Hello les gens ! :)
Personne n'est mort, il y en a encore qui nous suivent et qui ne nous ont pas oublié ?
Vraiment excusez nous de notre IMMENSE retard. Mais disons que le travail nous tient et c'est difficile d'être au garde à vous pour les publications et l'écriture des chapitres.
Sinon, on vous remercie tous énormément (les anonymes comme les autres) de tout vos commentaires, ça nous touche vraiment et c'est très encourageant !
Pour ce chapitre là, on essayera de répondre à toutes les reviews par message sauf pour les anonymes qui auront leurs réponses au début du prochain chapitre.
Nous espérons ne pas vous décevoir, sur ce bonne lecture ! ;)
Chapitre second : For the first meeting
The kooks - Naive
« Qui va tirer un coup ? » Emmet McCarthy
« Arrête de le dévisager Bella. Ce n'est pas poli, il va croire que tu es folle. »
Je pivotais lentement la tête de façon à observer Jacob qui chuchotait quelque chose à l'oreille de Jasper.
-J'en ferai mon quatre-heures avec plaisir…
Je reportais mon attention vers le nouveau venu qui toussotât légèrement à son arriver pour signaler sa présence. J'espérais que mes joues n'étaient pas trop rouges pour une fois. C'était lui, l'Adonis que j'avais vu à l'entrée. Il était encore plus beau de près. Ses joues légèrement rosies par le froid de dehors, contrastaient avec son teint blanc, presque blafard. Il donnait l'impression de sortir d'un film avec ses cheveux décoiffés. Quelques mèches cuivrées lui tombaient sur le front. Je bavais… Mon dieu ! Ses yeux. D'un vert si profond que soutenir son regard me paraissait difficile. J'aurais pu m'y plonger encore longtemps, ils avaient quelque chose de fascinant et de très séduisant. Mais ses prunelles bien que captivantes étaient froides et marquées par de larges cernes. Une vie sexuelle peut être trop active ? Je me frappais mentalement avec toute la force que je pus, « Crétine, crétine, crétine. Il faut que j'arrête de traîner trop souvent avec Jacob, je commence à lui ressembler. »
-Bonjour, je suis Edward Cullen, j'ai rendez-vous avec une certaine Isabella Swan.
L'image du prince charmant se brisa pour de bon. Le ton blasé et inaccessible qu'il employa me rappela à l'ordre, arrêtant net mes délires.
-Oui bonjour, justement c'est vous que nous attendions. Alors voici Isabella Swan, votre psychologue, expliqua Jake en me désignant de son index.
Jacob fit une pause s'attendant à une réaction de la part d'Edward. Celui-ci me gratifia seulement d'un vague hochement de tête. Je le lui rendis avec un sourire en plus. Je n'allais quand même pas me laisser intimider.
-Bonjours, je suis Isabella Swan, votre psychologue, si vous voulez bien me suivre, mon bureau est par là...
A peine avais-je parlé qu'il prit lui même l'initiative d'entrer dans mon bureau, l'air renfrogné. Vu son attitude, il n'attendait qu'une seule chose : la fin de la séance.
Je lançais un dernier regard à Jake et Jasper qui me fixaient, désolés pour moi, et refermais la porte.
Je pris soin de ne pas tomber pour regagner mon bureau, je perdrais toute crédibilité face à lui si ma maladresse refaisait surface. Il devait me prendre pour une simple psychologue qui ne savait pas quoi faire de sa vie alors que lui, vu son allure, devait aisément contrôler un bon paquet d'argent à la bourse et magner les chiffres comme un crayon.
Dans un souffle, il se laissa tomber dans le fauteuil après avoir enlevé sa veste noire, en harmonie avec son jean de la même couleur et sa chemise blanche. Cette dernière était déboutonnée et l'on pouvait y voir son cou dégagé. Il avait remonté ses manches, dévoilant des avant-bras musclés.
Je sortis quelques feuilles d'un classeur rangé sur mon bureau et m'apprêtais à commencer cette première séance.
-Pour commencer, je propose que l'on fasse connaissance, lançais-je.
