Et voilà le chapitre 5 ! Chapitre inédit puisque je ne l'avait pas posté dans l'ancienne version de ma fic. La suite n'étant pas entièrement écrite, je ne pourrais pas me permettre de poster tous les jours, il vous faudra donc prendre votre mal en patience ! Profitez donc bien de ce chapitre tout chaud sorti de mon disque dur, dont le titre vient de Someone to save you de OneRepublic (oui oui, tous mes titres de chapitres viennent de musiques que j'ai pu écouter et aimer et dont un passage me faisait penser à ce que je voulais raconter dans mon chapitre). Sur ce, bonne lecture.
Chapter 5
Sit down and spill your heart
- Hum...Tout d'abord Malefoy, je voudrais m'excuser pour ce que j'ai dit dans le bureau de Dumbledore. Je...je ne le pensais pas, commença la Gryffondor, gênée.
- Bien sûr que si tu le pensais, Granger. Tu pensais exactement chaque mot que tu as prononcé. Ne le nie pas, tu es une bien piètre menteuse, lui répondit le Serpentard en lui décochant un regard noir.
Il ne comprenait pas pourquoi elle s'excusait, surtout en mentant.
- Drago ! Elle fait des efforts avec toi et tout ce que tu trouves à faire c'est de lui renvoyer en pleine figure ! Je t'avais dit d'y mettre du tiens, le sermonna Pansy.
- Merci Pansy, mais je peux me débrouiller seule avec lui, fit alors Hermione, les joues légèrement rougies par la honte d'avoir été mise à jour par Malefoy si facilement.
Elle se tourna alors vers le Serpentard qui sirotait tranquillement ce qui semblait être du Whisky Pur Feu.
- Oui, tu as raison Malefoy, je pensais chaque mot que j'ai dit dans le bureau du directeur. Et je ne regrette pas de les avoir prononcés ! Mais considère, je te prie, le fait que je n'étais pas au courant de ce que tu as traversé depuis le mois de janvier ni de tes récentes décisions concernant ta prise de position dans cette guerre. J'avoue avoir été fortement influencée par les soupçons d'Harry...
- Fortement influencée ? Dis plutôt que tu étais totalement du même avis que lui ! la coupa Malefoy, cynique. Et épargne-moi ta pitié, Granger.
- Laisse-moi finir s'il te plaît... Je disais que j'avais été influencée par les soupçons d'Harry, bien que Pansy ait essayé de me faire comprendre que certains d'entre vous avaient changé. Au début, je ne voulais pas la croire. Comment croire que des personnes qui t'ont détestée et qui représentaient pour toi ce que tu détestais le plus au monde aient pu changer ? C'est une question purement rhétorique, Malefoy, ne réponds pas ! Je ne comprenais pas non plus pourquoi j'étais censée comprendre quelque chose, en temps voulu comme avait précisé Pansy. Je n'aurais jamais imaginé avoir quoi que ce soit à faire avec toi, et si Trelawney m'avait dit qu'on passerait nos vacances ensemble, je l'aurais vraiment prise pour une folle, pour de bon...
- Elle est folle... marmonna Drago.
- Malefoy ! Ne m'interromps pas, c'est déjà assez difficile comme ça ! Bref, tu ne peux pas imaginer la surprise quand j'ai appris que, d'une, tu n'étais pas un Mangemort, et que de deux, tu venais chez moi pendant les vacances.
Tout en parlant, Hermione avait commencé à faire les cents pas dans la pièce, signe évident de la tension, qu'elle tentait de réfréner depuis qu'elle avait mis le pied dans la salle commune.
- Ecoute Granger, si t'es venue pour me raconter tout ce qui est passé par ta petite tête de Gryffondor, tu peux faire demi-tour. J'en n'ai rien à foutre de tes états d'âme ni de comment tu te sens par rapport à toute cette histoire. Tu l'as déjà largement fait comprendre dans le bureau du directeur tout à l'heure. De toute façon, ma vie ne te regarde aucunement. Je ne sais même pas comment et pourquoi tu es au courant de tous les détails, même si j'en ai une petite idée, fit Drago en dardant un regard accusateur vers Pansy. Et arrête de tourner en rond, tu me files mal à la tête, ajouta-t-il en se rallongeant dans le canapé.
