Puisque ces chapitres étaient écrits depuis longtemps, je les publie à la suite, pour que vous puissiez vous replonger dans l'histoire sans avoir à trop attendre (je sais comme ça peut être long d'attendre la suite d'une fic…). Voilà donc le chapitre 2, dont le titre viens de la chanson Creek Mary's blood de Nightwish.


Chapter 2

Following the trail of tears

Au petit-déjeuner le lendemain matin, Hermione retrouva ses amis, qui la trouvèrent en bien meilleure forme que la veille au soir.

- Alors Hermione, bien dormi ? Tu t'es remise des évènements d'hier ? lui demanda Harry.

Les évènements d'hier ? Comment peut-il être au courant de ça ? Je n'ai parlé à personne de ce que j'ai vu hier soir ! Ah non, il doit sûrement vouloir parler du voyage et de mon retour de vacances.

- Oui, j'ai très bien dormi. Ca va beaucoup mieux aujourd'hui, répondit-elle en souriant, après un instant de réflexion que seule Ginny avait remarqué.

Sur ces mots, Hermione s'assit et commença à manger son petit-déjeuner, composé de toasts beurrés, d'une orange et d'une grande tasse de thé. Mais elle était préoccupée et n'arrivait pas à savourer la nourriture pourtant délicieuse. Elle avait les yeux dans le vague et ses pensées étaient dirigées vers la table des Vert et Argent, ou tout du moins vers leur Prince.

Elle ne l'appréciait pas, ça non. Mais la détresse des autres la touchaient, et voir le grand Drago Malefoy, d'habitude froid et imperturbable, pleurer lui avait fait un peu pitié, il fallait l'avouer. Depuis, elle ne cessait de chercher la raison de son désarroi, sa curiosité insatiable ayant été piquée.

Ginny remarqua que son amie avait la tête ailleurs et ne put s'empêcher de lui demander ce qui n'allait pas.

- Tu n'as pas l'air dans ton assiette ce matin, tu es sûre que tu as dormi aussi bien que tu le dis ?demanda la rousse.

- Ah, oui, j'ai très bien dormi je t'assure. J'ai juste la tête un peu ailleurs, je repensais à ma famille et aux quelques jours que j'ai passés avec eux, mentit Hermione.

- Ils te manquent beaucoup ?

- Pas tant que ça non, mais ça m'a fait très plaisir de les voir et j'ai vraiment passé deux semaines très agréables.

- Oui d'accord, je vois.

Ginny eut l'air satisfaite de la réponse de son amie, au grand soulagement de cette dernière qui ne tenait pas à ce que ses amis soient au courant de son intérêt pour Drago Malefoy. Non pas qu'elle ait quelque chose à se reprocher, non, elle préférait seulement garder ça pour elle, le temps d'y voir plus clair.

Voyant que son amie se désintéressait d'elle au profit de son petit-ami, Hermione laissa libre cours à ses pensées.

Peut-être qu'il venait de se faire plaquer par l'amour de sa vie...Non mais enfin réfléchis Hermione ! Drago Malefoy + se faire plaquer + amour de sa vie, dans la même phrase ! Inconcevable... Il m'a semblé l'entendre parler de sa mère, qu'est-ce qu'elle peut bien avoir à faire avec tout ça ?...

A ce moment, Hermione fut sortie de ses pensées par l'intervention d'Harry.

- Bon, écoutez, vous trois, commença-t-il en chuchotant presque et en se penchant au-dessus de la table, voulant manifestement que leur discussion reste privée,il faut que je vous parle de quelque chose. Voilà, comme vous êtes mes meilleurs amis, j'estime que vous avez autant le droit de savoir que moi...

- Mais enfin, Harry, de quoi tu parles là ? intervint Ron, qui jusque-là s'était contenté d'engloutir son petit-déjeuner comme s'il n'avait pas mangé depuis une semaine au moins.

- Voilà, j'ai eu une discussion avec le professeur Dumbledore. A propos de Voldemort et du moyen de le vaincre.

Le brun avait prononcé ces mots si doucement que ses amis avaient dû se rapprocher et tendre l'oreille pour comprendre ce qu'il disait.

- Apparemment, il y aurait, disséminés un peu partout, des objets contenant son âme. Sept au total.