-Bonjour.
Trop occupée à essayer de ne pas me ridiculiser devant lui, je n'avais pas fait très attention à sa voix. Un doux ténor apaisant, à qui on ne pouvait rien refuser. Pourtant son ton restait glacial, sans vie, sans émotions pour l'animer.
-Oui, vous l'avez déjà dit. Alors, vous vous appelez Edward Cullen, c'est bien ça ?
-Vous avez bonne mémoire.
C'est pas vrai, mais sur qui j'étais tombée ! Monsieur se croyait supérieur en me narguant. Ce n'était pas parce qu'il avait une belle gueule qu'il pouvait se comporter ainsi. J'avais déjà connu un patient dans son style. Il avait tout pour lui : l'argent, les filles, l'intelligence, il était beau... Mais mon Dieu , quel con. Il semblait qu'Edward Cullen était ce même genre d'homme.
-Vous êtes ici pour quinze séances, ce qui équivaut à quatre mois environ. Nous nous verrons tous les vendredi à cette heure ci. Si j'ai bien compris, vous êtes ici à cause d'un problème qui est survenu à votre travail. Je me trompe ?
-Si c'est ce qu'on vous a raconté, répliqua-t-il en me fixant droit dans les yeux.
-Mais c'est à vous que je le demande.
Il ne disait rien et continuait de m'affronter du regard, il voulait m'intimider mais je ne flancherais pas. Sans réponse de sa part, je repris.
-Je vois que vous n'avez pas envie d'aborder le sujet maintenant. On peut commencer par des choses basiques... Où habitez vous ? demandais-je tout en cachant mon agacement.
-Dans un hôtel luxueux.
Ce n'était pas la première fois qu'une personne refusait de s'ouvrir à moi. C'était légitime. Mais il semblait en jouer.
-Très bien. Quelle profession exercez-vous? enchaînais-je voyant que je ne tirerais rien de plus sur son lieu de vie.
-Je travaille dans un grand cabinet d'avocat de New York, au Referral Service. Je gagne en un mois plus que ce que vous gagnez en un an. A à peine vingt-trois ans, je suis un des plus jeunes avocats que le monde n'ait vu, et je reçois une multitude d'éloges dans tout ce que j'entreprends. Sûrement que les noms de John Michael Travor ou de Matthew Krooger ne vous disent rien. Je les ai pourtant sorti d'affaire alors que tout le monde les imaginait déjà purger une peine. Je ne vous dirais pas pourquoi je suis ici. Je sais comment vous marchez, vous les psychologues, mais en aucun cas je ne vous dirais la raison qui fait que je suis ici. Vous perdez votre temps avec moi, et mon temps est trop précieux pour le gâcher avec vous. Alors je propose que ce soit « la pause » du vendredi pour nous deux. C'est à dire que je viens, je m'assois, et je repars. Je ne suis pas là pour me confier sur mes états d'âmes et ma vie. Il reprit sa respiration, marquant une courte pose avant de reprendre. C'est le plus grand monologue que vous entendrez de moi, j'espère que vous avez bien tout assimilé. Alors maintenant, merci, mais je préfère passer l'heure à ne rien faire plutôt que de vous mentir.
Il osait me donner des ordres ? Mais de quel droit ? Je n'étais pas un chien et encore moins le sien. Abrutit d'avocat.
-Écoutez, inutile de vous compliquer la tâche. Il vous est impossible d'abréger les séances ou même de vous en sortir avec un tel comportement. C'est vous qui voyez, soit nous continuons votre jeu de gamins qui malheureusement, me fera perdre du temps et vous fera perdre du temps, soit nous parlons en personnes civilisées. Plus vite ce sera fini, plus vite vous ne me reverrez plus.
Je tentais de me calmer. Je ne devais pas m'énerver contre un patient, je risquerais de perdre mon job et ma crédibilité. Durant mon petit discours de mise en point, il n'avait rien laissé paraître. Comme s'il n'avait pas écouté le moindre mot. Malgré tout, il restait magnifique. Ses cheveux désordonnés châtains paraissaient prendre une teinte rousse quand il y glissait sa main. Un rictus dédaigneux se forma sur ses lèvres fines et roses, montrant son désintérêt.