- Elle avait le droit de savoir ! s'énerva Pansy.
- Non, ça ne la regarde pas. Elle ne peut pas comprendre. Elle n'est pas des nôtres et ne le sera jamais. Sa maison va me servir d'hôtel pendant deux mois, point. Il n'y a rien à dire de plus.
Piquant un fard sous les remarques acerbes du Serpentard, Hermione s'arrêta face à la cheminée, le dos tourné vers Malefoy.
- Ne me prends pas pour une imbécile Malefoy, commença-t-elle en se retournant vivement vers lui. Mais qu'importe, tu peux bien penser ce que tu veux, c'est vrai que tes petits malheurs ne me concernent pas. Mais la réalité c'est que tu vas squatter chez moi pendant un bon bout de temps. Alors je n'ajouterai plus qu'une chose : j'essayerai de faire des efforts avec toi, pendant ces deux mois. Et puis il me semble qu'on avait dit qu'on faisait une trêve, non ? Alors, je la respecterai. Que tu en fasses autant ou pas, je m'en fiche. Tu n'es pas à Serpentard pour rien et ça ne m'étonnerait pas que tu ne tiennes pas parole. Mais sache que je ne laisserai rien ni personne, pas même toi, gâcher mes deux mois de vacances avec ma famille !
- Ça fait largement plus qu'une chose là, Granger...
Hermione ne répondit pas, embarrassée et en colère contre Drago et son arrogance sans borne. Elle faisait tout pour être polie avec lui mais cela ne semblait pas le toucher ni même l'intéresser ! Mais après tout, c'était un Serpentard...et un Malefoy. Elle adressa alors un léger sourire à Pansy, qui le lui rendit, et se dirigea vers la porte en ajoutant :
- De toute façon, Malefoy, ce n'est pas moi qui vais passer deux mois dans un monde que je ne connais pas...
Sur ces mots, elle franchit la porte et disparut de la vue des deux Serpentards. Elle avait eu le dernier mot, ce qui lui fit tout de même un peu plaisir.
Dès qu'Hermione fut sortie, Pansy se tourna furieuse vers le blond toujours allongé qui regardait fixement le plafond.
- Ah c'est malin ! T'as vraiment rien dans le crâne Malefoy !
- Lâche-moi Pansy...
- Non je ne vais pas te lâcher ! J'ai fait des pieds et des mains pour la convaincre d'essayer d'arranger les choses avec toi et voilà comment tu le prends ! Tu la prends encore de haut, tu te permets d'être cynique et arrogant comme à ton habitude, alors que c'est elle qui va t'héberger pendant deux mois entiers et qu'elle, elle fait des efforts pour toi.
- Je ne l'aime pas Pansy ! Qu'est-ce que tu ne comprends pas là-dedans ?! Elle m'agace avec son gentil petit discours de petite fille polie et bien élevée ! L'idée même de passer deux mois entiers à devoir la supporter, elle et ses moldus de parents qui doivent être stupides comme leurs pieds me rend déjà assez fou comme ça !
Malefoy s'était brusquement relevé et faisant maintenant face à Pansy, la dépassant largement en taille.
- Pas la peine de te mettre debout et d'essayer de me faire peur, ça ne marche pas avec moi. J'aurais même très envie de te baffer et de laisser une jolie trace rouge sur ta joue...
- Essaye donc un peu pour voir... répliqua Malefoy, menaçant.
Sans prêter attention à sa réponse, Pansy continua :
- Tu ne comprends donc pas qu'on est seuls maintenant ?! En faisant les choix que nous avons faits, nous avons tourné le dos à tous ceux qui pouvaient nous soutenir, même s'ils n'étaient pas forcément 'recommandables'. Tu trouves ça intelligent maintenant, de se mettre à dos les seuls qui peuvent nous aider, dans l'état actuel des choses ? Et Hermione Granger fait partie de ces personnes, notamment pour toi !