- Comment ça ? Il n'a qu'une seule âme, comme tout le monde, non ? Comment elle peut être dans sept objets à la fois ? questionna Hermione.

- Eh bien c'est là que la magie noire fait son apparition...Il aurait séparé son âme en sept...

A cette annonce, les amis du Survivant furent ébahis. Tous se regardèrent sans vouloir vraiment comprendre ce que cela signifiait.

- Mais comment est-ce possible ? demanda Hermione, horrifiée et curieuse tout à la fois.

- Il n'y a pas des centaines de moyens de séparer son âme en plusieurs 'morceaux' d'âme, répondit Harry en mimant des guillemets au mot 'morceaux'. Il faut tuer des gens.

- Comme c'est étonnant...C'est encore plus étonnant qu'il n'en ai fait que sept, vu tous les gens qu'il a dû tuer. fit Hermione, cynique.

- Ça demande beaucoup de puissance. Sept objets, c'est déjà exceptionnel, répliqua Harry, sur un ton un peu plus froid que précédemment.

L'évocation des gens tués par Voldemort faisait toujours remonter en lui le souvenir de ses parents. Hermione se rendit compte du malaise d'Harry et en devina vite l'origine.

- Oh je suis vraiment désolée Harry ! Ce n'était pas dans mon intention de soulever de mauvais souvenirs, fit-elle, mal à l'aise.

- Non, ce n'est rien, ne t'inquiète pas, lui répondit Harry, dont le ton s'était radouci. Et il y a autre chose. Apparemment, il y aurait de nouveaux membres parmi les Mangemorts.

- Ce n'est pas très étonnant, à mon avis, Il prépare quelque chose. Donc Il a besoin du plus de recrues possibles, fit Ginny en se serrant plus près de son petit-ami, à côté duquel elle était assise.

- Oui, tu as sûrement raison. Je suis aussi d'avis qu'il nous prépare quelque chose, et je m'attends au pire. Enfin, pour en revenir à ces nouveaux Mangemorts, je pense qu'il a recruté cette fois les enfants de ceux qui lui étaient fidèles. Ils ont quasiment tous notre âge ou sont un peu plus vieux, ils font de parfaits petits soldats. Et en plus, une large majorité se trouve ici, à la table juste en face." fit Harry en jetant un regard noir en direction de la table des Serpentards. Et je suis persuadé qu'un certain Drago Malefoy fait partie de ces nouvelles recrues et qu'il est sûrement plus qu'enthousiaste à la perspective de satisfaire les moindres désirs de son maître, ajouta-t-il en fusillant du regard ledit Malefoy.

Hermione en profita pour l'observer également. Il regardait son assiette d'un air absent, ne semblant pas voir ce qu'elle contenait - c'est-à-dire presque rien. Il avait presque l'air triste.

Triste ?! Mais enfin, Hermione, qu'est-ce qui te prend de lui trouver un air triste ? C'est sûrement un Mangemort et toi, tu lui trouves un air triste ?

Secouant légèrement la tête comme pour chasser ces pensées, Hermione soupira et son regard tomba une nouvelle fois sur le Serpentard. Elle vit alors Pansy Parkinson se pencher vers lui et lui chuchoter quelque chose à l'oreille, ce à quoi il répondit par un minuscule sourire en coin avant de se lever et de quitter la Grande Salle. Avait-elle bien regardé ?! Il avait souri à Pansy Parkinson ? Décidément, Hermione allait de surprise en surprise ces derniers jours.

Se rendant compte de l'heure tardive, le petit groupe s'empressa de finir de manger et se dirigea vers le premier cours de la journée, qui n'était autre que potions, en commun avec les Serpentards.

Arrivés dans la salle sombre et froide où se déroulait leur cours préféré, les quatre amis s'installèrent à leurs places respectives mais furent stoppés dans leur élan par leur cher professeur de Potions.

- Debout. Tout le monde, fit-il sèchement en guise de bonjour. Puisque c'est la rentrée, j'ai décidé de me divertir un peu pour prolonger mes vacances, ajouta-t-il d'un air narquois qui fit craindre le pire aux Gryffondors.

Indifférent au brouhaha des élèves en train de se relever de leurs places, Rogue continua :

- Donc pour ce faire, vous allez tous venir et tirer au sort votre nouveau partenaire...

A ces mots, le brouhaha cessa instantanément pour faire place à des murmures d'indignation venant des deux côtés de la classe.