A peine dix minutes s'étaient écoulées. Les plus longues de toute ma vie, « Courage, plus que quatre-vingt minutes ! ». Voulant couper court à toute repartie, je poursuivais naturellement comme si de rien n'était.
-Que faites vous quand vous ne travaillez pas ? questionnais-je d'un ton que je voulus détaché.
Aucune réponse. Il se moquait de moi ? Je n'allais pas rester sans rien faire et me soumettre aux volontés de notre mister avocat national. Le tic tac de l'horloge était assourdissant, le silence régnait en maître dans la pièce, seul le bruit de nos deux respirations mélangées s'entendait.
-Si ça vous embête de parler, je peux commencer par moi. La plupart des patients préfèrent ne pas être les seuls à se révéler. Voyons, que pourrais-je vous dire à propose de moi ? Huum, je m'appelle Isabella Swan et je suis psychologue depuis peu. J'ai été diplômée avec mention à l'école de La psychologie-neurologie-cognitive, de New York. J'ai choisi cette filière car c'était pour moi quelque chose d'important. J'ai toujours voulu aider les gens.
Je n'aimais pas me confier à cet homme. Je m'attendais à une moquerie de sa part à chaque instant. C'était comme si votre secret était révélé à des centaines de personnes et que vous ne pouviez rien y faire. Je décidais alors de passer sous silence l'exacte pourquoi de mes choix.
-Je vis à vingt minutes d'ici, repris-je, dans un appartement où je vis en colocation avec Rosalie, que j'ai rencontré il y a deux ans. J'aime écouter de la musique... Particulièrement du classique.
Tout à coup, un soupir se fit entendre. Je l'agaçais, évidemment. Il ferma les yeux et laissa tomber sa tête en arrière. Devais-je continuer ? Aucune idée. Je ne voulais pas non plus me rendre ridicule.
Il ne bougeait pas. J'aurais pu croire qu'il dormait, mais il cassa ce silence.
-Votre vie se résume à cela ? Pas très original.
-C'est sur que dans votre cas permettre à des assassins de s'en sortir est original...
-J'aime mon travail. Je choisis des clients qui me semblent être innocents, en aucun cas je ne défendrais un voleur, un assassin, ou même un violeur ! s'énerva-t-il en relevant la tête.
-C'est pourtant ce que vous laissez paraître.
-Pensez ce que vous voulez ce n'est pas mon problème.
Je jetais un coup d'œil à l'horloge de mon bureau. Soixante-dix minutes... Je vais jamais tenir.
Je me mordais la lèvre, je ne voulais pas le fâcher même si l'envie de le frapper envahissait mon esprit toutes les minutes. Essayons de détendre l'atmosphère. Facile à dire.
-Je propose que l'on recommence à zéro. Sinon on ne va pas s'en sortir. Donc oubliez tout ce que je vous ai dit. Après quelques instants de réflexion, je repris. Vous aimez Chopin ?
« Bravo Bella ! J'aime tes sujets de conversation ! Comme si il connaissait le classique ! » Je me traitais de tous les noms discrètement quand il intervint.
-Je préfère Debussy. Clair de lune est un excellent morceaux.
Il piqua ma curiosité. Je notais au moins une chose de personnel sur lui... et que moi même je connaissais.
-Vraiment ? Vous aimez le classique ? formulais-je agréablement surprise qu'il connaisse Debussy.
Ne jamais parler trop vite. J'avais au moins appris quelque chose de lui aujourd'hui : ne pas le brusquer et les questions trop directes, inutile, tu peux les oublier il ne te répondra pas.