- On peut toujours retourner notre veste à nouveau...
- Tu ne penses pas ce que tu dis. Moi aussi, je suis douée pour savoir si les gens sont sincères ou non. Tu ne regrettes pas ton choix, bien qu'il ait été la chose la plus douloureuse que tu ais eu à faire jusqu'à maintenant. Et n'essaye pas de me contredire, je sais que j'ai raison. Il suffit de te connaître pour pouvoir lire en toi Drago. Ça s'apprend. Il n'y a pas de mode d'emploi, bien sûr, ce serait trop simple sinon. Mais ça s'apprend sur le tas, petit à petit, au fil du temps et des épreuves. Toi-même tu ne te rends pas compte à quel point tu es quelqu'un de bien au fond. Mais moi je le sais.
A ces mots, Pansy avait délicatement posé sa main sur la joue de Malefoy. Il n'avait pu s'empêcher de fermer les yeux au contact de la main fraîche de sa vis-à-vis sur sa joue. Soudain, il revit sa mère faire le même geste, quelques mois auparavant, juste avant qu'il annonce à ses parents sa décision de partir. Alors, à ce moment-là, il avait posé sa main sur celle de sa mère, en lui assurant que tout irait bien et qu'il s'en sortirait et qu'eux aussi s'en sortirait. Il ne croyait pas à ses propres paroles, mais il voulait que sa mère y croie. Si sa mère y croyait, il aurait pu y croire aussi. Alors sa mère lui avait souri, d'un sourire triste qui semblait vouloir dire qu'elle non plus, ne croyait pas à ces mots mais qu'elle essayait, pour son fils.
Chassant ces souvenirs plus douloureux qu'il ne le croyait de ses pensées, il rouvrit les yeux et sourit à Pansy, qui le regardait avec tendresse. Il n'aimait pas montrer ses faiblesses. Il se sentait vulnérable si quelqu'un découvrait ce qui le touchait. Il avait l'impression d'être à la merci des gens à qui il se dévoilait. Alors, il ne laissait rien le toucher, ainsi, rien n'aurait su le rendre faible. Mais avec Pansy, c'était différent. Ils se connaissaient depuis toujours. Et elle ne l'avait jamais jugé ni n'avait profité de ses faiblesses. Elle se contentait d'être là pour lui, depuis toujours. Il savait qu'il aurait dû la remercier mille fois, ne serait-ce que pour le fait d'être toujours restée à ses côtés. Mais il n'y arrivait pas. Fierté mal placée ou égo démesuré ? Sûrement un peu des deux. Il s'en voulait mais en même temps, elle n'avait jamais montré le moindre signe d'exaspération face à son manque apparent de gratitude. Mais si elle savait lire en lui, comme elle venait de l'affirmer, elle avait bien dû comprendre à quel point il lui était reconnaissant. Voyant qu'elle souriait toujours, comme attendant quelque chose de sa part, il se résigna et lui rendit son sourire en posant sa main sur la sienne, sachant qu'elle allait se réjouir de l'avoir fait plier.
- Bon, très bien ! Je ferais des efforts avec Miss-Je-Sais-Tout...
- Voilà qui est raisonnable ! lui répondit alors Pansy, enchantée comme il l'avait prédit, d'avoir réussi à faire plier le Prince des Serpentards. Mais plus de 'Miss-Je-Sais-Tout' à partir de maintenant...elle a un prénom !
- Oui m'dame... fit-il, légèrement exaspéré par le ton moralisateur qu'elle avait pris. Puis ils éclatèrent de rire. Ils rirent comme ils ne l'avaient pas fait depuis longtemps et il leur fallu de longues minutes avant de réussir à se calmer. Drago plongea alors son regard dans celui de Pansy, et commença à remonter sa jupe en laissant sa main glisser le long de la cuisse de la Verte et Argent qui se laissa faire en soupirant de plaisir, sachant pertinemment comment allaient se dérouler les prochaines minutes.
