Je m'en voudrais de vous faire attendre trop longtemps la suite alors que ce chapitre est prêt depuis un petit moment dans mon PC. Voici donc le chapitre 3, dont le titre vient de Decode de Paramore. Bonne lecture, on se retrouve à la fin !


Chapter 3

I will figure this out on my own

Les jours s'étiraient lentement au rythme des allées et venues quasi incessantes des élèves dans les couloirs du château plus que centenaire.

Hermione faisait partie de ces élèves arpentant le couloir en ce froid lundi matin de janvier. Pour la troisième fois depuis la rentrée, elle se rendait en Potions retrouver Pansy avec qui elle commençait à nouer des liens plutôt amicaux. A son plus grand étonnement, après avoir fait fi de son caractère quelque peu emporté et de sa façon de répliquer un peu crue, la Verte et Argent s'avérait être une très bonne partenaire, intelligente et douée dans cette matière. Il fallait bien l'avouer, Hermione n'était pas si mécontente que ça du "tirage au sort" de Rogue et elle espérait secrètement que le professeur se mordait les doigts de voir à quel point elles s'entendaient bien, par rapport à ce qu'on aurait pu croire. Elles ne se parlaient pas beaucoup, préférant se concentrer sur les potions à réaliser, mais les sourires avaient remplacés les boutades et les méchancetés.

Mais une ombre commençait à s'ajouter au tableau. Le lundi précédent, Hermione avait remarqué que certains Serpentards jetaient des regards antipathiques à Pansy alors qu'elle sortait en discutant de la salle de Potions. Elle avait même cru surprendre une conversation chuchotée où il était question de traîtresse et de Sang-de-Bourbe. Mais Pansy semblait ne pas s'en rendre compte ou tout du moins ne pas s'en soucier, puisqu'Hermione était persuadée que sa partenaire était consciente de ce qui se disait dans son dos.

Décidant de ne pas y prêter attention pour le moment, Hermione laissa Harry et Ron au tournant du couloir pour rejoindre Pansy qui semblait l'attendre. En passant, la Gryffondor remarqua Drago, appuyé nonchalamment contre le mur et feuilletant un livre à la couverture vieille et racornie. Il avait l'air extrêmement fatigué, les traits toujours aussi tirés et bien qu'il fut en train de lire – semblait-il – il paraissait avoir la tête ailleurs. Mais comme pour les racontars sur Pansy, Hermione décida de ne pas faire attention au Prince des Serpentards. Le souvenir des deux soirs qu'elle avait passés dans ce couloir à l'entendre – ou plutôt à l'écouter - pleurer était trop présent dans sa mémoire pour qu'elle puisse le regarder en face. Et quand bien même elle aurait pu le regarder en face, elle n'en aurait sûrement pas eu l'occasion. De toute façon, elle ne s'était pas encore réconciliée avec sa conscience qui, à chaque fois qu'elle s'était rendue dans ce couloir du deuxième étage, n'avait pas arrêtée de la tancer, en lui rappelant quel type de personne était Drago Malefoy ainsi que toutes les raisons pour lesquelles elle aurait dû se réjouir de son malheur plutôt que de compatir. Mais ça avait été plus fort qu'elle, et depuis trois semaines, elle ne cessait de se demander ce qui avait bien pu mettre le Prince des Serpentards dans cet état.

C'est plongée dans ses pensées qu'Hermione entra dans la salle sombre et humide où avait lieu le cours de Potions.

- Salut Hermione ! l'accueillit Pansy.

- Bonjour Pansy. Comme ça va ? Tu as passé un bon week-end ?répondit la Gryffondor.

- Ça va bien, merci. J'ai passé un très bon week-end, fit Pansy, en accompagnant ses mots d'un clin d'œil. Et toi alors ?

- Oui, j'ai passé un assez bon week-end. J'ai travaillé sur la dissertation de Métamorphose à la bibliothèque.

- Pourquoi je ne suis pas étonnée ? Miss-Je-Sais-Tout un jour, Miss-Je-Sais-Tout toujours !