La séance passa très lentement. J'avais envie de m'enfuir en courant loin de mon bureau où régnait une atmosphère plus que pesante. A chaque questions que je lui posais il se contentait de marmonner une réponse, à peine intelligible certaines fois. J'essayais tant bien que mal de faire des réflexions constructives ou de le faire rire, en vain. Son départ marqua la fin de cette torture, il regarda simplement sa montre et se leva, veste sous le coude, puis partit sans rien dire. Je n'étais pas sur d'avoir entendu un « au revoir » tellement il était faible.
Des petits coups se firent entendre à la porte.
C'était Jasper, tasse en main.
-Tu devrais déjà être parti, remarquais-je.
-Je voulais savoir comment s'était passé ce premier rendez vous avec le nouveau ? Il n'avait pas l'air très aimable.
-Tu as raison, soufflais-je. Je ne sais toujours rien sur lui.
-T'en fais pas, la prochaine fois il sera moins coriace. Enfin, j'espère pour toi.
J'en doutais fortement. Enfin bon, il était peut être sous le stresse d'une mauvaise journée ?
Ma tête me tournait quelque peu lorsque je sortis du cabinet, Jasper derrière moi. Nous marchâmes un moment, parlant de choses et d'autres, puis il prit la direction de son appartement. Il vivait seul, ce qui ne devait pas être facile tous les jours. Je ne m'imaginais plus vivre enfermée dans mon petit trois pièces vide et lugubre maintenant que je connaissais les joies de la collocation avec Rose. Nous habitions à une dizaine de minutes de Jasper. Il venait souvent nous voir, pour prendre des nouvelles de sa sœur Rosalie, et de son petit copain Emmet, qu'il se plaignait de ne pas fréquenter assez.
Le reste du chemin se passa sans encombre, dans un silence apaisant. J'avais les pieds congelés et les cheveux ébouriffés quand j'arrivais a l'appart'.
-Bella est de retour ! cria une voix qui m'était familière. On se demandait si t'avais été enlevée !
Un ours gigantesque vint m'embrasser bruyamment.
-Quoi de neuf m'Emmet ? parvins-je à dire lorsqu'il desserra son emprise et me reposa au sol pour aller mettre sa main sur la hanche de Rosalie qui nous avait rejoins.
-Je me suis dit que ça faisait longtemps que je n'avais pas squatté le canapé de mes deux chéries, donc me voilà !
-Je te rappelle que tu es venu hier soir, pouffais-je en me moquant gentiment de lui
Sa grandeur me surprenait toujours autant. Il aurait presque pu toucher le plafond. Il avait des cheveux noirs assez court et pouvait faire trembler n'importe qui par sa carrure imposante. Seulement, un sourire illuminait continuellement son visage comme un enfant qui découvrait le chocolat ou ses cadeaux de Noël au pied du sapin. Cela faisait maintenant deux ans que je le connaissais, il avait pris la place du frère que je n'avais jamais eu. Lui ne manquait pas d'ailleurs de m'appeler « Little Swanny ». Je ne suis pas si petite que ça quand même. Enfin, je crois.
-Rose m'a invité à manger, ça te dérange pas ?
-Euh...
Il ne me laissa même pas le temps de lui répondre et enchaîna d'un ton jovial.
-J'étais sur que ça te dérangerait pas Little Swanny !
-Mais... commençais-je.
-Ce soir, apprêtez vous à regarder les Giants exploser les minables RedSkins.
Tiens, ça faisait longtemps qu'il n'était pas venu regarder un match ici car Emmet avait pour habitude, les jours où les Giants de New York jouaient, de venir à la maison. Pour comme il dit « Partager ces moments d'immenses émotions avec nous ». De loin son équipe préféré, il ne supportait pas qu'elle perde. Il n'y a pas si longtemps après un match très serré contre les Cowboys de Dallas, les Giants avaient perdu, Emmet avait mit une semaine à s'en remettre. Rose et moi, par contre, rions encore de cette semaine si particulière où il avait fallu réconforter Emmet comme un enfant de quatre ans qui venait de perdre son doudou. Hilarant.