Pendant ce temps, Hermione Granger avait arpenté les couloirs de Poudlard et se dirigeait maintenant vers la salle commune des Gryffondors. Malefoy l'exaspérait ! Elle faisait d'énormes efforts pour lui et lui n'en avait strictement rien à faire. Mais elle décida de ne pas se laisser démonter par l'attitude du Serpentard. Quand elle avait pris une décision, elle ne revenait pas dessus. Elle avait décrété qu'elle ferait tout pour que ces deux mois se passent bien alors elle le ferait. Sûrement avec beaucoup de mal, mais elle se tiendrait à sa résolution. C'est toute à ces pensées qu'elle franchit le tableau gardant la salle commune des Rouge et Or.
- Hermione ! Mais où tu étais passée ?! Ça fait deux heures que je te cherche !
- Oh Harry ! Je suis désolée, j'étais chez le directeur et après...je suis allée à la bibliothèque.
- Ah vraiment ?
Harry semblait sceptique.
- Parce que je suis allé à la bibliothèque et Mme Pince m'a dit t'avoir vu partir en suivant Parkinson. Je peux savoir ce que tu foutais avec elle ?!
Hermione fut choquée par le ton agressif de son meilleur ami. Il savait pourtant qu'il lui arrivait de traîner avec Pansy. Elle pensait qu'Harry avait compris que maintenant, elles s'entendaient bien.
- Mais enfin, Harry, j'apprécie Pansy ! Et puis je ne vois pas en quoi mes fréquentations te regardent !
- En quoi ça me regarde ? Mais tu es mon amie ! L'amie du Survivant ! Tu te rends compte de ce que ça veut dire ?! Tu n'es plus en sécurité, nulle part ! Avec personne, et encore moins avec des Serpentards !
Visiblement hors de lui, Harry avait saisi le bras d'Hermione et le serrait de plus en plus, à tel point qu'Hermione était persuadée qu'elle aurait un bleu le lendemain. Ils étaient seuls dans la salle commune, ce qui, bien qu'elle n'ose pas se l'avouer, lui faisait peur. Harry commençait à lui faire mal et son comportement l'effrayait.
- Arrête Harry ! Tu me fais mal !
Elle essaya de se débattre mais il était largement plus fort qu'elle. Des larmes perlèrent aux coins de ses yeux, des larmes de douleur et d'incompréhension. Lorsqu'il vit sa meilleure amie pleurer, Harry la fixa, hagard, et la lâcha avant de s'effondrer dans le fauteuil le plus proche, tenant sa tête entre ses mains.
Il releva la tête quelques secondes après, fixant Hermione qui se tenait le bras.
- Pardonne-moi Hermione... Je...je ne sais pas ce qui m'a pris. Je suis vraiment, vraiment désolé...
Sur ces mots, il se leva et s'approcha d'elle, tendant ses bras pour l'enlacer.
- Non ! Ne...ne m'approche pas. S'il te plait.
- Ecoute, je ne voulais pas te faire du mal ! Je ne sais pas ce qu'il m'arrive en ce moment... Trop de choses pèsent sur mes épaules. Vous ne vous rendez pas compte...
Il avait murmuré la fin de sa phrase. A ce moment-là, à l'image d'Atlas, il semblait porter toute la misère du monde sur ses épaules.
Hermione prise de pitié, s'approcha alors lentement de son ami qui s'était rassit dans le fauteuil en velours rouge et posa sa main sur son épaule.
- En effet, on ne peut pas se rendre compte. Tu ne nous dis rien, comment veux-tu qu'on puisse deviner comment tu te sens et ce que tu penses ? Tu nous laisses en dehors de tout, sous prétexte de nous protéger, mais tu te détruis à petit feu à force de vouloir protéger tout et tout le monde. Le fardeau que tu portes ne peux être la charge d'une seule personne, et encore moins celle d'un adolescent de 17 ans. Laisse les gens décider de s'ils veulent t'aider ou pas. Arrête de penser pour eux. Tu n'es pas dans leur tête.
