de moi.
''Tout va bien aller maintenant. Ne t'en fais pas.''
Elle fronça les sourcils. Il y eut un bruit électronique, puis le verrou de la porte s'ouvrit. Nous regardâmes le grillage un instant, complètement immobiles. Aucune de nous n'avait touché la porte ou la sonnette.
Puis je l'entendis, dans ma tête.
''Vous êtes les bienvenues à l'Institut Xavier.''
Payson attrapa ma main. Je n'étais pas toute seule à l'avoir entendu. Et elle me tira vers l'entrée. L'entrée immense d'un manoir luxueux. Entre nous et le manoir se trouvait une somptueuse fontaine de marbre blanc. La maison était entourée d'arbres matures et de fleurs. Payson continua à me tirer vers l'avant. La porte d'entrée s'ouvrir et un homme en chaise roulante en sorti et j'entendis la voix à nouveau.
''Je m'appelle Charles Xavier et je crois pouvoir répondre à quelqu'une de vos questions, Mademoiselle Davis. Premièrement, vous aviez raison, je suis un mutant. Un télépathe pour être plus précis. Mais avant de continuer, installez-vous confortablement dans votre chambre. Tornade vous y mènera.''
Une jeune fille, à peine plus vieille que Payson, apparue derrière l'homme et nous fit signe de la suivre. Elle avait la peau de la même couleur que celle de ma compagne, mais les cheveux étaient longs, lisses et blanchâtres. Ses yeux aussi avaient un aspect singulier, ils étaient vitreux, blanc et sans pupilles. Elle nous montra deux chambres identiques, l'une d'elles avait vu sur la fontaine et la vue de la seconde était bouchée par un énorme peuplier. Je souris, sachant déjà quelle chambre Payson allait choisir. Pas besoin d'être télépathe.
Je rangeais mon manteau, mon unique possession, dans le garde-robe de la chambre. Et m'allongeai sur le lit moelleux et les oreillers de plumes. Il ne me fallut que quelques secondes pour je m'endormir, confortable comme jamais.
Je m'éveillai vers deux heures de l'après-midi. Complètement reposée et détendue. Je tirai le rideau pour observer la vue. Il y avait des jeunes dehors. Quatre garçons se lançaient un ballon ovale et se plaquaient au sol en riant. Plus loin, deux jeunes femmes bavardaient, tout en observant l'un des joueurs. De vrais adolescents.
''Aussi vrais que vous!''
Je sursautai en entendant de nouveau la voix, mais cette fois elle provenait de mon dos et non pas de ma tête. Je me tournai vers la source.
''Je ne me considère pas comme une adolescente normale
-Vous ne vous considérez pas énormément, me semble t'-il.
-Vous avez raison.
-Mais je n'en comprends pas la raison. ''
Je ne répondis pas. Comment expliquer mon malaise face à mutation, lorsque lui-même en subit une, l'embrassant.
''Je pourrais peut-être vous expliquer ce qui me plaît à être mutant.
-Vous êtes toujours dans ma tête?
-Non. Seulement lorsque vous réfléchissez.''
Il rigola, mais s'arrêta lorsque je ne ris pas.
''Je peux arrêter de le faire si vous me le demandez.
-S'il vous plaît!
-Mais vous devrez me parler ouvertement.
-Très bien. Je ne considère en rien les mutants.
-Pourtant, je ne semble pas vous dégoûter, Payson non plus.
-Payson est donc une mutante?
-Oui, D'un incroyable pouvoir.
-Pourquoi alors Tracker ne pouvait la sentir?
-C'est un pouvoir qu'elle n'a pas besoin d'utiliser.
-Quel est-il?
-L'invincibilité. ''
Je restais surprise. Comment une si petite fille, si fragile, pouvait être invincible?
''Surprenant, n'est-ce pas?
-Vous aviez dit que…
-Oui, je sais pardon. Il s'agit d'une seconde nature.
-Vos élèves sont tous des mutants?
-Tous. Certains sont très matures. D'autres, comme vous, le sont beaucoup moins. Vous devez vous approprier votre don, l'acceptez. Ce sera beaucoup plus facile cohabiter avec lui.
-Et si je n'ai pas envie. Puis-je m'en débarrasser?
-Je ne crois pas. Ce sont vos gênes. Ils font qui vous êtes. Vous pourriez faire de grandes choses, si vous l'apprivoisiez.
-Cela ne m'a apporté que des problèmes.
-Je suis désolée pour votre frère. Mais croyez-moi, beaucoup de jeunes dans cette école peuvent vous comprendre''
Je me détournai. Comment savait-il pour Mike?
''Je peux étendre mon esprit très loin. J'ai ressenti votre détresse ce soir-là. Et je ne suis pas le seul.
-Magneto.
-La télépathe qui travaille avec lui s'appelle Emma Frost. Elle est très puissante et c'est pour cela que je n'ai pas réussis à discuter avec vous plus tôt. Elle peut …
-Créer un bouclier. Je sais, on me l'a expliqué, mais j'ignorais que c'était valable pour les mutants.
-Nous sommes comme les humains. Nous avons nos faiblesses.''
Je levai les yeux vers lui. Donc, il ne détestait pas les humains.
''Non, je les considère comme des égaux, bien que différents. Et J'espère qu'un jour les mutants et les humains cohabiteront en harmonie.
-Ce n'est pas un peu utopique?
-N'est-ce pas ironique qu'une des plus puissantes mutantes qu'il m'ait été donné de rencontrer soit la plus pessimiste à propos du gène X. pensez-y. Vous ne pourrez pas vous en détacher. Apprenez donc à vivre comme la nature vous a fait.''
Il se dirigea vers la sortie et ferma la porte derrière lui. Mais il me parla à nouveau dans ma tête.
''Quand vous serez prête, je vous aiderai à utiliser vos facultés.''
Après quelques minutes de méditation sur ses paroles, je sortis à la recherche de nourriture. J'ouvris ma porte au même moment que le résident d'en face. Il semblait encore endormi, n'avait pas pris la peine de se vêtir.
Je regardai son torse quelques instants, puis relevai les yeux subitement vers son visage amusé.
''Je suis désolée.
-C'était à moi faire attention. J'ignorais que j'avais une voisine. Bienvenue.''
Je hochai la tête et il parti, le sourire toujours aux lèvres, une serviette sur son épaule.
Le gène X, que le professeur avec mentionné, ne donnait pas seulement des facultés extraordinaires. Tous les mutants que j'avais croisés depuis mon évasion étaient beaux ou bien charismatiques, souvent les deux. Une petite voix dans ma tête, la mienne cette fois, me disait de le suivre. Mais c'était de genre de démon intérieur qu'il ne faut écouter. Je me dirigeai de l'autre côté du couloir, lorsque le dos musclé disparut à droite.
Je croisais les deux jeunes filles d'hier, en route. Elles allaient, en gloussant, vers la cuisine.