Maintenant il était coach de football americain dans un petit club indépendant de New York, alors il lui prenait par moment de donner des conseils au Giants à travers la télé. « Je suis connecté mentalement avec eux » disait-il pour se justifier. Et puis avoir une présence masculine quelques soirs faisait du bien, hormis qu'il n'y avait plus rien dans le frigo le lendemain et qu'il fallait tout nettoyer derrière son passage. Il aurait put être un grand joueur lui aussi, mais il avait préféré choisir la voie la plus sûre. Néanmoins, il aimait voir ses joueurs réussir et progresser.
-J'ai pris de la pizza ! cria le grizzli. Et comme je sais que t'aimes pas les olives je les ai toutes mangées ! Ne me remercie pas, je suis un ange, je le sais.
-J'aime bien les olives, déclarais-je pour l'embêter.
-Ah bon ? Oups !
Il me sourit, pas le moins du monde désolé. Je levais les yeux au ciel en rigolant doucement et me dirigeais vers la cuisine où se trouvait Rosalie. Je la découvris en train de couper des parts de pizza. Je pris l'initiative de sortir des canettes du frigidaire.
-Bière pour toi Em' ? hurlais-je.
-Comme toujours !
J'en sortis trois et les décapsulais prestement.
-Alors ta journée ? me demanda Rosalie. Je me retournais lorsque je l'entendis grogner au même moment. Elle venait de faire tomber une part de pizza à l'envers sur la table.
-Rien de particulier... J'attrapais une éponge pour l'aider et commençais à nettoyer la garniture tombée. Je dois m'occuper d'un nouveau patient . Il est assez farouche. Il parle très peu.
-Je ne m'explique pas les personnes qui vont chez le psy pour ne rien lui dire.
-C'est normal. Mais lui ne semble vraiment pas vouloir me parler, affirmais-je.
Rosalie m'intima d'un mouvement de la main à la suivre pour aller manger au salon. Je jetais l'éponge dans l'évier et la suivi. La bière d'Emmet à la main je la lui jetais et il la rattrapa aisément.
-Il est peut être tout simplement timide ? s'hasarda Rosalie.
-Non je ne pense pas, il semble juste renfermé. Un peu snob aussi. Mais bon, secret professionnel m'oblige, je ne peux t'en dévoiler plus, m'excusais-je.
-T'inquiète pas, je comprend. Elle se tourna vers Emmet obnubilée par une pub pour de l'eau gazeuse. Ça commence quand ? s'enquit Rosalie.
-Dans peu de temps ! lui répondit Emmet sans lever les yeux de la télévision.
Les pubs continuaient de défiler sur l'écran, ventant leurs produits miraculeux. Enfin, un stade bondé de personnes apparut, Emmet se cala un peu mieux dans le canapé, attrapa sa bière de sa main droite et posa ses pieds sur la petite table de salon. Faites qu'elle tienne le coup.
-Heureusement qu'on est deux à ne pas s'y intéresser, souffla discrètement Rose. Sinon je serais obligée de suivre le match.
Elle noua sa robe de chambre rose pâle autour d'elle puis s'assit confortablement dans le canapé. Dans ses bras demeurait Choubou, un ours en peluche qu'elle traînait partout. Quand j'y pensais, elle et Emmet se complétaient très bien. Un couple harmonieux à bien des égards.
En se vautrant sur le canapé le plus gracieusement possible, Rosalie essaya d'attraper une part de pizza à l'autre de bout de la table.
-J'ai vu que tu avais nettoyé, fit-elle tout en avalant une bouchée de sa pizza aux trois fromages. Tu aurais dû me laisser faire. La prochaine fois ne touche à rien.
-Ça ne m'a pas dérangé, plutôt occupé.
-Tient, j'y repense ! s'empressa-t-elle d'ajouter. J'avais complètement oublié. Tu sais le voisin ?
Ô que oui, je visualisais bien. Depuis maintenant trois ans elle tentait tant bien que mal de me caser avec. Il était assez mignon c'est vrai, mais ce n'était pas du tout mon type... et puis je n'accrochais pas... en faite, je ne l'aimais pas vraiment. Malheureusement, il avait tout de suite plu à Rosalie avec ses cheveux blonds et ses « petits polos roses » comme elle disait. Elle me voyait déjà mariée à lui à l'entendre. Il avait l'apparence typique du surfeur californien. Cependant on était à New-York, et moi je digérais mal sa peau passée aux UV.