- Mais je dois les protéger ! C'est mon rôle !
- Tu es comme un acteur qui joue tout seul sur une scène. Tu oublies qu'il y a derrière toi des gens pour t'épauler, te donner des conseils et t'aider. Et puis surtout, arrête ta paranoïa au sujet des Serpentards...
- Ma paranoïa ?
- Oui, c'est exactement le mot ! Ce que tu croyais au sujet de Drago est totalement faux ! Ce n'est pas un Mangemort...
- Ah c'est Drago maintenant ? fit alors Harry sur un ton froid.
L'évocation du Serpentard avait rallumé la lueur de haine dans ses yeux.
- Et depuis quand tu l'appelles Drago ? Et comment tu sais qu'il n'est pas Mangemort ? Tu lui as demandé peut-être ? demanda-t-il alors, sarcastique.
- C'est Dumbledore qui me l'a dit...Et il m'a précisé qu'il fallait que je te le transmette. Quant au fait que j'appelle Malefoy 'Drago', c'est parce que...
Hermione hésita quelques instants avant de continuer sa phrase. Devait-elle lui annoncer que Malefoy passait les vacances chez elle ? Après sa 'crise' de tout à l'heure, elle craignait sa réaction.
- Eh bien c'est parce que le directeur veut que nous fassions mutuellement des efforts, afin de rapprocher les maisons !
Elle s'en était sortie avec une petite pirouette, elle ne voulait pas mentir à son meilleur ami mais la vérité l'aurait blessé et il n'avait pas besoin de ça maintenant. Elle lui dirait en temps utiles.
- Rapprocher les maisons ? Il pense à ça alors que nous avons le plus puissant Mage de tous les temps à vaincre ?!
- Euh...ça s'est trouvé comme ça, il n'avait pas forcément ça en tête mais il l'a laissé entendre tu vois...
- J'ai l'impression que tu ne me dis pas la vérité, Hermione...
Trop honteuse, la Gryffondor ne répondit pas et se contenta de baisser la tête, espérant cacher le rouge qu'elle sentait lui monter aux joues. Harry la regarda avec suspicion mais n'ajouta rien. Il ne savait pas s'il avait vraiment envie de connaître la vérité. Non, il n'en avait pas envie, à vrai dire. Peu lui importait.
- Bon, je vais me coucher. Bonne nuit.
- Bonne nuit Harry.
Hermione le regarda monter les escaliers en direction des dortoirs des garçons. Elle venait à nouveau de mentir à son meilleur ami. Elle se détestait. Mais que pouvait-elle y faire ? Lui dire la vérité lui paraissait impossible après son accès de colère. Elle se sentait perdue. Elle avait l'impression de trahir ses amis en étant au courant de la 'nouvelle situation' de certains Serpentards.
Hermione se leva alors du fauteuil et se dirigea vers son propre dortoir afin d'attraper des vêtements pour se changer. Une fois en pyjama, elle se saisit d'un livre posé sur sa table de chevet. Elle ne se souvenait pas l'avoir acheté mais puisqu'elle se doutait qu'elle n'allait pas dormir cette nuit, comme toutes les nuits depuis quelques temps, elle l'ouvrit et commença sa lecture. Le livre ne lui plut pas. L'histoire d'un homme ayant perdu son nez*, elle trouvait cela tout bonnement idiot ! Elle ferma alors le livre et s'étendit, sans pour autant parvenir à trouver le sommeil.
Le jour suivant se déroula comme un jeudi ordinaire. Elle ne vit pas Malefoy et ne chercha pas à le voir non plus. Elle se doutait que Pansy avait dû lui parler – elle lui avait dit qu'elle le ferait – mais elle n'avait eu aucune nouvelle depuis la veille au soir. Et ce qui l'inquiétait le plus était l'approche des vacances. Samedi matin, ils prendraient tous le train direction Londres. Et samedi midi, un fils de Mangemort, Sang-Pur et peu respectueux envers les moldus allait se retrouver parachuté dans leur monde.