- Silence, intima n'ai pas fini. Donc votre nouveau partenaire...jusqu'à la fin de l'année. Et pas de commentaire !

Mais malgré le ton catégorique du professeur, le brouhaha reprit de plus belle.

- Allez, en rang, les uns derrière les autres. Prenez un parchemin dans cette urne et allez vous asseoir."

Les élèves avancèrent en traînant des pieds jusqu'au bureau de Rogue et chacun tira un morceau de parchemin au hasard, scellant ainsi le 'destin' de leurs premières heures de cours du lundi matin pour les six prochains mois.

- Bon, et ne regardez pas votre parchemin tant que je ne vous en ai pas donné l'autorisation, ajouta Rogue sur un ton qui se souffrait aucune réplique.

Mais malgré l'ordre du professeur, Hermione ouvrit discrètement le parchemin plié en deux qu'elle venait de tirer. Elle fut alors très étonnée de le trouvé vierge.

C'est donc pour ça qu'il ne veut pas qu'on les ouvre ! Je suis persuadée qu'il va utiliser un sort pour que les noms qu'il a choisis apparaissent sur les morceaux de parchemin...

Et en effet, Hermione avais raison. Sitôt que tous les élèves se furent éloignés du bureau, leurs morceaux de parchemin dans la main, elle vit Rogue agiter discrètement sa baguette et marmonner quelque chose.

- Allez-y, vous pouvez regarder, fit alors Rogue, d'un air réjoui – ou du moins d'un air qui passait pour réjoui quand on connaissait le professeur.

Hermione s'empressa alors d'ouvrir son parchemin et y découvrit avec horreur le nom joliment calligraphié de sa partenaire jusqu'à la fin de l'année : Pansy Parkinson.

Quoi ?! Pansy Parkinson ! Il a osé me mettre avec PANSY PARKINSON ?! Mon Dieu...mais comment je vais faire pour supporter cette pétasse arrogante jusqu'à la fin de l'année ?

C'est avec un soupir de résignation qu'Hermione s'approcha de la table où s'était déjà installée Pansy, non sans jeter un regard à ses amis pour voir avec qui ils avaient été mis. Elle manqua de s'étrangler quand elle vit Harry s'installer à la même table que Drago Malefoy qui ne daigna même pas lui adresser un regard, la tête reposant nonchalamment dans sa main. Ron quant à lui, se retrouvait avec Blaise Zabini, le meilleur ami du Prince des Serpentards, le seul qu'Hermione trouvait à peu près sympathique du fait qu'il ne l'avait jamais agressée, ni elle ni ses amis. Mais il restait un Serpentard, et c'était à ses yeux une raison bien suffisante de ne pas l'apprécier.

Elle s'assit donc à sa place, sans accorder de regard à sa nouvelle partenaire. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle entendit une voix plutôt douce, sans animosité aucune, lui dire bonjour.

Interloquée, Hermione se tourna vers sa voisine, qui la regardait en souriant légèrement.

Waouh ! Pansy Parkinson sait sourire !

- Euh...bonjour... bredouilla-t-elle, n'étant pas remise de sa surprise.

Pansy la regarda fixement quelques instants puis répondit :

- Ecoute Granger, je sais que tu ne m'aimes pas et c'est réciproque. Mais je voudrais quand même que cette 'cohabitation' se passe le mieux possible, je n'ai vraiment pas envie de foutre en l'air les six mois qui viennent.

Voyant qu'Hermione ne répondait pas, elle continua.

- Je pense d'ailleurs que tu te trompes sur mon compte. Je sais qu'une majorité de gens ne m'aiment pas, toi y compris...enfin...

Elle soupira.

- Et puis, je voulais aussi...hum...m'excuser pour ce que j'ai pu dire ou faire envers toi.

Pansy toussota et détourna les yeux. Elle avait prononcé le mot "excuser" avec une sorte de dégoût, comme si cela pouvait écorcher ses lèvres de prononcer ce mot.

Hermione fut touchée par cette déclaration, bien qu'elle ne trouvât pas quoi répondre. Quelle idiote elle faisait de croire aux excuses de quelqu'un comme Pansy Parkinson ! Mais elle n'était pas spécialement rancunière et Pansy avait l'air sincère. Cependant c'était une Serpentard, il fallait donc qu'elle reste sur ses gardes. De toute façon, elle aussi préférait que cette cohabitation forcée se passe le mieux possible. Hermione décida donc de lui faire confiance, pour l'instant, et sourit à sa voisine, ne sachant quoi répondre.