La remarque aurait pu blesser Hermione quelques temps auparavant, surtout venant de Pansy mais la lueur amusée dans les yeux de la Verte et Argent ainsi que le sourire en coin bien loin du sourire méprisant d'autrefois firent comprendre à la Gryffondor que sa partenaire plaisantait.

Hermione décida alors de répliquer selon le même ton de plaisanterie :

- Ah c'est sûr que quand on est une Serpentarde qui ne pense qu'à sortir le soir, on ne peut pas comprendre...

- Touché ! fit alors Pansy en lui tirant la langue.

Et c'est hilares qu'elles s'assirent à leur place, sous le regard noir de Rogue.

En entrant, Hermione n'avait pas manqué de remarquer que Drago n'avait pas perdu son air absent et ne daignait pas accorder de regard à son partenaire. Elle croisa alors le regard d'Harry qui semblait plein de questions quant à l'état de Malefoy et haussa les épaules pour lui faire comprendre qu'elle n'en savait pas plus. Mais elle savait que ce qui intéressait le plus Harry était de savoir si oui ou non Malefoy était un Mangemort. C'était devenu presque une obsession pour lui et chaque mouvement de Malefoy était alors susceptible, selon lui, de signifier quelque chose pour les autres Mangemorts de Serpentard. Hermione commençait à s'inquiéter pour son ami, de même que Ron, bien que ce dernier fût plutôt occupé avec Lavande en ce moment. Elle avait donc décidé de mettre cette histoire au clair et découvrir si Drago Malefoy était un partisan de Voldemort. Malgré les inimités entre eux ces six dernières années, elle n'arrivait pas à se représenter Malefoy fils avec le masque et la robe particuliers aux Mangemorts. Et un Mangemort qui pleurait tous les soirs aurait bien fait un piètre soldat.

Mais ce matin-là, elle prit son courage à deux mains et décida de demander à la personne qui semblait le plus proche du jeune homme en ce moment : Pansy Parkinson. Elle avait déjà plusieurs fois remarqué, surtout au cours des repas, que Malefoy et Pansy parlaient beaucoup ensemble et qu'elle réussissait à le faire sourire. Puisqu'elle pouvait maintenant considérer Pansy comme une "amie", Hermione pensait donc pouvoir lui demander de lui expliquer les raisons de l'état de Drago.

Une fois qu'elles furent installées devant leur chaudron avec les ingrédients pour préparer la potion demandée par Rogue sur leur table, Hermione tenta d'amener le sujet "Drago Malefoy" dans la conversation.

- Dis-moi, Pansy, tu ne trouves pas que Malefoy a l'air bizarre depuis la rentrée ?

A ces mots, elle vit le visage de Pansy se fermer et son regard se faire plus dur. Sa voix, lorsqu'elle lui répondit, se fit sèche.

- Pourquoi ? Tu t'intéresses à lui maintenant ? Je croyais que tu ne l'appréciais pas, et je te préviens : c'est largement réciproque, crois-moi.

- Oui, je sais qu'il ne m'apprécie pas. Et je ne l'apprécie pas non plus. C'est juste que ça m'intrigue de la voir si différent de d'habitude. Il ignore Harry, c'est quand même fort ! fit Hermione, en se disant que finalement, il n'allait peut-être pas être si facile que ça d'obtenir des réponses de la part de Pansy.

- Et alors ? Tu préférerais peut-être qu'il ait le même comportement envers Potter qu'avant ?

- Non, je te le répète : je suis juste curieuse. Mais bon, puisque le sujet semble te déranger...

- Ecoute Granger...

Mince...le retour au "Granger" c'est mauvais signe !

- Je vais juste te dire un truc : les gens changent. Même ceux que l'on ne s'attendrait pas à voir changer. Pour Drago, je ne peux rien te dire...pour l'instant. C'est compliqué...mais tu comprendras en temps voulu. Enfin, je pense.

Hermione comprit alors qu'elle n'obtiendrait rien de plus de sa partenaire qui s'était détournée et lisait à présent son livre de potions.

En temps voulu ? Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ça, "en temps voulu" ? Et "les gens changent" ? Ça voudrait dire que Malefoy aurait changé ? Apparemment, ma seule chance de savoir c'est d'être patiente...