Samedi arriva sans qu'Hermione s'en rende compte. Elle n'avait eu le temps de faire aucun projet avec ses amis pour ces vacances. D'habitude, elle se rendait au Terrier avec Harry quelques jours, mais cette fois, personne n'avait parlé d'une quelconque visite à la famille Weasley. En même temps, elle n'avait dit à personne que Malefoy allait passer ses vacances chez elle. Elle se tint donc coite, de peur que ses amis deviennent trop curieux.
Pour s'occuper l'esprit, elle avait préparé sa malle en veillant à ne rien oublier. Ni les multiples livres qui traînaient çà et là, ni aucun vêtement ou plume qu'elle aurait par mégarde oubliée sur une table. Cela lui faisait toujours un pincement au cœur lorsqu'elle quittait cet endroit qu'elle considérait comme sa deuxième maison. Elle y avait tant de bons souvenirs. La Rouge et Or ne put s'empêcher de se demander comment allait se dérouler l'année suivante. Avec les ASPICs et les objets dont Harry leur avait vaguement parlé, les Horcruxes, qu'il avait prévu d'aller chercher seul. Hermione tentait de comprendre la manière dont son meilleur ami pensait. Il avait décidé de partir seul pour 'protéger ses amis'. Mais ce qu'il ne comprenait pas et que Ron et Hermione tentaient de lui dire, c'est qu'ils avaient l'impression, par cette attitude, d'être laissés de côté. Bien sûr, ils se rendaient compte du danger ! Mais ils avaient toujours tout fait ensemble. Dès leur première année, ils avaient affronté le pire des ennemis : la mort. Cela ne faisait-il pas d'eux des amis de confiance, sur lesquels Harry pourraient compter, au lieu de chercher à les protéger de quelque chose de tellement puissant ?
Renonçant à se faire plus de souci que de raison, Hermione reporta son attention sur sa malle. Elle pensait n'avoir rien oublié. Et puis, ce n'était pas perdu. Elle serait là dans deux mois, enfin elle l'espérait. Secouant la tête comme pour chasser ses pensées, elle ferma sa malle et jeta un dernier coup d'œil au dortoir.
Comme toutes les autres années, ils se retrouvèrent tous dans le train et Hermione passa toute la durée du voyage à discuter de tout et de rien avec ses amis. Elle ne voulait pas penser à ce qui allait commencer quand ils seraient arrivés à Londres. Elle s'efforça de faire bonne figure auprès de Ginny, Ron et Harry, si bien qu'ils ne remarquèrent pas son trouble ou s'ils le virent, ils durent mettre cela sur le compte de la tristesse de se séparer pour une durée aussi longue. Le voyage se déroula donc sans aucune encombre et ils arrivèrent à bon port rapidement.
Quand le Poudlard Express arriva sur la voie 9 ¾, Drago prit tout son temps pour rassembler ses affaires et descendre du train. Il avait passé le voyage à ruminer des pensées sombres où s'entrecroisaient les souvenirs de ses parents, les derniers mots qu'ils s'étaient dit, les images de l'année qui venait de s'écouler, les images de ce qu'il s'imaginait vivre les deux prochains mois et la vision récurrente de la tristesse qu'il avait pu lire dans les yeux de sa mère lorsqu'il était parti de chez lui. Arrivé sur le quai de la gare, il cherche Hermione des yeux puisque pour la première fois, il était seul sur ce quai pourtant plus que familier. Il la vit un wagon plus loin, en train de saluer chaleureusement Potter et ce rouquin de Weasley. A la façon qu'avait Weasley de la regarder s'éloigner, il aurait mis sa main à couper qu'il était fou d'elle.