- Enfin, j'espère que tu comprendras que certains d'entre nous ont changé...Tu devrais t'en apercevoir, tu n'es pas une imbécile. Et c'est bien un des rares compliments que je peux te faire !

A ces mots, Pansy lui fit un petit clin d'œil. Hermione n'en croyait pas ses yeux ni ses oreilles.

- Alors, on enterre la hache de guerre, Hermione ? fit Pansy en lui tendant la main.

La concernée ne put s'empêcher de sourire et sa main se tendit presque machinalement vers celle de sa voisine.

- Je veux bien essayer, Pansy.

Et sur ce, elles se serrèrent la main et échangèrent un sourire franc et sincère.

Finalement, le cours de potion ne s'annonce pas si mal !

Le cours se déroula donc sans plus d'encombres pour notre Gryffondor et sa partenaire Verte et Argent qui réalisèrent une potion parfaite, au grand dam du professeur Rogue, qui apparemment ne s'attendait pas à ce qu'elles s'entendent si bien. Il fut donc contraint d'accorder 50 points à Serpentard mais aussi à Gryffondor.

En sortant de la salle, Hermione et Pansy se saluèrent légèrement de la main et se souhaitèrent mutuellement une bonne semaine, en se disant à lundi prochain.

Alors que Pansy s'éloignait, Harry et Ron arrivèrent près d'Hermione.

- Euh Hermione...c'est moi ou tu viens de dire au revoir à Pansy Bulldog Parkinson en lui disant à lundi comme si tu parlais à Ginny ? fit Harry, qui n'en croyait pas ses yeux.

- Eh bien, non, ce n'est pas que toi, Harry. En fait, elle est venue dès le début du cours me présenter des excuses que j'ai acceptées et finalement, on plutôt sympathisé. Disons qu'on a enterré la hache de guerre… répondit Hermione, ne sachant trop sur quel pied danser.

Devait-elle lui dire qu'elle avait plus qu'enterré la hache de guerre avec Pansy et qu'elle espérait qu'elles deviendraient amies ?Ne voulant ni choquer ni vexer ses amis, elle préféra se contenter du strict minimum. Elle ne leur mentait pas vraiment, disons que c'était un mensonge par omission : ce qu'ils ne savaient pas ne pouvaient pas leur faire de mal après tout.

Voulant changer de sujet au plus vite, Hermione lança :

- Et toi Harry, comment se sont passées ces deux heures en compagnie de Malefoy ?

- Vous n'allez pas en revenir mais il ne m'a même pas adressé la parole ! Il s'est contenté d'être froid et distant, égal à lui-même quoi, mais il n'a fait aucun commentaire, je n'ai eu droit à aucune boutade ni rien... Ça m'a presque choqué et puis je me suis dit que c'était aussi bien comme ça.

Puis en baissant la voix, il ajouta :

- Et j'ai essayé de regarder son avant-bras gauche mais à aucun moment il n'a remonté ses manches, je n'ai donc rien pu voir."

Sa voix avait un accent de déception, comme si il avait à tout prix voulu que Drago soit un mangemort.

- Mais tu sais Harry, il n'en est peut-être pas un... hasarda Hermione.

- Si ! Il en fait partie, j'en suis persuadé ! Attendez seulement que je trouve une preuve et vous verrez que j'ai raison !" répliqua Harry avec véhémence avant de s'éloigner à grands pas. Je vous retrouve plus tard.

- Harry ! Attends !

- Laisse tomber Hermione... fit Ron en posant sa main sur le bras que la concernée avait tendu dans l'espoir de retenir Harry.

Hermione soupira. Elle craignait qu'Harry se mette à faire une fixation sur Drago Malefoy et tombe dans une sorte de paranoïa. Elle décida de laisser couler pour cette fois mais se promit de surveiller Harry discrètement. Pour son propre bien.

- Tu as raison, Ron, laissons tomber pour l'instant...Et toi alors, comment ça s'est passé avec Zabini ?

- Attends, je te raconte ça en marchant sinon on va être en retard en Métamorphose...