A la pause de midi, Hermione retrouva Harry et Ron, qui discutait entre eux du prochain match de Quidditch. Quand il la vit s'asseoir, Harry se pencha vers elle et chuchota :

- Je t'ai vue parler avec Parkinson en Potion tout à l'heure...Tu lui as demandé des trucs sur Mangemort Junior ?

En entendant sa question, Hermione fut prise d'un sentiment de culpabilité envers son ami. Elle n'avait pas envie de lui répéter ce que Pansy lui avait dit, préférant garder tout ça pour elle. Surtout que sa partenaire avait semblé s'adresser exclusivement à elle lorsqu'elle avait dit qu'elle comprendrait en temps voulu.

- Hum...non, on parlait du devoir de Potion que Rogue nous a donné la semaine dernière. On n'était pas d'accord sur un ingrédient voilà tout.

Sitôt qu'elle eut prononcé ces mots, Hermione ne put soutenir le regard émeraude de son ami. Elle s'en voulait terriblement de lui mentir mais ne parvenait pas pour autant à se résoudre à lui dire la vérité. Elle détourna donc les yeux et fit mine de s'intéresser au contenu de son assiette, en jouant avec ses petits pois du bout de sa fourchette. Elle espérait qu'Harry n'ait pas remarqué pas son trouble.

- Ah bon, très bien... lui répondit-il, un peu déçu.

A ce moment précis, Ginny arriva en trombe et enlaça prestement Harry qui manqua de s'étouffer avec ses propre petits pois sous la force de la jeune fille.

- Tu m'as manqué Harry ! fit Ginny, sur un ton désespéré, sous les rires incessants de son frère.

"Mais enfin, Ginny, on s'est vu i peine une heure !répliqua Harry en riant, voyant que sa petite-amie plaisantait.

- Oui mais une heure looooongue et ennuyeuse, sans toi, lui répondit alors Ginny en faisant des yeux de chien battu.

C'est alors que tout le monde éclata de rire devant l'attitude d'amoureux transis du couple.

Hermione fut silencieusement reconnaissante à Ginny d'être arrivée à ce moment et de distraire Harry de ses idées noires concernant les Mangemorts. Elle se permit alors de laisser ses pensées s'égarer, notamment en direction de la table des Verts et Argent. Elle avait décidé d'être patiente et elle le serait mais sa résolution n'empêchait pas sa curiosité de la tirailler.

Les jours et les semaines s'écoulaient, au rythme régulier des heures de cours, des repas entre amis et des soirées de travail.

Février.

Mars.

Avril.

Mai.

Et juin arriva, ainsi que la perspective de la fin de l'année pour les élèves.

Hermione, en quatre mois, n'avait toujours pas découvert ce qui se tramait parmi les Serpentards, ni compris ce que Pansy lui avait assuré qu'elle comprendrait. Tous les lundis matins, elle s'attendait à ce que Pansy lui donne des indices ou lui parle de quelque chose mais il n'en fut rien. Sa partenaire se contentait de lui raconter les dernières mondanités ou alors elles discutaient des devoirs de potion donnés par Rogue. La Serpentarde avait même semblé faire comme si la discussion qu'elles avaient eu en janvier n'avait jamais eu lieu. La Gryffondor commençait même à se demander si tout ce dont elle avait été témoin à la rentrée était réel ou si ce n'était pas plutôt une sorte de rêve ou une hallucination. Bien sûr, elle avait continué de remarquer à quel point Drago avait changé depuis ces vacances de Noël : son teint était toujours pâle comme la mort, ses yeux étaient constamment cernés et son regard éteint. Si Hermione avait cru aux morts-vivants, elle aurait pu prendre Drago pour une de ces créatures. Mais depuis quelques temps, elle avait cessé de s'intéresser à lui, pensant que cela ne la mènerait nulle part. Elle n'était par ailleurs jamais retournée dans le couloir du deuxième étage. Elle ne voulait pas risquer d'y trouver un Drago effondré comme les deux fois où elle s'y était rendue, surtout qu'elle était persuadée qu'il continuait, lui, de s'y rendre. Alors elle s'était contentée de sa routine quotidienne faite de cours, de sorties dans le parc avec ses amis et de travail. Mais elle voyait la fin de l'année approcher à grands pas sans n'avoir rien compris aux mots de Pansy. Elle n'avait perçu aucun changement particulier parmi les Serpentards, sauf chez Drago et Pansy, bien sûr. Il faut dire aussi que moins elle fréquentait les Verts et Argent, mieux elle se portait. Et il en allait de même pour ses amis. Harry avait récolté des renseignements sur ces objets appelés Horcruxes mais avait refusé de leur en parler, craignant pour la sécurité de ses amis. Il avait décidé que l'année prochaine, il partirait en voyage, seul, afin de retrouver ces objets et ainsi peut-être vaincre Voldemort. Hermione, Ron et Ginny avait essayé par tous les moyens de le faire revenir sur sa décision de partir seul mais il était intraitable. Ses amis espéraient alors qu'en deux mois de vacances, il changerait d'avis même s'ils en doutaient fortement. D'autant que d'après ce qu'ils avaient appris, Dumbledore soutenait Harry dans ce projet un peu fou.