-Qu'est ce qu'il a ? demandais-je vaguement intéressée.
-Il m'a demandé de tes nouvelles quand je l'ai croisé ce matin dans le couloir. Il est très attentionné je trouve.
-Et ?
-Comme il ne te voyait plus, il m'a demandé ton numéro de téléphone. Elle fit une pose, sondant mon visage resté impassible pour le moment. Alors je le lui est donné. Il a dit qu'il appellerait prochainement, débita-t-elle d'une traite sans me regarder.
-Tu lui as DONNE mon NUMERO ? criais-je alarmée par tout se que pouvait représenter ce numéro dans la vie de ce mec.
-Les filles, vous troublez les joueurs ! intervint Emmet pour nous faire taire.
Non, non, non, ça ne pouvait être possible. Pitiez, faites que j'ai mal entendu. J'avais pris soin jusque là de l'éviter, et il avait fallu que Rose lui donne mon numéro. Comment faire pour l'éconduire gentiment maintenant ?
-Je ne regrette absolument pas, t'es une ermite qui ne se lâche pas assez !
J'écarquillais les yeux, un peu vexée qu'elle ne se souvienne pas de toutes les choses improbables que la Vodka (mon ennemi) nous avait fait faire. Je ne citerais rien car mes gueules de bois reviendraient me hanter.
-D'accord, c'est pas toujours vrai... couina-t-elle.
Par exemple, je me souvenais de cette soirée où un verre de trop dans le nez, avait conduit à la catastrophe. Inconsciente de mes gestes, je m'étais dévêtue sous les cris appréciateurs d'une foule échevelée. Cette soirée faisait parti de la liste : à oublier. Oh oui, très mauvais souvenir pour moi ! Quoique, certains devaient sourire en se rappelant de la débile qui courrait nue dans le jardin...
-Tire un bon coup, tu verras ça ira mieux après, me certifia mon amie avec un clin d'œil complice.
-Qui va tirer un coup ? sursauta l'ours tout de suite plus intrigué par le court de la conversation. Pervers va.
-Bella, divulgua Rose sans hésiter. Au revoir la solidarité féminine.
-Rosalie, ne parle pas de ma vie sexuelle avec Emmet !
-Tu veux dire de ta non-vie sexuelle, B. ? sourit Emmet fière de sa repartie.
Je ne pus retenir une grimace. Après tout c'était de Mike qu'on parlait. Pas de Ryan Ghosling ! Oui c'est vrai, juger sur le physique n'était pas dans mes habitudes. Mais il y a des limites à la connerie.
-C'est encore ton histoire avec Brian qui te bloque ? chuchota-t-elle.
-Mais non, je ne pense plus à lui !
Rosalie ne parut pas me croire, elle restait toujours sceptique quand je lui assurais que je ne pensais plus à Brian.
-C'est juste qu'il ne me plaît pas. Alors j'espère pour toi, et surtout pour moi, qu'il va vite perdre le papier. Ou même m'oublier, ajoutais-je.
-Compte pas la dessus, l'entendis-je dire tout bas croyant que je ne l'écoutais pas.
-Je t'entends.
-Je m'excuse, dit-elle en articulant bien devant moi. La prochaine fois je m'abstiens, promit-elle.
La prochaine fois ? Encore fallait-il qu'il y en est une.
Durant la soirée, Emmet émît toutes sortes de bruits : des hurlements, des bougonnements, des rots, des grognements, des rires. Mais oh joie ! L'équipe qu'il supportait avait gagné, alors c'est avec un sourire niais qui ne le quittait pas, qu'il partit se coucher avec Rosalie. Quant-à moi, j'en profitais pour me dévêtir et enfiler un pyjama bien chaud. Quelques bruits de sirènes annonçant le passage de véhicule prioritaire résonnaient dans la rue. Peu à peu mes yeux se fermèrent et je sombrais dans les profondeurs.