Ron lui expliqua alors que Blaise Zabini avait été fidèle à lui-même, pas particulièrement chaleureux mais pas non plus agressif.

- Enfin, ça m'a bien arrangé finalement de tombé avec lui ! Je suis nul en potion mais lui, il est plutôt doué. Je pourrais peut-être en profiter pour augmenter mes notes !

- Ouh ça me semble bien Serpentard ça, comme perspective ! Tu es sûr que Zabini ne t'a pas trop influencé en deux heures ? plaisanta Hermione.

- Oh ça va hein ! J'en suis pas encore à lui faire de grands sourires comme toi avec Parkinson !

Choquée par le fait qu'il lui reproche cela, Hermione se tourna vers Ron, une réplique cinglante prête à franchir ses lèvres quand elle vit le sourire moqueur et une lueur dans les yeux de son vis-à-vis, indiquant qu'il voulait simplement la faire enrager. Pour le punir, elle commença à le frapper de ses petits poings jusqu'à ce qu'il implore sa pitié, tous deux à moitié écroulés de rire en plein milieu du couloir.

Hermione aimait beaucoup Ron. Tout le monde à Poudlard voulait voir en eux le 'couple parfait' mais ils savaient tous deux que ce qui les liait était bien plus fort que tout ce que les autres pouvaient imaginer. Ce qui les liait, avec Harry, était plus que simplement de l'amour. Ils avaient maintes fois affronté les pires dangers – dont la mort – ensemble et personne ne pourrait leur enlever cela. Bien sûr, ils feraient leur vie chacun de leur côté, mais ils ne pouvaient s'imaginer ne plus se voir, ne plus se prendre dans les bras dans des accolades fraternelles et réconfortantes, ne plus rire ensemble, ne plus partager les souvenirs, tant heureux que malheureux... Hermione pensait de plus en plus souvent à Harry et au danger qui le guettait, grandissant dans l'ombre et attendant le bon moment pour frapper. Que ferait-elle s'il arrivait quelque chose à Harry ? Elle n'osait pas imaginer. Elle n'osait pas penser au fait qu'elle pourrait perdre son meilleur ami, de peur que cela se réalise.

- Tu es bien silencieuse depuis quelques instants Hermione. Tout va bien ? lui demanda Ron.

- Ça va, ça va. Je pensais juste à des choses pas très agréables. Et je pensais à Harry.

- Ne t'inquiète donc pas. On en prendra soin de notre Survivant, fit Ron en l'attirant contre lui, le bras entourant ses épaules.

Elle se laissa aller contre son ami, lovée contre lui. Elle se sentait tellement en sécurité avec lui comme avec Harry. Elle ne pensait plus à leur avenir incertain ni aux problèmes quotidiens. Elle ne pensait plus à rien et profitait simplement de l'instant présent.

- Hum...au fait...j'ai un truc à te dire…

Ron avait légèrement rougi à ces mots et Hermione se demanda ce qu'il pouvait bien avoir à lui dire.

- Je t'écoute Ron.

- Voilà...euh...Lavande m'a demandé de sortir avec elle. Je fais quoi à ton avis ?

Hermione ne put s'empêcher de rire.

- Tu me demandes mon avis là ? Mais tu fais ce que tu veux mon p'tit Ron ! Sort avec elle si tu l'aimes ! Je ne peux pas te dire plus. Et vu l'expérience que j'ai des histoires d'amour, tu t'adresses à la mauvaise personne si tu veux des conseils ! lui répondit Hermione, riant toujours. Un seul conseil : fais selon ton cœur ! ajouta-t-elle avec un clin d'œil.

Pour toute réponse, Ron lui adressa un large sourire. Il avait eu peur un instant qu'elle lui en veuille pour une raison quelconque de s'éloigner d'Harry et elle. Lavande ne faisait pas partie de leur 'bande' et il savait qu'il ne pourrait pas vivre une relation aussi forte avec elle qu'avec quelqu'un avec qui il aurait pu absolument tout partager comme Hermione. Mais il n'était pas amoureux d'Hermione, il était juste très protecteur envers elle, comme l'aurait été un grand frère. Du moins, c'était ce dont il essayait de se persuader.

C'est donc en réfléchissant au meilleur moyen de répondre par l'affirmative à Lavande qu'il entra dans la salle de Métamorphose en suivant Hermione. Harry les y attendait déjà, apparemment calmé.