Et c'est en remaniant ces pensées qu'Hermione déambulait dans les couloirs en direction de la bibliothèque en cette fin d'après-midi d'un mercredi de juin. Tout d'un coup, elle rentra dans quelqu'un, toute absorbée qu'elle était par les questions qui se pressaient dans sa tête. Elle marmonna un mot d'excuse avant de repartir, la tête toujours penchée vers le sol.

- Miss Granger ?fit alors la personne qu'elle avait bousculée.

Hermione leva alors les yeux et vit le professeur MacGonagal en train de réajuster ses lunettes.

- Oh veuillez m'excuser professeur ! Je ne faisais pas attention où je mettais les pieds, j'avais l'esprit ailleurs, s'excusa la Gryffondor en rougissant.

- Il n'y a pas de mal. Je voulais vous avertir que le professeur Dumbledore vous demande dans son bureau sur-le-champ. Le mot de passe est 'Fizwizbiz'.

- Très bien, j'y vais.

Sans attendre sa réponse, le professeur avait déjà tourné les talons et s'éloignait. Hermione se demandait ce que le directeur pouvait bien lui vouloir. Elle avait eu un comportement irréprochable, comme à son habitude, durant le dernier trimestre et prenait son statut de préfète très à cœur, elle ne voyait donc pas pourquoi elle était convoquée. D'autant plus que MacGonagal était venue lui annoncer elle-même.

Elle se dirigea donc vers la gargouille et prononça le mot de passe, en faisant attention à ce que sa langue ne fourche pas. Le directeur avait toujours apprécié les mots de passe les plus improbables.

- Bienvenue, Miss Granger. Le directeur vous attend, la salua la gargouille en libérant l'escalier menant au bureau du professeur.

La Gryffondor gravit les marches et frappa à la lourde porte. Une voix étouffée l'invita à entrer et elle s'exécuta.

- Vous avez demandé à me voir Monsieur ? fit Hermione, peu sûre d'elle.

- Oui, Miss Granger. Je vous prie de vous asseoir. Il y a quelque chose dont nous devons discuter. répondit le directeur, en la regardant par-dessus ses lunettes en croissant de Lune.

Hermione s'avança alors dans la pièce en direction du fauteuil que lui indiquait le professeur. Elle s'assit mais en promenant son regard dans la pièce, elle manqua de faire une crise cardiaque quand elle vit qu'elle n'était pas seule avec le directeur.

- Malefoy ?... souffla-t-elle en tentant de calmer les battements de son coeur.

Celui ne lui répondit pas mais lui accorda un regard glacial.

- Bien. Puisque nous sommes au complet si je puis dire, je peux vous entretenir de ce dont je voulais vous faire part. Et cela vous concerne tous les deux.

Les battements de coeur d'Hermione redoublèrent d'intensité aux mots du professeur.

Cela voudrait-il dire que...je vais enfin savoir ce que Pansy voulait dire ?


Je sais, vous m'en voulez beaucoup de m'être arrêtée là. Mais la suite vient très bientôt, promis !
Levanah.