Lorsque je me réveillais, il était 9:47 du matin. Rien de mieux que le week-end. Pas de patients, pas d'horaires, pas de tailleur inconfortable... Le samedi et le dimanche étaient réservés à ma fainéantise, la lecture et puis c'est tout.
Rosalie travaillait le samedi donc elle devait déjà être partie ; c'était sa plus grosse journée, elle était exténuée quand elle rentrait. Emmet, lui, devait encore dormir dans le lit de Rosalie. Je l'imaginais bien la bouche ouverte et la bave qui coule. Puis vers onze heures il se lèverait, irait aux toilettes tout en laissant la porte ouverte comme à son habitude et enfin il viendrait s'asseoir devant le bar de la cuisine sur un des tabourets, de même qu'un petit enfant attendant que sa maman lui prépare le petit déjeuner. En âme généreuse que j'étais, je lui préparerais comme à son habitude un bol remplit de céréales. C'était seulement à quatorze heures qu'il devait être au terrain pour entraîner son équipe. Il n'y avait pas à dire, d'entre nous il était quand même celui qui avait le meilleur job. Il suffisait de regarder ses horaires et sa fiche de paye. En plus, il regardait seulement les autres, transpirant de sueur et les cheveux collés au front, en train de courir.
Je branchais la cafetière et me préparais un café bien chaud. Je commençais à peine à émerger que la sonnette de la porte d'entrée retentit. Je me dépêchais d'aller ouvrir, veillant à faire le moins de bruit possible pour ne pas réveiller Emmet. C'est après m'être battue quelques instants avec le verrou que je pus enfin ouvrir la porte. Un homme assez grand et à la carrure imposante, brun aux yeux bleus se trouvait devant moi. Un grand sourire digne des pubs de dentifrice illuminait son visage. Son ensemble noir à rayures jaunes fluorescentes ne fit qu'amplifier son charme : un pompier. Ce mec était un tuerie à lui tout seul.
Je dus me souvenir de fermer la bouche, dans l'attente qu'il parle. « Il a la tête du voisin parfait! »
-Bonjour, désolé de vous réveillez, sourit-il amicalement, je vends des calendriers afin d'aider à la remise à neuf de la caserne deux rues plus loin.
« Bravo Bella, tu fais fort ! T'as un canon devant toi, t'es en pyjama avec des ours et des cerf-volants imprimés dessus et tes cheveux partent dans tous les sens. En plus il attend que tu parles et doit être en train de se demander si t'es pas une schizophrène. Sinon tout va bien.»
-Ne vous inquiétez pas, j'étais réveillée, le rassurais-je. C'est combien ?
-Six dollars, dit-il le sourire revenu sur son beau visage.
« Putain, moi qui essayais de finir le mois avec le compte remplit, c'est foutue. »
-Un instant, je reviens.
Je rabattais un peu la porte et courrais dans le salon à le recherche de mon porte monnaie qui bien sur avait trouvé marrant de se cacher le jour là. En passant je m'arrêtais devant un miroir accroché dans le salon.
« On dirait une psychopathe qui vient de s'enfuir de son asile. Note mentale : faire un détour par le miroir avant d'ouvrir la porte d'entrée. » J'essayais de dompter mes cheveux, impossible. C'est dans un soupir que je le rejoignis.
-Tenez, dis-je quelque peu essoufflée en lui donnant l'argent.
-Merci bien Mademoiselle. Je vous laisse vous recoucher, ria-t-il. Peut être à une prochaine fois ?
Il parti sans se retourner, ses pas lourds résonnaient dans le couloir tandis qu'il s'affairait à continuer son porte à porte, le sac remplit de calendriers. Je refermais la porte sans rien ajouter.