Le cours, comme le reste de la journée, se déroula lentement mais sûrement et le soir vînt sans qu'ils s'en rendent compte. Ils se retrouvèrent au repas avec Ginny, Neville et Luna. Comme à son habitude, Hermione les quitta avant qu'ils aient tous finit, prétextant l'envie d'aller lire un peu à la bibliothèque puis de monter se coucher. Harry lui reprocha, sur le ton de la plaisanterie, de trop lire et qu'elle risquait de finir les yeux rectangulaires mais Hermione n'en eu cure et se sauva, laissant ses amis entre eux.

Mais arrivée au bas d'un escalier, elle fut prise de l'envie irrépressible de se rendre au deuxième étage. N'écoutant pas sa raison qui lui criait de ne pas se mêler de choses qui ne la regardait aucunement, elle s'élança dans les escaliers et atteignit rapidement le deuxième étage. A peine eût-elle franchit l'arcade séparant les escaliers du couloir qu'elle entendit les même gémissements que le soir précédent. Se doutant de leur provenance, elle s'approcha des toilettes et entr'aperçu une chevelure blonde au travers de l'entrebâillement de la porte. Elle ne put faire un pas de plus et se laissa lentement glisser le long du mur, à côté de la porte. Tout ça lui donnait tellement une impression de déjà-vu ! Les mêmes sanglots, les mêmes accents de désespoir. Qu'est-ce qui pouvait engendrer une détresse pareille ?

Hermione en avait mal au cœur d'entendre ces pleurs. Inconsciemment, sa main attrapa son chemisier au niveau de sa poitrine et elle serra de toutes ses forces le tissu en fermant les yeux du plus fort qu'elle pouvait. La détresse et le désespoir de Drago la submergeait toute entière et elle se sentait sombrer petit à petit.

Merde Hermione reprends-toi bon sang ! Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu n'es pas si sensible d'habitude ! Et réfléchis un peu : c'est ton pire ennemi qui chiale là ! Qu'est-ce que tu ne captes pas dans l'expression "pire ennemi" ?

Elle était consciente qu'elle n'aurait pas dû être tant touchée par tout ça mais c'était plus fort qu'elle. Petit à petit, les sanglots de l'autre côté de la porte se turent, laissant place à un silence de mort.

Hermione sentit quelque chose de mouillé parcourir sa joue et porta la main à son visage. Elle recueilli une larme au bout de son doigt. Elle observa cette petite larme quelques instants, resplendissante du reflet de la lumière des torches du couloir. Puis la Gryffondor se leva précipitamment et se rua hors du couloir, laissant derrière elle quelques gouttelettes irisées sur le sol.

Ayant entendu un bruit dans le couloir, Drago se précipita vers la porte des toilettes où il s'était réfugié pour laisser libre cours à son chagrin. Il ne pouvait pas se permettre de laisser paraître ses émotions en présence des autres Serpentards, il ne voulait pas perdre la face. Ouvrant la porte avec violence, il n'eut pas le temps de voir qui était là, mais il entendit des pas précipités dans l'escalier. Il regarda à gauche et à droite mais ne vit personne. Un très léger éclat sur le sol attira son regard. Il se pencha et posa son doigt par terre. Lorsqu'il remonta sa main devant son visage, son doigt était légèrement mouillé. De l'eau ? Etrange, les lavabos étaient pourtant à l'autre bout de la pièce et de l'autre côté de la porte. Perturbé à l'idée que quelqu'un ait pu le surprendre dans ce moment de faiblesse inadmissible à ses yeux, il retourna dans les toilettes, se passa de l'eau sur le visage et se dirigea vers les escaliers pour rejoindre sa salle commune. Il espérait ne croiser personne en chemin, il ne voulait pas avoir à s'expliquer avec qui que ce soit, sauf s'il réussissait à mettre la main sur celui – ou celle – qui l'espionnait. Et il ne souhaitait à personne d'avoir à subir sa colère. C'est donc sur les nerfs qu'il rejoignit son dortoir et bu un dernier verre de whisky Pur Feu avant de s'allonger tout habillé sur son lit. Croisant les bras sous sa tête, il laissa ses pensées dériver puis s'endormit et rejoignit un monde de rêves peuplés de grandes étendues blanches, froides et neigeuses.


A très vite pour le chapitre 3 !
Levanah.