Pathétique…
Sur le quai de la gare de Londres, les effusions de tendresse fusaient de ci de là, ce qui écœura Malfoy qui s'éloigna du train. Hermione, elle, embrassa tous ses amis, leur souhaitant de bonnes vacances et leur faisant promettre de lui écrire souvent, en pensant qu'elle en aurait besoin. Il lui faudrait sûrement un soutien psychologique pour affronter ces vacances qui s'annonçaient hors du commun.
Drago s'était adossé contre un des imposants piliers du quai et attendait que Granger ait fini de pleurer comme une gamine parce qu'elle quittait ses 'petits copains'. Il commençait vraiment à appréhender ce séjour. Si ça se trouvait, les parents de Granger étaient au courant de tout ce qu'il avait fait à l'encontre leur fille... Il n'osait imaginer ce qu'il allait lui arriver si c'était le cas. Mais après tout, il était un sorcier et eux de pauvres moldus. Il aurait facilement le dessus... Non ! C'était les parents de Granger, il ne pouvait pas envisager de leur faire quoi que ce soit... Il jura intérieurement avec force et se mit à fixer les briques rouges qui constituaient le quai de la gare, attendant toujours Granger. Il ne savait que faire. S'il était rentré chez lui, ses parents seraient venus le chercher et ils auraient transplané directement au manoir. Mais il se doutait bien qu'il n'allait pas en être de même avec une famille moldue. Il essaya de scruter le quai afin d'apercevoir quelqu'un qui pourrait ressembler à Granger mais le quai étant bondé, il ne put voir personne.
Il vit alors la jeune femme s'approcher de lui en lui faisant signe de la suivre. Il lui emboita le pas, encombré par sa malle et la cage de son hibou qu'il lui fallait porter lui-même en 7 ans de scolarité – d'habitude les elfes s'en chargeait pour lui.
- Laisse tes affaires, je m'en charge, lui fit Hermione.
Etonné, sa première réaction fut de se dire qu'il n'était tout de même pas arrivé au stade où il allait laisser une femme porter ses affaires. Il avait une éducation de « gentleman » tout de même ! Mais Hermione insista :
- Laisse ça là, on va dans une partie de la gare où les gens n'ont pas l'habitude de voir des gens avec des malles et des cages à hiboux dans les bras…
Son ton était plutôt moqueur, ce qui déplu fortement à Malfoy et c'est en rechignant qu'il posa sa malle et la cage à côté d'un pilier du quai. Il entendit alors Hermione marmonner quelque chose et ses affaires disparurent sous ses yeux étonnés. Il allait se permettre un commentaire désobligeant, demander des explications à Granger mais elle ne lui en laissa pas le temps : le brune était déjà repartie en direction de la sortie.
Il la suivit donc, bien que difficilement du fait de la foule présente sur le quai, et ils sortirent de la gare. C'était la première fois qu'il se trouvait dans la rue du côté moldu. Il essaya d'éviter de regarder partout autour de lui mais ce lui fut difficile tellement il était surpris de ce qu'il voyait. Regardant à nouveau devant lui, il vit que Granger avait pris une grande avance sur lui. Il accéléra donc le pas, ne désirant pas se perdre dès le premier jour des vacances. Il aurait eu l'air malin.
- Hey Granger, attends-moi !
- Tu n'as qu'à marcher plus vite Malefoy...
Soudain, elle tourna au coin d'une rue et le guida jusqu'à une esplanade où étaient rangés d'innombrables véhicules moldus – un « parking » se rappela-t-il en repensant aux rares cours d'étude des moldus qu'il avait suivi – et elle lui indiqua du doigt une voiture noire, assez grande, à côté de laquelle se tenait un couple.
Les ennuis commencent...
Chapitre un peu plus long que d'habitude (mais ne vous y habituez pas, je suis flemmarde par nature et mes chapitres sont habituellement plus courts ;) ). J'espère que vous avez apprécier, n'hésitez pas à laisser une trace de votre passage ! A bientôt.
Levanah.