Je retournais à mon café et remarquais la couverture de mon achat. Des pompiers se tenaient droits et alignés en rang. Ils devaient être une trentaine. Je ne m'y attardais pas et le déposais sur le plan de travail. « Acheter un calendrier pour mater plus longtemps un pompier. Pitoyable, Bella. Tu deviens vraiment pitoyable. »
Ma mâtiné était passée rapidement. Vers dix heures j'étais allée courir dans le parc et j'en avais profité pour m'acheter un paquet de skittles -mon petit pêché, je l'avoue- et je les avais avalés un à un profitant du petit goût de fruit. Il était midi, je rentrais épuisée. Emmet était là devant l'ordinateur portable de Rosalie. Je le saluais et allais me doucher. Quand je revins de ma douche revitalisante, Emmet s'attelait à réchauffer deux plats préparés pour nous.
-Petit jogging du samedi matin ? s'enquérit-il.
-Hé oui, il y en a qui bouge pendant que d'autre dorme, me moquais-je.
-Et pendant que certain dorme, d'autre font semblant de faire du sport alors qu'il s'empiffre de skittles.
Il m'avait mouché sur le coup là. Note à moi même ne jamais m'en prendre à plus fort que moi.
-Même pas vrai, prétendais-je.
-Ne nie pas Little Swanny, je te connais trop bien, affirma-t-il content de lui.
Le reste du repas se passa dans la bonne humeur, Emmet essayant de me faire avouer mon crime. L'après midi, je me retrouvais seule, alors j'en profitais pour commencer un livre : Le porte-bonheur de Nicholas Sparks, un de mes auteurs favoris. On ne savait jamais comment allaient s'en sortir les personnages, et j'adorais ça. Le temps défilait à une vitesse incroyable quand j'étais plongée dans ma lecture.
Dimanche, mon père m'avait appelé.
« -Bella ? C'est Charlie.
-Salut Papa ! J'allais justement t'appeler.
-Tu vas bien ma chérie ?
-Oui tout va bien ici ! Vivement le soleil, soufflais-je. »
Nous avions échangé des banalités, rien de bien important. Mon père passait la plupart du temps devant l'écran du téléviseur à regarder les matchs de Baseball. Heureusement, il y avait Billy, un de ses plus proches amis, qui passait de temps à autre. Ils allaient souvent pêcher ensemble, mais depuis quelque temps, Billy était contraint de se déplacer en fauteuil roulant. Alors ils se contentaient de la télé et des ragots de Forks. Il me manquait énormément, cela faisait presque quatre mois que je ne l'avais pas vu.
Lundi, le quotidien refit surface. Jacob était tombé malade et il n'y avait personne pour recevoir les appels. Nous étions donc obligés quelques fois d'interrompre nos séances pour y répondre. Juliet proposa de débrancher le téléphone. Mais comment faire tourner le cabinet si le téléphone ne pouvait pas recevoir d'appel ? Une idée stupide bien vite oubliée car trouvant l'idée peu judicieuse Jasper prit l'initiative de le mettre directement dans son bureau.
Par moment, Cullen me revenait en tête, et je redoutais la prochaine séance, car quelque chose me disait qu'il n'allait toujours pas s'ouvrir à moi.
Mercredi, j'avais été faire les magasins avec Rosalie. Elle m'avait supplié de venir avec elle, alors j'avais cédé. Je fus surprise de dénicher une petite robe qui pourrait m'être utile pour une occasion particulière. Elle était blanche, parsemée de feuilles d'arbre roses elle m'arrivait au dessus du genou et son dos était échancré. Rosalie était repartie avec une paire de chaussures beiges à plate-forme cuivre, une jupe à plis creux jaune, ainsi qu'une veste perfecto en simili cuir noire.
Cependant, ma seconde rencontre avec Mr Cullen arriva vite, et même un peu trop.
Alors que pensez vous de ce chapitre ? Pas trop ennuyant ?
Sachez qu'on attend avec autant d'impatience que vous la suite de la fiction XD Il faut que l'inspiration nous revienne et les publications se feront plus rapides. Pour l'instant, vu notre rapidité à écrire on pense que un chapitre par mois sera largement suffisant sinon on va plus du tout suivre et les chapitres seront bâclés. Personne ne le souhaite à notre avis. :D
Merci de votre lecture et à bientôt ! ;)
